ArcelorMittal et le 9-Mai en Russie : le "8h30 franceinfo" du vendredi 9 mai 2025 de Laurent Jacobelli
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Bonjour Laurent Jacobelli, Léon XIV, premier pape américain de l'histoire et ses premiers mots, ses premiers pas, ses premiers mots pour évoquer la paix hier soir. Qu'est-ce qui vous a frappé dans ce qu'a pu dire le pape hier soir ?
Justement, vous venez de le dire, c'est que dès la première ou la deuxième phrase, je crois, il a prononcé le mot paix. Et venant du pape, qui est un chef d'état, le Vatican, qui a probablement le réseau diplomatique à travers le monde le plus fourni, qui parle à 1,4 milliard de chrétiens et au-delà, le fait qu'il engage son, j'allais dire, mandat de pape sur la route de la paix est une bonne chose. Quand on voit les conflits qui traversent le monde et que ce monde ne sait plus du tout où il va dans certains coins, c'est plutôt apaisant. Et puis, je pense que beaucoup de chrétiens sont soulagés d'avoir à nouveau un pape. Je pense que ce premier discours était rassurant pour tout le monde.
Mais ce n'est quand même pas un pape forcément du profil qui est celui que vous auriez pu espérer, peut-être, non ?
Écoutez, nous n'avons pas à nous mêler. Vous savez, le spirituel, c'est le spirituel.
Certains, comme Julien Audoul, ont estimé que ce pape, le pape François, était un pape. On critiquait beaucoup le pape François.
Mais chacun, en tant qu'individu, peut avoir son avis sur le pape. Moi, en tant que député, je dis c'est aux chrétiens de juger si ce pape est un bon guide pour eux ou pas. Vous savez, être pape, ce n'est pas être député, ce n'est pas être chef de gouvernement. Être pape, c'est prôner la charité chrétienne. Et parfois, effectivement, il y a des différences entre ce que voudrait le politique et ce qu'énonce le pape. C'est occasion de débat. Mais une fois encore, j'estime qu'en tant qu'élu de la nation, je n'ai pas à émettre un jugement ou une critique sur un guide spirituel.
Mais vous le dites aussi, c'est une voix qui porte sur le plan diplomatique. Et c'est un pape qui se montre assez critique sur ce qu'il appelle la rhétorique anti-immigration de Donald Trump, qui a critiqué Jay Devens sur les réseaux sociaux assez clairement. Avant d'être pape. Avant d'être pape, absolument. Mais ce n'est pas rien quand même. C'est un choix politique selon vous ?
Non, je ne le crois pas. On verra bien après à l'usure comment ce pape se comporte. Je crois que vous savez, on parlait des migrants. Moi, je crois que quand un pape est attristé et appelle à la charité sur le sort de personnes qui traversent la Méditerranée sur des coques de noix et qui risquent leur vie, il est dans son rôle. Il est dans son rôle parce qu'il appelle à l'humanité, il appelle au respect. Quand un politique, et c'est ce que nous faisons au Rassemblement National, dit, attention, l'immigration est un danger pour notre nation. Et elle est aussi un danger pour ceux qui veulent fuir leur pays et croient en l'eldorado français. Nous sommes dans notre rôle.
Les deux ne sont pas incompatibles.
Vous avez conscience, Laurent Jacobelli, qu'un certain de nos électeurs ne sont pas d'accord avec ça ? Mais une fois encore, nos électeurs... Et estiment que le pape fait de la politique.
Mais alors, c'est la limite. Peut-être que parfois, il faut le dire, le pape François, lorsqu'il critique l'action de gouvernement, et lorsqu'il va au-delà de l'émission de principe, je crois qu'il a critiqué le gouvernement américain, ou les intentions sur la politique migratoire. Peut-être est-il un tout petit peu au-delà de sa mission, mais une fois encore, il a la liberté d'expression. On va être très clair. On peut s'émouvoir du sort de femmes et d'hommes qui sont amenés à quitter leur pays, ou qui veulent quitter leur pays pour aller vers une nation où ils estiment qu'ils vivraient mieux. C'est audible.
