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interviewBFMTV· 29 janvier 2026

Iran, procès RN, président au Smic… L'interview intégrale de Jean-Philippe Tanguy (RN)

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir, merci pour votre invitation. Je vous en prie, soyez le bienvenu. Député du Rassemblement National de la Somme, membre du bureau national de ce parti, on voit que Donald Trump hésite à frapper l'Iran.

Il a envoyé une dizaine de navires, une centaine d'avions, nous disait il y a quelques instants le général. Le temps presse, c'est ce qu'il a dit hier au régime iranien. Quelle est votre position ?

Est-ce qu'il doit frapper ou pas ? Notre position, elle est constante, c'est qu'il faut être d'extrême prudence sur les interventions étrangères qui visent à renverser un régime. Aucun exemple n'a fonctionné, en particulier au Moyen-Orient.

Et qu'on va voir ce que fait Donald Trump. C'est-à-dire qu'il y a eu l'exemple, dans un contexte très différent, des frappes contre les installations nucléaires iraniennes. Il faut être honnête qu'il y avait bien fonctionné, qui n'avait pas perturbé le Moyen-Orient et l'équilibre local, qui avait rempli ses objectifs.

Donc là, qu'est-ce qu'on peut faire pour aider les résistants iraniens, le peuple iranien qui veut se débarrasser de ces tyrans, tout en laissant la souveraineté du peuple iranien et la capacité du peuple à se libérer de lui-même de cette tyrannie ? Là, il faut être aussi dans une posture de modestie. Une modestie, mais on entend quand même que vous ne seriez pas en soutien d'une opération militaire américaine.

Ça dépend vraiment de la nature de l'opération. Est-ce qu'elle permet au peuple iranien...

Si c'est une frappe chirurgicale pour éliminer le guide suprême, pourquoi pas ? Nous ne sommes pas experts, et moi en particulier, de la situation. Et Jordan Bardella et Marine Le Pen s'exprimeront en temps venu.

Il n'y a pas de ligne aujourd'hui ? Non, si, la ligne, c'est qu'il faut que les peuples se libèrent d'eux-mêmes, qu'on peut les épauler, les aider autant qu'on peut, mais que l'intervention étrangère, en particulier au Moyen-Orient, dans un pays, une vraie nation, une vraie civilisation, qui a 3 à 4 millénaires derrière elle, 90 millions d'habitants, avec la situation Pakistan-Afghanistan d'un côté, les pays du Goff de l'autre, Israël, évidemment, il faut être ça avec une main très prudente et beaucoup d'humilité. Mais alors, pour le Venezuela, ça passait.

C'est ce que disait Eric Ciotti, votre allié, qui s'est félicité de l'enlèvement de Nicolas Spadouro. Eric Ciotti dirige l'UDR, qui est un parti indépendant. Qui siège avec vous à l'Assemblée ?

Ici, dans son propre groupe. Non, mais d'accord, mais c'est intéressant. Il y a des lignes de partage, vous n'êtes absolument pas en accord avec lui.

On est absolument sur ce sujet-là, nous ne sommes pas d'accord. D'ailleurs, c'est intéressant, parce qu'on a accusé au début que le parti de M. Ciotti était une coquille vide et la marionnette du Rassemblement National.

Donc vous voyez bien que c'est un parti indépendant. Il a ses positions, nous avons les nôtres. Jordan Bardella et Marine Le Pen ont immédiatement condamné l'intervention au Venezuela, parce que c'était une intervention qui était totalement en dehors du cadre international et qui ne permettait pas au peuple vénézuélien de s'en sortir.

D'ailleurs, le régime est maintenu, le régime claviste est maintenu. Donc il faut avoir une main très prudente et une parole très prudente. J'entends ce que vous dites ce soir.

Très clairement, vous ne diriez plus aujourd'hui au Rassemblement National que Donald Trump incarne un vent de liberté qui souffle sur toutes les démocraties occidentales. Non, mais c'est-à-dire que c'est aussi des phrases qui sont un peu isolées de leur contexte. Jordan Bardella en mars dernier.

