Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationAntoinette Guhl Sénatrice· 28 juin 2024 13 minComplaisantPortrait personnelAgriculture & alimentationSolidarités & familleÉconomie & entreprisesSanté

"De la popote pas de la popol" ! Politique et cuisine avec Boris Tavernier !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 8:01OuverteRéponse directe

    Boris toi tu es candidat d'ouverture pour le nouveau front populaire comment tu te retrouves là dans ce Front populaire ? Et est-ce que tu es bien ? Et quelles sont les grandes idées qui te séduisent ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:00Boris TavernierFait
    « nos paysans sont autant dans la précarité que les mangeurs et les mangeuses »
  • 9:00Boris TavernierChiffre
    « Ils ont refusé de voter pour un SMIC à 1500 € nous on propose un SMIC à 1600 € »
  • 9:30Boris TavernierFait
    « il y a un risque je sais que que potentiellement on va passer 3 ans à l'Assemblée nationale avec le RN au pouvoir »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour à toutes et à tous je suis Boris Tavernier je suis le candidat Front populaire sur la deuxème circonscription de Lyon et je suis accompagné d'Antoinette Gul sénatrice de Paris pour une toute première émission ici on fait de la popote pas de la popole on va faire un petit plat végétarien un velouté de courgette à l'huile d'olive et à la menthe petite poêée de champignons persilail des poivrons marinés et des pommes de terre à la suédoise j'ai un un lourd passif dans l'alimentation depuis une vingtaine d'années j'ai d'abord monté le bar de l'autre côté du pont une coopérative agriculturelle où on soutenait déjà l'agriculture paysane biologique et on essayait de la rendre accessible c'était à la Guillotière j'y suis resté 10 ans et le modèle économique était autour de la bière, grâce à la bière on finançait des plats du jour moins cher pour les habitants et on payait justement les les producteurs ça c'est vraiment hyper important pour nous et on organisait moult concert, conférence débat, alors pour tout le monde j'ai fait des petites courses ce matin à l'épicerie des Halles on a de la chance à Lyon d'avoir une quarantaine de marchés quotidiens donc évidemment j'ai pris des produits locaux des produits paysans bio pour pour tous ce qui est pas courant aujourd'hui on a quand même à peu près 16 % de la population qui choisit pas ce qu'elle mange qui peut pas choisir son alimentation donc j'aimerais bien justement que que tout le monde puisse avoir accès à ces bons légumes de paysans on a une agriculture paysane qui est quand même en souffrance comme tu sais c'est un sujet qui est effectivement très politique en fait l'alimentation parce que l'air de rien on est dans notre cuisine en train de préparer en train de préparer un repas mais effectivement il y a des paysans qui cultivent il y a il y a une terre qui est cultivée il y a il y a des acheminements des transformations de produits et cetera donc pour les poivres marinés on va les mettre au four à peu près 200 210°bien chaud et puis on va les laisser bien cramer pour pouvoir enlever la peau facilement. Toi c'est un sujet qui te tient à cœur depuis toujours hein l'alimentation on peut dire ça hein c'est j'avais monté la première AMAP Association pour le Maintien d'agriculture paysane en 2004 à Lyon et très vite de manger des blettes à peu près toutes les semaines pendant 8 mois c'est un peu compliqué donc la notion d'alimentation choisie était importante au bout de 10 ans j'avais la la volonté de passer à autre chose j'ai d'abord commencé par reprendre des études parce que j'avais que le bac tout en continuant de bosser dans mon bar et puis j'ai eu la chance de rencontrer deux personnes qui m'ont permis de de changer de projet et de de partir sur vrac ce que je faisais avec vrac depuis depuis 10 ans c'était vraiment mettre en lien les paysans et les habitants des quartiers populaires donc nous ce qu'on propose dans les quartier c'est une centaine de références de produits légumes légumineux céréales huile et puis aussi quand même les aliments plaisir le miel, le fromage ! Parce que c'est aussi important de se faire plaisir dans dans la cuisine et et c'est vraiment tous les mois les habitants vont choisir soit sur un logiciel en ligne les produits dont ils ont besoin et soit lors de permanence physique parce qu'on a encore aussi une grosse problématique de fracture numérique en France nous nos adhérents on à peu près 20 % qui sont très éloignés de ça ou qui simplement veulent voir quelqu'un aussi donc ça c'est important parce que la cuisine fait lien et moi je viens de la campagne de la ruralité donc la première chose que j'ai fait c'est que je suis parti 3 mois dans les quartiers pour les découvrir je je connaissais pas ça j'ai monté un resto où j'étais pas cuisto on avait fait un petit resto clandestin avant je je vais travailler en banlieue je connais pas le le territoire et je me suis vite rendu compte que c'était la même chose que nos villages qui disparaissent que tu retrouves le même isolement, précarité économique je parlais pas de bio de circuit court parce que tout de suite c'est le rejet, le rejet de ce qu'on peut pas s'offrir donc le choix qu'on avait fait à l'origine c'est tout revendre au prix d'achat donc on achète en grosse quantité des gros volumes en direct auprès des paysans donc sans intermédiaire et en grosse quantité ça nous permet d'avoir des prix très intéressants mais sans négocier ça c'est vraiment hyper hyper important nos paysans sont autant dans la précarité que les mangeurs et les mangeuses mon record c'est 100 kg de pommes de terre pour faire des frites je peux vous dire que ça sentit bon l'huile de friture !

