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interviewINA Actu· 11 mars 2026 9 min

Le jour où le porte-avions Charles-de-Gaulle a mené sa première opération

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Saviez-vous que la première opération militaire de notre porte-avion, le Charles de Gaul, est intimement liée aux attentats du 11 [musique] septembre ? Retour sur l'opération Hracles. En 2001, le porte-avion nucléaire Charles de Gaulle part combattre en Afghanistan.

Pendant 7 mois, ces avions décollent presque tous les jours près de 800 missions aériennes. Alors, pourquoi mobiliser un porte-avion nucléaire et près de 3000 militaires ? Tout commence le 11 septembre 2001.

Ce pompier il prête à peine attention et pourtant l'impensable vient d'arriver. Un avion transformé en bombe volante vient de fondre sur la première de Le cauchemar vient seulement de commencer. 18 minutes plus tard, la deuxième des tours jumelles explose à son tour.

Dans les bureaux avoisinants, l'incrédulité, puis la panique et les larmes. Les attentats font près de 3000 morts. Les États-Unis accusent rapidement l'organisation terroriste Al-Qaïda.

Son chef Osama Ben Laden est protégé par le régime taliban en Afghanistan. Le 7 octobre 2001, les États-Unis lancent une offensive militaire. C'est l'opération Enduring Freedom et très vite les Américains se tournent vers leurs alliés.

Le président français de l'époque, Jacques Chirac, est le premier dirigeant étranger reçu à Washington après les attentats. Il promet la solidarité. J'ai voulu dire au président Bouché qui est mon ami et au-delà de lui au peuple américain d'abord la solidarité totale de la part de la France et des Français la solidarité du cœur.

J'ai voulu lui dire aussi et leur dire notre détermination qui est sans réserve. Mais Jacques Chirac pose immédiatement une limite politique importante. La France conserve naturellement, comme tous les pays de l'OTAN, son droit souverain à apprécier les modalités et la nature de son intervention militaire éventuelle.

En clair, la France soutient l'intervention américaine mais Paris veut garder le contrôle de sa participation militaire. L'Étatmajor propose alors une contribution navale et aérienne et un navire peut jouer un rôle central. Le porte-avion Charles de Gaulle.

Un porte-avion est une base aérienne flottante qui permet de lancer des avions de combat sans dépendre d'une base militaire à terre. Pour une puissance militaire, c'est l'outil idéal pour agir loin de chez soi. Mais au moment où la guerre commence, la France a un problème.

Pour la première fois de son histoire, la France n'a pas de porte-avion opérationnel. Le Charles de Gaulle est bloqué à Toulon jusqu'au 15 novembre pour des travaux d'entretien prévus de longue date et l'État-major n'a aucune solution de rechange puisque le Foch a été vendu peut-être un peu vite à la marine brésilienne au printemps dernier. Deuxème handicap, l'armée n'a pas de missile de croisière.

Le scalpe que voici sera le futur missile de croisière européen. Mais il est en cours d'expérimentation. Son premier tir a eu lieu avec succès l'hiver dernier.

Et si le Charles de Gaul est immobilisé, ce n'est pas seulement pour un entretien prévu. Depuis sa mise en service, le port-avion accumule les problèmes techniques. Une hélice s'est brisée en mer.

Le pont d'envol a dû être rallongé. Plusieurs essais ont été interrompus. Dans la presse, certains surnomment même le navire le porte-avion [musique] maudit.

Finalement, en novembre 2001, le navire est déclaré prêt au combat. Après 3 semaines d'essais au large de Toulon, le Charles de Gaul devrait connaître son baptême du feu en rejoignant le nord de l'océan Indien mi-décembre. Sa mission contrôler l'espace aéroitime et traquer Ben Laden.

Ce sera sa première opération de guerre, l'opération Hracles. Le 1er décembre 2001, le groupe aéronaval quitte Toulon. Autour du porte-avion, trois frégates, un sous-marin nucléaire d'attaque et un pétrolier ravitailleur.

Au total, près de 3000 marins et aviateurs sont mobilisés. Direction la mer d'Arabie au large du Pakistan. Après toutes les critiques que le porte-avion a eu supportter, moi je suis très heureux de le voir partir et je peux dire qu'il est [musique] en bon état et correctement entraîné.

Mais les cibles sont très éloignées. Depuis la mer d'Arabie, les avions doivent parcourir plus de 1000 km pour atteindre l'Afghanistan. Il s'agit d'abord de renforcer la surveillance maritime au large des côtés du Pakistan. 2è mission mener des opérations de reconnaissance aérienne et éventuellement de bombardement sur les bases terroristes encore présente en Afghanistan.

Le Charles de Gaulle a embarqué pour cela une flottie de 14 super étendards et il recevra le renfort de deux avions rafales. Dans cette zone, le Charles de Gaulle n'est pas seul. Il y a aujourd'hui quasiment 70 bateaux de guerre qui sont dans la zone de toute nationalité confondue.

