Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationAsselineau Décrypte· 5 mai 2026 79 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsEurope & internationalJustice

Que se passe t'il en Algérie ? François Asselineau (03-05-2026)

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 16 %Attaque 64 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:46PrésentateurChiffre
    « L'Algérie est le plus grand État en superficie de toute l'Afrique. »
  • 57:51PrésentateurChiffre
    « il a été condamné à 5 ans de prison »
  • 57:59PrésentateurFait
    « Le Premier ministre François Béroud a pris la parole en expliquant quasiment qu'il était en fin de vie et qu'il fallait absolument le libérer. »
  • 58:55PrésentateurFait
    « Tebboune, en fait, a répondu à Steinmeier et a dit très bien « Je lui accorde une grâce ». »
  • 1:00:14PrésentateurFait
    « il y a du gaz notamment en Algérie, qui est transporté sous forme de gaz naturel liquéfié, et qui est juste de l'autre côté de la Méditerranée »
  • 1:07:57PrésentateurFait
    « Le mouvement pour l'autonomie de la Kabylie, c'était le 14 décembre 2025, et qui a proclamé son indépendance de l'Algérie »
  • 1:09:51PrésentateurFait
    « La neutralisation du danger est une nécessité de sécurité nationale, a-t-il souligné donc le président du gouvernement Kabylie en exil »
  • 1:11:44PrésentateurFait
    « dans une conférence que j'avais réalisée devant le dialogue franco-russe. Donc les États-Unis sont à la manœuvre pour essayer de scinder en morceaux la Russie. »
  • 1:16:14PrésentateurChiffre
    « Je crois que maintenant, le premier partenaire commercial de l'Algérie, ça n'est plus la France. C'est l'Italie. »
  • 1:17:11PrésentateurPromesse
    « Personnellement, si j'étais à l'Élysée, j'aurais calmé le jeu. »

Temps de parole

  • Présentateur97 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Présentateur

Mes chers concitoyens, je voudrais consacrer cette vidéo spéciale sur l'affaire Boilem sans salle. Je ne m'étais pas exprimé depuis plusieurs années, en fait, sur cette affaire à rebondissement, parce que c'est une affaire qui est assez trouble et qui comporte beaucoup de narratifs fallacieux et de fausses fenêtres. Mais je profite de ce qui vient de se passer, c'est-à-dire un scandale, qui est que Boilem sans salle, cet écrivain algérien qui a été condamné à de la prison, puis relâché à la fin de 2025, qui s'est installé en France, eh bien il vient de déclarer qu'en fait, il détestait Paris. Il avait encore quelques mois à tirer – c'est son expression – en France.

Et après, il dit « je me tire ». Et donc il veut aller maintenant en Suisse et en Belgique. Alors ça fait quand même un certain émoi dans la population, ou plus exactement dans le tout Paris et sur la scène politique et médiatique, parce que le moins qu'on puisse dire, c'est qu'un certain nombre de personnalités n'ont pas ménagé leurs efforts pour venir en aide à cet écrivain au cours des dernières années. Enfin pendant... Rappelez-vous, on nous en a parlé, parlé, parlé pendant des jours et des jours. Et puis d'un seul coup, l'opposition, notamment la droite, l'extrême-droite, qui a été tout à fait en pointe pour défendre ce personnage, eh bien d'un seul coup est un peu prise à contre-pied.

Alors je voudrais parler de cette affaire, mais la replacer dans un cadre, j'allais dire, plus intelligent au sens étymologique, du mot intelligent, c'est-à-dire en faire le lien inter-légéré, faire le lien entre cette affaire et d'autres affaires qui concernent en réalité les relations entre la France et l'Algérie. Et en particulier, je voudrais parler d'une petite affaire un peu littéraire également, qui est celle de Kamel Daoud, qui a eu le prix Goncourt en 2024 et qui vient d'être condamnée à de la prison en Algérie. Et je voudrais également en profiter pour parler de la déclaration d'indépendance, qui a eu lieu également du mouvement pour l'autonomie de la Kabylie, le MAC.

Et je voudrais parler de tout ça, parce qu'en réalité, le grand public ne suit pas tellement ça. On lui diffuse des informations qui sont tout à fait univoques, en fait, sur l'Algérie, alors que c'est quand même – je me permets de le rappeler – c'est un pays très important pour la France, puisque c'est un pays qui a une superficie de 2,4 millions de kilomètres carrés, c'est-à-dire en gros quatre fois la France, même en incluant l'outre-mer français. Quatre fois la France. C'est d'ailleurs devenu, depuis la scission du Soudan avec le Soudan du Sud, qui est devenu un État indépendant du reste du Soudan, « Désormais, l'Algérie est le plus grand État en superficie de toute l'Afrique ».

J'ajoute qu'il y a une population en très forte croissance, puisque en 1962, lorsque la France a donné l'indépendance à l'Algérie, au département français d'Algérie, dans le cadre de convulsions que tout le monde connaît, il y avait à peu près 12 millions d'habitants en Algérie, dont d'ailleurs plus d'un million de pieds-noirs qui ont quitté l'Algérie à cette occasion. Et aujourd'hui, on estime qu'il y a 48 millions d'Algériens. Donc la population a été multipliée par plus que 4, 4,2, depuis 1962 jusqu'à 2026, c'est-à-dire en quelques 60 ans.

Au même moment, la population française en 1962, qui devait être de l'ordre de 55 millions d'habitants, qui était donc 5 fois plus importante que la population de l'Algérie en 1962, aujourd'hui, on estime qu'il y a 67-68 millions de Français face à 48 millions. Donc désormais, la France ne dépasse plus l'Algérie, j'allais dire, que d'environ un tiers en population. Voilà. Donc il y a un effet de rattrapage considérable, ce qui fait que désormais, l'Algérie est une puissance significative du Maghreb.

J'ajoute, et par ailleurs, bien entendu, que l'Algérie, c'est un pays où il y a des ressources en hydrocarbures qui, d'ailleurs, nécessitent certainement d'être mieux explorées et mieux exploitées. L'Algérie, le gouvernement algérien a décidé, avec l'aide des Chinois d'ailleurs, de développer le raffinage et non plus seulement l'exportation de produits bruts afin que l'Algérie puisse monter en gamme et en valeur ajoutée. Alors vous savez que j'aime bien l'histoire. Je vais quand même essayer de bâtir un petit peu une historique très rapide. Je vais pas entrer dans tout. J'y passerai des heures.

Et je ne suis pas un expert sur les relations entre la France et l'Algérie, parce qu'il faut rappeler quelques éléments fondamentaux à bien avoir à l'esprit pour bien comprendre ce qui est en train de se passer. Ce qu'il faut avoir à l'esprit, c'est qu'au long du XVIe, XVIIe siècle, l'Algérie... On appelait ça les côtes barbaresques à l'époque. Il y avait une ville qui s'appelait Alger, Al-Jazaïd, mais qui était tombée dans les mains de corsaires qui s'appelait notamment les frères Barberousse, qui étaient des corsaires ottomans... Enfin qui s'étaient développés sous l'Empire ottoman, qui avait conquis Constantinople, vous le savez, en 1453.

Donc si on se place au début du XVIe siècle, à l'époque de François Ier et de Charles V, vous avez donc les frères Barberousse qui mettent la main sur cette région et qui vont notamment essayer de se développer un peu l'Espagne et vont en faire progressivement ce que l'on va appeler la régence d'Alger. Il s'agit de quoi ? Il s'agit d'une espèce de pays semi-autonome sous la houlette, sous l'autorité de la sublime porte, c'est-à-dire sous l'autorité d'Istanbul, enfin de Constantinople, donc conquis par les sultans ottomans, les Osmanli. On est à l'époque de Soliman le Magnifique. Et donc cette régence d'Alger a un statut un petit peu de semi-autonomiste.

C'est un gouvernement musulman qui a une espèce vassal de l'Empire ottoman. Mais l'Empire ottoman est à l'autre bout de la Méditerranée, et en fait avec une très large autonomie. Et au long du XVIe... On est au début du XVIe siècle. Au long du XVIe, XVIIe, XVIIIe siècle, ces côtes qu'on appellera les côtes barbaresques vont se faire remarquer, en Europe notamment, en Europe occidentale en particulier, par des actes de piraterie incessants, et notamment l'enlèvement souvent d'un certain nombre de navires qui circulent en Méditerranée occidentale, qui franchissent le détroit de Gibraltar. Et donc il y a des actes de piraterie et éventuellement d'enlèvement. Si vous lisez...

Vous pouvez lire des ouvrages de cette époque. Je vais d'ailleurs vous rappeler peut-être quelque chose que vous avez appris quand vous étiez plus jeune, « Les fourberies de scapin » de Molière, que Molière écrit en 1671, à la demande de Louis XIV, qui voulait une pièce qui était un petit peu une espèce de comédie italienne, la Comedia dell'arte. Molière écrit ça 2 ans avant sa mort. C'est assez différent de beaucoup de pièces qu'il avait faites auparavant, comme le misanthrope, le bourgeois gentilhomme, etc. Les fourberies de scapin, c'est quand même une pochade. C'est quand même un peu une rigolade. Mais dedans, il y a question d'une fameuse scène que vous connaissez.

Il s'agit de scapin, qui est un four qui essaie d'extorquer l'argent des uns et des autres. Et la scène est fameuse. Il veut extorquer l'argent de Géronte. Géronte, comme son nom l'indique, c'est un homme âgé, qui est le père de Léandre et de Yacinthe. Enfin j'entre pas ici dans l'histoire. Ce serait un développement un peu hors-sujet. Mais il essaie d'extorquer de l'argent de Géronte. Et il lui fait croire quoi ? Il lui fait croire que son fils Léandre a été enlevé dans une galère et envoyé en Alger. C'est d'où la fameuse réplique que vous connaissez. Mais que diable allait-il faire dans cette galère ? Regardez cette scène.

