L'invité de Bourdin Direct : Renaud Muselier - 28/10
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:24FerméeÉludée
Il vous l'a annoncé, ce reconfinement ?
- 0:52RelanceRéponse directe
Vous en apprenez davantage en nous écoutant qu'en écoutant le Premier ministre ?
- 1:13RelanceRéponse directe
Il ne vous dit pas, nous, on est en train de privilégier ça, et c'est ça qu'on va faire.
- 1:33OuverteRéponse directe
Il ne vous a pas véritablement demandé votre avis ? Ce n'était pas un échange ?
- 2:43FerméeRéponse directe
Donc, vous ne voulez pas fermer les lycées ? Vous ne voulez pas fermer les magasins dits non essentiels ?
- 3:11RelanceRéponse directe
Mais ça veut dire qu'on ne change rien, Renaud Muselier ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:29Invité politiqueFait
« Je pense que M. Castex, le Premier ministre, voulait vraiment concerter. »
- 1:07Invité politiqueFait
« Et là, on aurait plutôt préféré qu'il nous dise, bon, écoutez, hypothèse 1, on fait l'irlandaise, ou on fait un mix, hypothèse 2, etc. »
- 2:05Invité politiqueFait
« Mais vous imaginez une génération entière de gens qui ne sont pas touchés, en tout cas, qui n'ont pas de décès, et qui ne vont plus à l'école, qui ne voient plus un professeur. »
- 2:15Invité politiqueChiffre
« C'est près de la moitié de l'année où ils n'ont pas vu un professeur. »
- 4:24Invité politiqueChiffre
« Vous aviez 50% des malades hospitalisés en réanimation qui décédaient, vous n'en avez plus, entre guillemets, que 15%. »
- 5:19Invité politiqueFait
« Oui et non. Globalement, ça ne se fait pas dans sa totalité. »
- 5:41Invité politiqueFait
« Si d'un coup, vous arrêtez toute mesure sociale pour une personne âgée de 80 ans, 85 ans, qui ne voit plus sa famille, à ce moment-là, elle rentre dans un désastre, une déprime personnelle qui fait en sorte qu'elle a un nombre de glissements et elle disparaît. »
- 6:44Invité politiqueFait
« Il y a eu deux phases à Marseille. Donc, on n'a pas eu tort du tout. On a eu deux phases à Marseille. »
- 6:59Invité politiqueFait
« Donc, j'étais un élu responsable parce que je demandais une stricte sévérité sur l'activité publique de nos populations. Qui n'a pas été suivi. »
- 8:04Invité politiqueFait
« J'ai une perception très désagréable vis-à-vis du Conseil scientifique. Et que finalement, le Conseil scientifique pilote la politique sanitaire de notre pays. »
- 8:25Invité politiqueFait
« C'est quand même eux qui nous ont expliqué qu'il n'y avait pas besoin de masques. »
- 8:35Invité politiqueFait
« D'ailleurs, je suis très surpris de ce qui se passe parce que ça va beaucoup plus vite que prévu. »
- 10:20Invité politiqueFait
« Oui, parce qu'on punit les bons élèves par rapport aux mauvais élèves. »
- 11:00Invité politiquePromesse
« c'est qu'il y ait des centaines de millions de tests. Parce qu'en fait, c'est l'incertitude sanitaire qui nous crée cette crise sociale, économique, bien entendu. »
- 12:09Invité politiqueFait
« Je pense qu'il y a un problème d'anticipation. »
- 16:12Invité politiqueChiffre
« On verra à la sortie le nombre de décès sur l'année, sachant qu'il y a grosso modo entre 650 000 et 650 000 décès à la fin de l'année, à la part du Covid ou non. »
Temps de parole
- Renaud Muselier73 %
- Présentateur27 %
≈ 7,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez RMC, RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. Bonjour Renaud Muselier, merci d'être avec nous ce matin. Vous êtes le président des Républicains de la région sud des régions de France. Vous êtes d'ailleurs médecin, médecin-coordinateur d'une clinique marseillaise. Hier, vous avez été reçu par le Premier ministre, Jean Castex. Il vous l'a annoncé, ce reconfinement ?
