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interviewRMC· 30 avril 2026 29 min

Jérôme Guedj tacle Mélenchon et LFI : "Le plus grand repoussoir politique"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Jérôme Guedj

C'est dramatique, mais Mélenchon et la France Insoumise sont devenus le plus grand repoussoir de la vie politique aujourd'hui en France. Donc ce ne serait pas une bonne chose pour la France que Jean-Luc Mélenchon soit président de la République ? Non mais ma question elle est directe. Non mais je vais vous dire, il ne peut pas être président de la République. S'il est au deuxième tour de l'élection présidentielle, les sondages valent ce qu'ils veulent. Mais moi j'en ai vu un hier ou avant-hier. Deuxième tour, Bardella-Mélenchon. Mélenchon fait 28,5%.

Donc je veux bien que le sondage se trompe, même de 20% ou de 30%, mais on est assuré, Mélenchon, et ça il ne peut s'en prendre qu'à lui-même, est devenu le plus grand repoussoir de la vie politique.

0:32
Invité

Notre invité c'est Jérôme Guedj, député socialiste de l'Essonne. Bonjour Jérôme Guedj. Bonjour. Qu'est-ce qu'on fait des profits de Total alors ?

0:39
Jérôme Guedj

D'abord la préoccupation c'est qu'est-ce qu'on fait pour l'ensemble des Français qui voient les prix flamber sur les totems devant les stations-services. Ça fait des semaines et des semaines qu'on dit au gouvernement, on ne peut pas rester inerte face à une explosion des prix. Enfin rendez-vous compte, on est 2,30€, 2,40€ pour du gazole, pour du sans-plomb. Et depuis le début de la crise, fin février, début mars, on nous dit oui ça va bien se passer, ça va bien se passer. Et hier, vous parlez des profits de Total, il tombe. 5,8 milliards. 5,8 milliards, 50% d'augmentation, alors que dans le même temps, 40% d'augmentation des prix à la pompe.

Donc il peut y avoir un lien, bon pas de cause à effet, mais c'est quand même assez évident. Donc on ne peut pas rester inerte. Donc on taxe ? C'est le seul outil disponible. Moi, ce n'est pas mon outil préféré.

1:31
Invité

Parce que... Vous avez vu ce qu'a répondu Total au Premier ministre. Il a dit, nous, la manière de redistribuer les richesses, c'est on cap les prix à la pompe.

1:41
Jérôme Guedj

Non, mais c'est pour ça. Pourquoi je vous explique ? C'est l'outil pour provoquer le débat qu'on met sur la table, c'est la proposition de loi qu'on a déposée. Et vous avez entendu mon ami Philippe Brun, député de l'Eure, qui a été à la manœuvre pour la rédaction de ce texte. Parce que c'est le seul aiguillon qu'on peut avoir pour provoquer quelque chose. Moi, j'ai d'autres outils. Est-ce qu'on joue sur le niveau des taxes ? Il y avait eu la taxe flottante du temps de Jospin. Est-ce qu'on joue sur les marges des entreprises pétrolières ? Est-ce qu'on peut les plafonner ?

C'est ce qu'avait fait, en 1990, Michel Rocard, quand il avait déjà eu la première guerre en Irak, entre l'Irak et le Koweït. Là, l'idée, c'est de dégager des ressources pour les finances publiques, mais pas pour les mettre dans la poche de l'État, mais pour augmenter le soutien qu'on va faire à ceux qui en ont le plus besoin. Parce que pour l'instant, c'est des mesures trop spécifiques qui sont mises sur la table. Les gros rouleurs, les entreprises, la pêche, des agriculteurs, des professions un peu spécifiques, comme les aides-soignantes, les infirmières libérales. Mais ça ne touche pas la grande majorité des Français.

Donc, à travers cette proposition, moi, je vais vous dire, l'idée, c'est d'en appeler au patriotisme économique d'une grande boîte comme Total. Moi, je suis fier d'une boîte comme Total. On peut avoir des accords ou des désaccords, mais c'est une grande boîte française.

2:55
Invité

On n'entend pas beaucoup, ça, à gauche, dire qu'on est fier de Total.

2:57
Jérôme Guedj

C'est assez dissonant. Moi, il y a des moments où il faut dire les choses comme elles sont. On ne peut pas dire qu'on veut avoir des grandes entreprises françaises de l'influence et quand il y en a une qui existe, dire que vous êtes des profiteurs de guerre. S'ils le sont, il faut leur dire qu'on en appelle à votre patriotisme économique. Et le patriotisme économique, ils ont commencé à le faire. Ils plafonnent, je crois qu'ils plafonnent à 1,99€.

3:16
Invité

Oui, c'est 1,99€ et 2,09€ le diesel.

3:19
Jérôme Guedj

Bon, mais le problème que j'ai... Donc déjà, peut-être qu'ils peuvent aller plus loin dans le plafonnement et donc renier sur leur marge importante qu'ils font aujourd'hui et de se dire pendant une période transitoire, nous, on accepte, plutôt que de se faire pomper par une fiscalité spécifique, d'immédiatement le donner en pouvoir d'achat préservé pour les uns et les autres. Mais après, il ne faut pas qu'on se focalise que sur Total. Parce que Total, ce n'est pas la totalité de la distribution d'essence dans le pays. Il y a les grands distributeurs, la grande distribution, le plafond, les autres, etc.