Mais nous, notre rôle de femmes et d'hommes politiques, nous, notre rôle qui nous préparons à gouverner, avec Marine Le Pen et Jordan Bardella, notre beau pays, c'est de dire, attention, cette immigration, non seulement elle tue des hommes et des femmes, mais en plus, elle met en danger notre sécurité, notre identité.
Ça veut dire qu'il ne faut pas écouter le pape, qu'en fait, le pape, c'est un peu une personne folklorique qui dit des choses, mais qu'on n'écoute pas. Mais qui a dit ça ? C'est la question que je vous pose.
Mais pas du tout. On peut écouter quelqu'un avec respect et avoir une divergence, soit sur le fond, soit parce que la mission n'est pas la même. Une fois encore, je vous parle aujourd'hui en tant que député et je ne suis pas évêque.
Mais en revanche, je reviens sur ce que vous disiez. Vous dites, il parle d'humanité, c'est son rôle, mais ce n'est pas le vôtre aussi ?
Si, bien sûr. Mais il peut se tromper. On peut ne pas être d'accord. Lui, il voit les choses...
Non, mais quand vous parlez d'humanité et de migrants qui sont en péril... Mais je vais vous dire quelque chose. Il ne se trompe pas, c'est une réalité.
Quand j'allume ma télévision, comme des millions de personnes, et que je vois qu'il y a eu, par exemple, un drame en Méditerranée et qu'un bateau où il y avait des migrants qui tentaient leur chance à couler, je sais qu'il y a des milliers de morts chaque année sur cette Méditerranée. Je suis, je l'estime, en tout cas je l'espère comme vous, profondément attristé. C'est un être humain qui voit d'autres êtres humains dans la misère. En revanche...
Mais vous vous demandez pourquoi ils sont venus ?
En revanche, moi, le message que j'ai envie de leur dire, c'est ne venez pas. Ne tentez pas cette chance. Non seulement parce que si vous venez sans travail, sans logement, ça ne sert à rien. Si vous venez pour vivre des allocations sociales, ce n'est bon ni pour vous, ni pour la France.
Vous pensez qu'on prend le risque de sa vie d'en mettre sa famille dans un raffio pour des choses sociales ?
Pour moi, la vraie humanité, elle est de dire à ces gens, ne le faites pas. Ne le faites pas. Parce qu'une fois encore, vous risquez votre vie et que votre projet n'est pas le bon. Vous n'aurez pas l'eldorado que vous estimez. Et nous, en tant que Français, nous pensons qu'aujourd'hui, les limites sont atteintes. Et moi, mon rôle est de protéger, en tant que député, les Français. Donc, les deux peuvent parfois être en divergence, mais on peut comprendre que le pape ait un regard qui s'attache à l'être humain individuel et à son sort et que le politique, lui, préserve l'identité nationale, notre économie, notre sécurité et essaye de préserver des vies.
Une fois encore, ce n'est pas le même angle de vue et ce n'est pas la même fonction.
Laurent Jacobelli, en pleine guerre contre l'Ukraine, la Russie commémore aujourd'hui, c'est les 80 ans de sa victoire, si on peut dire, contre l'Allemagne nazie, défilé militaire sur la Place Rouge et discours de Vladimir Poutine dans une grosse demi-heure qui sera d'ailleurs retransmise en direct sur le canal 27. Une vingtaine de chefs d'État sont là. Le Chinois, Xi Jinping, le Brésilien Lula, le Vénézolien Maduro. L'objectif, c'est de montrer aux Occidentaux qu'ils n'ont pas réussi à l'isoler. C'est le cas ou c'est un leurre ?
