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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 22 octobre 2024 23 min

Budget 2025, immigration, vente du doliprane... Le "8h30 franceinfo" d'Éric Ciotti

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Éric Ciotti

Bonjour Éric Ciotti. Bonjour.

0:05
Présentateur

L'examen du budget a commencé hier dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Budget que vous qualifiez de socialiste. Pourquoi ?

0:12
Éric Ciotti

Parce qu'il augmente massivement les impôts, les prélèvements obligatoires. Parce qu'il ne réforme pas l'État, parce qu'il ne réforme pas les collectivités locales, parce qu'il ne supprime pas les dépenses inutiles, les dépenses liées à la suradministration de ce pays qui souffrent aujourd'hui d'un excès de règles, de normes, de contraintes qui pèsent sur ceux qui travaillent. C'est un budget qui va casser la faible croissance dont on bénéficiait. 1%, ce n'était pas beaucoup, mais c'était quand même un acquis de croissance. Les instituts économiques, l'OFCE notamment, prévoient un impact négatif de 0,8%.

Donc on ne peut pas exclure que ce budget, du fait de son caractère qui va alourdir considérablement les prélèvements obligatoires, aboutisse à une récession, à une perte d'emploi.

1:04
Présentateur

Dans votre bouche socialiste, c'est péjoratif.

1:07
Éric Ciotti

Oui, vous avez bien compris.

1:08
Présentateur

J'ai bien compris. Parce qu'aussi, c'est la hausse des impôts qui vous pose problème ?

1:13
Éric Ciotti

Oui, parce que nous sommes déjà le pays au monde qui détient le triste record de taux de prélèvements obligatoires le plus élevé. Chaque année, je le redis, on gagne la coupe du monde des impôts. Et cette situation, elle a affaibli notre pays. Elle a affaibli nos entreprises. Elle a conduit à la désindustrialisation massive.

1:34
Présentateur

Pardon, mais l'impôt sur les sociétés, il ne l'a fait que baisser depuis 2017. Il était à 33, il est à 25 aujourd'hui.

1:38
Éric Ciotti

Oui, mais les impôts de production, ceux qui pèsent sur les entreprises, sont encore 5 points plus élevés que la moyenne européenne. Donc, on est parti de tellement haut. Et puis, il y a les impôts qui pèsent sur les ménages, qui ont conduit à des délocalisations de Français qui sont partis. Tout ça fait que...

1:58
Présentateur

Mais là, le but, Eric Ciotti, c'est de s'accéder davantage les plus fortunés. C'est les grandes entreprises qui font des chiffres d'affaires à 1 milliard.

2:03
Éric Ciotti

Le malade imaginaire disait que le traitement va aggraver la situation du malade. On est toujours dans cette logique absurde de, dès qu'il y a un problème, on va vers un impôt. Et on l'a vu dans les débats à la Commission des finances. C'est ahurissant, cette surenchère fiscale. Il faut arrêter, il faut casser ce poids de la fiscalité. Mais là, on parle des plus riches. Non, mais on parle de tout le monde. C'est une fable de dire que ce sont les plus riches qui vont être concernés quand on va affaiblir les soutiens à l'apprentissage, qui était une des rares bonnes mesures portées par Emmanuel Macron. Qui va payer ? Ça, c'est un rabot dans la défense publique. Les artisans, les commerçants.

Lorsqu'on va désindexer les retraites, qui va payer ? Ce sont les Français modestes, notamment ceux qui ont des toutes petites retraites. Donc la réalité, elle est là. Il y a un alibi sur on va faire payer les riches. C'est faux, on va faire payer tous les Français. Le retour de la taxe d'habitation, vous y êtes favorable ? Non, je n'y suis pas favorable. Je n'y suis pas favorable parce que ça participe de la même logique. Arrêtons, arrêtons, chaque fois d'avoir ce concours fiscal, cette volonté de trouver toujours des impôts supplémentaires. Encore une fois, je le redis, au niveau des prélèvements obligatoires où nous nous trouvons, il est totalement inavisageable pour moi d'en rajouter.

3:31
Présentateur

Alors vous dénoncez le manque de réformes structurelles. Vous parlez de quoi par exemple ? Parce que juste sur les timings, vous savez que Michel Barnier a dû construire ce budget en 15 jours. Donc chercher des réformes structurelles à ce moment-là, c'est un peu plus compliqué.

