Économie : "On va avoir une hausse progressive du nombre de demandeurs d’emploi dans les prochains mois", prévoit le cabinet d'expertise Alixio
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:46OuverteRéponse directe
La CGT dénombre 300 plans sociaux en préparation, 300 000 emplois menacés.
- 0:51OuverteRéponse directe
Est-ce que le syndicat exagère ou est-ce que vous qui avez des relais un peu partout parmi les chefs d'entreprise dans une foule de secteurs, est-ce que vous constatez effectivement une multiplication des plans sociaux actuellement ?
- 1:51OuverteRéponse directe
Alors, est-ce que vous pensez que l'absence de gouvernement ajoute à l'incertitude des chefs d'entreprise ? Vous vous occupez, je crois, du dossier de Vancorex. Est-ce que l'absence de directives politiques au sommet de l'État fait perdre du temps à tout le monde ?
- 2:49OuverteRéponse partielle
Et ça, vous le voyez, les chefs d'entreprise vous en parlent. On le voit.
- 3:21OuverteRéponse directe
Alors, si je comprends bien, l'absence de gouvernement et de politique au niveau au plus haut sommet de l'État ajoute à l'incertitude et donc ralentit les embauches, mais pour ceux qui ont les mains dans le cambouis, donc dans le cadre d'un plan social, ça ne change pas grand-chose.
- 3:44OuverteRéponse directe
Alors, justement, comment retrouver un boulot après un plan social, aider les salariés licenciés à se remettre sur pied ? C'est le cœur de votre travail. Quels sont les leviers que vous pouvez activer, vous, concrètement, chez Alixio ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:03Invité politiqueFait
« On a une hausse des plans sociaux. »
- 1:11Invité politiqueFait
« Il y a des secteurs d'activité qui se restructurent de façon structurelle, comme l'automobile, comme la chimie, comme la distribution spécialisée à la grande distribution. »
- 1:23Invité politiqueFait
« Et à cela est venu s'ajouter depuis mi-2024 des effets conjoncturels dus à l'inflation, dus à la hausse des taux sur un certain nombre de secteurs d'activité, comme l'immobilier, qui est en grande souffrance, et le manufacturing, tout ce qui est entreprise de manufacture. »
- 1:45Invité politiquePromesse
« On va avoir une hausse progressive du nombre de demandeurs d'emploi dans les prochains mois. »
- 2:07PrésentateurFait
« Est-ce que l'absence de directives politiques au sommet de l'État fait perdre du temps à tout le monde ? »
- 2:34Invité politiquePromesse
« redonner confiance aux chefs d'entreprise, redonner confiance également à tout le monde, pour repartir dans une dynamique qui soit positive. »
- 3:56Invité politiquePromesse
« Alors, le premier levier et le plus important, c'est un accompagnement qui est personnel. C'est-à-dire on accompagne chaque personne pour travailler son projet professionnel afin qu'il retrouve un emploi qui soit similaire à l'emploi précédent, s'il le souhaite, et si c'est possible sur le territoire où il habite, ou alors un emploi qui soit différent. »
- 4:18Invité politiqueChiffre
« Nous sommes désormais à 54% des personnes que nous accompagnons qui sont en reconversion. »
- 5:40Invité politiqueFait
« Alors ça, c'est ce qui va être compliqué. On est sur le bassin de Pont-de-Clé. On va être sur le bassin de Jarry également. »
- 7:33Invité politiquePromesse
« En 2025, ça va être compliqué. Je pense qu'on aura peut-être une inflexion mi-2025, mais il faut que les indicateurs soient alignés et qu'on ait une vraie politique par rapport à ça. »
Temps de parole
- Invité politique60 %
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Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
L'invité éco, Isabelle Raymond. Bonsoir à toutes et à tous et bonsoir à vous, Guillaume Allais.
Bonsoir.
Vous êtes le directeur général d'Alixio, cabinet spécialisé dans le conseil aux entreprises en matière d'emploi. On va conclure avec vous une journée consacrée justement à l'emploi sur France Info pour tenter de comprendre comment ça se passe concrètement après une série de plans sociaux. On a posé nos micros en Isère, chez Vancorex tout d'abord. 400 emplois menacés dans la chimie et tout un écosystème qui en pâtit. On a vu ensuite quelles étaient les solutions possibles en termes de reconversion pour les salariés. On va tenter avec vous de dézoomer un peu pour tenter d'avoir une sorte de photo globale, constat et solution. Un mot, si vous le voulez bien, sur les chiffres tout d'abord.
