L'invité d'Apolline Matin : Budget 2027, faut-il taxer l’épargne salariale ? - 08/09
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 40 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:27OuverteRéponse partielle
Les banques opposées à ce projet de taxation, pourquoi ?
- 3:05OuverteRéponse directe
C'est déjà les mieux lotis ?
- 3:41OuverteRéponse directe
Est-ce que vous touchez de l'épargne salariale ?
- 6:20OuverteRéponse partielle
Comment on fait pour lutter contre les fraudes bancaires en hausse de 34% en 2025 ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:57InvitéFait
« Oui, bien sûr, il y a d'abord CRDS, ensuite il y a un forfait social pour l'entreprise et ensuite à la sortie il y a encore des prélèvements sociaux. »
- 6:24PrésentateurChiffre
« Elles sont en hausse, ces fraudes, de 34% en 2025. »
- 7:30PrésentateurFait
« Ce que vous voulez dire, c'est qu'il y a une forme de complicité de ces plateformes. »
Temps de parole
- Invité54 %
- Présentateur20 %
- Auditeur12 %
- Auditeur 28 %
- ?6 %
≈ 20,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous
écoutez RMC. Taxer l'épargne salariale, c'était une piste qui était regardée. Voilà ce que disait le ministre de l'économie hier matin. Eh bien hier soir, le Premier ministre Sébastien Lecornu a refermé la porte et a démenti toute décision du gouvernement en ce sens. Taxer l'épargne salariale, vous, vous êtes archi contre. Bonjour Daniel Baal, patron du crédit mutuel CIC. Vous étiez jusqu'à il y a quelques jours le président de la Fédération bancaire française. Les banques opposées à ce projet de taxation, pourquoi ?
Je ne
sais
pas si les banques le sont toutes, en tout cas pour ce qui nous concerne au crédit mutuel où nous avons une vraie politique d'épargne salariale vis-à-vis de nos propres salariés et où nous proposons également ce service à nos clients. Lorsque nous avons vu cette proposition hier matin à la une des échos, évidemment nous avons réagi. Nous pensons sincèrement que taxer aujourd'hui davantage qu'elle ne l'est déjà parce qu'on raconte qu'il n
'y
a pas de taxation sur l'épargne
de salariés.
Oui, bien sûr, il y a d'abord CRDS, ensuite il y a un forfait social pour l'entreprise et ensuite à la sortie il y a encore des prélèvements sociaux. Donc dire que ce n
'est
absolument pas taxé est faux. C'est moins taxé que les salaires ? C'est moins taxé que les salaires parce que c'est de nature différente, c'est un vrai instrument de partage de la valeur qui peut évoluer d'une année à l'autre pour les salariés en fonction de l'évolution des résultats tout simplement. Et ensuite c'est quand même une épargne de long terme. Elle n'est pas immédiatement disponible pour le salarié, elle est bloquée pendant 5 ans, ce qui est très vertueux parce que cela permet de réaliser des investissements de long terme. Elle est bloquée sauf dans certains cas,
comme
par
exemple pour la naissance d'enfant,
mariage ou la construction de sa résidence principale. Donc c'est vraiment une épargne extrêmement vertueuse. Et rajouter de la taxation à ça, c'est encore taxer davantage. Quoi ? Bah le travail, tout simplement.
Oui mais alors après, c
'est
toujours une question d'arbitrage. On cherche des sous et on voit bien qu'il faudrait être naïf pour penser qu'il n'y aura pas de hausse d'impôt. Et là on se dit que
c
'est quand même une mesure assez juste. Parce qu'en réalité, qui profite de cette épargne salariale
?
Oui, mais les salariés, déjà les mieux lotis, ceux qui travaillent dans les très grosses entreprises, qui sont les salariés quand même, qui ont déjà les 35 heures, les comités d'entreprise de compétition, etc. Dans les petites entreprises, c'est très peu distribué. C'est vrai et c'est
bien pour cette
raison que le président de la République, depuis qu'il est au pouvoir, a cherché à développer ce principe de l'intéressement et de la participation. Le premier qu'il a mis sur la table, c'était le général de Gaulle dès 1967. Pourquoi ? Parce
que justement... Pas
67.
