Bourdin Direct du 1er juin - 8h/9h
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 17 %Défensif 53 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 35:34FerméeÉludée
Est-ce que ça protège ?
- 35:39OuverteRéponse directe
Pour l'Institut Pasteur, vous avez conduit une étude sur 160 soignants de Strasbourg atteints par le coronavirus. Mais pas de forme grave. Un mois après, 159 sur ces 160 patients avaient développé des anticorps. C'est cela ?
- 36:36RelanceRéponse directe
Pourquoi c'est une bonne nouvelle ? C'est le cas.
- 36:55OuverteÉludée
Comment est-ce que les cellules protègent contre ce nouveau coronavirus qui est important ?
- 37:05OuverteRéponse directe
Mais si, après une infection, vous ne développez pas d'immunité protectrice, on n'est pas plus avancé. Au moins, on sait maintenant que pour les formes mineures, cette immunité protectrice existe au moins jusqu'à 40 jours. Alors, c'est là où je suis toujours un petit peu rabat-joie.
- 37:50FerméeRéponse directe
Les traitements, toujours aucun traitement efficace aujourd'hui ? Vraiment efficace ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30InvitéFait
« Le plafond du ticket resto passe à 38 euros pour permettre d'accélérer la reprise du secteur. »
- 0:35InvitéFait
« Quant au chômage partiel, les entreprises assument désormais 15% de son coût à partir d'aujourd'hui. »
- 9:51PrésentateurFait
« Alors d'abord, qu'est-ce que ce médicament, l'anakinra ? »
- 10:02PrésentateurFait
« Oui, c'est un médicament contre quoi ? »
- 10:32PrésentateurFait
« Alors vous, vous vous êtes dit, et si ce médicament était utile ? »
- 10:46PrésentateurFait
« C'était au mois de mars, au début de l'épidémie ? »
- 11:19doctor_gilles_aiemChiffre
« Alors, les patients traités étaient au nombre de 52. »
- 11:57doctor_gilles_aiemFait
« À l'ensemble de ces 52 patients, vous avez administré ce médicament. »
- 12:00doctor_gilles_aiemChiffre
« Et donc, on en a sauvé les trois quarts. »
- 12:45doctor_gilles_aiemFait
« Parait excellent. »
- 13:09doctor_gilles_aiemFait
« Peu cher, oui. »
- 25:24PrésentateurFait
« Est-ce que la phase suivante, après le 22 juin, une troisième phase, nous permettra de revivre comme avant l'épidémie ? »
- 26:40PrésentateurFait
« Est-ce que l'épidémie est en train de disparaître ? »
- 27:50PrésentateurFait
« Est-ce que vous trouvez qu'il y a un relâchement ? »
- 33:04PrésentateurFait
« Est-ce qu'on sait, professeur Fontané, combien de Français ont été infectés par le virus ? »
- 35:55PrésentateurChiffre
« 159 sur ces 160 patients avaient développé des anticorps. »
- 36:01PrésentateurChiffre
« 98% avaient des anticorps qu'on appelle neutralisants. »
- 36:46PrésentateurFait
« ces anticorps que l'on détecte dans le sang, ils sont neutralisants, donc potentiellement protecteurs. »
- 37:04PrésentateurChiffre
« il fallait atteindre ces fameux 66%. »
- 37:10PrésentateurFait
« on sait maintenant que pour les formes mineures, cette immunité protectrice existe au moins jusqu'à 40 jours. »
- 37:20PrésentateurFait
« avec les coronavirus saisonniers, elle ne dure pas au-delà d'un an à peu près, cette immunité protectrice. »
- 38:00PrésentateurFait
« Il y a, comme vous l'avez entendu, le REM des sévirs qui, aux Etats-Unis, permet de diminuer la durée d'hospitalisation. »
- 38:11PrésentateurFait
« L'anakinra, qui, sur des formes sévères, donne un effet... »
- 38:36PrésentateurFait
« Uniquement sur des formes graves. »
- 39:15PrésentateurChiffre
« Il y a les Anglais qui, eux, ont un essai qui s'appelle Recovery où ils ont enregistré plus de 11 000 patients. »
- 39:39PrésentateurChiffre
« je ne sais pas combien ont été randomisés au bras d'hydroxychloroquine mais ça doit être entre 1 000 et 2 000 par exemple. »
- 42:17PrésentateurChiffre
« depuis le 11 mars, on s'est réunis tous les jours, week-end compris, deux heures par jour. »
- 42:35PrésentateurFait
« nous étions à l'Élysée, quelques-uns d'entre nous, pour discuter avec Emmanuel Macron, Édouard Philippe, Olivier Véran. »
Temps de parole
- Présentateur76 %
- Invité9 %
- Auditeur4 %
- Auditeur 23 %
- Invité 22 %
- Auditeur 32 %
≈ 2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez RMC, lundi 1er juin, l'info sur RMC. Merci, merci d'être avec nous 8h01, Céline Calman est là pour les dernières infos, Céline, bonjour.
Bonjour Jean-Jacques, bonjour à tous. La colère se propage aux Etats-Unis une semaine après la mort de George Floyd. Couvre-feu et pillage dans tout le pays, des milliers de soldats de la garde nationale déployés dans 15 états et à Washington. En France, phase 2 du déconfinement bientôt enclenché, restaurants et bars ouverts dès demain. Le plafond du ticket resto passe à 38 euros pour permettre d'accélérer la reprise du secteur. Quant au chômage partiel, les entreprises assument désormais 15% de son coût à partir d'aujourd'hui. Bienvenue à tous sur RMC. La contestation aux Etats-Unis peut-elle gagner l'Europe ? Des affrontements très violents se sont déroulés à travers tout le pays.
Une vague de colère, partie de Minneapolis il y a une semaine après la mort de George Floyd et qui a touché New York, San Francisco, Miami, Philadelphie, Chicago ou encore Los Angeles. Désormais, la colère s'exprime partout pour dénoncer les bavures policières et les disparités raciales. Cette nuit, un couvre-feu a même été décrété à Washington après de nouvelles manifestations près de la Maison Blanche. Paul Barcelone.
Des mortiers d'artifices explosent dans le ciel de Washington et sous les fenêtres de la Maison Blanche, des manifestants crient leur colère. Malgré le couvre-feu imposé des 23 heures, toujours les mêmes scènes, pillages, voitures incendiées. Certains manifestants brûlent un drapeau américain, d'autres jettent des cocktails Molotov en direction des soldats de la Garde nationale déployés dans les rues. Des tensions que Donald Trump attribue à des gauchistes radicaux. Muriel Bowser, la maire de Washington, regrette ces violences. Nous comprenons les mouvements de protestation, mais pas les destructions de la ville.
Je pense que le rôle du président Trump serait plutôt d'aider à retrouver le calme et la sérénité dans toutes les villes d'Amérique. Selon le New York Times, le président américain a été emmené à l'abri dans un bunker de la Maison Blanche lors d'une manifestation similaire vendredi soir. Un bunker habituellement utilisé en cas d'attaque terroriste.
L'ex-policien impliqué dans la mort de George Floyd va comparaître aujourd'hui pour la première fois devant le tribunal. Derek Chauvin est incarcéré depuis vendredi dans une prison de Minnesota à Saint-Paul, ville collée à Minneapolis, là où a été tué George Floyd. On retrouve l'envoyé spécial de RMC sur place, Cédric Fech. Cédric, la situation dans la ville a encore été très tendue et ça a fini par se calmer.