8:37
Locuteur non identifié

Pendant que nous mangions, il a fait mettre la galère en mer. Et se voyant éloigné du port, il m'a fait mettre dans un esquif. Et m'envoie vous dire que si vous vous lui envoyez par moi tout à l'heure 500 écus, il va nous emmener votre fils en Alger. Comment diable ? 500 écus ? Eh oui, monsieur, il est songé qu'il ne m'a donné pour cela que deux heures. Un traître de turc qui m'a assassiné de la façon. C'est à vous, monsieur, d'aviser promptement au moyen de sauver des fers un fils que vous aimez avec tant de tendresse. Que diable allait-il faire dans cette galère ? Mais il ne songeait pas à ce qui est arrivé.

9:08
Présentateur

Ça, c'est en 1671. Mais on a des quantités d'ouvrats. Enfin oui, il y a des relations. Il y a des relations, par exemple, d'ambassades envoyées soit par le roi de France, soit des ambassades spontanées, notamment de religieux, qui vont dans la Régence d'Alger ou au Royaume du Maroc pour essayer de racheter des captifs. Regardez par exemple ce document qui date de 1726. C'est la relation en forme de journal du voyage pour la rédemption des captifs au Royaume de Maroc et d'Alger pendant les années 1723, 1724, 1725. C'est par des religieux, notamment le père Jean de Lafaye. Et ça a été publié à Paris, chez Louis Sauvestre et chez Giffard. Et si vous regardez, là, c'est la première page.

Mais à l'intérieur, vous avez à la fin de cet ouvrage qui est tout à fait passionnant, vous avez la liste des captifs qui ont été rachetés. Et vous voyez par exemple, ici, pour Alger, Thomas Fourderin, natif de Paris, âgé de 53 ans, esclave 10 ans. Guillaume Oduard, natif d'Irlande, âgé de 56 ans, esclave 7 ans. Nicolas Guépé, natif de Lille en Flandre, âgé de 43 ans, esclave 7 ans, etc., etc. Ça, c'est en 1726. Mais vous avez la même chose quelques années après.

En 1731, c'est un document sur l'état des royaumes de Barbary, Tripoli, Tunis et Alger, contenant – et vous regardez bien – l'histoire naturelle et politique de ces pays, la manière dont les Turcs y traitent les esclaves, comment on les rachète, et diverses aventures curieuses, avec la tradition de l'Église pour le rachat et le soulagement des captifs. Voilà.

Donc ce qu'il faut bien comprendre, c'est que les relations entre la France, le royaume de France et la Régence d'Alger ont été émaillées pendant des décennies entières, on peut même dire plusieurs siècles, par cette question de l'insécurité des voies navigables en Méditerranée et par le comportement de piraterie opérée par la Régence d'Alger. Tout ceci va nous mener – évidemment, je simplifie – à l'année 1830, à l'année 1830. Donc c'est après Napoléon, c'est après la restauration de Louis XVIII, succède en 1824 Charles X, qui est donc le frère cadet des trois frères Louis XVI, Louis XVIII et Charles X, qui étaient les petits-fils de Louis XV.

Charles X qui essaie de trouver une aventure extérieure, un exutoire extérieur pour mener sa politique, qui est une politique assez réactionnaire et qui d'ailleurs va mener dans quelques jours, en fait, si on se place à l'été 1830, avec ce que l'on appellera les trois glorieuses et la chute de son régime au profit de la monarchie de Juillet et l'arrivée de Louis-Philippe à la tête de la France.

Mais Charles X, donc, il essaye de négocier des ouvertures commerciales avec celui qu'on appelle le « Dei d'Alger », c'est-à-dire le représentant, le chef de cette régence d'Alger, qui est un État avec une très large autonomie sous la houlette lointaine de l'Empire ottoman, du sultan de Constantinople. Et Charles X souhaite également négocier, améliorer la situation de la sécurité en Méditerranée occidentale, négocier éventuellement la libération d'un certain nombre d'otages français qui ont été faits.

Donc Charles X envoie un émissaire qui va rencontrer le « Dei », « Dei », ça s'écrit « D-E-Y », le « Dei d'Alger », c'est une espèce de petit sultan, si l'on peut dire, va rencontrer le « Dei d'Alger ». « Alger », c'est quand même la capitale de cette régence d'Alger, pour lui demander justement la libération. Et là va se produire un événement qui a fait l'objet d'un certain nombre de commentaires divers et variés, contradictoires, etc., entre donc l'émissaire de Charles X et le « Dei d'Alger ». Et le « Dei d'Alger », semble-t-il, aurait envoyé un coup de chasse-mouche. Un chasse-mouche... Donc à l'époque, il n'y a pas d'air conditionné, il n'y a pas d'insecticide, etc.

Et lorsqu'il fait très chaud, eh bien il y a beaucoup de mouches qui circulent, comme dans tous les pays chauds. Et à l'époque, eh bien les dignitaires ont un instrument qui s'appelle un chasse-mouche. C'est un peu comme un éventail, mais qui est fait pour chasser les mouches un petit peu comme un martinet, si l'on peut dire, pour faire partir les mouches qui survolent. Voilà. Et dit-on, le « Dei d'Alger » aurait été mécontent de cet entretien avec l'émissaire de Charles X. Il aurait donné un coup de chasse-mouche – c'est d'ailleurs l'équivalent un peu d'une gifle symbolique – à l'émissaire de Charles X. Bon. Et l'affaire est contestée. Certains la traitent de façon différente.

Mais enfin, l'essentiel, c'est que c'est ça qui est resté dans l'histoire symbolique des relations entre la France et l'Algérie, parce que Charles X en a profité pour décider d'envoyer ses troupes, les troupes de la France, les troupes françaises, en juin 1830. Donc on est un mois avant la révolution de 1830. Parce que ça permet d'avoir une espèce – comme je le disais tout à l'heure – une espèce de dérivatif, parce que l'opinion publique française bouillonne un peu contre l'autoritarisme de Charles X.

Charles X qui va donc demander à son légende, son Premier ministre, le prince de Polignac, de prendre les fameuses ordonnances pour quasiment limiter et supprimer la liberté d'expression et la liberté d'opinion dans les journaux français qui avaient été imposés par les puissances victorieuses de la France en 1815. Donc Charles X veut revenir sur cet acquis, va demander donc au prince de Polignac de prendre des mesures. Et ceci va déboucher sur l'explosion révolutionnaire qu'il y aura en juillet 1830 à Paris. Mais là, on est un mois avant. Et donc le 14 juin, il envoie des troupes françaises qui débarquent sur une plage qui s'appelle Sidi-Feruche à l'époque.

Aujourd'hui, ça s'appelle Sidi-Fredge, qui est à une trentaine de kilomètres à l'ouest d'Alger. Et là, les troupes françaises débarquent et ont pour mission d'aller conquérir Alger, qui était réputée comme un bastion inexpugnable depuis Charles XV, c'est-à-dire justement depuis le début du XVIe siècle. Et donc il s'agit de mettre la main sur l'Algérie. Et elles vont, en l'espace de trois semaines, arriver jusqu'à conquérir la ville d'Alger le 5 juillet 1830, c'est-à-dire vraiment quelques jours avant les ordonnances du prince de Polignac. Le régime va tomber avec cette révolution. Mais comme vous le savez, c'est Louis-Philippe, le duc d'Orléans, la branche...

Les cousins des Orléans qui se distinguent de la branche des légitimistes, comme on dira plus tard, qui va monter sur le trône suite à la révolution de 1830. Et en réalité, Louis-Philippe va poursuivre la même politique vis-à-vis de l'Algérie, c'est-à-dire une politique de conquête, en envoyant d'ailleurs certains de ses fils. Il y a notamment la fameuse prise de la Smala d'Abdelkader. Abdelkader, c'est l'une des grandes figures de la résistance algérienne à l'invasion française. La Smala, c'était sa famille, ses troupes, la cour, etc., qui était itinérante. La prise de la Smala d'Abdelkader par les troupes du duc d'Omal. Le duc d'Omal, c'est justement l'un des fils de Louis-Philippe Ier.

Donc la France va dans les mois, les années qui suivent, petit à petit, conquérir l'Algérie, faire des opérations que l'on appelle de pacification, qui s'accompagnent évidemment de beaucoup de batailles et parfois de mesures tout à fait sanglantes, de répression considérable. Notamment, le général Bugeot va apparaître comme justement quelqu'un qui mène des opérations terribles pour avoir la mainmise de la France sur l'Algérie. On peut considérer en gros qu'une trentaine d'années après, dans les années 1860, eh bien l'Algérie a été colonisée, est devenue française, une colonie française. Il y aura d'ailleurs un voyage de Napoléon III qui se rendra en Algérie.

C'est l'époque où l'on construit des églises – Notre-Dame d'Alger, par exemple – en Algérie. Et puis petit à petit, la France va conquérir des terres qui n'appartenaient pas historiquement à la régence d'Alger, en particulier le Sahara. Le Sahara où auront lieu beaucoup, beaucoup plus tard, dans les années 1960, les essais à Reagan dans le Sahara algérien, les essais de la première bombe atomique française. Là, on découvrira également des hydrocarbures. Tout ceci, en fait, n'appartenait pas à la régence d'Alger. Et donc c'était un peu des terres qui n'appartenaient pas à grand monde. Et ce sont les Français qui ont conquis ça pour faire cet ensemble de l'Algérie.

