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Conférence de presseLe Média (sur YouTube)· 16 avril 2020 10 minContradictoireActualité / polémiqueSantéÉducation & rechercheÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

COVID-19 : ENTRE NOS VIES ET LE PROFIT, MACRON A CHOISI

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 33 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse partielle

    Quel argument scientifique justifie ces réouvertures sur l'ensemble du territoire ?

  • 3:00RelanceRéponse partielle

    Quel argument scientifique justifie ces réouvertures sur l'ensemble du territoire ? Pourquoi rouvrir en premier les écoles que vous aviez pourtant fermées en premier ?

  • 5:00OuverteÉludée

    Pourquoi faire courir des risques aux enseignants et aux enfants sans tests ni masques ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:12Fait
    « A partir du 11 mai, nous rouvrirons progressivement les crèches, les écoles, les collèges et les lycées. »
  • 2:00Fait
    « Nos enfants et nos plus jeunes, selon les scientifiques toujours, sont celles et ceux qui propagent semble-t-il le plus rapidement le virus. »
  • 4:00Chiffre
    « Un récent rapport de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, l’Inserm, estime que cette immunité se situe entre 1% et 6%. »
  • 6:00Fait
    « Si nous ne finissons pas le confinement suffisamment tôt, il y aura des désastres sociaux pour les élèves les plus éloignés de l'école. »
  • 8:00Fait
    « Les autorités scientifiques préconisent exactement le contraire de ce que prévoient le président de la République et le gouvernement. »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

A partir du 11 mai, nous rouvrirons progressivement les crèches, les écoles, les collèges et les lycées. Quel argument scientifique justifie ces réouvertures sur l'ensemble du territoire ? Je ne veux, sur ce point, rien annoncer de définitif puisque nous sommes en train de travailler.

Sans tests ni masques, qui va remettre ces enfants à l'école si ce n'est ceux qui sont contraints à des raisons professionnelles. Si nous ne finissons pas le confinement suffisamment tôt, il y aura des désastres sociaux pour les élèves les plus éloignés de l'école. Il s'agira aussi de permettre au plus grand nombre de retourner travailler.

Le déconfinement et la réouverture des écoles le 11 mai. On en parle tout de suite dans le numéro 73 du P’tit coup de Bourbon. Je ne suis pas complotiste.

Mais depuis trois jours, j’ai plutôt tendance à croire aux failles spatio-temporelles et au grand remplacement de nos élites par des extraterrestres. Cela a commencé par l'atterrissage d'un vaisseau spatial. A présent, David Vincent sait que les envahisseurs sont là, qu'ils ont pris forme humaine.

Il lui reste à convaincre un monde incrédule que le cauchemar a réellement commencé. Bon d’accord, le confinement commence à me taper un peu sur le système. Mais, lundi soir, comme vous, j’ai bien entendu le président de la République prononcer ces mots : A partir du 11 mai, nous rouvrirons progressivement les crèches, les écoles, les collèges et les lycées.

C'est pour moi une priorité car la situation actuelle creuse des inégalités. Trop d'enfants, notamment dans les quartiers populaires, dans nos campagnes, sont privés d'école sans avoir accès au numérique et ne peuvent être aidés de la même manière par les parents. Dans cette période, les inégalités de logement, les inégalités entre familles sont encore plus marquées.

C'est pourquoi nos enfants doivent pouvoir retrouver le chemin des classes. Et là, l’évidence m’a sauté aux yeux. Celui qui parlait ne pouvait être le même homme que celui qui s’adressait à nous le 12 mars en ces termes.

Dès lundi, et jusqu'à nouvel ordre, les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités seront fermés. Pour une raison simple, nos enfants et nos plus jeunes, selon les scientifiques toujours, sont celles et ceux qui propagent semble-t-il le plus rapidement le virus même si pour les enfants ils n'ont parfois pas de symptômes. Et heureusement, ils ne semblent pas aujourd'hui souffrir de formes aiguës de la maladie.

C'est à la fois pour les protéger et pour réduire la dissémination du virus à travers notre territoire. Fort heureusement, un vieux fond rationaliste m’a vacciné contre le complotisme. A un mois de distance, c’est bien le même Emmanuel Macron qui s’est exprimé.

Il y a donc une explication. Première hypothèse, le chef de l’Etat dit et fait n’importe quoi. Mais c’est un peu court comme explication, quoique cela puisse être envisagé.

Il y a une seconde hypothèse, elle est assez simple en fin de compte. Contre le Covid-19, il n’y a ni traitement, ni vaccin. Je laisse de côté le débat sur la chloroquine et la validité des résultats du professeur Raoult.

Dans l’immédiat, l’immunité de groupe reste la seule issue. Tant que 60% de la population française n’aura pas été en contact avec le virus, la pandémie continuera de s’étendre. Le confinement a permis de ralentir le rythme de la contagion.

Évitant ainsi que le système hospitalier ne finisse par être submergé. Mais le corollaire de cette stratégie, c’est que l’immunité collective stagne. Un récent rapport de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, l’Inserm, estime que cette immunité se situe entre 1% et 6%.

Il faut donc déconfiner. Au regard de ce que l’on sait de la maladie, les enfants semblent ne pas développer de forme grave de celle-ci. Ils ne seraient que porteurs asymptomatiques.

A première vue, il peut donc sembler cohérent de leur faire reprendre le chemin de l’école. Sous réserve, bien sûr, qu’il y ait une validation scientifique. La députée LR Brigitte Kuster a donc demandé au Premier ministre des précisions lors de la traditionnelle séance des questions d’actualité de mardi.

