Peut-on encore avoir des animaux de compagnie ?
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France Inter Bonjour à tous, le débat de midi commence et la nappe rouge de France Inter s'étend sur la belle table hertzienne. Bienvenue à vous, alors êtes-vous prêts à régaler vos méninges car bien sûr vous êtes conviés aux Agapes. N'hésitez pas à nous envoyer vos messages et notre vocale au 01 45 24 7000. Tiens, une info de toute première importance. Savez-vous quels ont été les noms les plus donnés en 2023 pour les chiens et les chats ? Eh bien pour les chats c'est Ulysse et pour les chiens c'est Ulysse également. Alors quelle conclusion en tirer ? Eh bien je ne sais absolument pas et j'avoue mon incapacité journalistique à vous dire si c'est bien ou pas.
Alors dans le débat de midi, nous n'évoquerons pas cette unanimité pour le pseudonyme Ulysse, même si c'est super, mais nous allons plutôt nous intéresser à la place des animaux de compagnie dans notre pays. En 2022, on évaluait à près de 80 millions de sympathiques compagnons de proximité. Et près d'un foyer sur deux posséderait un chien, un chat, un oiseau et autres bestioles. C'est beaucoup et on s'interroge sur le poids de ces animaux de compagnie, sur l'environnement. Le chat par exemple ne serait pas des plus aimables pour la planète. Concernant le quotidien, un animal coûte cher et en ces temps d'inflation, a-t-on vraiment les moyens de s'en occuper ?
Les abandons se multiplient comme chaque année. L'été venu, la société protectrice des animaux tire la sonnette d'alarme. Alors doit-on continuer à posséder autant d'animaux ? En avoir moins, est-ce mieux les protéger ? Qu'est-ce que ça dit de nos besoins d'avoir à nos côtés en permanence des chiens ou des chats ? Il y en a des questions et n'hésitez pas, vous aussi, à nous écrire ou à déposer vos messages vocaux sur le WhatsApp de l'émission au 01 45 24 7000. D'ailleurs, si vous êtes un chien ou un chat, vous pouvez également nous contacter, n'hésitez pas. Le débat de midi, ça commence d'ailleurs tout de suite. Jean-Mathieu Pernin, le débat de midi sur France Inter.
Et pour en parler autour de la table du débat de midi, nous avons invité François Gemmène. Bonjour.
Bonjour.
Vous êtes président de l'Alliance pour la décarbonation de la route, auteur principal du dernier rapport du GIEC également. C'est surtout chercheur quand même. Oui, il faut le dire, c'est important en effet. Vous avez raison François, chercheur. On va dire chercheur comme ça. Sarah Jeanin, bonjour. Vous êtes directrice générale et responsable communication d'Anima à l'University, psychologue et docteur en éthologie. Alors pouvez-vous juste nous rappeler ce qu'est l'éthologie ?
L'éthologie, c'est l'étude du comportement des êtres vivants.
Voilà, tout simplement. Et donc notamment, vous travaillez en effet sur les rapports entre les hommes, les femmes et les animaux. C'est ça, on va beaucoup en parler aujourd'hui. Également, Nicolas Doyon, bonjour à vous. Bonjour. Alors vous êtes en duplex grâce aux moyens de France Bleu, Auxerre. Vous êtes maître de conférence psychologie du développement, chercheur également au laboratoire Cognition, Santé, Société et à l'Université de Rhin-Champagne, Ardennes. Et également Jean-Charles Fonbonne. Bonjour à vous. Bonjour. Vous êtes président donc de la SPA, alors forcément la société protectrice des animaux que l'on connaît très bien.
Alors juste au départ, on va faire un petit panorama des animaux aussi en France. Il est vrai, Sarah Jeanin, c'est qu'on a l'impression qu'en France, on parle souvent des Anglais et de leur passion envers les animaux. Mais en fait, on se rend compte qu'en France, on a également une véritable passion envers nos animaux, près de 80 animaux domestiques dans notre pays.
Oui, actuellement, on a 14,9, donc quasiment 15 millions de chats dans nos foyers et 7,6 millions de chiens. Donc c'est pour dire l'engouement des Français envers les animaux de compagnie.
Oui, c'est ça, Jean-Jacques-Charles Fonbonne. Ça fait longtemps finalement qu'on a un véritable engouement envers les animaux de compagnie en France.
Oui, oui, il est de tous les temps. Dans une France rurale, évidemment, il y avait l'animal de compagnie et l'animal de travail. Et puis maintenant, dans la France urbaine que l'on connaît, mais je pense que ça fera partie des idées dont on va débattre dans quelques minutes. C'est un compagnon de vie et donc il devient indissociable quasiment de la vie familiale.
Alors juste à un point avec vous, Jean-Charles Fonbonne. On peut lire... Jacques, Jacques. Par contre, excusez-moi, Jacques, excusez-moi. Non, c'est bien parce que moi, c'est Jean-Mathieu, vous savez, voilà, on s'arrange. Bonjour, bonjour. Bonjour, enchanté. Jacques-Charles Fonbonne, on voit partout à peu près des SPA régionales qui tirent la sonnette d'alarme par rapport à cet été en disant que c'est un été presque record concernant l'abandon des animaux. Est-ce que vous le confirmez ?
Alors, il faut deux précisions. La première, c'est que le terme de SPA, Société Protectée des Animaux, englobe des associations qui ne dépendent pas de nous. dans le siège est à Paris. Nous, nous avons 76 lieux de recueil des animaux et de dispensaires et de soins. Mais c'est, pour prendre un terme commercial, c'est une marque qui n'a pas été protégée au 19e et au 20e siècle, ce qui fait que beaucoup d'associations portent notre nom, même si, évidemment, il n'y a aucune question de concurrence et qu'on participe tous à la même idée. Pour répondre directement à votre question quantitative, on n'a pas vraiment, depuis deux ans, observé d'explosion du nombre des abandons.
Alors, il y en a toujours, évidemment, au moment de l'été, je dirais, compte tenu de l'irresponsabilité des gens qui prennent des animaux sans être capables de savoir ce qu'ils vont en faire dans quelques mois. Mais on reste quand même sur un chiffre extrêmement haut, puisque l'an dernier, nous avons recueilli 46 000 animaux, deux tiers de chats, je pense qu'on en parlera en termes de prolifération et d'impact sur la biodiversité, un tiers de chiens, et puis on évoquait les 80 millions d'animaux de compagnie.
Il y a maintenant ce que l'on appelle les NAC, vous savez, les nouveaux animaux de compagnie, qui sont principalement des lapins, des souris, des petits mammifères que les gens ont pris beaucoup pendant le confinement et avec lesquels ils ont des réactions d'abandon qui sont, on va dire, peut-être plus fréquentes parce que moins culpabilisantes que celles d'un chien ou d'un chat.
