Johanna Rolland : " Je refuse une campagne présidentielle monopolisée par les idées du RN " - Vidéo
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:17OuverteRéponse directe
Le PS est-il absent de cette rentrée sociale ?
- 0:45OuverteRéponse partielle
C'est suffisant pour mettre la pression sur le gouvernement ?
- 1:42RelanceRéponse partielle
Quand on a 3600 milliards de dettes, il y a un moment, c'est un exercice comptable.
- 2:25RelanceRéponse directe
Le PS était où dans ces mobilisations ?
- 3:43OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous demandez à Sébastien Lecornu aujourd'hui ?
- 4:08FerméeRéponse directe
Le gel du point d'indice, c'est une ligne rouge pour le PS ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:52Invité politiqueFait
« Parce que dans ce pays, depuis quelque temps, quand on parle du service public, quand on parle des fonctionnaires, on a l'impression que c'est du côté du gouvernement une ligne de tableur sur un Excel. »
- 1:57Invité politiqueChiffre
« Emmanuel Macron a fait le choix de nous priver de priver les Françaises et les Français de 60 milliards par les cadeaux aux plus aisés et aux plus grandes entreprises. »
- 2:16Invité politiqueFait
« Et aujourd'hui, il nous dit quoi ? Qui doit payer cette incurie et ses choix politiques ? Les malades, les retraités, les plus modestes. Et maintenant, sur certaines prestations, les étrangers. »
- 2:40Invité politiqueFait
« On a rappelé et démontré tous l'inégalité énorme qui restait entre les femmes et les hommes sur cette question de retraite. »
- 4:14Invité politiqueFait
« Le gel du point d'indice, c'est une erreur. »
- 5:09Invité politiqueFait
« C'est revenir par la fenêtre sur quelque chose qui avait été sorti par la porte, la proposition de M. Darmanin, au moment de la loi immigration, que le Conseil constitutionnel lui-même a retoqué. »
- 9:10Invité politiqueChiffre
« Ce que je constate plus globalement, c'est qu'au premier débat, on a eu beaucoup de monde à le regarder, presque 700 000 personnes. »
- 12:35Invité politiquePromesse
« Le projet socialiste, lui, il est très clair. 62 ans. »
- 17:04Invité politiqueFait
« Moi, je suis absolument opposée au principe de capitalisation qu'Édouard Philippe a posé. »
- 18:54Invité politiqueFait
« Moi, je ne vais pas commenter la campagne présidentielle du Rassemblement national. »
Temps de parole
- Johanna Rolland51 %
- Présentateur13 %
- Locuteur 111 %
- Locuteur 49 %
- Locuteur 85 %
- ?5 %
- Locuteur 62 %
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Mobilisation hier dans tout le pays, entre 200 000 et 300 000 personnes qui ont donc manifesté fonctionnaires, pompiers, lycéens, pour demander plus de moyens. Le PS est-il absent de cette rentrée sociale ? On va poser la question à Johanna Roland. Bonjour. Bonjour. Merci d'être notre invitée, première secrétaire nationale déléguée du PS et vous êtes également maire de Nantes. Interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche. Bonjour Christelle. Bonjour Auriane. Bonjour Johanna Roland. Bonjour.
Johanna Roland, entre 206 000 selon le ministère de l'Intérieur, 300 000 selon les syndicats français ont manifesté hier dans tout le pays pour demander des hausses de salaire, pour demander plus de moyens alors que le budget est présenté demain. C'est suffisant pour mettre la pression sur le gouvernement ?
C
'est essentiel surtout. Pourquoi ? Parce que dans ce pays, depuis quelque temps, quand on parle du service public, quand on parle des fonctionnaires, on a l'impression que c'est du côté du gouvernement
une
ligne de tableur sur un
Excel. Les
fonctionnaires, ce n'est pas une abstraction.
C
'est celles et ceux qui nous soignent quand on va à l'hôpital, celles et ceux qui éduquent nos enfants, celles et ceux qui éteignent les incendies. Quand un pompier n'a pas, dans certaines situations, un masque de protection qui coûte 80 euros, ce n
'est
pas une abstraction.
Quand vous êtes
enseignant et que votre salaire n'augmente pas et depuis des lustres, ce n
'est
pas une abstraction. Donc j'entends ce que dit le Premier ministre, mais je rappelle qu'un budget, ce n
'est
pas un exercice comptable. C'est une vision de société. Et moi, la vision de société que
je défense... C'est-à-dire
que quand on a 3600 milliards de dettes, il
y a
un moment, c'est un exercice comptable.
Bien sûr, mais vous savez, je dirige un exécutif local, vous l'avez rappelé. Chaque maire qui nous écoute ce matin sait bien ce que c'est de gérer un budget. Il y a des dépenses et des recettes. Alors pardon, mais quand Emmanuel Macron a fait le choix de nous priver, de priver les Françaises et les Français de 60 milliards par les cadeaux aux plus aisés et aux plus grandes entreprises et que maintenant le Premier ministre vient en fait nous présenter la facture et
dit c'est 54 milliards,
évidemment. Et aujourd'hui, il nous dit quoi ? Qui doit payer cette incurie et ses choix politiques ?