Non, mais je n'ai pas dit que c'était une fausse phrase. J'ai dit qu'elle était isolée de son contexte, de la ligne politique. Mais non, mais...

Ça, c'est ce qu'on répond quand on...

Mais non, mais surtout, excusez-moi, je ne veux pas parler de moi parce que ça n'a pas d'intérêt. Il aurait pu dire, il fait souffler un vent de liberté sur les États-Unis. Il dit, il fait un vent de liberté chez nous.

Il se trouve, il parlait de la volonté politique, c'est-à-dire qu'un homme politique respecte les promesses faites à son peuple. Mais la ligne politique du Rassemblement National, c'était, on prend acte de l'élection de Donald Trump comme on aurait pris acte de l'élection de Kamala Harris. Il y a même une vidéo de moi qui circule.

On me demande alors, vous allez voter pour Donald Trump ou Kamala Harris ? Et je réponds, je ne vote pas, je suis français. On ne peut pas être plus clair.

La ligne d'un parti nationaliste comme le Rassemblement National, c'est la souveraineté des peuples et les Américains défendent leurs intérêts. Et cette petite histoire qu'on entend chez nos adversaires politiques, notamment des macronistes, pour essayer de faire oublier qu'eux-mêmes n'ont pas été très courageux face à M. Trump, ça ne marche pas.

On ne peut pas accuser le Rassemblement National d'être un parti patriote, souverainiste et en même temps nous accuser de soutenir des régimes étrangers. Il faut choisir l'accusation. Mais il ne peut pas y avoir les deux accusations.

On va parler, si vous voulez bien, du procès de Marine Le Pen, le procès en appel où elle joue son avenir politique. Sophie Dupont nous a rejoint. Je crois que vous connaissez Sophie Dupont.

C'est-à-dire qu'il couvre l'actualité du Rassemblement National. Bonsoir Sophie pour BFM TV. Professionnel.

Professionnel, évidemment, comme tous les journalistes de cette rédaction, qui couvre le procès en appel et qui avait déjà couvert le premier. Donc c'est toujours intéressant de pouvoir comparer entre les deux. On a l'impression, Jean-Philippe Tanguy, mais c'est la première question que je vais poser à Sophie, que tout ne s'est pas passé exactement comme prévu pour Marine Le Pen dans ce procès en appel qui va se terminer bientôt.

Le réquisitoire, c'est mardi prochain. Ça fait trois semaines que ça a commencé d'abord. Est-ce que vous pouvez nous confirmer que Marine Le Pen, Sophie, a changé de stratégie pendant cette audience ?

Pas vraiment. Sur le fond, Marine Le Pen, elle a continué à nier tout système. Elle a répété à plusieurs reprises « je n'ai jamais donné d'instruction », mais elle a reconnu des négligences à la marge, que peut-être certains assistants parlementaires, au cas par cas, de manière résiduelle, ont pu travailler au bénéfice du parti.

Et ça, c'était nouveau. Elle ne l'avait pas fait en première instance. L'objectif, c'est évidemment de réduire au maximum sa peine.

Sur la forme, par contre, c'était une totale Marine Le Pen totalement différente de la première instance. Elle s'est efforcée de rester très calme à la barre, de ne surtout pas plaider son propre cas. Elle, l'ancienne avocate, elle a paru beaucoup moins vindicative.

Lors de son interrogatoire, elle n'avait que quelques feuilles annotées, et plus cet épais dossier avec plein de post-it à l'intérieur. Elle a une préoccupation, Marine Le Pen, depuis l'ouverture de ce procès, c'est de surtout pas braquer la cour, et donc elle n'a pas pris la parole une seule fois dans les allées du palais de justice, passe aux caméras, contrairement au procès en première instance, où à de très nombreuses reprises, elle commentait le jour après jour le procès. Pendant ces trois semaines d'audience, est-ce qu'elle a marqué des points ou est-ce qu'elle en a perdu en cours de route ?