3:50
Invité

Oui, mais c'est marginal chez eux, l'essence. C'est un produit d'appel et ils font à peine 0,3 de marge de public.

3:55
Jérôme Guedj

Je sais bien, mais là aussi, en appeler à tous sur une forme de patriotisme économique. Dans la période, le patriotisme, c'est ce qui va nous permettre de faire nation. Voilà, un patriotisme fiscal, un patriotisme au regard de l'amour de ce pays. Voilà, c'est un beau mot, patriotisme. Ça me va bien.

4:11
Invité

Donc vous demandez à toutes ces entreprises qui se portent bien de renier un peu sur leur marge et de baisser les prix ?

4:16
Jérôme Guedj

Oui, dans la période. Mais parce que sinon, on va leur dire l'effort va être imposé par la puissance publique. Et on va vous demander de la fiscalité. Et en plus, il faut être tout à fait honnête, même si le texte qu'on a préparé, il vole, il tient la route. C'est très compliqué à mettre en œuvre. Parce que qu'est-ce qu'on taxe ? Est-ce qu'on taxe les bénéfices qui sont faits en France ? Ou est-ce qu'on taxe les bénéfices mondiaux ?

4:34
Invité

Il n'y en a pas beaucoup en France.

4:35
Jérôme Guedj

Comment on constate l'augmentation par rapport aux années précédentes ? On a mis un mécanisme qui normalement tient la route, puisqu'il s'inspire de ce qui avait été fait au moment de la crise en Ukraine. Il y avait déjà eu une forme de taxation des super-profits, mais il y avait des trous dans la raquette. Ce qui fait que le rendement avait été beaucoup plus faible. Je crois que c'était moins de 100 millions d'euros, la taxe sur les super-profits qui avait été faite au moment du début de la guerre en Ukraine. Alors qu'on espérait presque 10 fois plus. Donc franchement, soit on infantilise, je dis ça devant Charles Consigny.

Soit on infantilise et on dit, il y a des taxes qui viennent vous taper sur les doigts et vous corriger. Et ça, à un moment, il y a des gens qui disent, écoutez, ok, nous, on participe à l'effort privé pour prendre ses responsabilités. Et dans le même temps, il y a le comportement que les uns et les autres peuvent avoir. Peut-être qu'il faut un peu moins prendre sa bagnole quand on peut s'en passer.

5:18
Intervenant

J'ai dit à peu près la même chose sur le patriotisme, etc. Je pense que Total fait le boulot pour l'instant et qu'en fait, les uns et les autres essayent politiquement. Il va y aller plus loin, Jérôme Ghiadji. Il appelle les entreprises privées être responsables et baisser leurs prix, baisser leurs marges. Oui, mais franchement, je crains que Total ne serait pas Total s'il raisonnait comme ça en permanence. Si vous voulez, c'est des boîtes qui deviennent des mastodontes internationaux parce que ce sont des entreprises très dures et qui pensent avant tout à rentabiliser leur activité. Total, ce n'est pas Naturalia, ce n'est pas un écho système solidaire du canal Saint-Martin.

C'est une énorme entreprise extrêmement brutale, implantée partout dans le monde, très agressive, avec des gens qui bossent comme des dingues dedans. Le dernier PDG en est mort. Vous voyez ce que je veux dire ? Ce n'est pas une entreprise que Raphaël Glucksmann pourrait présider. Ce n'est pas exactement l'ambiance.

6:15
Jérôme Guedj

Il y a plein de choses que Raphaël Glucksmann pourrait présider.

6:18
Intervenant

Mais philosophiquement, je ne suis pas contre l'idée, mais je pense qu'ils font déjà le boulot dans la limite.

6:24
Jérôme Guedj

D'accord, mais ça c'est le laisser-faire, laisser-aller du marché. Donc moi, je veux bien se dire, mais à la fin... Ça ne leur a pas trop mal réussi. Non, mais encore une fois, je ne suis pas en train de vous proposer la nationalisation de Total. Vous avez mesuré que je peux mettre de la nuance.

6:38
Intervenant

Par ailleurs, dans votre raisonnement, il manque les 60% de taxes sur l'essence.

6:41
Jérôme Guedj

Mais si, je l'ai mentionné, j'ai dit qu'il y a d'autres leviers qui peuvent être activés, qui est, est-ce qu'on baisse les taxes temporairement ? On réintroduit une sorte de taxe flottante, comme l'avait mis en place Lionel Jospin à l'époque. Alors pourquoi on ne le ferait pas, ça ?

6:56
Intervenant

Non, mais je pense qu'il y a plusieurs leviers qui peuvent être mobilisés. Moi, je me mets à la place des actionnaires de Total. Moi, je fais un effort, comme vous le dites, parce que je suis complètement en ligne avec ce que vous venez de dire, ce que vous avez dit en avant-propos sur le patriotisme des entreprises. Mais pardon, moi, demain, je suis à la tête d'une grosse entreprise comme ça, qui a un réel impact sur le quotidien des Français. Pourquoi, moi, je vais perdre de l'argent quand l'État ne bouge pas le petit doigt et me remet tout sur ma tronche ? À un moment donné, ce n'est pas...