Les
malades,
les
retraités, les plus modestes. Et maintenant, sur certaines prestations, les étrangers. Clairement,
ce
n
'est
pas le
choix de société qui est l'autre. Après, là aussi,
ce sont deux visions de société. Parce que par exemple, la droite dit ce qui aussi nous met dans le mur, c'est la suspension de la réforme des retraites que vous avez demandé.
Bien
sûr, ce sont des choix de société. Les Françaises et les Français ont manifesté dans la rue sur la réforme des retraites. Ils ont rappelé pourquoi c'était un droit. On a rappelé et démontré tous l'inégalité énorme qui restait entre les femmes et les hommes sur cette question de retraite. Donc oui, compter sur les socialistes pour continuer à être aux côtés, avec, au milieu de celles et ceux qui disent la France, ce n
'est
pas l'ultra-libéraliste. La France,
ce
n
'est
pas le chacun pour soi. Les services publics dans notre pays, ils sont ce qui fait tenir le pays debout. Et je crois qu'ils méritent sincèrement plus de gratitude et de reconnaissance que cette forme de
mépris
latent. Sincèrement, je veux
dire... Pour vous, c'est un mépris.
Le gouvernement méprise
les fonctionnaires ? Je
trouve en fait que cette fin de quinquennat ressemble au début. Est-ce que vous avez entendu une parole d'écoute hier ? Est-ce que vous avez entendu une parole qui dit « Oui, être une aide-soignante, c'est dur. Oui, être un enseignant, c'est valeureux. Oui, c'est important pour le pays. » Je trouve qu'on retrouve dans cette
fin
de moment ce qu'on a connu au début, une forme d'isolement circulé.
Il
n
'y a
rien à voir,
il
n'y
a
jamais rien à voir. Pendant ce temps-là, le pays
est abîmé. Qu'est-ce que vous demandez à Sébastien Lecornu aujourd'hui ? Justement d'ouvrir un dialogue ? Bien sûr.
L'organisation politique qui est la mienne, elle ne fait jamais les choses à la place du mouvement social. Ce n
'est
pas notre rôle. En revanche, notre rôle, c'est de soutenir. Il
y
a aujourd'hui un certain nombre de demandes qui sont précises. La ravolarisation des salaires, l'augmentation du point d'indice des fonctionnaires, ouvrir des discussions sérieuses. Mais pardon,
du coup, par exemple, le gel du
point d'indice, c'est une ligne rouge pour l'OPS ? C'est-à-dire que si c'est maintenu, il n
'y
aura pas de vote du budget ?
Le
gel du point d'indice, c'est une erreur. Absolument. Pourquoi ? C'est une erreur, mais est-ce que c'est une ligne rouge ? Je vais vous répondre. Pourquoi c'est une erreur ? C'est une erreur parce que vous croyez que les fonctionnaires, ils ne vivent pas la dégradation du pouvoir d'achat ? Vous croyez que quand on est catégorisé, comme on dit dans la fonction publique, on ne vit pas l'augmentation du prix de l'essence, ce qui reste pour le reste à vivre. Donc oui, les socialistes s'exprimeront sur le budget, ce qui est certain, les uns et les autres l'ont dit, et dans une cohésion des socialistes qui est extrêmement claire sur ce sujet.
Si les orientations sont confirmées au global, telles qu'annoncées aujourd'hui, très clairement, je vois au moment où
on parle, pas d'autres options. Au global, pardon, mais le point de crispation,
ce
n
'est
pas le point d'indice en lui-même
? C
'est le point d'indice, c'est faire payer les malades, c'est quand même cette sortie sur le fait d'exclure les étrangers de certaines prestations, je redis, c'est revenir par la fenêtre sur quelque chose qui avait été sorti par la porte, la proposition de M. Darmanin, au moment de la loi immigration, que le Conseil constitutionnel lui-même a retoqué. Enfin, à un moment donné, le modèle français, c'est quoi ? Le modèle auquel on est attaché, c'est quoi ? Ce n
'est
pas celui de la préférence nationale, même pas un peu ou moyen, ce n
'est
pas du tout, ce n
'est
pas ça la France.
Ça veut
dire que le Parti socialiste ne voterait pas le budget en l
'État
? Est-ce que tout le groupe va suivre ? Les parlementaires se prononceront le moment voulu, bien sûr, c'est leur responsabilité, mais je sais qu'aucun socialiste ou aucune socialiste ne peut dire quand on veut faire payer les malades, les plus modestes, les retraités, et maintenant, une part des étrangers, il y a quelque chose qui fonctionne. Ce n'est pas le cas.
Le PS était où dans ces mobilisations, Johanna Roulan ? Parce qu'on a un peu l'impression que vous êtes plus préoccupée par votre primaire que par la rentrée sociale.
