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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 26 février 2020 27 min

Marine Le Pen : "Il faut éviter que des gens provenant de foyers d’épidémie puissent venir dans notre pays"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9 la présidente du Rassemblement National. Vos questions, amis auditeurs, dans 10 minutes, au 01 45 24 7000, sur les réseaux sociaux ou l'application mobile de France Inter. Marine Le Pen, bonjour. Bonjour. Et merci d'être au micro d'Inter ce matin. Vous venez parler du livre blanc sur la sécurité que vous présentez aujourd'hui. Ce sont vos propositions pour lutter contre la délinquance, l'insécurité. On va y revenir longuement dans un instant, mais d'abord l'actualité la plus brûlante, c'est la crise du coronavirus.

Trois contaminations en France, deux hier, et l'une que nous apprenons aujourd'hui via nos confrères de France Bleu Paris. Hier, le grand épidémiologiste Arnaud Fontanet disait que la France était, je le cite, bien préparée et avait eu de la chance. L'exécutif dit que le pays est prêt à faire face à l'épidémie. Marine Le Pen, faites-vous confiance au gouvernement et aux autorités sanitaires pour gérer cette crise en France ?

1:00
Marine Le Pen

Alors que la France soit bien préparée, évidemment, je le souhaite. Que nous ayons eu de la chance, ça ne suffit pas. Je veux dire, parce que le problème c'est que la chance peut tourner, en l'occurrence, elle a tourné pour un certain nombre de pays. Ce qui me frappe depuis le début de ces cas d'épidémie, c'est l'incohérence du gouvernement, l'incohérence des choix du gouvernement. Je veux dire, je n'arrive pas à comprendre pourquoi dans le même temps, on rapatrie des Français que l'on met en quarantaine, alors qu'on laisse des avions des mêmes provenances atterrir tous les jours sans absolument aucun contrôle, ni aucune question posée sur la provenance des voyageurs. Ceci n'a aucun sens.

De la même manière, il est tout à fait incohérent de demander aux enfants qui reviennent de Lombardie de rester confinés pendant 14 jours en quarantaine, enfin on demande aux parents de le faire, et dans le même temps laisser les trains, les avions continuer à atterrir sur le territoire.

2:04
Invité

Vous demandez quoi ? Qu'on stoppe les liaisons aériennes avec l'Italie ? Qu'on stoppe les liaisons ferroviaires avec l'Italie ?

2:10
Marine Le Pen

Je pense que déjà, il faut évidemment éviter que des gens qui viennent des endroits qui sont des foyers d'épidémie puissent venir dans notre pays. Mais ça veut dire quoi ? Stopper les liaisons ? Qu'est-ce que vous demandez concrètement ? On arrête les vols d'Italie ? Concrètement, ceux qui viennent des foyers, c'est-à-dire en l'occurrence de Lombardie, ne peuvent pas venir en France pendant un certain temps, c'est-à-dire jusqu'à ce que l'épidémie soit jugulée.

Moi je vous signale tout de même, j'ai été étonné d'ailleurs de voir que l'Union Européenne, qui n'a pas dit un mot dans cette affaire, donc on ne sait pas à quoi elle sert, car le seul propos qu'elle a tenu, c'est de condamner ceux qui envisageraient de maîtriser des frontières, y compris de manière temporaire. Ça prouve d'ailleurs la force de l'idéologie, presque de la religion du sans-frontiérisme des dirigeants de l'Union Européenne, mais moi je regarde juste les faits. De Lombardie, un certain nombre de personnes sont parties dans des pays.

Aujourd'hui, il y a des cas ou un cas en Autriche de Lombardie, en Roumanie de Lombardie, en Suisse de Lombardie, en Croatie de Lombardie, en Espagne de Lombardie et en France de Lombardie. Il y a donc six pays d'ores et déjà qui auraient peut-être pu éviter de voir arriver sur leur territoire des gens qui ont le coronavirus en provenance de Lombardie. Comment ils auraient pu éviter ? En évitant... Le virus, il ne s'arrête pas à la frontière ? Pardon, les virus ne s'arrêtent pas à la frontière, mais les gens qui portent les virus, ils peuvent être arrêtés à la frontière. Il faut juste faire preuve de bon sens.