La situation est désormais sous contrôle à Minneapolis. La police a mis 4 heures à ramener le calme derrière moi parce qu'ici, pendant une bonne partie de la journée, il y a eu une manifestation. Et quand est arrivée 20h lors du début du couvre-feu, certains manifestants n'ont pas voulu partir et ils ont été arrêtés. D'autres ont dû essuyer même des tirs de balles en caoutchouc. Mais le gouverneur du Minnesota est satisfait parce qu'il dit qu'il n'y a pas eu trop de blessés, contrairement à la journée de la veille où les policiers avaient été particulièrement violents. Sinon, dans la journée, Minneapolis est plutôt calme.
Mais quand même, la population est très remontée contre la police qui, du coup, ne se montre pas trop pour ne pas envenimer la situation. Et du coup, une partie de la population fait des bêtises, grille les feux rouges, monte sur les toits. Et le problème, c'est qu'il risque d'y avoir des dérapages qui rendraient la situation incontrôlable. Ça aurait pu être le cas, par exemple, avec ce camion qui a foncé sur la foule dans l'après-midi. Heureusement, il n'y a pas eu de blessés.
Cédric Fech, envoyé spécial de RMC à Minneapolis. Cinq mois avant la présidentielle américaine, cette contestation conjuguée à la crise du coronavirus, au chômage, bientôt 20% de chômeurs dans le pays, pourrait avoir un impact dans les urnes. Jean-Éric Branat, maître de conférence à l'Université Paris 2, spécialiste des États-Unis, était ce matin sur RMC.
Il n'y aurait certainement pas cette réaction aujourd'hui s'il n'y avait pas eu la crise sanitaire juste avant. C'est évidemment ce confinement qui a fait que les gens sont coincés chez eux pendant un moment, mais en même temps subissent l'ensemble de ces crises. La crise sanitaire, la crise économique qui arrive, et c'est ces populations fragilisées qui sont les premières touchées, bien sûr. Le chômage, c'est eux. Les problèmes d'assurance santé, c'est eux. La pauvreté, c'est encore eux.
Et bien évidemment, c'est la goutte qui fait déborder le vase avec ce problème de violence policière et surtout l'appréhension qu'il n'y aura pas de justice derrière, que c'est encore une fois eux qui sont touchés et que ça va passer à la salle.
Et puis le geste de plusieurs footballeurs ce week-end en Bundesliga, dont Marcus Thuram, le fils de Lilian Thuram, qui est très investi sur les questions de racisme. Après avoir inscrit le deuxième but de son équipe, il s'est agenouillé en penchant la tête vers le bas. C'est un geste devenu symbolique aux Etats-Unis. RMC, 8h06, ce n'est plus qu'une question d'heure. Demain, les bars et restaurants vont pouvoir ouvrir légalement. Ce week-end, certains n'ont pas pu résister, n'ont pas attendu. Une dizaine d'établissements verbalisés à Paris. Réouverture des restaurants demain, donc avec le plafond du ticket resto qui augmente et passe de 19 à 38 euros pour encourager la reprise.
Jean-Baptiste Bourgeon. Farida est responsable d'une pizzeria. Pour cette restauratrice, le déplafonnement des titres restaurants incitera les clients à relancer le secteur. Les gens seront peut-être amenés à pouvoir aller dîner ou aller déjeuner. J'ai eu certains clients qui m'ont dit qu'il y avait 400, 300 euros dessus, qu'il faut forcément liquider. Que ça passe à 38 euros, ça permettra un relancement dans la restauration. Une mesure qui ravit Théo, étudiant. Ça permet aussi de pouvoir aller peut-être au restaurant le midi et le soir pouvoir faire un petit peu de course. Je trouve ça vraiment bien. Le déplafonnement est surtout une aubaine pour tout le secteur.
En cette période difficile, martèle Romain Vidal du syndicat GNI qui représente les restaurateurs. Pendant le confinement, il y a peu plus d'un milliard d'euros qui n'ont pas été utilisés en titre au restaurant. Cet argent-là est une manne en attente pour les petits commerçants comme les restaurateurs notamment. Et on a besoin de cet argent-là pour lancer l'activité économique. 38 euros quotidiens, un montant raisonnable qui offre la possibilité de payer un repas pour deux, ajoute ce syndicaliste. Et dès demain fini, la politique d'un siège sur deux dans les trains. Retour à 100% du trafic sur les TER. Il faudra attendre le 24 juin pour les TGV dans l'aérien.
Les nouvelles règles sanitaires seront publiées aujourd'hui. Entrant en vigueur ce lundi aussi de nouvelles règles, des nouvelles règles du chômage partiel. Les entreprises assument dorénavant 15% du coût, 85% restant toujours à la charge de l'État et de l'UNEDIC. Beaucoup d'entreprises n'ont pas encore retrouvé une activité normale et vont devoir puiser dans leur trésorerie pour éviter de licencier Rémi Inc.
Cécile Fuché dirige une imprimerie en Côte d'Or. 43 salariés, les trois quarts en activité partielle. La reprise tarde à venir et ces 15% du chômage partiel à assumer désormais lui font craindre le pire.
Ça veut dire pour une entreprise comme la nôtre aujourd'hui, payer plus de 5000 euros d'activité partielle.
Forcément tout va se remettre en route, mais en route très doucement. Donc laissez-nous le temps de reprendre pied. Ce qu'on ne veut pas c'est arriver et personne ne le souhaite, arriver au licenciement.
Autre problème, les salariés qui ont des enfants, qui n'ont pas pu reprendre l'école, seront au chômage partiel. Mais la part payée par les entreprises restera la même. La double peine pour Cécile Fuché.
On va avoir un double problème, c'est que quand on aura besoin d'eux, à la fois ils ne pourront pas être dans l'entreprise. Et le deuxième problème, c'est qu'effectivement, on devra payer cette partie qui ne devrait pas nous incomber.
Je pense que ce n'est pas aux entreprises à payer la défaillance des crèches, des écoles, des garderies.
Les organisations patronales réclament donc une prise en charge à 100% du chômage partiel pour les parents qui doivent garder leurs enfants.
La situation épidémiologique s'améliore dans notre pays. 31 décès en 24 heures à l'hôpital. Les victimes en EHPAD n'ont pas été actualisées dans les EHPAD. Où il faudra encore attendre pour que les familles se serrent dans les bras. Aucune date officielle pour la reprise des visites habituelles. Des règles toujours très strictes, ce qui devient insupportable pour les résidents et leurs proches. Nicolas Trénault et Margot Bédé ont pu le constater dans le Grand Est, dans un établissement près de Mulhouse.
Depuis sa chambre au rez-de-chaussée, Louis a vu sur un parterre de fleurs sauvages. Une fois par semaine, sa fille l'écueille et lui dépose sous sa fenêtre, à défaut de le prendre dans ses bras. Ah voilà, merci Daniel. C'est une manière de te dire bonjour. Daniel espérait aujourd'hui voir son père autrement. Moi je m'attendais à ce qu'on puisse rentrer au moins avec des masques ou éventuellement les sortir un petit peu dehors. Parce que là, ça donne parfois l'impression d'un zoo. A bientôt. A bientôt, oui.
Comme Louis, les 65 autres résidents de cette EHPAD se languisent de leur famille. Trois présentent même des signes d'affaiblissement.
