đŽ DIRECT - L'intĂ©grale de l'interview politique de GĂ©rard Larcher sur RMC
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Le transport, la SNCF, sont en quelque sorte pris en otage d'une nĂ©gociation sociale. Vous savez, la grĂšve, ça doit ĂȘtre l'arme ultime d'un ancien ministre du Travail qui vous dit ça, Ă l'issue d'une nĂ©gociation sociale. LĂ , on voit bien que c'est devenu un instrument de la nĂ©gociation.
Et j'aurais simplement dire que je pense que les agents de la SNCF sont attachĂ©s Ă ce service public. Mais est-ce qu'il faut l'interdire pendant les vacances, la grĂšve ? Ăcoutez, le sujet qui est posĂ©, c'est de revisiter la loi de 2007 qui avait encadrĂ© les conditions d'exercice d'un droit constitutionnel qui est le droit de grĂšve.
Nos collĂšgues centristes du SĂ©nat ont dĂ©posĂ© une proposition de loi qui irait vers une forme, j'allais dire Ă la fois dans le respect de l'exercice du droit de grĂšve, de faire qu'il ne soit pas dans les possibilitĂ©s d'exercer ce droit dans des conditions oĂč les usagers sont pris en otage. Je vais rappeler ce que proposent les sĂ©nateurs centristes. Ce serait en gros un pacte de 60 jours dans l'annĂ©e de grĂšve interdite.
Et puis le gouvernement les placerait pendant les vacances, pendant les week-ends, lĂ oĂč il veut en somme. Mais vous ne m'avez pas dit, est-ce qu'il faut interdire la grĂšve pendant les vacances ? Je ne dis pas qu'il faut l'interdire, je crois qu'il faut prendre des dispositifs qui fassent que cet usage de la grĂšve ne soit pas une prise d'otage.
Ăa ne revient pas Ă interdire. C'est intĂ©ressant d'examiner rapidement la proposition de loi de nos collĂšgues centristes du SĂ©nat et peut-ĂȘtre de rĂ©ouvrir la dimension. Pour bien comprendre, ce n'est pas interdire, c'est restreindre ?
Bien sûr. D'abord, c'est constitutionnel le droit de grÚve. Et personnellement, comme je suis plutÎt attaché au respect constitutionnel de ce droit, simplement, il faut éviter qu'il soit dévoyé, dévoyé en prenant les usagers en otage et que ça se retourne contre un service public qui a besoin d'un équilibre financier.
Vous le feriez voter, donc, ce texte des centristes ? Ăcoutez, je souhaite d'abord l'inscrire. Ensuite, qu'il y ait un dĂ©bat.
Le débat conduira sans doute à un certain nombre d'amendements. Mais je pense que les centristes ont bien fait de le déposer. Gérard Larcher, il y avait des textes qui...
Enfin, parce que ce débat, en réalité, il n'est pas nouveau. Restreindre, interdire, contenir la grÚve pendant les vacances. C'est en 2007.
Il y a des textes qui ont déjà été déposés, notamment en 2020, pour restreindre. Pourquoi est-ce que ça n'a jamais été fait ? Est-ce qu'à chaque fois, ce sont des effets d'annonce, en quelque sorte ?
LĂ , je pense que dĂ©posĂ© par le prĂ©sident du groupe de l'Union centrale, qui est un des deux piliers de la majoritĂ© sĂ©natoriale, parce que, aussi, nous entendons remonter de la part des usagers. Ă un moment, on nous parle beaucoup de dĂ©veloppement durable, de l'imitation de l'usage du vĂ©hicule, du moteur thermique, du rĂŽle des transports collectifs. Je crois qu'il doit y avoir une prise de conscience, aussi bien chez les agents de la SNCF qu'au niveau de l'Ătat, qu'au niveau des parlementaires.
Donc, si je résume, Gérard Larcher, le texte des centristes vous semble acceptable. Il va faire son chemin au Sénat, sans doute voté par les voix de la droite et du centre, et à l'Assemblée. Est-ce que vous allez demander au Premier ministre de faire en sorte que sa majorité à l'Assemblée adopte ce texte ?
J'ai entendu le Premier ministre rappeler qu'il y avait un droit de gré, mais un devoir de travailler. Je pense que c'est autour de cet équilibre-là que nous pourrions avancer. Il parle comme vous, Gabriel Attal ?