3:44
Éric Ciotti

Il y aurait d'autres options. Quand je vois, il n'y a aucun effort sur le nombre de fonctionnaires. On est le pays le plus administré en Europe. Il n'y a pas d'effort sur les opérateurs de l'État, sur les agences qui se multiplient. Mais 4 000 suppressions de postes, par exemple,

4:03
Invité

envisagées dans l'éducation nationale ?

4:05
Éric Ciotti

Combien au global de fonctionnaires ? Près de 6 millions d'agents publics. Si on rajoute ceux qui sont dans des structures qui dépendent directement de l'État, on approche les 7 millions. Et c'est une prévision. L'année dernière, on a eu 130 000 emplois publics de plus. 130 000 emplois publics de plus. Je prends cet exemple, mais il y en a beaucoup d'autres.

4:32
Présentateur

Il y a 40 milliards de réduction de dépenses publiques. 40 milliards, Éric Ciotti.

4:37
Éric Ciotti

C'est le chiffre qui a été affiché, mais il ne vous aura pas échappé qu'il est contesté, et notamment par le Haut Conseil des Finances Publiques, qui chiffre les efforts à une proportion inverse. Le Haut Conseil des Finances Publiques nous dit qu'en réalité, il y aura 30 milliards d'impôts en plus, de prélèvements obligatoires en plus, et il y aura à peine une réduction des dépenses de l'ordre d'un tiers de cet effort. Et je prends un exemple, j'y reviens. L'apprentissage va peser sur les entreprises, le fait qu'on supprime l'exonération de CSG, de CRDS, et qu'on diminue la prime. Mais dans le budget de M. Barnier, on considère ça comme une baisse de dépenses.

Sur les retraités, on considère que c'est une baisse de dépenses. Moi, une baisse de dépenses, c'est quand l'État se serre la ceinture, quand il fait des économies sur ses frais de fonctionnement, sur les délires que l'on peut constater partout, qui font qu'il n'y a pas d'économie aujourd'hui. Des efforts sur le modèle social, des efforts sur l'immigration, quand on voit le coût de l'AME. On va y revenir dans le détail. On voit le coût, oui, mais c'est un gisement d'économie. C'est un milliard à l'AME.

Et puis, si on ne donnait pas les prestations sociales dès le premier jour d'arrivée à des étrangers en situation régulière, l'APL ou les allocations familiales, c'est une économie de 7 milliards d'euros par an. Voilà des gisements d'économie qui, certes, nécessitent du courage.

6:10
Invité

Éric Ciotti, l'Assemblée nationale est fracturée. Il est très probable que Michel Barnier ait recours au 49-3 pour faire adopter ce budget. Ce qui veut dire motion de censure de la part des oppositions. Vous voterez une motion de censure ?

6:24
Éric Ciotti

Nous déterminerons notre position dans l'intergroupe Rassemblement National UDR dans lequel nous travaillons. Nous déterminerons notre position en fonction du résultat final, de la composition finale de ce budget.

6:40
Présentateur

Là, vous êtes contre sur toute la ligne. Donc, ce serait incompréhensible au sujet de vos électeurs si vous ne censuriez pas le gouvernement.

6:46
Éric Ciotti

Nous défendons des amendements. Nous souhaitons que la discussion aille jusqu'au bout. Et puis, après, nous verrons l'attitude du gouvernement. Nous, nous sommes là pour protéger les entreprises, pour protéger les Français. En tout cas, c'est ma conception et l'investissement que nous aurons dans ce débat avec les députés du groupe UDR. Nous l'avons dit hier soir, c'était à minuit dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale par nos députés Vincent Trébuchet. Et donc, nous porterons ces messages. Si le gouvernement nous écoute, nous en tiendrons compte. Mais il ne peut pas être totalement...

7:24
Présentateur

C'est-à-dire quoi ? Si le gouvernement reprend certains de vos amendements, il n'y a pas de censure de votre côté ? Ce sera un des éléments.

7:31
Éric Ciotti

Je ne peux pas vous répondre aujourd'hui. Ce que nous voulons, c'est moins de prélèvements obligatoires. Ce que nous voulons, c'est une diminution réelle du train de vie de l'État. Ce que nous voulons, c'est des incitations à la croissance par la suppression des normes. Voilà. Je prends l'exemple de ce qui est fait en Argentine par le président Milley avec l'image de cette tronçonneuse. Eh bien, il faut aussi qu'on ait une tronçonneuse pour couper dans les dépenses publiques qui ne servent à rien en France. C'est un modèle, Milley, pour vous ?

