Panthéonisation de Marc Bloch : de "l'émotion" et "beaucoup de fierté" pour sa petite-fille, installée à Argelès
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:31OuverteRéponse directe
Quel sentiment vous traverse aujourd'hui à la veille de l'entrée au Panthéon de votre grand-père Marc Bloch et de votre grand-mère Simone Vidal ?
- 2:12OuverteRéponse directe
C'était important pour vous qu'elles y restent, qu'on ait au Panthéon un monument sans dépouille finalement ?
- 3:33OuverteRéponse directe
Suzette Bloch, la panthéonisation de votre grand-mère Simone Vidal, c'est aussi très important pour vous ?
- 4:18OuverteRéponse directe
Quel symbole voyez-vous dans cette panthéonisation de Marc Bloch et Simone Vidal ?
- 5:03OuverteRéponse directe
Il y avait une condition pour cette panthéonisation, c'est qu'il n'y ait aucune présence de l'extrême droite à la cérémonie. Ça, c'était impensable pour vous ?
- 5:53OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que la montée de l'extrême droite en France et dans le monde vous inspire aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:09PrésentateurFait
« Demain, Marc Bloch et son épouse, Simone Vidal, seront panthéonisées ce mardi, comme l'avait promis Emmanuel Macron, fin 2024. »
- 0:16PrésentateurFait
« Marc Bloch, historien, ancien combattant des Premières et Secondes Guerres mondiales, résistant, torturé, puis fusillé par la Gestapo en juin 1944. »
- 2:31InvitéFait
« D'abord, le corps de notre grand-mère, nous ne l'avons jamais récupéré. »
- 2:44InvitéFait
« Elle est morte le 2 juillet 1944, quelques jours après l'assassinat de Marc, sans savoir que son mari avait été assassiné. »
- 2:55InvitéFait
« Sous info, non, car elle était juive. »
- 3:44InvitéFait
« Simone, ma grand-mère, était la principale collaboratrice de son mari. »
- 3:52InvitéFait
« Elle tapait tous les manuscrits, relisait tout, classait ses fiches, elle allait à ses cours. »
- 4:01InvitéFait
« Et on peut dire que pas un mot n'est sorti de la plume de Marc Bloch sans avoir été relue par elle. »
- 4:26InvitéFait
« C'est le symbole de l'engagement d'un homme et d'une femme pour l'histoire, parce que ce sera le premier historien à entrer au Panthéon. »
- 5:11InvitéFait
« Nous avons écrit une lettre au président, dans laquelle on posait un certain nombre de conditions, dont deux, qui n'étaient aucune présence communautaire religieuse, puisque Marc Bloch était un athée et souhaitait des obsèques civils, et aucune présence, sous toute forme qu'elle soit, de l'extrême droite. »
- 5:31InvitéFait
« Car, pour nous, l'extrême droite, ce sont les héritiers d'Eva Fenaces qui l'ont assassiné. »
- 5:42InvitéFait
« Marc Bloch était un antifasciste, un homme de gauche, qui a lutté contre le fascisme en soutenant les républicains espagnols très fermement. »
Temps de parole
- Invité65 %
- Invité politique27 %
- Présentateur8 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
C'est un héros de l'air résistant, c'est un grand historien qui va faire son entrée au Panthéon. Demain, Marc Bloch et son épouse, Simone Vidal, seront panthéonisées ce mardi, comme l'avait promis Emmanuel Macron, fin 2024. Marc Bloch, historien, ancien combattant des Premières et Secondes Guerres mondiales, résistant, torturé, puis fusillé par la Gestapo en juin 1944. Sa petite fille, Suzette Bloch, sera présente à la cérémonie demain. Elle vit à Argelès depuis de longues années. Et elle est votre invitée ce matin, Baptiste Guillet. Bonjour Suzette Bloch.
Bonjour. Quel sentiment vous traverse là aujourd'hui, à la veille de l'entrée au Panthéon, de votre grand-père Marc Bloch et de votre grand-mère Simone Vidal ?
L'émotion monte. L'émotion monte. C'est demain le grand jour. C'est une grande fierté de voir ainsi l'œuvre, la vie de mon grand-père et la vie de ma grand-mère, célébrée ainsi par un hommage suprême de l'État et de la République.
Il y a une forme d'impatience. On sait que cette panthéonisation, elle a été annoncée fin 2024 par Emmanuel Macron. Ça y est, on y est.
Oui, mais impatience, pas vraiment. C'est un peu bizarre, mais je dirais que cette panthéonisation a déjà eu lieu quelque part. C'est-à-dire que depuis 2024, donc c'est vrai que c'est un temps assez long, il y a eu une formidable mobilisation dans toute la France de la jeunesse, étudiants, lycéens, collégiens, des professeurs de secteur de l'armée qui se sont emparés de la figure de Marc Bloch pour monter des tas de projets dans tous les sens. Donc, ce qu'il est, ce qu'il a produit est déjà quelque part chez nous. Donc, je dirais que cette panthéonisation a déjà eu lieu. Bien sûr, ce qu'il y aura, c'est l'émotion.