Mais quand on confine des villes, ça ne choque personne qu'on confine des villes, mais ça choquerait qu'on maîtrise des frontières. Mais un confinement, ça n'est jamais qu'une frontière que l'on met autour d'une ville.

3:57
Invité

Il ne s'agit pas d'être choqué ou pas. S'il faut maîtriser les frontières, il y aura une maîtrise des frontières. Mais quand l'OMS et les scientifiques disent que le contrôle aux frontières est une mesure inefficace, illusoire et contre-productive, puisque ça ne permettrait pas au virus d'arrêter de se propager, est-ce que vous entendez cet argument, non pas de la Commission européenne, mais des médecins ?

4:15
Marine Le Pen

Alors permettez-moi, mais l'OMS a changé son fusil d'épaule. Ça ne vous a pas échappé depuis un mois. Au début, ils ont tenu ce discours-là. Ils étaient très rassurants. Et le dernier discours tenu par l'OMS, c'est le coronavirus est l'ennemi public numéro un. Et probablement, nous sommes au début d'une pandémie mondiale. Donc, ils ont aussi évolué. Nous ne savons rien de ce virus. Enfin, je veux dire, il faut quand même regarder les choses en face. Donc, le principe de précaution face à un virus que l'on ne connaît pas. On apprend chaque jour des choses très inquiétantes. Qu'il y aurait des porteurs sains, des gens qui peuvent transmettre le virus sans déclencher les signes de la maladie.

Qu'il y a des gens qui peuvent être réinfectés par ce virus après avoir été guéri.

4:56
Présentateur

Qu'est-ce qu'on fait quand il n'y a pas de symptômes ? Quand il n'y a pas de symptômes, que la maladie est en incubation, qu'on peut être contrôlé et qu'on ne lit rien.

5:04
Marine Le Pen

Eh bien, on évite...

5:05
Présentateur

Ça veut dire qu'il faut là fermer les liaisons aériennes du monde entier vers la France.

5:09
Marine Le Pen

On évite la circulation des gens qui proviennent des régions qui sont des foyers d'épidémie. Voilà. Ça, c'est déjà la première chose à faire.

5:19
Présentateur

Donc, l'Iran, la Corée du Nord, du Sud, pardon, et tous les autres pays ?

5:23
Marine Le Pen

En Iran, oui, car il y a un très grand risque, évidemment, pour que l'épidémie soit bien plus importante, comme l'a dit l'intervenant tout à l'heure, que ce qu'on pense. Et en l'occurrence, puisque le foyer en Italie est en Lombardie, pour l'instant, de la Lombardie. Pour que la Lombardie puisse, avec notre aide d'ailleurs, il ne s'agit pas encore une fois d'une forme d'hostilité à l'égard de la Lombardie, ça n'aurait aucun sens, avec notre aide, avec l'aide d'autres pays, puisse tenter, si c'est possible, encore une fois, d'éradiquer cette épidémie.

5:55
Invité

Autre question concrète, ce soir, il y a un match à Lyon. Lyon-Juventus. Il y a 3000 supporters italiens qui sont attendus ce soir à Lyon. Est-ce qu'il faut annuler le match ? Est-ce qu'il faut interdire à ces 3000 supporters de venir en France ?

6:06
Marine Le Pen

Qu'est-ce que vous feriez ? Je crois qu'il n'est pas raisonnable, encore une fois, de les accueillir, et que nous sommes encore confrontés là, à une incohérence de la part du gouvernement. Je veux dire, soit on considère qu'il y a un foyer, et qu'il faut éviter toute circulation de gens qui pourraient être porteurs du coronavirus, soit on ne le considère pas. Mais on ne demande pas aux gamins, encore une fois, d'être mis en quarantaine, si jamais ils étaient dans la région, pour accueillir... Il faut annuler le match ? Pour accueillir 3000 supporters. Il faut annuler le match ?

Annuler le match, je ne sais pas, mais enfin, éviter la circulation de nombreuses personnes qui pourraient représenter demain des foyers... Donc demander aux 3000 supporters de rester sous eux ? Vous savez, dans le sud du pays, objectivement, les habitants sont très inquiets. Ils sont inquiets parce qu'ils sont à la frontière, évidemment, italienne, et ils sont confrontés à cette incohérence du gouvernement.