7:21
Jérôme Guedj

Mais ça veut dire quoi que l'État bouge le petit doigt ? Alors, je suis d'accord. En baissant les taxes.

7:24
Intervenant

Et bien, vous savez quoi ? Je pense que si l'État baisse les taxes, ce sera déjà un peu plus audible de redemander encore un effort à Total.

7:30
Jérôme Guedj

Vous savez quoi ? On va faire la plus belle chose, là, sur ce plateau, qui devrait se faire à l'échelle du pays. On va faire un compromis. Le deal, pour moi, en effet, est là. Le deal, c'est l'État dit, je baisse les taxes, même temporairement, soit les droits d'assises, soit la TVA, avec l'effet qui est que ça bénéficie à tout le monde, mais c'est plus simple à mettre en œuvre. Le gros rouleur, avec son SUV, qui gagne beaucoup d'argent, il va en bénéficier. Mais en même temps, celui, le SMICAR, qui a besoin de sa bagnole pour aller au boulot à 4h du matin, lui, il ne se posera pas la question, ça le verra.

Et que dans le même temps, il y a le patriotisme économique et les grandes entreprises. Si on est capable, dans ce pays, de faire ça, alors on se portera mieux. C'est-à-dire, l'État et la puissance privée, à un moment, qui se disent, on mobilise nos outils au service d'un intérêt commun, qui est le soutien au pouvoir d'achat, qui est la grosse priorité. Et à travers ce soutien au pouvoir d'achat, c'est aussi le soutien à l'économie du pays.

8:21
Présentateur

Je voudrais ajouter. C'est marrant que vous nous proposiez un compromis, parce que Jordan Bardella, il a été interrogé sur la même question que vous, et il a répondu à, je ne sais pas, peut-être, il faut demander aux socialistes.

8:31
Jérôme Guedj

Non, mais le problème de Jordan Bardella et du RN, c'est qu'ils ne savent pas où ils habitent. Parce que dans la même journée hier, j'ai entendu Jean-Philippe Tanguy, Marine Le Pen et Jordan Bardella dire des choses totalement différentes.

8:42
Présentateur

C'est pour ça, je vais juste aller au bout de ma question. Vous, vous êtes député, donc vous les voyez à l'Assemblée, vous les côtoyez dans l'hémicycle. Et il se trouve qu'il y a beaucoup de nos auditeurs et des automobilistes qui votent pour eux. Comment vous expliquez qu'ils votent pour eux alors qu'ils ne savent pas où ils habitent et qu'ils disent tout et son contraire sur la question essentielle de l'essence et du prix à la pompe ?

8:59
Jérôme Guedj

Parce que, pardon de le dire, mais nous, on le voit depuis des mois et des mois à l'Assemblée nationale. Une question difficile. Qui navigue à vue. Jérôme Gage mal à l'aise.

9:06
Présentateur

C'est Jordan Bardella qui la pose, ce n'est pas moi.

9:09
Jérôme Guedj

Non, mais il faut regarder les choses telles qu'elles sont. Pourquoi, au moins, ce sont des brancs ? Non, mais c'est Jordan Bardella qui dit qu'il faut demander aux socialistes. Donc, moi, je demande aux socialistes.

9:17
Présentateur

Je porte la parole de Jordan Bardella.

9:20
Jérôme Guedj

C'est un peu branquignol, pardonnez-moi l'expression. Le fait d'être incapable, mais ce n'est pas que sur ce dossier. Je veux dire, sur plein de dossiers, sur la question du pouvoir d'achat, c'est les mêmes. Quand ils disent qu'il faut soutenir le pouvoir d'achat de ceux qui travaillent, il faut un revenu digne. Et quand on propose l'augmentation du SMIC, ils ne sont pas au rendez-vous. Donc, il y a une espèce de grand écart permanent. On le voit de plus en plus entre Jordan Bardella et Marine Le Pen. Jordan Bardella qui va déjeuner avec le patronat et qui veut avoir son soutien et sa connivence.

Et Marine Le Pen qui a encore l'intuition de se dire, mais moi, je ne peux pas me couper de ces classes populaires qui croient naïvement que le RN est la bonne solution à toute leur crise. Et là, ce qui est en train de se passer, c'est assez intéressant, c'est que ça pète à la figure. Un, l'amateurisme, l'incohérence des propositions qui sont faites et désormais les dissensions à l'intérieur du RN entre ceux qui veulent gagner une ligne populaire et ceux qui se disent si on veut gagner le pouvoir, il faut qu'on ait le soutien du fameux établissement qu'on dénonçait auparavant.

10:14
Intervenant

Sur la proposition du SMIC à 1 600 euros, moi, par exemple, j'aurais dit non aussi. Dans l'état du texte, j'aurais dit non aussi. Parce qu'en fait, on ne baisse pas les charges sur les entreprises. Moi, si on baisse les charges d'une entreprise, vous allez voir que le SMIC net va augmenter.