Le PS était présent dans toutes les villes de France où il y a eu des manifestations, mais je le redis, il était présent à sa place.
Sa
place, ce n
'est
pas de conduire le mouvement social, c'est de le soutenir dans chaque espace où c'est nécessaire. Et je peux vous dire que dans toutes les villes du pays où il y avait des manifestations,
les
socialistes étaient présents.
Est-ce que ça veut dire que, par exemple, quand Bali Bagayoko est devant les lycées, avec les lycéens, il n
'est
pas à sa place
? Bali
Bagayoko, c
'est
le maire à
la ville. Oui, oui,
j'ai vu l'ensemble des images, j'ai vu aussi comment certains avaient tronqué les images pour raconter qu'une part de la réalité. Non,
mais en revanche,
il était bien
présent,
ça ne s'est pas été tronqué, il était bien présent devant les lycées. Je vais vous dire les choses comme
je le ressens. Moi, maire, je ne vais pas aller à la sortie des lycées. Mais quand je vois la manière dont sont traités un certain nombre de jeunes dans ces manifestations, quand on sait quelle est la situation en Seine-Saint-Denis, qu'à un moment, il y ait des adultes, parce que ça a été vrai pour ce maire, ça a été vrai aussi pour des enseignants, qui disent, attention, ce sont nos enfants qui sont là, qu'est-ce qu'on fait ? Plus globalement, je vais vous dire une chose très claire sur cette question. Moi, j'ai vu ce qui s'est passé à la sortie d'un certain nombre de lycées. Et donc, ce matin, je dis très clairement sur ce plateau, stop,
on
ne répond pas à l'inquiétude et la colère d'une partie de la jeunesse de notre pays en donnant des consignes de dispersion en gaz lacrymogène. Il y a des jeunes pour qui c'est la première manifestation. Est-ce que la communauté des adultes, là, peut se ressaisir un moment et se dire que quand on a une gamine de 16 ans qui vient pour la première fois manifester devant un lycée, le message que la République a envie de lui envoyer, ce n
'est
pas d'emblée de balancer les gaz lacrymogènes ? Je le dis, il y a là une logique
qui
a été donnée en matière de consignes qui est de là où je suis absolument
à l'inquiétude. – Vous
dites stop au gouvernement, est-ce que vous dites à la France insoumise de calmer le jeu aussi ou pas ?
Ou pour vous, leur action est tout à fait politiquement acceptable ? – Mais mon sujet, ce
n
'est
pas la France insoumise, pardon. Mon sujet, c'est ce que dit cette jeunesse. Est-ce qu'on peut parler de ce qu'ils disent ? Est-ce qu'on peut parler sur ce plateau du fait que nos enfants sont en train de nous dire des classes à
35, ce n'est pas possible ? – On peut parler d'eux, ce n'est pas parce qu'on parle de la France insoumise, on ne parle pas des remarques sur la
question d'avant. Est-ce
qu
'on peut parler du fait qu'ils nous disent les classes où il fait 37 degrés, où les profs ne sont pas remplacés, ce n'est pas possible. Puis est-ce qu'on peut aussi s'arrêter un instant sur le fait de dire que derrière, c'est quand même un symptôme de la jeunesse française ? Enfin, on le sait, les enquêtes d'opinion le montrent, on l'entend qu'en échange avec eux, notre jeunesse ne va pas bien. Il n'y
a
jamais eu autant de problématiques de santé mentale chez les jeunes qu'aujourd'hui. On a un certain nombre de jeunes étudiants qui sont dans des situations de pauvreté que le Secours populaire a souligné dans son baromètre de rentrée, comme jamais. J'aimerais qu
'on
pose ces sujets parce que le sort qu'on fait à la jeunesse dans un pays, là aussi, ça dit beaucoup du modèle de société qu'on veut porter.
–
Alors, il y a la mobilisation, mais il y
a
aussi les primaires, la primaire, pardon, de la gauche. Qu'attendez-vous du débat de demain soir ? Le précédent débat, ça a été un peu tous contre Raphaël Glucksmann. Est-ce que ce sera la même chose ? –
D
'abord, je n
'ai
pas la même lecture que vous de ce premier débat. Ce que je constate plus globalement, c'est qu'au premier débat, on a eu beaucoup de monde à le regarder, presque 700 000 personnes. Je forme le vœu, et je suis plutôt optimiste de ce point de vue qu'il y aura encore plus de Françaises et de Français devant leur écran jeudi soir. Imaginons qu'on soit, je ne sais pas, 1,5, 2 millions de téléspectateurs, ce qui honnêtement ne me paraît pas un objectif irréaliste. – Ça
se traduit en
nombre d'inscriptions
pour le vote ? – Ce sera la
preuve que cette primaire a d'abord comme vertu de mener la bataille culturelle et politique. Moi, je ne veux pas d'une campagne qui va être monopolisée par les thèmes de l'extrême droite. Ensuite, vous avez raison, la question c'est comment, du nombre de gens qui regardent le débat, et visiblement ils sont en rendez-vous, ça se traduit dans la volonté de participer à l'imprimation.