La CGT dénombre 300 plans sociaux en préparation, 300 000 emplois menacés. Est-ce que le syndicat exagère ou est-ce que vous qui avez des relais un peu partout parmi les chefs d'entreprise dans une foule de secteurs, est-ce que vous constatez effectivement une multiplication des plans sociaux actuellement ?
Oui, on a une hausse des plans sociaux. Sans aller sur ces chiffres-là qui sont un petit peu hauts selon nos estimations, on a une hausse des plans sociaux due à deux choses. Il y a des secteurs d'activité qui se restructurent de façon structurelle, comme l'automobile, comme la chimie, comme la distribution spécialisée à la grande distribution. Donc ça, c'est un mouvement qui a lieu depuis quelques années et qui continue.
Et à cela est venu s'ajouter depuis mi-2024 des effets conjoncturels dus à l'inflation, dus à la hausse des taux sur un certain nombre de secteurs d'activité, comme l'immobilier, qui est en grande souffrance, et le manufacturing, tout ce qui est entreprise de manufacture, qui ont vu d'abord baisser le nombre d'employés en intérim, et puis maintenant qui se restructurent progressivement. Donc on a une réelle hausse, et on va avoir une hausse progressive du nombre de demandeurs d'emploi dans les prochains mois.
Alors, est-ce que vous pensez que l'absence de gouvernement ajoute à l'incertitude des chefs d'entreprise ? Vous vous occupez, je crois, du dossier de Vancorex. Est-ce que l'absence de directives politiques au sommet de l'État fait perdre du temps à tout le monde ?
L'absence de politique réelle, actuellement, est un problème. Par chance, en France, on a une administration qui fonctionne très bien. La DGT, les drits, les préfets qui sont sur le terrain, travaillent avec les collectivités locales pour déjà prendre les choses en main, et essayer de trouver un certain nombre de solutions. Mais il est très très important d'avoir rapidement une vraie politique sur ces sujets-là, pour vraiment avoir une inflexion, et redonner confiance aux chefs d'entreprise, redonner confiance également à tout le monde, pour repartir dans une dynamique qui soit positive.
Et donc, ça veut dire que l'absence de gouvernement, si elle dure, elle peut ajouter à l'incertitude, on l'a dit, qu'il n'y avait plus d'embauche, qu'il n'y avait plus non plus d'investissement. Ça, vous le constatez, vous, également, chez Alexio ?
On constate un ralentissement des embauches, on constate un ralentissement des investissements, et une chose est très importante, on parle beaucoup du secteur marchand, des entreprises, des services. On ne parle pas des collectivités, on ne parle pas de tout un écosystème fait également d'associations, etc., qui sont en train de lever le pied, de se dire, attention, à quelle sauce va-t-on être mangée, si je peux me permettre, dans le prochain budget, et en attendant, je vais ralentir les embauches, je ne vais peut-être pas renouveler un CDD, etc., etc.
Et ça, vous le voyez, les chefs d'entreprise vous en parlent. On le voit. Donc, si je comprends bien, l'absence de gouvernement et de politique au niveau, au plus haut sommet de l'État, ajoute à l'incertitude et donc ralentit les embauches, mais pour ceux qui ont les mains dans le cambouis, donc dans le cadre d'un plan social, ça ne change pas grand-chose.
Ça ne change pas grand-chose au quotidien. Mais il ne faut pas que ça dure, parce que ça va réduire le nombre d'offres d'emploi, donc les opportunités de se reclasser, de retrouver un emploi.
Alors, justement, comment retrouver un boulot après un plan social, aider les salariés licenciés à se remettre sur pied ? C'est le cœur de votre travail. Quels sont les leviers que vous pouvez activer, vous, concrètement, chez Alixio ?
Alors, le premier levier, et le plus important, c'est un accompagnement qui est personnel. C'est-à-dire, on accompagne chaque personne pour travailler son projet professionnel afin qu'il retrouve un emploi qui soit similaire à l'emploi précédent, s'il le souhaite, et si c'est possible, sur le territoire où il habite, ou alors un emploi qui soit différent. Et là, c'est une reconversion ou une création d'activité. Un changement très important depuis le Covid. Nous sommes désormais à 54% des personnes que nous accompagnons qui sont en reconversion. Donc, ils vont vraiment changer.
C'est beaucoup plus qu'avant.