10:32
Jérôme Guedj

Mais madame, il n'y a plus de charges au niveau du SMIC. Il n'y en a plus en France.

10:36
Intervenant

Ah bon ? Le patron, il n'a pas de charges ?

10:37
Jérôme Guedj

Ah non, au niveau du SMIC, un patron, il paye 73 euros de cotisation. Vraiment, je vous assure, on est arrivé à quelque chose qui est mis en place et qui a marché et sur lequel je ne veux pas revenir. Ça a commencé en 1993. Ça s'appelait les allégements Fillon.

10:52
Intervenant

Elle n'a pas de charges patronales, elle n'a pas 27% d'imposition.

10:56
Jérôme Guedj

Au niveau du SMIC, un salarié au SMIC, je vous assure, il n'y a plus de cotisation patronale au niveau du SMIC, quasiment plus. Je voudrais qu'on revienne simplement sur la situation du jour. Je parle des cotisations salariales sur le coût du travail, il n'y en a plus.

11:11
Invité

Aujourd'hui, on a plusieurs chiffres qui se télescopent. C'est-à-dire, on a le prix à la pompe qui va sûrement continuer d'augmenter, même si Total, pour le moment, le cap, mais ils ne disent pas jusqu'à quand. On a l'inflation, 2,2%. On a les prix de l'énergie, plus 14% à cause notamment de ce qui se passe dans le Golfe. Et il y a les mutuelles qui augmentent aussi de 106 euros en moyenne. Tous les prix, aujourd'hui, on voit bien qu'ils bougent quand on fait nos courses, etc. Donc comment on va faire pour ça ?

Comment est-ce qu'on va contrer cette hausse généralisée qui aura des répercussions, bien évidemment, sur la vie de tous les jours, sur les entreprises qui ne pourront pas répercuter ? Et tout ça avec zéro de croissance ? Avec zéro de croissance, sur les chiffres d'affaires, etc. On va avoir un hiver économique en plein été.

11:55
Jérôme Guedj

Ça s'appelle un risque de récession. Et là où vous avez raison, c'est qu'il ne peut pas y avoir un discours de l'impuissance. Là on dit, écoutez, il y a une guerre, on en subit les conséquences. On nous a dit, moi j'étais la semaine dernière à Bercy, Grande-Messe, avec tous les ministres, comité d'alerte des finances publiques. La guerre coûte 6 milliards d'euros au budget, aux finances publiques françaises, essentiellement par renchérissement du coût de la dette, des taux d'intérêt. Et donc il faut trouver 6 milliards pour équilibrer, donc 4 milliards d'économies du côté du budget de l'État, 2 milliards du côté du budget de la sécurité sociale.

Mais il y a un peu une forme de discours de l'impuissance, un peu de spectateur. Moi je pense qu'il faut prendre ces sujets un par un et de regarder à chaque fois comment on peut agir. On vient peut-être construire le compromis sur ce plateau, sur ce que ça pourrait être s'agissant du prix des carburants. Et vous avez mentionné un sujet, et merci de l'évoquer parce que moi c'est mon cheval de bataille depuis des années. Tout le monde s'en fout, mais on a en France un système où on a la sécurité sociale qui rembourse, 70% d'une consultation médicale, vos dépenses à l'hôpital ou vos dépenses de médicaments.

Et à côté on a des organismes complémentaires d'assurance maladie, des mutuelles pour un peu plus de la moitié, et des assureurs privés aussi, des gros assureurs privés, AXA, Generali, les banques, etc. Or qu'est-ce qu'on voit ces dernières années ? Et ça, moi dans ma permanence à Massy, tout le monde me parle de ça. 25% d'augmentation des tarifs des mutuelles ces trois dernières années. Et est-ce que c'est une fatalité ? Pourquoi on continue comme ça ? Pourquoi on a ce système ? Moi j'ai mis un grand coup dans la fourmilière. J'ai fait voter à l'Assemblée nationale en décembre dernier un amendement qui a été voté par tous les parlementaires.

La loi a été promulguée qui dit en 2026 qu'il doit y avoir un gel des cotisations des organismes complémentaires maladie. Et là on a d'abord un scandale démocratique, c'est que les organismes concernés n'appliquent pas cette loi. Et c'est l'enquête que vient de faire l'UFC Que Choisir et qui montre que 92% des gens ont vu leur cotisation augmenter alors que la loi prévoit le contraire. Et au-delà, donc déjà ça c'est un problème démocratique. Quand le Parlement vote que la loi est promulguée et qu'elle n'est pas censurée par le Conseil constitutionnel, normalement ça doit s'appliquer.

On a le gouvernement qui dit oh là là, je ne sais pas comment l'appliquer, je saisis le Conseil d'État pour avoir un avis. Et derrière ce cas particulier, il y a le sujet plus global. Pourquoi on continue à avoir ce système à double tête si j'ose dire ? Vous voulez interdire les mutuelles ou pas ? Moi je veux, c'est pas interdire les mutuelles, je veux la sécurité sociale intégrale. C'est-à-dire un seul financeur pour couvrir la totalité du risque.

14:20
Intervenant

D'ailleurs ça marche bien la sécurité sociale.