Alors, François Gémani, il est vrai, on va en parler dans un instant de l'impact de ces animaux de compagnie sur l'environnement, mais au départ sur cette passion. C'est une passion, alors, c'est assez ambiguë parce que, de temps en temps, on voit, en effet, il y a ces fameux, vous savez, achats coups de cœur, comme on dit, qui est très dangereux souvent pour les animaux parce qu'on se rend compte qu'il y a un moment où on ne l'aime plus trop, finalement, cet animal, ou pour faire plaisir à ces enfants. Finalement, on est passionné, mais en même temps assez ambiguës par rapport aux animaux.
Oui, et puis je pense que ça dit beaucoup de l'évolution de notre société. En France, il y a 8 millions de foyers avec un enfant. Il y a manifestement beaucoup, beaucoup plus de foyers avec des animaux à la maison qu'avec des enfants. On voit que, depuis le Covid, les ventes d'animaux de compagnie ont considérablement augmenté, dès la même manière qu'on observe dans un autre secteur, par exemple, une augmentation de personnes qui voyagent seules à partir de bateaux de croisière, sur des bateaux de croisière. Je pense que ça dit beaucoup de choses aussi sur l'évolution de notre société et, effectivement, sur un sentiment de solitude croissante qui prouve beaucoup de gens.
Oui, c'est ça, la solitude croissante.
Sarah, vous l'avez remarqué, vous aussi ?
Oui, je pense que dans des sociétés comme la nôtre, qui est très individualiste, avoir un compagnon de vie et qui, plus est, un animal, on a l'impression que ça va être plus simple qu'à être un humain, à juste titre ou non, et important, en tout cas.
Nicolas, voyons, vous, vous avez travaillé, alors, concernant les animaux et l'accompagnement, alors, vous, par rapport aux personnes fragiles ou avec un handicap et vous, vous voyez véritablement l'intérêt aujourd'hui de faire cohabiter animaux et hommes et femmes car ça peut véritablement aider.
Exactement, oui, je me suis vraiment spécialisé sur les apports de cette interaction. Donc, c'est vrai que là a été évoquée la question de la solitude et la COVID a été une période, en fait, qui nous a permis de véritablement voir exploser un peu cette solitude-là et on a pu documenter au travers des différentes études menées en international ces effets, notamment sur le stress, la solitude ou la possession d'animaux de compagnie a pu avoir des bénéfices là-dessus où on peut voir aussi avec des familles qui vivaient, donc, notamment, moins de stress, moins de solitude, moins de difficultés de leur enfant, en fait, pendant cette période.
Et d'ailleurs, toujours sur cet élément de la COVID, il y a des études assez récentes puisqu'on parlait de l'abandon qui se sont penchées sur la question de quels sont les éléments qui ont mené à l'achat, en fait, d'un animal au cours de cette période. Et ces études rapportent, notamment, que les familles qui ont été amenées à intégrer un animal de manière un peu plus compulsive qu'elle ne l'aurait fait auparavant sont des familles qui, notamment, vont expérimenter plus de difficultés dans la relation avec leur animal, ce qui peut amener, malheureusement, des fois, à des situations de retour de l'animal vers des SPA ou des situations d'abandon, malheureusement.
Mais les bénéfices sont bel et bien présents. Par contre, notamment, en fait, en particulier sur le développement de l'enfant, où on peut voir des choses assez formidables.
Oui, c'est ça, oui. Sarah Jondin, vous avez aussi constaté ça sur le développement ?
Oui, et puis, en fait, c'est surtout qu'on a envie de cette proximité avec les animaux pour pallier à la solitude, par exemple, de donner de l'amour à d'autres êtres vivants. Mais, paradoxalement, on sait très peu de choses sur les animaux qui sont à nos côtés, sur leur communication, leurs besoins, et c'est très étonnant, mais c'est ce qui conduit à des difficultés parfois de communication et de cohabitation. Jacques-Charles de Fontbonne, vous vouliez intervenir ? Oui, oui. Ce que je veux dire, c'est que ça va tout à fait dans le sens de notre action de la société protectrice des animaux.
On ne se contente pas, évidemment, de recueillir des animaux, parce que vous comprenez qu'en fait, en bout de chaîne du malheur, on ne fait que constater l'abandon. On essaie d'intervenir très en amont sur le sujet que vous évoquiez, c'est-à-dire l'achat réflexe. On invite les familles, on invite les gens à réfléchir, à se projeter dans l'avenir. Et puis, en développant autour de nous, autant qu'on le peut, des axes de vie commune entre l'animal et l'homme. Je pense, par exemple, à nos interventions dans les écoles, dans les EHPAD, dans le projet qu'on a monté avec, et je le remercie amicalement, pour son engagement sur la cause animale, avec le ministère de la Justice, avec M.
Dupond-Moretti, concernant la création de chiens d'assistance judiciaire. C'est-à-dire qu'on est parfaitement dans ce débat du lien entre l'homme et l'animal et d'un bénéfice constant et réciproque.
Alors, et pourtant, c'est vrai, François Gemmène, nous, on avait intitulé notre débat « Est-ce qu'il y a trop d'animaux domestiques ? » parce qu'il est vrai qu'il y a des questions qu'on peut se poser autour de ces animaux qu'on aime, forcément, qui sont auprès de nous, qui peuvent nous aider, et de temps en temps aussi, qui, quand on regarde le bilan environnemental, finalement, c'est ça qui est intéressant parce que nous, on est des très très gros pollueurs, on abîme notre planète, mais on se rend compte qu'avoir des animaux de compagnie, ce n'est pas un acte innocent pour la planète.
Ah non, il est certain qu'on n'ose pas trop en parler, ça déchaîne les passions, et même, dans mon cas, des menaces de mort qui ont d'ailleurs été largement initiées par la SPA, et j'aimerais qu'on y revienne dans le cours de cette émission. Mais effectivement, dès lors qu'on annonce un peu les chiffres et les études sur l'impact environnemental des chats et des chiens, on se fait traiter de tous les noms d'oiseaux, c'est pour passer l'expression, et surtout, on se fait menacer. Ce qui me paraît, c'est donc devenu un sujet dont on ne peut même presque plus parler. Pourquoi, d'après vous ? J'imagine qu'il y a un...
Les gens considèrent évidemment leur chat ou leur chien comme un membre de leur foyer, et donc ont l'impression d'être attaqués personnellement si, à un moment donné, on leur dit « Tiens, comment pourrait-on faire en sorte que l'empreinte du chat sur la biodiversité ou l'empreinte du chien sur le climat puisse diminuer ? » Et comment est-ce qu'on peut réfléchir ensemble à ces questions ? Les gens se sentent pour une raison dont on pourrait discuter, se sentent effectivement culpabilisés, et ont l'impression qu'on cherche à leur retirer leurs chats ou leurs chiens, voire même, comme j'ai été accusé, de vouloir conduire à des campagnes d'extermination des chats et des chiens en France.