– Ah non, et là,
Johanna Roland, la primaire,
elle
n
'est
pas monopolisée par la thème de l
'extrême
droite, elle est monopolisée par les attaques entre candidats, notamment Céline Rayel et Raphaël Glucksmann, et elle est un peu monopolisée par la question des alliances avec la France insoumise. –
Vous
résumez deux ans
et
un quart de débat la semaine dernière, aux 20 dernières minutes qui ont existé. Donc je ne doute pas que jeudi, nos candidats vont à nouveau pouvoir dire quelles sont leurs propositions sur le pouvoir d'achat, sur l'éducation, sur la souveraineté industrielle. Enfin, on est quand même dans un monde en pleine bascule. Ensuite, les questions stratégiques ne seront pas écartées, et ça me paraît…
– Et on voit bien que c'est la réelle ligne de
clivage entre les candidats, c'est avec ou sans la France insoumise.
–
Vous savez, moi je suis
convaincue d'une chose, se définir exclusivement par rapport à la France insoumise, ça veut dire qu'on n'a pas grand-chose à dire aux Français. Et on a les uns et les autres beaucoup de
choses
à
dire aux Français. –
Pour vous,
ce
n
'est
pas
fondamental comme
débat ? – C'est un élément du débat, mais non, je refuse que le débat se résume à ça.
–
Mais pardon,
est-ce que ce débat, il n'aurait pas été écarté si Olivier Faure
avait
tranché ? – Ce qu'on veut et ce vers quoi on va. Un mot sur Olivier Faure, puisque vous l'évoquez, ça va me permettre de passer deux messages ce matin.
Moi
j'appelle les socialistes
à
se rappeler qui a relevé notre parti quand il était à terre,
et
que pas grand monde se bousculait au portillon pour prendre ses responsabilités. Et j'appelle les Françaises et les Français qui ont le cœur à gauche
à
aller choisir celui qui sera en capacité, au lendemain de la primaire, d'ouvrir un dialogue avec nos amis écologistes, avec nos amis communistes. Parce que mon inquiétude, moi, c
'est
le score annoncé du Rassemblement national. Et que dans ce moment-là, ça doit être ça notre obsession. Et que le splendide isolement n'a jamais fait une stratégie politique. Ça vaut pour les présidentielles, ça vaut pour les législatives. Vous
voterez pour Olivier Faure,
vous,
Joana ? Oui, bien sûr, je soutiens la candidature d'Olivier Faure pour les raisons que je viens d'évoquer. Vous le savez, ma conviction permanente, ancienne et profonde, c'est qu'il n'y a pas d'avenir pour notre pays, pour la gauche et pour les gens, si celles et ceux qui travaillent ensemble dans nos collectivités, les socialistes, les communistes, les écologistes, celles et ceux qui ont fait toujours l'histoire de cette gauche, ne se rassemblent pas. Mais pardon,
mais là, celui
qui est donné au second tour à gauche, c'est Jean-Luc Mélenchon. C'est ni Olivier Faure, ni Raphaël Luxemann, ni aucun des cinq candidats à la primaire.
Mais il nous reste d'abord 15 jours avant le premier tour de la primaire et huit mois avant l'élection présidentielle. Donc aujourd'hui, aux candidats et aux candidates, d'aller convaincre les Français que dans un monde qui a basculé, dans un monde où les enjeux sont nouveaux, la parole qui est la nôtre, le projet,
moi
je suis attachée aussi à ce que nous respections, le projet des socialistes. On a évoqué la question de la retraite, on parlera peut-être des positions d'Edouard Philippe. Le projet socialiste, lui, il est très clair. 62 ans.
J
'attends par exemple que l'ensemble de celles et ceux qui veulent porter nos couleurs se prononcent sur des sujets de cette nature.
–
Mais vous aviez un candidat dans les sondages. Alors ce ne sont que des sondages, on était à 8-9 mois de l'élection. Mais vous aviez Raphaël Luxemann qui était au-dessus de 10%, loin devant les autres candidats qui ont été testés, notamment Olivier Faure. Pourquoi ne pas avoir lancé la dynamique de sa candidature plutôt que de partir dans une primaire qui va vous
diviser ? – D'abord, je le redis, une élection présidentière, ce n
'est
pas le yo-yo des sondages tous les jours. Qui a gagné deux points, qui a perdu deux points, etc. Moi, pardon, mais sur le terrain…
–
D
'accord, mais là, Marine Le Pen est en campagne, Jean-Luc Mélenchon est en campagne, et vous,
vous êtes
encore à choisir votre candidat. – Ce n'est pas de ça dont
les Françaises et les Français me parlent et ont choisi notre candidat à peu près dans le même timing que les candidats ont été choisis la dernière fois. Ensuite, je le dis aussi, la primaire, c'est un point de départ. Ce n
'est
pas un point d'arrivée. La primaire, c'est un point de départ pour donner de la force à celui ou celle qui aura été choisi, qui aura été choisi largement. Et oui, je le redis, il n
'est
pas question que cette campagne présidentielle soit monopolisée par les obsessions de Marine Le Pen, qui nous dit qu'elle veut dévoiler les musulmanes, affaiblir le service public. Et donc, quand trois fois deux rangs en un mois, des socialistes s'expriment devant peut-être 1,5 ou 2 millions de personnes, ça participe de cette bataille culturelle et politique qui, pour moi, est absolument première. Et ce n
'est
pas les dernières révélations concernant Jordan Bardella qui vont me faire changer d'avis sur ce sujet.
