J.-C. Perrin : en sport «on ne doit pas faire de classement [des athlètes] car les périodes (...)»
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Europin soir 19h 21h Pierre de Ville jusqu'à 21h avec Raphaël Stinville. Bonsoir Raphaël avec qui est donc directeur adjoint des rédactions du journal du dimanche. Bonsoir Jean-Michel Salvateur.
Pierre chroniqueur et communiquant. Bonsoir Jean-Claude Perin. Bonsoir à tous.
Bonsoir Pierre mon cher coach consultant sportif pour Europain entraîneur d'athlétisme. Vous allez mon cher coach. Je disais tout à l'heure que je vous avais connu en 2003 lorsque je suis arrivé.
Je suis doublé par Jean-Michel qui vous a connu en 1980 quand il est arrivé aussi. Bon voilà comme ça on fait une séquence nostalgie. Raphaël, vous avez connu coach Périn ?
De nom en tout cas de nom bien évidemment mais depuis quelques temps, on a le plaisir au JD d'accueillir parfois des chroniques du coach Périn. Et vous avez bien raison parce que on notamment pendant les Jo. Oui, ça me plaisait beaucoup du reste.
C'était génial. Je ne sais pas si je sais écrire. Je sais que ça me plaît beaucoup.
Vous savez raconter en tout cas vous savez raconter. Exactement. Raphaël a tout à fait raison parce que vous nous avez emmené euh moi je suis pas forcément là tout de suite comme ça un fan de saut à la perche mais la façon dont vous l'ameniez notamment lorsque vous faisiez ces fameux du avec Corine Boulou lorsque vous partiez sur les Jeux Olympiques et toutes ces grandes manifestations sportives ces 20 dernières années sur repart bah il y avait effectivement cette cette euphorie ce ce côté formidable.
Vous étiez toujours dans la bienveillance euh et je me souviens toujours, vous disz toujours "Oh, ce garçon est formidable !" Et et et tout le monde était formidable et c'est ça qui était génial. Et ces 50 perchistes dont Eric Nevos vous rend hommage avec un livre qui est donc édité par Eric Nevos lui-même, assez frais, assez frais.
Et ce livre s'appelle "J'ai rencontré Jean-Claude Perin. Alors que vous allez souffler vos 90 bougies en mai prochain, Jean-Claude, est-ce que c'est pas le plus beau des hommages ? Ah, c'était le le livre est un témoignage merveilleux pour nous tous qui avons partagé l'entraînement à Colombe.
On ne se souvient plus mais Colombe c'était une plaine triste avec des journées qui n'étaient pas la Californie. La photo de 1924 est absolument édifiante dans le livre parce que on reconnaît pas Colombe hein du tout. Non non non. [rires] Et quand quand on voit les les cheminées des usines, c'était des véritables crématoires pour euh euh pour les les pneumatiques de Michelin et on avait une salle on avait une salle qui était une une un hangar qui avait été construit pour nous mettre à l'abri du des intempéries. pas de lumière ou peu de lumière, pas de vitre, pas de côté, pas de pas de chauffage bien sûr, mais quelle joie de se retrouver et c'est ce qu'il a voulu avec tout ce que toutes tous les interrogatoires, toutes les les interviews, il a voulu recréer cette image de gens qui étaient là pour une épopée humaine.
Hm. En fait, les performances, elles sont arrivées, mais c'était pas le but. On s'en foutait.
Tout le monde qui saute 4 m ou 6 m avait la même valeur humaine. Je crois que c'est ce qui a c'est ce qui a différencié cette période. Oui, ça c'est c'est très différent aujourd'hui.
Si vous sautez 4 P ou 6 m, c'est pas la même chose. Il y a des gens enjeux, il y a des enjeux colossaux au niveau financier. Le le sport est le sport est professionnel, il s'est professionnalisé.
Euh mais je crois je crois là c'est pas un message que je fais pour les ministres hein. jeunesse Colombe a rêvé. Hm.
