Loi immigration: Macron peut-il tenir jusqu'en 2027 ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Compliqué, pas simple, pas simple, pas simple. Est-ce que Macron peut encore gouverner, tenir 3 ans comme ? Jacques, constitutionnellement et institutionnellement, il peut.
Il est élu pour 5 ans, il il en a déjà fait presque deux et il lui restera encore un peu plus de 3 ans, donc il pourra. Après politiquement, c'est encore c'est encore autre chose. On va voir ce que ce que vont donner les les les suites de cette loi immigration qui qui semble fracturer beaucoup beaucoup de choses à l'intérieur de sa majorité, à l'intérieur même de la droite euh et comment comment tout ça va se structurer après l'adoption ou pas de cette de cette de cette loi.
Donc euh en fonction de de ce résultat, euh la la tournure du de de du quinquennat va va sans doute changer. Est-ce que est-ce qu'il aura les moyens d'imposer sa candi sa sa sa ? Avec ?
Contre ? Tout ça c'est euh relève de de de de de encore de de choses qui sont incertaines. D'autant qu'il y a il y a des élections européennes qui arrivent dans pas si longtemps que ça, qui vont elles aussi re redonner et redresser et redessiner la carte politique française.
Donc il y a beaucoup d'incertitudes sur sur cette fin de quinquennat quand on sait que de toute façon un dans un mandat où où le président ne peut plus se représenter, il n'a plus la même force et le même pouvoir sur ses sur sur les autres puisque il ne dépend pas les autres ne dépendent plus de lui pour leur avenir. Alors, on va jouer cartes sur table, hein, on va jouer cartes sur table parce que vous avez un peu vendu la mèche. On n'est pas en direct, euh le débat sur l'immigration n'est pas tout à fait terminé, on sait pas où on va.
Euh néanmoins, j'ai une question Pierre Jacquémotty, quoi qu'il arrive, il est un peu perdant le président de la République quand même là. Euh en fait, il il il est habitué depuis quelques années et singulièrement depuis sa réélection à une zone de turbulence permanente sur toute une série de sujets. Et vous avez évoqué ce dont on parlera sans doute ensuite sur le la fameuse stratégie du en même temps.
Moi ce qui me frappe et probablement que c'est un des enjeux, il y a eu l' il y a l'enjeu politique et les institutions qui le protègent, mais il y a un enjeu aussi qui pour moi est singulier en ce moment, c'est la stratégie de communication du président ou l'absence de ligne de stratégie de communication claire du président. C'est étonnant par rapport à ses prédécesseurs à quel point il a souhaité, voulu ou inconsciemment sans s'en rendre compte, accepter l'idée qu'il était en retrait sur les deux grandes réformes du début du second quinquennat. Les retraites et l'immigration.
Et aujourd'hui l'immigration. C'est sidérant de voir que sur une une loi et sur un sujet d'actualité qui sensibilise beaucoup aujourd'hui l'opinion, que le président de la République n'est pas une seule fois pris la parole dans le sacro-saint rendez-vous de 20h qui ne l'est plus peut-être autant qu'avant, mais aucune parole présidentielle forte au point qu'on finisse par se demander de quel bois se chauffe-t-il sur ces ? On le sait que c'est un sujet qui n'est pas dans les les zones de préférence et de et de confort du président.
Mais que dit-il du projet voté par le ? Que dit-il euh de ce qui s'est passé lors du premier vote de ? Que dit-il actuellement de tous ces arbitrages ?
On a l'impression que pour les Français aujourd'hui, le grand absent euh du récit de l'immigration ou de la loi sur l'immigration, c'est le président de la République. La Première ministre est venue en première ligne après les difficultés du ministre de l'Intérieur. On a vu quand même un ministre de l'Intérieur très isolé.
C'est quand même très étonnant que pour un président qui s'est présenté au moment de sa première élection comme le président euh jupitérien Ouais. soit à ce et et si présent dans toute une série de crises majeures qu'a connues son premier quinquennat, euh les gilets jaunes, la crise du Covid et cetera. Là, on a l'impression d'une d'un grand point d'interrogation.