C'est difficile à dire, ce sera à la cour de le dire. Ce qu'on peut quand même relever, c'est qu'il y a une victoire procédurale pour Marine Le Pen, c'est le nombre de contrats problématiques qui lui sont reprochés. L'accusation a décidé d'en retenir moins qu'en première instance, qui pourrait in fine alléger sa peine.

Et ça, donc, c'est évidemment une bonne nouvelle pour Marine Le Pen. Reste que les trois semaines qui se sont écoulées, ça n'a pas été un long fleuve tranquille pour les prévenus. Je pense notamment à Julien Audoul, qui était assistant parlementaire à l'époque, qui a reconnu à la barre, qui n'avait pas travaillé pour son eurodéputé pendant plusieurs mois.

Bruno Golnich, qui était l'ex-numéro 2 du parti, qui a nié lui aussi tout système, mais qui a reconnu une organisation. Ils ont tenté, les uns après les autres, les prévenus de plaider leur bonne foi, mais on a senti la présence de la Cour agacée à plusieurs reprises, perdre patience. Et donc le bilan, c'est Marine Le Pen qui le fait en privé à l'issue des trois semaines, cette semaine au tribunal, et qui confie qu'elle a bien l'impression qu'il n'y a pas beaucoup d'arguments qui ont cranté selon elle.

Ça veut dire que c'est fini ? Marine Le Pen ne sera pas candidate ? Elle considère que c'est déjà fichu ?

Ah non, écoutez, moi en tout cas, de toute façon, Marine Le Pen ne m'a pas fait part de ça du tout. Je l'ai vue lors de la motion de censure de vendredi, elle était confiante dans sa capacité à défendre ses arguments. Écoutez, nous verrons maintenant.

En tout cas, une fois de plus, elle a pris ce procès, on ne peut plus au sérieux, puisqu'elle y allait presque tous les jours. Sophie Dupont a très bien résumé les différences entre le premier procès et le procès. Oui, madame Dupont y était, moi j'étais en appel à l'Assemblée nationale.

Exactement, mais en tout cas, on a le sentiment que les mots changent un peu. On ne redirait plus aujourd'hui au RN, les juges tyrans exécutent l'état de droit en place publique, comme vous aviez pu le dire, à l'Assemblée nationale, devant témoins et devant même des dizaines de députés après le premier procès. Ça, c'est fini.

Il n'y a plus de juges tyrans. À l'époque, il est possible que je me sois un peu emporté. Vous savez, il y a une expression populaire qui dit « on a 48 heures pour me dire ces juges ».

Ah, donc vous ne rediriez pas et vous ne redites pas la même chose ce soir. Je pense que je me suis un peu emporté à ce moment-là par loyauté et fidélité à Marine Le Pen et à nos amis. Merci beaucoup Sophie Dupont.

C'est Raphaël Grabli qui va vous succéder dans un instant. On va parler immigration avec vous. On connaît les derniers chiffres publiés par le ministère de l'Intérieur.

Ce sont les chiffres pour l'année 2025. J'avais envie de vous interroger sur plusieurs points précis, Jean-Philippe Tanguy. D'abord pour donner un peu l'image globale des chiffres de l'immigration. 380 000 premiers titres de séjour accordés l'an dernier.

C'est une hausse. Et les étrangers en situation régulière représentent 8% de la population française. Je m'en tiens pour l'instant à ces deux chiffres-là.

On va rentrer ensuite dans le détail. Mais est-ce que vous considérez que 8% de la population française, c'est trop ou pas ? Oui, c'est trop par rapport aux besoins de notre pays.

Il y a des capacités d'assimilation. Le marché du travail est très fragilisé en France. Les salaires sont très bas.

Il y a plus de 6 millions de chômeurs ou de personnes mal employées. Et on n'a pas besoin de cette immigration qui n'est pas qualifiée. Parce que l'autre enseignement...

Et on va en parler. On va en parler dans notre affaire. C'est sur l'ensemble que vous voulez avoir votre avis.

Oui, mais l'ensemble est trop. Parce qu'on nous dit toujours qu'il faut une immigration de travail. Et c'est une immigration étudiante, humanitaire, familiale.