6:56
Présentateur

Alors, venons-y. Vous présentez aujourd'hui un livre blanc de 95 mesures détaillées pour lutter contre l'insécurité et la délinquance. Vous parlez, pour en décrire l'esprit, d'une philosophie de fermeté. Beaucoup de mesures, dont 95, certaines ne sont pas nouvelles. Elles étaient déjà dans votre programme présidentiel. Le rétablissement des peines planchers, l'expulsion automatique des étrangers pour certains types d'infractions, ou la suppression des allocations familiales pour les parents de mineurs délinquants. Dites-nous, quelles sont donc les propositions nouvelles que vous formulez à travers ce document ?

7:29
Marine Le Pen

Il y en a beaucoup. D'abord, ce document, il fait un constat, qui est un constat très inquiétant, parce que la situation de l'insécurité dans notre pays explose. On est obligé de le dire. Et je note, si vous voulez, que peut-être le terrorisme, qui a beaucoup fait souffrir notre pays dans les dernières années, a pris la première place sur le plan médiatique, alors que cette insécurité pourrit la vie de nos compatriotes et semble pas en première ligne, si vous voulez, de l'exposition médiatique. Les chiffres qui ont été donnés sont très mauvais pour l'année 2019. Ils sont purement et simplement catastrophiques. Quels chiffres ? Les chiffres de l'insécurité, les chiffres du ministère.

8:10
Invité

Les chiffres du ministère, les cambriolages ont baissé de 7%.

8:12
Marine Le Pen

Les vols violents ont baissé de 10%.

8:14
Invité

Les vols à main armée de 10%. Plus 12% de démantèlement de trafic de stupéfiants en 2019.

8:19
Marine Le Pen

C'est les chiffres du ministère de l'Intérieur. Non, non. Pour l'année 2019, homicide et règlement de compte, plus 12%. Coux et blessures, plus 7%. Prise d'otages, plus 112%. Agression envers les pompiers, plus 213%. Agression de pharmaciens, plus 58%. Je vous indique d'ailleurs que le ministère de l'Intérieur, par un effet assez étonnant, quand il évoque les cambriolages, il n'évoque les cambriolages que des résidences principales. Alors, il faut arrêter avec les magouilles des chiffres. Il faut arrêter avec... Ces chiffres contre chiffres, eux, ils vont vous dire que sur certaines catégories, ça va mieux. Vous vous dites sur d'autres, ça ne va pas mieux.

Pour les cambriolages, ça ne va pas mieux du tout. Encore une fois, le ministère tronçonne les chiffres sur les résidences secondaires. il oublie les cambriolages des exploitations agricoles, des sociétés, des hangars, des mairies, même des bâtiments publics, et j'en passe et des meilleurs. Non, les chiffres sont très mauvais. Les chiffres de janvier 2020, alors là, ce n'est encore plus catastrophique. Homicide et tentative, plus 18,7%. Agression, plus 21%. Prise d'otages, plus 36,8%. Il y a des propositions. Je pense que tous les Français sont parfaitement conscients de la situation.

9:31
Présentateur

Il y a une proposition, Marine Le Pen, de créer 7000 postes de policiers et de gendarmes. Vous en vouliez, je donne les échelles, 15 000 en 2017 pendant la présidentielle. Vous voulez ouvrir 20 000 places de prison contre 60 000 il y a trois ans. Est-ce que vous avez revu vos propositions à la baisse sur ces sujets-là ?

9:50
Marine Le Pen

Non, mais je tiens compte des annonces...

9:52
Présentateur

De ce qui a été fait, c'est ça ?

9:53
Marine Le Pen

Voilà, des annonces qui ont été faites par le gouvernement, espérant d'ailleurs que ces annonces, en réalité, verront le jour.

9:59
Présentateur

Je les donne, Emmanuel Macron s'est engagé à recruter 10 000 policiers et gendarmes sur la durée du quinquennat et sur les prisons, ouvrir 7 000 places. Alors, est-ce que c'est déjà un bon point de départ ?