Voilà, je rappelle juste
en effet que c'était lorsque vous avez fait une déclaration en disant que les chats et les chiens n'étaient pas forcément bons pour l'environnement, ce qui scientifiquement, aujourd'hui, on voit qu'il y a des rapports différents dessus, mais c'est une vraie discussion qu'a en tout cas le milieu scientifique sur la question, et c'est normal parce qu'on parle là de chats abandonnés dans un milieu sauvage qui peut tuer des oiseaux, on parle aussi de production de nourriture pour animaux et notamment de viande qui serait assez important, un rapport d'ailleurs américain disait que l'impact environnemental, la consommation de viande aux Etats-Unis par les chiens et les chats pouvait être responsable de 25 à 30% de l'impact environnemental, donc on le voit en effet mais juste à...
Je vous rappelle les chiffres en Belgique et en France parce que là on parle d'études américaines et la situation est évidemment un peu difficile, différente en France. Les chercheurs du Muséum National d'Histoire Naturelle estiment par exemple que la mortalité des oiseaux de jardin a augmenté de 50% entre 2000 et 2015 et que les chats sont responsables jusqu'à un quart de la mort de ces oiseaux de jardin.
En ce qui concerne l'empreinte carbone des chiens, je vous cite les chiffres de l'ADEME qui est donc l'agence française, un chien de taille moyenne a une empreinte carbone de 358 kilos d'équivalent carbone par an, un gros chien d'environ 600 kilos, je rappelle que l'empreinte carbone idéale pour un humain c'est d'environ 2 tonnes. Voilà, et je rappelle aussi juste, ce n'est pas parce qu'on s'exprime à un micro sur ce sujet
que vous appelez à tuer des chiens. Non, alors je tiens à le dire vraiment
pour tous les auditeurs, je n'appelle à aucune campagne d'extermination des chats et des chiens, ce sont des animaux adorables, très mignons, surtout quand ils sont petits. Voilà, très bien.
Sarah, j'en ai en effet juste sur ce qu'a dit au départ François Gennet, est-ce que c'est vrai que s'intéresser aussi à des sujets, apporter un débat là-dessus, est-ce que c'est parce que beaucoup de gens le prennent mal, parce qu'ils ont l'impression qu'on s'attaque à eux aussi ?
Je pense que c'est un parallèle qu'on peut faire aussi avec les lois restrictives par rapport aux naissances. En fait, quand à partir du moment on considère un animal comme un membre de la famille, ça va avoir le même impact que les craintes qu'on peut avoir quand on évoque ce type de loi. Maintenant, c'est important d'avoir conscience en effet de l'impact carbone de tout être vivant, y compris nos animaux compagnons comme nos enfants et comme nous-mêmes.
Oui, alors Jacques-Charles Fonbonne, vous vouliez réagir ?
Oui, je voudrais réagir effectivement à ce que vient de dire M. Jemmède. D'abord, je veux dire que les choses soient très claires. C'est un débat d'idées. Je n'accepte pas Non, non, c'est pas un débat d'idées. C'est un débat de fait. Je suis désolé. Non, non, oui, mais c'est surtout un débat d'idées. Mais non, ce n'est pas un débat d'idées. Ce sont les idées. On discute de fait ici, M. Fonbonne.
Attendez, attendez. Je suis à distance, il est assez difficile de parler. Allez-y, M. Fonbonne, allez-y, allez-y.
Non, je vous en remercie. Je ne peux pas laisser dire parce que c'est une accusation criminelle qu'il y a eu des menaces de mort relayées par la SPA. Ça n'est pas admissible. Je vous cite votre tweet. Je pense qu'il y a des experts que vos mots ont dépassé votre pensée parce que ce sont des choses qui ne sont pas admissibles. Ce que j'ai dit, puisque effectivement, j'avais été interviewé déjà sur votre antenne sur le sujet, ce que j'avais dit, mais ça va tout à fait dans les remarques que vous venez de faire à l'instant. Je crois que c'est un choix de société. C'est-à-dire, doit-on mesurer l'empreinte carbone d'un chien ou d'un chat ?
C'est-à-dire, doit-on vivre avec des scientifiques qui produisent des équations ? Ou doit-on vivre, comme on l'évoque à l'instant, avec des gens qui essayent, au milieu de l'écologie, au milieu du respect de la planète, de faire en sorte que les gens vivent mieux et qu'ils vivent mieux éventuellement avec des animaux de compagnie ? Je n'ai pas l'habitude, et encore, je suis extrêmement choqué de ce que vous venez de dire, de la façon dont on pourrait interpréter mes propos comme des menaces de mort ou comme un appel au meurtre, même si des crétins, même si les gens irresponsables relaient ces propos, on les déforme.
J'espère encore une fois que vous m'ont dépassé votre pensée parce que sinon, c'est inadmissible. Pas du tout, monsieur. Et je vais vous citer votre tweet du 14 décembre après-midi qui dit, tweet de la SP officielle, personne n'avait encore osé culpabiliser les amis des animaux. C'est fait. Votre tweet s'inscrit dans une campagne massive de harcèlement qui durait depuis 24 heures. J'avais dénoncé les menaces de mort. Vous ne pouviez pas ignorer à ce moment-là votre tweet. Je regrette beaucoup que vous ne soyez pas en studio parce qu'on a rarement l'occasion de confronter directement ces harceleurs autrement qu'en justice. Sinon, effectivement, je vous l'aurais mis sous le nez.
Alors, pour l'instant... Oh, ben écoutez, assignez-nous. Je suis désolé d'être, vous dites un scientifique
qui produit des équations. Alors, exactement. On va revenir juste deux secondes sur le vrai sujet du débat. Il est vrai qu'après, vous pourrez vous appeler si vous voulez, en tout cas. Mais là, il est vrai sur le moment. La chose qui est quand même intéressante dedans, Jacques-Charles Fonbonne, en dehors de vos histoires et des bisbilles qu'il peut y avoir entre vous, mais de se poser la question à un moment, il est vrai, 80 millions tout de même d'animaux domestiques, il est presque normal de se poser la question. En effet, c'est ce que vous disiez aussi tout à l'heure, Sarah Jeanin, de connaître l'impact de l'environnement, sur l'environnement de cette population.
Oui, effectivement. Mais j'en reviens à ce que je disais à l'instant, c'est-à-dire que c'est une question de choix de société. C'est-à-dire,
ça veut dire quoi quand vous dites choix de société ?
Eh bien, ça veut dire que où l'on aligne des chiffres et des équations en disant voilà quel est le bilan carbone et que faisons-nous ? Donc, on considère qu'il ne faut plus qu'il y ait d'animaux de compagnie. On considère que tout doit être fait pour qu'il y ait une consommation de carbone minimum où on accepte ou l'on veut plutôt que les gens vivent le mieux possible et à ce moment-là, on répond à leur désir d'animaux, on répond au désir qu'ils ont dans leur vie quotidienne pour mieux vivre et intelligemment, on essaye dans ce cadre-là de faire en sorte que l'impact sur la planète, que l'impact sur la consommation de carbone soit la plus faible possible.