Des symptômes qui ne trompent pas pour Valérie Véguerich, médecin-coordinateur de l'établissement. C'est vrai que l'impact est très important au niveau du moral de nos résidents. Certains refusent même de manger. Les gens se laissent littéralement mourir. Sans réponse à donner aux familles, la directrice Martine Vanza attend des consignes du gouvernement. On n'est plus crédibles actuellement, donc il faut absolument que mardi, nous ayons des dates fixes pour pouvoir dire aux familles. À partir de telle date, vous pourrez rentrer dans la structure avec bien sûr toutes les consignes de sécurité.
Cette directrice a déjà rédigé un mail pour prévenir les familles. Il ne manque plus que le feu vert des autorités pour l'envoyer. Dans l'actualité également, à partir d'aujourd'hui, si vous souhaitez passer le permis de conduire, plus de mauvaise surprise, votre auto-école doit obligatoirement vous présenter un contrat qui devra mentionner le nombre d'heures de formation nécessaire et surtout le prix total.
Merci Céline. Allez, nous allons revenir tout à l'heure. Je reçois Arnaud Fontanet. Arnaud Fontanet, vous le connaissez, épidémiologiste, l'Institut Pasteur, membre du Conseil scientifique. Et je lui parlerai évidemment du virus. Où en est ce virus ? Est-ce qu'il disparaît avec la chaleur, avec l'été ? Est-ce qu'il va revenir, ça on ne sait pas, à l'automne ? Bien, nous verrons tout cela. Mais je lui parlerai aussi de ce traitement, de ce traitement développé à l'hôpital Saint-Joseph à Paris. Le docteur Gilles Aïem est avec nous. Bonjour docteur. Merci d'être avec nous. Vous coordonnez cette étude sur un médicament que vous connaissez bien, qui s'appelle l'anakinra.
Alors d'abord, qu'est-ce que ce médicament, l'anakinra ? Alors ce n'est pas un médicament nouveau. Oui, c'est un vieux médicament. En quelque sorte, si on peut appeler vieux d'une vingtaine d'années, mais en fait on ne le découvre pas aujourd'hui. Oui, c'est un médicament contre quoi ? Initialement. Qui est utilisé, pourquoi ? Pour soigner au départ la polyarthrite rhumatoïde. Donc de mes maladies, si j'ose dire, puisque je suis rhumatologue.
Oui.
Et au fil du temps, ce médicament a servi à soigner d'autres maladies, et notamment des maladies beaucoup plus rares, qu'on appelle les syndromes auto-inflammatoires. Et ces maladies-là, dont je m'occupe aussi, sont une sorte de modèle qui nous a servi et qui nous a inspiré pour soigner les maladies. Alors vous, vous vous êtes dit, et si ce médicament était utile ? S'il devenait un traitement indispensable dans les cas graves de coronavirus, on est bien d'accord ? Oui, exclusivement. Exclusivement dans les cas graves. Donc vous avez lancé une étude. Oui. C'était au mois de mars, au début de l'épidémie ? Oui, le plus vite possible.
C'est-à-dire qu'au fond, tout est basé sur des connaissances et une part d'intuition. Et nous nous sommes dit, en effet, que ce médicament avait toutes les chances d'enrayer la machine infernale. La machine infernale qui embrase l'organisme, et qui d'ailleurs n'est plus directement liée au virus, mais liée au système immunitaire du patient. C'est-à-dire qu'on rentre dans un cadre qui est complètement différent. C'est celui d'une maladie auto-immune. Ou d'une maladie qu'on pourrait qualifier de systémique, parce qu'elle touche l'ensemble des organes du corps. Alors combien de patients concernés par votre étude ? Alors, les patients traités étaient au nombre de 52. 52 patients.
C'est assez appréciable. 52 patients en réanimation ? Non, justement. L'idée, c'était de les sauver de la réanimation. C'était d'empêcher que leur état, qui était déjà relativement, même plus que relativement grave, puisque déjà dépendant de l'oxygène, ne les conduise pas en réanimation. Et encore moins, bien sûr, vers une évolution fatale. Oui. Donc, à partir de ces 52 patients, vous n'avez administré pas à tous, j'imagine ? Si. À tous. À l'ensemble de ces 52 patients. À l'ensemble de ces 52 patients, vous avez administré ce médicament. Oui. Et donc, on en a sauvé les trois quarts.
C'est donc très extraordinaire, puisque le groupe qui nous a servi de contrôle, qui, eux, étaient arrivés un peu plus tôt dans l'hôpital, et qui n'ont pas profité de ce médicament, avait des scores de survie bien inférieurs, malheureusement. D'autres patients n'ont pas reçu le médicament. Le même nombre de patients ? Un peu moins. Un peu moins. Parce qu'il y a 44 patients. 44 patients qui n'ont pas reçu le médicament, et qui, eux, malheureusement... Alors, pour certains, malgré tout, franchi la barre, mais d'autres, non. D'autres, non. Et effectivement, très rapidement, je dirais que cet exemple nous a servi à poursuivre ce traitement chez des patients.
C'est-à-dire que là, nous n'en sommes plus qu'à 120 patients, et même un peu plus, traités par ce même médicament. Traités par ce même médicament. Et le taux de survie est... Parait excellent. Alors, notre avantage, c'est que nous étions au contact des patients. C'est-à-dire qu'on avait la possibilité, avec un médicament qui marche, lorsqu'il marche extrêmement vite, de se rendre compte de la transformation des patients. C'est-à-dire, en quelques jours, ces patients allaient très sensiblement mieux, avec des besoins d'oxygène très diminués. Le traitement dure une dizaine de jours, si j'ai bien compris. Il n'est pas cher, parce que ce médicament n'est pas cher ? Disons peu cher.
Peu cher, oui. Au regard de ce que coûte une journée d'hospitalisation en réanimation, par exemple, c'est complètement négligeable. Publication dans The Lancet. Lancet, Rheumatologie. Rheumatologie. Et puis, une équipe italienne est arrivée aux mêmes conclusions que vous. Alors ça, c'est très, en effet, pour nous, c'est capital, puisque trouver deux équipes qui, à quelques jours de différence, se lancent dans la même procédure thérapeutique et aboutissent, grosso modo, quasiment au même résultat, c'est pour nous très, très important. D'autres études sont en cours en France ? Oui, il y a des études qui ont été lancées, vous savez, dans le cadre de protocoles. Oui.
La grande différence entre nous et ces protocoles, c'est le groupe placebo. Nous avons opté pour ne pas proposer de placebo à nos patients pour des raisons qu'on peut imaginer. Et l'anakinra, l'anakinra est fabriquée par qui ? C'est un laboratoire suédois. C'est un laboratoire suédois. Qui a récupéré une licence en provenance d'un laboratoire américain. Qui a récupéré une licence. Docteur Gilles Aiem, c'est très encourageant, dites-moi. Franchement, vous êtes resté discret, vous n'en avez très peu parlé.
Vous savez, c'est tout le problème, c'est qu'avant de lancer une telle découverte, il faut en effet avoir le maximum de preuves et, comme on dit, couvrir ses arrières et être absolument certain que nos résultats seront absolument indiscutables. Alors, encore une fois, ce médicament doit être administré si tout est confirmé, si l'efficacité est définitivement confirmée, administré lorsqu'on souffre gravement du Covid-19. On est bien d'accord. Ce n'est pas sur des petits symptômes du Covid-19. Ça ne sert à rien du tout. Exactement. Il y a des effets secondaires entre médicaments ? Ce qui est merveilleux, c'est qu'en gros, cette molécule est parfaitement bien supportée.
