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interviewFrance Inter (sur YouTube)· 11 juin 2026 3 min

Les pro-Russes, combien de divisions ? L'édito politique

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Auditeur

La grande matinale sur France Inter.

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Présentateur

C'est l'édito politique. Bonjour Patrick Cohen.

0:07
Invité

Bonjour Florence.

0:08
Présentateur

Alors comme ça les pro-russes sont de sortie.

0:10
Invité

A la une du JD News, l'hebdomadaire du groupe Bolloré, ceux que de mauvais esprit ont baptisé les 4 Moscouters, Philippe Devilliers, Nicolas Dupont-Aignan, Luc Ferry, Henri Guénaud. Dans le magazine, ils appellent l'Ukraine à baisser les armes, l'Europe a cessé de la protéger et la France a renoué avec la Russie sans jamais désigner l'envahisseur, sans un mot de travers pour Vladimir Poutine, puisqu'aux yeux de ces 4-là, les seuls fauteurs de guerre se nomment Zelensky, von der Leyen, Macron.

0:36
Auditeur

Je sais qu'on peut faire la paix. On peut faire la paix. Trump veut la paix avec Poutine. Et c'est la France... Mais Poutine la veut-il ? Mais bien évidemment qu'il a besoin de la paix comme les autres.

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Invité

Nicolas Dupont-Aignan hier matin sur Europe 1. Henri Guénaud lui juge que le plus inquiétant, c'est que les Ukrainiens s'enhardissent. La question, dit-il, est de savoir quand ils tireront le missile de trop. Quant à Philippe de Villiers, fasciné par Poutine, il déclare que la Russie d'aujourd'hui est plus proche de la Russie éternelle que la France d'aujourd'hui de la France éternelle. Voilà l'une des clés de cette attraction, de cette allégeance. L'admiration pour l'autocrate, le souverain, vu comme un rempart à la décadence occidentale. Je rêve d'un Poutine français, avait dit Eric Zemmour en 2018.

Aujourd'hui, pour ces patriotes qui paraissent si hostiles à leur patrie et si accommodants pour ses ennemis, pour ces pro-Kremlin qui n'ont même pas l'excuse d'être russes, comme la propagandiste qui officie sur les mêmes médias, Xenia Federova, le poutinisme est la vraie patrie.

1:30
Présentateur

Mais il représente, Patrick, un courant d'opinion qui reste assez marginal.

1:34
Invité

Un courant marginal, oui, mais surexposé par les médias bolorés, et toujours vivace à l'extrême droite, même si le RN jure avoir fait son aggiornamento. La preuve hier, cette drôle de passe d'armes qui a opposé sur le réseau X deux eurodéputés cadre du RN, Pierre-Romain Thionnet et Philippe-Olivier. Le premier est l'un des lieutenants de Jordan Bardella, le second l'un des plus proches de Marine Le Pen. Dans un premier message, Thionnet compare notre époque aux années 30.

Il cite l'ancien président du conseil, André Tardieu, qui dénonçait les accords de Munich comme une honteuse capitulation des démocraties devant le militarisme allemand, et fustige le pacifisme d'une partie de son camp contraire à l'intérêt national. Réaction du conseiller de Le Pen, Philippe-Olivier, l'intérêt national, c'est la guerre ? Avec trois points d'interrogation, rappelant ainsi brutalement à son jeune voisin de bureau qu'elle est la ligne du RN. Thionnet a d'ailleurs effacé son tweet. Il y a quatre mois au Parlement européen, Jordan Bardella et ses députés avaient voté contre le prêt de 90 milliards d'euros accordés par l'UE à l'Ukraine.

Tout cela ne manquera pas de ressurgir pendant la campagne à venir.

2:37
Présentateur

Est-ce que la question de l'Ukraine va peser comme en 2022 ?

2:40
Invité

C'est la conviction, et peut-être l'espoir, des prétendants qui ont fait le déplacement à Kiev. Le mois dernier, Bruno Retailleau et Édouard Philippe, pour qui l'Ukraine et la sécurité collective seront l'un des sujets de la campagne. En février, Olivier Faure et Gabriel Attal, les seuls leaders à n'avoir pas posé le pied dans ce pays voisin qui combat pour sa souveraineté et sa liberté depuis quatre ans sont Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Jordan Bardella.

3:05
Présentateur

Merci Patrick Cohen.