Je pense peut-être que les barrières affectives que j'ai construites au fur et à mesure peut-être lâcheront-elles au moment où je verrai les cénotaphs et cette cérémonie qui sera sûrement émouvante.
Oui, vous parlez de cénotaphs, les cendres de Marc Bloch ne seront pas transférées au Panthéon. Elles restent en creuse dans le petit cimetière du Bourdon, son village de cœur. C'était important pour vous qu'elles y restent, qu'on ait au Panthéon un monument sans dépouille finalement ?
Oui, il y a deux raisons. D'abord, le corps de notre grand-mère, nous ne l'avons jamais récupéré. Elle est morte le 2 juillet 1944, quelques jours après l'assassinat de Marc, sans savoir que son mari avait été assassiné. Elle est morte de maladie dans un hôpital de Lyon où elle était venue dès qu'elle avait appris son arrestation. Sous info, non, car elle était juive. Et elle a été enterrée dans le carré des hospices du cimetière lyonnais. Et dans les années 1954, incinérée sans que la famille soit au courant. Donc nous n'avons pas son corps. Donc ça aurait été un non-sens que le corps, la dépouille de mon grand-père, rentre au Panthéon sans elle.
Et puis la deuxième raison, c'est que c'est vrai qu'il repose dans ce petit cimetière au soleil, dans un endroit qu'il aimait. Donc pourquoi le transférer ?
7h50, notre invitée, la petite-fille de Marc Bloch, historien et ancien combattant.
Suzette Bloch, la panthéonisation de votre grand-mère Simone Vidal, c'est aussi très important pour vous ? C'est une reconnaissance de tout le travail qu'elle a accompli auprès de son mari Marc Bloch ?
Absolument. Simone, ma grand-mère, était la principale collaboratrice de son mari. Elle tapait tous les manuscrits, relisait tout, classait ses fiches, elle allait à ses cours. Et on peut dire que pas un mot n'est sorti de la plume de Marc Bloch sans avoir été relue par elle. C'était de son grand amour aussi. Il lui a écrit des poèmes d'amour jusqu'en 1943. C'était un couple fusionnel, intellectuellement et en amour.
Quel symbole, finalement, vous voyez, vous, petite-fille, dans cette panthéonisation de Marc Bloch et Simone Vidal, aujourd'hui ?
C'est le symbole de l'engagement d'un homme et d'une femme pour l'histoire, parce que ce sera le premier historien à entrer au Panthéon. Donc, pour le savoir, la raison critique, l'engagement pour son pays, la République, la démocratie, d'abord durant la Première Guerre mondiale, ensuite durant la Seconde, dans laquelle il s'est engagé, malgré son âge et une lourde charge d'enfants, et ensuite dans la Résistance, où il a plongé à 56 ans et d'où il n'est pas revenu.
Il y avait une condition pour cette panthéonisation, c'est qu'il n'y ait aucune présence de l'extrême droite à la cérémonie. Ça, évidemment, c'était impensable pour vous ?
C'était impensable. Nous avons écrit une lettre au président, dans laquelle on posait un certain nombre de conditions, dont deux, qui n'étaient aucune présence communautaire religieuse, puisque Marc Bloch était un athée et souhaitait des obsèques civils, et aucune présence, sous toute forme qu'elle soit, de l'extrême droite. Car, pour nous, l'extrême droite, ce sont les héritiers d'Eva Fenaces qui l'ont assassiné. Marc Bloch était un antifasciste, un homme de gauche, qui a lutté contre le fascisme en soutenant les républicains espagnols très fermement, et son discours résonne à l'heure actuelle.
Justement, cette montée de l'extrême droite dans le monde, en Europe, en France aussi, qu'est-ce que ça vous inspire, vous, aujourd'hui, au moment où votre grand-père entre au Panthéon ?
Ça me donne la volonté de dire les choses telles qu'elles sont. Mon grand-père, la vertu suprême à laquelle il tenait, c'était la vérité. Donc, de dire la vérité, de ne pas dévoyer les mots. Il était antifasciste, et il faut que ça se sache. Et puis, il nous délivre un discours, n'ayons jamais peur de nos opinions. Et s'il faut s'engager, nous nous engageons corps et âme.
Merci beaucoup Suzette Bloch, argelaisienne et petite fille de Marc Bloch et Simone Vidal, qui entreront demain au Panthéon. Merci beaucoup, très bonne journée à vous. C'est moi qui vous remercie. Au revoir. Sous-titrage ST' 501