Non, mais j'imagine qu'effectivement, c'est une démonstration de force. Il ne faut pas être naïf. Je pense que Vladimir Poutine va vouloir montrer que, malgré tout, il continue d'avoir des alliés, ou en tout cas des gens qui le fréquentent, qu'il est à la tête d'une armée puissante, parce que c'est ce qu'il va aussi essayer de montrer, et qu'il est dans une logique où il ne veut pas se laisser convaincre ou impressionner par l'Occident. Et c'est aussi probablement un message à Donald Trump qui a un rôle aujourd'hui un peu pivot dans ces négociations entre l'Ukraine et la Russie. Je pense que rien n'est anodin.
Il faudrait être naïf de croire que ce 9 mai est une manifestation comme les autres, évidemment.
Le RN au pouvoir, vous seriez allé à Moscou, célébrer cet anniversaire en pleine guerre d'Ukraine ?
C'est une question théorique. Je ne le pense pas. Je pense que le RN au pouvoir ferait tout d'abord pour que la France ait à nouveau un rôle diplomatique. Or, c'est une catastrophe. Ça peut en faire partie, peut-être, d'aller sur place ? Je pense qu'on peut avoir un dialogue avec des chefs d'État avec lesquels on n'est pas d'accord. Et d'ailleurs, c'est la diplomatie, c'est de parler surtout à ceux avec lesquels on n'est pas d'accord pour essayer d'arranger les choses. Parce que si on est tout le temps entre amis, malheureusement, ça ne mène à rien.
On le voit bien avec la politique insensée d'Emmanuel Macron qui, sur la scène internationale, est soit absent, soit parfois malheureusement un peu isolé. Et donc, effectivement, il faut parler à tout le monde pour amener la paix. Et moi, je regrette, nous regrettons que la France n'ait plus ce rôle d'équidistance gaullienne, de pouvoir parler à tout le monde. Le président de la République accumule les erreurs diplomatiques. Quand il reçoit en grande pompe à l'Élysée un djihadiste, un chef de bande, un chef de ministre islamiste...
Vous venez de dire, pardon, sur le sujet, vous venez de dire à l'instant, si on ne parle contre amis, ça ne mène à rien.
Mais si vous m'aviez laissé terminer, je vous aurais compris la logique du raisonnement. C'est-à-dire que parfois, ce n'est pas démonstratif. On n'est pas obligé d'accueillir comme un ami celui qui a dirigé des milices barbares islamistes. En quoi il a été accueilli comme un ami ? C'était très chaleureux sur le perron de l'Élysée. Or, cet homme... Qu'est-ce qui vous a fait dire, ça ? Vous avez bien vu, comme moi, les images, quand même. Il a été extrêmement chaleureux. Moi, je crois qu'il faut parler à tout le monde. Mais on n'est pas obligé de recevoir... Je vais juste terminer une phrase.
Pardon, vous venez de l'exposer, effectivement.
Non, non, non, on doit parler à tout le monde. Je ne suis pas choqué qu'il parle à la Syrie. En revanche, d'accueillir comme un chef d'État normal, comme un chef d'État élu, comme un chef d'État traditionnel, quelqu'un qui était, il y a encore quelques mois ou quelques années, un membre d'Al-Qaïda qui, on le sait, a fumé des Français. Il y a une limite que le président de la République a franchie. Cette limite, c'est l'indécence.
Laurent Jacobéli, sur la Syrie, vous êtes finalement plus Assad que Al-Chara ? Non, pas du tout. Une fois encore... Pourtant, des élus RN et un certain nombre d'élus RN, encore, il n'y a pas si longtemps que ça, étaient à Damas avec Bach... Pardon, c'est une question... Non, mais je vous dis... C'est un fait. Vous refusez qu'on reçoive... Ah non, non, mais je refuse rien. Par contre, j'aimerais qu'on laisse répondre. ...Méd Al-Chara, mais... Parce que sinon, c'est pas très intéressant. J'aimerais que vous laissez simplement terminer ma question. Vous dites... Ahmed Al-Chara ne peut pas être reçu par Emmanuel Macron et le lisez.
En revanche, que des élus du RN, à l'époque, il n'y a pas si longtemps que ça, se rendent à Damas, voire Bachar el-Assad, ne vous posez pas problème.
Mais de même que le fait que des élus LR y soient allés, des élus aussi de gauche... Je parle de vous. Oui, je sais bien, mais nous sommes le mouvement politique qui a envoyé le moins d'élus à Damas. Alors, vous ne parlez que d'eux, mais en proportion, ils étaient le moins élus. Je le répète, il faut une diplomatie permanente en tous lieux. Cette diplomatie, ça peut être à la fois une diplomatie parlementaire, discrète. Ça peut être une diplomatie d'ambassade. Une fois encore, ce n'est pas la même chose que de recevoir en grande pompe, avec les honneurs de la République, quelqu'un qui, il y a encore quelques mois, était à la tête d'une milice islamiste.
Laurent Jacoboeli, Armand Al-Chari, oui, il a fait le djihad. Mandela se faisait traiter de terroriste. Même De Gaulle a été critiqué quand il a voulu discuter avec l'Allemagne. Non, excusez-moi, on ne peut pas croire. On peut lui faire crédit ? Est-ce qu'on peut lui faire crédit du fait qu'il a changé et qu'il est en train, aujourd'hui, de réunir son pays ?
Je crois qu'il y a quelques semaines, des Druzes et des Zalaouites ont été massacrés. Le renseignement américain... Par qui ? En tout cas, il semblerait, selon certaines sources du renseignement, qu'il puisse y avoir un lien avec des proches de ce dirigeant syrien. Les renseignements américains sont inquiets de la livraison de passeports à des djihadistes, des passeports syriens, par le gouvernement actuel en Syrie. Donc, une fois encore, on n'est pas dans une espèce de relation diplomatique normale. On ne reçoit pas le chef d'État de la Suisse à l'Élysée.
Sur le fond, qu'a annoncé Emmanuel Macron, qui vous a choqué ? Le symbole, c'est important en politique. Il n'y a pas de levée des sanctions ? Non mais, d'accord. Non mais, ça ne compte pas le concret, Laurent Jacobelli ? Mais il n'y a pas de concret. Le problème... Justement, ne pas lever les sanctions, c'est du concret.
Excusez-moi, je vais essayer de vous expliquer clairement ma pensée. Un, comme le général de Gaulle, la diplomatie française s'honorerait à parler à tout le monde, même à nos ennemis, pour essayer de trouver une voie. La manière dont on parle aux gens ne peut pas être la même. On ne parle pas au nouveau chancelier allemand qui vient d'être élu, qui est un pays ami, comme on parle à ce dirigeant syrien qui vient du terrorisme, s'il n'y est pas encore. On a d'autres voix. On a des intermédiaires, on a des diplomats. Est-ce qu'il a fait des faux pas jusque-là ? On ne l'accueille pas comme si c'était un grand homme d'État, normalement élu.
Il y a des degrés dans la démonstration d'amitié de la République française avec d'autres régimes. Il y a des régimes avec lesquels on parle sans être ami, et que l'on condamne, et des régimes que l'on reçoit à bras ouverts, parce que ce sont des régimes amis.
Il y a une confusion des genres chez Emmanuel Macron, qui a raté sa politique diplomatique, tant au niveau européen où il s'est laissé, excusez-moi l'expression, bouffé par la volonté allemande, et madame Ursula von der Leyen, sur le plan international, où Donald Trump a pris le relais d'un président français et d'une Europe qui était absent de résultats dans la négociation entre l'Ukraine et la Russie, et on le voit, une diplomatie plus chaotique avec la Syrie.
Vous avez vu le gouvernement qui l'a constitué, par exemple ?
Oui, et ?
Toutes les minorités y sont, il y a même une femme, les chrétiens d'Alep, que je ne sache, ne se plaignent pas. Est-ce qu'encore une fois, il y a d'autres solutions ?
Vous n'allez panier les massacres qui ont lieu il y a quelque temps. Vous n'allez panier que 260 Français sont morts à cause d'attentats islamistes. Enfin, une fois encore...
Ils sont le fait de djihadistes qui veulent, entre guillemets, plomber Al-Chara. Et donc, est-ce que ce n'est pas le moment de le soutenir contre ces forces contraires, précisément ?
Quelle autre solution y a-t-il pour la Syrie ? J'admire, j'allais dire, votre foi en la rédemption, qui pourrait parfois peut-être même être qualifiée de naïveté. Moi, je pense que quelqu'un qui a du sang sur les mains, qui a prôné l'islam radical, l'islamisme, qui a tué pour ça, qui s'est réjoui d'attentats, qui a tué des Français, pour moi, du jour au lendemain, ne devient pas un doux agneau.
Mais quelle autre solution a-t-on, Laurent Jacobelli, alors qu'il est ?
Essayer d'envisager, en Syrie, un gouvernement qui, demain, soit plus proche d'un gouvernement démocratique.
C'est-à-dire, essayer de renverser le gouvernement actuel ? Non, non, non.
Attendez, la France, des coups d'État à l'étranger, ça n'existe pas ou ça n'existe plus. Mais je vous le dis, on peut faire une diplomatie qui n'est pas une diplomatie affichée, qui n'est pas une diplomatie de communication et de caméra, qui est une diplomatie plus discrète, pour faire en sorte, effectivement, que des vies humaines soient préservées et que l'arrivée d'un gouvernement légitime en Syrie puisse être organisée.
Un dernier mot sur le sujet, Laurent Jacobelli. Aujourd'hui, là, il y a des choses difficiles.
Excusez-moi, en adoubant l'autoproclamé président syrien, le président de la République, joue un rôle sur l'avenir de la Syrie qui n'est peut-être pas un rôle bénéfique.
Quand vous voyez que la Russie, que la Chine, investissent déjà massivement en Syrie, on a intérêt, la France a intérêt à ce que la Syrie devienne un pays sous tutelle ou, en tout cas, très proche de la Russie, de la Chine.
Et de l'Iran aussi. Et de l'Iran aussi. Mais bien sûr que non. L'intérêt de la France, l'intérêt de l'Europe, et j'allais dire l'intérêt du monde, est que la Syrie soit demain un pays avec lequel on puisse normalement parler, normalement commercer. Est-ce que c'est avec ce dirigeant-là qu'on pourra y arriver ? Excusez-moi de dire qu'il y a un doute.
Vous restez avec nous, Laurent Jacobelli. On se retrouve juste après votre file info. 8h47, Marine Klet.
Une vingtaine de dirigeants étrangers arrivent en ce moment à Moscou pour assister au défilé militaire qui célèbre les 80 ans de la victoire sur l'Allemagne nazie. Le Premier ministre slovaque est le seul dirigeant de l'Union européenne présent. Un nouvel appel entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky hier. Le président américain a appelé à un cessez-le-feu inconditionnel de 30 jours. L'Ukraine s'est dite prête à tous les formats de négociations pour la paix.
Le nouveau pape Robert Francis Prévost a choisi de régner sous le nom de Léon XIV, un choix qui laisse entendre un pontificat social puisque Léon XIII, dernier souverain pontife à porter ce nom, est connu pour avoir été le pape des pauvres et des ouvriers. C'est en tout cas ce qu'a rappelé le Premier ministre François Bayrou hier soir après l'élection. Aux affaires étrangères, Jean-Noël Barrault attend plus de dialogue et plus de justice. Emmanuel Macron enfin plaide pour que le nouveau pontificat soit porteur de paix et d'espérance. Pas de cantine ni d'accueil périscolaire dans plusieurs écoles primaires et maternelles.
Aujourd'hui, les villes précisent les modalités sur leurs réseaux sociaux, des perturbations dues à un mouvement de grève nationale. Et puis en cyclisme, c'est aujourd'hui le départ du Giro. Le tour d'Istalli masculin, le slovéne Tadej Pogacar, ne sera pas sur les routes, contrairement aux Français Romain Bardet qui disputent son quatrième et dernier Giro. France Info Le 8.30 France Info et Roger Bonte, Adrien Weck. Et ce matin, Laurent Jacobelli, député de Moselle, porte-parole du Rassemblement National. On va revenir quand même sur ce 9 mai, 8 mai, 9 mai, Vladimir Poutine, parce qu'on a glissé vers la Syrie.
On évoquait cette façon peut-être de réécrire un peu l'histoire avec ses commémorations aujourd'hui. Il y a quand même une trêve de 72 heures qui a été décrétée, qui n'est pas respectée.
Unilatérale, il faut le dire. Il est traité par Poutine seul.
Donald Trump lui-même donne des signes de lassitude. Qui a la clé pour contraindre Poutine à accepter le CCFE ?
Si quelqu'un avait la clé, je crois, pour ramener le président Poutine à plus de sagesse, j'espère qu'il se serait déclaré depuis longtemps. Je pense qu'il faut aujourd'hui discuter, effectivement, mais je pense qu'il faut une organisation internationale qui abrite ces discussions et qui réunisse autour de la même table enfin l'ONU. C'est efficace encore l'ONU ? En tout cas, il faut le faire. Il faut l'espérer. Parce que des initiatives individuelles d'un pays ou d'un autre qui parlent soit à l'Ukraine, soit à la Russie, mais qui a du mal à parler aux deux, on voit bien les limites de l'exercice.
Il faut maintenant qu'on se dirige vers la paix, que pour ça, on ne pourra pas le faire ni sans le président Zelensky ni sans Vladimir Poutine. Il faut éviter une paix contrainte pour Zelensky, parce qu'à force de ne pas négocier y compris avec Vladimir Poutine et c'est le cas de la France, on va contraindre peut-être demain l'Ukraine à accepter une paix de capitulation. Ce que nous ne voulons pas. En tant que souverainiste, nous voulons que l'Ukraine retrouve sa liberté, son autonomie, sa démocratie et ses frontières. Mais il faut, au bout d'un moment, qu'il y ait une négociation entre les deux. Et je ne fais que dire ce qu'a dit Vladimir Zelensky il y a quelques heures.
Il est prêt à négocier aujourd'hui. Donc, il faut entendre cet appel et organiser cette négociation dans un cadre international.
En cas de refus de la Russie de négocier, est-ce qu'il faut encore alourdir les sanctions contre la Russie ? On peut envisager des sanctions,
mais des sanctions utiles, pas des sanctions symboliques. On a vu que les sanctions économiques, certaines, sur des technologies ou l'agriculture qui avait été imposée à la Russie, non seulement ne l'empêchait pas de continuer ses exactions en Ukraine, mais en plus, nuisaient à l'économie des pays européens et notamment de la France sur les avoirs, d'oligarques russes, il faut évidemment des sanctions qui existent. Ils sont gelés. Est-ce qu'il faut les saisir ? Mais on peut tout envisager. Les intérêts sont déjà saisis. Les intérêts sont déjà saisis. Il y a derrière une question de droit international qui n'est pas simple à régler, mais en tout cas, c'est une voie qui peut réfléchir.
On ne faut pas exclure de saisir les avoirs russes.
Il ne faut pas exclure d'éventuelles sanctions. Il faut exclure des sanctions qui à la fois seraient inefficaces et qui nuiraient à nos propres intérêts. Je pense qu'au bout d'un moment, l'aveuglement idéologique doit cesser. Mais je crois qu'au-delà, cette guerre dure depuis trop longtemps et Marine Le Pen a proposé un chemin depuis maintenant de nombreux mois. Ce chemin, c'est, je le répète, une réunion internationale, un conseil international sous l'égide de l'ONU avec les principaux partenaires, ceux qui sont intervenus.
