Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
DébatC à vous (sur YouTube)· 27 novembre 2018 18 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesSolidarités & familleEnvironnement & énergie

La réponse de Macron aux Gilets Jaunes - C à Vous - 27/11/2018

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:56OuverteRéponse directe

    De quoi calmer la colère des gilets jaunes ?

  • 6:18OuverteRéponse directe

    Benjamin, est-ce que vous êtes au diapason de ce qu'on vient d'entendre ?

  • 7:19OuverteRéponse partielle

    Ça s'adresse aussi au patronat ?

  • 8:42OuverteRéponse directe

    Jean-Michel Apathy, est-ce qu'il pouvait y avoir un changement de cap ?

  • 13:47OuverteRéponse directe

    Benjamin Cochy, dites-nous ce qui se passe aujourd'hui dans le mouvement des gilets jaunes.

  • 15:09OuverteRéponse directe

    Présence soulignée parfois à grand renfort de mots très forts dans les rangs des manifestants à Paris samedi.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20Invité politiqueFait
    « Ça ne vaut plus la peine de travailler. »
  • 0:21Invité politiqueFait
    « Parce qu'on rentre dans une case où on est trop riche pour toucher des aides et pas assez pour vraiment être libre. »
  • 2:33Invité politiqueFait
    « La seule annonce tangible, la fiscalité des carburants sera adaptée aux fluctuations des prix pour ceux qui ne peuvent pas se passer de voiture. »
  • 2:51Invité politiqueFait
    « Il y a premièrement, et on l'a un peu entendu dans les premiers magnétos, un changement de ton et d'attitude. »
  • 4:27InvitéFait
    « Le président est en panne sèche. Il nous fait le même effet qu'à une autre époque, le général de Gaulle parlant dans le vide, en plein mai 68. »
  • 4:39InvitéFait
    « Tous ces choix sont des choix toxiques. Ce sont des choix toxiques sur le plan écologique et ce sont des choix toxiques sur le plan économique. »
  • 7:42Invité politiqueChiffre
    « Donc quand on fait augmenter de 25 euros le pouvoir d'achat d'un SMICAR, est-ce que vous croyez qu'avec 25 euros, on va améliorer son quotidien ? »
  • 7:52Invité politiqueFait
    « Vous vous réclamez, c'est une hausse massive du SMIC, comme il y a eu à la fin du mouvement de mai 68, par exemple. »
  • 8:02Invité politiqueFait
    « Au-delà du SMIC, ce sont les salaires qui ont besoin d'être réévalués. »
  • 9:40InvitéChiffre
    « Mais on a déjà 80 milliards de déficits chaque année. »
  • 11:18Invité politiqueChiffre
    « Il y a 80 milliards d'euros d'évasion fiscale tous les jours. »
  • 11:42Invité politiqueFait
    « Il y a des entreprises qui, depuis plusieurs années en France, comme Starbucks, ne payent quasiment pas d'impôts. »
  • 13:00Invité politiqueFait
    « Quand on est en train d'augmenter les revenus des conseillers ministériels, »

Temps de parole

  • Emmanuel Macron63 %
  • Invité18 %
  • Présentateur8 %
  • Présentateur 24 %
  • Invité 22 %

2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le chef de l'Etat s'est donc exprimé ce matin depuis l'Elysée un discours pour présenter la politique énergétique de la France dans les prochaines années. Un discours destiné aussi à calmer la gronde des gilets jaunes.

0:11
Emmanuel Macron

J'entends aussi ce que beaucoup de nos concitoyens, en particulier celles et ceux qui travaillent et qui travaillent avec des revenus modestes, nous disent. Ça ne vaut plus la peine de travailler. Parce qu'on rentre dans une case où on est trop riche pour toucher des aides et pas assez pour vraiment être libre. Et ces vies empêchées de celles et ceux qui travaillent chaque jour dur, mais qui ne gagnent pas assez pour pouvoir vivre bien, ou de celles et ceux qui ont travaillé dur et qui ont une retraite trop modeste, on doit pouvoir y apporter une réponse. Ce n'est pas ce que je vous demande dans les trois mois, je vous rassure.