Il faut rappeler que c'est une biothérapie, c'est-à-dire un traitement biologique qui reproduit ce que le corps est capable de fabriquer lui-même. Nous fabriquons tous de l'anakinra. Ah, d'accord. Mais, dans ces circonstances-là, nous en fabriquons... Ce n'est pas chimique, alors ? Non, c'est biologique. Cette façon biologique reproduit une protéine naturelle du corps et qui permet de rééquilibrer les choses lorsqu'il le faut. J'ai compris. Passionnant. Merci, docteur Gilles Hayem. J'en parlerai, d'ailleurs, tout à l'heure à Arnaud Fontanet qui va nous parler de l'évolution de l'épidémie à 8h35. Merci beaucoup. Merci. Il est 8h17. Vous êtes sur RMC pour savoir et comprendre.
Tiens, si nous réécoutions cette voix qui a touché l'Amérique ce week-end, celle de Kindron Bryant, un adolescent noir, chanteur de gospel, âgé d'à peine 12 ans. Il a publié sur Instagram une courte vidéo en forme de cri de colère. « Je suis un jeune homme noir, dit-il. Je fais tout ce que je peux pour me tenir debout. Mon peuple ne veut pas d'ennuis. Nous avons assez lutté.
Je veux juste vivre un message qu'il chante face à la caméra. »
Vous êtes sur RMC. Alors, qui sont les manifestants ? Il y a les problèmes ratios, évidemment, aux États-Unis, mais pas que ça. Il y a aussi du pillage, il faut le dire, de magasins. Il y a aussi des extrémistes, anarchistes, il y a des suprémacistes blancs. Tout se mélange actuellement. Et c'est ce que dénoncent plusieurs responsables politiques.
Exactement. Alors, les médias américains et les journalistes présents sur place dans les cortèges absolument partout aux États-Unis racontent que beaucoup de manifestants sont en fait des citoyens ordinaires, non politisés, qui viennent spontanément dans les cortèges, pas uniquement des afro-américains, comme George Floyd, qui est mort la semaine dernière.
Mais le gouverneur du Minnesota, d'où est partie cette colère, assure que les manifestants sont effectivement des anarchistes, des suprémacistes blancs ou des trafiquants de drogue qui veulent, selon lui, déstabiliser les grandes villes, nos grandes villes, dit le gouverneur de cet État. Et Donald Trump a repris ce message. Lui, le président américain, s'en prend à la gauche radicale et à la mouvance antifasciste, les antifas, qu'il considère désormais comme une organisation terroriste. Et je rappelle que le gouverneur du Minnesota, Tim Rawls, est démocrate. C'est un démocrate, absolument. Rappelons-le, il est 8h19. Tiens, si je prenais Patrice à La Rochelle, en Charente-Maritime.
Bonjour Patrice.
Bonjour Jean-Jacques.
Ça me fait plaisir de vous voir, Patrice, et de vous avoir.
Très heureux de vous avoir. Depuis le temps, je vous regarde tous les matins.
C'est vrai ?
Ah oui, tous les jours. C'est RMC Découverte ? RMC Découverte, et puis j'enchaîne dans la voiture avec la radio.
Avec la radio. Patrice, je voulais simplement en profiter, puisque vous ne le dites, vous dites que vous regardez tous les matins pour remercier toutes celles et ceux qui sont avec nous, parce que nous avons battu des records la semaine dernière, des records d'audience sur RMC Découverte, records de la saison. Donc de plus en plus de téléspectateurs et de téléspectatrices. Vous êtes auxiliaire de vie, vous travaillez en chèque emploi-service sur la région de La Rochelle, pour La Rochelle Santé en fait.
Voilà, La Rochelle Santé et en chèque emploi-service.
Et en chèque emploi-service. Et la fameuse prime de 1 500 euros. Auxiliaire de vie, ça veut dire que ça veut dire que pendant toute la crise sanitaire, pendant le confinement, vous étiez auprès des personnes seules.
Oui, personnellement, je n'ai pas arrêté moi. 7 jours sur 7. Pendant les 2 mois là, ainsi que ma petite femme aussi, qui d'ailleurs en garde de nid actuellement, et qui va enchaîner derrière, d'ici une heure, à domicile. Voilà.
Et plus que jamais, plus que jamais, je ne comprends pas pourquoi, vous avez été comme ça, exclu, enfin exclu, c'est-à-dire que chacun se rejette la responsabilité. L'État dit, c'est au département de payer la prime, et les départements disent, non, non, non, c'est à l'État.
Oui, c'est ça, oui. Alors moi, oui, on navigue un petit peu dans tout ça, mais bon, vous savez, on ne fait pas ce métier-là pour l'argent. Oui, oui. Parce que, événement, c'est énorme, on a beaucoup de jolis contacts, on a un petit peu le rayon de soleil des gens quand on arrive chez eux à domicile. Et je voulais souligner justement que moi, je m'occupe d'une personne tétraplégique qui a 50 ans, qui m'a donné une petite prime, personnellement, de 100 euros, voilà, de son propre don. J'ai des petites mamies aussi qui m'ont donné les primes pour remercier d'être intervenu pendant cette crise du Covid.
Donc je voulais aussi signaler ça, qu'il y a des gens aussi qui reconnaissent, qui sont reconnaissants et qui donnent de la valeur à notre métier. Et ça, je les remercie du fond du cœur.
C'est la solidarité. Voilà. Patrice, c'est ce qu'on appelle la solidarité.
Et je voulais signaler qu'on a vraiment un métier magnifique et qui a besoin de monde. Et ce monde, il faut qu'il soit reconnu aussi, c'est sûr. On a besoin d'être... On est sur le terrain tous les jours et c'est vrai qu'on ne parle pas beaucoup de nous.
Je suis content que vous soyez là, Patrice.
Et puis, je voulais dire aussi que pendant le confinement, on a apprécié, on avait la route pour nous, on a retrouvé la nature, les petits oiseaux au rond-point, on a retrouvé magnifique, de la place pour se garer, Oui,
mais les oiseaux, les oiseaux, les ronds-points, malheureusement, j'ai peur qu'on les voit moins.
Oui, ça y est,
la nature avait repris ses droits, mais bon. Exactement. Bon, merci Patrice.
C'est moi qui vous remercie. Merci à toute votre équipe et continuez comme ça.
Eh bien, si on est là, c'est aussi grâce à toute cette équipe. C'est gentil. C'est toute l'équipe qui est formidable. Merci Patrice. 8h22. Merci, à tout de suite.
RMC, au direct. Tiens, mais Catherine est aussi assistante de vie à Angers. Catherine nous dit, moi j'ai aussi travaillé tout le week-end et je travaille encore aujourd'hui. D'autres profites de ce lundi de Pentecôte férié. Sylvie qui a déjà 13 degrés à Anne-Lin dans le Nord. Mohamed qui souhaite une bonne journée à tous. Roland qui profite de son petit village Ardessoa, Bex. Roberto lui dit, ça y est, on revit, c'est un vrai bonheur. En ce moment, je suis en train de pêcher sur les quais de Sète. Sophie, c'est une journée au soleil qui se profile barbecue ce midi. Chez Guy, ce sera Côte de Bœuf ce soir. Laurent lui, en revanche, bosse routier comme tous les jours.