On est très loin de l'immigration de travail. Et aujourd'hui, l'objectif...

En plus, des autres personnes qui sont déjà sur le territoire, bien sûr. C'est 8%. Nouvelles entrées, j'ai bien précisé. 380 000.

Ce serait quoi, l'objectif, pour le RN ? L'objectif, ce serait de tendre à zéro avec les personnes qui quittent le territoire. C'est-à-dire que le solde migratoire doit être négatif en dehors des Français qui quittent le territoire.

Le but, c'est qu'il y ait moins d'immigrés, moins d'immigration en France. De tendre vers zéro. Donc, tendre vers une immigration zéro.

Oui, bien sûr, 8 ans de l'immigration zéro, et même négative, puisque le souhait, c'est quand même que l'immigration baisse en France, que le nombre d'immigrés au chômage ou qui ne travaillent pas, inactifs, baisse dans notre pays. Est-ce que dans ce tendre vers zéro, vous mettez ce qui est aujourd'hui la principale porte d'entrée vers la France, c'est-à-dire les étudiants ? Oui, parce que les étudiants et étudiants...

Je redonne juste, pardon, pour la clarté de nos échanges. 118 000 titres de séjour accordés à des étudiants, ça présente un tiers du total qu'on a rappelé. Là, pour vous, 118 000, c'est trop ?

Oui, c'est trop, parce que ça correspond à une filière qui est dévoyée et qui coûte quand même cher à notre pays. Parce que vous savez, par exemple, très concrètement, les macronistes avaient voté le fait que les études, enfin le paiement des études pour les étrangers, devait être bien supérieur aux nationaux. Cette mesure n'est pas appliquée par les universités, donc ça coûte très cher.

Les deux premières nationalités d'étudiants qui viennent en France, vous les connaissez peut-être, ce sont les Chinois et les Américains. Tout à fait, oui. Il y a des filières d'immigration clandestine américaine en France ?

Je ne vous ai pas dit qu'il fallait empêcher, parce que c'est des nationalités différentes. J'ai dit que les étrangers ne paient pas. Donc là, j'ai été très précis.

Les Américains, vous savez combien coûtent les études aux États-Unis ? La différence nous est très défavorable pour les Français. Les Chinois ont les moyens de payer des études aux Chinois.

Il y a quand même un certain nombre de scandales, qu'il y a eu dans un certain nombre d'écoles de commerce notamment, des trafics de diplômes venant de la Chine. Donc votre question, elle est intéressante, parce que souvent la position du Rassemblement National est caricaturée. Nous saurions, je ne sais pas ce que vous avez dit là, mais nos adversaires disent, oui, ils sont hostiles à une certaine immigration venant de certains pays pour stigmatiser...

C'est pour ça que je vous pose la question. On tend vers l'immigration zéro aussi pour l'immigration des étudiants ? Oui.

Ce n'est pas une immigration durable. La plupart rentrent au pays après. Il y en a beaucoup qui restent, mais il faut faire le tri, si vous voulez, entre les étudiants, parce qu'il faut des échanges étudiantins évidemment, mais des gens qui viennent vraiment pour étudier dans notre pays, qui doivent payer leur juste part.

La France, ce n'est pas un buffet ouvert. Et je pense que l'immigration diminuera. Vous savez, quand on sait aux États-Unis le rôle que jouent notamment politiquement les dettes étudiantes, on n'est pas là pour payer à la place des Américains leurs études.

Mais c'est intéressant parce que souvent, ce qu'on appelle les visas pour soins, dans une autre catégorie, où on pense que nous, on cible uniquement les immigrés qui viendraient des pays les plus pauvres. Non, les visas pour soins, c'est-à-dire des personnes étrangères qui viennent dans notre pays pour se faire soigner avec l'argent des Français, et ça concerne beaucoup de Britanniques, de personnes d'Amérique du Nord, mais tout le monde connaît le coût de la santé dans ces pays, c'est très cher. Et en France, ce n'est pas cher, voire c'est gratuit.