10:08
Marine Le Pen

Si c'est fait, oui, mais encore faut-il que ce soit fait. Ce que je souhaite, si vous voulez, c'est qu'il y ait en réalité une loi de programmation sur 5 ans. Je pense que la justice, la police et l'aspect pénitentiaire doivent pouvoir se projeter et nous devons pouvoir nous projeter sur 5 ans. C'est un effort budgétaire, évidemment, qui est un effort budgétaire de 2 milliards sur 5 ans, mais il est absolument nécessaire au moment où la justice, c'est 0,26% du PIB, c'est-à-dire, honnêtement, un niveau qui est assez dérisoire au regard de la situation d'insécurité que nous vivons et au regard de l'augmentation de la population. Vous les prenez où, les 2 milliards ?

Par redéploiement budgétaire, il n'y a aucun problème. Vous savez, je vais faire un deuxième livre blanc, là, qui va sortir d'ici quelques semaines, sur la fraude. Et les montants que nous arrivons à trouver sur les fraudes, pas seulement la fraude fiscale, la fraude sociale, mais également la fraude aux importations alimentaires, sont des sommes qui sont tout à fait spectaculaires. Je considère que la sécurité est une priorité, parce qu'elle a aussi, d'ailleurs, des effets sur l'économie. Je vais vous donner juste un exemple, si je puis me permettre.

Quand une pharmacie se fait cambrioler 4 fois dans un village, et qu'elle finit par fermer, parce qu'il y a un phénomène de saturation, eh bien, c'est le village qui meurt, et qui meurt économiquement, et par conséquent, c'est très, évidemment, grave en termes de conséquences, cette augmentation de l'insécurité.

11:34
Présentateur

Emmanuel Macron a déclaré la semaine dernière que le séparatisme islamiste était notre ennemi, et désormais la priorité du gouvernement. D'abord, sur la sémantique, Marine Le Pen, êtes-vous d'accord avec lui, pour préférer le mot de séparatisme, à celui de communautarisme ?

11:49
Marine Le Pen

Non. Moi, je parle de communautarisme islamiste. Pourquoi ? Parce que notre constitution est extrêmement claire. Elle considère que le communautarisme n'a pas sa place. Là, nous sommes confrontés à un communautarisme islamiste, il faut le dire, il faut appeler les choses comme leur nom.

12:06
Présentateur

Et donc, séparatisme, c'est un euphémisme ou c'est un mauvais mot ?

12:09
Marine Le Pen

Mais en plus, c'est une erreur, parce que les communautaristes islamistes ne souhaitent pas seulement vivre séparément, ils souhaitent imposer aux autres leur manière de vivre. Donc, je pense qu'en plus, ce terme qui cherche à atténuer la réalité de ce que nous vivons, est erroné sur la réalité de la situation.

12:27
Invité

Alors maintenant, sur le fond, il a annoncé que la France cessera d'accueillir les imams détachés envoyés par différents pays, notamment l'Algérie et la Turquie, qu'elle arrêtera d'accueillir les psalmodieurs pendant la durée du ramadan et qu'il y aura un contrôle renforcé des lieux de culte. Est-ce que ces trois annonces-là vont dans le bon sens, Marine Le Pen ?

12:42
Marine Le Pen

Excusez-moi, mais moi je suis contre l'existence d'imams étrangers qui prêchent dans notre pays. D'ailleurs, je souhaite que les prêches soient faites en français, ce qui facilitera considérablement le travail de nos services de renseignement. Mais tout ça, c'est pour 2024, nous dit-il. Les psalmodieurs, c'est tout de suite ? C'est tout de suite, c'est bien parce qu'il a accordé 360 visas pour des psalmodieurs en mai dernier. Et bien c'est fini, maintenant. Donc au bout de deux ans et demi, il semble commencer à s'intéresser à ce sujet. Moi, ce que je crains, c'est qu'il ne s'y intéresse que pour des raisons électoralistes. Je pense qu'il se moque de tout cela.