En tout cas, je crois que ce qu'il porte est une piste parce qu'on ne peut plus continuer comme ça à empiler les normes, les règles qui pèsent sur ceux qui travaillent. Vous savez, ceux qui prennent des risques, ce sont les entrepreneurs. Ceux qui créent des emplois, ce sont les entrepreneurs. Et c'est eux vers lesquels on pose en permanence des contraintes.

8:21
Invité

Le libéral, en tout cas, que vous prenez pour modèle, approuve-t-il le fait que l'État rentre au capital de j'allais dire de Doliprane, d'Opela, filiale de Sanofi qui produit le Doliprane en France ?

8:38
Éric Ciotti

On est dans la communication. Mais que traduit cette affaire ? Cette affaire traduit la perte de souveraineté de la France et la désindustrialisation avancée. On a tué tous nos grands secteurs. On a commencé par le secteur de l'énergie, l'énergie nucléaire. On a sacrifié la sidérurgie. On est en train de tuer l'automobile avec les normes imposées. Mais vous n'avez pas répondu à la question. Est-ce que vous en avez fait comme le gouvernement ? Et on a tué l'industrie pharmaceutique.

9:07
Présentateur

On a tué c'est Sanofi qui décide de vendre un fonds d'investissement américain.

9:10
Éric Ciotti

Par exemple, c'est l'absence de vaccins que Sanofi, qui était un des grands opérateurs mondiaux, a été le seul à ne pas disposer d'un vaccin. Pourquoi ? Parce que nous avons une politique qui impose des normes, des prix des médicaments qui ne sont plus adaptés. Donc, il faut redonner là aussi de la liberté. Il faut recréer des grands champions et on n'aura pas à faire en sorte

9:33
Présentateur

que l'État intervienne. C'est Sanofi qui préfère vendre un fonds d'investissement américain pour le Doliprane. Vous, vous auriez fait quoi à la place de l'État ? L'État décide de devenir actionnaire à 2%. C'est le minimum. Vous auriez fait quoi ?

9:49
Éric Ciotti

C'est de la communication. Ça n'empêchera pas la prise de contrôle. Moi, ce que j'aurais aimé, c'est qu'on ait une entreprise puissante. Sanofi s'est affaiblie au cours des dernières années. Comme l'industrie pharmaceutique s'est affaiblie, elle s'est massivement délocalisée. Moi, ce que je souhaite, c'est qu'on défende la production en France d'équipements ou de produits stratégiques. Je l'avais prôné lorsque j'étais rapporteur après le Covid. Nous avons eu une commission d'enquête et une des préconisations portée sur la nécessité de faire une liste d'équipements, de produits qui étaient stratégiques. Donc là, vous auriez bloqué la vente. On ne sait toujours pas ce que vous auriez fait.

L'État aurait pu bloquer cette vente. Le fait qu'il participe au capital ne servira absolument à rien. Nous en perdrons le contrôle. Donc,

10:35
Présentateur

vous êtes sur la ligne des insoumis qui, eux, carrément réfléchissent à la nationalisation. Non. Sur des secteurs aussi stratégiques que le médicament.

10:43
Éric Ciotti

Absolument pas. Il peut y avoir des équipements et des produits qui sont stratégiques dont l'acquisition par une puissance étrangère peut être limitée, interdite, proscrite. Mais la vraie réponse, elle est dans la liberté. Il faut qu'on ait des champions français, des champions européens. Le rapport Draghi l'a dit. Aujourd'hui, on s'évertue à fragiliser nos grandes entreprises. la contribution supplémentaire pour celles qui réussissent est le symbole de tout ça. On va taxer les entreprises. C'est aussi

11:15
Présentateur

la solidarité, non ?

11:16
Éric Ciotti

On va taxer les entreprises profitables. Non, c'est ridicule parce que ce sont ces entreprises dont on a besoin. Et en frappant les grandes entreprises, celles qui réussissent, on fragilise tout notre pays. Donc, il ne faut pas s'étonner qu'on soit vendu à la découpe parce qu'il y a des entreprises qui deviennent fragiles. Le 830 France Info, Jérôme Chapuis, Saliabrakia.