Non, la méthode est un peu particulière. Je pense que M. Castex, le Premier ministre, voulait vraiment concerter. Donc il nous a présenté les difficultés rencontrées par rapport aux courbes sanitaires. Et ça, c'est M. Véran qui l'a fait. Puis après, il a expliqué ce qui se passait dans les autres pays d'Europe. Et après, il a dit, bon, maintenant, qu'est-ce que vous en pensez ? Et on a été un peu tous surpris, parce qu'en fait, on pensait qu'ils allaient nous donner quelques hypothèses. Hypothèses qu'on voit d'ailleurs sur les chaînes d'information.
En fait, vous en apprenez davantage en nous écoutant, nous, journalistes, qu'en écoutant le Premier ministre ?
C'est-à-dire qu'un peu, puisqu'en fait, finalement, d'un côté, il nous présente tout ce qui se passe en Europe. Mode belge, mode espagnol, mode italien, mode irlandais. Et il dit, bon, maintenant, qu'est-ce que vous en pensez ? Et là, on aurait plutôt préféré qu'il nous dise, bon, écoutez, hypothèse 1, on fait l'irlandaise, ou on fait un mix, hypothèse 2, etc.
Il ne vous dit pas, nous, on est en train de privilégier ça, et c'est ça qu'on va faire.
Non, non, par contre, il nous prépare à une pilule qui risque d'être amère, quand même. Donc, si, au-delà de la méthode qui est bizarre sur le fait qu'on ne choisisse pas entre différents scénarios, la préparation dans la concertation, ça, c'est sûr, c'est-à-dire, écoutez, c'est un désastre qui s'annonce, et qu'en conséquence, on va prendre des mesures demain, le président de la République s'annoncera.
Donc, il ne vous a pas véritablement demandé votre avis ? Ce n'était pas un échange ?
Si, c'est un échange, ça a duré près de 3 heures, quand même, donc, là-dedans, après, moi, j'ai fait un certain nombre de propositions, puisqu'il dit, à mon avis, moi, je vais lui expliquer, alors, hein, moi, je veux que les lycées soient ouverts, je veux que mes fonds, mais, parce que les lycées, sinon, il y a une rupture scolaire.
Lycées, collèges, écoles.
Moi, j'ai en responsabilité, nous, les présidents de région, d'aller lycées, donc, je me...
Mais c'est sur les lycées qu'il y a un doute, c'est sur les lycées qu'il y a un doute.
Donc, en tout cas, moi, je veux que ces jeunes qui ont entre 17 et 20 ans, ils aillent au lycée.
Même s'ils risquent de contaminer le reste ?
Mais vous imaginez une génération entière de gens qui ne sont pas touchés, en tout cas, qui n'ont pas de décès, et qui ne vont plus à l'école, qui ne voient plus un professeur, qui, dans les lycées professionnels, ne voient plus une machine à outils. C'est près de la moitié de l'année où ils n'ont pas vu un professeur. Vous avez des ruptures scolaires décrochables, absolument incroyables. Et donc, il y a un moment où il faut faire la part des choses. Dans la part des choses, les jeunes, ils doivent être formés pour la suite à un moment fondamental dans leur vie. Donc, par exemple, les lycées, il faut laisser ouvert.
Après, il y a un grand débat sur commerce vitaux ou non, mais quel est le risque par rapport à acheter un t-shirt ou un litre de lit ? À partir du moment où on respecte des gestes sanitaires, donc en fait, bref, vous avez compris.
Donc, vous ne voulez pas fermer les lycées ? Vous ne voulez pas fermer les magasins dits non essentiels ?