On est avec le saut à la perche avec le fait qu'il se regroupe les uns les autres le soir euh dans à toute heure de la journée parce que j'ai lu dans le livre que vous disiez toujours à votre maman m je au stade à toutes les toutes les heures de la journée très rapidement et vous passiez votre vie là-bas et finalement vous avez réalisé votre rêve de gosse et ma femme ne m'a pas quitté. [rires] Je crois que c'est son exploité Jean-Michel Salvator. Oui.
Moi moi ce que je voudrais savoir c'est que en quelle à quelle période il y a la Perche française a été la plus performante ? Parce que il y a une école française de la Perche. Mais quel était le moment où ça a été l'âge d'or de la Perche française ?
On pourrait dire on pourrait dire 78 78 90. Mais il faut pas oublier quand même qu'on a eu des grands champions ouvions euh qui Tracanelli Dancos DC qui était un type formidable quand on fait des louanges maintenant sur Duplantis leur corman du monde quand quand vous avez eu d'encos entre les mains euh le meilleur français qui ça a été c'est Galfion c'est c'est la Villénie c'est oh tous dans leur époque ont été formidables parce que Ah voilà [rires] Formidable. C'est bien imité mais c'est vrai.
Oui, c'est vrai parce que euh je suis malheureux quand j'entends les commentaires euh en en football notamment euh qui est mon sport numéro 1 et et quand je les entends faire des des classements et tout, on ne peut pas, on ne fait pas de classement. Les périodes sont tellement différentes, les hommes, les matchs allez dire ça à Nerel Reli, on fait pas de classement. Bah oui, mais justement c'est peut-être une déviation malheureuse.
Raphaël Saint-Ville. Ouais. Non, vous avez marqué l'histoire du sport, pas seulement de l'athlétisme parce que souvent dans l'ombre, vous étiez présent au plus près de de de sportifs ou d'équipes qui ont pu rencontrer remporter des titres.
On pense au PSG, on pense à la coupe des vis avec Yannick Noa. Parmi tous ces ces moments d'émotion et ces moments d'émotion collectif, quel est celui qui vous a peut-être le plus marqué dans votre dans votre vie extrêmement riche ? Oh, la perche, la perche, c'est sûr parce que la la perche, je ne savais pas sauter à la perche au professorat, j'ai dû faire 340 dans le groupe, j'étais je ne sautais pas avec eux.
Il y avait on avait 20 ans ou 10 ans d'écart ou 30 ans après. Mais euh les succès à la perche euh m'ont marqué et puis et puis à égalité de tout ça euh c'est l'épopée de la coupe d'év parce que tomber avec un gars comme Noah c'est quand même pas quelque chose qui arrive tous les matins, hein. C'est c'est un des plus grands managers entraîneurs que j'ai connu.
Jean-Michel. Si on revient à la perche, qu'est-ce que vous avez pensé quand vous avez vu le record olympique de Duplantis au dernier Jo, il a sauté quoi ? 6 m30.
Oui. Dup ça vous ça vous épâte ou pas ou non ? Non.
Euh bon la à la à la perche par rapport aux autres sports, quand vous arrivez en bordure de comment du sautir des tribunes, il y a une barre dans le ciel et c'est un obstacle qui est matérialisé. Vous vous pouvez tenter le record du monde du 100 m, c'est au bout de la ligne droite. Vous pouvez le record même du monde du de la longueur.
C'est au bout du bac à sable. Mais à la perche, il y a un obstacle, c'est matérialisé. Donc il y a une décision, vous avez trois essais, vous avez 45 m d'élan et la les preuves de vérité commencent.
Mais mais Jean-Michel a raison. Jean-Michel a raison parce que il y a malgré l'obstacle, il y a par exemple à ski, il y a des obstacles aussi. Si vous faites du slalum spécial, mais vous voyez, regardez aujourd'hui, on saute 6,70.
C'est qu'en gros 630 630, ça veut dire qu'en gros en dessous de 1 m 5 m,90 6 m, on est on est nul, quoi. C'est on est on est même pas dans le classement aujourd'hui. Aujourd'hui à ski, moi je me souviens quand on faisait du slim spécial, on on tournait autour des piquets.