11:38
Invité

Et Éric Ciotti, président du parti UDR, Union des Droites pour la République, député des Alpes-Maritimes. Dans dix jours, le Rassemblement National, votre allié, va profiter de sa niche parlementaire pour faire voter l'abrogation de la réforme des retraites, notamment l'âge légal à 64 ans. Est-ce que vous voterez cette abrogation ?

11:54
Éric Ciotti

Non, je ne voterai pas cette abrogation. Je l'ai dit à Marine Le Pen, nous en avons discuté, pas depuis quelques jours, depuis plusieurs mois, y compris au moment où nous avons bâti cet accord historique, cet accord qui va vers l'union des droites, cet accord qui casse ce ridicule front républicain qui est responsable de la situation de blocage de notre pays aujourd'hui.

12:19
Invité

Accord, mais gros désaccord donc sur la retraite.

12:20
Éric Ciotti

Il y a un point de désaccord, ce n'est pas un gros désaccord, il y a un point de désaccord.

12:25
Présentateur

Au petit sujet, les retraites.

12:26
Éric Ciotti

Je pense qu'il faut globalement avoir d'autres réponses pour sauver notre système de retraite, que la réforme du gouvernement était très imparfaite. Pour autant, l'évolution démographique, selon moi, fait qu'on ne peut pas s'exonérer d'une mesure qui augmente un petit peu l'âge de départ en retraite. Il y avait un engagement du Rassemblement National au moment de ce débat. Il est respecté. C'est aussi l'honneur de la politique de respecter ses engagements. On a tellement l'habitude de voir des gouvernements ou de voir des politiques qui font l'inverse de ce qu'ils ont dit avant les élections. Eh bien là, la parole, elle est tenue. Nous, le désaccord, il est toujours là.

Mais ce n'est pas un désaccord, je dirais, majeur. Nous, nous convenons ensemble qu'il faudra réformer notre système de retraite. Personnellement, je porte une idée qu'on doit mobiliser les fonds d'épargne qui sont dans notre pays, notamment les produits d'assurance vie qui sont massifs. Et vous, vous êtes pour la retraite à 65 ans. Il y a 6 000 milliards d'euros. Je pense qu'une dose de capitalisation qui marche dans d'autres pays devra, dans les années à venir, être installée parce que c'est une des réponses, le Front, c'est une des réponses que nous pouvons apporter ensemble.

13:47
Présentateur

L'ancien ministre de la Santé, Frédéric Valtoux, et actuel président de la commission des affaires sociales à l'Assemblée, envisage une année blanche pour les retraités les plus aisés afin de permettre que les retraites des plus modestes soient revalorisées comme prévu au mois de janvier. Puisque vous parliez des retraites par rapport au budget il y a quelques instants, vous vous en dites quoi ? Ça peut être une solution juste ?

14:06
Éric Ciotti

Non, je ne le crois pas. Je ne le crois pas. Il y a un contrat social avec les retraités. Ils ont travaillé toute leur vie, ils ont travaillé très dur, il y a beaucoup de retraités modestes et au moment où ils bénéficient du produit, du travail de toute une vie, l'État vient casser ce contrat parce qu'ils ont cotisé. Eh bien moi, j'y suis opposé. Mais le but de l'opération, c'est de ne pas toucher au modeste justement. Il faut respecter la parole de l'État. On doit réfléchir à un modèle qui, tout en étant sur la base de la répartition, j'y suis attaché à y explorer des terrains un peu différents qui ont fait leurs fruits et qui ont montré leur réussite dans d'autres pays.

14:48
Invité

Éric Ciotti, le ministre de l'Intérieur Bruno de Retailleau promet une nouvelle loi sur l'immigration l'année prochaine, la 33ème en 40 ans sur ce sujet. Est-ce nécessaire ?

14:57
Éric Ciotti

Ça peut être utile mais ça sera de toute façon toujours insuffisant. Ce qu'il faut en matière d'immigration, c'est changer radicalement de cadre. Il faut qu'il y ait beaucoup moins d'immigration de masse. Aujourd'hui, on subit une immigration de masse qui est totalement inassimilable dans notre pays, qu'on ne peut plus intégrer.

15:18
Présentateur

Vous dites comme Bruno Retailleau que l'immigration n'est pas une chance ?