Mais la ligne de fracture, elle est là. Organise-t-on les Jeux Olympiques ? Oui ou non ? Parce que tout le monde sait que le bilan carbone est catastrophique, mais est-ce que cela ne participe pas à un mieux-être, des gens qui assistent aux épreuves, des gens qui ont envie de participer aux épreuves, des gens qui voient des hommes et des femmes se dépasser ? C'est la question. Est-ce que l'on a besoin des animaux dans notre vie quotidienne pour aller mieux quand on est des populations faibles, des enfants autistes, des vieilles personnes ? Eh bien, la réponse est évidemment oui.
Doit-on interdire les rassemblements religieux au titre que de mettre des milliers de personnes sur les routes pour exprimer leur foi, consomment de l'essence, consomment tout un tas de choses qui carbonisent la planète ? C'est une question de choix et c'est une question de raison, c'est une question de vivre ensemble, c'est tout. Sarah, Jonathan ? Je pense qu'une manière aussi de répondre à cet enjeu écologique, d'en prendre conscience, c'est de limiter la production d'animaux, c'est-à-dire qu'on a des élevages aussi intensifs même de chiots et de chatons alors qu'il y a un très très grand nombre, M.
Fonbonne pourra évidemment corborer mais dire, d'animaux à l'adoption et donc adopter plutôt que d'acheter et donc de contribuer à la production intensive d'animaux, ce serait une manière aussi d'avoir conscience et de réagir.
Oui, c'est ça, François Gemmène, ça peut aussi faire partie en effet d'une des solutions de se dire que l'achat limité est un moment aussi
de notre part. Donc encore une fois, je m'excuse d'être un chercheur qui compile des chiffres et qui fait des équations c'est sûrement tout à fait inutile à la société par rapport aux chiens et aux chats. Mais ici vous êtes bienvenus. Alors, je reprends l'exemple des Jeux Olympiques. Bien entendu, les Jeux Olympiques ont une empreinte carbone, tout le monde le sait, qui est largement due au déplacement des visiteurs.
D'abord, ce n'est pas vrai de dire que les Jeux Olympiques ont un bilan carbone catastrophique parce que par rapport aux précédentes éditions, précisément, les organisateurs ont fait d'immenses efforts pour essayer de réduire au maximum ce bilan carbone et donc c'est bien la preuve qu'il est possible d'organiser les choses et de ne pas y renoncer tout en veillant à essayer de limiter au maximum leur empreinte carbone.
Ce que je dis simplement, c'est que, vu les chiffres de l'empreinte des chats ou des chiens respectivement sur la biodiversité et sur le climat, peut-on essayer de réfléchir ensemble à la manière dont on va essayer de limiter cette empreinte sans partir, sans des anathèmes en dénigrant des chercheurs comme de simples producteurs d'équations qui seraient tout à fait insensibles à la solitude des gens et à l'amour qu'ils peuvent avoir pour leurs bêtes.
Bien sûr. Oui, c'est ça. Et ça, c'est toujours l'éternel problème aussi. Je vous en prie.
Je nuance juste un propos aussi, bien que, bien sûr, qu'ils aient une empreinte carbone non négligeable, mais c'est vrai que, heureusement, quand même, l'industrie alimentaire des chiens et des chats est basée sur des sous-produits de l'industrie alimentaire humaine puisqu'on utilise quand même ce qui n'est pas consommé par l'humain sur la viande, en tout cas, donc les abats, les os, etc. Et pour les chats aussi, c'est une menace supplémentaire pour la perte de la biodiversité, notamment des oiseaux, mais ce sont avant tout des activités humaines comme la déforestation, l'utilisation de pesticides, etc., qui causent leur déclin bien avant les chats, bien sûr.
Sur les îles, c'est un problème et en continent bien moindre.
Allez, on va continuer à discuter, bien sûr, des animaux de Compay dans un instant, dans le débat de midi, juste après Éloi, avec un titre bien trouvé puisqu'il s'intitule « Comme un animal ».
Le débat de midi.
Le débat de midi. Y a-t-il trop d'animaux de compagnie en France ? Voilà la question du jour. Nous recevons pour en parler François Gemmène, qui est chercheur, auteur principal du dernier rapport du GIEC, également Jacques-Charles Fonbonne, président de la SPA. Sarah, jean-indirectrice générale et responsable communication d'Animal University, psychologue et docteur en éthologie. Nicolas Doyon, maître de conférences psychologie du développement, chercheur au laboratoire Cognition Santé Société à l'Université de Reims-Champagne-Ardennes. Alors, au 01 45 24 7000, vous nous envoyez des messages et également des notes vocales. Et on va écouter celles laissées par Lucia depuis Draguignon.
Bonjour, j'invite le Var et il y a énormément d'animaux abandonnés ici, mais il n'y a pas que l'été, c'est tout le temps. Ils trouvent dans des cartons enfermés dans la poubelle une maman avec les petits, une maman châte avec ses petits qui sont en train de mourir. Si les gens n'ont pas d'argent pour les faire stériliser, je ne sais pas, ils n'ont qu'à pas les prendre. Allez, bonne journée.
Voilà, alors en effet, on écoute donc Lucia qui nous a laissé une note vocale au 01 45 24 7000. Alors Sarah Jeannin, Lucia a son propre vocabulaire, sa manière également aussi de s'exprimer, mais il est vrai que c'est une question, ça qu'on peut voir, on en voit tout le temps des abandons d'animaux. Est-ce que c'est aussi parce qu'il y a trop d'animaux en France et que les gens, finalement, nous, nous achetons trop d'animaux et on ne sait pas quoi en faire à un moment ?
Alors l'abandon, c'est de mon point de vue plutôt un manque, encore une fois, de connaissances vis-à-vis de l'espèce qu'on va prendre à nos côtés et donc en fait, on ne s'attendait pas à avoir de telles difficultés parce qu'on ne connaissait pas encore les besoins et ce que nécessitait en tout cas un chien ou un chat et donc on est dépourvu à un moment et donc on décide d'abandonner l'animal dans le pire des cas, voire de le faire euthanasier. Donc c'est terrible mais c'est vraiment un manque de connaissances, je pense.
Et vous pensez aussi que l'inflation par rapport au coût d'un animal au quotidien joue aujourd'hui ?
Oui, et ça c'est vraiment important de l'avoir en tête, c'est-à-dire que pour prendre un animal, il faut avoir du temps et ou de l'argent, c'est un fait, ça coûte extrêmement cher et c'est une responsabilité vraiment importante.
Et François Gemmène, sur cette responsabilité aussi, quand on le voit, vous, vous avez parlé en effet de ce poids sur l'environnement des chiens, des chars, des animaux de compagnie, on peut parler aussi de responsabilisation, il faut responsabiliser aussi les maîtres par rapport
à la tenue aussi de leurs animaux ? Oui, je pense qu'il y a plein de paramètres à prendre en compte lorsqu'on achète un chat, un chien ou un autre animal, qu'il faut évidemment savoir que ça va demander un investissement personnel pour s'en occuper, savoir aussi que c'est associé à un coût, au-delà du coût d'achat de l'animal, on ne réalise peut-être pas forcément qu'il va y avoir un coût d'usage, si je peux me permettre ce terme, et puis je pense qu'il faut être conscient aussi de son impact sur l'environnement et donc de se dire comment est-ce que je vais nourrir mon animal, est-ce que je vais acheter plutôt un gros chien, un petit chien ou un chat ?