Oui, je veux qu'on ait des bars ouverts jusqu'à 21h. Je pense que la vie doit continuer en se protégeant, en ayant des sanctions pour ceux qui trichent, qui sont très fortes pour les bars qui font n'importe quoi. Et on les connaît et on les voit, avec fermeture, avec non-accès au chômage partiel, au PGE, etc. De façon à ce que l'on puisse continuer à avoir un minimum de vie économique et sociale.
Mais ça veut dire qu'on ne change rien, Renaud Mouselier ?
Si, ça veut dire qu'on met quand même trois tours de vie supplémentaires sur la totalité du pays.
Enfin, c'est-à-dire qu'on élargit, mais les mesures dont vous parlez, c'est celles qui sont déjà quasiment appliquées.
Oui, mais on voit que les résultats sont très médiocres quand même aussi. Parce que nous, ça fait trois semaines déjà qu'on est là, et les courbes sont reparties à la hausse malgré les trois semaines de gros feux.
Et donc, il faudrait aller plus loin, non ? Et vous dites qu'on ne change rien ?
Non, je dis qu'il faut fermer de façon stricte, mais pas tout. Si on n'a rien appris du confinement, un, pour faire exactement pareil, dans le deux, alors que les malades en réanimation ne sont pas les mêmes, alors que les durées en réanimation ne sont pas les mêmes, alors que les soins ne sont plus les mêmes, puisque vous n'intubez plus, vous vous mettez sous oxynothérapie, et vous ne mourrez plus d'embolie pulmonaire. Donc, vous vous retrouvez dans une situation où, oui, il y a une pression par rapport aux hôpitaux, où, oui, il faut faire attention par rapport à la réanimation, mais, oui, il faut que le confinement ou le numéro 2 ne soit pas l'identique du numéro 1.
Ça veut dire quand même que, si on vous écoute, vous dites que ce n'est pas si grave ?
Pas du tout. Je dis que c'est très grave et que c'est très difficile à prendre des bonnes décisions.
Mais ce n'est pas aussi grave ?
Non, je...
Je voudrais juste comprendre, quand vous dites que les malades ne sont pas les mêmes, on n'intube pas pareil, est-ce que ça veut dire que vous considérez qu'en tout cas, aujourd'hui, on sait mieux faire ?
Oui.
Et donc, les conséquences sont moins graves ?
Oui. Vous aviez 50% des malades hospitalisés en réanimation qui décédaient, vous n'en avez plus, entre guillemets, que 15%. Les séquelles sont beaucoup moins importantes. On voit très bien les statistiques des gens qui décèdent, et vous avez différents modes de contamination. Et on traite tout ensemble de la même manière, alors qu'on doit le sectoriser globalement. Ce qui n'est pas du tout la même chose.
Une question sur le confinement des personnes les plus âgées. Vous parliez à l'instant des jeunes qui ont besoin, en effet, vous parliez des lycéens, et vous imaginez le drame que ce serait pour ces lycéens qui seraient sans école, sans contact, sans formation. Il y a cette question aussi. Michel Delenay, l'ancienne secrétaire d'État aux personnes âgées, ce matin, a été mon invitée sur RMC. Et puis, elle disait, mais au fond, c'est à nous, personnes de plus de 65 ans, 70 ans, personnes à risque de nous mettre en retrait, en quelque sorte, pour ne pas que l'ensemble de la population soit sacrifiée. Est-ce que cette option-là vous paraîtrait envisageable ?
Oui et non. Globalement, ça ne se fait pas dans sa totalité. À partir de 72 ans, vous êtes personne à risque. Si vous avez plusieurs pathologies complémentaires, vous êtes personne à grand risque. Donc, à ce moment-là, quand vous avez vos petits-enfants, vos enfants qui sont potentiellement des gens qui sont susceptibles aux contaminés, il faut se laver les mains et ne pas s'embrasser. Mais si d'un coup, vous arrêtez toute mesure sociale pour une personne âgée de 80 ans, 85 ans, qui ne voit plus sa famille, à ce moment-là, elle rentre dans un désastre, une déprime personnelle qui fait en sorte qu'elle a un nombre de glissements et elle disparaît.