15:21
Éric Ciotti

L'immigration de masse, quand on accueille 550 000 étrangers en situation régulière, sans parler de ceux qui arrivent en situation irrégulière, n'est pas une chance. L'immigration de masse n'est pas une chance. Il y a des immigrés qui par le passé, même aujourd'hui, ont beaucoup apporté à notre pays. Donc, je ne généralise jamais, mais l'immigration de masse, telle qu'elle est aujourd'hui gérée par notre pays, sans capacité d'intégration, est totalement, aujourd'hui, inacceptable pour la France. Donc, il faut rompre avec cette immigration de masse. Pour cela, il faut un nouveau cadre total, global. il faut une réforme constitutionnelle, vous savez. Mais vous savez bien

16:02
Invité

que les conditions politiques ne sont pas réunies aujourd'hui pour ça. Pourquoi ? Michel Barnier le rappelle, d'ailleurs, dans le journal du dimanche, parce qu'il y était favorable lui-même quand il était en campagne en 2021 pour la primaire LL. Je ne comprends pas cette logique. Il fait juste le constat que pour qu'il y ait une réforme constitutionnelle, il faut qu'il y ait une majorité qualifiée à l'Assemblée et au Sénat. Michel Barnier est à la tête

16:25
Éric Ciotti

d'un socle, qu'il appelle, qu'il dit selon lui le plus important à l'Assemblée nationale. Nous, avec le Rassemblement national, l'UDR, le Rassemblement national, nous représentons 143 députés. Eh bien, ça veut dire que si le socle minoritaire de M. Barnier va dans ce sens, il souhaite une réforme constitutionnelle. Vous savez, elle est écrite, on l'avait écrite avec M. Rotaillot. Mais il ne faut qu'il y ait

16:48
Invité

une réforme constitutionnelle, il faut qu'il y ait une majorité qualifiée des 3 5e au Sénat et à l'Assemblée. On l'avait écrite avec M. Rotaillot.

16:56
Éric Ciotti

Oui, mais s'il n'y a pas de majorité... Essayons. Il y a ces 200 députés de 120 du socle de M. Barnier, plus les 153, nous sommes déjà sur 200, si je compte bien, plus de 160 députés qui pourraient, 360 pardon, qui pourraient être là-dessus. Le Sénat est à droite. Le sujet,

17:20
Présentateur

quand même, Eric Chauty, c'est qu'il y a une loi quand même sur l'immigration qui a été adoptée l'année dernière. Tous les décrets d'application n'ont pas été encore publiés.

17:27
Éric Ciotti

La faute à qui ? Est-ce qu'il faut encore

17:28
Présentateur

une nouvelle loi ? Est-ce qu'en fait, multiplier les lois, est-ce que ce n'est pas le signe de l'impuissance de l'État ?

17:33
Éric Ciotti

C'est pour ça qu'il faut une loi efficace. Il ne faut pas une loi qui ne me fasse parler. D'où mon constat sur l'exigence, la nécessité d'une réforme constitutionnelle. Et je rajouterai, il faut qu'elle soit approuvée par référendum. Parce que, pourquoi on en est là sur l'immigration ? Parce qu'il y a une espèce de chape de plomb, y compris médiatique, qui interdit aux hommes politiques qui dirigent de prendre les bonnes mesures pour limiter, stopper l'immigration. Je parlais notamment du scandale de ces allocations qui sont versées dès le premier jour aux étrangers. On pourrait parler du scandale des détenus étrangers en prison. En situation régulière, il y a quand même une durée.

J'étais à la prison de Nice la semaine dernière pour visiter avec mes collègues parlementaires. Près de 50% des places occupées sont occupées par des étrangers. Ces personnes devraient purger leur peine dans leur pays d'origine ou être expulsées. Tout ça, on ne le fait pas. On ne le fait pas parce qu'on n'a jamais interrogé les Français sur l'immigration. Donc c'est pour ça que je souhaite qu'il y ait ce grand référendum sur l'immigration.

18:37
Présentateur

Il y a une différence entre ce qu'on veut et ce qu'on peut faire dans la réalité. C'est l'exemple des OQTF où effectivement le taux d'exécution est faible en France. Michel Barnier indique que les discussions vont reprendre avec certains pays parce que c'est bien ça dont il s'agit. Le fait de délivrer des laissés-passés, l'Algérie, le Maroc. Il dit, je cite, nous pourrons examiner toutes les dimensions si nécessaire de la délivrance des visas à l'aide au développement. Est-ce qu'il faut agiter ces menaces ?