On estime également – et ça, c'est un point qui n'est pas tout à fait anodin dans la suite de ma présentation –. C'est que la France a eu une vision différente de ce qu'elle allait faire en Algérie, de ce qu'elle allait faire ensuite en Tunisie d'un côté, Tunisie à l'est de l'Algérie et Maroc à l'ouest de l'Algérie.

Puisque, comme vous le savez certainement, la France a décidé que l'Algérie, c'était la France, au point d'ailleurs qu'il va y avoir après la Seconde Guerre mondiale la création de départements en Algérie avec des préfets, alors que le Maroc et la Tunisie ont été raccrochés à la France, mais sous forme de protectorat, c'est-à-dire des colonies, mais qui n'avaient pas vocation à entrer, à devenir partie intégrante de la République française. Lors de ça, il y a eu des définitions de frontières. Et c'est ça qui est important, parce que Boilem Sansal, c'est là-dessus, justement, une des raisons pour lesquelles il a été poursuivi par le régime algérien.

Vous voyez que l'histoire est très importante. C'est que la France, dans le découpage des frontières, avec la Tunisie d'un côté – c'est un peu plus clair – mais avec le Maroc de l'autre, la France aurait outrageusement avantagé l'Algérie, qui allait devenir donc terre française au détriment du Maroc, de terres ancestrales marocaines, notamment dans toute la région du nord-ouest de l'Algérie, nord-est du Maroc, la région d'Oran, par exemple, qui a été rattachée à l'Algérie, mais dont certains considèrent qu'historiquement, ça faisait partie de ce que l'on appelle le royaume shérifien, donc du royaume du Maroc. L'Algérie, donc, finalement, est pacifiée.

On y fait venir des colons, que l'on appellera bientôt les pieds-noirs, les pieds-noirs français, qui vont arriver dans un pays qui était réputé, en fait, pour une certaine tolérance religieuse, puisqu'il y avait en Algérie, malgré le fait qu'il y avait donc ces enlèvements d'otages en Méditerranée occidentale, la Régence d'Algérie était un régime un petit peu de type comme celui qu'on avait sous le régime ottoman, c'est-à-dire qui imposait la religion musulmane comme la religion officielle, la religion d'État. Et comme vous le savez, dans l'islam, l'islam tolère des religions minoritaires à condition de leur accorder...

Elle leur accorde le statut rabaissé, qui est celui de dhimmi, c'est-à-dire un peu de soumis, soumis à l'humain musulmane. Voilà. Moyennant quoi, les dhimmi, c'est-à-dire les juifs, les chrétiens, doivent donner un impôt et ne peuvent pas accéder à toutes les fonctions. Ça, c'est le panorama. Il faut en particulier souligner qu'il y a un certain nombre de juifs qui furent chassés au moment de la réconquista espagnole à la fin du XVe siècle, en 1492. Il y a un certain nombre de musulmans et de juifs qui étaient dans le royaume de Grenade.

Lorsque Isabelle la catholique et Ferdinand d'Aragon ont reconquis l'ensemble de l'Espagne au profit de la catholicité, les musulmans qui étaient là dans le royaume de Grenade, mais aussi pas mal de juifs, ont été sommés soit de se convertir au catholicisme, soit de dégager. Et donc il y a eu un flux d'exils de musulmans qui sont allés se réfugier soit au Maroc, soit dans ce qui allait devenir la régence d'Alger, et également de juifs. Et aujourd'hui, vous parlez à des Algériens érudits.

Il nie que les Algériens soient antisémites parce qu'ils font valoir qu'historiquement, ils avaient accueilli notamment des juifs chassés d'Espagne qui pouvaient exercer leur culte, comme un certain nombre de chrétiens d'ailleurs, dans la régence d'Alger. Quoi qu'il en soit, le fait que la France ait mis la main sur l'Algérie. Évidemment, à l'époque, la France va favoriser l'implantation et le développement du christianisme et du catholicisme. Je l'ai dit à l'instant, Napoléon III. Sous Napoléon III, on va créer Notre-Dame d'Alger. Il va aller visiter d'ailleurs cette cathédrale. Il va y avoir donc des actes de conversion qui vont se mêler assez intimement avec l'idée de colonisation.

Et puis la France va faire de gros travaux d'aménagement de ce pays, va faire des infrastructures, va créer des écoles, etc., ce qui donne un certain crédit à ceux qui font valoir que la colonisation en Algérie n'a pas eu que des défauts. Elle a aussi apporté – et c'est un fait qui est exact – d'un côté des meurtres de colonisation, la prise du pouvoir. De l'autre côté, il faut toujours être nuancée et équilibrée. Elle a apporté des infrastructures, du développement de l'agriculture.

Elle a apporté un certain développement à ce qui était la régence d'Alger, qui va devenir donc le gouvernement d'Algérie, qui est sous l'autorité d'abord de la monarchie, sous Louis-Philé, puis brièvement sous la Deuxième République, puis sous le Second Empire, puis sous la Troisième République. En 1930, on célébrera en grande pompe d'ailleurs le centième anniversaire de l'Algérie. Il y aura des médailles qui seront frappées à cette occasion. Et on considère que l'Algérie fait définitivement partie de la République française. Alors il y a quand même des problèmes.

Le problème, c'est que la France s'est retrouvée à la tête d'un État, enfin d'une province, qui comportait à l'époque quelques millions d'habitants. Donc c'était beaucoup, beaucoup plus petit, bien sûr, que la France. Lorsque Charles X intervient en 1830, on estime qu'il y avait peut-être 35 à 40 millions de Français, alors que surtout le Maghreb, qui comporte le Maroc, l'Algérie et la Tunisie, on estime qu'il y avait une dizaine de millions d'habitants. Donc la France, en 1830, était 4 fois plus peuplée à peu près que ce que sont devenus aujourd'hui le Maroc, l'Algérie et la Tunisie, qui maintenant ont dépassé les 110 millions d'habitants, alors que la France est à 60 millions.

Donc il s'agissait d'une zone qui était moins peuplée que la France, mais dans laquelle il y avait des minorités. Il y avait une première minorité. C'était les chrétiens, mais qui tenaient le pouvoir, qui étaient venus notamment avec les colons et qui étaient favorisés, notamment les pieds noirs, avec d'ailleurs pas seulement des pieds noirs venant de France métropolitaine, qui sont venus notamment après 1870, après la chute du Second Empire. Il y a des Français d'Alsace, Lorraine, qui sont venus s'installer en Algérie parce qu'ils refusaient de passer sous l'Empire bismarckien et qu'ils n'avaient pas envie non plus de s'installer dans le reste de la France.

Donc ils sont partis s'installer en Algérie. D'autres sont allés en Nouvelle-Calédonie. Mais il y avait aussi un afflux – parce que la France développait ce territoire – il y a eu aussi un afflux de populations venant du Portugal, venant d'Espagne, venant d'Italie, venant de Malte, qui sont venues s'installer en Algérie française. Donc les pieds noirs ne sont pas exclusivement d'origine française, mais un peu de l'ensemble du bassin méditerranéen, avec une forte proportion parmi les immigrants de chrétiens. Mais la majorité de la population restait musulmane.

Et il y avait une minorité tout à fait significative de juifs, qui sont des juifs que l'on va appeler les séfarades par opposition aux ashkénazes, les juifs ashkénazes venant d'Europe centrale ou d'Europe de l'Est, notamment venant des tribus Khazars, alors que les juifs séfarades sont des juifs d'Afrique du Nord que certains, de façon un peu amusante, appellent les juifs arabes parce qu'effectivement, ils n'ont pas le même phénotype que les autres juifs. Et donc le gouvernement français va se développer. Et il va y avoir quelque chose qui va beaucoup marquer la population algérienne. Ça va être sous la Troisième République.

Eh bien il va y avoir un ministre français qui s'appelle Crémieux, qui est lui-même juif, on est sous la Troisième République, et qui va prendre un décret, le décret Crémieux, dont les Français métropolitains ignorent absolument à peu près tout, mais qui est tout à fait à l'esprit des Algériens. C'est que ce décret Crémieux accordait la nationalité française aux juifs d'Algérie, alors que les pieds noirs l'avaient déjà, mais en revanche la refusait aux arabes musulmans. Alors là, il y a différents points de vue.

Il y a certains qui disent que c'est un point de vue communautariste et que Crémieux, étant lui-même juif, a favorisé les juifs d'Algérie, ce qui est un acte de discrimination choquant.

Il y en a d'autres qui expliquent que c'est un peu plus compliqué que ça, parce que la contrepartie de l'octroi de la nationalité française était que les enfants devaient aller dans l'école de la République, les écoles créées justement par la Troisième République et par Jules Ferry en Algérie, alors que, paraît-il, un certain nombre de musulmans, eux, refusaient d'aller dans ces écoles et préféraient maintenir l'éducation de leurs enfants dans le cadre des écoles coraniques, comme on trouve à l'époque dans tout le monde musulman, des écoles coraniques, où on enseigne d'abord et avant tout l'apprentissage par cœur du Coran et avec une espèce de refus d'assimilation à la civilisation de l'envahisseur.

Alors là-dedans, je ne suis pas suffisamment expert pour trancher entre les versions différentes. Est-ce que le colonisateur français aurait volontiers donné la nationalité française aux musulmans si ceux-ci avaient fait preuve de la même souplesse, de la même volonté d'intégration que les Juifs, ou est-ce qu'au contraire, même s'ils l'avaient voulu, ils ne l'auraient pas fait ? Ça, je laisse ce débat historique.