Je ne sais pas s'il parle comme moi, mais en tous les cas, sur ces sujets-lĂ , j'ai entendu ce qu'il a dit. Ăa rejoint ce que je pense. Et pour nos auditeurs et nos tĂ©lĂ©spectateurs qui, peut-ĂȘtre, cherchent un train en ce moment, un billet, qui sont bloquĂ©s, qui ne savent pas s'ils vont pouvoir rejoindre leur famille, vous leur dites que ça peut se faire Ă quel horizon, cette loi ?
à l'horizon, malheureusement, de leurs vacances qui commencent demain. Avant la fin de l'année ? C'est une inscription qui pourrait avoir lieu et nous en parlerons à la prochaine conférence des présidents qui a lieu au mois de mars.
Donc est-ce que ça pourrait arriver avant la fin de l'année ? Nous verrons, mais le mois de mars, ce sera sur la table de cette instance du Sénat qui inscrit les textes. Mais vous souhaitez que ça se fasse vite ?
Je pense qu'il faut que ce débat arrive maintenant. On ne peut pas user de mesures dilatoires ou zapper parce qu'on aurait oublié. Je crois que ça pose une question de fond qui s'inscrit aussi dans le rÎle et la place des services publics.
Gérard Larcher, la SNCF a communiqué hier sur le fait que l'ensemble des trains pour les Alpes seraient assurés. Il y a moins de 10% des Français qui vont au ski. Est-ce que le train, pendant les vacances, c'est réservé aux riches ?
Non, ce n'est pas le sujet. Le train, c'est rĂ©servĂ© aussi Ă ceux qui ont des difficultĂ©s d'accĂšs. Et la destination de la montagne, c'est une destination oĂč l'alternative du vĂ©hicule est parfois difficile.
Je crois qu'il ne faut pas caricaturer. La SNCF essaye de rĂ©pondre au mieux aux besoins de l'ensemble des usagers. Au SĂ©nat, il y a un autre texte qui vient d'ĂȘtre votĂ© pour crĂ©er un nouveau dĂ©lit d'incivilitĂ© d'habitude.
En gros, ce serait un dĂ©lit qui sanctionnerait ceux qui, je rĂ©sume, embĂȘtent rĂ©guliĂšrement les usagers des transports. La sanction pourrait aller jusqu'Ă 7 500 euros d'amende et 6 mois de prison. Parmi le panel d'infraction, il y a l'amendicitĂ©.
Mais une personne pauvre dans les transports, elle ne va pas pouvoir payer une amende de 7 500 euros ? Non, vous faites un texte qui est un texte de la sécurité dans les transports. Là , vous ne prenez qu'un petit morceau de ce qui a été le débat.
Sécurité dans les transports, c'est quelque chose d'essentiel. C'est un texte pour les Jeux Olympiques ? C'est essentiel, pas simplement pour les Jeux Olympiques.
C'est le travail assez exceptionnel que fait notamment la suge dans les transports collectifs, dans les transports ferrets, que fait le service de sĂ©curitĂ© de la RATP. Et il faut conforter la sĂ©curitĂ© dans les transports. Vous savez, souvent, ce sont les plus modestes qui utilisent les transports collectifs et ils ont le droit Ă la sĂ©curitĂ©. â GĂ©rard Larcher, j'en viens Ă l'agriculture.
Les paysans qui menacent de reprendre leur action, ça ne va pas assez vite, disent-ils. Emmanuel Macron les reçoit un par un. Gabriel Attal aussi, qui ce matin se déplace encore dans une exploitation.
Ăa s'invite de nouveau Ă 10 jours du salon. Est-ce que pour vous, le gouvernement a minimisĂ© la crise ? â Non, d'abord, cette crise, elle est une crise existentielle.
Elle est une crise existentielle. Les agriculteurs se posent la question, quelle est leur place aujourd'hui dans la nation ? Qu'ils doivent nourrir, ils doivent assurer nos paysages et faire vivre une partie du territoire et la ruralité.