– Avant d'en venir à Jordan Bardella, une dernière question sur l'EPS. Quand on observe les lignes, les différences entre vous, les lignes de clivage et notamment sur LFI, la question qui se pose, c'est est-ce que tout le PS suivra le candidat qui aura été désigné à
l
'issue de la primaire ? Est-ce qu'aujourd'hui, c'est possible, considérant cette ligne de fracture majeure concernant LFI notamment ?
–
Les
candidates et les candidats se sont engagés de manière claire. C'est la charte. – Ils s'étaient
aussi engagés à la dernière
primaire, ça n
'a
pas forcément marché. –
Moi, je n'ai pas de raison
aujourd'hui de penser que celles et ceux qui sont engagés dans cette primaire ne respecteront pas la charte de la primaire.
Les
règles de la vie commune, elles sont faites pour être respectées. –
Juste à ce jour, il y a combien de votants inscrits
pour la
primaire ? – Alors,
c'est trop tôt pour le dire, on ne
va
pas communiquer les chiffres maintenant, mais au
moment où on parle… – Vous voyez une évolution ?
– Oui, on a tous les jours des inscriptions. J'en profite pour le dire à celles et ceux qui nous écoutent, qui veulent participer. Soit vous allez sur le site de la primaire Choisir 2027, soit vous allez sur le site du Parti Socialiste. Je rappelle que c'est un vote électronique. Donc, pour ceux qui ont l'habitude, il ne faut pas aller chercher son bureau de vote physique. Tout ça est fait de manière extrêmement professionnelle, avec des huissiers qui contrôlent
les listes électroniques. – Ce sont des inscriptions bassives auxquelles vous
assistez, où…
– Aujourd
'hui, on peut imaginer qu'il y aura à ce stade entre 70 000, 100 000 participants, mais c'est encore trop tôt pour donner une estimation définitive. Pourquoi ? Il y a eu un débat, je le redis, il y
a
une étape très importante, jeudi, puis le troisième débat. Puis on sait par expérience que souvent les Françaises et les Français s'inscrivent un peu au dernier
moment à la primaire. – 70 000, 100
000, est-ce que, grosso modo, vous avez la répartition entre ceux qui s'inscrivent sous les couleurs PS, place publique
? – Les
choses me semblent relativement équilibrées aujourd
'hui.
–
On va parler justement de la proposition d'Edouard Philippe.
–
Oui, donc il s'est prononcé hier sur son plan concernant la réforme des retraites. Il propose un âge de départ à 65 ans, là où il proposait 67 précédemment. C'est une évolution, est-ce que vous la saluez ?
Est
-ce que ça vous rassure
? – Absolument
pas.
Moi,
j'ai retenu une phrase dans les propos d'Edouard Philippe qui m'a beaucoup marquée. À un moment donné, il dit, la retraite, ce n
'est
pas un sujet de société, c'est un sujet financier.
Je
crois que tout est dit.
Je
crois que la retraite,
c
'est d'abord un sujet de société. Là aussi, c'est d'abord comment on veut vivre, avec qui on veut vivre. Et puis je crois qu'on voit surtout que la droite n'a pas changé d'un millimètre. Nicolas Sarkozy, c'était travailler plus pour gagner plus. Là, maintenant, on a travaillé plus, cotisé plus pour avoir moins, suivez le guide. Pendant ce temps-là, rien n'est réglé, ni la pénibilité, ni l'égalité entre les femmes et les hommes. Cette annonce brutale,
c'est-à-dire dans un moment paradoxal, est quand même
pour
le
moins révélatrice. Si on veut que nos retraités demain puissent continuer à avoir des pensions à minima décente, c'est aussi un sujet financier.
–
Mais ça n'empêche pas de se dire au service de quoi ? Au service de quel projet de société ? Je vous donne un exemple. Moi, je suis absolument opposée au principe de capitalisation qu'Édouard Philippe a posé. Nous, nous considérons que la retraite est et doit rester un droit que nous devons protéger, et pas une épargne
pour celles et ceux qui peuvent se le financer. – Quand vous
avez de moins en moins d'actifs pour financer les retraités, est-ce que la retraite demain sera encore un droit
? – C
'est un des enjeux de la campagne présidentielle. Il y a eu des millions de Françaises et des Français dans la rue pour s'opposer à cette réforme de retraite, sur le fond et sur la forme. Donc oui, nous allons continuer à défendre l'idée que la retraite est un droit. Pourquoi ? Parce que là, sur ce plateau, on imagine peut-être travailler encore à 64 ans et 65 ans, mais moi, dans ma ville, quand je vois des gens dont les corps ont été usés par le travail, quand je vois des femmes qui, à 60 ans, m'expliquent à quel point elles sont fatiguées, cette ignorance-là, je crois qu'elle n'est pas un bon guide pour faire des annonces particulièrement brutales et à un moment particulièrement choisi.