Mais quoi qu'il en soit, le fait est qu'il y a eu en fait une espèce de divorce qui s'est produit avec un certain nombre, un grand nombre d'Algériens musulmans qui ont eu le sentiment que les Juifs qui vivaient depuis des centaines d'années en bonne intelligence étaient devenus choyés par le colonisateur et même en fait faisaient un peu partie, avaient passé une espèce d'accord avec le colonisateur. Alors c'est très important aujourd'hui pour les raisons que vous allez voir, parce que dans toutes ces affaires aujourd'hui, il y a un problème qui est complètement occulté dans les médias, mais qui vaut mieux regarder de face et de front, à mon avis.

Enfin c'est toujours ce que j'essaye de faire, bien comprendre la situation, qui est la question, la relation des anciens Juifs d'Algérie vis-à-vis de l'Algérie et également les relations entre l'Algérie et Israël.

Lorsqu'en 1954 a commencé avec la Toussaint-Rouge les événements dits d'Algérie, où un certain nombre de grandes puissances qui étaient derrière, notamment l'Union soviétique d'un côté, mais aussi les États-Unis d'Amérique de l'autre, ont commencé à soutenir des forces qui commençaient à revendiquer l'autonomie, voire l'indépendance de l'Algérie, ces forces prenant appui, bien sûr, non pas ni sur les pieds noirs ni sur les Juifs d'Afrique du Nord qui ont été intégrés aux pieds noirs, en fait, mais prenant appui sur la partie musulmane, qui est devenue donc le fer de lance, si l'on peut dire, de la révolte contre les Français, sachant d'ailleurs que parmi les Algériens musulmans – il faut entrer là aussi dans les détails –, tout le monde n'est pas arabe.

Les Arabes sont venus avec l'efflu au moment de la conquête du Maghreb à partir du VIIe siècle et VIIIe siècle après Jésus-Christ avec la conquête de l'Islam, qui s'est répandue comme une traînée de poudre. Mais il y a aussi en Algérie des populations qui ne sont pas arabes. Il y a notamment les Shaouis. Il y a d'abord et avant tout les Kabyles, les Kabyles qui, eux, sont situés dans ce que l'on appelle la Petite Kabylie et la Grande Kabylie. C'est à l'est d'Alger. C'est entre Alger et Constantine. Constantine étant non loin de la frontière avec la Tunisie en allant vers l'est.

Donc il y a une région montagneuse qu'on appelle la Kabylie, avec donc des Kabyles qui ne sont pas des Arabes, qui descendent probablement de barbares au moment des grandes invasions de l'Empire romain vers le IIIe, IVe siècle. Certains disent que ce seraient des Vandales qui seraient passés sur les côtes d'Afrique du Nord. Les Kabyles qui se distinguent justement par le fait qu'ils ont le teint plus clair, les traits peut-être un petit peu plus européens. Mais aussi, ils ont leur propre langue, la mazique. Et ils ont aussi une relation de... Comme ce sont des musulmans, ils ont une volonté assez... Comment dirais-je ? D'autonomie, enfin d'une particularité.

Il y a un particularisme kabyle qui se traduit aussi d'ailleurs par une certaine distanciation par rapport à la religion musulmane, la religion musulmane ayant été apportée par les Arabes. Et donc quand vous allez en Algérie, il y a... Par exemple, il est extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible maintenant de nos jours, de se faire servir une bière à Alger sauf à aller dans un hôtel international, où là, on vous applique le prix fort. Alors qu'à Alger, en 1960, du temps des Français, on avait évidemment tous les alcools partout, à tous les coins de rue, à commencer par des bières ou du Ricard. Bien. Donc il y a eu un refermement sur les valeurs musulmanes petit à petit.

En revanche, quand vous allez dans le Kabylie, là, au contraire, vous trouvez des kabyle qui boivent de l'alcool, qui boivent de la bière, des alcools, etc., qui éventuellement... Ils peuvent manger ce qu'on a, ce qui est à dire du saucisson. On le dit pas trop, mais il y a un petit peu de relation comme ça. Donc les kabyle sont moins islamisés que le reste de la population algérienne musulmane. Alors je vous dis tout ça. Pourquoi ? Parce que lorsque l'Algérie est devenue indépendante, eh bien elle a chassé... Ça a été la politique de la valise ou le cercueil.

Il y a eu une véritable épuration ethnique qui a été voulue par les nouveaux dirigeants algériens, ou plus exactement par une partie de la population. Il y avait eu... Alors je n'entre pas dans les massacres de part et d'autre. Il y a eu en fait des massacres de part et d'autre. Donc je ne veux pas ici prendre partie si peu que ce soit pour un camp ou pour l'autre, comme dans toute guerre, ce qui était à la limite une guerre civile, en tout cas une guerre d'indépendance. Eh bien évidemment, chaque parti fait valoir des horreurs. Il y en a eu effectivement des deux côtés.

Mais quoi qu'il en soit, en 1962, lorsqu'il y a eu l'indépendance de l'Algérie, il y a eu cette politique de terreur, pas forcément d'ailleurs portée uniquement par le gouvernement, mais par certains groupes, avec notamment par exemple des exécutions à Oran, plusieurs centaines de pieds noirs de Français d'origine France métropolitaine qui ont disparu, qui ont été sans doute réduits en escalage ou purement et simplement assassinés. Donc il y a eu une fuite en fait des pieds noirs qui sont venus se réfugier en France métropolitaine, parmi lesquels les chrétiens, mais aussi beaucoup de juifs qui sont venus.

Donc l'arrivée de juifs séfarades qui d'un seul coup sont arrivés en France, mais aussi d'ailleurs un certain nombre de ce que certains – les résistants algériens – appellent des collabos et que du côté français, on appelle des patriotes, c'est-à-dire les descendants des harkis. C'est-à-dire en fait, il y avait une partie des Algériens qui avaient choisi la France. Il faut pas l'oublier non plus. C'est-à-dire que certains regrettent qu'il y aurait eu la possibilité peut-être d'avoir un développement mieux équilibré. C'est d'ailleurs ce qui avait été fait à la fin, l'extrême fin de la IVe République.

Et au tout début de la Ve République, il avait été tenté d'essayer d'instégrer en fait la communauté musulmane. Mais finalement, bon, de Gaulle, après avoir été sur cette pensée, ce qui lui avait valu les faveurs d'ailleurs des pieds noirs, vous savez que de Gaulle s'est rendu compte en fait que c'était quasiment impossible de renverser l'évolution des choses, d'autant plus qu'on était au début des années 60, c'est-à-dire la grande période des décolonisations qu'on voit dans toute l'Afrique et pas seulement de la France, mais notamment de l'Angleterre.

Donc l'évolution du monde faisait qu'il n'était pas possible de faire entrer les musulmans dans la République française avec un plein statut, que ça poserait des difficultés, que ceux-ci n'en voulaient pas. Et puis de Gaulle avait fait cette remarque à Alain Perfit, qui est d'ailleurs souvent ressorti du côté français par l'extrême-droite. De Gaulle avait dit que, compte tenu des évolutions démographiques, il ne voulait pas que colombaient les deux églises.

Un jour devint colombaient les deux mosquées, ce qui témoignait quand même d'une certaine prémonition sur les grands débats aujourd'hui qui traversent la France et d'une partie de l'échiquier politique qui craint d'avoir une submersion migratoire. Et j'aurais parfaitement résumé la situation lorsque j'aurais précisé que dans cet exode, en fait, des pieds noirs, eh bien la quasi-totalité des juifs algériens sont venus se réfugier en France énormément. La quasi-totalité des pieds noirs aussi. Pas tous. Il y en avait notamment qui étaient proches du Parti communiste français.

Il y en a quelques-uns qui sont restés quand même en Algérie, même après l'Algérie indépendante, alors que le souhait de De Gaulle d'origine, c'était quand même pas ça. C'était d'essayer de maintenir des liens. Mais il y a eu une césure très importante. Et la quasi-totalité des juifs sont partis avec ce ressentiment... C'est pour ça que j'ai parlé tout à l'heure de ce décret Crémieux. Le ressentiment éprouvé par un certain nombre d'Algériens, qui est qu'en fait, ils avaient été les agents, les collaborateurs de l'occupant français. Voilà.

C'est le sentiment qui s'est propagé en Algérie, au point que le nouveau régime algérien, issu de l'indépendance, a refusé d'emblée – et c'est toujours vrai à notre époque – de reconnaître l'État d'Israël, avec en arrière-plan cette animosité que j'ai essayé de faire valoir. Et même si un certain nombre d'Algériens refusent d'être qualifiés d'antisémites, en disant qu'il faut distinguer antisionisme et antisémite, il y a quand même beaucoup d'observateurs qui considèrent que le soutien de l'Algérie à la cause palestinienne se double de propos de refus d'avoir affaire aux Juifs au sens large. Et donc derrière l'antisionisme, c'est de l'antisémitisme qui s'est développé.

En tout cas, c'est une des thèses qui est développée par Boalem Sansal, justement. Je rappelle aussi d'ailleurs que c'est à Alger, le 15 novembre 1988, que s'est réuni le Parlement palestinien en exil pour proclamer l'indépendance de la Palestine et la création de l'État palestinien.

38:35
Locuteur non identifié

Le 15 novembre 1988, devant le Conseil national palestinien réuni à Alger, le chef charismatique de l'OLP, Organisation de la libération de la Palestine, Yasser Arafat, annonce la création d'un État palestinien avec pour capitale Jérusalem.