Geoffroy routier aussi, a hâte cette semaine de retourner au restaurant avec sa femme et a profité du week-end de la Pentecôte pour lui aussi faire des pizzas entre amis. En revanche, Ludovic, ce qui l'a choqué ce week-end, c'est tous les déchets. Après les pique-niques, après les repas entre amis. Patricia nous dit aussi, chassez le naturel, il revient soit au galop, soit en pire. On a vu ce week-end ce que ça donnait avec tous ces déchets. RMT, 6h-9h. Bonne indirecte.
Frédéric Simotel est avec nous. Bonjour Frédéric. Bonjour Jean-Jacques. Alors Frédéric, nous sommes le lundi de Pentecôte. Oui. Férié ou pas férié ? Travailler ou chômer ce lundi de Pentecôte ? On ne sait plus. Certains travaillent, d'autres sont à l'arrêt. En quoi consiste ? Parce qu'on avait oublié que c'était la journée de solidarité. Exactement. Alors un petit retour en arrière. En 2003, c'est l'été de la calicule qui frappait l'Europe. 15 000 victimes en France et puis essentiellement des personnes âgées. Et donc à l'époque, critiqués pour sa gestion de l'événement, Jacques Chirac et son gouvernement mené par Jean-Pierre Raffarin décident d'instaurer une journée de solidarité.
L'idée, c'est de faire travailler les salariés que nous sommes. 7 heures de plus, donc une journée de plus et que cet argent n'aille pas dans la poche des salariés, pas dans la poche de l'entreprise, mais viennent financer la charge des personnes dépendantes. Alors en 2004, la loi arrive et donc dit cette journée-là, ce serait bien que ce soit lundi de Pentecôte parce que quoi qu'il arrive, ce sera toujours un lundi. Voilà. Par définition. Sauf que le plan dépendance, on n'en a toujours pas. Non. Oui, enfin moi je veux bien qu'on finance tout ce qu'on veut, mais enfin bon, alors c'est annoncé, nous allons voir. Ça a été annoncé au moins 10 fois. Exactement.
Depuis que 20 ans que je suis là, je peux vous dire que j'ai entendu ça sans cesse. Et pourtant, il y a de l'argent qui arrive régulièrement sur ces fonds, puisque en 2008, il a été décidé que ça ne pouvait plus forcément lundi de Pentecôte, l'entreprise pouvait faire ce qu'elle voulait, c'était un autre jour ou des heures par-ci, pas là. En tout cas, comment ça marche ? Les salariés travaillent plus, ne sont pas payés plus. L'employeur, lui, doit verser 0,3% de sa masse salariale à un fonds collecté par les URSAF. Et depuis 2013, même les retraités doivent contribuer aussi dans ce cas-là. Oui, avec une ponction de 0,3% sur leur pension.
Qui travaille le lundi de Pentecôte et combien rapporte cette journée ? On le sait, oui, en 2020, ça va rapporter à peu près 3 milliards d'euros et ça va alimenter un fonds de 42 milliards alors qui derrière va être réparti. ça part sur une partie des fonds versés au département pour contribuer au financement de l'allocation personnalisée d'autonomie. Il y a diverses actions de prévention de la perte d'autonomie, la prestation de compensation du handicap. Il y a une autre partie qui aide aussi à financer des maisons de retraite ou des établissements spécialisés. Donc voilà, c'est de l'argent qui, a priori, doit bien servir à tout ça.
Et puis, dernière chose, les entreprises peuvent décider aujourd'hui de verser directement sans que leurs salariés et leurs salariés peuvent poser leurs jours de congé et l'entreprise prend quand même à sa charge ce jour-là. Merci Frédéric Simotel. Arnaud Fontané, le professeur Arnaud Fontané est avec nous, épidémiologiste à l'Institut Pasteur. Il est avec nous sur RMC et BFM TV dans un instant. Mais où en est l'épidémie de Covid-19 ? Merci de nous avoir accompagnés ce matin. Toute l'équipe, merci à toute l'équipe et merci à celles et ceux qui sont avec nous à la télé, à la radio, encore une fois à la télé de plus en plus nombreux. Il est 8h30.
RMC Bourdin Direct
Jean-Jacques Bourdin. Il est 8h34, professeur Arnaud Fontané, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Je rappelle que vous êtes épidémiologiste à l'Institut Pasteur. Vous êtes consulté par Emmanuel Macron parce que vous êtes membre du conseil scientifique. Vous n'êtes pas consulté à titre personnel, mais c'est le conseil scientifique et vos recommandations sont souvent appliquées. J'y reviendrai. Demain 2 juin, nous débuterons la deuxième phase de déconfinement. Est-ce que la phase suivante, après le 22 juin, une troisième phase, nous permettra de revivre comme avant l'épidémie ? Alors, revivre comme avant l'épidémie, non, pas encore.
Maintenant, les trois semaines qui nous attendent, qui arrivent, sont extrêmement importantes parce qu'on va voir comment cette levée de confinement se passe. Ce qui est nouveau pour nous, c'est qu'on a des outils de surveillance qui sont en place actuellement, qui nous permettent, non seulement, comme on le faisait jusqu'à présent, de savoir le nombre de nouvelles admissions aux urgences, en hôpital, en réanimation, avec des Covid, mais surtout maintenant, le nombre de cas diagnostiqués sur le territoire français, grâce au déploiement des tests. Vous savez qu'on a maintenant les capacités de tester jusqu'à 100 000 personnes par jour.
C'est les laboratoires hospitaliers, les laboratoires de ville et ces plateformes qui étaient installées, 20 plateformes pour aller jusqu'à 40 000 tests. Et ça, c'est essentiel parce que si les gens se font tester et si le nombre de cas n'augmente pas, à ce moment-là, on saura que le virus est toujours sous contrôle. Bon, ça veut dire qu'aujourd'hui, on a les capacités de surveiller ce qu'on n'avait pas au début. Aujourd'hui, on a les capacités de surveiller l'évolution de l'épidémie. C'est très important. On a bien compris. Est-ce que l'épidémie est en train de disparaître ? Je regardais les chiffres. Il faut se méfier.
Mais est-ce que l'épidémie, je vous pose la question, est en train de disparaître ? Alors, on est pour l'instant sur la suite de la fin du confinement. On voit baisser tous les jours le nombre d'admissions à l'hôpital, et d'admissions en réanimation pour Covid-19. Il y a chaque jour, néanmoins, cinq nouveaux clusters depuis le 11 mai. Donc, on a plus de 100 clusters qui ont été déclarés depuis le 11 mai. Donc, on voit quand même que le virus est toujours présent. La dynamique profonde de l'épidémie, savoir si on est toujours sur une baisse, alors je ne parlerai pas d'extinction parce que le virus, il va rester. Je vais vous en parler.
Mais une baisse significative, elle est en cours et tant mieux. Ça tient en grande partie au fait que, non seulement le confinement a permis de faire baisser considérablement la circulation du virus, mais les Français ont adopté beaucoup de pratiques, d'usages qui font qu'on arrive toujours à contrôler la diffusion du virus. Maintenant, soyons extrêmement prudents. Est-ce que vous trouvez qu'il y a un relâchement ? Vous avez vu ce qui s'est passé ce week-end, le week-end de Pentecôte, ce qui se passe pendant ce week-end de Pentecôte ? Est-ce que vous trouvez qu'il y a un relâchement ? Un peu trop de relâchement aujourd'hui ? Alors, il y a un relâchement, c'est certain.