Et donc, c'est cet équilibre-là qu'il faut arriver à doser. Mais ça, vous pouvez très bien le faire et l'organiser dans les EHPAD et donner des doctrines. La doctrine des six dans les repas de famille est intéressante d'ailleurs, parce que ça peut fonctionner. Ça, on a plus de six à table. Voilà. Et donc, vous vous retrouvez avec différentes mesures. Je ne veux pas qu'on fasse tout de la même manière dans le confinement 2, de la même manière que le confinement 1. C'est parce que ça voudrait dire qu'on n'a rien appris. Et ça, ce n'est pas possible.
Mais Renaud Muselier, si je vous écoute, toutes les nouvelles mesures proposées, au fond, vous dites non. Sauf, effectivement, la généralisation sur l'ensemble du territoire. Est-ce que vous n'avez pas quand même le sentiment que lorsque, en septembre, le gouvernement a dit « Attention, à Marseille, ça va mal. Ça va très mal. Donc, on va vous imposer de fermer beaucoup plus tôt les bars et les restaurants. » Vous, comme d'autres élus marseillais, vous avez dit « Pas question. » Et vous avez même eu le sentiment qu'on vous l'imposait de Paris. Est-ce que, a posteriori, quand vous voyez les chiffres qui flambent, vous ne vous dites pas « On a eu tort. »
Il y a eu deux phases à Marseille. Donc, on n'a pas eu tort du tout. On a eu deux phases à Marseille. Première phase, on nous a demandé notre avis. Et dans la vie, j'avais demandé à ce qu'on arrête les mariages, qu'on arrête les enterrements, qu'on arrête les sorties sur la plage où il y avait des rassemblements d'été ou dans les parcs qu'on les ferme. Je n'ai pas été suivi par le gouvernement à l'époque. Donc, j'étais un élu responsable parce que je demandais une stricte sévérité sur l'activité publique de nos populations. Qui n'a pas été suivi. Qui n'a pas été suivi, quand même.
Et après, la deuxième vague, c'est la deuxième fois quand on a eu la difficulté, c'est que là, on avait des courbes qui descendaient sur Marseille pendant que les autres augmentaient dans la France entière. Et au moment où on descendait sur Marseille, où on était à moins de 220 quand même, on n'était pas à 250. On était à 220 pendant que les autres étaient à 280 ou à 300 taux d'incidence. On se retrouvait dans une situation où on était les seuls fermés. Et là, mais attendez à ça, il y a deux poids, deux mesures. C'est cette inéquité qui posait problème. Donc, moi, je pense qu'on a été fondamentalement responsables. Aujourd'hui, on a une vague européenne.
Ce n'est pas tout à fait une vague mondiale, d'ailleurs. C'est une vague française. Et là-dedans, on va vers un reconfinement. Et je souhaite qu'on fasse très attention de ne pas faire dans le 2 comme on a fait dans le 1.
Je voudrais reprendre quand même vos mots parce que vous insistez là-dessus et ça fait plusieurs fois que vous le dites depuis le début de cette interview. Ne pas faire dans le 2 comme on a fait dans le 1. Est-ce que vous avez le sentiment que le gouvernement a tiré les leçons du premier confinement et de cette vague qui nous est tombée dessus ?
J'ai une perception très désagréable vis-à-vis du Conseil scientifique. Et que finalement, le Conseil scientifique pilote la politique sanitaire de notre pays, s'exprime en permanence dans les médias avant le pouvoir politique pour nous annoncer en permanence des catastrophes et nous donner des conseils que eux-mêmes n'ont pas appliqués ou eux-mêmes se sont trompés dans la vague 1. C'est quand même eux qui nous ont expliqué qu'il n'y avait pas besoin de masques. C'est quand même eux qui nous ont expliqué qu'il n'y avait pas besoin de tests. C'est quand même eux qui nous ont expliqué qu'il fallait rester à la maison.