Hop évidemment on lave même si c'est bio c'est quand même mieux d'enlever la terre. Donc on va investir le centre social de la sauvegarde à la Duchère par exemple et puis on va créer cette épicerie avec les habitants c'est les habitants qui viennent avec avec leur bouteilles avec leur emballage qui organisent tout l'opérationnel certains sont aux céréales aux légumineux aux huiles donc c'est à la fois un projet économique pour les habitants et pour les paysans un projet très social c'est pas juste des petites mains qui sont sur l'opérationnel ils sont aussi dans la gouvernance de nos associations il y a un collège habitant dans chaque association vrac parce que c'est quand même eux les expert du quotidien et c'est important justement d'avoir cette expertise mais on a aussi tiré un peu le fil on organise des sorties à la campagne pour renforcer le lien avec ceux qui nous nourrissent aujourd'hui on sait plus ce qu'on mange on sait plus d'où ça vient et de refaire ce lien là est très important vous connaissez les pommes de terre la Suédoise l'idée c'est d'aller presque au bout mais pas complètement donc on fait des fines tranches un peu comme des chips c'est comme si vous faisez un gratin dauphinois mais sans aller au bout de la pomme de terre et en fait quand vous aller quand ça va cuire ça va s'ouvrir ici. Ça va être un peu croustillant au-dessus et puis un peu plus tendre à l'intérieur.

Ce qu'on porte c'est "l'aller vers" quand si tu organises un atelier de cuisine avec une nutritionniste qui va te faire la morale ça marche pas mais si tu vas au pied, au pied des immeubles que tu que tu démontes ton vélo cargot qui se transforme en cuisine de rue et que tu fais des tacos avec les gamins végétariens avec des champignons plutôt qu'avec de la viande et ça fonctionne donc voilà. On essaie de de faire le maximum d'événements pour aussi montrer que la cuisine c'est aussi du partage et du plaisir et pas qu'une contrainte c'est aussi un projet évidemment tourné sur les questions environnementales tous les produits sont issus d'agriculture biologique on n pas d'emballage donc ça c'est aussi important pour nous et évidemment la question de la santé prépondérante. On est dans les quartiers qui sont 4 fois plus touchés par le diabète, par l'obésité, par les maladies cardio-ovasculaires.

C'est un lien fort avec la santé et ça fait partie des des enjeux de de cette élection c'est comment on fait pour réussir à protéger la santé de tous les Français ? c'est-à-dire d'améliorer bien sûr le système hospitalier et cetera mais également j'allais dire en préventif de pouvoir permettre de bien manger, de manger des produits sains. Un petit coup d'huile d'olive quelques épices et au four.

Je dis souvent que notre système alimentaire c'est un tueur en série aujourd'hui il va tuer les paysans, il va tuer la terre et il tue les mangeurs et les mangeuses ! il y a y a vraiment cette urgence là à changer le modèle. C'est vital tout simplement mais c'est pas forcément tout le monde n'est pas d'accord il il y a quand même des des lobbies très forts en face.

Le projet vrac c'était l'idée c'est d'aller plus loin et ça a fonctionné pendant plusieurs années on a été fortement frappé par l'inflation par cette politique anti pauvre qui a mis à mal le pays les associations, les bailleurs sociaux et nous on a vu que qu'on perdait des adhérents ces deux dernières années les fils de l'aide alimentaire s'allongeaient alors que nous les gens avaient plus les moyens de se payer les produits à prix à prix coûtant donc sans aucune marge. Moi je je vois par exemple à Paris je suis allée à la rencontre des étudiants qui allaient chercher des paniers de produits gaspillés c'était quand même par centaine qu'ils faisaient la queue et vraiment enfin j'étais très très étonnée je me dis il y a 10 ans, il y a 15 ans on voyait pas ça.D onc c'est quand même c'est nouveau et c'est des nouvelles population qui ont accès aujourd'hui à l'aide, enfin qui ont accès qui malheureusement vont à l'aide alimentaire !

Mais c'est aussi pour ça qu'on milite pour le le repas 1 € pour tous. Les étudiants au cross et puis aujourd'hui tu as un étudiant sur trois qui saute des repas enfin c'est il y a cette problématique là, moi j'ai pu voir quand on a créé vrac université en 2019 donc avant le covid parce que à Lyon on avait eu ce drame de Anas un étudiant qui s'était imolé devant le crous en expliquant, en laissant une lettre en parlant de cette difficulté de vivre tout simplement. Moi ça a été un choc hallucinant on a monté vrac université nous notre réponse à l'urgence c'est ça mais la volonté c'est effectivement d'aller plus loin !

Là dans dans le programme du Front populaire on parle notamment du blocage des prix je trouve ça hyper intéressant pour répondre à l'urgence de bloquer ses prix pendant quelques mois mais il faut aussi envisager la suite mon travail. Chez vrac j'ai beaucoup évolué les premières années j'étais sur le terrain, à couper du fromage à peser des légumes, puis je suis devenu développeur donc j'allais développer le projet sur sur d'autres territoires et depuis quelques années j'étais sur un travail plus politique de plaidoyer. Donc justement d'essayer de de renverser la table et de proposer un autre système alimentaire et je voyais que j'atteignais un peu un plafond de verre.

On est connu mais pas assez on a des moyen mais pas assez et j'ai le sentiment en fait il y a cette volonté de qu'on soit toujours une alternative donc on va avoir des moyens mais pour dire : "oui mais comme ça regardez il y a des alternatives" et je voyais pas aller beaucoup plus loin je me sentais un peu bloqué et j'avais cette volonté de de continuer de de matraquer de porter ce ce message politique qui encore une fois l'alimentation touche à tout elle touche à l'écologie l'environnement au transport à la mobilité à l'économique enfin ça touche vraiment à toutes les thématiques. Boris toi tu es donc candidat d'ouverture pour le nouveau front populaire comment tu te retrouves là dans ce Front populaire ? Et est-ce que tu es bien ?

Et quelles sont les les grandes idées qui te séduisent ? très honnêtement j'y serais pas allé s'il y avait pas eu d'union ça c'est c'est assez évident. Je suis comme beaucoup de monde resté estomaqué devant ma télé dimanche soir et je me suis dit que en fait c'était maintenant, c'était maintenant qu'il fallait y aller j'avais pas envie de me réveiller le 8 juillet avec Bardella au pouvoir j'avais pas envie de voir. la souffrance qui va vite arriver pour le milieu associatif pour le milieu de solidarité puis pour pour les Français les Françaises tout simplement.

Donc je me suis lancé, je me suis porté candidat aujourd'hui, cette précarité qui est énorme qui continue de grandir. Ils ont refusé de voter pour un SMIC à 1500 € nous on propose un SMIC à 1600 €. Ils ont toutes les lois qu'ils ont voté qu'il n'ont pas voté c'était en faveur des plus riches donc il faut pas seut faut pas tout confondre ils vont rien faire pour les plus pauvres ils vont rien faire pour les classes moyennes ils sont déjà à la botte du patronat !

Donc si en plus de ça on on ajoute cette cette culture xénophobe raciste antisémite je veux pas vivre, je veux pas vivre ça donc je sais qu'il y a un risque je sais que que potentiellement on va passer 3 ans à l'Assemblée nationale avec le RN au pouvoir. C'est possible aujourd'hui tant que c'est pas fait tant que les deux tours ne sont pas finis j'y crois et si tout le monde continue de se mobiliser on peut gagner on peut proposer autre chose ! On peut proposer une autre société donc aujourd'hui on est quand même les seuls à avoir un programme assez conséquent, un programme chiffré et un programme qui donne de l'espoir qui peut nous amener vers une société plus plus juste et plus solidaire.

Et donc voilà cette idée d'union elle est fortement demandée par la rue elle était demandée aussi par beaucoup de politiques par la société civile et effectivement j'avais aussi des lignes rouges des questions importantes en tout cas : j'y vais ? j'y vais pas ? mais je me suis vraiment retrouvé dans le programme et effectivement de se rendre compte qu'une des priorités c'était le logement, le pouvoir d'achat, de revenir aussi sur sur ces lois assez horrible passer à coup de 49.3 ça tout ça m'a réconforté dans mon choix et puis ce qui est aussi intéressant c'est bah d'avoir des candidats comme moi qui viennent de la société civile qui sont pas encarté je pense que ça peut, ça rassure aussi on le voit sur le terrain il y a quand même une fatigue des gens sur la politique.

Ça fait 7 ans qu'il souffre et et là ce qu'on leur propose est aussi un peu compliqué.. donc l'accueil est plutôt bon il y a une confiance qui s'installe et puis une grosse mobilisation et ça je m'attendais pas du tout à ce point !

On est plus de 700 personnes qui nous suivent sur la circo qui vont tracter faire du porte à porte, coller des affiches, ou créer des événements et ça me motive vraiment aller plus loin que nous soyons en manette ou qu'il soit manette dans tous les cas je vais me battre pour essayer aussi d'être le porte-voix des gens qu'on entend pas des habitants des quartiers populaires, des plus précaires de la ruralité toutes ces personnes qu'on oublie et qui font aussi la France !