–
Une question sur les sénatoriales, pour finir, qui ont eu lieu dimanche soir. Est-ce que vous comprenez que le groupe écologiste au Sénat n'accueille pas Gabriel Amard, qui a été élu sénateur LFI dimanche soir ?
– D'abord, je voudrais saluer la nouvelle présidente du groupe écologiste au Sénat,
Mélanie
Vaugelle, qui est une sénatrice de grande qualité,
qui
a porté des combats pour la gauche, et je pense notamment au combat pour la constitutionnalisation d'IVG, qui me semble absolument premier. D'abord, le groupe écolo est souverain dans ses choix, et en plus, oui, je le comprends parfaitement.
–
Un mot, puisqu'on en a parlé tout à l'heure, mais on ne vous a pas laissé développer sur les accusations qui pèsent sur le président du Rassemblement national. Jordan Bardella, accusé par le site Mediapart, décrit antisémite lorsqu'il avait 17-18 ans. Comment vous réagissez
? –
Moi, je ne
vais
pas commenter la campagne présidentielle du Rassemblement national. Mon rôle, c'est de combattre leurs idées, leurs projets, et de démasquer les artifices.
Ce
qui est sûr,
c
'est que le Rassemblement national a peut-être changé de masque, mais qu'il n
'a
pas changé de nature.
Et
aujourd'hui, il est révélé au grand jour que la dédiabolisation est une fable. Derrière, surtout, je trouve que ça
nous invite. – Des propos précis
que Jordan Bardella dément avoir écrit. – Absolument.
On
voit toute la rhétorique, la théorie du complot. Je ne
vais
pas reprendre l'ensemble…
– Mais quand vous dites que le RN
n
'a
pas
changé, ça veut dire quoi ?
Que
le RN a aussi… – Jordan Bardella nous a expliqué à un moment donné, je me rappelle, qu'il était celui qui allait écarter les brebis galeuses, on se rappelle de la députée qui tient une librairie négationniste, je me rappelle, moi, d'un député en Vendée avec des propos ouvertement racistes sur son site Facebook. Et ce matin, on a le droit de se demander si plutôt que d'avoir écarté les brebis galeuses, il n
'a
pas été le chef du troupeau. Plus profondément, ça rappelle chaque responsable politique à la responsabilité imminente
qui est la sienne. au
fait de se dire que, dans un moment, oui, le parti du RN, qui n'a pas changé, qui reste dans la même filiation que celui du Front national…
– Ça veut dire que c'est un parti antisémite
aujourd
'hui
?
–
Ça veut dire qu'à l'évidence, il y a eu, et pas de manière isolée, des propos, des actions. Ensuite, la justice fera son travail. Mais combattre le RN de toutes nos forces, et pas simplement en disant pourquoi on est contre, mais du coup en disant quelle est l'alternative qu'on propose. Parce que vous le savez bien, les Français, ils n
'ont
pas seulement envie de voter contre quelque chose, ils ont envie de voter pour un projet, pour une dynamique, pour une fierté, pour le fait de se dire c'est quoi faire nation, et puis pour le fait de dire comment je réponds concrètement à la question, quand mon frigo est vide le 12 du mois, qui va me proposer une solution pour que ça tienne jusqu'au 29 ? –
Merci
Joana Roland.
– Merci beaucoup
d'avoir été notre invitée ce matin. Et Bardella fait la une de la dépêche, Christelle Bardella l'affaire qui secoue le RN, c'est à la une de votre journal. On va voir ce qui fait la une dans nos autres journaux régionaux. Il est beaucoup question de la mobilisation qui a eu lieu hier. Et Stéphane, ce sont les manifestations d'hier qui font la une de la presse régionale partout en France.
– Eh oui, à chaque quotidien, le bilan de la mobilisation sur son territoire. Mais le constat et les mots sont souvent les mêmes. Unis dans la colère, comme l'écrit le populaire du centre et l'Alsace. Autre expression en une de vos journaux ce matin, la pression, la rue maintient la pression pour Sud-Ouest. Et la pression monte, nous dit le Télégramme. 200 à 300 000 manifestants pour les services publics partout en France, dont les pompiers mis en avant par le journal L'Union. On en a ras-le-bol d'être pris pour les poubelles de la République. Enrage deux sapeurs-pompiers venus de la Marne. Ils dénoncent le manque de moyens qui crée de la souffrance. Voilà ce qu'ils racontent.
L'ampleur de la mobilisation leur donne quand même un peu de baume au cœur. Un quart des effectifs nationaux. On n'avait pas vu ça depuis 10 ans, se réjouissent-ils.