Et ce sont les mêmes qui aujourd'hui reviennent en nous disant « Je vais vous expliquer ce qui se passe. » D'ailleurs, je suis très surpris de ce qui se passe parce que ça va beaucoup plus vite que prévu. Enfin, c'est quand même leur métier de conseiller peut-être, bien peut-être, les dirigeants qui ont des décisions à prendre difficiles parce que c'est très difficile. Et donc, aujourd'hui, on est devant le fait accompli, on va être obligés d'accepter. C'est ça la réalité. On va être obligés d'accepter. Alors moi, il faut regarder devant. Vous vous souviendrez quand même que dans la vague 1, nous les présidents de régions de France, nous n'avons en aucun cas critiqué le gouvernement. Jamais.
On a fait zéro polémique. Enfin, ce n'est pas parce qu'on a zéro polémique qu'on est aveugle, sourd et muet quand même. On a quand même mis près de 250 millions de masques sur le marché. On a apporté une contribution sur la santé publique.
Vous avez le sentiment d'avoir dû vous débrouiller un peu tout seul ? Tout le temps.
Tout le temps. D'ailleurs, on a une commission cet après-midi. Je suis en positionnée à l'Assemblée nationale pour savoir ce qui s'est passé dans la vague 1. Ce n'est pas un problème de personne. C'est un problème de structure. Je pense que notre pays est mal ou pas adapté à ce dispositif.
Il l'était ? Est-ce qu'il l'est toujours ? Est-ce que vous décrivez des difficultés auxquelles vous avez été confrontés au printemps dernier ? Est-ce que, de ce point de vue-là, on s'est quand même amélioré entre-temps ?
On s'est amélioré sur le plan des traitements dans les réanimations, sur la prise en charge des patients, pas sur la montée en pression des réanimations. Et bien sûr, sur la formation, il faut du temps pour former personnel compétent parce qu'on a une insuffisance de personnel. Il y a une tension très importante dans les hôpitaux. Et aujourd'hui, à l'époque, la difficulté, c'est que les malades de réanimation de la vie normale, aujourd'hui, percutent sur les malades de la réanimation du Covid. Et c'est là où on explose, parce qu'il n'y en a pas assez. Il n'y en a pas assez. Et donc là, il n'y a pas eu d'anticipation. Donc, en fait, le problème maintenant, c'est la sortie.
On va accepter, très bien. On va être puni, condamné. Je ne sais pas ce qui va se passer.
On va être puni, c'est comme ça que vous le dites ?
Oui, parce qu'on punit les bons élèves par rapport aux mauvais élèves. Vous avez des bars multiples et variés qui respectent la distanciation, des commerces qui respectent la distanciation. Il n'y a aucun contrôle sur ceux qui ne le respectent pas. Donc, on punit tout le monde, c'est plus facile. Sauf que le gouvernement n'a pas vraiment le choix. Tout est en rouge pour les réanimations. Et donc, on ne va pas laisser faire le tri des patients qui vont en réanimation parce qu'on n'a pas anticipé, donc on ferme. Bien, ok. Donc, maintenant, on va peut-être essayer d'éviter les crises en W, c'est-à-dire les crises à répétition. C'est-à-dire qu'on va se faire le confinement mode 2.
On va essayer d'éviter le 3, le 4 ou le 5 dans les vagues qui vont arriver potentiellement. Donc, moi, ce que je propose maintenant, mais est-ce qu'ils vont l'entendre, c'est qu'il y ait des centaines de millions de tests. Parce qu'en fait, c'est l'incertitude sanitaire qui nous crée cette crise sociale, économique, bien entendu. Et donc, il nous faut des centaines de millions de tests parce que finalement, qu'est-ce qu'est la difficulté ? Nous sommes en contact, nous sommes à distance, ok. Mais si jamais je suis un cas contact, vous allez être inquiète. Donc, il faut immédiatement que vous puissiez vous tester.