Je sais que les Américains sont contents de de nous voir aller parce que ils sont là effectivement depuis plusieurs semaines, depuis beaucoup plus longtemps que nous. On va leur permettre de souffler un petit peu. Au total, près de 70 navires militaires de plusieurs pays, la coalition est dominée par les États-Unis.

Mais la France devient rapidement l'un des principaux alliés européens. Le pilote part pour une mission de guerre au-dessus de l'Afghanistan. Cela se passe à bord du porte-avion Charles de Gaulle.

Depuis 50 jours maintenant, il croise dans l'océan Indien. Chaque soir, le quartier général américain lui confie pour le lendemain une vingtaine de missions d'appui, de surveillance ou de reconnaissance. Chaque jour, le commandement américain attribue des missions aux avions français.

En moyenne, une vingtaine de sorties par jour. Les avions français ont trois missions principales. Première mission, le renseignement, les super étendards, photographie et cartographies.

Des centaines de positions ennemies. Deuxè mission, la surveillance aérienne. Les avions radarai assurent jusqu'à 30 % du contrôle aérien de la coalition. 3è mission, l'appui militaire.

Les avions doivent être prêts à frapper immédiatement si des forces alliées sont attaquées. Début mars 2002, les États-Unis lancent une grande offensive, l'opération Anaconda. Objectif : éliminer les combattants d'Al-Qaïda, réfugiés dans les montagnes afghanes.

L'Amérique et ses alliés livrent donc depuis 3 jours l'une des batailles les plus acharnées du conflit. Cette fois, les généraux américains ne se contentent plus d'intense bombardement. Plus d'un millier de militaires participent à l'offensive, des hommes des forces spéciales et de la 101e division aéroportée.

Et il n'est plus question de laisser seul sur le terrain les troupes du gouvernement afghan. L'objectif est toujours de neutraliser plusieurs centaines de combattants d'Al-Qaïda. Les combattants d'Al-Qaïda, afghans et arabes réfugiés dans les montagnes feraient preuve d'une résistance acharnée.

Les Américains ont utilisé pour la première fois des bombes d'un type nouveau dit thermobaric qui avec deux explosions consécutives permettent de créer un effet de souffle dévastateur dans les caves creusées par l'ennemi. C'est la bataille la plus intense depuis le début de la guerre et pour la première fois les Américains demandent l'aide directe de leurs alliés. Les avions français participent aux frappes aériennes.

Mais un chiffre surprend, les pilotes français ne larguent que 13 bombes. Le superintendant, c'est un avion qui est conçu par son autonomie pour attaquer des objectifs à 500 km du porte-avion environ. Et là, les objectifs étaient situés à 1000 km voire plus.

Et donc, il a fallu utiliser des nouvelles techniques de pénétration sur le territoire, notamment avec des ravitaillements fréquents. 5 6 7 ravitaillements. Six ou se ravitaillements, c'est beaucoup de temps perdu de concentration et de fatigue.

Le successeur du super étend, le Rafale Marine, n'arrivera que dans 5 ans. Lorsqu'on nous l'a demandé, nous avons engagé toujours des objectifs militaires. Mais ce on nous ne demandait pas du tout de défourailler à tout propos.

Les pilotes français n'ont lâché leur bombes que lorsqu'ils avaient la certitude de viser une cible militaire sans risque de dégâts collatéraux. En Afghanistan, il y en avait visiblement peu. Quelques mois plus tard, le président américain George W.

Bush vient à Paris. Pour lui, dans cette guerre contre le terrorisme, la France a tenu son rôle. Sur le continent européen, ajoute George Bouche, c'est la France qui joue le rôle de leader afin de frapper ceux qui veulent porter atteinte à l'Amérique ou à quiconque.

Le 1er juillet 2002, après plus de 7 mois en mer, le Charles de Gaulle rentre à Toulon. Avant même d'accoster, Jacques Chirac monte à bord pour féliciter l'équipage. À Toulon, les familles sont sur le quai.

Beaucoup d'émotions, une grande joie. Enfin voilà, peut-être que il y aura la petite larme aussi. Après 212 jours en mer, des centaines de sorties, aucun incident majeur.

On a montré au bout de 7 mois euh dans la longévité qu'on était capable d'assurer pleinement une mission avec du matériel qui est principalement neuf. on pouvait pas espérer mieux et que maintenant tout la presse et vous-même allez faire du Charles de Gaul, vraiment le floron de la marine comme il le mérite. 7 mois en mer, 120000 km, près de 800 missions et seulement 13 bombes larguées.

L'opération Héracles n'a pas changé le cours de la guerre en Afghanistan, mais elle marque une étape importante, la première guerre du porte-avion Charles de Gaulle. La guerre en Afghanistan, elle durera jusqu'en août 2021, date du départ des dernières troupes américaines encore sur place. Le Charles de Gaul y retournera dès 2004 avant la Libye en 2011 et la Syrie en 2015.

Oh. Oh.

Le jour où le porte-avions Charles-de-Gaulle a mené sa première opération — Charles de Gaulle · Pourquijevote