– Ces manifestations, c'était aussi l'occasion pour les fonctionnaires de dire ras-le-bol des bas salaires.
– Exactement, c'est le titre de l'article du Télégramme qui revient sur cette mobilisation. 10% des agents de la fonction publique étaient en grève à la mi-journée hier. Et cette même revendication qui revient, le pouvoir d'achat, Saïnia Moknin, agente de mairie, explique être fonctionnaire depuis 26 ans pour un salaire de 1 700 euros par mois. La honte, conclut-elle.
– Les lycéens se sont aussi joints aux manifestations.
– Oui, Sud-Ouest, il consacre un article dans sa double page sur les manifestations. On peut y lire le témoignage de lycéens agenés déterminés à faire entendre leur voix. Ils dénoncent à la fois les profs non remplacés, les horaires surchargés, les classes où l'on grelotte l'hiver et où on surchauffe l'été. Ils déplorent aussi sur des pancartes la présence policière autour de leurs établissements. On est censé passer le bac et on nous envoie la bac, peut-on lire sur ces pancartes. Après les blocages d'hier, 440 personnes, notamment des mineurs, ont été interpellées, indiqué le ministère de l'Intérieur.
– On va voir comment se sont passées ces mobilisations dans le Nord, à Lille. On rejoint Aurélien Vurli. Bonjour Aurélien, merci beaucoup d'être avec
nous. – Bonjour Aurélien. – Les
journalistes à RCF Notre-Dame dans les Hauts-de-France, Aurélien, quelles sont les revendications de ces lycéens et quelles violences ont généré ces mobilisations ?
– Les revendications, Aurélien, ce sont des conditions matérielles. D'abord, la cantine qui est trop chère, les locaux, la climatisation, le chauffage, l'infirmerie. Il demande également des moyens humains. Il dénonce un manque de professeurs, de personnel, des classes qui sont parfois trop nombreuses, les conditions de travail également. Il demande un allègement des emplois du temps ou un emploi du temps qui puisse être mieux organisé. Par exemple, certains dénoncent des emplois du temps très mal faits avec des trous de plusieurs heures entre deux cours. Il demande également la suppression de parcours sup et le rétablissement du téléphone portable au lycée.
On a vu des manifestations à Lille, à Aubourdin, à Villeneuve-d'Ascq, à Arras, à Béthune,
à
Calais, dans des lycées de ces villes de la région qui ont été bloquées. Notre reporter, Tobias Lett, était devant un lycée lillois bloqué par des élèves et leur soutien. Ils étaient une centaine devant le lycée Baggio. De grosses violences ont eu lieu.
Il
y avait un feu de poubelle, des tirs de mortiers d'artifice, des vitres brisées, les forces de l'ordre de l'autre côté qui essayaient de débloquer le lycée. On a vu une vidéo sur les réseaux sociaux qui a beaucoup tourné où un chien chargeait les manifestants. Le compte d'extrême-gauche Révolution Permanente dénonçait le chien appartenant aux forces de l'ordre. Les forces de l'ordre qui ont démenti en expliquant que le Malinois ne pouvait pas être aux policiers puisque le chien n'était pas identifié. On a vu également, toujours devant ce lycée Baggio à Lille, un professeur être roué de coups, des coups de pied dans le dos portés par des élèves cagoulés.
Le procureur de Lille qui annonçait hier soir que 18 jeunes avaient été placés en garde à vue ces 48 dernières heures, des jeunes quasiment tous mineurs.
Comment
se positionnent les politiques vis-à-vis de ces mobilisations, Aurélien
? Eh
bien, de manière assez classique, finalement, Aurélien, le député LFI de Lille, Aurélien Lecoq, a été aperçu sur des points de blocage, notamment au lycée Baggio dont on parlait à l'instant. Lui dit vouloir servir de tampon entre les forces de l'ordre et les jeunes. Il dénonce également des violences de la part de forces de l'ordre sur des mineurs. Xavier Bertrand, lui, dénonce, le président de la région Hauts-de-France qui dénonce ces blocages et des tirs de mortiers, les violences, évidemment, faites par les jeunes.
Mathieu Vallet, le député RN du Nord, lui est choqué d'un violence contre les professeurs et les forces de l'ordre, même si certains se reconnaissent dans les revendications des lycéens.
Merci
beaucoup Aurélien, merci d'avoir été avec nous depuis Lille pour nous parler de ces mobilisations. Stéphane, nous, on va reparler sénatorial. Ça nous manquait. Dans l'Aube, où l'Est éclair nous dit qu'il y a des doutes sur la validité des élections.
Eh oui, le scrutin, c'était dimanche, on en a beaucoup parlé sur Public Sénat. Et le quotidien relève que, dans l'Aube, il y a eu beaucoup, beaucoup, beaucoup de votes blancs.