Mais je considère que c'est au cœur de la réponse qu'il me revient d'apporter dans les prochains mois.

0:56
Présentateur

Emmanuel Macron déclare entendre la colère des Français. Il souhaite changer la méthode, mais pas le cap. De quoi calmer la colère des gilets jaunes ? On pose ce soir la question à l'une des figures du mouvement, Benjamin Cauchy, et à l'illitorialiste d'Europe 1 et de Célèbdo, Jean-Michel Apathy.

1:20
Emmanuel Macron

Bonsoir. Je vais résumer quelques-unes des grandes déclarations de la journée. Il y a premièrement, et on l'a un peu entendu dans les premiers magnétos, un changement de ton et d'attitude. Oubliez les sédicieux dénoncés par Christophe Castaner ou la peste brune, expression remise au jour par Gérald Darmanin. Emmanuel Macron redit non au désordre, évidemment, mais il exprime de la considération pour les revendications et ceux qui les expriment. Ce mouvement a donné lieu à des manifestations importantes et aussi à des violences inacceptables dans l'hexagone comme Outre-mer. Je veux ici dire que je ne confonds pas ces actes inacceptables avec la manifestation sur lesquelles ils se sont greffés.

Je ne confonds pas les casseurs avec des concitoyens qui veulent faire passer un message. J'éprouve de la compréhension pour ces concitoyens, mais je ne cèderai rien à ceux qui veulent la destruction et le désordre, car la République, c'est à la fois l'ordre public et la libre expression des opinions. Donc des revendications à prendre en compte, mais on va l'entendre un peu plus tard dans le cadre d'un vaste débat décentralisé dont les contours restent bien sûr à définir. La seule annonce tangible, la fiscalité des carburants sera adaptée aux fluctuations des prix pour ceux qui ne peuvent pas se passer de voiture. C'est le retour de la taxe flottante. On va développer ça tout à l'heure.

On écoute d'abord le chef de l'État. Dans la grogne, le reproche qui a été fait, il s'est focalisé sur le prix du carburant. Et donc sur ce sujet, ce que je souhaite puisse être fait dans les trois mois, c'est d'une part construire une méthode pour rendre plus intelligente cette taxe aujourd'hui un peu aveugle et permettre d'avoir tous les trimestres un rendez-vous qui permette en quelque sorte d'atténuer les faits pour nos concitoyens s'il devait y avoir une envolée des cours mondiaux. Voilà, ce ne sera pas pour tout de suite. Pour le reste, le président a recyclé une formule que l'on doit à Nicolas Hulot.

Fin du monde et fin du mois, nous allons traiter les deux et nous devons traiter les deux. Une façon de rappeler, il le dit comme ça, que nous vivons tous sur la même planète. Je refuse cette alternative dans laquelle on voudrait nous plonger qui serait de dire l'écologie, ce serait un sujet d'urbains et de bobos. Et la réalité sociale, elle, imposerait de faire d'autres choix. Nous sommes dans la même nation, le même pays. Ceci est faux.

Je souhaite que ce débat soit évidemment un débat national, mais qu'il puisse aussi s'inscrire dans les territoires et que toutes les associations intéressées puissent, y compris localement, y participer et qu'ainsi les représentants des Gilets jaunes dans chaque région puissent également y prendre part et proposer des solutions. Parce que nous ne pouvons pas être dans la dénonciation réciproque. Nous sommes au moment des solutions à apporter concrètement. Les Gilets jaunes seront entendus, ils seront reçus, ils sont reçus actuellement par le ministre François de Rugy au ministère, les huit porte-parole désignées des Gilets jaunes dont vous ne faites pas partie.

Benjamin Cauchy, vous nous direz peut-être tout à l'heure pourquoi les réactions politiques d'abord, sans surprise, et très critiques.