Enfin, de ce que je peux voir. Oui, oui, bien sûr. Mais vous analysez cela différemment. Après, je comprends que les gens en avaient besoin. D'abord, je voudrais remercier les Français parce qu'ils ont respecté le confinement de façon exemplaire. On a eu une baisse de 80% de la transmission du virus. Je ne crois pas que d'autres pays européens aient réussi à faire baisser autant la transmission du virus. Nous avons été plus performants que dans d'autres pays européens. Nous, France. Ça fait du bien d'entendre ça. Les données de déplacement que Google enregistre, que vous avez peut-être vues, montrent que les Français et les Espagnols sont ceux qui ont le mieux aussi respecté le confinement.
Donc voilà, on a beaucoup d'indicateurs qui montrent que les Français ont vraiment bien respecté le confinement et grâce à ça, on repart avec un niveau de circulation du virus qui est bas et c'est une chance et il faut préserver cet acquis. Est-ce que l'épidémie est terminée ? Alors, l'épidémie, pour moi, n'est pas terminée. Le virus est toujours là. On sait que c'est un virus très transmissible et que si on lève la garde, il ne demande qu'une chose, c'est à nouveau repartir. Est-ce que cette épidémie est saisonnière ? Alors, il se peut qu'il y ait un caractère saisonnier à cette épidémie. Ça, on ne sait pas encore. Comme à beaucoup.
Il faudra attendre la saison d'été pour vous dire ce qu'on sait des autres virus respiratoires, c'est effectivement qu'ils ont un caractère saisonnier. Mais où disparaissent ces virus l'été quand il fait chaud, quand il fait beau ? Ils partent dans l'autre hémisphère. C'est-à-dire que quand on a des virus respiratoires qui sont au nord, eh bien le sud, l'hémisphère sud est tranquille et avec l'alternance des saisons, les virus remontent et repassent. À condition qu'il y ait circulation. Oui, il y a circulation. Il y a des personnes. Il y a encore circulation. Il y a toujours circulation. Il y a toujours circulation.
Donc, pour l'instant, ce qui est intéressant, c'est qu'on va savoir effectivement s'il y a un effet saisonnier parce que si l'épidémie ne repart pas alors que les comportements se relâchent, ça veut dire qu'effectivement le virus est moins à l'aise pendant l'été. Pourquoi ? Parce que, un, on sait qu'il est sensible à la température. En laboratoire, quand on augmente la température, il pousse moins bien. Et deux, et je pense que c'est le facteur le plus important pendant les périodes estivales. Les gens vivent dehors. Or, ce qu'on a appris de la transmission de ce virus récemment, c'est l'importance de la transmission en milieu confiné qu'on avait probablement sous-estimé.
Mais Arnaud Fontanet, c'est intéressant ce que vous me dites. En laboratoire, lorsqu'on chauffe, le virus, comment se comporte-t-il lorsque vous chauffez les températures ? Il pousse moins bien. Il pousse moins bien. C'est-à-dire qu'au lieu... Il ne se développe plus ? Voilà. On arrive à... Alors après, il faut monter à des températures de 50 degrés pour avoir un effet vraiment marquant. Mais en tout cas, on voit bien qu'il n'aime pas la température élevée. Et ça veut dire que sa survie sur des surfaces est moindre quand la température augmente. D'accord. Bon, les masques, les distances physiques à maintenir encore longtemps ? Alors, la distance physique... Il va falloir...
Alors, la distance physique, oui, il faut la maintenir. C'est d'autant plus vrai que vous êtes en milieu intérieur. Alors, en fait, voilà. Ce qui est important de comprendre, c'est qu'on avait un dogme jusqu'à présent qui était cette fameuse gouttelette, le postillon, que j'ai répétée ici et sur d'autres plateaux qui était que quand vous parlez fort, quand vous toussez, vous émettez des postillons qui vont jusqu'à 1 mètre en France, jusqu'à 2 mètres en Angleterre et aux Etats-Unis. Les distances sont différentes. Mais bref, en tout cas, il y a un risque de contamination à la fois si vous, vous recevez ce postillon dans l'œil, sur le nez, etc.
ou sur une surface que vous touchez avec votre main. Ce qu'on a appris et qui est nouveau par rapport à ce coronavirus, c'est que les concentrations de virus dans le fond de la gorge sont extrêmement élevées, notamment juste avant le début des symptômes ou au tout début de la phase de la maladie. Les concentrations peuvent être jusqu'à 1 000 fois supérieures à celles qu'on observait avec, par exemple, le coronavirus du SRAS de 2003.
Oui.
Ce coronavirus de 2003, il était dans le fond des poumons. Pour le sortir, il fallait tousser et c'était là où vous deveniez contagieux. Celui-là, il est dans le fond de la gorge à des concentrations extrêmement élevées. Ce qui veut dire que quand vous parlez, vous émettez des particules virales. Jusqu'à présent, on pensait que ces particules virales tomberaient avec les postillons. Mais la concentration est tellement élevée qu'elles peuvent même être suffisamment nombreuses au sein de particules extrêmement fines. On est dans l'ordre du micron pour que ces particules restent en suspension. Et restant en suspension, elles deviennent ce qu'on appelle les aérosols.
Elles mettent beaucoup plus de temps à tomber sur le sol et il peut y avoir une transmission en milieu confiné liée à ces aérosols. Est-ce que ça veut dire qu'à l'air libre, dans la rue, dans la campagne, le risque de transmission est moindre ? Voilà. C'est ce que ça veut dire. C'est que d'abord, il faut aérer. Quand vous êtes en milieu intérieur, aérer, aérer, aérer. Je parodie le tester, tester, tester. C'est vraiment important, je pense, par rapport à ce nouveau gravieux. Je veux vous rassurer quand même. Si la transmission se faisait beaucoup par aérosol, on n'aurait pas eu ce fameux nombre de reproductions à deux ou trois de personnes infectées par malade.
On serait à 14, 15, comme on l'est avec la rougeole qui se transmette de la même façon. Donc, ça veut dire que la part de ces aérosols dans la transmission, elle existe vraisemblablement, mais elle n'est pas aussi forte que pour des virus comme celui de la rougeole. Où on en est justement, le fameux R0 ? Alors, pour l'instant, quel est le taux ? Pour l'instant, notre fameux R, il est en dessous de 1. C'est ça qui est important. Oui. Toujours en dessous de 1 ? Il est toujours en dessous de 1, mais on le mesure avec un certain décalage. Parce que, ce que je peux vous dire, c'est ce qu'il y a eu une à deux semaines et on est autour de 0,7.
Après, ces données vont être mises à jour au fur et à mesure. Est-ce qu'on sait, professeur Fontané, combien de Français ont été infectés par le virus ? On le sait ? Alors, on estime à peu près à 4,5 millions. 4,5 millions de Français, oui. Ce qui paraît à la fois beaucoup et peu. Oui. Beaucoup par rapport au nombre de cas déclarés officiellement, parce que ces cas étaient dépendants de la symptomatologie, de la disponibilité des tests, etc. Et en même temps, peu, parce que quand on parle de cette fameuse immunité collective, la proportion de Français infectés qui permettrait de stopper la diffusion du virus et qu'on estime à 66 %, c'est-à-dire 40 millions, on en est loin.
Pas d'immunité collective, donc. On est loin de l'immunité collective. Sur quoi travaillez-vous, là ? Alors, actuellement, dites-nous. Il y a beaucoup de sujets qui, évidemment... Alors, l'Institut Pasteur, c'est... Oui. Beaucoup d'équipes. Beaucoup d'équipes, oui. Il y a un travail qui se fait maintenant vraiment sur la structure du virus elle-même, sur essayer de comprendre quelles sont les cibles possibles pour des traitements, des cibles, pour des vaccins. Donc, c'est un travail de recherche très fondamental.
