"Des tensions qu'on n'avait jamais connues" décrit Christophe Clouet, proviseur du lycée François Arago à Nantes
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:27OuverteRéponse directe
Comment ça se passe déjà dans votre lycée ? Quelle est la situation ?
- 0:37OuverteRéponse directe
Les cours ont été suspendus. Vous avez pris cette décision en fin de semaine dernière. Donc il se passe quoi ce matin ?
- 0:54OuverteRéponse directe
Vous dites 'malheureusement' parce que vous avez tenté de rouvrir cet établissement jeudi. Ça n'a pas tenu.
- 1:15OuverteRéponse directe
Vous avez rouvert pour les personnels mercredi, puis pour les terminales jeudi. Et vendredi pour les secondes, premières et terminales. Ça ne s'est pas déroulé comme souhaité ?
- 1:35OuverteRéponse directe
Il y a eu des interventions extérieures qui ont perturbé le déroulé de la journée ?
- 1:57OuverteRéponse directe
Vous avez les moyens de faire cours en distanciel ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:07PrésentateurFait
« Nous avons rouvert effectivement mercredi pour les personnels, pour l'ensemble des personnels qui avaient besoin de se retrouver. »
- 1:15PrésentateurFait
« Et puis nous avons ouvert jeudi pour les terminales et vendredi pour les secondes, les premières et les terminales. »
- 1:24PrésentateurFait
« Nous avons eu des interventions de jeunes qui n'avaient manifestement pas envie de revenir dans l'établissement. »
- 2:08PrésentateurFait
« On est une grande maison qui avons l'habitude de nous adapter. »
- 2:11PrésentateurFait
« Donc oui, on avait déjà été contraints à ce système lors du Covid. »
- 2:38PrésentateurFait
« Les ordinateurs de la région n'ont pas encore été donnés pour les élèves de seconde notamment, donc ça complexifie beaucoup les choses. »
- 3:26PrésentateurFait
« Certains proviseurs, en tout cas, ont été ciblés. On l'a vu jeudi dernier, votre collègue des Bourdonnières. »
- 3:37PrésentateurFait
« On nous dit qu'on l'est, en tout cas. Les réseaux sociaux en attestent. »
- 3:52PrésentateurFait
« C'est la fonction qui représente l'État. »
- 4:25PrésentateurFait
« Là, c'est dirigé contre l'école parce que l'école fait commun pour ces jeunes. »
- 4:52PrésentateurFait
« L'écologie, la guerre. Il y a beaucoup de sujets qui font qu'il y a du mal-être chez les jeunes actuellement. »
Temps de parole
- Présentateur65 %
- Présentateur 231 %
- ?4 %
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A
8h moins le cas, l'invité d'ici leur océan, c'est Christophe Clouet, le proviseur du lycée professionnel François Arago à Nantes. Et c'est avec vous Nicolas Creusel. Bonjour à vous Christophe Clouet. Je n'entends pas. Est-ce que vous m'entendez Christophe Clouet
?
Allô ?
Christophe
Clouet
? Allô
allô ? On est en direct. Christophe Clouet, vous êtes en ligne avec nous. Est-ce que vous m'entendez ?
Est
-ce que
vous m'entendez ?
Là je vous entends, oui. Ça y est, merci beaucoup d'être avec nous ce matin en direct. Comment ça se passe déjà dans votre lycée ? Quelle est la situation ? Je sais que les cours ont été suspendus. Vous avez pris cette décision en fin de semaine dernière. Donc il se passe quoi ce matin
? C
'est ça. Comme dans la plupart des établissements, enfin des lycées nantais, les cours ont été suspendus hier après-midi et sont suspendus encore aujourd'hui et sans doute demain. Là ce matin, il y a une présence policière aux abords de l'établissement, des camions de CRS. Je vois des gyrophares. Je ne
vois
malheureusement pas d'élèves. Vous dites malheureusement parce que vous avez tenté de rouvrir cet établissement jeudi. Ça n'a malheureusement pas tenu. C'est un peu comme ça que ça se passe depuis dix jours dans l'établissement, au cas par cas, au jour le jour
? C
'est ça. Nous avons rouvert effectivement mercredi pour les personnels, pour l'ensemble des personnels qui avaient besoin de se retrouver. Et puis nous avons ouvert jeudi pour les terminales et vendredi pour les secondes, les premières et les terminales. Et effectivement, ça ne s'est pas déroulé comme on le souhaitait. Nous avons eu des interventions de jeunes qui n'avaient manifestement pas envie de revenir dans l'établissement.
Ce n'était peut-être pas forcément vos élèves d'ailleurs,
vous ne savez pas. En tout cas, il y a eu des interventions extérieures qui ont perturbé le déroulé de la journée, c'est ça ?