On peut parler de la Turquie, évidemment, des États-Unis d'Amérique, ceux qui sont concernés, je pense, aux pays baltes, aux pays d'Europe de l'Est qui ont une crainte légitime du pouvoir russe actuel. Bien sûr, les deux principaux intéressés, l'Ukraine et la Russie, et trouver un chemin négocié par les deux parties vers la paix. Ne pas vouloir, comme, moi, vous savez, j'ai été très choqué par les propos du ministre des Affaires étrangères, M. Barraud, qui disait qu'il refuserait de prendre en ligne son homologue russe. C'est malheureusement pas comme ça qu'on avance vers la paix. Donc, je suis en train de vous dire qu'il ne faut pas recevoir ce ministre en grande pompe à l'Elysée.
En revanche, il faut continuer d'avoir des rapports, des dialogues. Mais comment va-t-on vers la paix ? Pourquoi aujourd'hui ?
Vous pensez que Donald Trump, quand il parle à Vladimir Poutine, il ne lui dit pas ça ?
Je vais être franc avec vous, j'ai du mal à suivre la logique des négociations du président Trump. Il y en a probablement une, je l'espère en tout cas, mais elle n'est pas lisible de l'extérieur. Donc, je vais avoir du mal à vous répondre.
Laurent Jacobelli, Arcelor, et là, on est dans votre circonscription, 194 postes supprimés à Florence, 636 en tout en France. Vous parlez avec la direction ?
Écoutez, oui, mais au-delà de ça, ce drame... Non,
mais vous leur dites quoi ?
Tout simplement, vous avez été accompagnés, aidés, notamment par l'État. Il y a eu des subventions, plusieurs centaines de millions de la part de l'État. Ces subventions... Et par la région ? Elles vous obligent, elles vous obligent notamment à avoir un regard sur l'emploi. Vous savez, la région Grand Est, dans laquelle je suis aussi élu, a donné récemment une subvention de 1,6 million à ArcelorMittal. Très bien, parce qu'il y a des évolutions à accompagner, notamment sur l'écologie, sur le nombre de respect d'un certain nombre de normes.
Moi, quand j'ai demandé qu'il y ait une clause qui dise, on vous donne 1,6 million, mais vous vous engagez à ne pas supprimer ou délocaliser un seul poste, que m'a répondu le président de région. Vous êtes populiste. Voilà. On ne peut pas faire ça. Et aujourd'hui, malheureusement, on en paye le prix, c'est-à-dire qu'on a une entreprise dont, je le rappelle, au niveau mondial, les bénéfices sont florissants et en augmentation en 2024, 1,4 milliard de dollars, qui, pour des raisons de maximisation des profits, va mettre un certain nombre de sidérurgistes sur la touche. Ce n'est plus acceptable.
Aujourd'hui, une fois encore, l'argent public français ne peut pas servir à licencier des travailleurs français.
Qu'est-ce que vous faites, vous, ORN, vous, Laurent Jacobelli, élu de la région, et qu'est-ce que vous dites à la direction d'Arcelor ?
Nous disons à la direction d'Arcelor que, d'abord, vous savez, moi, je suis dans la circonscription d'Aillanges, de Gandranges, de Floranges, qui ont déjà vécu très lourdement la fin de la sidérurgie sur un bassin où c'était l'essentiel de l'emploi et j'allais dire où même au-delà de ça, c'était patrimonial et culturel. Et moi, je leur dis, vous avez un devoir, vous avez bénéficié des infrastructures de l'État, vous avez bénéficié de l'aide de l'État, il y a une contrepartie, c'est l'emploi.