38:52
Présentateur

Aujourd'hui d'ailleurs, si l'on regarde sur la scène internationale, il y a 193 États membres des Nations unies. Et si l'on regarde sur les 193 États membres, il doit y avoir – je n'ai pas le compte exact à l'esprit – une vingtaine d'États qui continuent à refuser de reconnaître l'État d'Israël, et notamment l'Algérie, alors que bien des États du monde arabo-musulman, à commencer par le Maroc, qui a reconnu l'État d'Israël sous la première présidence Trump, mais aussi à continuer par les Émirats arabes unis, par un certain nombre de pays du golfe arabo-persil, qui ont reconnu l'État d'Israël, alors que l'Algérie s'y refuse toujours. Alors c'est maintenant que j'en arrive...

Une fois que tout ce panorama a bien été placé dans votre esprit, ça vous permet de comprendre ce qui s'est passé avec cette affaire Boilem sans salles et le reste. C'est quoi l'affaire Boilem sans salles ? C'est quelqu'un qui était totalement inconnu, qui est né... On ne sait pas d'ailleurs quand est-ce qu'il est né. Il est né en 1944, semble-t-il, en octobre 1944, ce qui lui ferait actuellement bientôt 82 ans, ou bien en octobre 1949, selon certaines de ses déclarations. Si vous allez voir sa notice Wikipédia, vous verrez qu'il y a question de coquetterie. On ne sait pas pourquoi il entretient une espèce de flou artistique. En gros, on pense plutôt qu'il est né en 1944.

Il a un père qui s'appelait Abdelkader Sansal, qui était d'origine marocaine. C'est important à souligner. Et il a une mère qui s'appelait Raduja Sansal, qui elle, d'après ce qu'il a dit lui-même, était d'origine juive, ce qui est important pour la suite des événements. C'est-à-dire que si sa mère était en effet juive... Parce qu'il y a des juifs qui sont restés en Algérie, ça veut dire que lui-même, au regard de la tradition rabbinique, serait lui-même un juif, même si officiellement, c'est quelqu'un qui a été élevé dans la foi musulmane, notamment par son père. Donc on voit que c'est quelqu'un qui a été déjà entre plusieurs cultures. Ajoutons que par ailleurs, il a eu plusieurs mariages.

Le premier mariage, d'ailleurs, il s'est marié avec une ressortissante tchèque qui n'a pas accepté d'ailleurs que ses deux filles soient élevées dans une société musulmane et a fini par se séparer de son mari. Voilà. Donc ça montre un petit peu qui est Boilem Sansal. Or, Boilem Sansal, ensuite, il est entré comme un jeune cadre dans la fonction publique algérienne. Et il est allé au ministère de l'Industrie. Et il est devenu un haut fonctionnaire en Algérie. En fait, il a commencé à écrire sur le tard en 1997, semble-t-il. Il a commencé à faire ses premiers écrits. Donc en 1997, il avait quand même 53 ans. Donc c'est pas un écrivain qui a commencé à 20 ans.

Et il a fait son premier ouvrage qui a eu un certain retentissement, qui s'appelle « Le serment des barbares », qui est apparu en l'an 2000. Donc il avait à l'époque, a priori, 56 ans. Et puis ensuite, il va faire d'autres ouvrages qui l'amèneront à aller au salon du livre de Chambéry, etc., mais qui vont marquer un ton de plus en plus critique contre le régime algérien et aussi contre la société algérienne contemporaine.

Il a notamment écrit un livre en 2006, publié un livre qui s'appelle « Poste restante Alger », où il fait des critiques au vitriol, donc contre son propre pays, qui a valu d'ailleurs à cet ouvrage d'être censuré, puisque le régime algérien n'est pas tendre à une conception bien à lui de la liberté d'expression, mais donc considéré que c'était une espèce d'attaque contre le patriotisme, d'autant plus d'ailleurs qu'il a commencé à s'en prendre à ce qu'on a appelé les années de plomb, c'est-à-dire au moment dans les années 1993, par là, où il y avait donc une espèce de guerre civile larvée qui a fait plus de 200 000 morts en Algérie, qu'on appelait ces années terribles.

Et il y a une loi en Algérie qui impose de ne pas évoquer ces questions. Donc lui, il y est allé bien en tête en 2006. Et puis en 2008, il a écrit un autre ouvrage qui s'appelle « Le village de l'Allemand », qui s'inspire, paraît-il, d'une histoire authentique et qui raconte le parcours d'un soldat allemand, nazi, sous la Seconde Guerre mondiale, qui, après la débâcle de l'Allemagne nazie, se serait enfui, serait passé donc en Afrique du Nord et aurait rejoint dans les années 60 les rangs du FLN pour finalement terminer ses jours en Algérie indépendante. Et dans cet ouvrage de 2008, « Le village de l'Allemand », Boilem Sansal, établit un parallèle entre le nazisme et l'islamisme.

Ce qui, évidemment, compte tenu de la situation, compte tenu de l'équilibre difficile qui existe en Algérie entre les islamistes d'un côté et puis les tenants de ceux qui sont au pouvoir, c'est-à-dire essentiellement l'armée algérienne, il y a une espèce d'accord qui s'est passé où on ne doit pas attaquer l'islam. Donc là, évidemment, il a poussé les critiques d'une façon très considérable. Ce qui lui a valu là aussi d'être censuré, mais de ne pas être poursuivi, parce que c'est quand même quelqu'un qui a un certain talent, en tout cas qui est apprécié par un certain nombre de lecteurs qui existent notamment en France, puisqu'il écrit en français.

Et puis il va développer des positions publiques qui vont être de plus en plus favorables à l'État d'Israël. En mars 2008, au Salon du livre de Paris, l'État d'Israël est l'invité, l'invité d'honneur, ce qui crée beaucoup d'émois chez un certain nombre de personnalités, notamment à gauche de l'échiquier. Et lui, il va intervenir pour soutenir la présence d'Israël au Salon du livre parisien. En mai 2012, il sera l'invité d'honneur du Festival international des écrivains qui se tient à Jérusalem. Et c'est à cette occasion, d'ailleurs, qu'il rencontrera – c'est lui-même qui l'a dit – un ministre du gouvernement israélien de l'époque, en 2012, le ministre des Finances.

Et malheureusement pour lui, il y a eu une vidéo qui a été prise de ça, une caméra cachée probablement installée par les services de sécurité ou de renseignements algériens, qui l'ont ensuite diffusée sur la toile. Regardez cette vidéo où on voit Boilem Sansal, qui explique les contacts qu'il a pris avec le ministre d'un État, dont je rappelle que l'Algérie ne le reconnaît pas. Et je rappelle que lui-même, Boilem Sansal, a été ou venait de terminer sa carrière de haut fonctionnaire à une position assez imminente au ministère de l'Industrie. Écoutez cette vidéo.

45:57
Locuteur non identifié

Le lendemain, Nicolas Maurici reviendra vers moi. Il me dit... Est-ce que toi, tu accepterais de recevoir quelqu'un de la délégation israélienne pour passer le message ? Parce que nous, ce qu'on veut, c'est donner un message. Après, on vous en fait ce que vous voulez. Vous pouvez le mettre dans un tiroir, le déchirer, y réfléchir, alors ce que vous voulez. Alors, il me dit... Ben, je dis oui, d'accord. Et donc, alors, secrètement, j'ai rencontré Dan Merigord. Je ne sais pas. C'est mon ministre avec la porte des finances. Donc, ben, j'ai un truc comme ça, moi-même. Mais je ne sais pas dire mon ministre, évidemment. Je savais comme ça de moi-même. Et on a commencé à discuter.

46:43
Présentateur

Voilà. Alors entre-temps, je ne vais pas entrer dans tous les détails, mais on a vu que Boilem Sansal épousait de plus en plus non seulement les positions de l'État d'Israël, mais également les positions de l'extrême-droite française. Il a participé à un truc qui s'appelle le cercle algérianiste, c'est-à-dire des nostalgiques de l'Algérie française qui existent en France. Éric Zemmour a dit beaucoup de bien de ses ouvrages, des ouvrages d'ailleurs de plus en plus en attaquant l'islam, etc., etc. Donc autrement dit...

Et ce qu'il faut bien comprendre, c'est que Boilem Sansal est apparu de plus en plus aux yeux du gouvernement algérien comme en fait quelqu'un qui jouait le jeu en fait de l'anti-musulman, ce qui pose un problème compte tenu de la difficile situation qu'il y a en Algérie, justement pour les raisons que j'évoquais tout à l'heure. Mais également, il est apparu de plus en plus comme un agent très favorable à l'État israélien. Le site d'ailleurs Algérie patriotique n'hésite pas à expliquer qu'en fait, c'est devenu un agent du Mossad. Et tout ceci a mené à quoi ?

Tout ceci a mené à novembre 2024, où là, c'est la goutte d'eau qui a débordé le vase, parce que jusqu'alors, il n'était pas poursuivi en justice. Il était censuré, ce qui n'est pas bien, mais il n'était pas poursuivi en justice. Mais en novembre 2024, il a fait des déclarations, notamment je crois que c'est au magazine Frontières, magazine français qui est un magazine d'extrême droite, où il a remis en question la frontière de l'Algérie avec le Maroc. C'est pour ça que je vous en ai parlé précédemment. C'est que c'est le colonisateur qui avait avantagé l'Algérie. Et lui, je le rappelle, son père est d'origine marocaine, sa mère est d'origine juive.

Et comme par hasard, vous voyez qu'il défend à la fois des positions favorables à l'État d'Israël et des positions favorables au Maroc, en mettant en cause les frontières héritées de la colonisation. C'est là que la goutte d'eau a fait déborder le vase et que le régime d'Alger a décidé de le poursuivre et de l'arrêter.