19:06
Éric Ciotti

Oui, je le fais d'ailleurs avec des amendements dans la loi de finances puisque d'abord nous augmentons considérablement, aujourd'hui c'est 200 euros, nous passons à 1500 euros la somme qui est due pour l'octroi d'un titre de séjour parce qu'il faut que ceux qui arrivent en France paient aussi. Donc ça, c'est un point important et puis nous conditionnons l'octroi des visas à la délivrance de ces laissés-passés consulaires. C'est quoi un laissés-passés consulaires ? C'est un pays qui doit reprendre ses ressortissants. L'Algérie, la Tunisie par exemple aujourd'hui s'y refusent quasiment systématiquement. On ne doit plus continuer à aider ces pays qui ne font pas preuve de bonne volonté.

C'est un principe de bon sens et de réalité.

19:53
Présentateur

Gérald Darman qui est à votre place, lui au contraire, il l'a vécu puisqu'il était ministre de l'Intérieur et il a dit la menace ça ne marche pas.

19:58
Éric Ciotti

Je vous le dis tout net. Il a essayé la menace mais il a replié tout de suite puisque je crois que c'est resté que quelques mois. Donc on n'a pas persévéré pour d'autres raisons, pour des raisons obscures liées aux amitiés de M. Macron notamment avec l'Algérie. Mais tout ça n'est pas réaliste. Il faut que la France réaffirme son autorité vis-à-vis de ces pays. Elle ne peut plus accepter de subir. Il faut révoquer l'accord de 68 avec l'Algérie dans la mesure où l'Algérie ne coopère pas. Disons-le, nous le disons, nous l'avons. C'est même une résolution de LR que M. Barnier le fasse.

20:34
Présentateur

Vous savez que ça aura des conséquences économiques sur les entreprises françaises ?

20:37
Invité

Je ne suis pas sûr. Éric Ciotti, quand Michel Barnier dit au journal du dimanche qu'il est important de s'assurer que l'aide médicale d'État ne soit jamais détournée de son but, à savoir un outil de santé publique, qu'est-ce que vous comprenez ? Il a raison,

20:49
Éric Ciotti

vous savez, la politique c'est aussi du pragmatique. Je rencontrais un dentiste à Nice la semaine dernière et il me disait aujourd'hui, l'aide médicale d'État permet d'avoir 16 couronnes dentaires payées à un étranger. Est-ce que c'est un soin d'urgence que d'avoir des couronnes dentaires complètement refaites ? Et il me dit des retraités qui n'ont pas de complémentaires, eux ne peuvent pas avoir accès à ces soins qui sont totalement gratuits pour un étranger en situation irrégulière.

21:21
Présentateur

C'est ça

21:23
Éric Ciotti

qui n'est pas supportable. C'est ça qui n'est pas acceptable.

21:27
Invité

Mais quand des personnalités comme Claude Évin, comme Patrick Stéphanini que vous connaissez, qui était une figure de LR, rendent un rapport sur l'AME et disent que ce dispositif sanitaire est utile, qu'il est globalement maîtrisé, vous n'y croyez pas ?

21:41
Éric Ciotti

Non, parce que ce dispositif, il explose. On va être sans doute cette année à pas loin de 500 000 bénéficiaires. Le coût de l'AME va tangenter les 1,5 milliard. Donc, il a doublé en quelques années. Ça veut dire que le système n'est plus contrôlé, n'est plus maîtrisé. Puis on parle de l'AME, mais il y a tous les dispositifs comme la Puma pour les demandeurs d'asile qui fait qu'il y a une débuleuse. Il y a eu un rapport parlementaire l'année dernière de près de 2 milliards d'euros là-dessus. On ne peut pas laisser dériver au fil de l'eau ce système sans contrôle. On doit soigner les urgences.

Bien entendu, c'est une exigence, mais on ne peut et on ne doit pas donner des soins de confort à des personnes.

22:29
Présentateur

Éric Ciotti, vous le savez.

22:31
Éric Ciotti

Bien sûr, parce qu'autrement, le système ne dériverait pas comme ça. Éric Ciotti, merci d'avoir été l'invité de France Info ce matin. Merci.

22:37
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci.