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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 4 juin 2026 24 min

Disparition de Lyhanna, primaire de la gauche pour 2027... Le "8h30 franceinfo" de Raphaël Glucksmann

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info. Bonjour Raphaël Gluck.

0:04
Raphaël Glucksmann

Bonjour.

0:05
Présentateur

Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour à tous. On va parler de votre candidature, de votre livre. Vous allez nous dire si vous acceptez la proposition de double primaire d'Olivier Faure. Mais d'abord, une affaire qui révolte. On a appris que le principal suspect dans la disparition de la petite Liana, 11 ans, avait été déjà visé par plusieurs procédures judiciaires et notamment une plainte pour viol sur mineur déposée en août dernier. Dix mois plus tard, le suspect n'avait toujours pas été interrogé dans cette enquête au moment de la disparition de Liana. Peut-on accepter qu'il soit passé entre les mailles du filet, Raphaël Glucksmann ?

Et est-ce que vous aussi, cette affaire vous révolte ?

0:44
Invité

Oui, elle me révolte. Permettez-moi d'abord d'avoir une pensée pour Liana, pour sa famille, pour cette angoisse insoutenable depuis six jours. Et il y a une enquête administrative qui a été déclenchée. On attend tous de voir les résultats de cette enquête. Mais il y a une chose qui est certaine, c'est qu'il y a eu des dysfonctionnements, qu'on ne peut pas avoir une plainte et dix mois plus tard, rien. On ne peut pas, finalement, laisser les plus vulnérables de la société à l'abandon. Et c'est vraiment une question profonde qui se pose à nous. On doit faire de la défense des enfants dans des cas comme celui-ci, où un homme est accusé de violences sexuelles à l'encontre d'enfants.

Eh bien, on doit faire de la défense des enfants la priorité absolue.

1:31
Présentateur

Ça veut dire quoi ? Des procédures d'urgence quand il s'agit de violences sur mineurs ?

1:36
Invité

Il faut des procédures d'urgence. Mais là, ce qui se passe dans ce cas, c'est apparemment que la justice a perdu du temps, a dysfonctionné. Et donc, il faut aussi des moyens supplémentaires pour la justice, pour que cela ne se reproduise plus. Il faut des moyens supplémentaires pour que les dossiers soient traités beaucoup plus rapidement et que ces dossiers remontent tout en haut de la pile à chaque fois. Parce qu'il s'agit, en fait, de protection. Ces délinquants sexuels, criminels, multirécidivistes, en fait, sont des dangers absolus. Et donc, il faut protéger nos enfants.

Donc, c'est une question à la fois d'argent, de moyens, mais est-ce qu'il faut aussi, pour vous, modifier la loi si vous accédez à l'Elysée ? Mais déjà, il faut commencer par regarder attentivement ce que l'enquête administrative va dire. Et ensuite, il y a eu une demande à l'Assemblée nationale d'Océane Godard, député socialiste, d'une loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles, en particulier à l'encontre des enfants. Et oui, c'est un sujet dont d'autres pays européens se sont saisis et ont eu des politiques plus efficaces que la nôtre. Donc, il va falloir que ce soit une priorité, en effet.

2:35
Présentateur

Raphaël Glucksmann, vous publiez un livre « Nous avons encore envie pour un sursaut patriotique » chez Alari Édition. Vous serez en meeting le 13 juin. Vous répétez que la social-démocratie est la seule à pouvoir battre le Rassemblement national, mais vous n'êtes toujours pas candidat et vous vous donnez trois mois. Qu'est-ce que vous attendez ?

2:54
Invité

Ce que je veux, c'est ne pas être une candidature de plus. Ce que je veux, c'est réunir mon camp. Ce que je veux, c'est dire à tous les Français, toutes les Françaises qui croient encore dans une gauche républicaine et démocratique que nous allons gagner cette élection.

3:08
Présentateur

Mais est-ce que vous doutez de vos capacités ? Pourquoi vous ne le dites pas plus clairement ?

3:12
Invité

Je ne doute de rien. Je suis d'une détermination sans faille. Mais je ne veux pas être une candidature de plus. Je veux qu'on arrive à créer un rassemblement et une dynamique politique. Et ça passe d'abord par la conviction que nous allons gagner cette élection. Et je vous le dis, aujourd'hui, ça peut sembler bizarre, parce que quand on regarde notre espace politique, il semble patatoïde et pas vraiment carré. Patatoïde. Patatoïde, oui. Mais nous sommes l'espace qui va battre l'extrême droite au deuxième tour en 2027. Pourquoi ? Parce que les Françaises et les Français veulent du changement. Qu'ils ne veulent pas d'un ancien premier ministre d'Emmanuel Macron.

Qu'ils ne veulent pas continuer la même politique avec les mêmes gens, les mêmes figures, les mêmes personnes. Et que donc, ils vont chercher une alternance. Nous sommes les seuls à offrir cette alternance pour battre l'extrême droite en 2027. Donc, notre responsabilité est immense. Et ces trois mois, nous les consacrerons à produire cette offre politique, à être capables de nous rassembler et à être capables de comprendre que notre responsabilité est absolue. Dans ces 200 pages, vous écrivez que la prochaine présidentielle ne se jouera pas seulement sur le pouvoir d'achat, sur l'immigration, sur la sécurité, mais c'est le titre sur une question beaucoup plus simple.

Avons-nous encore envie ? Quand on regarde les sondages, aujourd'hui, celui qui est en tête, c'est Jordan Bardella. Donc, qu'est-ce qui vous fait penser que c'est vous qui pouvez incarner cette envie ? On a encore envie de France. D'une France qui renoue avec son destin. D'une France qui renoue avec ce pacte 20 fois séculaire dont parlait le général de Gaulle qui lie la grandeur de notre pays à la liberté du monde. Nous avons envie d'une France qui nous fasse rêver, vibrer. Et ce n'est pas la France que propose le Rassemblement National.

Moi, ce que je vois même dans mes échanges avec les électrices et les électeurs du Rassemblement National, c'est qu'à la base de leur colère, il y a d'abord cette envie frustrée. Et nous allons répondre à cette envie avec un agenda de souveraineté qui va rendre à notre pays la maîtrise de son destin. Avec une politique qui visera à établir un nouveau contrat patriotique entre les Françaises et les Français. Nous allons montrer que nous sommes plus patriotes que l'extrême droite. Et ça, c'est ce que vous proposez dans votre livre.

5:13
Présentateur

Un nouveau contrat patriotique, c'est ce que vous proposez. Mais si vous attendez trois mois, c'est aussi, Raphaël Guzman, parce que c'est la réalité. Vous n'avez pas d'argent, vous n'avez pas de parti avec une armée de militants à disposition. Vous attendez un soutien du Parti Socialiste. Or, c'est nouveau. Désormais, Olivier Faure, le patron du PS, veut proposer une double primaire à ses militants. Une première primaire restreinte au PS et à place publique pour désigner un candidat. Candidat qui ensuite se soumettrait à une primaire plus large à gauche. Qu'est-ce que vous répondez à Olivier Faure ? Est-ce que vous êtes d'accord pour participer à sa double primaire ?

5:46
Invité

Moi, je n'ai toujours pas compris ce processus. Je vais être sincère avec vous. Je ne comprends pas de quoi il s'agit. Et donc, nous allons avoir une réunion et nous allons en discuter. J'étais opposé à la primaire dite de Bagneux parce que je pense que c'était une machine à perdre. Là, au lieu d'une, on nous en propose deux.

6:02
Présentateur

Pourquoi ce serait une machine à gagner cette fois ?

6:05
Invité

Je n'en ai aucune idée. Vous posez une très bonne question. Je ne pense pas que quand on a une primaire qui est une machine à perdre, deux primaires seraient une machine à gagner. Donc, moi, ce que je vais faire, ce que nous allons faire, c'est de discuter, de discuter pour comprendre comment on peut se rassembler dans un processus qui doit être extrêmement clair et rapide. Parce que pendant ce temps-là, Jordan Bardella est en campagne. Il parle aux Françaises et aux Français. Jean-Luc Mélenchon est en campagne. Il parle aux Françaises et aux Français.

6:30
Présentateur

Quel pourrait être ce processus plus rapide pour se réunir ?

6:33
Invité

Déjà, qu'on soit capable de mettre nos égaux de côté et qu'on se dise juste une chose simple. Quelle est la bonne personne pour nous faire gagner cette élection ? Pas pour être premier à gauche. Vous pensez que c'est vous ? Pas pour être premier à gauche, j'y reviendrai. Pas pour être premier à gauche pour gagner cette élection. Et ça, c'est notre responsabilité. Et moi, je n'ai aucun doute, aucun doute, sur le fait que vu la gravité de la situation, vu le risque de bascule de la France dans le camp du poutinisme et du trumpisme, eh bien, nous serons capables de faire cela. On en discutera, on en discutera en dehors des médias et on le fera de manière décente.

Et je suis sûr que nous allons y arriver. Et ce que je veux dire, c'est que les militantes et les militants du Parti Socialiste, eh bien, moi, je veux qu'ils aient leur mot à dire, évidemment. Et que donc, il y aura un processus...

7:22
Présentateur

Oui, parce que Philippe Brun, le député socialiste, dit ce matin sur France Info au télé, il faut que Raphaël Buxman comprenne que quoi qu'il arrive, il devra se soumettre à un vote des militants socialistes.

7:30
Invité

Cher Philippe Brun, cher Philippe, je le sais et je le veux. Parce que moi, je sais ce que je dois aux militantes et aux militants socialistes. Mais vous dites non à la primaire pour temps. Nous avons fait la campagne des Européennes. Si j'ai pu faire 14%, c'est grâce à eux. Grâce à ces femmes et à ces hommes qui se lèvent à l'aube pour aller distribuer des tracts, qui vont coller des affiches, qui ont fait une campagne enthousiaste. On a réussi à réveiller un espoir. Et c'est sur cet espoir-là qui nous est commun, que nous allons bâtir la force politique qui va gagner l'élection en 2027.

Je le répète parce que je pense qu'un des problèmes de la gauche démocratique et républicaine, c'est qu'elle ne croit plus en sa propre victoire. Elle a trop longtemps baissé les yeux. Ce moment-là est révolu.

8:13
Raphaël Glucksmann

Cette fois-ci, nous allons gagner.

8:14
Invité

Il faut nous expliquer. Ce matin sur France Info, vous répondez à Olivier Faure. T'as double primaire, c'est mort, j'en veux pas. Pourtant, dans les remerciements de votre livre, vous vous écrivez « Merci aux militants du PS, notre lien est fort et durable, nous avons fait ensemble une très belle campagne en 2024, et nous allons recommencer. » Donc, comment comptez-vous vous sommettre au vote des socialistes ?

Mais on va en discuter avec la direction du Parti Socialiste, avec l'ensemble du Parti Socialiste, et moi je n'ai aucun doute qu'on arrive à un processus qui sera simplement lisible pour tout le monde, à commencer par les militantes et les militants de place publique du Parti Socialiste, et si possible des écologistes.

8:44
Présentateur

Il n'y a pas 50 options. Ça veut dire quoi un processus ?

8:47
Invité

Sans primaire. Mais ça veut dire que, un, on peut se mettre d'accord par consensus, et que si jamais on ne se met pas d'accord par consensus,

8:53
Présentateur

Donc les chapeaux à plumes se mettent d'accord entre eux ?

8:55
Invité

Les militantes et les militantes, de toute façon, soit valideront un choix, soit auront à se prononcer. Vous ne croyez encore en consensus au PS ? Ce qui ne me va pas, c'est ce processus interminable que personne ne comprend, et qui donne le tournis à l'ensemble des sympathisantes, des sympathisants socialistes, sociodémocrates, qui espèrent réellement qu'en 2027, on va arrêter, on va arrêter avec ces jeux politiciens, ces coups de billets à 14 bandes, et on va enfin se mettre Becker pour aller gagner une élection qui est fondamentale. Parce qu'en fait, c'est l'avenir de notre pays qui joue.

9:28
Présentateur

Mais est-ce que c'est un leurre, cette double primaire ?

9:30
Invité

J'en sais rien, parce que je n'ai toujours pas compris. Enfin, je vous l'ai dit au début, je n'ai pas compris ce que c'était. Donc on va avoir une discussion, on va s'expliquer, et à la fin, j'en suis convaincu, on se mettra d'accord sur un processus qui nous permettra d'avoir une seule candidature en 2027, et qui nous permettra de gagner. Et ça pourrait être une primaire restreinte juste aux militants socialistes ? Il faut qu'on comprenne un truc. C'est d'arrêter qu'on se parle à nous-mêmes tout le temps, tout le temps, tout le temps.

La maladie de la gauche politique, démocratique et républicaine, c'est de ne parler que de process, de ne parler qu'à elles-mêmes, alors qu'en fait, il va falloir parler aux Françaises et aux Français, leur proposer un projet sur l'école publique, leur proposer un projet sur la transformation écologique, portant la question du pouvoir d'achat et du rôle des travailleurs au cœur de notre contrat social, c'est ça qu'il faut faire.

10:13
Présentateur

En tout cas, vous dites, je me soumettrai au vote des militants socialistes s'il le faut.

10:16
Invité

Évidemment qu'il y aura un processus de vote des militants socialistes, des militants de place publique, des militants de tous les partis politiques, démocratiques, qui nous rejoignent. Nous ne sommes pas, nous, un parti où il y a trois adhérents et on vote par acclamation. On verra comment vous trouvez le consensus. En parallèle, Le Monde a révélé qu'Olivier Fort pousse une candidature du banquier d'affaires Mathieu Pigasse, aussi propriétaire de Radio Nova et des Inrocs. Ils se sont vus, d'après Le Monde, six fois en deux mois. Que pensez-vous de cette stratégie, de cette nouvelle candidature ?

Je ne sais pas, c'est le banquier d'affaires qui restructure la dette du Venezuela pour Donald Trump. Je ne suis pas ultra convaincu. Il a été choisi pour restructurer cette dette. Oui, je ne suis pas ultra convaincu que ce soit la figurine d'ouane pour représenter la gauche française. Mais chacun est libre de son opinion, il n'y a aucun problème.

10:55
Présentateur

Raphaël Glouisman, cette double primaire, ce soutien selon Le Monde à Mathieu Pigasse, ça veut dire quoi ? Est-ce qu'Olivier Fort veut flinguer votre candidature ?

11:03
Invité

Non, je ne pense pas.

11:04
Présentateur

Vous ne pensez vraiment pas ?

11:06
Invité

Je n'ose penser cela. Pourquoi ? Parce qu'en réalité, si on fait ça, on continue ce qui a été fait avec Ségolène Royal, avec Anne Hidalgo, avec à chaque fois la candidature avec Benoît Hamon, c'est-à-dire la machine à perdre. Mais les Français de gauche n'en peuvent plus de cette machine à perdre. À chaque fois, on se retrouve quoi ? Condamnés à voter pour la droite pour faire barrage à l'extrême droite à cause de cette machine à perdre. C'est terminé. Cette fois-ci, on va gagner.

Et moi, le message que je veux donner aujourd'hui et pendant trois mois à l'ensemble des électrices et des électeurs qui attendent une gauche démocratique, une gauche qui ne fracture pas la société, une gauche qui peut à nouveau gouverner le pays et rétablir de la justice dans notre pays, de la justice sociale, ce que je veux leur dire, c'est qu'en fait, nous allons la gagner, cette élection. Et aujourd'hui, je vois que vous avez l'air légèrement sceptiques et je comprends tout à fait, mais vous êtes sceptiques. Sur le consensus, oui. Vous êtes sceptiques. Eh bien, vous allez être détrompés. Nous serons la grande surprise démocratique. Nous serons unis et nous gagnerons cette élection.

Je vais le répéter mille fois parce que je pense que la source des divisions, c'est le renoncement à la victoire. C'est le coup d'après. Moi, je ne joue aucun coup d'après. Je suis convaincu que dans cette élection, la France joue son avenir. Que ce n'est pas simplement les cinq prochaines années qui vont être décidées, c'est les prochaines décennies de notre pays. Que ce n'est pas simplement la rencontre d'un homme et d'une femme avec un peuple, mais la rencontre de la France avec elle-même. Va-t-elle rester républicaine ? Va-t-elle rester européenne ? Va-t-elle rester démocrate, fidèle à son idéal de justice ? Oui ou non ?

C'est ça qu'on décide en 2027 et nous serons au rendez-vous et nous l'emporterons.

12:43
Raphaël Glucksmann

Avec Raphaël Glucksmann,

12:47
Présentateur

député européen, cofondateur de Place Publique, vous publiez Nous avons encore envie pour un sursaut patriotique chez Alary Édition. La question que l'on se pose, c'est quel est votre projet pour la France, Paul ?

12:58
Invité

C'est un sujet explosif, celui des retraites. Dans votre livre, que nous avons soigneusement lit de son page, vous vous rappelez qu'il y a moins d'actifs par retraité, que les retraites représentent 14% du PIB français contre entre 10 et 11% en moyenne dans les autres pays de l'OCDE, tout ça on le sait. Une fois que ce constat est posé, il n'y a pas vraiment, ce n'est pas très concret, c'est très flou. Est-ce que vous ne pouvez pas détailler très concrètement votre réforme juste ? C'est tout sauf flou. Déjà, c'est une première chose, c'est de dire nous ne reviendrons pas à la retraite à 60 ans.

C'est un mythe et c'est un mensonge vu les contraintes budgétaires du pays et les évolutions démographiques.

13:32
Présentateur

Ni à 62 ans ?

13:33
Invité

Et donc, ce qu'il nous faut porter, c'est l'abrogation de la réforme borne-Macron et une réforme à la place juste. Quel âge ? Une réforme juste, c'est justement une réforme qui ne fait pas de l'âge l'obsession. Une réforme juste, c'est une réforme qui dit une chose simple. Aujourd'hui, une femme de ménage à 65, 66 ans ne peut pas partir à la retraite. Elle a le dos brisé et des horaires absolument inacceptables. Eh bien, il faut qu'elle puisse partir plus tôt. Par contre, les cadres d'une entreprise ou même les employés d'une administration doivent pouvoir, s'ils sont à la retraite avec un âge, une espérance de vie en bonne santé plus longue, pouvoir partir plus tard. A quel âge ?

Mais ça, je présenterai une réforme de manière détaillée plus tard.

14:19
Raphaël Glucksmann

C'est pas ce moment-là ce que je dis. Est-ce que quand Manuel Bampard,

14:21
Invité

le coordinateur de la France insoumise, est-ce qu'il vous a bien compris quand il tweet, dans son livre, Raphaël Glucksmann renonce à l'abrogation de la retraite à 64 ans ? Il m'a mal compris comme sur à peu près toutes les pages du livre qu'il s'amuse à commenter à la France insoumise puisque non, nous allons proposer l'abrogation, nous allons abroger et nous allons remplacer. Par contre, moi, ce que je ne veux pas, c'est cette insincérité qui consiste à dire on abroge et on ne fait rien d'autre.

Comme si finalement, les choses pouvaient continuer comme cela malgré l'évolution démographique, malgré, oui, la dépense supplémentaire par rapport à tous nos voisins sur la question des retraites et donc, il va falloir assumer de faire des choix si nous voulons investir massivement dans l'école publique. Pour terminer là-dessus parce qu'on a beaucoup de sujets dans la transition écologique, investir massivement dans les industries de rupture, et bien nous avons besoin de faire des choix.

15:09
Présentateur

Et on entend ce que vous dites. Alors, concrètement, est-ce que vous dites comme Gabriel Attal notamment il faut abandonner la notion d'âge légal et se concentrer sur la durée de cotisation et si oui, ça signifie que la durée de cotisation vous l'allongez de combien d'années ?

15:23
Invité

Et bien donc, ça vous le verrez mais par contre, sur le principe, le fait de ne plus faire de l'âge le totem absolu mais de la durée de cotisation et moi j'ajoute quelque chose contrairement à Gabriel Attal de la pénibilité du travail la base de cette réforme je vous le dis aujourd'hui nous sommes inégaux face au travail et face à la retraite et donc quand il y a une politique publique le but est de corriger ces inégalités On entend mais là on vous interroge sur la solution justement Donc on verra plus tard quoi Donc la durée de cotisation et la pénibilité par exemple là il y a eu un travail dans le conclave la CFDT avait fait des propositions extrêmement rigoureuses et extrêmement justes que le MEDEF a rejetées et bien nous repartirons des propositions de la CFDT que nous travaillerons avec les partenaires sociaux parce que c'est pas seulement l'injustice de la réforme de la réforme de la réforme qui a été problématique c'est aussi la méthode c'est le mépris pour le dialogue social et bien les partenaires sociaux seront au coeur de ce que nous proposons et auront ensuite la responsabilité de gérer et d'adapter ce système

16:30
Présentateur

il y a un autre sujet qui concerne les français c'est le pouvoir d'achat Gabriel Attal propose par exemple un choc des salaires pour approcher le net du brut en baissant les charges le rassemblement national veut baisser notamment la TVA augmenter les salaires vous qu'est-ce que vous proposez pour redonner du pouvoir d'achat aux français vous parlez de rééquilibrer la taxation d'un effort de solidarité de certains concrètement

16:53
Invité

concrètement aujourd'hui nous sommes en train de devenir une société de rentier et d'héritier concrètement aujourd'hui à la fin de sa vie un français deux tiers de sa fortune est constitué par ce dont il a hérité alors qu'il y a 40 ans les deux tiers de sa fortune étaient constitués par le produit de son labeur et donc concrètement ce qui se passe aujourd'hui c'est que les travailleurs sont lésés par le contrat social et qu'il faut donc rééquilibrer la fiscalité sur le travail le capital l'héritage l'héritage

17:21
Présentateur

à partir de combien vous taxez ?

17:22
Invité

par exemple une transmission

17:23
Présentateur

entre parents et enfants

17:25
Invité

vous êtes là vous êtes pleine d'allants et d'impatience mais la vérité c'est qu'on va proposer un projet dans ce livre on l'oriente non c'est extrêmement concret de dire qu'en fait oui on va poser la question de l'héritage je sais que c'est complètement impopulaire

17:37
Présentateur

c'est tabou en France

17:38
Invité

oui c'est tabou et bien nous briserons ce tabou pour une raison simple c'est qu'aujourd'hui on ossifie les inégalités on les transforme en privilèges on devient une société de rentiers et d'héritiers et c'est une trahison de la promesse républicaine et donc ça ne concernera évidemment pas les héritages petits ou moyens ce que cela concerne c'est les super héritages à partir de quels sommes je vous donnerai

18:00
Raphaël Glucksmann

des chiffres précis plus tard c'est dommage que vous ne pouviez pas le faire ce matin

18:02
Invité

mais écoutez nous sommes à un an de l'élection et nous avons un timing à respecter et donc nous proposerons dans le détail en négociant avec nos partenaires politiques les chiffres et les données par contre la philosophie doit être extrêmement claire je ne veux pas que la France reste ou devienne une société d'héritiers et de rentiers je veux que les travailleurs reviennent au cœur du contrat social

18:24
Présentateur

vous voulez aussi taxer les retraités les plus aisés mais ça pareil vous ne pouvez pas nous dire ce que c'est qu'un retraité aisé

18:28
Invité

je vais vous dire une chose très simple aujourd'hui les démocraties occidentales sont en crise et balayées par un mouvement populiste pour une raison très simple c'est qu'elles ne tiennent plus la promesse qui a assuré leur stabilité et leur progrès c'est-à-dire la promesse faite aux classes moyennes et aux classes populaires d'améliorer leurs conditions de vie par le travail et nous sommes dans une situation où les travailleurs sont lésés et ça se traduit par un vote rassemblement national si vous voulez faire baisser le rassemblement national et sauver la démocratie la seule manière de faire c'est redonner du pouvoir d'achat aux travailleurs et aussi améliorer les conditions de travail nous sommes le pays d'Europe qui a le plus de morts au travail où les conditions de travail sont les plus difficiles nous aurons une politique qui visera à augmenter les salaires d'abord mais aussi à démocratiser l'entreprise à faire en sorte que les travailleurs puissent bénéficier d'une véritable politique de santé au travail ce qui n'existe pas et ce qui existe chez nos voisins

19:22
Présentateur

On entend aussi Raphaël Glucksmann que votre livre c'est une réponse au procès en déconnexion qui vous est fait à ce propos Mimey une note stratégique de votre parti a fuité elle vous incitait à cibler en priorité les électeurs aisés et urbains vous avez dit avoir jeté ce document à la poubelle la question que l'on peut se poser au vu de tout ça tout de même c'est est-ce que vous êtes bien entouré ?

19:44
Invité

Écoutez

19:44
Présentateur

Vous avez des conseillers qui vous comprennent vraiment ça ?

19:47
Invité

On reçoit quand on est un dirigeant politique et tous le savent donc ceux qui font semblant d'être effarouchés sont des hypocrites on reçoit des dizaines de notes ces notes on les rejette on en rejette les conclusions ou on les adopte moi la seule note qui compte c'est ce livre Donc c'est pas ce que pense

20:03
Présentateur

votre équipe ?

20:03
Invité

Mais mon équipe est totalement raccord avec l'idée qu'on va faire campagne absolument partout et que ce qu'on veut faire c'est justement c'est rétablir le lien entre les français et on ira dans les banlieues dans les quartiers populaires qui ne sont absolument pas la propriété de LFI et on va déjà dans ces quartiers populaires et on va dans les sous-préfectures dans les villes petites et moyennes qui ne sont en aucune manière la propriété du rassemblement national et on ira partout en France et on parlera à tous les français parce que le contrat patriotique que je propose dans le livre qui est la seule note qui compte il n'y en a qu'une c'est ce livre parce que c'est ce que je pense et c'est ce que je vais défendre et c'est ce que je vais faire et bien dans ce livre ce que vous voyez c'est justement l'obsession de refaire peuple le service civique obligatoire c'est pour refaire peuple c'est pour qu'on se croise à nouveau c'est pour que quelle que soit notre condition sociale notre origine notre religion on soit à nouveau français on entend refaire peuple même la relance des colonies de vacances vous savez là peut-être ce sera peut-être

21:03
Présentateur

le titre de votre programme refaire peuple mais Paul a une question pardon

21:05
Invité

avec un titre dans la question qui aujourd'hui c'est la question qui chute pendant des années Raphaël Glucksmann vous avez eu un coup d'avance sur Instagram vous étiez même le responsable politique le plus suivi derrière le président de la République et puis depuis dimanche Jean-Luc Mélenchon vous a doublé il vous dépasse vous avez même perdu près de 150 000 abonnés depuis les européennes votre entourage parle à l'excellent site Politico d'un signal d'alarme est-ce que ce qui se passe sur Insta raconte aussi ce qui est en train de se passer à gauche non je vais vous le dire simplement non alors pourquoi vous chutez comme ça ?

parce que vous savez quand on fait des choix difficiles qu'est-ce qui a fait chuter le nombre d'abonnés c'est qu'il y avait des gens qui venaient de tous les horizons politiques pour participer à des combats communs quand vous devenez un leader politique sur la scène nationale que vous prenez des décisions comme par exemple au municipal au municipal j'ai pris une position qui était à mon sens la seule position juste et gagnante qui était aucun accord avec la LFI nulle part

22:03
Présentateur

et c'est à ce moment-là que vos abonnés ont commencé à fondre

22:06
Invité

à chaque fois que vous prenez ce type de décision vous perdez des abonnés mais vous savez moi je n'ai pas envie d'être un influenceur je comprends l'importance des réseaux sociaux mais je ne pense pas qu'il faille un influenceur à l'utiliser je pense qu'il faut un président et un président est capable de trancher c'est pas un rentier moi je ne suis pas là pour cultiver une rente

22:20
Locuteur non identifié

je ne suis pas là

22:21
Invité

pour remettre de la clarté un cap clair et quand vous clarifiez vous prenez le risque de vexer vous prenez le risque de frustrer et je prendrai ce risque jusqu'au bout parce que je pense que le pire aujourd'hui c'est le soupçon d'insincérité qui pèse sur la classe politique et donc personne n'ose prendre la moindre décision parce que tout le monde est prisonnier de sa base et de sa hante moi je ne suis pas hanté

22:44
Présentateur

comme vous êtes sincère est-ce qu'aujourd'hui vous dites je regrette de ne pas être sur TikTok vous êtes coupé de 28 millions de français qu'ils utilisent chaque mois

22:51
Invité

je ne regrette absolument pas de ne pas être sur TikTok de ne pas manger de dragibus comme Bardella sur TikTok de ne pas faire comme Gabriel Attal qui veut interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans et qui passe son temps à faire des clips qui en fait attirent ces jeunes sur ces réseaux pourquoi ? parce que je pense que TikTok est un danger pour notre démocratie et qu'il va falloir faire plier TikTok ou le bannir qu'il faut appliquer nos lois qu'on ne peut pas considérer on ne peut pas considérer oui c'est un fentanyl mental qui est en train de de capter l'attention et le cerveau de nos jeunes on ne peut pas

23:23
Présentateur

on ne peut pas

23:24
Invité

laisser la France devenir une colonie numérique américaine et chinoise

23:28
Présentateur

donc pas de regret pour TikTok on ne peut pas

23:29
Invité

laisser notre république être détruite par des algorithmes contrôlés par le parti communiste chinois ou par des milliardaires de la Ciccone-Ballée c'est le moment de l'indépendance française et ça supposera des décisions difficiles

23:39
Présentateur

l'interview se termine je suis désolée mais vous reviendrez sur France Info

23:42
Invité

avec grand plaisir