Pour pouvoir se tester, pour pouvoir sortir de cette crise, il nous faut des centaines de millions de tests rapides.
Qu'est-ce qui bloque ?
Ceux qui nous ont expliqué qu'il ne fallait pas les tests et les masques nous disent aujourd'hui que de toute façon, il faut se reconfiler et qu'ils n'ont pas vu venir la vague. Donc, on a un problème de choix stratégique dans la défense sanitaire de notre pays. Dans la défense sanitaire de notre pays, eh bien, si on n'a pas appris sur le 1, essayons d'apprendre sur le 2 qu'il n'y ait pas le 3 qui arrive. On n'a pas de vaccins contre la grippe. Dès le mois de juillet, j'ai l'air dit, en disant qu'il faut des vaccins contre la grippe parce que vous allez surcharger la totalité. On est en pénurie, ces vaccins.
Non, peut-être être en pénurie parce que tout le monde est arrivé en même temps à la pharmacie pour les faire.
Ça veut dire qu'on n'en a pas. On attend que la grippe arrive et qu'on est sûr qu'il va arriver mi-décembre à la grippe. Si vous en êtes sûr, vous me le dites quand même. Est-ce qu'on en aura assez alors qu'on en a 12 ou 13 millions ? Il y en a déjà 5 millions qui ont été consommés. Je pense qu'il y a un problème d'anticipation.
Et dans cette anticipation, en ce qui concerne le Covid, j'estime aujourd'hui qu'il faut inonder la France de vaccins et que l'on ait, nous, les régions, tous les systèmes sanitaires en place, comme on l'a fait pour les masques, une capacité d'action immédiate sur les cas contacts parce que cette incertitude sanitaire fait en sorte que vous avez immédiatement une difficulté dans les entreprises. Vous travaillez dans votre boîte, si quelqu'un est un cas contact, comment vous faites ? Tac, vous faites un test immédiat. Comme les tests de grossesse, c'est exactement la même chose. De façon à ce que l'on puisse immédiatement savoir si on est contact ou non et si on est porteur du virus.
Mais vous avez dit, on fera avec. C'est-à-dire que vous, malgré, on l'entend, votre virulence, vos critiques, vos espoirs qu'on aurait pu faire autrement, si ce soir, 20h, Emmanuel Macron dit voilà, on va encore serrer la vis. Vous ne vous rebifferez pas, si je peux me permettre.
On est dans une société complexe quand même. Et donc, je ne pense pas que les élus, leur devoir s'appeler à des objets aux civils. Moi, jamais. Moi, je suis un républicain. Donc, je me baille mes armes de républicain et de démocrate. Et donc, en tant que tel, il y a des choses qui sont bien, des choses qui sont moins bien. J'ai la capacité, l'âge, l'expérience, l'évolution qui peut me permettre de dire de donner des bons points ou des mauvais points.
Je ne suis pas un professeur, mais je connais quand même mon métier de médecin, mon métier de politique, mon expérience professionnelle et d'engagement politique pour dire, écoutez, vous êtes gentil, mais ça, c'est quand même maintenant n'importe quoi arrêter.
Vous redoutez qu'il y ait éventuellement des révoltes, des colères ?
Bien sûr. Bien sûr. Vous vous retrouvez avec une société très fragile et très fragilisée puisque le problème, c'est le taux d'acceptabilité. Ça a été très bien perçu pour la première vague. Et l'acceptabilité était immense de nos compatriotes. Aujourd'hui, je ne suis pas tout à fait convaincu que s'ils pensent qu'il y a eu une tromperie scientifique, des discours politiques maladroits, pour un peu que vous parlez de ce professeur assassiné qui se retrouve dans une république apaisée. Et donc, on se retrouve dans une situation où potentiellement, il y a des risques de révolte. Et ça, je suis très attentif. Et donc, je n'y participerai jamais.