14:22
Jérôme Guedj

Et bah oui ça marche bien la sécurité sociale dans notre système. Mais ça ne coûte pas cher. Et ça ne coûte pas cher en gestion. Mais non mais monsieur... Elle est même bénéficiaire la sécu. Non mais lui, lui c'est un grand défenseur du privé. Et je vais... Non là juste, laissez-moi deux minutes un chiffre.

14:34
Intervenant

Oui mais les hebdos, il y a un truc qu'on appelle les marronniers. Et parmi les marronniers, vous savez ces sujets qui font la une, les hebdomadaires, toutes les trois semaines. Bah il y a le trou de la sécu par exemple. Et ça fait à peu près 40 ans qu'on nous parle du trou de la sécu. Donc qu'est-ce qu'on va faire ? On va faire une sécu intégrale qui sera encore plus déficitaire.

14:51
Jérôme Guedj

Eh ben non, vous me laissez deux minutes pour faire une démonstration au libéral que vous êtes. Pour gérer la sécurité sociale, pour vous verser vos remboursements avec la carte vitale, ça coûte 2 à 3% de frais de gestion. C'est-à-dire 7 milliards par an sur les 250 milliards qui sont remboursés. Pour vous verser vos prestations à votre mutuel ou à votre assureur privé, ça coûte entre 14 et 20% de frais de gestion. Pourquoi ? Parce que c'est concurrentiel. Ils doivent faire de la publicité, ils doivent faire du sponsoring, ils doivent avoir des courtiers, etc. Et ça, ça coûte 8 milliards d'euros.

Donc moi, je vous fais une proposition d'économie en intégrant à la sécurité sociale cette gestion. C'est la sécu qui vous rembourserait totalement. Vous n'auriez plus l'hésitation qui est « Ah ben, quel mutuel je choisis ? C'est quoi le bon tarif ? » Vous n'auriez plus l'inégalité qui fait que quand vous êtes salarié et que vous passez à retraiter, vous avez une explosion des coûts de vos complémentaires. Vous aurez un système simple. Et vous savez quoi ? Ça marche. Vous savez où ça marche ? Ça marche depuis 80 ans dans un bout de France qui s'appelle l'Alsace-Moselle.

Mais en Alsace-Moselle, la sécurité sociale rembourse quasiment à 100% parce que c'est héritier du système qui avait été mis en place par l'Allemagne quand le territoire avait été occupé. Donc on a en France un système en Alsace-Moselle qui est géré par les salariés qui est excédentaire. Écoutez, M. Consigny, en Alsace-Moselle, l'assurance maladie fait 500 millions. Oui, mais parce que c'est un dossier qui n'est pas assez sur la table. Et moi, comme candidat à l'élection présidentielle, je veux que ce soit une mesure concrète, qui soit mise au débat, qui soit reprise par les autres candidats, qu'on ait cette discussion. Je ne suis pas contre les mutuelles.

Elles sont utiles sur les actions de prévention, sur toute une série de choses. Mais pour le remboursement de l'assurance maladie, c'est redondant qu'elles se mettent sur des sujets qui ne sont pas occupés par la sécurité sociale. On pourrait parler de la perte d'autonomie pour les personnes âgées ou de la prévoyance, accidents, décès, invalidité pour les salariés. Ça, ce n'est pas bien couvert par la Sécu. Et donc, peut-être que ceux-là, on peut leur confier cette mission-là. Mais pour la Sécu, faisons une sécurité sociale intégrale, qui est l'objectif initial des gaullistes et des communistes en 1945.

16:51
Intervenant

Ça me fait penser au socialisme intégral, vous savez, qui était la grande expression soviétique. Mais moi, pourquoi pas ? Je suis très séptique. Mais je crois que vous ne connaissez pas le dossier, je vous assure, et comme plein de gens, mais ce n'est pas un reproche. Ce n'est pas un reproche, il n'est pas assez connu. Ce que je connais, en revanche, c'est les charges que je paye pour éponger le trou de la Sécu. Et je crains quand même qu'avec un système où on élargit le spectre de ce qui est remboursé par la Sécurité sociale, on se retrouve avec un déficit encore plus important qu'il faudra continuer à éponger. Les mutuelles, elles sont pas en déficit.

17:28
Invité

Aujourd'hui, face au GG, Jérôme Guedj, le député socialiste de l'Essonne, avec Charles Consigny, Flora Guevally, Laurent Barton, vous avez dit candidat à l'élection présidentielle, Jérôme Guedj, vous l'avez à nous.

17:37
Jérôme Guedj

Et je l'illustre, pourquoi je suis candidat, parce que je pense qu'il y a une gauche républicaine dans ce pays, mais il y a aussi une gauche sociale qui doit mettre des sujets sur la table. Et l'histoire des mutuelles, ce n'est pas une obsession, l'histoire des complémentaires, ça, ça touche à la vie de tous les Français. Enfin, 93% ont une complémentaire et ils voient bien que le système ne fonctionne pas de manière satisfaisante. Donc parlons des sujets de préoccupation de nos concitoyens.