C
'est ça. Et de fait, j'étais contraint à suspendre les cours vendredi après-midi. Et donc ce matin, en concertation avec mes collègues de la ville de Nantes, des établissements nantais, nous avons pour la plupart décidé de suspendre les cours ce matin. Vous avez les moyens de faire cours en distanciel ? J'ai horreur de ce mot, mais enfin c'est le mot qu'on utilise. Les ordinateurs, la logistique, la visio, c'est possible
?
Alors c'est possible, on s'adapte. On est une grande maison qui avons l'habitude de nous adapter. Donc oui, on avait déjà été contraints à ce système lors du Covid. Donc c'est quelque chose que les professeurs connaissent. Alors aussi vite, ça avait déjà été vite il y a cinq ans, mais là, ça a été un peu compliqué quand même, puisque même si les professeurs savent s'adapter à ce genre de situation, les élèves qui sont en phase 2 ont quelques difficultés.
Il
y a toute question de code, etc., de connexion. Les ordinateurs de la région n'ont pas encore été donnés pour les élèves de seconde notamment, donc ça complexifie beaucoup les choses. Mais malgré tout, il nous fallait garder le lien avec les élèves, continuer à assurer la continuité pédagogique, c'est ce qu'on s'est appliqué à faire. Et je pense que globalement, on a réussi à le faire. Ça fait 20 ans, Christophe Chloé, que vous êtes chef d'établissement. C'est votre pire rentrée, c'est la plus dure
? C
'est sans doute la plus inédite, en tout cas. La plus difficile, je ne sais pas. C'est vrai que sur 20, j
'en
ai connu quelques-unes qui n'étaient pas forcément si simples. Mais effectivement, c'est compliqué. Oui, oui, oui, on ne va pas se cacher les choses. On est soumis à des tensions qu'on n'avait jamais connues, effectivement. Des
tensions qui vous
visent vous-même,
d
'ailleurs, enfin vous-même, pas vous, Christophe Chloé, mais certains proviseurs, en tout cas, ont été ciblés. On l'a vu jeudi dernier, votre collègue des Bourdonnières. Est-ce que vous vous sentez menacé ? Vous avez l'impression d'être des cibles potentielles, vous, les proviseurs
? Je
pense qu'on l'est, oui. On nous dit qu'on l'est, en tout cas. Les réseaux sociaux en attestent. Oui, oui, oui, effectivement. Mais pas seulement les proviseurs. Nous, le service de vie scolaire a été visé. Et
pourquoi vous ?
Je pense que c'est la fonction. C'est la fonction qui représente l'État. Et de ce fait, les manifestations se dirigent quand même contre l'État. Et nous, on est représentants de l'État au sein des établissements scolaires. Donc, ça justifie aux yeux de certains qu'on puisse être
un
peu ciblé, oui. Au-delà de ces excès de violences qui sont évidemment condamnables et condamnés par tout le monde, ce mal-être des lycéens qui se retrouvent dans la rue, il dit quelque chose pour vous de l'époque et de leur ressenti, de leur état d'âme
? Oui,
certainement. Là, c'est dirigé contre l'école parce que l'école fait commun pour ces jeunes. Mais au-delà de ça, il est vraisemblable que ce soit plus large que ça. Ces manifestations, ces événements, sans doute, sont révélateurs d'un mal-être plus profond sur l'époque que ces jeunes vivent. Voilà, l'écologie, la guerre. Il y a beaucoup de sujets qui font qu'il y a du mal-être chez les jeunes actuellement, bien sûr. Est-ce que vous comptez-vous sur les vacances de la Toussaint et possiblement après cette trêve, entre guillemets, pour que les choses rentrent dans l'ordre ? Parce qu'il
y
a quand même le bac en ligne de mire pour ces élèves. Bien sûr, on le souhaite. On le souhaite de tout notre cœur. On était très contents d'accueillir les élèves hier vendredi
et
jeudi. On leur a dit, d'ailleurs. Eux aussi étaient contents. La plupart d'entre eux étaient là. Donc, il y a une attente aussi de leur côté à revenir à l'école. Et leur place est ici. Donc, on fait tout pour les accueillir dans les meilleures conditions. Ça va revenir, bien sûr, forcément. Forcément, il faudra bien. Mais là, le moment n'est pas tout à fait venu, visiblement. Merci à vous, en tout cas, pour ce témoignage en direct devant votre lycée, Christophe Clouet. Je rappelle que vous êtes proviseur du lycée professionnel François Aragot à Nantes et que les cours sont suspendus encore aujourd'hui dans votre établissement. Merci beaucoup pour ce témoignage en direct.
Bon courage à tous et bonne
journée.