Et pour eux, le sentiment qu'ils ne seraient pas traitĂ©s Ă la mĂȘme aune que les autres agriculteurs europĂ©ens, par exemple, est insupportable. Nous avons des pertes de compĂ©titivitĂ©. Les Françaises et les Français les plus modestes, puisque vous les Ă©voquez ce matin, sont ceux qui, par exemple, consomment la moitiĂ© des poulets, proviennent de pays qui n'ont pas les mĂȘmes normes, les mĂȘmes rĂšgles qu'en Europe. â Est-ce que le gouvernement a pris la mesure de la crise ?
Est-ce qu'Emmanuel Macron a pris la mesure de la crise ? â Je crois que le Premier ministre, pour avoir briĂšvement changĂ© hier avec le Premier ministre, a bien mesurĂ© les attentes des agriculteurs. Je vais rĂ©pĂ©ter ce que je lui avais dit.
Il faut recrĂ©er un pacte de confiance avec les agriculteurs. Il faut simplifier et en mĂȘme temps avoir une grande loi d'orientation agricole qui ne traite pas que de la transmission des entreprises, mais de la compĂ©titivitĂ© de ce qu'on appelle la Ferme France et de permettre d'avoir des revenus aux agriculteurs qui, vous le savez, travaillent beaucoup plus que 35 heures. â GĂ©rard Larcher, je rappelle pour nos auditeurs que vous connaissez bien ce monde paysan.
Vous ĂȘtes sĂ©nateur des Yvelines, vous ĂȘtes aussi vĂ©tĂ©rinaire de profession. François Bayrou avait dĂ©noncĂ© une dĂ©connexion, en quelque sorte, entre le pouvoir central, Paris et le reste des Français, les territoires. Est-ce que dans cette crise agricole, il y a de cela aussi ?
Il y a une forme de dĂ©fiance des territoires vers Paris ? Ăcoutez, il y a longtemps que je dis qu'il y a une forme de fracture territoriale. Le prĂ©sident de la RĂ©publique, lui, il regarde du haut vers le bas.
Moi, personnellement, je regarde des territoires, de la mosaïque des territoires vers le haut. Je crois qu'il faut qu'on soit attentif. J'ai souvent dénoncé une France qui se sentait à cÎté.
Ce n'est pas simplement la France rurale, c'est parfois aussi une partie de la France urbaine. Mais la France rurale, la ruralitĂ©, les agriculteurs ont depuis trop longtemps le sentiment d'ĂȘtre Ă cĂŽtĂ© et de ne pas ĂȘtre entendus. Je crois que cette crise est l'occasion de les entendre.
Je souhaite que le gouvernement tienne les engagements qu'il a pris. Et le rendez-vous, ce ne sera pas simplement le salon de l'agriculture. Le rendez-vous, ce sera dans les mois qui viennent.
Est-ce qu'on redonne de la compétitivité ? Est-ce que nous votons un texte ? Le Sénat a préparé un texte.
Il est prĂȘt, le SĂ©nat, depuis des mois. Pourquoi ça prend du temps ? Parce que nous l'avons votĂ©.
Mais encore faut-il que le gouvernement, aujourd'hui, le transmette à l'Assemblée nationale. C'est le gouvernement qui fait traßner les choses ? En tous les cas, le précédent gouvernement n'est pas pris la mesure de la crise agricole au nouveau Premier ministre de le faire.
Gérard Larcher, les sénateurs se sont vus pointer du doigt récemment pour cette augmentation de 700 euros mensuels de l'avance de frais de mandat. Donc en gros, c'est 700 euros qui ne sont pas du salaire supplémentaire, mais ça leur sert à assumer, prendre en charge les frais afférents à leur mandat parlementaire. Les députés, eux, se sont ajoutés 300 euros supplémentaires.
Est-ce que vous participez de la dĂ©connexion quand on voit ces augmentations, ces chiffres et que les Français, en parallĂšle, voient que sur leur fiche de paye, ça ne bouge pas de la mĂȘme façon ? Ăcoutez, l'inflation, 16,3%, nous avons ajustĂ© parce que nous ne l'avions pas bougĂ©. Elle touche tous les Français, l'inflation ?
Oui. Mais oui. Mais elle touche aussi les frais liés au mandat.
Et nous les avons ajustés de 11%. Il faut aussi se dire que la vie politique, la vie démocratique, ça a un coût. Et que ce coût, il faut le reconnaßtre.
Les Français ont du mal à l'entendre. Et donc nous l'assumons. Oui, mais la démocratie a un coût.