17:56
Invité

François Hollande qui se prépare, Bernard Cazeneuve qui y réfléchit, Manuel Vaz qui dit pourquoi pas, c'est ils se moquent du monde les trois, là, ou pas ? Écoutez, chacun est libre, ce n'est pas moi qui vais vous dire le contraire. La question, c'est est-ce qu'ils ont raison d'y réfléchir ou est-ce que ça, ils se moquent des Français, ils se moquent du monde ?

18:12
Jérôme Guedj

Ça n'a de sens que si c'est au service d'un projet collectif. Moi, quand j'ai déposé ma candidature, annoncer ma candidature, c'est de dire ça sera dans un cadre avec tous les autres, parce qu'on ne va pas multiplier des candidatures qui ne vont pas au bout. Non mais vous voyez bien qu'aujourd'hui, comme il n'y a pas d'évidence, il n'y a aucune évidence, eh bien chacun dit je suis disponible, c'est plutôt une bonne nouvelle, mais à condition de dire je ne peux pas avoir raison tout seul.

18:33
Invité

Vous êtes sûr que c'est une bonne nouvelle ? Vous êtes sûr que les Français prennent ça comme une bonne nouvelle pour la démocratie ? Non mais...

18:37
Jérôme Guedj

François Hollande, Bernard Cazeneuve... Oui mais c'est quoi la situation inverse ? De dire le PS est dans un tel état qu'il n'y a pas quelqu'un qui est préparé depuis des années et dont on sait de manière évidente qu'il est candidat à l'élection présidentielle. Raphaël Glucksmall est dans le paysage, il a fait des bons scores aux dernières élections européennes, pour l'instant il n'annonce pas de candidature, il s'y prépare lui aussi.

Moi je veux être autour de la table avec tout cela en disant à chacun, les gars on va arrêter l'immaturité, on va juste se poser la question, qu'est-ce qu'on propose concrètement, qui fait un, qu'on évite que Jordan Bardella devienne président de la République, et pour cela, la plus grande chance de succès de Jordan Bardella c'est s'il se retrouve au deuxième tour face à Jean-Luc Mélenchon.

Et donc pour empêcher Bardella, il faut contenir Mélenchon et avoir une ligne qui est celle d'une gauche authentiquement attachée aux questions sociales, mais qui est républicaine, qui est clean sur la conception de la démocratie, du débat démocratique, parce que c'est dramatique, mais Mélenchon et la France insoumise sont devenus le plus grand repoussoir de la vie politique aujourd'hui en France.

19:38
Invité

Donc ce ne serait pas une bonne chose pour la France que Jean-Luc Mélenchon soit président de la République ?

19:41
Jérôme Guedj

Non mais ma question elle est directe. Non mais je vais vous dire, il ne peut pas être président de la République. S'il est au deuxième tour de l'élection présidentielle, les sondages valent ce qu'ils veulent, mais moi j'en ai vu un hier ou avant-hier, deuxième tour Bardella-Mélenchon, Mélenchon fait 28,5%, donc je veux bien que le sondage se trompe, même de 20% ou de 30%, mais on est assuré, Mélenchon, et ça il ne peut s'en prendre qu'à lui-même, est devenu le plus grand repoussoir de la vie politique.

Et en cas de deuxième tour, donc moi, parce que mon objectif c'est d'éviter Bardella et l'imposture qu'on évoquait tout à l'heure avec Flora, il faut dans une première étape qu'il n'y ait pas Mélenchon face à lui. Pour qu'il n'y ait pas Mélenchon, il faut qu'il y ait une gauche républicaine qui soit crédible, solide, qui soit rassemblée, et qui puisse se hisser au deuxième tour de l'élection présidentielle, en ayant en tête quand même, et ça il faut aussi, je vous parlais de compromis tout à l'heure, que celui qui sera au deuxième tour face à Bardella, eh bien il ne gagnera que si le camp d'en face vote pour lui.

C'est-à-dire que la droite républicaine vote pour la gauche républicaine, ou si c'est l'inverse, que la gauche républicaine vote pour la droite républicaine. C'est-à-dire que les gens comprennent qu'on va devoir se mettre d'accord à un moment donné dans l'intérêt du pays.

20:43
Invité

Ça recrée le macronisme ou le « en même temps ».

20:47
Jérôme Guedj

Et non, on ne croirait plus qu'ils soient arrivés avec ces convictions, et qu'on ne croirait plus les Français. Non mais, moi, je vous ai dit tout à l'heure, la politique c'est l'art du conflit. On sent bien qu'aujourd'hui, tout sauf le RN, ça les fatigue. Je suis bien d'accord. C'est pour ça que moi, je n'ai pas le slogan que je mets sur la table. C'est répondre au sujet de relégation, de ressentiment, de mépris qui font qu'une partie de nos concitoyens vote pour le Rassemblement national, en disant à tous les autres partis politiques, « Je vote pour eux parce que vous êtes nuls, parce que vous ne répondez pas à mon problème de pouvoir d'achat,

21:15
Intervenant

parce que c'est un désert médical. » Est-ce que vous êtes pour la commission d'enquête proposée par Ciotti sur l'immigration ?