Je pense que ce n'est pas son sujet, qu'il ne comprend pas où est le problème en réalité et que c'est sous la pression en réalité des élections qu'il se sent obligé de faire des propositions qui sont en somme toute à fait dérisoires. Car la première des choses à faire, je crois, c'est de maîtriser les frontières et de maîtriser l'immigration pour lutter contre le fondamentalisme islamiste. Il faut expulser les fichiers S. Il faut expulser les délinquants étrangers sur notre territoire. Il faut reprendre pied dans les quartiers. Ce qui ne semble pas du tout être l'objectif d'Emmanuel Macron.

13:51
Invité

Emmanuel Macron a indiqué que depuis deux ans étaient menés en silence des expérimentations de lutte contre la radicalisation dans 15 quartiers et que ces 15 plans ayant produit des résultats, ils allaient étendre l'expérimentation à tout le pays. Il annonce aussi que 15 lieux de culte ont été fermés, 152 débits de boissons ont été fermés, 12 établissements culturels et associatifs ont été fermés, 4 écoles ont été fermées. Est-ce que ça, c'est absolument rien ? Vous balayez tout d'un revers de main ?

14:15
Marine Le Pen

Excusez-moi, mais les chiffres parlent d'eux-mêmes. Ces chiffres sont dérisoires. La réalité, c'est qu'au regard du mal, ces chiffres sont dérisoires. Cette année, c'est deux mosquées radicales qui ont été fermées. Il y en a, selon le ministère de l'Intérieur, 100 à 120 sur le territoire. Pourquoi ne pas les fermer immédiatement ? On ne comprend pas ce comportement-là. Parce qu'il n'est pas possible de fermer un lieu de culte sans qu'une infraction ait été commise, Marine Le Pen.

Mais je suis désolée, le simple fait qu'il y ait dans ces mosquées, qui sont des mosquées radicales, le développement d'une idéologie qui est une idéologie totalitaire, en réalité, évidemment, est un trouble à l'ordre public. En soi, on voit bien que toute l'action sur les associations, les préfets, normalement, devraient pouvoir surveiller de très près tout cela. Ils ne le font pas. Les associations sportives devraient à nouveau pouvoir obtenir un agrément du préfet, et non plus seulement des fédérations. Il y a des annonces qui doivent être faites sur les associations dans les prochains jours. Parce qu'on sait qu'elles sont complètement contaminées par les fondamentalistes islamistes.

Ceux qui ont été condamnés pour terrorisme, ou qui font l'apologie du terrorisme, n'ont rien à faire sur notre territoire. Or, au moment où je vous parle, on ne les expulse pas, alors même que l'on sait qu'il y a 150, 130 à 150 terroristes condamnés et radicalisés qui vont sortir de prison cette année. On en fait quoi ? On les laisse sur le territoire quand ils sont étrangers, ou on les expulse ? On leur laisse la nationalité française, ou on les déchoie de la nationalité pour pouvoir protéger la population française ?

15:53
Présentateur

On a encore beaucoup de questions à vous poser, Marine Le Pen. Les auditeurs sont nombreux également au Standard. Donc amorçons le débat avec Fabrice, depuis Besançon. Bonjour Fabrice. Oui, bonjour. Bienvenue.

16:04
Auditeur

Merci, bonjour à toutes et tous. Bonjour. Donc je voudrais savoir où en est le RN dans ses propositions concernant la réforme des retraites, hormis une augmentation éventuelle de l'activité. Merci pour la réponse.

16:20
Présentateur

Merci à vous Fabrice. Marine Le Pen vous répond.

16:23
Marine Le Pen

Mais Fabrice, de manière très claire, nous sommes encore une fois victimes d'une grande manipulation sur les chiffres de la part du gouvernement. De quoi parlons-nous ? Nous mettons à plat un régime qui fonctionne, un système de retraite que nous envie le monde entier, parce qu'en 2025, il y aura 8 milliards, peut-être d'ailleurs, si l'activité économique et la création d'emplois ne reprend pas, il y aura 8 milliards de déficits, mais 8 milliards sur 350 milliards de pensions versées. C'est dérisoire 8 milliards.

Ça ne nécessite pas de mettre à plat un système, ça ne nécessite pas d'envisager la baisse massive des pensions, ça ne nécessite pas de voler 130 milliards qui sont les cotisations de salariés du privé, qui se sont saignées pour pouvoir les verser et qui leur appartiennent, qui n'appartiennent pas encore une fois à l'État. Ce n'était pas des impôts. Je pense très sincèrement que rien ne justifiait, en l'occurrence, si ce n'est une idéologie de la fracturation de notre système de protection sociale, rien ne justifiait une réforme de ce type et de cette nature.