Entre-temps, d'ailleurs, exactement à la même période, Emmanuel Macron avait décidé d'octroyer la nationalité française à Boilem Sansal en novembre 2024, ce qui pouvait être perçu comme une espèce peut-être de sauf-conduit, mais en tout cas ce qui a rendu les relations franco-algériennes très compliquées, puisque à peine avait-il obtenu la nationalité française, après les scandales qu'il avait effectués, notamment cette affaire de frontières, qu'il s'est rendu en Algérie et qu'il a été donc arrêté. Il faut signaler au passage que M. Boilem Sansal a des liens. Donc il a été soutenu par Éric Zemmour, qui lui-même est d'une origine, justement, juive algérienne.

Il a été soutenu par des forces qui sont à la fois contre le régime algérien et favorables à l'État d'Israël. Il a été également soutenu par Xavier Driancourt. Xavier Driancourt, qui a été ambassadeur de France en Algérie à deux reprises. Xavier Driancourt, qui a été une personnalité assez en vue au Quai d'Orsay, qui s'était d'ailleurs marié avec la nièce de Michel Debray quand il était jeune, ce qui lui a donné un accès à un certain nombre de réseaux.

Et Xavier Driancourt, qui est devenu, en fait, tout en ayant été ambassadeur de France en Algérie, qui a écrit d'ailleurs un ouvrage, après être revenu en France après son deuxième séjour, un ouvrage qui est assez violemment hostile à l'Algérie, qui demande à la France... Il dit que le régime algérien fait preuve de la pire des mauvaises volontés, que ce soit sur les OQTF, ce qui n'est pas faux, que ce soit sur un certain nombre de contentieux qu'il y a.

Et Xavier Driancourt, alors que normalement un ambassadeur veille plutôt à essayer de calmer le jeu, lui est devenu une espèce de fer de lance de tout un lobby anti-algérien qui s'est développé en France et qui veulent en fait jeter de l'huile sur le feu. Alors en novembre 2024, à peine avait-il eu sa nationalité française, à peine avait-il été naturalisé, qu'il sera en Algérie et qu'il est arrêté. Il en est résulté quoi ?

Il en est résulté un conflit violent entre la France et l'Algérie, d'autant plus violent d'ailleurs qu'Emmanuel Macron lui-même avait quelque temps auparavant reconnu la marocanité du Sahara occidental, ancien Sahara espagnol, suivant d'ailleurs l'exemple de Trump, alors que vous savez que c'est une pierre dans la diplomatie au Maghreb. C'est la décolonisation ratée en fait du Sahara espagnol du côté de Sidi Ifni, donc au sud du Maroc.

À peine les Espagnols avaient-ils quitté en 1975 cette enclave importante qu'il y a au sud du Maroc, que le régime du roi Hassan II au Maroc a organisé une marche verte pour aller s'implanter, considérant que le Sahara espagnol relevait de la souveraineté du Maroc, alors que l'Algérie, elle, soutient les revendications des indépendantistes sahraouis, les sahraouis qui sont le peuple qui vit sur place, considérant qu'il faut qu'il y ait, sous la supervision des Nations unies, qu'on consulte les populations pour savoir ce qu'elles veulent, soit un État indépendant, soit être rattaché au Maroc, soit être rattaché à l'Algérie, soit un mélange de tout ça, sachant bien entendu que si le Sahara occidental devenait un État indépendant ou se rapprochait d'une façon ou d'une autre de l'Algérie, ça donnerait à l'Algérie un atout considérable, c'est-à-dire qu'il lui manque.

Il suffit de regarder une carte. Ça lui permettrait d'avoir un accès sur l'océan Atlantique qui lui manque. Mais évidemment, Rabat, le Maroc, ne l'entend pas de cette oreille. Alors c'est un sujet extrêmement explosif entre les deux pays, entre le Maroc et l'Algérie. Vous savez que les deux régimes ne s'entendent pas du tout, que d'ailleurs la frontière entre le Maroc et l'Algérie est quasiment fermée. Cette frontière la même que conteste Boilem sans salle.

Et tout ceci a mené au fait que, vu d'Alger, on y a perçu, à tort ou à raison, une volonté de la France de provocation, alors que la position traditionnelle de la France avait été de ne pas prendre parti ni en faveur du Maroc, ni en faveur de l'Algérie. Sur cette question, sur cette épine dans le pied de tout le monde, c'est justement le Sahara anciennement espagnol devenu le Sahara occidental. Macron, lui, a décidé comme ça – sans en parler d'ailleurs à la représentation nationale – de soutenir la position marocaine.

Au moment même d'ailleurs où, je le rappelle, cette position marocaine a été confortée par Donald Trump lors de son premier mandat, puisque Donald Trump avait reconnu la marocanité du Sahara occidental en échange de la reconnaissance par le Maroc de l'État d'Israël. Donc vous voyez qu'à chaque fois, quand on regarde ce point d'un petit peu près, on en revient quand même assez rapidement aux relations entre le Maroc et Israël, entre les États-Unis et Israël, entre l'Algérie et Israël, entre la France et Israël.

Alors que – je me permets de le souligner – je n'ai vu quasiment aucun responsable politique ni journalistique essayer de démêler aux yeux des Français que les Français comprennent ce qui se passe, en fait, qu'est-ce qui se passe sur toute cette affaire, et notamment pourquoi cette affaire a-t-elle pris un tel relief dans la situation française, alors qu'effectivement Boilem Sansal a été arrêté, jeté en prison, ce qui quand même est assez choquant – il faut le reconnaître –, assez scandaleux d'être mis en prison, d'être jeté en prison pour des prises de position d'un écrivain. C'est jamais un très bon signe de démocratie. Donc ça, c'est vrai.

Mais cela étant, des Français incarcérés dans le monde... Il y a des dizaines et des dizaines de Français qui sont incarcérés dans le monde et pour lesquels il n'y a pas de mobilisation particulière des médias ou de la classe politique. Même d'ailleurs en Algérie, il y a un Français, Christophe Glaze, qui est journaliste et qui a été jeté en prison pour des soupçons d'espionnage, etc., qui est toujours en prison à cette époque. Au moment où je parle, personne n'en parle beaucoup. Donc qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi est-ce que Boilem Sansal a-t-il fait l'objet d'un tel souci ?

Parce que derrière, se cachent en fait les lobbies qui sont des lobbies qui sont en fait hostiles au gouvernement algérien et qui ont envie de jeter de l'huile sur le feu constamment des relations entre la France et l'Algérie, avec en arrière-plan notamment la position de l'Algérie concernant les OQTF et l'immigration, avec en arrière-plan aussi les relations de l'Algérie avec l'État israélien ? J'espère que je suis clair sur ces questions. Alors c'est ce qui vous explique cette chose quand même que les Français ont un peu découvert. C'est qu'il a été question de Boilem Sansal, Boilem Sansal, Boilem Sansal, sans arrêt.

Sans arrêt, on a eu les responsables politiques à peu près de tout l'échiquier politique jusqu'à même une partie de LFI. Disons que c'est à LFI qu'il y a eu les prises de position pendant ses distances d'avec Boilem Sansal. Il a été beaucoup reproché notamment à Rima Hassan de ne pas voter en faveur d'une motion pour demander la libération de Boilem Sansal, parce qu'il y a dans les députés qui sont à LFI... Il y en a un certain nombre de gens qui connaissent ceux de sous des cartes que personne ne vous explique, en fait. Voilà.

En revanche, vous avez à droite et à l'extrême droite, vous avez vu Marine Le Pen, Jordan Bardella, Marion Maréchal, Éric Zemmour et Sarah Knaffo, bien entendu, Bernard-Henri Lévy. Et puis CNews en a fait des tonnes et des tonnes. Et notamment Philippe Devilliers, qui est un employé de CNews, en a fait des tonnes sur Boilem Sansal. Je suis d'accord que ça n'est pas bien d'emprisonner un écrivain. Ça, je suis d'accord, selon nos standards à nous. Mais présenter, comme l'a fait Philippe Devilliers, Boilem Sansal, en disant que son seul crime avait été d'avoir trop aimé la France et de l'avoir dit... Non, c'est pas vrai. C'est pas vrai.

Et c'est justement là où quelqu'un comme Philippe Devilliers et un certain nombre de gens se retrouvent maintenant pris à contre-pied. C'est qu'on s'aperçoit qu'en fait, Boilem Sansal, il n'apprécie pas spécialement la France, puisqu'il a été donc jeté dans des geôles. Il a été pendant... Je crois qu'il a été condamné à 5 ans de prison. À ce moment-là, on a fait savoir qu'il avait un cancer, qu'il était très malade. Le Premier ministre François Béroud a pris la parole en expliquant quasiment qu'il était en fin de vie et qu'il fallait absolument le libérer.

Mais le président algérien, le président Tebboune, en fait, il a bien compris que c'était quand même très embarrassant, cette histoire, d'autant plus que les relais de ses soutiens sont intervenus au sein de l'UE. C'est l'UE elle-même qui a demandé la libération de Boilem Sansal. Tebboune, le président algérien, a compris qu'il fallait quand même un peu lâcher du l'Est. Mais il l'a fait d'une façon assez maligne, c'est-à-dire qu'il a répondu à la demande de libération formulée non pas par Macron, non pas par les responsables politiques français, non pas par le Premier ministre Béroud, non pas par les relais médiatiques en France. Il l'a fait à la demande du président allemand M.