4:27
Invité

Le président est en panne sèche. Il nous fait le même effet qu'à une autre époque, le général de Gaulle parlant dans le vide, en plein mai 68. Il a parlé dans le vide. Tous ces choix sont des choix toxiques. Ce sont des choix toxiques sur le plan écologique et ce sont des choix toxiques sur le plan économique. Quant à l'absence totale de réponse immédiate à l'angoisse des Français, elle est proprement incompréhensible. Commencer par dire on maintient le tout, mais on ouvre la discussion sur le reste, je pense que c'est le contraire de la bonne méthode.

5:00
Emmanuel Macron

C'est un discours, comme d'habitude, ou finalement des grands discours, des tout petits pas, des belles paroles pour éteindre une colère, mais sans acte fort de justice sociale. Et rien pour préparer l'avenir, on reste dans les énergies du vieux monde. C'est assez décevant. Quant aux Gilets jaunes interrogés à la mi-journée par les chaînes de télé, et bien vous allez entendre des interviews qui montrent le mur d'incompréhension installé entre les manifestants et le pouvoir.

5:28
Invité

Il nous a vraiment enfumé. Il nous a enfumé depuis le début. Une heure pour passer à la télé et pour en faire ceci, c'est même pas la peine. Monsieur Macron n'a strictement rien compris.

5:37
Locuteur

Pourquoi ?

5:38
Invité

Pourquoi ? Est-ce qu'il annonce des baisses de taxes ? Des vraies baisses de taxes ? Est-ce que le carburant va baisser ? Non ? Il faut faire plutôt écouter de la musique, d'écouter ses conneries. Il va essayer de nous acheter avec des cacahuètes, et puis il nous prend notre pognon, donc ça ne donnera rien. Il est incapable de nous donner une solution. C'est quoi ? C'est une révolution qu'il veut ? Il va l'avoir la révolution. Il ne dit rien qui nous concerne nous. Nous ce qu'on demande, c'est à pouvoir bouffer jusqu'à la fin du mois. C'est pas compliqué. Il est bien gentil avec son écologie, tout ça. Il croit qu'à lui tout seul, il y a son petit nuage. Et on va avancer comme ça.

Entre moi, il y aura ci, il y aura ça, il y aura ci, il y aura ça. Mais nous, d'entre moi, on n'aura quoi ? On n'aura plus rien, en fait.

6:18
Emmanuel Macron

Benjamin, est-ce que vous êtes au diapason de ce qu'on vient d'entendre ? C'est-à-dire un président à côté de la plaque, voire même, il est bien gentil avec son écologie, comme le dit cette dame sur le plateau de LCI. Je serais tenté de dire qu'il est intéressant avec son écologie. Là-dessus, il n'y a pas de problème. Pour autant, ce n'est pas le problème de fond. Qu'est-ce que disent tous vos camarades qui manifestent ? Je vais finir. Ce qui est important, c'est que M. le Président de la République n'a absolument pas répondu aux problèmes des Gilets jaunes et aux problèmes des Français. Donc le fait qu'il évoque la transition écologique, c'est quelque chose qui est nécessaire.

Et l'ensemble des Français sont convaincus qu'il faut aller vers la transition écologique. Là-dessus, il n'y a pas de problème. Et ça serait dommage d'opposer les Gilets jaunes à l'écologie. Bon, ça, c'est ce qu'il a dit. On l'a entendu. Donc ça, c'est le premier point. Mais comme l'ont dit mes compagnons Gilets jaunes qui sont passés sur les chaînes concurrentes, effectivement, le problème de fonds aujourd'hui est bien plus large que celle des hausses sur le carburant. C'est véritablement un problème de pouvoir d'achat, un problème sur les salaires. Et donc, du coup... Ça s'adresse aussi au patronat ? Alors, ça s'adresse au patronat ou ça s'adresse tout simplement à l'État ?