17:28
Présentateur

Marine Le Pen, est-ce que pour vous, la stratégie de la France insoumise, à savoir des milliers et des milliers d'abonnements, est-ce que... D'amendements. Pardon ? D'abonnements. Est-ce que cette stratégie est la bonne ? Est-ce que vous dites bravo à Jean-Luc Mélenchon ou est-ce que vous trouvez que c'est stérile d'agir ainsi au Parlement ?

17:46
Marine Le Pen

Je ne dis rien. Honnêtement, ça ne nécessite ni opprobre ni admiration particulière. C'est exactement ce qu'avait utilisé la droite en 1993 contre le Pax. Donc je la vois aujourd'hui considérer que c'est scandaleux. Bon, autre temps, autre mœurs peut-être. Mais ce qui est vrai, c'est que le gouvernement a refusé un référendum. L'intégralité de l'opposition, je crois, a réclamé un référendum sur ce sujet et c'était justifié. Parce que ça touche absolument tous les Français. Il n'y a aucune raison pour que sur un sujet aussi important que celui de la retraite, les Français ne soient pas consultés par référendum. Et maintenant, ils ne veulent pas non plus le débat.

Alors, je veux dire, ça devient compliqué. Les députés font ce qu'ils ont à faire. Et d'ailleurs, on voit bien qu'au fur et à mesure des débats, grâce, bien sûr, ils sont en nombre excessif, mais grâce à ces amendements, on évoque quand même et interviennent des sujets qui sont fondamentaux, des questionnements qui sont fondamentaux pour l'avenir.

18:40
Invité

Si le 49.3 était utilisé par le Premier ministre et que des motions de censure étaient déposées par la droite ou la gauche, est-ce que les députés FN, est-ce que vous les voteriez, ces motions de censure ? Oui. Vous les votez ?

18:51
Marine Le Pen

Oui. Encore une ? Oui, car je crois que c'est un très mauvais coup que l'on fait en français avec cette réforme des retraites. Je pense véritablement que l'avenir de nos retraités est très sombre. Et donc, il faut tout faire pour empêcher cette réforme des retraites de s'appliquer, y compris revenir dessus, quand Emmanuel Macron sera battu.

19:08
Présentateur

Edgar est au standard. Bonjour Edgar. Bienvenue, vous nous appelez de Paris. On vous écoute.

19:13
Auditeur

Bonjour à tous. Bonjour à tous. Bonjour. Selon les comptes publiés la semaine dernière par la Commission nationale des comptes de campagne de notre pays, Votre parti n'a que 2,2 millions d'euros en banque et traîne une dette de 24,4 millions d'euros sur une perte cumulée sur 7 ans de 19,2 millions. Ma question est très simple. Comment pouvez-vous prétendre être la responsable du bilan comptable de l'État français, quand vous semblez manifestement ne pas y parvenir à l'échelle de votre parti ?

19:40
Présentateur

Merci Edgar pour cette question. Marine Le Pen vous répond.

19:43
Marine Le Pen

Enfin, vous me direz, tous les gouvernants qui se sont succédés traînent eux-mêmes une dette de l'État qui n'a eu de cesse que d'augmenter, cher monsieur. Et ce n'est pas ce gouvernement-ci qui peut se targuer d'avoir fait baisser cette dette qui a atteint aujourd'hui des sommets, puisque nous tutoyons les 100%. Mais sur les dettes du Rassemblement National, c'est 24 millions d'euros de dettes. Oui, mais c'est marrant parce qu'on ne parle pas de la dette d'ailleurs d'autres mouvements politiques. Alors si, il y a eu un sujet précisément sur France Inter hier un matin pour parler de la dette des Républicains, de votre dette à vous, des délais des autres.

Vous savez, les Républicains avaient il y a quelques années une dette de 97 millions ou 95 millions d'euros. Ils ont aujourd'hui une dette qui est supérieure à la nôtre encore. Ce qui est vrai Marine Le Pen, et on l'a dit hier, mais vous, vous faites comment ? Mais eux, ils n'ont pas véritablement de raison.