Et tout ça, je pense que c'est des choses assez importantes à prendre en compte et donc c'est aussi j'imagine une question de formation des vendeurs d'animaux.
Et un mot aussi François Gemmène, quand on parle, on le voit en effet sur l'impact, pour être assez concret sur l'impact sur l'environnement, notamment de chats abandonnés. On dit qu'en effet il y a des milliers d'oiseaux qu'il y a un véritable impact sur la biodiversité.
Ah oui, il est certain, notamment du fait des chats abandonnés qui évidemment vont aller se nourrir à la fois d'oiseaux, c'est ce qu'on voit le plus, mais également de petits mammifères. Par exemple, aux Etats-Unis, on estime que les chats tuent chaque année entre 6 et 22 milliards de petits mammifères. Alors il est certain qu'on va toujours trouver un chat plus mignon qu'un petit rat ou un ragondin, mais il y a évidemment un énorme impact sur la biodiversité. Et donc si on aime les animaux, effectivement, on peut se demander aussi tiens, au nom de quoi est-ce qu'on va prioriser une espèce plutôt qu'une autre ? C'est ça. Nicolas, de voyons, vous vouliez réagir.
Oui, oui, donc oui, en effet, on a pas mal d'enquêtes récentes qui sont sorties qui nous montrent que l'inflation qu'on a pu connaître au niveau économique et donc l'élévation des coûts est un vrai problème pour certains propriétaires d'animaux qui doivent faire des sacrifices pour pouvoir alimenter leur animal. Et donc ça, ces coûts sont non négligeables. Et concernant aussi cette question de la responsabilisation des propriétaires, depuis 2022, on a cette question de l'obtention d'un certificat d'engagement et de connaissance pour les nouveaux acquéreurs d'animaux.
Donc c'est une première démarche, bien entendu, et on veut toujours, je pense, progresser plus quant à cette responsabilisation et à cette éducation quant à l'acquisition d'un animal. La Belgique est d'ailleurs un peu plus pionnière puisque en Belgique, il y a nécessité d'obtenir un permis de détention pour avoir un animal de compagnie. mais la clé de voûte, bien entendu, à l'intégration d'un animal de compagnie pour une interaction harmonieuse et une intégration harmonieuse reste l'éducation à son animal, qu'est-ce que cette espèce est, comment elle interagit pour pouvoir optimiser cette interaction et bien entendu répondre aux besoins de l'animal qu'on intègre.
Jacques-Charles font bonnes pour les réagir.
Oui, mes propos vont aller dans le même sens, vous l'imaginez bien, mais j'aurais ajouté une ou deux choses. Il faut parler de chiffres. Un animal, on le dit systématiquement aux familles qui viennent adopter, un animal, chien ou chat, parce que le chiffre n'est pas très différent, coûte environ 1200 euros par an, c'est-à-dire 100 euros par mois, ce qui est un budget considérable entre la nourriture, les vaccins, les soins, etc. Concernant la prolifération des chats, on est également tous d'accord. Le chat est un terrible prédateur dans la nature, il se nourrit, comme disait M.
Germain, de petits mammifères, d'oiseaux, mais d'une façon extrêmement destructrice, mais on sort un peu de la logique de l'animal domestique et surtout de l'animal domestique abandonné. C'est en fait une prolifération de chats libres, c'est-à-dire de chats sauvages qui n'appartiennent à personne. Un couple de chats peut avoir en 4 ans jusqu'à 20 000 descendants, donc vous comprenez le problème. Il faut absolument, et la politique, je dirais, de la diminution de nombre des animaux passe par des politiques de stérilisation. On a pas mal de difficultés à avoir l'oreille des élus, des mairies.
Nous avons fait, pour vous donner un ordre d'idée, l'an dernier, 118 partenariats de stérilisation des animaux avec les communes, avec les associations locales. Sur 36 000 communes en France, vous voyez tout de suite le rapport, je dirais, et l'écho que l'on a et ça, c'est véritablement un des leviers majeurs à l'absence de prolifération des chats, donc à la destruction de la biodiversité et donc à tout ce qui est misère animale et pas forcément seulement des animaux domestiques. Sarah Jondin. Je rejoins M. Fonbonne, bien sûr, sur la politique de stérilisation des chats qui sortent ou qui pourraient sortir.
Je voulais juste nuancer le propos sur la catastrophe écologique des chats, sur accuser les chats, puisque quand même, il faut toujours mettre en rapport le nombre d'animaux tués par rapport au nombre d'animaux en question. C'est-à-dire qu'il y a des espèces qui sont extrêmement, qui prolifèrent de manière considérable comme les rongeurs et dans ce cas-là, leur impact n'est pas important puisqu'il y en a un très grand nombre sur des espèces menacées, certaines espèces d'oiseaux. Oui, là, c'est un problème. Mais je pense que c'est important de le rappeler.
Oui, c'est ça. François Gemmène, au 01-45-24-7000, Bastien nous dit, alors, je ne connaissais pas personnellement, le modèle néo-zélandais n'est-il pas envisageable en France, à savoir un contrôle des populations de chiens et chats par l'État et un impôt minime associé à la détention d'un animal permettant finalement le financement d'actions de protection de la biodiversité. Est-ce que ça serait quelque chose d'intéressant et possible en France
ou ailleurs ?
Possible, il n'y a rien qui interdise évidemment de le faire, simplement je pense qu'il faut rappeler que le contexte est assez différent puisque la Nouvelle-Zélande est une île avec énormément de faunes et de flores endémiques et donc c'est un pays qui va contrôler très très strictement notamment tout ce qu'on va importer en matière animale et végétale et qui va avoir un contrôle des espèces très lourds comme d'ailleurs sa voisine l'Australie qui procède régulièrement à des campagnes d'extermination de chats, à des campagnes d'extermination de lièvres, à des campagnes d'extermination de kangourous aussi, mais c'est peut-être choqué pour essayer de garder la taille de ces populations d'animaux sous contrôle.
Alors, maintenant, en ce qui concerne l'idée de faire payer une taxe ou un impôt sur les animaux d'extermination, je suis honnêtement beaucoup plus réservé notamment parce qu'on sait que des personnes en situation de grande précarité, de grande vulnérabilité ont besoin d'un animal de compagnie et qu'effectivement ça serait rajouter une taxe qui me paraîtrait assez injuste par rapport à une famille plus riche qui va entretenir plusieurs chiens, plusieurs chats simplement pour le bonheur des enfants de la famille.
Donc je pense qu'on est dans des situations très très différentes et qu'un impôt qui s'appliquerait uniquement en fonction du nombre d'animaux possédés me paraîtrait assez socialement injuste.