Vous avez des charges patronales et des charges salariales. Lorsque l'on baisse les charges salariales sur les salaires, on n'en pute pas... Ce que vient de faire le gouvernement ? On n'en pute pas. Il l'a fait de manière mineure. Quand vous êtes sur un...

7:34
Invité

Et puis il a pris de la CSG pour compenser.

7:36
Emmanuel Macron

Et il a pris de la... Merci, M. Apathy. Oui. Et vous avez...

7:39
Invité

Non, non, non, c'est factuel. Oui, c'est factuel. C'est factuel.

7:42
Emmanuel Macron

Donc voilà. Donc quand on fait augmenter de 25 euros le pouvoir d'achat d'un SMICAR, est-ce que vous croyez qu'avec 25 euros, on va améliorer son quotidien ? On ne peut même pas envoyer deux de ses enfants au cinéma à samedi après-midi. Vous vous réclamez, c'est une hausse massive du SMIC, comme il y a eu à la fin du mouvement de mai 68, par exemple. Mais au-delà... 100% de hausse, c'est fait... Mais au-delà du SMIC. 30%, 35, oui. Au-delà du SMIC. Entièrement bouffé par l'inflation en deux ans. Au-delà du SMIC, ce sont les salaires qui ont besoin d'être... Réévalués. Réévalués de manière substantielle.

Les gens n'attendaient pas un plan sur le nombre d'éoliennes qu'il y aura en 2030 en France. Les gens attendaient de savoir comment à la fin du mois, comment à la fin du mois de décembre, ils allaient pouvoir mettre... Comment le Père Noël, pardon, il faut faire attention à ce qu'on dit, comment le Père Noël allait pouvoir mettre des jouets sous le sapin. La question, elle est là, elle est concrète. Il y a une urgence, il y a une colère. Et M. Macron a répondu ce matin, par le petit bout de la lorgnette, sur des projets de long terme, soit nécessaires, mais a répondu sur des projets de long terme à une urgence immédiate, à une colère qui gronde. Et qui se nourrit de jour en jour.

Jean-Michel Apathy, est-ce que dans la logique qui est celle d'Emmanuel Macron depuis son élection, est-ce qu'il pouvait y avoir un changement de cap tel que réclamé par les Gilets jaunes ?

8:53
Invité

C'est un débat désespérant auquel on est confronté aujourd'hui. Parce qu'au fond, tout le monde dit la même chose. On comprend que les gens qui ne peuvent pas finir leur fin de mois, qui sont soit salariés pauvres, soit retraités, expriment leur colère. Mais comment satisfaire cette colère ? Quand le président de la République dit « le débat doit se tenir sur les territoires », qu'est-ce qu'il suggère ? Il suggère que d'autres que l'État prennent le relais. Par exemple, vous venez d'en parler, que le MEDEF localement soit un peu plus actif qu'il ne l'est. Parce qu'il y a bien un acteur, on a vu un peu berger, mais le MEDEF n'y est pas du tout.

Mais qu'est-ce qu'on attend des patrons aujourd'hui ? Qu'ils augmentent les salaires ? Mais vous augmentez le SMIC, vous fermez tout un tas de petites entreprises. Donc ça, ça n'est pas une piste. Est-ce qu'on attend que l'État augmente les salaires des petits fonctionnaires ? Mais on a déjà 80 milliards de déficits chaque année. Il y a 15 ans, on avait une moyenne de 30 milliards de déficits. Aujourd'hui, on a une moyenne, depuis 4 ans, on a une moyenne de 80 milliards de déficits. C'est absolument inimaginable. Baisser les charges, bien sûr, le déficit de la sécurité sociale, il est multiplié par 3. Et nous n'avons que des contraintes comme ça.