Je ne vois pas comment pendant 3 ans encore il peut et on sent qu'il y a aussi des turbulences au sein de son équipe sur les sujets de communication puisque vous avez appris que son patron de la communication avait été aussi avait été viré, on sent quand même que ce sujet de la ligne, du récit du quinquennat est suspendu à toute une série, on a l'impression qu'il est un petit peu voilà, au gré des vents et au gré de ce qui se passe dans le spectacle politique auquel on assiste depuis plusieurs mois. Alors Eugénie, euh ce que vient de dire Pierre Jacquémotty me paraît très très intéressant. Et moi ça me fait penser à quelque chose qui s'est produit il y a une vingtaine d'années, c'est la chiracisation d'une certaine façon.
C'est-à-dire euh que le deuxième mandat de Jacques Chirac, on savait pas trop où on allait et que euh bah vous vous souvenez de cette cette phrase pour le passage au quinquennat, euh vous votez pour euh bah c'est bien, vous votez contre, c'est bien aussi. Je crois qu'on est très on est tout à fait dans le syndrome à mon avis un syndrome très français qui est à la fois un hyper présidentialisme. On reproche à la fois au président d'être omniprésent et quand il n'est pas là, de ne pas parler.
Je rappelle que pendant la réforme des retraites, Emmanuel Macron a pris une fois la parole au 20h et que le le dimanche d'après, il y a une manifestation qui a encore plus dégénéré euh et les manifestants ont été c'était presque un carburant à la au rejet de la de la réforme. Donc ça n'a pas du tout arrangé les choses qu'il prenne la parole parce que on est dans une espèce de rapport au président de la République, euh on lui demande l'omnipotence, l'omniprésence et en même temps dès qu'il prend la parole sur les sujets, on on juge qu'il est trop présent. Euh et c'est pour moi le mal français et et la question que pose cette loi immigration, c'est est-ce qu'on assiste à une crise de nos institutions euh dans avec à travers ces tractations infinies ou est-ce que c'est le fonctionnement normal d'une d'une ?
Dans n'importe quelle démocratie du monde, il y a des tractations, il y a des compromis infinis jusqu'à 3h du matin entre des partis politiques. Il y a que nous en France, on dit On sait pas faire ça. C'est la 4e République, c'est pas notre esprit et cetera.
Ce qui est vrai et faux en même temps. Enfin si on était une démocratie mature, ça ne nous choquerait pas que les que les des partis débattent et qu'ils fassent des compromis, c'est normal. Mais nous ne sommes mais nous la 5e République n'est pas une démocratie mature, c'est une démocratie immature qui infantilise je pense le peuple et donc nous sommes dans ce rapport immature à la politique euh et c'est pour ça que derrière à mon avis cette question est de cette majori majorité relative au Parlement qui n'arrive pas finalement à à gouverner, enfin à faire voter des lois, il y a une profonde crise de nos institutions qui est un sujet euh fondamental et ça pose la question aussi de la dissolution, du référendum.
Mais il y a derrière des questions euh d'institutions. Vous êtes d'accord avec ça Louis Althusser parce que on accuse quand ça marche pas, on accuse des des institutions. Euh c'est plus habile que ça ce que dit Eugénie, évidemment, mais euh néanmoins.
En fait, euh on peut accuser les institutions, on peut aussi reprocher au président de la République de ne pas utiliser euh tous les outils que lui confèrent les institutions. Qu'est-ce qui se passe en ? Les Français choisissent de le réélire en grande partie parce qu'il est face à Marine Le Pen, euh mais le sanctionnent d'une majorité relative pour justement lui faire comprendre que ce n'est pas par enthousiasme qu'il a été réélu euh mais par défaut en fait.