Oui, Nicolas Dolion, vous, c'est une piste aussi qui pourrait être intéressante ou alors en effet, comme le dit François Gemmène, particulièrement injuste quand on connaît les différences sociales qu'il peut y avoir dans notre pays ?
Eh bien, je vais me joindre aux propos de François Gemmène. En effet, on a des études qui ont été menées notamment en particulier sur les bienfaits par exemple pour les personnes sans domicile fixe de leurs chiens et notamment sur à quel point notamment ça leur permet de lutter contre l'isolement social puisque leur chien va permettre notamment en particulier un effet de catalyseur social. Ça leur permet en fait d'engager des échanges. Le fait qu'ils aient un chien attire les gens vers eux, engage des échanges qui vont être généralement positifs et ça leur permet aussi de maintenir un lien social en fait, aussi bien avec la société qu'avec leur animal, bien entendu.
il y a d'ailleurs des campagnes qui sont menées pour essayer de sensibiliser les domiciles accueillant en fait, enfin des structures accueillant les personnes SDF pour qu'elles puissent intégrer aussi leur animal dans ces structures avec notamment certains vétérinaires c'est-à-dire des écoles qui vont pouvoir en fait offrir des services vétérinaires au sein des structures accueillant les personnes sans domicile fixe.
Voilà, au 01-45-24-7000 je vous tenais à signaler François Gemmène que vous aviez un soutien total de la part de Pascal. Merci aux scientifiques sans lesquels nous serions aveugles leur connaissance nous éclaire. Voilà, c'était pour vous le signaler.
Justement, alors il y a une chose assez intéressante Jacques-Charles Fontbonne que pensez-vous vous de cette histoire éventuellement d'impôts quitte aussi une question peut-être à l'ASPR vous êtes vous également positionné sur ce sujet Guillaume qui nous dit je me demandais pourquoi nous ne rendions pas obligatoire à la stérilisation et ça réglerait quelques problèmes nous dit-il d'animaux errants ou l'abandon de chatons dans mon département la collectivité a un budget pour faire tirer les animaux est-ce que c'est vous-même vous êtes positionné sur cette idée de rendre obligatoire la stérilisation ?
On est tout à fait positionné sur cette position tous les animaux que nous donnons à l'adoption après les avoir recueillis sont systématiquement stérilisés justement pour éviter une reproduction sauvage pour éviter que les gens organisent chez eux des élevages avec des animaux qu'on leur a donnés oui et puis sur la question particulière que j'évoque à l'instant c'est la stérilisation des chats libres effectivement lorsque les mairies veulent s'y consacrer c'est vraiment le seul levier pour éviter cette prolifération mais ça coûte entre 50 et 70 euros pour un animal donc c'est tout de suite un budget pour une petite commune notamment pour une petite commune rurale et on comprend bien que ce sont les communes rurales que la prolifération des chats est la plus importante la moitié des animaux que nous recevons dans nos refuges sont des abondons l'autre moitié ce sont des animaux qui sont recueillis par les collectivités territoriales qui atterrissent en fourrière et que les propriétaires ne réclament pas évidemment pour des chats sans naître vous imaginez bien qu'il n'y a pas de propriétaire
François Gémen quand vous avez évoqué ce sujet justement de l'impact environnemental de nos animaux de compagnie est-ce que vous avez l'impression d'avoir été un peu entendus est-ce que finalement les gouvernements s'intéressent à cette question
les gouvernements assez peu globalement oui effectivement c'est devenu un sujet de débat public le fait que nous ayons ce débat ce midi en est la preuve mais c'est vrai que c'est quelque chose qu'on connait entre nous chercheurs mais dont effectivement nous choisissons de ne jamais parler parce qu'on sait que ça va déchaîner les passions et susciter des réactions parfois extraordinairement violentes vraiment quand je parle d'appel au meurtre je n'exagère pas et donc ce qui me frappe c'est de se dire que lorsqu'on va acheter une voiture par exemple et bien un des critères que beaucoup de gens vont prendre en compte désormais c'est le niveau de pollution de cette voiture et ils vont demander tiens est-ce que je vais privilégier telle ou telle voiture je vais plutôt me diriger vers une voiture électrique parce qu'elle pollue moins on a l'impression on a l'impression que lorsqu'on va acheter un animal de compagnie c'est un facteur qui n'est absolument pas pris en considération et je pense que c'est utile de pouvoir en parler effectivement dans une logique de responsabilisation je pense que nous avons tous une sorte de responsabilité éthique de voir comment on peut essayer de réduire notre emprunt de carbone au maximum alors il y a nos transports il y a notre alimentation il y a notre logement il y a notre consommation il y a aussi notre épargne dont on parle peu il y a aussi nos animaux de compagnie et je pense que c'est un point complètement aveugle du débat qu'il faut pouvoir intégrer dans le débat
Oui Sarah Jondin c'est vrai qu'on n'y pense pas forcément au départ quand on adopte un animal
et non on n'y pense pas mais alors un autre argument qui me semble important aussi d'ajouter et qui ne s'oppose pas du tout à cette idée de prise de conscience c'est que le fait de vivre je pense aux côtés d'animaux compagnons nous permet de développer aussi notre empathie vis-à-vis du vivant au sens large et je pense que ça aide aussi et notamment les enfants qui sont les futures générations à développer leur sensibilité vis-à-vis de la faune de la flore et donc de participer aussi à des actions pro-environnementales et ça je pense que c'est vraiment les animaux qui nous aident
Nicolas Delion vous vouliez réagir
Oui je vais me joindre aussi au propos de Sarah Jondin puisque en effet on a différentes études qui nous montrent que grandir avec des animaux et compagnie fait que par la suite lorsqu'on atteint l'âge adulte on va être plus sensible justement au bien-être animal à la cause animale mais récemment on a terminé avec différents collègues une recherche qu'on a menée auprès de plus de 300 enfants âgés entre 5 et 12 ans et sur laquelle on a pu découvrir que les enfants qui grandissaient avec des animaux de compagnie auprès d'eux avaient de meilleures habiletés empathiques envers les enfants de leur âge et en plus on pouvait voir que plus il y avait d'espèces différentes autour d'eux au sein du foyer plus ces enfants étaient empathiques envers leurs camarades
Oui c'est ça et alors par exemple quand François Gemmène vous parlez justement de la biodiversité quand vous avez travaillé notamment avec le GIEC est-ce que cette question pour ça je vous la repose est-ce qu'elle était abordée ou alors on restait véritablement aussi bien sûr un domaine sur lequel la biodiversité qui est essentielle forcément mais on hésitait à l'aborder est-ce qu'on a souhaité peut-être même l'aborder à un moment et on ne l'a pas écrit finalement ?