On est vraiment en train de décrypter microscope électronique en trois dimensions, quelles sont les conformations, notamment dans les zones où le virus va s'attacher sur les cellules pour rentrer dans les cellules, etc., et bien comprendre comment est-ce qu'on pourrait bloquer cet arrimage. Donc, ça, c'est vraiment le travail de fond. Et puis, beaucoup d'équipes, dont la mienne, travaillent sur l'immunité. Ce qui est très important pour nous, c'est d'essayer d'expliquer quelle est la nature de l'immunité que développent les personnes qui ont été infectées, est-ce qu'elles protègent et combien de temps elles durent. Et là, vraiment, on est... Voilà. Là, c'est aujourd'hui notre sujet.
C'est essentiel pour l'avenir. Évidemment que c'est essentiel. Alors, justement, avant de parler du travail que vous avez conduit dans deux hôpitaux de Strasbourg, Arnaud Fontanet, je voudrais qu'on parle un peu de l'immunité croisée. On a beaucoup parlé la semaine dernière. Certains patients ayant eu de simples rythmes ou de petites grippes d'autres coronavirus, en quelque sorte, sont-ils immunisés contre ce Covid-19 ?
Alors, ce qu'on sait depuis, effectivement, deux semaines, c'est qu'en laboratoire, c'est-à-dire dans des analyses de leurs cellules, montrent qu'effectivement des personnes qui ont été infectées par des coronavirus qu'on appelle saisonniers, ceux qui donnent le rhume, notamment deux qui sont HKU1 et OC43 qui sont des bêta-coronavirus de la même famille que ce nouveau coronavirus, eh bien, leurs cellules, en tout cas, elles reconnaissent partiellement ce nouveau coronavirus. Et certains des anticorps qu'ils fabriquent reconnaissent aussi partiellement ce nouveau coronavirus. Est-ce que ça protège ? Et donc, lutte contre le coronavirus. Est-ce que ça protège ? On sait qu'ils le reconnaissent.
Est-ce que ça protège ? Ça, on ne le sait pas encore. Ça, on n'a pas encore. On ne sait pas. On n'a pas le résultat. Pour l'Institut Pasteur, vous avez conduit donc une étude sur 160 soignants de deux hôpitaux de Strasbourg atteints par le coronavirus. Mais pas de forme grave du coronavirus. Un mois après, 159 sur ces 160 patients avaient développé des anticorps. C'est cela ? C'est cela. Et plus important encore, un mois après, 98% avaient des anticorps qu'on appelle neutralisants. C'est-à-dire ? Vraisemblablement protecteurs. Qui sont capables de neutraliser le virus en culture. Et c'est ça qu'on recherchait.
Donc, on a fait ce travail en collaboration avec les CHU de Strasbourg, avec le professeur Samira Fafi-Kremer. Et c'est important parce que ce qu'on savait déjà, c'est que les patients hospitalisés, qui avaient été étudiés les premiers puisqu'ils étaient à l'hôpital, développaient effectivement une immunité dès 15 jours contre ce nouveau coronavirus. Ce qu'on ne savait pas, c'était les formes mineures qui sont la très grande majorité des infections par ce nouveau coronavirus. Si ces formes mineures étaient également protégées et jusqu'à 40 jours... Pourquoi c'est une bonne nouvelle ? C'est le cas.
Une bonne nouvelle parce que, je ne sais pas moi, pour les futures stratégies vaccinales par exemple ? Alors, c'est une bonne nouvelle pour les futures stratégies vaccinales parce qu'on sait que ces anticorps que l'on détecte dans le sang, ils sont neutralisants, donc potentiellement protecteurs. Donc, ça fait partie des voies explorées pour les vaccins. Il y a aussi l'immunité cellulaire. Comment est-ce que les cellules protègent contre ce nouveau coronavirus qui est important ? Et puis, c'est aussi important par rapport à ce concept d'immunité collective parce qu'on a tous rabâché qu'il fallait atteindre ces fameux 66%.
Mais si, après une infection, vous ne développez pas d'immunité protectrice, on n'est pas plus avancé. Au moins, on sait maintenant que pour les formes mineures, cette immunité protectrice existe au moins jusqu'à 40 jours. Alors, c'est là où je suis toujours un petit peu rabat-joie. C'est qu'il va falloir attendre pour voir combien de temps elle dure parce qu'on sait qu'avec les coronavirus saisonniers, elle ne dure pas au-delà d'un an à peu près, cette immunité protectrice. Maintenant, on est sur un autre type d'infection avec ce nouveau coronavirus. Donc, on peut espérer que la réponse immunitaire construite sera plus robuste. Et donc, pour nous, c'est vraiment essentiel.
Ce qu'on aimerait savoir maintenant, c'est est-ce que les personnes qui ont fait des formes asymptomatiques, des gens qui n'ont développé aucun symptôme, ont-ils eux aussi constitué une immunité ? Parce que là, quand même, on commencerait à gagner dans la lutte sur la construction de notre immunité collective. Évidemment. Les traitements, toujours aucun traitement efficace. Aujourd'hui, on peut dire, est-ce qu'on peut dire qu'il n'y a aucun traitement efficace aujourd'hui ? Vraiment efficace ? Vraiment efficace. Non. Il y a, comme vous l'avez entendu, le REM des sévirs qui, aux Etats-Unis, permet de diminuer la durée d'hospitalisation. C'est un début.
Il y a ces nouvelles dont vous parliez récemment. L'anakinra. L'anakinra, qui, sur des formes sévères, donne un effet... Alors, c'est un médicament bien connu en rhumatologie, l'anakinra. C'est un anti-inflammatoire. Il lutte contre ces fameuses cytokines. Vous vous rappelez, on a parlé de cet orage cytokinique des pneumopathies inflammatoires du 7ème jour. Donc, dans cet orage plein de cytokines, il y en a une qui s'appelle IL-1. Et l'anakinra, il permet donc d'inhiber cette cytokine et sur des formes graves, à donner des résultats intéressants. Uniquement sur des formes graves. Et là aussi, ce n'était pas un essai randomisé. Les auteurs de l'étude le disent très bien.
Il faut que ces résultats soient confirmés sur un essai randomisé avant de pouvoir être plus affirmatif. Et puis, tous les débats autour de l'hydroxychloroquine qui continuent. Les débats continuent. Comment les regardez-vous ? Vous n'êtes pas lassé de tous ces gens ? Je suis effectivement lassé. Parce qu'on ne sait pas. On ne sait toujours pas. Est-ce que vous avez des doutes sur la dernière étude de la revue scientifique The Lancet ? Toutes ces études ne sont pas des bonnes études. Depuis le début, je dis qu'il nous faut des essais randomisés pour trancher. Et avec le nombre de patients qu'on a eus, ça aurait été facile de pouvoir trancher si on avait commencé par un essai randomisé.
Ça, c'est très simple. Randomisé, c'est expliqué. Tirage au sort. Tirage au sort. Et on compare. Il y a les Anglais qui, eux, ont un essai qui s'appelle Recovery où ils ont enregistré plus de 11 000 patients et qui ont examiné leurs données très récemment à la lumière du papier du Lancet et de tous les signaux que ce papier avait montrés. Ce qui était notamment qu'il n'y avait pas d'effet mais peut-être une surmortalité qui était liée au risque cardiaque. Donc, les Anglais ont regardé de près 11 000 patients. Alors, je ne sais pas combien ont été randomisés au bras d'hydroxychloroquine mais ça doit être entre 1 000 et 2 000 par exemple. Ils ont décidé de continuer.