Le résultat, c'est qu'on comprend parfaitement la demande. Emmanuel Macron, quand il dit les fins de mois, les travailleurs pauvres, les vies empêchées, c'est une belle formule. Les vies empêchées, bien sûr que tout le monde sait de quoi on parle. Mais personne ne sait comment satisfaire. Et c'est assez... Mettons que les crises suivantes, on les a résolues en faisant de la dette et du déficit, à crédit, pour les générations futures. Et puis aujourd'hui, il y a une prise de conscience que ça, c'est assez dégueulasse. Eh bien, puisqu'on n'a plus cette ressource-là, on ne sait plus quoi faire. Et du coup, il y a un rapport de force. Il y a des gens qui sont dans la rue.

Et puis, il y a des policiers qui contrôlent les gens qui sont dans la rue.

10:37
Emmanuel Macron

Mais la nouveauté du jour, c'est l'ouverture d'un dialogue. Mais non ! Ah bah si !

10:41
Présentateur

Mais non ! Comment ça ? Une concertation ! Mais reprenez... Recycler la colère en solution. Comment ça ?

10:47
Emmanuel Macron

J'allais dire le général Macron. J'ai dit tout à l'heure, 8 portes-parole des gilets jaunes. Ils sont deux. Ils sont deux au ministère, en ce moment, reçu par François Doré.

10:55
Invité

Il y a une dizaine de phrases pour expliquer qu'il va y avoir des débats dans les territoires. Relisez ces phrases à tête reposée. On n'y comprend rien.

11:01
Emmanuel Macron

Oui.

11:02
Invité

Donc, le débat, ça va être exactement à la mesure des phrases. Que dalle !

11:06
Emmanuel Macron

Bon, il n'y aura pas de dialogue.

11:07
Invité

Mais parce qu'il n'y a pas d'argent ! Ah oui ! De quoi vous voulez parler ? Vous croyez que le MEDEF, il va aller chez le préfet pour dire « Mais bien sûr, monsieur le préfet ! Je vais vous apporter la solution, vous croyez ça ? »

11:16
Emmanuel Macron

Mais l'argent, on va aller le chercher là où il est. Il y a 80 milliards d'euros d'évasion fiscale tous les jours.

11:21
Invité

Mais écoutez, ça c'est un discours de tribune, ce n'est pas un discours pratique, ça. 80 milliards, c'est pour une année, c'est une année de déficit. Imaginons que par miracle, vous récupérez toute la fraude fiscale, vous avez résolu le problème en 2019. Et en 2020, vous n'avez rien résolu. Ça, c'est un propos de tribune, d'accord ? Pas un propos pratique.

11:38
Emmanuel Macron

Je vous laisse libre de vos propos. En attendant, il y a des entreprises qui, depuis plusieurs années en France, comme Starbucks, ne payent quasiment pas d'impôts. Il y a les GAFA, les Google, Amazon, Facebook, Apple, qui sont complètement exemples de fiscalité. Là, on a des poches de ressources. Le président Macron nous dit qu'il faut arrêter de... Il faut moins fiscaliser le travail. Et bien voilà, là, on a des pistes. On peut aller taxer des grands acteurs économiques, des acteurs qui sont en train de casser des pans entiers de l'activité en France. C'est à l'échelle du problème. Écoutez, c'est forcément une image qui frappe.

12:08
Invité

Qu'on fasse passer les GAFA sous des contraintes fiscales, évidemment. Mais ce n'est pas à la hauteur du problème.

12:14
Emmanuel Macron

Mais vous avez déjà des pistes là-dessus. Vous avez également le fait de rationaliser un petit peu. Et l'exemplarité. L'exemplarité. Si l'État était exemplaire, je pense que déjà, les citoyens seraient moins en colère. Je vous donne un exemple. Je vous l'ai déjà donné à plusieurs reprises. Mme Merkel, quand elle quitte la chancellerie, elle rentre chez elle, dans un appartement, dont elle paye le loyer, elle paye ses factures de gages et d'électricité. Mais François Hollande éteignait les lumières, il l'a dit l'autre jour à la radio. Et il rentrait couché rue Cauchy. On est dans une crise du système qui est plus importante que ça, vous savez. Alors, parlons...