Le GIEC se tracasse uniquement des questions liées au climat et on peut le déplorer je fais partie de ceux qui pensent qu'on devrait travailler davantage les liens avec la biodiversité mais effectivement le mandat du GIEC c'est d'évaluer l'empreinte carbone notamment de plusieurs aspects et c'est vrai que ce sont les gouvernements qui décident de la table des matières des rapports qui décident des sujets qui sont traités et c'est vrai que les animaux domestiques n'en font jamais partie je pense que vraiment ça fait partie des points aveugles du débat
C'est assez étonnant avec ça Jacques-Charles Fonbonne aujourd'hui il est vrai que quand on parle des animaux est-ce que vous avez l'impression que par rapport à ce que dit aussi François Gemmène est-ce que notre regard sur le monde animal a changé ? C'est-à-dire qu'on le connaît davantage il y a eu des lois qui ont été faites est-ce que vous pensez qu'on s'y intéresse davantage ou alors il y a toujours l'effet peluche je le dis comme ça qui prime ?
Il y a les deux effectivement il y a eu des avancées alors que le monde de la protection animale juge évidemment toujours insuffisante mais il y a eu de véritables avancées en termes de protection animale ce qu'évoquait M.
Doyon tout à l'heure par exemple le certificat de connaissance et d'engagement lorsque l'on prend un animal on vous explique quels sont ses besoins physiologiques on vous explique quels sont les devoirs que vous aurez envers lui et puis il y a eu la loi de novembre 2021 sur la protection animale qui va dans le sens effectivement d'un mieux-être et d'un meilleur rapport un rapport plus respectueux effectivement entre l'homme et l'animal mais pour revenir sur la question de l'éducation et de la vie commune de la vie au quotidien entre l'homme et l'animal c'est une des pierres angulaires de notre action je dirais au-delà de l'urgence de l'abandon et du sauvetage des animaux on est convaincu absolument que cela doit passer par la génération montante on va dans les écoles maternelles on a l'an dernier sollicité plus de 18 000 enfants on est convaincu qu'effectivement c'est un bien pour eux de façon cognitive dans leur développement et puis ça va leur permettre parce qu'ils seront ils auront grandi avec cette idée de la protection animale qui va devenir consubstantielle à leur façon d'être que l'animal est nécessaire à leur vie avec le respect qu'on lui doit mais c'est une action dont on est absolument convaincu nos nouveaux refuges vont laisser la place à la possibilité de recevoir des personnes fragiles des enfants des scolaires de façon à ce que ce contact soit aussi important que possible et encore une fois dans une logique de bénéfice réciproque
convaincre les enfants c'est bien mais est-ce qu'il ne faudrait peut-être pas convaincre leurs parents avant parce que c'est quand même eux aujourd'hui c'est ça c'est peut-être eux le plus important c'est ça qui est aussi important allez on continue oui j'en prie vous vouliez raconter
on essaie de s'employer effectivement au moment de l'adoption au moment de la volonté de prendre un animal
allez on va continuer à parler justement de l'impact de ces animaux domestiques dans un instant dans le débat de midi juste après ni lui faire Yannia avec Like I Say
Jean-Mathieu Pernin
le débat de midi le débat de midi nous continuons à parler de ce sujet qui vous anime beaucoup notamment au 0145 24 7000 vos messages sont nombreux y a-t-il trop d'animaux de compagnie en France on en discute ce midi avec François Gemmène chercheur et auteur du dernier rapport du GIEC également Jacques Charles Fonbonne président de la SPA Sarah Jornin directrice générale responsable communication d'Animal University et docteur en éthologie et Nicolas Dolion maître des conférences de psychologie du développement alors au 0145 24 7000 Lucie nous a non pas Lucie pardon Corinne nous a laissé et bien une note vocale et vous allez voir François Gemmène que avoir un animal et bien ça peut aider aussi à défendre l'environnement on l'écoute
Juste pour vous dire que nous partageons notre vie avec un chien que nous avons adopté au prix d'une association comme il fait partie de la famille et qu'il ne prend pas l'avion nous ne prenons pas l'avion non plus donc je pense que notre empreinte carbone est plus faible que si nous n'avions pas de chien donc l'empreinte carbone cumulée famille plus chien voilà merci
voyez François Gemmène finalement ça peut aider ah c'est certain le problème c'est que certains vont aussi abandonner leurs animaux précisément lorsqu'ils partent en vacances ou en voyage donc ça joue aussi dans les deux sens et les chiens peuvent être transportés en avion
bien sûr c'est ça c'est assez intéressant Sarah John parce que je n'avais pas vu ça de ce côté justement ne pas prendre l'avion alors même si bien sûr un chien peut prendre l'avion mais on sait que c'est compliqué parce que tout est long la vaccination etc comme on dit et bien il paraît aussi qu'avoir un chien c'est très bon pour le cœur parce qu'apparemment il faut le promener donc évidemment il y a aussi on le voit depuis tout à l'heure on dit qu'il peut y avoir des problèmes pour l'environnement mais il y a aussi des bienfaits
des bienfaits pour le bien-être physique et psychologique des humains bien sûr
oui c'est ça alors quand on le voit aujourd'hui sur les animaux 0,1,45,24,7,000 alors tout le monde beaucoup de gens ont des solutions on le voit par rapport à ça tout à l'heure on parlait d'une taxe il y avait aussi la stérilisation mais nous dit Christiane pourquoi pas une puce obligatoire est-ce qu'une puce obligatoire pour savoir où se trouve l'animal alors en principe
son animal doit être pucé donc c'est déjà mis en place normalement lorsqu'on est un animal on doit le pucer pour pouvoir justement savoir à qui il appartient
voilà pour dire Christiane qu'elle nous dit nous ne sommes pas tous des abandonneurs de chats aujourd'hui pour vous François Gemmène quelle serait la meilleure solution pour sensibiliser justement les propriétaires de chiens et de chats à ce problème
que vous avez soulevé je pense que la meilleure solution c'est de parvenir à en parler de façon un peu posée rationnelle sur tous les autres aspects de notre vie effectivement on se demande comment on peut essayer de faire mieux je ne vois pas pourquoi on ne se demanderait pas aussi en matière de possession d'animaux de compagnie comment on peut faire mieux y compris potentiellement sur le nombre quand on voit effectivement le nombre d'abandons le nombre d'euthanasies on peut se dire qu'effectivement il y a une question de responsabilisation aussi quant au fait que le fait d'acheter un animal de compagnie ça a un impact un impact financier un impact environnemental un impact émotionnel aussi quand l'animal mourra l'animal mourra avant ses propriétaires tout ça être en rendant compte je pense que c'est important de pouvoir en discuter rationnellement sans jeter des anathèmes et sans penser que ceux qui veulent en discuter sont des gens complètement insensibles à la mignonnerie des chatons et des chiots ou au besoin qu'ont certaines personnes d'avoir des animaux de compagnie dans leur entourage ça rage en un juste une chose il est vrai
comme vous le disiez on peut faire des efforts par rapport à ce qu'on mange quand on va chercher des produits bio des choses comme ça ça existe aussi dans la nourriture animale c'est à dire qu'on va acheter la nourriture animale est-ce qu'il y a un travail de fait pour avoir des produits plus sains ?