21:21
Jérôme Guedj

Moi, je suis pour aborder la question de l'immigration sans aucun tabou. C'est une politique publique comme les autres qu'on doit juger, évaluer, et regarder ce qui marche, et regarder ce qui ne marche pas. Ne pas être dans l'angélisme ni le catastrophisme. L'angélisme, c'est quoi ? C'est une partie de la gauche qui dit « Il n'y a aucun problème, il n'y a aucun sujet, ouvrons les frontières à tout le monde, ce n'est pas ma position. » Et le catastrophisme, c'est la position de Ciotti ou du RN, qui est de dire « Immigration zéro », parce que ça, ce n'est pas réaliste et ce n'est pas crédible. Moi, je suis pour une immigration… Vous êtes favorable à cette commission d'enquête ?

Est-ce que vous pourriez y participer ? Je suis favorable à, je vais lâcher un gros mot à gauche qui n'est pas habituel, à une immigration planifiée. C'est-à-dire, on définit ce dont nous avons besoin pour le pays et quelles sont les conditions d'intégration qui peuvent être offertes pour que justement…

22:08
Invité

À la manière canadienne, quoi, c'est ça, un peu à la manière canadienne. Avec quoi ? Un permis à point, comme le dit Gabriel Attal ?

22:13
Jérôme Guedj

Avec le fait qu'on accueille des populations dont on est certain qu'on va pouvoir les former en français, avoir un travail, avoir un logement, parce que si c'est pour justement être dans des conditions de précarité, ce n'est pas bon pour les personnes qui arrivent sur le territoire et ce n'est pas bon pour le pays parce qu'il a le sentiment, eh bien, qu'il ne va pas de l'avant. Donc, assumer de manière dépassionnée, pas dire que c'est le sujet central. Regardez, encore une fois, dans les enquêtes d'opinion, le sujet premier de préoccupation des Français, c'est la question de la santé. De très, très loin. Ça, c'est quelque chose qui unifie. Et depuis 15 ans ? Et depuis des années.

Or, c'est le sujet dont on parle le moins. C'est quoi la politique de santé ? Comment on réforme le système ? Et il y a le pouvoir d'achat, gagner de l'argent. Et le pouvoir d'achat, gagner de l'argent.

22:54
Invité

Demain, on est le 1er mai. Demain, vous arrivez président de la République. Est-ce que vous touchez au 1er mai pour que ceux qui veulent travailler puissent travailler ou pas ?

23:03
Jérôme Guedj

Mais je ne pense pas que ce soit le sujet, là aussi, central et prioritaire. C'est le pouvoir d'achat. Vous avez quelques entreprises qui ont des salariés, des fleuristes, des boulangers, parfois industriels, etc. Ça fonctionne. Vous trouvez du pain le dimanche. Vous en trouvez dans votre coin. Et vous achetez du muguet ou des fleurs et vous en trouvez. Pas tous les fleuristes sont ouverts. Mais je vous assure, l'argent que vous dépensez le 1er mai, vous ne l'avez pas pour le 2 mai, le 3 mai, le 4 mai. Donc l'idée selon laquelle ça va booster la croissance, et en ouvrant le 1er mai, on va avoir plus de consommation, c'est une substitution. C'est un symbole.

Et dans les symboles, pardon de le dire, vous savez quoi ? Je vais citer Gérald Darmanin. Il paraît qu'hier, en Conseil des ministres, il a fait une petite sortie sur le sujet. Il a dit, et je reprends ses termes, il a dit, moi, dans sa région, à Tourcoing, dans le Nord, là-bas, il dit, le 1er mai, c'est le Noël au printemps pour les salariés. C'est-à-dire, c'est une journée, allez, c'est la journée historique de repos des travailleurs. L'immobilisme est en marche, rien ne l'arrêtera.

24:02
Intervenant

Oui, mais monsieur Gage, pardon, mais ça reste quand même pour moi.

24:05
Jérôme Guedj

Mais qu'est-ce que vous voulez ouvrir le 1er mai ? Vous avez envie d'aller à la FNAC ? Vous avez envie d'aller à Chez Carrefour, etc. Tout, ça va servir à quoi ? Vous n'allez pas plus, mais il n'y a pas de pouvoir d'achat.

24:14
Intervenant

Le samedi, le dimanche, vous n'irez pas le lendemain, le 2 ou le 3. Et le dimanche aussi, si, parce que c'est là que vous êtes à gauche. Vous n'êtes pas toute seule sur ce plateau. Je n'ai pas ouvert la boule depuis. Moi, je n'ai rien dit non plus au jeune Gage, mais là, ça m'intéresse ce qu'il dit. Moi, je suis pour tout ouvrir, parce que c'est le problème de la gauche, c'est que vous continuez à penser que les choses sont figées. Si les commerces sont ouverts le 1er mai, s'ils sont ouverts le dimanche, qu'est-ce que ça fait ? Ça crée de l'activité. Ça fait que, par exemple, le 1er mai, il faut payer un salarié pour ouvrir la boutique, pour tenir la boutique.