Et moi, j'assume que nous donnions les moyens aux parlementaires d'assumer sur le territoire leurs fonctions, leur permanence sur le territoire. C'est tout simplement un coût de la démocratie pour une démocratie qui fonctionne. Est-ce qu'il faut le faire aussi pour les autres Français, Gérard Larcher ?
Un décÚs, leur revenu sur l'inflation. Mais il ne s'agit pas du revenu des parlementaires. Ils n'auront pas un euro de plus.
Ce sont leurs frais. Comme dans une entreprise, on prend en compte l'augmentation des frais de déplacement, des frais tout simplement du quotidien ou de location d'une permanence. Logement, repas, des charges auxquelles les Français sont aussi confrontés.
Oui, bien sĂ»r. Mais dites-vous bien, quand vous ĂȘtes parlementaire Ă Paris et que vous allez Ă l'hĂŽtel, est-ce que les prix des nuitĂ©es d'hĂŽtel aujourd'hui en 2024, annĂ©e olympique, sont comparables Ă l'annĂ©e 2021 ? RĂ©ponse non, vous le savez tous.
GĂ©rard Larcher, la Commission des lois du SĂ©nat a annoncĂ© hier ne pas s'opposer Ă l'inscription de l'interruption volontaire de grossesse dans la Constitution. Vous aviez vous-mĂȘme exprimĂ© des rĂ©ticences il y a quelques semaines en disant que l'IVG n'Ă©tait pas menacĂ©e en France et que la Constitution n'avait pas vocation Ă ĂȘtre un catalogue de droits sociaux et sociĂ©taux. Vous ĂȘtes toujours sur la mĂȘme ligne ?
Ăcoutez, d'abord, ce n'est pas un dĂ©bat pour ou contre l'IVG. C'est sur son inscription dans la Constitution. Je suis depuis toujours quelqu'un qui considĂšre que l'IVG, c'est une procĂ©dure indispensable, que c'est un droit donnĂ© aux femmes depuis la loi Veil, et je le dĂ©fends.
Mais indispensable au point de l'inscrire dans la Constitution ? L'IVG, dans des conditions qui soient dignes. Vous savez, on a fermĂ© en disant 130 centres oĂč on pouvait interrompre sa grossesse.
Et nous avons des situations dans des dĂ©partements oĂč il n'y a plus de gynĂ©cologue, oĂč il n'y a pas un accĂšs, j'allais dire, digne Ă l'IVG. Vous dites que l'inscrire dans la Constitution, ça ne suffira pas ? Je sais, je suis Ă contre-courant, mais mon rĂŽle de prĂ©sident du SĂ©nat, c'Ă©tait de dire que la Constitution, ce n'est pas un catalogue de droits sociaux et sociĂ©taux au moment oĂč l'IVG n'est pas menacĂ©.
Gérard Larcher, je vous prends un exemple, Gérard Larcher. Hier, il était rendu un hommage à Robert Bandinter, initiateur de l'abolition de la peine de mort. La peine de mort avancée sociale et sociétale, inscrite dans la Constitution.
C'est autre chose. C'est un sujet pilier de société, fondamental. Et d'ailleurs, Robert Bandinter avait dit le droit de donner la mort à autrui ne peut pas exister dans une démocratie.
Mais je sais que je suis à contre-courant. J'ai rappelé ça. Laissons le débat se dérouler à la Commission des lois.
Je prendrai acte du vote des sénateurs. Vous ne voterez pas contre ? Mon rÎle, c'est de rappeler que la Constitution n'est pas un espÚce de catalogue de droits sociaux et sociétaux.
Ce qui ne veut pas dire que je ne considĂšre pas l'IVG comme une libertĂ© fondamentale. Est-ce que vous avez Ă©tĂ© maladroit dans l'expression ? Je prends l'exemple de Sophie Marceau, par exemple, qui n'est pas connue pour ĂȘtre une militante d'extrĂȘme-gauche.
Elle dit que votre position est rĂ©trograde. Ăcoutez, je ne pense pas que ma position soit rĂ©trograde. Elle aurait pu ĂȘtre jugĂ©e rĂ©trograde.
Et enfin, c'est une liberté de conscience si j'avais dit que j'étais hostile à l'IVG. Bien au contraire. Moi, je suis pour cet équilibre qu'a voulu la loi Veil.