12:44
Présentateur

On en est là à devoir... Il faut fermer l'Élysée, il ne faut plus que le président... Non, il ne faut pas fermer l'Élysée.

12:48
Emmanuel Macron

Mais si vous voulez demander des efforts aux Français, les Français sont prêts à faire des efforts à partir du moment où c'est juste et équitable. Mais il faut que ça aille dans les deux sens. L'exemplarité, c'est super important. Quand on est en train d'augmenter les revenus des conseillers ministériels, quand on est en train de supprimer la CSG sur les frais parlementaires, mais attendez, c'est quoi ce système qui va à deux vitesses ? Mais comprenez...

13:07
Invité

Je pense qu'on est confronté à quelque chose qui est plus important que ça.

13:11
Emmanuel Macron

Bien sûr que c'est plus important. Mais les exemples et les symboles en politique sont tout aussi importants que des discours, comme vous dites, de tribun qui durent une heure. Au bout de dix minutes, un gilet jaune l'a dit en démarrage d'émission, au bout de dix minutes, on ne comprenait plus ce qu'il disait. Il est déconnecté de la réalité. C'est ça le problème. Alors effectivement, le problème n'est pas soluble immédiatement. Évidemment qu'on ne va pas pouvoir répondre à toutes les revendications en claquant des doigts. Mais il faut des gestes forts en politique. Il y a des symboles. Et là, clairement, le président Macron est en train de se déconnecter de la réalité.

Nous avons des députés qui ont été élus, pour la grande plupart, n'étaient pas connus. Ils sont hors sol. Ils sont déconnectés de la réalité. Benjamin Cochy, dites-nous ce qui se passe aujourd'hui dans le mouvement des gilets jaunes. Il y a un mouvement ou plusieurs qui est en ce moment au ministère de la Transition écologique chez François de Rugy. Pourquoi vous n'y êtes pas ? Pourquoi vous n'êtes pas porte-parole ? Qui sont ceux qui se sont désignés porte-parole ou qui ont été désignés porte-parole ? Alors il n'y a pas un mouvement, mais il y a des millions de gilets jaunes en France.

Le principe même de ce mouvement est dans son horizontalité, dans son absence de leadership et dans son absence de porte-parole. C'est pour ça qu'aujourd'hui, je tiens à le préciser, je viens en tant que gilets jaunes, libres, indépendants, citoyens.

14:22
Présentateur

Ni porte-parole, ni des élus de l'argent.

14:23
Emmanuel Macron

Et donc ils sont des porte-parole ? Et alors donc, a priori, il n'y a pas de porte-parole. Ce sont des personnes qui se sont autoproclamées, tout simplement, et qui, du coup, deviennent des personnalités qui vont échanger avec M. Durugy. Et qui n'ont pas de légitimité à vos yeux ? Alors qui n'ont pas de légitimité. Particulaires pour discuter. Mais mes yeux ne sont pas suffisants. Il y a des millions de yeux qui sont en train de les regarder. Ce qui est important, c'est de commencer à discuter pour désamorcer cette bombe, puisque là, les gens sur les barrages, sur les dépôts de carburant devant les centres commerciaux, ils sont en train de monter en pression, mais quelque chose de sérieux.

Et le discours de ce matin, de 11h, n'a pas répondu à leurs attentes. Alors s'il y a deux personnes, aussi illégitimes soient-elles, se présentent auprès de M. Durugy et que ça peut commencer à désamorcer, c'est très bien. Mais ça ne résoudra pas les problèmes du pouvoir d'achat. C'est clair.