En tout cas pour une grande partie des gens qui au second tour sont tout de même allés euh faire barrage comme on dit, en tout cas voter pour sa réélection. Donc à partir du moment où il est en majorité absolue, il doit composer effectivement avec cette Assemblée nationale capricieuse euh où il n'est pas majoritaire et où il y a ce parti des Républicains qui jouent un rôle pivot et l'illustration flagrante nous en est donnée par le projet de loi immigration où une soixantaine de députés font la loi sur 577 uniquement parce que qu'ils basculent d'un côté ou de l'autre, et ben ça change tout euh à l'avenir d'un texte. Effectivement, c'est pas du tout l'esprit de la 5e République et c'est pour ça que même nous les journalistes, on est un peu euh on on on a du mal avec cette matière en fait parce que euh on est habitué à des majorités absolues où tout se joue dans le camp euh de du président et où les discussions, elles ont lieu en réalité dans la majorité elle-même, le président tranche à la fin et hop, emballé c'est pesé, euh la loi part.
Donc c'est pas du tout comme ça que ça se passe maintenant, mais le président pourrait composer avec cette majorité relative en activant d'autres outils constitutionnels qui lui permettent de contourner le Parlement. Donc je pense au référendum, vous avez prononcé le vous avez prononcé le mot. Euh il aurait pu depuis le début de ce quinquennat, il en a déjà d'ailleurs parlé explicitement, activer un référendum sur tel ou tel sujet pour expliquer que sur ce sujet-là, et bien c'est sa prérogative présidentielle qui allait prendre le dessus et que puisque le Parlement euh n'est pas d'accord, puisque il est agité, puisqu'il y a pas de majorité relative, et bien il va le consulter euh directement le le peuple.
Et puis évidemment aussi la dissolution. La dissolution, c'est quand même l'outil par excellence qui montre que sous la 5e République, le président reste responsable devant les Français et non devant les députés. Et donc ça lui donne une arme, ça ça ça le met quelque part dans une position de légère supériorité euh par rapport au Parlement parce que lui a un pouvoir sur l'Assemblée nationale que l'Assemblée nationale n'a pas sur lui.
Il est insaisissable pour les députés. Or, il depuis le début de son second mandat et même depuis le début du premier, il ne s'est jamais décidé à aller activer ces outils constitutionnels. Il a plutôt essayé de des contournements euh que j'appellerais donc extra-constitutionnels.
Donc c'était le le Conseil national de la refondation, ce fut le grand débat sous le premier quinquennat, ça a été les rencontres de Saint-Denis avec des chefs de partis, ça a donné des résultats très mitigés à chaque fois, c'était les conventions citoyennes sur le climat puis sur puis sur la fin de vie. Il est ja il est jamais allé sur euh les outils que lui donnent pourtant la Constitution de Michel Debré du Général de Gaulle euh depuis depuis qu'il est au pouvoir, il a toujours essayé d'inventer autre chose et à chaque fois, ça n'a pas vraiment marché. Pierre Jacquémotty, la la dissolution euh on on va pas y échapper d'ici à la fin du ?
Euh objectivement, une dissolution provoquée par froidement par un président de la République, le précédent ne ne vaut pas vraiment exemple. Ouais. Ouais.
Euh et et encore, le précédent euh ne disait assez clairement euh malgré les les analyses qui étaient faites à l'époque que il y avait un vrai risque. Mais là, là c'est vraiment une décision politique. Et et puis si vous voulez, dans une séquence en 2024, il y a un un événement qui met le président de la République en première ligne et plutôt positivement, c'est plutôt une année olympique visible, Olympique. vous met dans une situation où vous retrouvez dans une cohabitation potentielle même si rien ne dit qu'on va vers cela s'il y avait des élections législatives.
Donc c'est très c'est très aléatoire et très risqué de provoquer. En général, la règle et l'équation des dissolutions, c'est vous y allez quand vous êtes sûr de gagner. Ouais.
Si vous êtes sûr de perdre, c'est qu'il y a quelque chose qui va pas. Ouais, bien sûr. Euh moi ce qui me frappe dans le dans la difficulté de la situation d'aujourd'hui, ça renvoie un petit peu à ce que disait la Première ministre aujourd'hui à ses troupes, en tout cas au groupe parlementaire, quand elle a dit "Nous allons préserver les valeurs du macronisme historique." Oui.