À
peu près 25%, c'est beaucoup plus que dans les autres départements. Et il y
a
aussi une sous-estimation du nombre de suffrages exprimés. La faute peut-être, nous dit le quotidien, à la méthode de dépouillement. Parce qu'on pouvait voter pour deux sénateurs dans l'Aube et s'il n'y avait qu'un bulletin dans l'enveloppe, eh bien, le deuxième était vraisemblablement comptabilisé comme blanc, alors que les grands électeurs ont le droit de ne mettre qu'un bulletin dans l'enveloppe. L'Est éclair se demande donc s'il n'aurait pas été nécessaire qu'un second tour soit organisé pour que les deux sénatrices élues dès le premier tour soient élues en fonction des règles des sénatoriales en posant, le quotidien pose cette question de potentiel recours à ces élections.
Les recours, justement, qui ont conduit à l'annulation des municipales à Vénitieux et à Vaud-en-Velin.
Oui, deux villes gagnées par LFI au mois de mars. Les deux maires de Vaud-en-Velin, Abdelkader Lamar et de Vénitieux Idir Boumertit vont faire appel de cette décision. Ces annulations, elles se fondent sur des erreurs commises par d'autres listes qui concouraient à ces élections municipales, l'une macroniste, l'autre d'extrême droite. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé sur X un préfet incompétent, mais un conseiller municipal écologiste de Dessine-Charpieux, qui est spécialiste du droit électoral, a appelé les insoumis à ne pas tomber dans le complot. C'est ce que nous raconte le progrès dans son article. La jurisprudence est constante.
Quelle que soit la liste gagnante et la liste frauduleuse, explique Mathieu Vieira pour tenter d'éteindre tout soupçon de manipulation.
Allez, on termine avec cette une de La Voix du Nord qui nous présente le chien comme membre à part entière de la famille.
Oui, une pièce de pulse. Sans le chien, le pulse serait incomplet. Voilà ce que dit Camille à La Voix du Nord. On y apprend que le chien est aussi présent pour les devoirs des enfants. Et ce n'est pas si étonnant que ça. Auréane, ils sont perçus avec les chats comme ayant des valeurs éducatives. Voilà ce que dit le sociologue Christophe Blanchard à La Voix du Nord aujourd'hui. Et si vous ne le saviez peut-être pas, mais on compte 1,5 million chats et chiens en France en 2025. Désolé pour vous, rien, avantage aux chats. 890 000 chats contre 640 000 chiens.
Ça va faire plaisir à Zahine,
à
notre chef d'édition. Merci beaucoup. Merci Stéphane d'avoir été avec nous. On se retrouve demain Stéphane.
Et
on se retrouve demain,
le
dernier jour. Et en attendant, c'est l'heure de notre reportage en région. La parole des victimes est essentielle dans le processus judiciaire mais parler peut être particulièrement éprouvant. Pour mieux les accompagner, la Bretagne utilise depuis 2019 le programme Calliope né au Québec à Rennes. Des professionnels sont formés pour guider les victimes et les aider à aborder plus sereinement les différentes étapes de la procédure. On regarde ce reportage de nos partenaires de TVRN.
Cette
jeune fille à 13 ans, victime d'inceste par son père à l'âge de 4 ans, elle bénéficie du protocole Calliope. Lors de ses rendez-vous avec une intervenante formée, les faits ne sont jamais évoqués. Le but est d'aider la victime à reprendre confiance, gérer son stress, mieux comprendre le cadre judiciaire et s'exprimer par des mises en situation. Tu m'as dit que vous aviez mangé du gâteau au citron. Combien de
parts est-ce que tu as mangé
?
Il n
'y
avait pas de gâteau au citron. Je ne sais pas combien de parts j'ai mangé vu que je n
'ai
pas mangé de gâteau au citron. J
'ai
gagné en confiance en moi, pouvoir mieux m'exprimer, par exemple, pouvoir dire la vérité aux autres, parce que ça peut blesser,
mais
il faut encore en même temps dire la vérité. Et aussi, pouvoir témoigner bien, sereinement. Que
ce soit les enfants ou les femmes,
elles
sont beaucoup plus sur deux en fin d'accompagnement. Et les réponses sont beaucoup plus sûres et beaucoup moins approximatives ou hésitantes.
L'association nationale Alexis Danan, basée à Rennes, est la seule en France à proposer cette formation certifiante. 150 intervenants du social ou de la justice ont été formés à Calliope, dont des gendarmes d'Illé-Vilaine et du Morbihan.
On
va renforcer la parole en donnant des compétences pour être capables de s'exprimer d'une manière fluide.
Et
du coup, ça donne un récit judiciaire qui va être fluide, qui va être factuel. Des personnes qui surtout étaient fières d'avoir témoigné en justice, contentes, et même au-delà du verdict qui était donné. Et donc ça, ça n'a pas de prix. Ça fait des personnes qui vont mieux, ça fait une société aussi qui va mieux. Au total, Calliope
a permis d'accompagner 500 victimes en France dans leur processus judiciaire pour des violences
intrafamiliales. Allez,
place à notre débat. Les fins de mois font-elles la fin du quinquennat
? Sous-titrage Société Radio-Canada Merci.
Johanna Rolland