Surtout qu'aujourd'hui, dans les chiffres, rien, rien n'explique que vous licenciez des gens ou que vous délocalisiez des emplois car ce sera le cas pour un certain nombre d'emplois en Inde ou en Pologne.
Nationaliser ou à minima prendre le contrôle comme l'évoquent certains, qu'est-ce que vous en dites ?
Au bout du bout du bout du bout du bout, on peut y réfléchir. Si demain, ArcelorMittal continue dans cette politique, la logique, ce sera quoi pour gagner plus d'argent ? C'est de fermer les usines en France parce qu'on produit l'acier beaucoup moins cher en Inde, au Brésil ou en Chine. Donc nous, on doit stopper cette hémorragie. Une fois encore, on a les moyens de le faire. Et là, c'est une politique nationale que nous proposons, une politique de souveraineté industrielle. D'abord, premièrement, dire que l'acier français doit être utilisé en priorité. Deuxièmement, arrêter avec les normes abusives qui, bien sûr, contraignent l'acier.
On l'a bien vu avec un certain nombre de normes de décarbonation mais qui aussi contraignent notre industrie automobile où on nous annonce une baisse de la production et une perte d'emploi alors l'automobile consomme de l'acier et donc vous avez un effet domino. Et puis dire quand l'acier est produit au bout du monde sans respecter les normes écologiques, sans respecter les normes sociales, pour avoir une concurrence loyale, on le taxe à l'entrée. Vous dites à la fois
qu'il y a trop de normes de décarbonation et autres et puis on a la concurrence de...
Absolument. Aujourd'hui, pour être très honnête... Donc il faut garder ces normes de décarbonation ? Soit on ne les garde pas et on se met en concurrence frontale avec les Chinois, soit on les garde mais on impose aux autres lorsqu'ils importent de l'acier en France de respecter. Vous savez, quand vous êtes sidérurgiste aujourd'hui et que vous faites votre boulot qui est dur quand même mais qui est un boulot aussi où les gens se donnent beaucoup parce que l'acidérurgie, je le rappelle, dans notre territoire en Moselle et particulièrement à Florange, à Ayange, c'est consubstantiel à la vie quotidienne.
Il est incompréhensible que vous apportiez à la richesse d'un groupe comme ArcelorMittal, que vous apportiez à la richesse de l'économie française et que vous soyez traité comme un poids économique. Ce n'est pas tolérable et ce n'est pas respectueux. Donc d'abord, je tiens à apporter mon soutien à tous ces sidérurgistes qui ont peur pour leur avenir, à leur famille parce que c'est tout un écosystème qui risque de s'écrouler sans raison si ce n'est le manque de vigilance, si ce n'est les normes absurdes, si ce n'est l'avidité de certains groupes et si ce n'est le fait que la France se soit votrée dans la mondialisation dont on voit aujourd'hui les effets néfastes.
Un dernier mot, Laurent Jacobili, vous savez combien ça coûterait s'il devait y avoir une nationalisation ? Je vous le dis, c'est la solution à prendre à la fin. Il faut quand même
évaluer le coup possible. Quand tout le reste a échoué, une fois encore, il y a des moments où c'est la souveraineté française qui est en jeu. Il faut savoir prendre des solutions parce que si on laisse la sidérurgie à l'Inde, à la Chine et au Brésil et qu'on renonce, qu'on règle un trait de plume notre sidérurgie, ça veut dire que demain il y aura un impact sur notre industrie d'armement, sur notre industrie automobile et donc sur notre souveraineté. Vous savez, le vrai coût aujourd'hui, c'est celui des normes et de l'abandon de notre sidérurgie.
Merci à vous, Laurent Jacobé, député Rassemblement National de la Moselle, porte-parole du RN d'avoir été avec nous ce matin. Merci, Bérangère Bond. Vous restez sur France Info dans 5 minutes. Les informés arrivent sur notre antenne. Merci. Merci.
Laurent Jacobelli