Je rebondis quand même sur ce que vous disiez à l'instant. Vous parliez de tromperie scientifique en plus des éventuels mensonges politiques. Tromperie scientifique. Il y en a quand même un que vous avez beaucoup soutenu encore récemment, le professeur Didier Raoult. On n'a pas bien compris, malgré tout, s'il ne jouait pas à un jeu, en tout cas lui-même, par rapport au reste de la classe des médecins. Quelqu'un comme Gilles Pialou qui était à votre place hier. Quelqu'un comme Eric Combe qui, à demi-mot, disent qu'il a, au fond, attisé ses colères en élevant des doutes, en disant qu'il n'y aurait pas de seconde vague. Est-ce que là-dessus, vous le regrettez ?
Non, je ne regrette rien. Le professeur Raoult reste un éminent spécialiste mondial. Il a écrit tout. Et donc, on verra au fil du temps s'il a eu tort ou s'il a raison. Ce que je sais, en tout cas, incontestablement, au-delà de sa personnalité qui laisse personne indifférente, ça, je reconnais que sa personnalité suscite. Mais il a toujours été comme ça depuis qu'il est à la fac. Donc, vous le découvrez, mais moi, je le connais depuis toujours. Enfin, quand vous allez à l'IHU, vous sortez vivant. Donc, chaque fois que vous êtes hospitalisé à l'IHU, il n'y a pas de mort chez lui.
Oui, mais enfin, les gens n'y restent pas. Ils viennent se faire tester.
Ils se sont soignés. Il a des structures de soins. Et puis, la totalité de ma famille qui est allée, je vous donne un exemple très spécifique. Ma mère, 93 ans, attrapait le Covid il y a 15 jours. Double cancer, un problème de pathologie complémentaire, mais en pleine forme. Elle devait y rentrer une semaine. Elle s'attrapait le Covid. Son métaient un traitant lui a dit buvez beaucoup d'eau et restez chez vous. Et bien là, elle a été soignée, elle est guérie et elle est en pleine forme. Il n'y a pas de décès chez le professeur. Il n'y a pas de décès dans l'unité du professeur Raoult.
Heureusement qu'il y a des très beaux exemples.
Il n'y a pas de décès dans l'unité. Oui, mais heureusement.
Mais sur l'ensemble, le fait d'avoir dit non, minimisé, pas de regret.
Il n'a pas minimisé. Non, non, il n'a pas minimisé. Il a assumé un certain nombre de choix stratégiques, notamment au niveau des soins, que tout le monde lui conteste. Très bien, on lui conteste, mais il n'a tué personne.
Je ne dis pas qu'il a tué quelqu'un. Je vous dis simplement qu'il y a un problème quand on dit qu'il n'y aura pas de deuxième vague ou quand on dit qu'on dramatise beaucoup. Vous le disiez vous-même, les chiffres ne sont pas bons.
Ah, les chiffres, il y a une flambée, c'est incontestable. Ça, c'est incontestable. Enfin, quand on... On verra à la sortie le nombre de décès sur l'année, sachant qu'il y a grosso modo entre 650 000 et 650 000 décès à la fin de l'année, à la part du Covid ou non. Aujourd'hui, on a un problème de remplissage dans nos réanimations. Dans nos réanimations, est-ce qu'on arrête des opérations programmées ?
Et ça, le gouvernement
ne peut pas l'accepter.
À plus tard, les opérations. À l'instant où vous nous parliez, on l'apprend, et c'est une information BFM TV, les services publics, mais aussi les écoles, les collèges et les lycées devraient en effet rester ouverts. Vous auriez donc été entendu, Renaud Muséli.