Steinmeier, qui avait écrit de façon très cordiale à Tebboune en disant que pour des raisons humanitaires, il fallait faire ci et ça. C'est-à-dire que Tebboune, en fait, a répondu à Steinmeier et a dit très bien « Je lui accorde une grâce ». Et Boilem Sansal a été sorti de sa prison et envoyé en avion militaire tout de suite où il est arrivé en Allemagne, ce qui était un pied de nez, bien entendu, pour les autorités françaises. Il faut savoir qu'au moment où la France est ainsi prise dans finalement des affaires où il y a quand même beaucoup d'arrière-pensée, beaucoup de traquenards, avec des forces qui sont là pour essayer d'envenimer les relations franco-algériennes.

Au même moment, les relations germano-algériennes ou italo-algériennes se portent comme un charme. Le président Tebboune s'est rendu par exemple en Italie avec toute une série – je crois qu'une quarantaine – d'industriels algériens qui sont allés en Italie, où ils ont été reçus en grande pompe par Mme Mélonie et le gouvernement Mélonie.

L'Italie et aussi l'Allemagne étant trop contents d'essayer d'évacuer la France de ce partenaire algérien, où comme je le disais tout à l'heure, c'est un partenaire très important, d'autant plus qu'il y a des hydrocarbures, il y a du gaz notamment en Algérie, qui est transporté sous forme de gaz naturel liquéfié, et qui est juste de l'autre côté de la Méditerranée, sans compter que la France est quand même un pays francophone, même si le gouvernement algérien a pris des mesures contraires à la francophonie, essaie de développer l'anglophonie en Algérie, ce qui, à mon avis, est quand même triste.

Et c'est un drame, parce que quand vous allez en Algérie, c'est un peu comme en Tunisie, vous avez énormément de gens qui parlent le français. Et certains disent d'ailleurs que c'est l'un des tout premiers pays francophones au monde, à peu près comme peut-être le Congo, Kinshasa, ou la France, bien sûr. Et or, l'Algérie ne fait pas partie de l'organisation internationale de la francophonie. Donc ça donne un sentiment d'occasion gâchée. Et ce qui est important à comprendre, c'est que ça n'est pas un régime qui est aussi anti-occidental qu'on veut bien le dire, puisque les relations sont au beau fixe entre Alger et Berlin et entre Alger et Rome.

Ça veut donc bien dire qu'il y a un problème spécifique avec les relations franco-algériennes qui découlent de tous les lobbies que je viens de vous signaler. Alors on vient d'apprendre, comme vous le savez, que Boilem sans salle a été entre-temps élu au fauteuil numéro 3 à la place de Jean-Denis Bredin, l'avocat décédé de l'Académie française, qui est une espèce de consécration suprême, puisque les immortels ont été sensibles certainement. Il y a peut-être eu quelques appels téléphoniques pour soutenir la cause de Boilem sans salle.

Mais évidemment, tous ces honneurs, toute cette couverture de presse et ces honneurs ont été perçus par le gouvernement algérien comme la volonté de Paris, non pas d'essayer de calmer le jeu, mais au contraire d'envenimer la situation. Au passage, Boilem sans salle a fait un bras d'honneur à son éditeur traditionnel qui était Gallimard, qui pourtant l'avait beaucoup soutenu pendant son incarcération, et s'est rattaché à Grasset. Grasset qui fait partie... D'ailleurs, c'est une propriété de Vincent Bolloré. Et l'on a vu d'ailleurs Boilem sans salle, en fait, être de plus en plus proche des réseaux français de droite et même de l'extrême droite, comme par exemple le magazine Frontières, etc.

Ce qui lui a valu, ce qui lui vaut maintenant, des prises de distance très importantes venues de la gauche française qui considèrent en fait que ce monsieur est d'extrême droite, d'autant plus d'ailleurs qu'il soutient quasiment Israël contre l'Iran. Il a soutenu Philippe Vall, Philippe Vall dans Charlie Hebdo, qui se livrait à des caricatures anti-islamistes, etc., etc. Et encore une fois, il a le droit. Mais j'essaie de vous expliquer le pourquoi du comment. Voilà. En réalité, mon avis personnel, c'est que tout ceci...

Les Français, dans cette histoire, sont pris en otage, en fait, par des forces qui veulent absolument séparer la France de l'Algérie, alors que ça a un impact considérable sur toute une série de relations. Mais ça n'est pas tout. Parce que par ailleurs, en 2024, toujours la même année, le prix Goncourt a été attribué à Kamel Daoud pour un ouvrage. Et Kamel Daoud étant un ami, en fait, de Boilem sans salle, et Kamel Daoud, c'est un auteur, un auteur plus jeune, qui avait eu un certain succès pendant des années parce qu'il avait une prise de position assez critique contre le régime algérien, qui d'ailleurs laissait quand même publier ses ouvrages.

Il ne faut pas non plus avoir de l'Algérie, une vision d'un régime totalitaire. Ce n'est pas tout à fait ça. Il avait un certain succès, d'ailleurs, dans la bourgeoisie, la moyenne bourgeoisie algérienne sur cette hauteur. Et puis petit à petit, Kamel Daoud, qui a eu le prix Goncourt 2024, a pris des prises de position rapprochant du régime d'un côté, condamnant le mouvement Irak, notamment, qui est un mouvement un peu comparable au gilet jaune qu'il y a eu en Algérie, et puis versant à son tour un petit peu ce que certains appellent l'islamophobie. Tout ça donnant l'impression – encore une fois – de mouvements, de forces qui sont derrière pour essayer d'orienter les consciences.

Et puis ça n'est pas tout. Parce que dans toutes ces relations franco-algériennes, il y a encore un autre élément qui n'est pas inintéressant à regarder, qui sont les relations avec les Kabyles. Je l'ai dit tout à l'heure, les Kabyles ne sont pas les Arabes. C'est une partie importante de l'Algérie, dont l'épicentre de la Kabylie, ça se trouve du côté de Tiziouzou, donc en allant jusque vers Bejaïa, la côte méditerranéenne. C'est un pays magnifique, un pays montagneux, avec quelques sites. Il y a un site – j'en parle en connaissance de cause – parce que j'y suis allé il y a quelques années de cela pour le mariage d'un ami. Il y a notamment un site qui s'appelle Jamila.

Ça veut dire – je crois en arabe – que ça veut dire « la belle ». Le site de Jamila, qui se trouve dans des montagnes, en Kabylie, est un site antique qui est absolument magnifique, absolument admirable. Bref, les Kabyles, comme je l'ai dit tout à l'heure, étaient peu islamisés. Je n'ai pas dit qu'ils n'étaient pas islamisés, mais ils le sont peu. Ils ont des latitudes. Ils s'octroient des latitudes. Consommation d'alcool, un petit peu de sangliers ou de porcs sauvages.

Ils le sont également en tant qu'aux minorités, un petit peu avec son alphabet particulier, sa langue particulière, la masigue, ayant un petit peu, comme toutes les minorités, développant peut-être une plus grande observation, un plus grand sens de l'observation, une meilleure compréhension des événements. Et ça n'est pas tout, parce que par ailleurs, les Kabyles ont une vision un peu stéréoscopique entre ce qui se passe en Algérie, leur statut de minorité en Algérie, et puis leur statut en France. Donc c'est un peuple, les Kabyles, qui sont assez politiquement conscients.

Et il se trouve qu'il y a des forces qui sont allées conseiller un certain nombre de responsables Kabyles en leur soufflant à l'oreille l'idée qu'il faudrait revendiquer une Kabylie indépendante. Quelles sont ces forces ? On imagine bien que ce sont des forces qui veillent à imposer ce que l'on appelle en anglais « divide and conquer », c'est-à-dire diviser pour régner.

C'est-à-dire qu'il y a une stratégie qui s'est développée avec des forces qui promeuvent l'autonomie, voire l'indépendance de la Kabylie, avec notamment Ferhat Meheni, qui est un chanteur qui a 75 ans aujourd'hui et qui est considéré comme le chef d'un mouvement qu'il a créé qui s'appelle le mouvement pour l'autonomie de la Kabylie. Eh bien pourquoi je vous dis tout ça ? Parce qu'il se trouve que ça bouge sur ce front-là également. C'est-à-dire que le 14 décembre 2025 – il y a quelques mois – s'est réuni à Paris dans un cadre qui a été gardé secret jusqu'à quelques heures avant son rassemblement, sous la houlette de Ferhat Meheni.

Le mouvement pour l'autonomie de la Kabylie, c'était le 14 décembre 2025, et qui a proclamé son indépendance de l'Algérie, et ceci se situant à Paris, à Paris, le 14 décembre 2025. Ce qui, évidemment, vu par le gouvernement d'Alger, est une nouvelle provocation. Imaginons par exemple qu'il y ait à Alger une réunion d'indépendantistes corse ou d'indépendantistes bretons qui, à Alger, proclameraient l'indépendance de la Bretagne ou de la Corse, de la République française. Évidemment que le gouvernement français serait furaxe. Là, c'est exactement la même chose. Donc vous voyez bien qu'il y a des forces qui sont derrière. Il y a des forces.

Je signale que ce mouvement pour l'autonomie de la Kabylie, qui dénonce le parti pris anti-Kabylie depuis des années et des années du gouvernement algérien, derrière ce M. Ferhat Meheni... En réalité, je ne dis pas qu'il n'est pas soutenu par des Kabylie, mais il est peu soutenu. Si vous avez des amis français d'origine Kabylie, etc., demandez-leur ce qu'ils en pensent. Vous verrez que l'écrasante majorité d'entre eux vous diront que tout ça, c'est du pipeau, en fait. Tout ça, c'est lancé contre le gouvernement algérien actuel.