15:07
Présentateur

On va y revenir tout à l'heure dans le 5 sur 5. On a beaucoup parlé de la présence des ultra-droites dans les rangs des manifestants à Paris samedi. Présence soulignée parfois à grand renfort de mots très forts. Vous les avez évoqués, Patrick, par le gouvernement. Pour autant, aucun des manifestants interpellés samedi n'étaient fichés ultra-droites. Mais hier soir, on apprenait qu'une manifestante pas comme les autres s'était glissée dans le cortège des Champs-Elysées. Devant l'attitude du pouvoir, son mépris de classe à l'égard des gilets jaunes et sa réponse surréaliste à leur revendication, je n'ai pas pu m'en empêcher, a ainsi confié Marion Maréchal-Le Pen au Figaro.

Cela faisait une semaine que ça montait. Je me suis dit que ça ferait un petit gilet jaune de plus. La nièce de Marine Le Pen en a profité pour tacler Christophe Castaner, qui avait assimilé l'ultra-droite aux manifestants présents sur l'avenue. Une grossière manipulation, dit-elle, et d'enfoncer le clou en racontant son expérience inattendue sur les Champs, où elle est arrivée peu après 14h, samedi. Les vrais gilets jaunes étaient partis depuis longtemps. Le mouvement était totalement phagocyté par des militants d'extrême-gauche. On entendait des « à mort le capitalisme ». Si c'est ça l'ultra-droite, elle a bien changé, ce que Marion Maréchal avait d'ailleurs tweeté dès hier.

On notera qu'il n'y avait aucun ultra-gauche non plus chez les manifestants en garde à vue. Alors Jean-Michel, au-delà du fait que les militants professionnels courent visiblement beaucoup plus vite que les gilets jaunes novices, qu'ils soient d'extrême-gauche ou d'extrême-droite, la famille Le Pen était quand même présente samedi sur les Champs-Elysées.

16:33
Invité

Je trouve ça extraordinairement fort. D'abord, je vais dire des choses un peu contradictoires. Marion Maréchal Le Pen sait faire de la politique. C'est-à-dire, elle se fait oublier. Et puis, ce matin, beaucoup, j'étais sur les Champs-Elysées. Cette formule, il y avait un petit gilet jaune de plus, c'est une formule formidable. En termes de communication, sa tante peut prendre des leçons. Mais après tout, est-ce qu'on est sûr qu'elle y était ? Parce que Marion Maréchal Le Pen, sur les Champs-Elysées, ça se remarque. Ça se voit. Quand même. Quelqu'un qui croise Marion Maréchal Le Pen, il n'a pas envie de faire un selfie. Est-ce qu'elle y était ? Eh bien, je vais vous dire. On n'en sait rien.

Peut-être y était-elle et peut-être n'y était-elle pas. Mais en communication, 20 sur 20, Marion Maréchal Le Pen.

17:14
Présentateur

Je n'en avais entendu parler.

17:16
Emmanuel Macron

Non, absolument pas. En revanche, moi, j'ai le souvenir qu'il y avait M. Ruffin qui est venu avec...

17:20
Invité

Ah, on l'a vu sur les caméras de télé. On l'a vu le jour même.

17:23
Emmanuel Macron

Avec des équipes de communication. Et donc, moi, ce que je suis en train de vous dire par ce... Mais il n'y était ou il n'y était pas d'après vous ? J'en ai aucune idée. Et voilà, c'est ça. Personne n'en a rien. J'en ai aucune idée. Mais finalement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que le mouvement des Gilets jaunes est un mouvement qui correspond à 80% des aspirations du peuple français. Et que du coup, que ce soit les corps intermédiaires comme les syndicats, CFDT, FO, ou que ce soit les partis politiques, quels qu'ils soient, tentent de récupérer ce mouvement qui a une légitimité populaire, tout simplement. Donc, qu'elles viennent ou qu'elles ne viennent pas. Autant de vous dire que...

17:53
Présentateur

Ça ne change rien pour vous. Ça ne change rien pour nous. Merci beaucoup à tous les deux. Vous restez avec nous.

La réponse de Macron aux Gilets Jaunes - C à Vous - 27/11/2018 — Emmanuel Macron · Pourquijevote