Donc la dette médicale, par exemple, des immigrés ou des touristes américains ou du Royaume-Uni est très importante. J'en fais un milliard d'euros si on prend tous les visas pour soins. Vous l'avez abordé rapidement il y a quelques instants.

Raphaël Graveline nous rejoint. Bonsoir. Raphaël, il y a une immigration, une forme d'immigration qui a reculé l'an dernier en France, c'est l'immigration de travail qui recule assez nettement.

Très nettement, même à moins 12% sur un an. 51 000 premiers titres de séjour en 2025. On parle de titres de séjour, évidemment pas de naturalisation.

Et ce motif économique qui représente 13% du total des premiers titres de séjour. des immigrés dont d'ailleurs ont besoin souvent nos entreprises. Il y a une étude de la BPI Banque Publique d'Investissement sur les entreprises industrielles.

Ça date de 2023 sur les motivations des patrons pour recruter un salarié étranger. Il y a deux principales motivations. La première, c'est d'avoir un bon profil, quelqu'un dont les compétences sont compatibles avec le poste.

Mais aussi, et c'est très important, 43% faute de candidats français. Il y a peut-être aussi une autre motivation qui est moins avouée. Le salaire, selon l'OCDE, les immigrés sont payés en moyenne 28% de moins que les Français.

Oui, il y a un pays en ce moment qui est en train d'ouvrir assez largement ses portes. C'est un pays que connaît bien Jean-Philippe Tanguy. C'est une cousine germaine du Rassemblement National.

C'est Georgia Meloni en Italie. Exactement, une cousine transalpine, l'Italie évidemment. Donc Georgia Meloni, pas franchement de gauche et qui n'est pas du tout hostile à cette immigration de travail.

Une explosion des quotas pour les travailleurs extra-européens depuis son arrivée au pouvoir environ 165 000 par an. Vous voyez la courbe, elle est extrêmement explicite. Au total, on sera à peu près à un quota de 1 million de travailleurs extra-européens d'ici 2028.

Alors j'ai regardé le programme du RN de 2022 dédié à l'immigration. Vous aviez un livret uniquement dédié à l'immigration, 16 pages. Je n'ai pas vu de proposition concernant justement l'immigration de travail.

D'ailleurs, il n'y a pas vraiment d'image d'immigrés en train de travailler si on regarde les visuels qui étaient dans ce livret. Vous évoquez, c'est vrai, souvent cette immigration illégale. Mais est-ce que le RN a des idées pour cette immigration ?

Alors on appelait ça l'immigration choisie du temps de Nicolas Sarkozy. Oui, qui était un slogan assez une escroquerie, qui n'a pas fonctionné évidemment parce que l'essentiel de l'immigration, on le voit encore aujourd'hui, c'est l'immigration humanitaire, familiale et studentine. Et on n'a pas besoin de cette immigration de travail en dehors de quelques postes très qualifiés dans la médecine ou quelques postes d'ingénierie ou de chercheurs.

On peut les accueillir évidemment. Mais quand vous avez 6 millions de Françaises qui se sont mal formés en sous-emploi, moi je vois en Picardie. En Picardie, on dépense plusieurs centaines de millions d'euros dans cette région, ancienne région, pour former les gens et ce n'est pas fonctionnel.

On dit qu'on n'a pas besoin de celle-là non plus. Ah non, du tout, non. L'Espagne, alors que c'est pas une vote politique qui est la gauche qui régularise ou l'Italie se trompe.

Je pense qu'ils ont tort, oui. Je pense qu'ils ont tort. Je pense que Mme Mélanie devrait faire le choix de sa propre jeunesse parce qu'il y a des grands problèmes de pouvoir d'achat dans la jeunesse italienne.

Les Italiens partent de chez eux entre 25 et 30 ans. Ça a des effets terribles sur la démographie. Mais enfin, ils font ce qu'ils veulent.

C'est leur pays, ils sont souverains. Je ne me mêle pas de leurs affaires. Nous, en France, on a 6 millions de Français qui sont au chômage ou mal employés, sous-employés.