Cette expression que je trouve assez savoureuse, mais qui dit beaucoup en fait de la difficulté de la situation, y compris pour le Président de la République. Faut bien voir que le la le noyau du groupe parlementaire Renaissance, issu de l'élection de 2017, c'est un noyau issu des rangs du Parti socialiste en grande majorité. C'est le plus souvent le le flux strauss-kahnien qui est qui a pris en en main la campagne de d'Emmanuel Macron et qui a la une composition significative à l'Assemblée nationale.
Le souci, c'est quand vous tirez un petit peu à droite, et c'est probablement pour cette raison que le Président Macron a s'est s'est finalement refusé d'aller dans un accord voulu et souhaité et provoqué avec LR au début de son second mandat, c'est qu'il sait très bien que tirer tirer tirer à droite, à un moment donné, vous avez le risque que les steaks sautent et que la composante Et donc, dans le en même temps, il y a des avantages, mais l'inconvénient majeur, c'est que vous êtes toujours en train de tirer dans un sens ou un autre, c'est un peu comme sur un voilier avec des vents qui vous êtes toujours en train de de de de d'essayer de gouverner ou de naviguer avec ces vents contraires en permanence, et c'est probablement ce qui marque le la la grande différence de ce quinquennat et de ce mandat et du macronisme avec ce dont on parlait tout à l'heure, c'est-à-dire les prédécesseurs qui avaient des des des couleurs politiques un peu plus homogènes, pas toujours complètement homogènes, mais un tout petit peu plus lisibles du point de vue politique. ? Non non mais on dit toujours il faut revenir à l'esprit de la 5e République, qui sont le référendum ou les outils qui sont à disposition du Président de la République, mais à partir du moment où ces outils ne sont pas sont dans l'esprit et pas dans les institutions et sont laissés au bon vouloir de la personne qui gouverne, en général, elle n'a aucun intérêt à les utiliser puisque effectivement, si Emmanuel Macron utilise la dissolution ou le référendum, il risque de se prendre en boomerang un rejet de de sa personne puisque Donc je sais je n'aime pas cette expression "On revient à l'esprit de" parce que des institutions justement qui ne peuvent survivre que grâce à l'esprit des gens qui les qui les habitent et qui les qui les incarnent. qui les incarnent, et bien elles ne par définition, elles ne elles ne se fonctionnent pas, et moi je pense vraiment qu'on est face à un vrai problème institutionnel dans notre pays et qui a une depuis le début Emmanuel Macron a accentué le le présidentialisme et cette pente présidentielle de de la 5e République, et aujourd'hui, face à une majorité relative, il ne peut plus gouverner.
Faut revoir le système qui n'est pas présidentiel, attention, semi-présidentiel. En fait, ultra-présidentiel. Oui, en fait oui, mais En fait, c'est l'équilibre c'est c'est l'équilibre qui qui pêche aujourd'hui entre un ultra-présidentialisme, mais qui ne l'est pas vraiment non plus, et puis un parlementarisme un peu un peu forcé, qui ne l'est pas non plus.
Donc l'équilibre est à trouver. Il a été trouvé du temps des précédents des précédents présidents. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus compliqué dans une dans une dans une configuration que la 5e République a expérimenté un petit peu du temps du 2e mandat de de de Mitterrand.
Euh quand il avait une majorité relative, mais de très peu, avec Rocard sous Rocard, et mais après la la les institutions ont montré que quand il y a convergence entre la majorité parlementaire et le Président, ça fonctionne bien. Quand il y a une quand il y a cohabitation, ça fonctionne à peu près bien parce qu'on trouve une deux cohérences et deux oppositions franches, et mais là, on est dans cette dans cette situation un peu bizarreoïde où le Président est obligé de faire de trouver des majorités de projets qu'il arrive à trouver sur certains sujets. On l'a vu, il y a plusieurs beaucoup de de de de textes ont été votés par le par le Parlement. quarantaine depuis le début du c'est c'est possible, mais sur des textes qui sont symboliques, importants, comme le texte sur l'immigration, là c'est ça devient très très compliqué.