Eh bien, tant mieux. Tant mieux, mais vous savez, tant mieux. Et tant mieux, si le gouvernement m'écoute, parfois, tant mieux, ça prouve qu'il y a un échange. La réalité, c'est que quand même, c'est une relation de bon sens. Souvenez-vous, quand vous étiez au lycée, entre 17 et 20 ans, ce que vous faisiez, vous alliez à l'école, vous rencontrez une vie sociale, vous découvrez d'autres choses, vous écoutez le professeur, vous formez votre cerveau, et là, pendant près de 200 jours, il ne voit plus personne. Si vous vous rendez compte, le désastre, tant mieux. Information, donc, je vous le rappelle,
école, collège, lycée, qui devraient rester ouverts. Il y a une autre question que je voulais évoquer avec vous, c'est la question des caricatures, Renaud Muselier, parce que c'est vous qui êtes à l'origine de cette idée de distribuer des caricatures, notamment dans les lycées. Et hier, Mohamed Moussaoui, qui est donc à la tête du Conseil français du culte musulman, il était à mon micro sur RMC, et il a considéré qu'il faudrait renoncer, c'est son mot, au droit à caricaturer pour ne pas offenser notamment les musulmans. Comment est-ce que vous réagissez à cette crise ?
On va rentrer dans le dur pour le gouvernement et pour les républicains qui veulent faire en sorte qu'on soit libre dans ce pays. Et donc, je préfère écouter le grand recteur de la mosquée de Paris, ou le recteur de la grande mosquée de Paris, ou l'imam de Bordeaux, qui ont une attitude beaucoup plus républicaine par rapport à la démarche de la République. Donc, bien entendu, il ne s'agit pas de faire la caricature juste de Mahomet dans le cadre des documents que l'on va valider avec le ministère de l'Éducation nationale et distribuer à la rentrée. Je demande d'ailleurs aux présidents de départements, aux collèges, s'ils veulent venir avec nous, mais vous pouvez avoir...
La caricature, c'est l'humour, c'est le trait, c'est Daumier à l'époque, qui se moquait des politiques, qui quelque part critiquait ou caricaturait les religions dans leur globalité, que ce soit les juifs, les cathos, les hindous, ou que ce soit les musulmans, que ce soit les politiques qui soient de droite ou qui soient de gauche, c'est ça la caricature. C'est sûr que si on fait simplement l'islam, pour combattre l'islamisme politique, à ce moment-là, c'est quelque part...
Mais pas question de renoncer.
Ah, pas question de renoncer. Mais justement, attention, c'est maintenant que ça se joue. C'est-à-dire que tous les petits renoncements individuels et collectifs des gouvernements successifs, ou que nous avons eu, nous, à faire de façon individuelle, ça doit s'arrêter. Parce que si ça ne s'arrête pas, ça va être la victoire, quelque part, de la démarche du grand sultanat de M. Erdogan, qui veut récupérer les sunnites et les musulmans du monde entier, pour aller faire une guerre de religion, contre l'Europe, en passant par la France. Alors, vous allez me dire, vous allez là-bas. Non, non, non, non. Ça commence dans nos quartiers. Ça commence dans nos cités.
Ça commence dans nos propres renoncements individuels ou collectifs.
Il y a un moment qui est très attendu par les professeurs, mais aussi redouté, sans doute, lundi matin, un hommage qui sera rendu à Samuel Paty avec une minute de silence qui sera, on l'espère, évidemment, respecté. Est-ce que vous pensez que ça peut être un moment quand même de crispation ?
D'ailleurs, j'aime beaucoup votre question. Très attendu, vous avez raison, c'est très attendu. Très redouté, c'est dramatique de poser cette question. Parce que ça veut dire que quelque part, on craint l'école de la République et que les professeurs dans l'école de la République craignent leurs élèves. Donc, votre question est parfaitement intéressante. Ça montre qu'à un moment, il y a une crainte. Alors, s'il y a déjà une crainte dans quelque chose qui est redouté, ça veut dire qu'on a là, justement, la nécessité absolue de faire corps, d'être unis ensemble pour faire valoir la République.
Unis et ne pas renoncer, comme vous le dites. Merci beaucoup, Renaud Muselier, d'avoir répondu à mes questions ce matin. Je rappelle que vous êtes le président de la région Sud et des régions de France et puis médecin également dans une clinique marseillaise. Merci à vous.
Renaud Muselier