Aujourd'hui, il il leur foncent dedans et et à l'époque à ski quand on descendait à 70 70 75 km/h, c'était déjà très rapide. Aujourd'hui, ils descendent, ils sont à 110. Mais vous voyez, il y a toujours cette course.
Est-ce que c'est normal ou est-ce que euh ou est-ce que bah vous vous dites si on saute de tromè, c'est toujours bien. Oui, c'est très bien dans l'esprit de ce qu'on faisait à Colombe. Pourquoi ?
Parce que le gars, j'ai j'ai connu des gars qui venaient tous les jours au stade qui faisaient le même programme que Quinon, que Bello, que Vigneron et il sautait toujours 3 m. Il n'avait aucune qualité. Mais la joie de ces mecs-là, de descendre de l'autobus quand ils étaient en seconde en première et de venir au stade, il y avait il y avait cette cette volonté intérieure des uns et des autres.
Cétait c'était ça l'esprit. Alors évidemment, tu parles du ski, mais en perse pareil. L'évolution des techniques, du matériel a joue beaucoup joue beaucoup. qui qui aurait pensé que un bateau allait battre le record du monde de la traversée ?
Je crois que c'est d'ici quelques heures qu'on qu'on va voir ça. Euh c'est stupéfiant parce que le le monde n'a pas été bouleversé. Le le monde a été imprégné de la science et de la technique.
Évidemment, le sport en a pris un petit morceau à Stinville. Mais pour quelqu'un qui a un physique extraordinaire comme Duplantis, jusqu'où peut-il aller lui ou un autre d'ailleurs à la perche ? Hm.
Est-ce qu'il y a des hauteurs qui semblent infranchissables ? C'est ce qu'on disait avant qu'il fasse euh euh avec B [rires] avec à l'époque de Boupin onit 6 m, on pourra parler auudessus. Le le gros ours maintenant, il est revenu euh complètement en Sibérie, hein.
On on il n'existe plus. Euh ces performances ont été banalisées. Il y a plus que quelques grands journalistes qui se souviennent de son nom.
Mais il y a toujours eu des records. Après, moi je me souviens de Carlywis quand il quand on a appris qu'il courait à 35 km/h. C'était à l'époque dans au milieu des années 80.
C'était c'était fantastique. Aujourd'hui, j'imagine que alors je parle sur votre contrôle mais ils courent tous à 35 km/h. Plus plus.
Oui. Puis un minimum Bolt. Bolt Bolt, il a combien ?
Bolt, il a été chronométré à pratiquement 40. Oui. Rendez compte.
Oui, mais mais il a il a fait 958. C'estàd que c'està-dire qu'à pied [rires] ou en courant, il serait en en limitation de vitesse excessive dans les rues de Paris. Voilà.
Oui, on pourrait le flasher. Mais pour répondre à ta question, ce qui concerne du planti, c'est la tienne, euh je pense qu'on va revoir cette année des sauts à plus de 630. Voilà.
Ce qui est quand même prodigieux. Il il faut pas que il faut pas banaliser il faut pas banaliser les preuves. Jeud, il nous reste peu de temps.
Qu'est-ce que vous dites aujourd'hui à Eric Névose qui qui a qui vous dédie ce livre ? Il il a il a résumé la pensée de tous ces garçons qui ont c'était une aventure humaine une aventure humaine doublée de performance sportive et il a résumé ce qui manque le plus en ce moment au monde de la jeunesse, des adolescents et même même on peut dire des gars de 30 ans. C'est un esprit d'aventure.
Un esprit d'aventure dans à tous nos ministres. Je je leur dis créer, donner, fabriquer de l'aventure et non pas des textes. On s'en fout de vos textes.
Et puis l'aventure, l'aventure ça amène le rêve. On a besoin de rêver. Les gens sont tristes.
Pourquoi ? Parce qu'ils ont pas de rêve. Iné a créé ce rêve.
Merci Jean-Claude d'être passé par ce studio qui est le vôtre, vous le savez, vous revenez quand vous voulez.