Un
petit peu plus tard.
Le
partage
?
Je ne
suis
pas sûr que ce soit ça. Bon, enfin, on pourrait en débattre une autre fois. Bon,
on introduira la question avec Arthur Chevalier.
Non, ce que je veux surtout dire, c'est qu'on a cherché pendant ces années à
ce
que davantage d'entreprises entrent dans ce mécanisme de l'épargne salariale et la fiscalité, quelque part, qu'elle soit un peu incitative, c'est assez normal. Et on a le gouvernement à, pendant ces
dernières années, chercher à la rendue incitative. Et là, on la taxe.
C'est déjà les mieux lotis ?
C
'est sans doute des salariés d'entreprises qui sont socialement plutôt avancés.
Combien de salariés, chez
vous, la touche, les banques salariés ?
Chez nous, c'est la quasi-totalité des salariés. Mais c'est un choix que nous avons fait. C'est un choix. Nous, au Crédit Mutuel, au Crédit Mutuel Agence Fédérale, le partage de la valeur est pour nous quelque chose d'essentiel.
Je
voudrais que Gauthier puisse
revenir. Avec les
salariés, mais aussi avec la société, avec le dispositif du dividende sociétal. Donc les deux dispositifs se complètent très très bien.
Gauthier qui nous appelle de Reims, qui est ingénieur. Bonjour Gauthier.
Oui,
bonjour.
Je ne
sais
pas si vous touchez, vous, de l'épargne salariale. Est-ce que vous êtes salarié
?
Alors oui, je touche de l'épargne salariale. Et
vous ne voulez pas qu'on y touche
? Vous ne voulez pas que
le gouvernement y touche ?
Le gouvernement, on y touche déjà. Parce que quand je peux faire un déblocage, j'ai des prélèvements sociaux à hauteur de 6,6% que j
'ai
eu en plus-value. Allô ? Oui, oui, ce n
'est
pas rien, ce n
'est
pas rien
du
tout.
Voilà, donc ça fait quand même des sacrées sommes. Et contrairement à ce que dit Manu, aujourd'hui,
je
suis dans une grande boîte,
j
'ai de l'épargne salariale. Mais avant, j'étais dans une petite boîte et j'avais aussi de l'épargne salariale. Ça n'a rien à voir avec...
Ce qui est une minorité, parce
que sur les moins de 50 salariés,
il
n'y a que 20% des entreprises qui distribuent les banques
salariales.
Ok, et moi, mon salaire, il est en compétition avec mes collègues qui sont polonais ou espagnols. Et on m'explique que je ne peux pas avoir les mêmes augmentations qu'eux parce que moi, j'ai de l'épargne salariale.
Oui,
donc si en plus, on vous y
touche derrière, vous diriez que vous vous êtes fait
de pouvoir avoir.
Déjà qu'à la fin, on a grosso modo le même salaire parce que dans les grands groupes, on parle de total cash qu'on touche en rémunération. En fait, le total cash, il descendrait largement si on applique en plus tout ce qui est déjà prélèvement qu'il y a déjà comme sur ma fiche de taille.
Gauthier, je voudrais que Daniel Baal puisse réagir.
Non, mais je comprends très bien ce que dit votre auditeur. Rappelons également que cette épargne salariale est souvent un complément pour la retraite. Pour beaucoup de nos salariés, ça sert également à ça. Lorsqu'on connaît les débats qu'il y a aujourd'hui sur la retraite, le fait d'avoir effectivement ce dispositif est également vertueux. Et j'insiste sur un point. C
'est
déjà une forme de capitalisation en fait.