La formation professionnelle coûte très cher, environ 30 milliards d'euros par an, et est complètement dysfonctionnelle. Et il n'y a pas de raison de ne pas travailler quand on est Français, qu'on veut travailler. Et cette immigration est faite à la baisse sur les salaires.

Vous savez, moi, j'ai été 5 ans serveur. Je vois bien qu'ils travaillaient avec moi. Moi, j'ai travaillé avec des cuistots qui étaient notamment de la communauté tamoule à Paris.

Ils acceptaient des conditions de travail très difficiles. Et c'est aussi, comment dire, une partie quand même du patronat français utilise des gens qui ont peu de droits, qui ont peu de revendications pour ne pas améliorer les conditions de travail. Vous savez, la branche restauration hôtellerie dont on parle souvent, elle a des conditions de travail que vous n'accepteriez pas et que moi non plus.

Par exemple, les jours fériés ne sont pas payés à part le 1er mai. Les horaires de nuit ou de tôt le matin, ce n'est pas payé. Vous pouvez être arrêté la moitié de la journée et vous n'êtes pas payé.

Voilà. Donc, qui est-ce qui accepte les travaux ? Soit les étudiants, comme moi à l'époque, soit des gens très précaires, soit des immigrants en situation illégale qui ne peuvent pas se plaindre.

J'entends bien, il n'y aura pas de politique de plus tard. Il n'y aura pas de régularisation comme peut le faire certains de nos voisins. Et si je reprends ma question du début, 380 000 entrées provisoires sur le sol, l'objectif du RN, c'est combien ?

C'est de tendre vers zéro, sachant qu'il y aura encore des étudiants. Donc, ça veut dire que c'est négatif. Ça veut dire qu'il n'y aura plus non plus de droits d'asile en France ?

Ah bah si, mais le droit d'asile sera restreint au vrai droit d'asile. Par exemple, là, quand je vois la liste des pays du droit d'asile, il n'y a pas de raison. Le Congo, par exemple, je crois qu'il est deuxième.

Le Congo est deuxième, effectivement. Voilà, Haïti, je ne vois pas pourquoi Haïti. Il y a beaucoup de pays qui sont considérés comme sûrs.

Le fait d'être un pays pauvre n'est pas une condition du droit d'asile. Le droit d'asile, c'est pour des gens qui sont en danger. Une petite question d'actualité.

Vous avez sans doute vu la proposition de votre voisin, le député de la Somme, François Ruffin, qui dit, si je suis élu, si j'arrive à l'Élysée, je me paierai au SMIC. C'est une bonne idée ? C'est complètement démago ?

Vous pourriez l'inclure dans votre programme ? Je pense que c'est un peu démago. Encore, j'ai été contre le fait que M.

Sarkozy choisisse d'augmenter son salaire à l'époque. M. Hollande l'a baissé.

Je crois qu'on est quand même dans l'épaisseur du trait. Par contre, ce qui est intéressant, c'est qu'il a repris une vieille proposition de ma famille politique, de la famille gaullienne, qui est par contre qu'on paie ses dépenses. Parce qu'il a dit qu'il ferait comme le général de Gaulle, il installera un compteur électrique à l'Élysée.

Donc Jordan Bardella paiera toutes ses factures. C'est Marine Le Pen déjà qui est candidate et qui choisira. Mais je pense que ça, c'est une bonne doctrine de séparer.

En fait, c'est psychologique. C'est séparer ce qui relève de l'État. Parce que le général de Gaulle avait quand même une vision de l'État aussi, qui était une vision de prestige.

Mais à côté, les dépenses personnelles. Et par exemple, les dépenses aussi d'Yvonne de Gaulle, qui avait acheté ses propres services de vaisselle. Elle en était très fière.

Alors non pas au supermarché, comme j'ai entendu, mais au bon marché. C'était le bon marché pour Yvonne de Gaulle. C'était quand même femme de général.

Merci beaucoup Jean-Philippe Tanguil.