Tout à fait. On était autour de 35-37% auparavant.
Et ça, c'est quoi ? C'est un état d'esprit ? C'est de l'argent ? Est-ce qu'aujourd'hui, les salariés mettent la main à la poche pour les reconversions ? Est-ce que c'est les entreprises qui licencient ? Est-ce que ce sont les pouvoirs publics ?
Alors, les salariés peuvent mettre la main à la poche. Un certain nombre d'entre eux le font pour compléter des formations. Mais généralement, ce sont les entreprises et les pouvoirs publics qui financent toute cette reconversion. Et ça, c'est nouveau ? Non, ce n'est pas ça qui est nouveau. Ce qui est nouveau, c'est que nous sommes désormais dans un monde où tout le monde a compris que pour rester à l'endroit où on habite, pour évoluer, il faut faire évoluer aussi son projet professionnel. Et ça, c'est nouveau. Et c'est devenu vraiment quelque chose qui est ancré dans l'esprit d'absolument tout le monde, alors que ce n'était pas le cas avant.
Alors, j'imagine que vous, dans ce que vous avez à faire, il faut faire une cartographie un peu de quels sont les emplois potentiels, quelles sont les reconversions potentielles ?
Exactement. Il faut faire ça. Il faut également travailler avec les collectivités pour faire venir des entreprises qui vont venir créer des emplois et donner des opportunités aux personnes qui perdent le leur.
Alors, on a parlé de Vancorex. Le repreneur potentiel garderait 25 postes seulement sur 450. Que vont devenir les autres ? Quelle reconversion possible pour eux ? Guillaume Allais.
Alors ça, c'est ce qui va être compliqué. On est sur le bassin de Pont-de-Clé. On va être sur le bassin de Jarry également.
On a vu quand même qu'il y avait des emplois.
Il y a des emplois, il va falloir que chacun regarde ce qu'il est possible de faire, qu'on travaille avec eux sur leur projet professionnel et que progressivement, on les amène vers ses emplois en fonction de ce que chacun a envie de faire pour trouver vraiment un projet professionnel qui lui corresponde et qui lui permette d'avoir quelque chose de pérenne.
Et c'est-à-dire que ce n'est pas si simple en fait ? Ce n'est pas parce qu'il y a des emplois disponibles ?
Ce n'est pas simple. Ce n'est pas en claquant des doigts, ce n'est pas en traversant la rue. C'est vraiment quelque chose qu'il faut travailler avec chacun. et il y a une première étape et je voudrais revenir là-dessus. Il y a énormément d'inquiétudes et cette inquiétude, elle est normale. Elle est normale.
Au moment d'un plan social ?
Au moment d'un plan social, c'est normal d'être inquiet. C'est normal de se poser mille questions. Ça impacte soi-même, ça impacte sa famille. Voilà. Et c'est pour ça qu'il faut être accompagné et vraiment prendre le temps d'aller retrouver un emploi.
Alors, on a évoqué en début d'entretien les emplois qui étaient menacés. Quelles sont aujourd'hui les filières d'avenir, celles qui recrutent ?
Alors, une interlocutrice précédente parlait des filières d'avenir dans tout ce qui est l'énergie verte, sur toutes ces formes alternatives d'énergie. Ça, c'est une filière qui se développe énormément. On a également des entreprises qu'on va appeler plus traditionnelles qui recrutent. On recrute énormément chez EDF, on recrute énormément chez Enedis sur tout type de métier.
Donc, toujours dans l'énergie.
Toujours dans l'énergie. Mais le fait de relancer la filière nucléaire est un atout et développe énormément d'emplois. Et après, il y a une chose qui est très importante, c'est dans plein de métiers qui sont des métiers de proximité. On recrute dans l'hôtellerie, on recrute dans la boulangerie, on recrute dans le soin à la personne. Voilà. Donc, c'est des choses qui sont très différentes, mais il y a du travail.
Alors, dernière question rapide. Est-ce qu'au final, on peut espérer qu'il y aura davantage de création de postes que de destruction d'emplois ? Ce sera ma dernière question.
En 2025, ça va être compliqué. Je pense qu'on aura peut-être une inflexion mi-2025, mais il faut que les indicateurs soient alignés et qu'on ait une vraie politique par rapport à ça.
Merci beaucoup, Guillaume Allais, directeur général d'Elections, invité éco, à l'occasion donc de cette journée spéciale emploi sur France Info. Merci beaucoup.