20:28
Invité

Comment vous allez faire campagne avec un parti criblé de dettes et exempt ? Comment vous allez réussir à faire campagne ?

20:33
Marine Le Pen

Eh bien, nous allons faire campagne. Parce que si c'est ça, parce que c'est ça l'objectif en réalité. C'est précisément de nous empêcher de faire campagne, de nous mettre dans des difficultés. C'est la raison pour laquelle les banques refusent de nous prêter. Alors le problème, c'est qu'à chaque fois qu'une banque ne nous prête pas, ça nous coûte de l'argent en réalité. C'est un peu complexe comme système, mais quand vous empruntez à une banque pour une campagne, l'État vous rembourse les intérêts que vous versez à la banque. Ce qui n'est pas le cas quand vous empruntez à des particuliers. Donc ça veut dire que ces intérêts, eh bien, restent à peser sur vous.

Donc à chaque élection, en réalité, nous nous sommes appauvris de ce fait.

21:09
Invité

Et donc comment vous allez faire maintenant ?

21:09
Marine Le Pen

En défendant nos idées, parce que c'est ce que nous faisons. Nous faisons de la politique, nous contribuons à la démocratie dans le cadre de l'article 4 de la Constitution. Donc nous allons trouver les moyens d'apurer cette dette. Et nous, nous allons nous tourner vers les électeurs, vers les Français, qui vont être notre banque de la démocratie. Puisque le gouvernement avait fait voter une banque de la démocratie, il l'a mise à la poubelle. Ce qui est scandaleux sur le plan démocratique.

Donc nous allons nous tourner vers les Français en leur disant, si vous voulez que nous continuions à défendre vos idées, et pour pouvoir un jour changer la situation de notre pays, eh bien, il faut que vous soyez notre banque de la démocratie. C'est pour ça que nous avons décidé la mise en œuvre d'un grand emprunt national.

21:50
Invité

Vous êtes candidate à la présidentielle en 2022, vous l'avez déjà annoncé. Certains ont dit ça un peu tôt, mais finalement vous l'avez fait. Vous envisagez de céder, vous avez dit ce week-end, de céder votre place à la tête du Rassemblement national pour vous présenter comme candidate de tous les Français. Louis Alliot se présente à Perpignan sans l'étiquette RN. Maintenant, vous, Marine Le Pen, vous n'excluez pas de sortir de l'étiquette RN. Est-ce que vous avez tous le RN honteux ?

22:12
Marine Le Pen

Alors, évidemment que non. Nous sommes extrêmement fiers du Rassemblement national, de ce qu'il a fait, de ce qu'il continue à faire et de ce qu'il fera demain. Et une élection municipale et une élection présidentielle, madame, n'ont strictement rien à voir. Ça ne vous a pas échappé que l'élection présidentielle telle qu'elle a été conçue par le président de la République, c'est la rencontre d'un homme avec le peuple. Et qu'il n'a pas voulu, le général de Gaulle, il n'a pas voulu que ce soit une élection de parti.

Et c'est dans cet esprit-là, respectant cette philosophie-là, que je mène cette réflexion de pouvoir être candidate soutenue par le Rassemblement national, évidemment, sans en être la présidente. Ça n'a rien à voir avec une municipale, avec la constitution d'une liste de rassemblement, et qui fait que, comme on a sur sa liste des gens qui ne sont pas du mouvement, eh bien, on est soutenu, bien sûr, par le Rassemblement national, mais on n'est pas une liste de rassemblement national. Mais nous verrons cela. Comment voulez-vous que je vous dise ça ? Je vous dis que je suis en pleine réflexion. Par conséquent, ma décision n'est pas prise.

Vous savez, en général, quand je prends une décision, je le dis. C'est pour ça que je vous ai dit, quand j'ai pris la décision d'être candidate, je serai candidate, même si certains ont trouvé que c'était tôt, ce qui n'est pas mon cas.

23:16
Présentateur

Deux questions d'actualité. Emmanuel Macron va recevoir ce vendredi la chrétienne pakistanaise Asia Bibi, qui avait été condamnée à mort pour blasphème en 2010, a quitté huit ans plus tard. Elle demande l'asile en France. Faut-il le lui accorder ?