Et sachant que le Président a une relation un peu particulière avec le Parlement, il s'en mêle pas beaucoup. Alors, institutionnellement et la séparation des pouvoirs n'est pas respectée. le connaît mal aussi, il a jamais été parlementaire.
Il a jamais été parlementaire, et on voit bien que sans vouloir faire sans vouloir psychologiser énormément les débats, mais on voit bien que depuis son sa réélection, le Président est en une situation un peu particulière lui aussi. Il s'est il s'est il a pris son élection d'une d'une manière un peu compliquée puisque il s'est aperçu qu'il n'avait pas la main les mains les mains les mains libres, et il a on a bien vu que au début du quinquennat de son second quinquennat, il avait du mal à reprendre à reprendre position, à à reprendre la main, et et là, je je pense que il est dans cette situation, sans vouloir faire de là encore de de psychologie, mais mais une une sorte de de de de laisser-aller. Et et c'est ce qui à mon avis trouble aussi la situation.
Alors, Pierre Giacometti, il y a plus de conseiller en communication, il vient de partir à l'Élysée. Il y en a un autre qui arrive. Il y en a un autre qui arrive, mais imaginez que moi je prends mon téléphone, allô Pierre Giacometti, qu'est-ce que vous conseillez au Président de la République sur le plan de la communication justement reprendre la main.
C'est ce que vous êtes en train de me dire là. Faut réfléchir d'abord, il faut pas comme ça spontanément euh Non mais je vais revenir à à ce sujet de mais la communication, vous disiez tout à l'heure, c'est un aspect qu'on qu'on évoque peu, hein. Je suis sûr que si on fait l'exercice entre nous cinq de savoir comment définir le récit du mandat d'Emmanuel Macron, indépendamment des 3 ans qui viennent, mais depuis sa réélection, je crois que c'est un exercice qui est très difficile pour nous, pour beaucoup de Français.
C'est le flou. Et donc il y a une question fondamentale, c'est de savoir à quel moment Alors, il a parlé d'une reprise enfin d'une initiative forte destinée au mois de janvier à rassembler les Français compte tenu du contexte actuel, ça veut dire qu'il faut qu'il mette la barre très très haut pour pouvoir remobiliser ou créer du consensus. Donc il y a quand même à un moment donné une question, on est effectivement sous la 5e République, et même s'il n'a pas de majorité, euh on est dans un système où les Français attendent du Président de la République un cap et une vision.
On sait que l'exercice de fin d'année des vœux, c'est un exercice devenu un peu secondaire dans l'attention parce que même s'il y a beaucoup d'audience, en fait, les Français pensent à autre chose à ce moment-là. Donc il faut vraiment à un moment donné se mettre au travail et essayer de créer quelque chose qui donne un agenda clair sur les 3 années qui viennent. On disait tout à l'heure, le désavantage, c'est que il ne se représente pas.
Ça peut être aussi un avantage. Ouais. L'effet contrainte, c'est que vous avez un agenda libre de toute séquence de pression liée à la à la réélection qui arrive, donc ça lui donne aussi une certaine marge de manœuvre, peut-être aussi une liberté à prendre un certain nombre de risques.
Le souci, c'est qu'aujourd'hui, quand on le voit coordonner toute une série d'initiatives, on entend parler à un moment donné de l'inscription dans la Constitution de du droit à l'avortement, il parle l'autre jour du du droit d'asile. On sent à un moment donné la l'absence de de fil conducteur. Et je pense que des millions de Français aujourd'hui, quelles que soient leurs sympathies politiques, C'est un peu se posent un petit peu la question sur ce Président qui ne qui ne laisse pas apparaître clairement où veut-il conduire le pays.