oui l'idée ça serait aussi d'acheter local comme on essaie de le faire pour nous que ce soit pour l'alimentation ou pour les jouets aussi davantage artisanaux
moins de plastique par exemple aussi exactement tout à fait
et pour l'alimentation c'est un petit peu plus complexe puisque comme je vous disais les croquettes et certaines pâtés aussi à base de viande sont faites à partir de ce qu'on ne mange pas si on désire nourrir son chien ou son chat avec ce que l'on mange soi-même là aussi il va falloir aller au producteur local sinon au producteur loco si on en utilise plusieurs mais voilà c'est un peu plus complexe mais c'est possible il faut réfléchir de la même manière qu'on le fait pour nous pour nos enfants vu les chiffres on les a rappelés 8 millions de chats en France 15 millions de chats ça veut dire que l'industrie de la nourriture pour animaux c'est une énorme industrie aussi c'est une énorme filière
c'est très important Jacques-Charles Fondman vous vouliez réagir
oui effectivement on est tous d'accord pour dire qu'il y a un effort à faire celui de la nourriture est caractéristique on sait que les croquettes pour les animaux sont parmi les produits du commerce qui sont les plus transformés donc ceux qui ont un bilan Corbon très important mais comme le disait Sarah utilisons comme on le fait des produits qui sont des produits non consommés par l'homme et choisissons des circuits courts pour éviter des livraisons sur des dizaines ou des centaines de kilomètres évidemment et puis peut-être un dernier point pour les chats aussi pour éviter la prédation sur les oiseaux d'autres rongeurs c'est prendre le temps de jouer avec son animal prendre du temps pour lui pour répondre à ses besoins ça limitera aussi ce qu'il peut faire comme dégâts à l'extérieur
mais Jacques-Charles Fondbonne dans les différents refuges de l'ASPA vous trouvez que ça c'est pris en compte par les futurs adoptants ?
c'est-à-dire qu'on les éclaire on leur explique quels sont les engagements pécuniaires qu'ils devront prendre vis-à-vis de leur animal et puis comme le dit Sarah c'est-à-dire que c'est un animal de compagnie c'est pas un animal sauvage que l'on a capturé c'est un animal qui a besoin de l'homme prenez un chien prenez un chien de berger vous allez voir à partir du moment où il a compris que vous étiez son maître il va plus vous lâcher et puis on n'est pas des marchands de chiens ni des marchands de chats comme je le dis souvent de façon triviale c'est-à-dire que si l'on considère que la volonté de la famille de prendre tel type d'animal ne correspond pas aux futurs besoins biologiques de l'animal on refuse l'adoption on ne le leur donne pas la plupart du temps parce que ce sont des gens de bonne volonté évidemment et qu'on n'est pas dans un rapport conflictuel ils nous écoutent parce qu'on a des gens qui sont des spécialistes ils partent avec l'animal qu'on leur recommande et ça se passe j'allais dire quasiment toujours très bien compte tenu du très faible taux de retour que nous avons
Nicolas Dolion vous vouliez réagir
oui vous évoquiez justement la question d'interagir en fait et de répondre aux besoins de son animal et on a évoqué aussi en fait tous les bienfaits que l'animal pouvait avoir en fait sur l'humain mais ce qu'il faut savoir c'est que l'interaction le fait de partager des activités jouer avec son animal est une clé de voûte aux bienfaits en fait qu'on va pouvoir avoir là on a terminé il y a récemment en fait une enquête où on a suivi pendant plus de deux ans des familles d'enfants avec TSA qui intégrait chez eux qu'est-ce que c'est que TSA Nicolas Dolion le trouble du spectre de l'autisme d'accord excusez-moi non non je n'ai pas et pour ces familles il y a possibilité d'intégrer un chien d'assistance donc un chien qui est spécifiquement éduqué et entraîné pour répondre aux besoins de leur enfant et ce qu'on a pu voir c'est que dès six mois on peut voir une réduction des symptômes qui sont associés à ce trouble chez ces enfants mais que l'attachement à leur animal est directement corrélé au bienfait que l'enfant va pouvoir en tirer donc l'interaction et l'activité avec l'animal comme le disait M.
Fambon est une clé de voûte en fait à tout ça
alors au 01-45-24-7000 François Gémen on vous dit avoir un animal de compagnie au risque de vous choquer j'estime qu'un chat génère moins de déchets qu'un enfant en bas âge couche et lingette jetable boîte de lait en aluminium souvent on le sait depuis que vous avez soulevé ce problème on compare ça par rapport aux humains est-ce que finalement cette comparaison à lieu d'être alors c'est un peu absurde
je connais pas mal de gens
qui ont et des enfants et des chats
c'est-à-dire ces raisonnements sont assez absurdes bien entendu ma propre existence le fait que nous fassions notre émission de radio en ce moment bien entendu tout ça génère une empreinte carbone la question c'est pas d'interdire ceci ou de cela c'est de demander comment est-ce qu'on va essayer de pouvoir réduire cette empreinte carbone alors si les gens préfèrent avoir des chats que d'avoir des enfants et si effectivement ils posent le choix en ces termes binaires je confirme à cet auditeur que l'empreinte carbone d'un chat est infiniment moindre que celle d'un enfant mais je n'appelle pas non plus à des campagnes d'extermination des enfants non c'est sûr et on l'a vu grâce à vous Sarah Journain et j'ai moi-même trois enfants voilà
et qu'il y a une possibilité en effet de s'occuper de ces animaux tout en respectant aussi la planète par rapport à la nourriture un dernier témoignage de Benoît qui nous dit je suis maraîchée bio bon alors là c'est un autre niveau puisqu'il a pris lui un bouc castré pour éviter de tailler les haies avec des engins thermiques cet animal est pour moi un animal de compagnie dont l'impact environnemental est très faible j'ai également une chatte castrée achetée à un refuge qui chasse les mulots hélas elle je la nourris pour être sûr qu'elle reste sur le terrain on voit en effet que quand on s'y connaît un petit peu ce que vous disiez en début d'émission et bien Sarah Journain on voit qu'à un moment et bien on peut faire davantage de gestes et c'est ça qui est intéressant parce que la possession d'un bouc castré n'est pas à la portée de tous les Français non et surtout pas en appartement je le déconseille aussi allez merci en tout cas à tous d'avoir participé au débat de midi à François Gémen Jacques Charles Fonbonne Sarah Journain et Nicolas Dolion merci justement à France Bleu Auxerre pour la liaison en duplex cette émission a été préparée de main de maître comme chaque jour par Lison Chambre Cyril Benyounès et Caroline Prota merci également Alexandre Bigot Raphaël Bauduret Ibanez à la réalisation c'était Étienne Bertin programmation musicale Thierry Dupin à la technique aujourd'hui Mélissa Etroit demain nous nous poserons cette question essentielle est-il possible de parler de l'alcool en France est-ce que c'est pas un peu tabou vous verrez pourquoi n'hésitez pas à réagir on vous attend