23:30
Marine Le Pen

Évidemment, même si je ne suis pas sûre qu'elle soit plus en sécurité en France que dans d'autres pays, compte tenu de la manière dont s'est déroulée l'affaire Mila et des milliers de menaces, de morts, d'égorgements, de viols, et j'en passe, qu'a subi cette jeune fille de 16 ans sur les réseaux sociaux, protégée par la police et déscolarisée pendant une certaine période. Bien sûr, mais sans l'ombre d'une discussion. On n'a même pas besoin de la rencontrer pour lui accorder l'asile, évidemment.

24:02
Invité

Le lanceur d'alerte Julian Assange demande aussi l'asile en France. Faut-il lui accorder ?

24:06
Marine Le Pen

J'ai réclamé qu'on lui accorde de l'asile depuis des années. Je pense que oui, bien entendu, il correspond lui aussi aux critères pour pouvoir bénéficier en France du droit d'asile, beaucoup plus que M. Piotr Pawlinski, qui est un agitateur délinquant professionnel.

24:30
Présentateur

Combien de listes au municipal, Marine Le Pen ? C'était 600 en 2014, la clôture c'est jeudi 18h, il y en aura combien ?

24:38
Marine Le Pen

Je ne peux pas vous dire parce que c'est jeudi 18h, mais il y en aura un peu moins parce que nous avons changé de philosophie dans cette campagne municipale. Nous investissons des gens sur la durée. Nous étions plus dans la recherche de la quantité, il y a 6 ans, tout simplement pour pouvoir détecter des profils, pour pouvoir détecter ceux qui seront effectivement les candidats.

24:58
Invité

Est-ce que vous avez du mal à trouver des candidats, pour être clair ?

25:00
Marine Le Pen

Non, non, non, nous n'avons pas de mal à trouver des candidats, mais parfois le candidat n'a pas la qualité qui est suffisante, et donc dans ces cas-là, nous ne l'investissons pas.

25:09
Invité

Dernière question, Marine Le Pen, vous avez un candidat à Paris, Serge Federbouch, mais votre père, Jean-Marie Le Pen, a une préférence pour Paris, il l'a dit, si j'étais parisien, je voterais Rachida Dati, car je trouve que sa personnalité mérite la confiance. Vous êtes d'accord avec lui, vous aussi ?

25:22
Marine Le Pen

Vous voyez, en quelque sorte, ici, on voit la spécificité d'une municipale. La municipale, ce sont évidemment des idées, donc des étiquettes, mais c'est aussi l'attachement que peuvent avoir un certain nombre d'habitants pour la personnalité de leur mère. Donc vous aussi, vous pourriez avoir de l'attachement pour Rachida Dati ? Moi, je vais voter pour les listes du Rassemblement National, mais Jean-Marie Le Pen a fait ce qu'il veut, en l'occurrence, il n'est pas élector à Paris, c'est dommage.

25:48
Invité

Sur la sécurité, sur l'immigration, elle parle comme vous un peu, non, Rachida Dati ? Vous trouvez qu'elle fait une bonne campagne ?

25:53
Marine Le Pen

Oui, vous savez, moi je connais beaucoup de LR qui parlent comme nous, ce que je veux, c'est les voir quand ils votent, et les voir en situation. Parce que j'ai vu beaucoup de propositions dernièrement de M. Retailleau, de M. Bas, etc., qui reprenaient en réalité des propositions du Rassemblement National, sauf que quand nous les avons proposées par amendement à l'Assemblée Nationale, ils ont voté contre, ou ils se sont abstenus. Vous pourriez lui apporter votre soutien au second tour, Rachida Dati, si jamais elle est en situation ? Nous verrons. Nous verrons. Ce qui est sûr, c'est que nous ferons tout pour faire battre Mme Hidalgo.

26:22
Invité

Donc tout est mieux qu'Anne Hidalgo, c'est ça ? Ah, ça c'est sûr. Même Agnès Buzyn. Ah, on verra. Ah, pas sûr.

26:28
Présentateur

Marine Le Pen, merci, présidente du Rassemblement National, merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin. 8h48.