Un peu perdu. Je suis tout à fait tout à fait d'accord, et d'ailleurs ce n'est pas que la communication puisque la communication en fait c'est c'est mettre en récit, mettre en musique la pensée profonde, complexe, nous a-t-on dit autrefois de d'Emmanuel Macron. Là, on a l'impression que lui-même ne sait pas exactement où il en est et comment il veut aborder le reste de son quinquennat, et on a l'impression que c'est comme ça d'ailleurs depuis sa réélection, qu'il sait pas exactement quoi faire de ce quinquennat qui lui a été confié dans des circonstances alambiquées, compliquées, avec une majorité relative.
Et je trouve que ça s'enlise de plus en plus parce que autant sur la réforme des retraites, là, le cas était assez clair, c'était prévu dans dans son programme, ça correspond à son ADN réformateur, libéral sur le plan économique, il l'a fait cette réforme contre le pays, enfin en tout cas contre une grande majorité de de l'opinion en assumant à la fin le le 49.3. Bon, à la limite, le récit, le le cap sur le plan économique était un peu plus clair.
Le Mais là, le problème avec l'immigration, c'est qu'on touche à un sujet où la ligne Emmanuel Macron n'est n'est pas claire et mouvante depuis le début et depuis avant même qu'il soit au pouvoir parce que quel est le rapport entre le Emmanuel Macron candidat en 2016 qui félicite Angela Merkel d'avoir accueilli des centaines de milliers de de réfugiés lors de la grande vague migratoire de l'époque, et le Emmanuel Macron qui fait le lien entre l'insécurité et l'immigration dans les grandes métropoles, qui maintenant discute avec Éric Ciotti et Bruno Retailleau pour savoir ce qu'il met dans dans sa loi pour la sauver. Là, le l'écart est béant, si vous voulez, entre l'Emmanuel Macron de l'époque et maintenant. Donc ça confirme l'illisibilité de de son cap et des limites du en même temps sur tout un tas de sujets, et en particulier le sujet régalien, qui est son angle mort depuis le début parce qu'il connaît mal, parce qu'il ne l'a pas euh il n'en a pas fait un ADN et parce qu'il était rattrapé par ces problématiques au cœur de l'exercice du pouvoir.
Oui, moi je je pense qu'Emmanuel Macron a des convictions sur l'immigration et que ces convictions sont assez simples, ce sont des convictions économiques. Il est persuadé que l'immigration la solution à l'intégration passe par l'économie. Et c'est d'ailleurs le cœur de cette loi immigration puisqu'il a il est il a passé par l'angle du travail.
Et il dit toujours tous les tous les macronistes répètent "Nous faisons des distinctions entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas." chez les chez les migrants. Or, à mon avis, c'est là où il se trompe parce que la distinction n'est pas entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas, elle est entre ceux qui veulent s'intégrer à la France, qui veulent devenir Français, et ceux qui ne veulent pas.
Parce qu'on peut très bien travailler et avoir un emploi et ne pas être intégré. Et je pense que c'est là le défaut d'Emmanuel Macron, il est persuadé que que non pas l'intendance suivra, mais on suivra l'intendance. Et que l'économie est est un outil qui va permettre de de permettre l'intégration.
Et je pense qu'il se trompe profondément. Vous savez, dans les années 90, quand il y avait la campagne de Clinton aux États-Unis, il y avait un conseiller Clinton qui avait dit à la à la télévision pourquoi Clinton réussit, il disait "It's the economy, stupid." C'est les c'est grâce à l'économie.
Et bien aujourd'hui, c'est "It's the identity, stupid." C'est l'identité en fait qui compte. Et le problème de l'immigration, il pose un problème identitaire et culturel, et Emmanuel Macron ne le voit que sous l'angle économique.
Il pense Il avait dit pendant la semaine sainte, il avait dit "C'est la Californie sans le soleil." Et c'est c'est c'est là où il y a le plus de start-up et dans et et de d'auto-entrepreneurs en France. Simplement, il ne voit pas le problème de de de enfin culturel et identitaire derrière, et c'est à mon avis là que que le bât blesse, c'est le cœur de son incompréhension. travers jospinien.
Ah, peut-être.
Emmanuel Macron