La libertĂ© de la femme et aussi protection des droits de l'enfant Ă naĂźtre. Mais surtout, c'est l'accĂšs des femmes dans des constitutions dignes Ă l'IVG. Je peux vous dire qu'il y a beaucoup de dĂ©partements oĂč cet accĂšs n'est pas assurĂ©.
Gérard Larcher, on touche à la Constitution d'une main tremblante. C'est la position traditionnelle de la droite. Il y a une deuxiÚme proposition.
Le droit de la droite, le Montesquieu, la Constitution, ça n'est pas un outil de communication. Est-ce que quand Gérald Darmanin propose de supprimer le droit du sol et de réformer la Constitution pour le faire, en ce qui concerne le cas de Mayotte, le cas trÚs précis de l'archipel, est-ce que c'est un outil de communication ? Non, Mayotte est dans une situation épouvantable.
Donc vous dites, faisons-le. Mayotte est dans une situation épouvantable. Mayotte, 78, moins de 50 000 habitants, plus de 320 000 aujourd'hui. 50% de la population accueillie à Mayotte est étrangÚre. 95% en situation irréguliÚre.
Il y a des problÚmes d'eau, d'accÚs à l'école, d'insécurité. Nous avons le devoir de protéger nos compatriotes de Mayotte. Et la fin du droit du sol rÚgle tous ces problÚmes de l'archer ?
Ăa ne rĂšgle pas tout. Mais c'est un signal extrĂȘmement fort. Il faudra aussi bien d'autres choses.
C'est donc un débat que nous avions déjà eu sur la loi immigration, intégration, puisque nous avions augmenté le délai à une année. Le Conseil constitutionnel, pour des raisons de forme, a retoqué cette disposition. C'est un débat que nous devons avoir, mais ça ne résoudra pas tout.
Mais ce débat, il est nécessaire et nous l'aurons au Sénat. Pourquoi Mayotte et pas le reste de la France ? Sondage Elab.
Je vous cite notre dernier sondage Elab pour BFM TV. Un Français sur deux souhaite que la fin du droit du sol soit élargie à la métropole. Est-ce que vous faites partie de ce Français sur deux ?
Ăcoutez, d'abord, nous l'avions posĂ© aussi pour la Guyane, pardonnez-moi, Ă la frontiĂšre du Suriname. RetoquĂ© aussi par le Conseil constitutionnel. Nous l'avions posĂ© aussi pour Saint-Martin.
Et c'est donc un sujet. Donc, il ne faut pas se limiter dans le débat que nous aurons seulement à Mayotte. Moi, sur le fond, je suis quelqu'un qui est pour le droit du sol.
Parce que ça constitue notre histoire, la maniÚre dont nous avons été construits. Mais la réalité des phénomÚnes migratoires aujourd'hui en Europe et dans le monde doivent nous amener à nous réinterroger. Et le débat sur Mayotte sera l'occasion de se réinterroger sur, j'allais dire, les conditions de l'exercice du droit du sol et du droit du sol.
S'interroger, mais est-ce que vous, GĂ©rard Larcher, vous ĂȘtes pour la brogation du droit du sol ? Non, je ne suis pas, je viens de vous dire que par nature, j'Ă©tais plutĂŽt pour. Mais s'interroger, ça ne veut pas dire, vous donnez la rĂ©ponse ce matin, mais le sujet de Mayotte, pour lequel je suis favorable, comme pour le Guyane, comme pour Saint-Martin, nĂ©cessite qu'on s'interroge au-delĂ de ces trois collectivitĂ©s d'outre-mer.
GĂ©rard Larcher, qui a dit, je ne peux pas ĂȘtre favorable Ă un rĂ©fĂ©rendum d'initiative partagĂ©e sur la question migratoire, constitutionnellement, c'est impossible. Oui. C'est vous.
Oui, c'est moi. Votre parti le propose. Non, il propose un référendum d'initiative partagée sur la question des prestations sociales, et non pas sur l'immigration, liées à la politique migratoire.
C'est pas ce que dit le président de votre parti éricionné, il dit que c'est un référendum sur l'immigration. Eh bien, ça n'en est pas clair. C'est un référendum sur les prestations sociales liées, et que nous avions proposé dans le texte Immigration, Intégration.