Ça veut dire qu'ils n'ont pas trouvé les mêmes risques cardiaques que ce que la revue du Lancet dénonce. Mais ils n'ont pas non plus trouvé d'efficacité. Sinon, ils auraient stoppé l'essai. Donc, à mon avis, ils sont dans une zone où pas d'efficacité mais pas de risque cardiaque et ils vont continuer. C'est peut-être les premiers qui vont publier enfin un essai randomisé qui nous permettra d'avoir des données robustes. de sortir de ce débat qui nuit. Est-ce que tous ces débats nuisent à la communauté scientifique ? Considérablement. Considérablement. On a perdu énormément de temps dans la construction des essais cliniques et voilà, je pense qu'il faut revenir à des choses très simples.
On sait comment évaluer les médicaments. On a 30 ans d'expérience de recherche clinique qui nous l'ont prouvé. Donc, faisons, continuons avec les bonnes pratiques. Oui. L'appli Stop Covid, c'est important, téléchargeable à partir de demain. Est-ce utile, franchement ? Alors, l'appli Stop Covid, en tout cas, pour moi, c'est très intéressant. Je pense qu'il faut vraiment la tester. Il semble que Singapour arrête. Je pense qu'il faut vraiment la tester parce que d'abord, à titre personnel, je ne trouve pas ça particulièrement intrusif. Un, c'est volontaire. Oui. Deux, ça vous permettra de savoir si vous avez été en contact. Toute la difficulté, c'est le calibrage.
C'est-à-dire, est-ce que c'est actuellement être à moins d'un mètre de quelqu'un qui a été infecté pendant plus de 15 minutes ? Je pense que ce sera utile sur les transports en commun, ce sera utile sur l'avion, le train. Vous apprendrez que vous avez été assis pour un certain moment à côté de quelqu'un sans qu'on vous dise précisément que ça s'est fait. Mais on vous dira dans ces circonstances où, effectivement, vous allez vous retrouver à côté de quelqu'un qui est infecté sans le savoir pendant une période assez longue. Et ça, cette appli vous le repèrera. Ce qui est important dans l'appli, c'est qu'elle permet ce traçage des contacts extrêmement rapidement.
C'est-à-dire qu'aujourd'hui, la procédure, c'est qu'une personne doit être identifiée comme étant infectée pour, après avoir une enquête qui va être faite par la Caisse Nationale d'Assurance Maladie, on va vous demander jusqu'à trois jours avant le début des symptômes à côté de qui avez été vous, etc. Cette personne pourra dire le milieu familial, les amis, etc. Mais elle sera incapable de se dire la personne qui était à côté, dans le train, dans la salle, etc. Donc, un, on ne retrouvera pas cette personne. Et deux, le temps de faire cette enquête, c'est deux, trois jours. Et ces deux, trois jours, ils sont extrêmement importants. Avec l'appui, c'est instantané.
Donc, pour moi, c'est un outil. Alors, il ne va pas être révolutionnaire. C'est un outil qui se rajoute à l'ensemble. Mais c'est un outil utile. Bien. Arnaud Fontanet, le Conseil scientifique, vous êtes membre du Conseil scientifique, est-il toujours consulté par le Président de la République aujourd'hui ? Alors, il l'est. Il l'est toujours. On a fait un peu relâche. C'est-à-dire que depuis le 11 mars, on s'est réunis tous les jours, week-end compris, deux heures par jour. On travaille après pour préparer les réunions du lendemain. Donc, c'est vraiment un travail considérable qui a été effectué par ce groupe de personnes du Conseil scientifique.
Et on a été consulté très régulièrement par l'exécutif. Et jeudi dernier, nous étions à l'Élysée, quelques-uns d'entre nous, pour discuter avec Emmanuel Macron, Édouard Philippe, Olivier Véran. Est-ce que le gouvernement, le Président de la République, est-ce que le gouvernement et le Président de la République ont suivi vos dernières recommandations de jeudi matin ? En tout cas, ils nous écoutent, ce qui est très important. Nous, on donne un avis sanitaire. C'est-à-dire que... Est-ce que vous avez le sentiment d'être parfois instrumentalisé ? Franchement. Instrumentalisé, je dirais oui, quand on nous fait peser des décisions que nous ne prenons pas. C'est-à-dire ?
Nous nous donnons des avis. Quel exemple ? Nous nous donnons des avis. Les municipales, le premier tour ? Les municipales en sont un exemple. C'est-à-dire que les municipales, on s'est appuyé sur votre avis pour les organiser, si j'ai bien compris. Il suffit de relire l'avis dans le détail, qui commence par la décision de faire les municipales est une décision éminemment politique, c'est ce que nous écrivons, qui ne nous appartient donc pas. Et si les municipales devaient se faire, voilà dans quelle position elles devraient se faire. D'accord, j'ai compris. Pour le deuxième tour, on a fait exactement la même chose, sauf que le 12 mars, nous avions, en une journée, pris un nombre d'avis.
On a émis des avis sur... Rappelez-vous, c'est là où il y a beaucoup de choses. Donc là, sur le deuxième tour, on a pris beaucoup plus de temps parce qu'on l'avait pour bien préparer, etc. Tout en restant dans la même position, qui est de dire, ce n'est pas du tout à nous qu'il appartient de dire s'il faut organiser ou pas le deuxième tour. En revanche, ce qu'on peut faire, c'est vous dire si le deuxième tour doit avoir lieu, voilà dans quelles conditions il doit avoir lieu. Et pour nous, le point d'alerte sur le deuxième tour, c'était la campagne. À la limite, le jour du vote, ça peut s'organiser. Donc vous dites oui pour le jour du vote. Oui avec précaution, si j'ai bien compris.
Non, on dit si vous décidez de faire le deuxième tour des municipales, voilà ce qu'il faut faire le jour du vote. Et là, je pense qu'on peut avoir un assez bon contrôle de la situation parce que tout est anticipé. En revanche, la campagne elle-même, c'est vraiment le moment du haut risque. Donc, le deuxième tour, il aura lieu sauf contre-ordre parce que les premiers auraient repris et il y aura un point d'étape 15 jours avant.
Mais là où je souhaiterais me prononcer ici, c'est que je demande aux candidats d'être extrêmement vigilants sur l'organisation de la campagne, de relire cet avis qu'on a fait pour voir dans quelles conditions la campagne peut être faite parce que c'est vraiment la campagne qui est le moment dangereux. Est-ce que vous souhaitez que ce conseil scientifique soit pérennisé ? Non, je pense que ce conseil scientifique, il est nommé avec un décret d'urgence sanitaire et normalement, il devrait se terminer avec la fin du décret.
Je crois qu'il a été, en tout cas, c'était une expérience passionnante pour nous qui nous a permis effectivement d'émettre des avis et qui ont permis d'informer le gouvernement. Après, effectivement, le gouvernement, il décide. Nous, on se contente de donner un avis sanitaire. Le gouvernement, il prend en compte tous les autres aspects, notamment économiques, sociétaux, dans ses décisions et c'est un très bon partage des rôles. C'est vraiment ce que nous, on revendique. Merci, professeur Arnaud Fontanet, d'être venu nous voir encore une fois avec toutes ces explications qui nous sont utiles. Merci. Il est 8h54. Vous êtes sur RMC et BFM TV.