D'une certaine manière, en plus les sommes sont utilisées pour des investissements de long terme, on parle régulièrement de flécher l'épargne. Là, on a une manière de flécher l'épargne et souvent de flécher l'épargne en plus sur des investissements à caractère durable. Donc vraiment, dire que c'est une épargne très vertueuse, je crois qu'on ne le redira jamais assez. J'espère que le gouvernement, et que le propos du chef du gouvernement d'hier soir, met un terme à ce débat. Je rappelle qu'il avait déjà été mis sur la table il y a quelques mois. Donc ce n'était pas juste par hasard. Mais il faut arrêter de vouloir systématiquement
taxer
le travail.
Il faut arrêter
nettement. C'est
-à
-dire que c'est une manière de taxer le travail.
Oui, c'est
taxer le travail. Et le travail est déjà très taxé en France. Les prélèvements sont déjà très importants sur les salariés et sur les entreprises. Ce n'était pas vraiment nécessaire de mettre encore cette couche supplémentaire.
J'aimerais vous entendre aussi sur les fraudes bancaires qu'on a dit par manipulation. C'est-à-dire, effectivement, quand on se fait avoir, quand on se trompe, ou quand on accepte, effectivement, tous ces SMS que l'on reçoit. Elles sont en hausse, ces fraudes, de 34% en 2025. Comment on fait pour lutter ?
D'abord, les banques font des campagnes de sensibilisation très importantes. La Fédération bancaire française, également, en réalise.
Dès qu'on
ouvre son appli, maintenant, on
reçoit effectivement une sorte d
'alerte, disant, attention, soyez vigilants. Exactement.
Lorsqu'on veut faire un virement, lorsqu'on veut autoriser un prélèvement, lorsqu'on veut faire un paiement à distance, on a suffisamment d'alerte.
Mais alors, pourquoi est-ce que ça
augmente à
ce point ? Ce n'est
pas suffisant, parce qu'un certain nombre de nos clients se font encore avoir. Je vais vous dire, aujourd'hui, les banques ont fait leurs efforts. Il faut également que, du point de vue pénal, on apporte les sanctions nécessaires. Et il y a un point qui n'est pas couvert aujourd'hui, en angle mort, ce sont les plateformes numériques. Les plateformes numériques, qui, aujourd'hui, facilitent la diffusion massive d'offres frauduleuses. Or, on sait que les plus grosses...
Vous parlez de quoi ? Vous parlez d'Instagram, de tout ça, qui, en fait...
L'ensemble des déplacements mirobolants, etc.
Au bout de trois clics, on vous
propose...
Qui trouvent des revenus, qui trouvent du chiffre d'affaires, en mettant en avant des offres qui, juste, ne peuvent pas être réalistes.
Et ils le savent
?
Bien évidemment. En
tout cas, si elles ne le savent pas, c'est qu'elles ne cherchent pas à savoir. Ce que vous voulez dire, c'est qu'il y a une
forme de complicité de ces plateformes.
Au moins par omission. Au moins une complicité par omission.
Mais
quand il s'agit de perdre...
Voudrait-il
les obliger à
vérifier davantage ?
Absolument. Je veux dire, une banque, un assureur, beaucoup d'intermédiaires ont des obligations de vérification des opérations qu'elles réalisent, très fortes. Pourquoi les plateformes numériques n'auraient pas ces mêmes obligations ?
Merci, Daniel Baal, d'avoir répondu à nos questions ce matin. Vous êtes le patron du Crédit Mutuel CIC. Merci aussi à Gauthier. Ça faisait très, très longtemps que je ne vous avais pas entendu, Gauthier. Tout va bien
? Oui, c'était la première fois.
La première fois avec moi ? J'avais l'impression de vous avoir déjà entendu sur l'antenne une autre fois. Mais en tout cas, merci de votre témoignage. N'hésitez pas, maintenant que vous avez poussé la porte.
Moi, je suis d'accord avec Gauthier. Vous avez bien raison.
Vous avez bien.
Un mort de taxes et le travail, ça suffit.
Arthur est d'accord avec vous, Gauthier.