Mais il est important de noter que ce mouvement pour l'autonomie de la Kabylie, de Ferhat Meheni, eh bien il s'est déclaré toujours en faveur d'Israël, notamment vis-à-vis de Gaza, mais aussi vis-à-vis de l'Iran. Je voudrais d'ailleurs, par exemple, attirer votre attention sur le site kabylie.com, où vous lirez ceci. Vous pouvez le lire à l'écran. « Le président du gouvernement Kabylie en exil, Ferhat Meheni, a récemment pris position sur la confrontation idéologique et stratégique entre Israël et l'Iran des Mollas. Pour lui, Israël, confronté à l'hostilité constante du régime de Téhéran, n'a d'autre choix que d'agir pour sa survie.

La neutralisation du danger est une nécessité de sécurité nationale, a-t-il souligné donc le président du gouvernement Kabylie en exil ». Donc vous voyez qu'en réalité, là aussi, on en revient à Israël. On voit bien que ce mouvement pour l'autonomie de la Kabylie, en fait, a des liens avec Israël. D'ailleurs, en Israël, on ne s'y est pas trompé, puisque... Regardez cette une du Times of Israel, de la presse israélienne. Le 14 décembre 2025, justement, a fait un article entier en disant que l'État israélien ne pouvait pas ne pas s'intéresser à la déclaration d'indépendance de la Kabylie. Donc en fait, c'est clair.

On voit bien qu'il y a une manœuvre de déstabilisation du régime algérien pour des raisons de nature géopolitique. Alors il faut savoir, en allant encore au loup de l'un et la boucle sera bouclée, que M. Ferrat Meyni, il a parmi ses proches un monsieur qui s'appelle Mourad Amellal, qui est le chef de cabinet du président en exil de la Kabylie indépendante, qui n'a été reconnu par aucun État pour l'instant dans le monde. Mais ce Mourad Amellal, eh bien il a des fréquentations qui sont quand même tout à fait intéressantes. On le voit ici participer à un sommet où il était question de soutenir la cause du Tibet.

Or la cause du Tibet, on le voit ici avec un proche du Dalai Lama, avec en arrière-plan la photo du Dalai Lama. Vous savez que derrière le Tibet, eh bien il y a les États-Unis d'Amérique. Il y a la volonté d'essayer de diviser pour régner la situation de la Chine. De la même façon, je l'ai expliqué qu'on ne peut pas comprendre la guerre en Ukraine si on ne comprend pas que derrière. Il y a la volonté de l'État profond américain de diviser la Russie, qui est le plus grand État du monde, en une quinzaine de sous-États. Je l'ai expliqué, toutes preuves à l'appui, dans une conférence que j'avais réalisée devant le dialogue franco-russe.

Donc les États-Unis sont à la manœuvre pour essayer de scinder en morceaux la Russie. Ils sont à la manœuvre pour essayer de scinder la Chine en soutenant des forces autonomistes ou indépendantistes au Tibet, aux Ouïghours, dans le Xinjiang, en Mongolie, etc. Les États-Unis sont très probablement aussi à la manœuvre avec leur allié israélien pour essayer de scinder l'État algérien en soutenant le mouvement pour l'autonomie de la Kabylie. Et ce Mourad Hamel-là...

Et là, la boucle sera bouclée lorsque je vous montrerai ces photographies, où l'on voit que récemment, il a promu sur le site d'imi.com une alliance entre le mouvement de la Kabylie indépendante, avec le drapeau kabyle que revendique ce mouvement pour une Kabylie indépendante, côte à côte, comme vous le voyez sur cette photo lors d'une manifestation au Trocadéro, avec quelqu'un affichant le drapeau israélien et avec quelqu'un affichant le drapeau de l'Iran impérial, ou le même drapeau vert, blanc, rouge, mais avec au centre le symbole de l'Iran impérial, c'est-à-dire un lion brandissant, un sabre qui est le drapeau de ceux qui soutiennent Reza Pallavi, le successeur du Shah d'Iran, qui est lui-même un agent américain, disons américano-israélien, puisqu'il est soutenu à la fois par Israël et par les États-Unis.

Donc vous voyez, il y a toute une cohérence d'ensemble qui se présente. Et donc le soutien à Reza Pallavi, c'est le même, en fait, que le soutien à la Kabylie indépendante. Il s'agit en fait... Dans un grand jeu, dans un grand échiquier géopolitique au Moyen-Orient, il s'agit en fait de s'attaquer à ceux que l'État d'Israël considère comme des adversaires. La cerise sur le gâteau, c'est que... Vous voyez les photos que je vais vous montrer maintenant. C'est que lorsque Mme Sarah Knafot a été candidate à l'élection municipale à Paris, elle a choisi comme tête de liste dans les 20 arrondissements un certain nombre de... 20 têtes de liste.

Les observateurs ont trouvé qu'il y avait quand même beaucoup de représentants de la communauté juive dont elle fait elle-même partie. Donc on dénonçait un début de communautarisme. Mais surtout, peu ont observé que dans le 20e arrondissement, Mme Knafot a nommé comme tête de liste... On a du mal à le croire, mais c'est la vérité. Justement, ce M. Mourad, Amel Lal, qui est le chef de cabinet du président de la Kabylie indépendante. Voilà. — Oh, comme c'est bizarre, non ? Oh, alors... — C'est-à-dire à quel jeu joue exactement Mme Knafot dans ces sujets-là ? Vous voyez bien qu'il y a quand même beaucoup de choses qui ont été cachées aux Français qui... Ça sera ma phrase de conclusion.

Moi, j'essaie de comprendre... Je suis un honnête homme, comme on disait au XVIIIe siècle. J'essaie de comprendre les uns et les autres. Il y a des griefs chez les Algériens contre la France. Il y a des griefs chez les Algériens contre les Juifs d'Afrique du Nord. Il y a des griefs des Juifs contre l'Algérie. Il y a des griefs de la France contre le gouvernement algérien, etc., etc. Bon. Mais est-ce que tout ceci, finalement, c'est nos affaires ? Moi, ce que je vois, c'est que... Et je reviens ici. Moi, je ne prends pas partie sur ces questions. Moi, je prends partie pour la France. Et je considère que les campagnes de mobilisation qui ont eu lieu, en fait, servaient un agenda...

Comme on dit maintenant, c'est un anglicisme, servaient à un agenda qui a échappé, en fait, à la compréhension du peuple français. On veut... Certaines forces veulent nous faire entrer en conflit frontal avec le gouvernement algérien. Certains disant que c'est la seule façon de se comporter, etc. Non, ça n'est pas la seule façon de se comporter. Moi, je suis inquiet de voir que les positions extraordinaires que la France avait en Algérie ne cessent que d'être, en fait, grignotées, dévorées même par une présence de plus en plus importante de la Chine, des investisseurs chinois, mais aussi de l'Italie, mais aussi de l'Allemagne. Sauf erreur de ma part.

Je crois que maintenant, le premier partenaire commercial de l'Algérie, ça n'est plus la France. C'est l'Italie. Donc moi, ce que je conseillerais face à tout ça... J'ai rongé mon frein, comme on dit, depuis des semaines et des mois et des mois sur cette affaire. Je m'étais refusé à entrer dans ce jeu. Mais puisque finalement, maintenant, beaucoup de gens se posent les questions de savoir finalement qui est ce M. Boilem Sansal, qui maintenant, finalement, crache au visage de la France, au motif qu'il dit « Oui, les Français sont formidables. Il y a des gens très, très méchants », etc. Non, c'est quand même pas correct d'agir comme il l'a fait.

Il part en Belgique pour y être accueilli par l'Académie royale de littérature francophone, etc. C'est quand même un pied de nez à l'Académie française. Il va s'installer en Suisse, dit-il, ou en Belgique. Donc voilà. Les Français ne comprennent pas très bien. J'en profite donc pour essayer de vous expliquer ce qui s'est passé. Personnellement, si j'étais à l'Élysée, j'aurais calmé le jeu. Voilà. J'aurais dit aux uns et aux autres... Écoutez, ça va. Nous n'avons pas à nous mêler des problèmes qu'il peut y avoir entre l'Algérie, les États-Unis, l'Algérie et Israël, l'Algérie et le Maroc. Ce qui doit nous concerner, nous, c'est une relation entre la France et l'Algérie.

Et nous devons mener une diplomatie qui est une diplomatie sérieuse, discrète, voire secrète. Il ne faut pas faire preuve de faiblesse vis-à-vis du gouvernement algérien, vis-à-vis d'aucun gouvernement étranger que ce soit d'ailleurs. Mais il ne faut pas non plus se laisser entraîner par des gens qui sont là pour jeter de l'huile sur le feu. Il faut que l'on défende toujours les intérêts supérieurs de la France.

Et comme il y a énormément de ressortissants français d'origine algérienne ou d'Algériens non naturalisés qui vivent en France, c'est de la plus haute importance de garder sur ces questions une grande vigilance à ne jamais être manipulé par quelques forces étrangères, que ce soit ou à quelques forces économiques d'ailleurs ou géopolitiques qui veulent nous entraîner là où nous ne devons pas aller. Merci de m'avoir écouté. Et puis vive la République française. Vive sa souveraineté et son indépendance. Et vive la France.

1:18:34
Invité

Merci de soutenir l'EPR pour continuer le travail d'émancipation entrepris depuis 18 ans par François Asselineau. Vos dons sont essentiels. Votre mobilisation aussi. Merci d'avoir regardé cette vidéo !

Que se passe t'il en Algérie ? François Asselineau (03-05-2026) · Pourquijevote