On va le payer même triple, je crois, le 1er mai. On l'éloquera de l'heure à 11h. Bon, avec son salaire, qu'est-ce qu'il va faire lui-même ? Le dimanche, quand les magasins seront ouverts, il va aller dépenser de l'argent. Il devient keynésien. Le pouvoir d'achat soutient la demande intérieure et donc la croissance. Non, mais c'est surtout au niveau du message. Ce n'est pas de l'argent public, en l'occurrence. L'activité crée de l'activité. J'ai le droit de parler ou pas ? L'activité crée de l'activité. Donc, je constate que vous êtes en réalité aux fraises, à gauche. Vous sucrez les fraises comme jamais.

Hollande, il est là avec son gros truc de sucre et il en met des tonnes sur ses fraises.

25:22
Jérôme Guedj

Vous savez quoi ? Parfois, un raisonnement par l'absurde permis. Donc, il faut ouvrir les magasins toute la nuit.

25:28
Intervenant

Est-ce qu'il faut ouvrir les magasins toute la nuit ? Oui, oui. 7 jours sur tête. Mais regarde, il est dingue. 20 jours sur 20 ans. Comme dans tous les grands pays qui tournent et qui sont en train de nous bouffer. La FNAC ouverte toute la nuit parce qu'à 2h du matin, il faut aller acheter le dernier bouquin de M. Consigny. En tant là, la Corée du Sud, la Chine, les Etats-Unis, les Émirats. Oui, enfin, tes idées, elles sont néolidérales, elles ont des années 80. Pause, pause, pause.

25:49
Invité

On y reviendra sur le 1er mai tout à l'heure à 11h. Puisque vous êtes en train de nous écouter, est-ce que vous voulez ouvrir ? Est-ce que vous voulez fermer ? On a du mal un peu à comprendre. Rendez-vous tout à l'heure à 11h. Je voudrais juste qu'on termine avec vous, Jérôme Guet, sur une guerre de deux mères. Vous avez la guerre de Master Poulet ?

26:04
Présentateur

Donc, on va parler de Poulet, là.

26:05
Invité

C'est Karim Bouamran qui ne veut pas l'ouverture de Master Poulet à Saint-Ouen. Et qui lui a répondu ? Bagali Bakayoko, le maire LFI de Saint-Denis, dans une vidéo. J'ai vu. Ça va ? Ils font même de la loco, là. C'est bien, merci de l'accueil, c'est gentil. Il y en a qui veulent les restaurants étoilés. Bagali. Ah bah non, pas besoin, ça.

26:28
Jérôme Guedj

Master Poulet, un coup, KO.

26:30
Invité

Voilà, Bali Bagayoko, qui a donc dit, Master Poulet, un coup, KO à la direction de Karim Bouamran, qui lui ne veut pas l'ouverture de Master Poulet. Il dit, c'est de la malbouffe, j'ai déjà suffisamment de fast-food dans ma ville. Vous êtes dans quel camp, alors, finalement ?

26:44
Jérôme Guedj

Moi, je trouve que la position de Karim Bouamran, qui est un maire qui s'occupe de la manière dont sa ville évolue. Et qui, en plus, met sur la table des questions, en effet, de malbouffe, etc. Je ne trouve pas ça débile de la part d'un maire. Voilà, donc, il faudrait qu'on concilie. Il y a des problèmes de pouvoir d'achat, qui fait que des gens vont dans ces chaînes de fast-food très low-cost, comme il y a des gens qui vont chez Chine pour s'habiller. Mais ça ne va pas dans le bon sens pour l'ensemble du pays. Ces gens-là, ils font venir 100% de leur poulet en dehors de la France. Donc, je trouve qu'il y a quand même une contradiction.

J'ai vu, il y a des grossistes de l'Union Européenne, qui eux-mêmes font venir peut-être d'Ukraine, etc. Poulet bourré d'antibiotiques. On ne peut pas. À un moment, la politique, c'est de la cohérence. On ne peut pas. Je voyais M. Coquerel, qui est député LFI de ce territoire, qui soutient ça. Et c'est les mêmes qui signent des propositions de loi à l'Assemblée nationale pour limiter les fermes-usines en France d'installation de batteries de poulet pour justement produire plus de poulet en France. Donc, il y a quand même des grosses contradictions. Je trouve qu'un maire, il a raison d'essayer de chercher l'équilibre dans sa ville. Voilà. Après, le sujet est parti dans les tours.

Le sujet a été monté en épingle. C'est une bataille LFI-PS. C'est la suite d'une bataille LFI-PS. Parce que tout ça a commencé dès l'instant où LFI a décidé d'en faire un sujet pour fragiliser Karim Bouamran, qui a été élu et bien réélu maire de Saint-Ouen, et qui vient avec un projet qui est clair. Il dit que ça doit être la ville pour tout le monde. Donc, des kebabs, des friteries, des fast-foods, il y en a dans sa ville. Mais il dit, je ne veux pas qu'il y en ait trop. Je ne veux pas qu'il y ait des nuisances. Et je préférerais qu'on puisse manger correctement. Et en face, on a des gens qui disent, au nom du pouvoir d'achat, on peut manger n'importe quoi, y compris de la merde.

Pardonnez-moi l'expression, je ne parle pas de ça en particulier. Je ne sais pas ce que... C'en est mis. Mais pardon, on ne peut pas valoriser tout et n'importe quoi. Il y a des enjeux d'équilibre. Voilà.