Non, par exemple, le RSA, l'accÚs à un certain nombre de prestations non contributives. C'est aussi l'approche qu'on peut avoir d'un certain nombre de dispositions. C'est un sujet qui relÚve du référendum d'initiative partagée.
Est-ce que là aussi, c'est une astuce de communication, je vous cite de nouveau, sachant qu'aucun référendum d'initiative partagée, aucun, n'a été organisé depuis que le droit existe ? Puisqu'on parlait de constitution, c'est dans la constitution. Oui, mais aucun n'a été fait politiquement, de fait.
Oui, mais nous verrons. Il faut que 185 parlementaires le signent, qu'ensuite le Conseil constitutionnel voit bien que ça relÚve de l'article 11, parce que là , il s'agit de questions sociales. Et derriÚre cela, il faudra un peu plus de 4 300 000 Français le signent.
Donc ça sera ? Ăcoutez, on verra. JĂ©rard Larcher, est-ce que le SĂ©nat que vous prĂ©sidez devient une zone de non-droit ?
Pourquoi ? Je vous pose la question parce que les affaires s'empilent sur votre bureau. On a entendu parler de perquisition ces derniers temps au Palais du Luxembourg.
L'histoire qui défraie la chronique depuis quelques jours, c'est celle de cette vidéo intime. Alors, je résume en quelques mots. Un sénateur, une assistante médicale, des rapports filmés, une vidéo qui sert de moyen de chantage pour cette assistante, notamment pour augmenter son salaire, et un médecin, donc le supérieur de cette dame, qui alerte sur l'existence de cette sex tape et sur le chantage et qui est licencié, licenciement effectif à compter d'aujourd'hui.
J'ai résumé la version du médecin. Est-ce que c'est la vÎtre ? Non, il ne faut pas tout mélanger.
Le médecin n'a pas respecté le contrat de travail qui était le sien, d'exercer de maniÚre unique au Sénat, au cabinet médical. Il s'est arrogé la possibilité de travailler dans un autre lieu. Il est donc licencié pour non-respect de son contrat de travail.
Le Sénat n'a pas voulu étouffer l'affaire en le licencieant. Non, bien sûr que non. Et les autorités du Sénat ont été pleinement dans une décision qui est applicable pour non-respect d'un contrat de travail.
Et puis, il y a un deuxiÚme sujet. Cette vidéo, elle existe. Il y a un deuxiÚme sujet qui est cette vidéo.
J'en ai été informé il y a quelques semaines. Il n'y a pas eu de chantage. Je n'ai jamais vu cette vidéo.
Ce que je sais, c'est que ça relÚve de la vie privée. Et devant, j'allais dire, ce mélange des genres, il m'a semblé important de saisir le procureur de la République au titre de l'article 40 pour qu'on y voit clair. Il y avait aussi l'histoire, il y a à peine trois mois, d'un autre sénateur qui lui est accusé par une députée, le sénateur Joël Guériot, d'avoir essayé de la droguer pour abuser d'elle.
Les écologistes dans votre institution disent en fait, tout cela relÚve d'un problÚme d'opacité, de manque de transparence au Sénat. Absolument pas. C'est pour ça que vous posez la question, est-ce que c'est une zone de non-droit ?
Puisque, laissons la justice faire sur le dossier de ce sĂ©nateur son Ćuvre. Il est toujours sĂ©nateur. Nous avons pris les dĂ©cisions qui Ă©taient dans notre possibilitĂ©.
Vous savez qu'on ne peut pas démettre un sénateur. Seule la justice et le Conseil constitutionnel ensuite peuvent le faire. Mais nous avons pris les dispositions pour que, par exemple, il ne soit plus porteur d'un rapport dans la commission qui est la sienne.
J'ai demandĂ© Ă la procureure de la RĂ©publique de me tenir informĂ©. GĂ©rard Larcher, 8h53 sur RMC BFM TV. Merci d'ĂȘtre venu Ă ce micro ce matin.
Je retiens que limiter le droit de grĂšve pendant les vacances, vous y ĂȘtes favorable. Vous dites qu'il faut regarder la proposition de loi qui arrive au SĂ©nat. Oui, il faut la regarder.
Bonne journée à vous. Bonne journée.
Gérard Larcher