La réouverture annoncée des crèches, écoles, collèges et lycées, bien qu'elle soit nécessaire inquiète légitimement de nombreux parents alors que les enfants sont souvent des vecteurs asymptomatiques du virus. Quel argument scientifique justifie ces réouvertures sur l'ensemble du territoire ? Pourquoi rouvrir en premier les écoles que vous aviez pourtant fermées en premier ?

Réponse du Premier ministre. Le ministre de l'Education nationale a eu l'occasion de dire que ce déconfinement progressif se traduirait, peut-être, peut-être, par une forme adaptée de réouverture des écoles. Je ne veux, sur ce point, rien annoncer de définitif puisque nous en sommes en train de travailler.

Mais je n'exclus pas, c'est vrai, qu'on puisse envisager à partir du 11 mai, que les écoles fonctionnent de façon un peu différentes de celle... de la façon dont elles fonctionnent normalement puisque par définition, nous ne sommes pas dans une période normale et chacun peut l'apprécier.

Pour pouvoir dire cela précisément, et je comprends l'impatience, vous la formulez d'une certaine façon et l'ensemble de nos concitoyens la partagent, nous devons étudier dans le détail avec l'ensemble des acteurs concernés la meilleure façon d'organiser une logistique complexe, de protéger nos concitoyens, de garantir leur sécurité sanitaire. Ce sont véritablement les principes qui nous guident, et ça demande en effet du travail de préparation. Alors l'impatience est telle qu'on demande de répondre question par question, au débotté à tel ou tel point qui semble plus intéressant immédiatement.

La vérité c'est que le président de la République, il l'a dit hier clairement, a demandé au gouvernement de préparer un plan complet de sortie, un plan d'ensemble, j'aurai l'occasion de la présenter. Ah ces Français. De vrais gamins.

Toujours impatients. Sauf que là, il ne s’agit pas d’un paquet de bonbons, mais de la santé, voire de la vie des familles de France. Excusez du peu !

Quant à l’argument scientifique réclamé par la députée Brigitte Kuster, il se fait attendre. Et ce, pour une bonne raison. C’est que les autorités scientifiques préconisent exactement le contraire de ce que prévoient le président de la République et le gouvernement.

Je vous parlais tout à l’heure d’une étude de l’INSERM. Celle-ci examine les différents scénarios de déconfinement. Les auteurs de ce rapport sont formels.

Il faut garder les écoles fermées si l’on veut éviter un rebond de la pandémie. Et l’on comprend bien pourquoi. Les enfants, surtout les plus petits, auront du mal à respecter les gestes barrière.

Il y a de fortes chances qu’ils ramènent le virus au sein du foyer familial et contaminent les membres les plus vulnérables. C’est ce que reconnaissait lui même le président de la République le 12 mars. Nos enfants et nos plus jeunes, selon les scientifiques toujours, sont celles et ceux qui propagent semble-t-il le plus rapidement le virus.

Mais le président a la mémoire courte. Sa vraie préoccupation, ce ne sont pas les enfants, mais les parents. Le 11 mai, il s'agira aussi de permettre au plus grand nombre de retourner travailler, redémarrer notre industrie, nos commerces et nos services.

Le gouvernement préparera sans délai ces réouvertures avec les partenaires sociaux pour que des règles soient établies afin de protéger les salariés au travail. Si les enfants restent à la maison, les parents ne pourront pas reprendre le chemin du bureau ou de l’atelier. Donc on renvoie les premiers à l’école et on s’occupera des conditions d’accueil après.

De toutes façons, il n’y a toujours pas de masques ni de tests en quantité suffisante. Alors… Cette inversion des priorités a fait bondir le député France insoumise Alexis Corbière. Pourquoi faire courir des risques aux enseignants, aux personnels des écoles y compris aux enfants, en étant incapables de dire dans quelles conditions sanitaires cet accueil scolaire pourra avoir lieu ?

Sans tests ni masques, qui va remettre ses enfants à l'école si ce n'est ceux qui sont contraints à des raisons professionnelles ? Bref, on a le sentiment que vous répondez à une injonction de la part du Medef qui nous dit "business d'abord" alors que l'aspiration des Français c'est "santé d'abord". Le ministre de l’Education nationale lui a indirectement répondu le lendemain, au Sénat.

Si nous faisons tout cela c'est pour des raisons sociales. Si nous ne finissons pas le confinement suffisamment tôt, il y aura des désastres sociaux pour les élèves les plus éloignés de l'école. Bien entendu, nous allons veiller à la sécurité sanitaire de tous, c'est notre premier principe aussi bien pour les professeurs que pour les élèves.

Cette ligne de défense a valu au ministre une réplique cinglante de la sénatrice communiste Céline Brulin. Oui le confinement aggrave les inégalités sociales, je fais partie de ceux qui dès le début ont alerté là dessus. Mais si on veut répondre à cette question-là, alors comme je vous l'ai proposé il faut empêcher, annuler les fermetures de classes en éducation prioritaire à la prochaine rentrée.

Il faut doter nos collèges et nos lycées de postes supplémentaires alors que certains sont supprimés. Voilà comment on résoudra les inégalités sociales dans l'école. Je crains que les Français qui pensent aujourd'hui qu'on veut instaurer un système de garde de leurs enfants pour que les salariés, les parents salariés, travailleurs, retournent plus vite à la production, soient renforcés par la manière dont vous concevez ce déconfinement.

Jusqu’ici, Emmanuel Macron s’abritait derrière le Conseil scientifique pour habiller ses décisions. Il n’a même plus ces pudeurs. De la même façon qu’il a imposé le premier tour des municipales en invoquant un consensus imaginaire, il décrète maintenant la sortie du confinement au mépris de toute considération épidémiologique.

C’est une attitude irresponsable.