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interviewRMC — Face à Face· 27 février 2025 20 min

Face à Face : Sophie Primas - 27/02

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, face à face.

0:08
Sophie Primas

Néhla Latrousse.

0:10
Présentateur

Sur BFM TV et RMC, mon invité est la porte-parole du gouvernement. Bonjour Sophie Primard. Bonjour Néhla. Merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation ce matin. On a plusieurs sujets à voir avec vous. Les discussions sur les retraites, les négociations entre syndicats, les annonces du Premier ministre sur l'immigration et les négociations commerciales qui s'achèvent dans 48 heures. Ça se passe mal et on va y revenir. Avant cela, je voulais vous entendre sur les déclarations de la soirée de Donald Trump. L'Union Européenne, dit-il, créée pour entuber les Etats-Unis. Il annonce d'ailleurs Donald Trump des droits de douane à venir de 25% sur les produits européens.

Et il dit tout cela 48 heures à peine après qu'Emmanuel Macron ait quitté la maison branche puisqu'il était à Washington lundi. Le président français, c'est pour le moins déroutant cette façon de faire. C'est quoi ? C'est un camouflet pour Emmanuel Macron ?

0:55
Sophie Primas

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump est déroutant. C'est sa méthode. Elle a été théorisée d'ailleurs par ses proches. C'est une méthode de provocation permanente, d'outrance permanente. Donc nous sommes habitués à cette méthode. C'est un camouflet ? Non, ce n'est pas un camouflet. C'est la méthode Trump. C'est-à-dire qu'il aime bien provoquer, il aime bien installer un rapport de force. Mais au rapport de force, nous présenterons aussi un rapport de force. Car l'Union Européenne n'a pas été créée pour embêter M. Trump ou nos alliés américains.

Elle a été créée pour créer de la force dans un monde de blocs qui sont les blocs asiatiques, le bloc américain, le bloc sud-américain, etc.

1:33
Présentateur

Ça veut dire que si Donald Trump allait au bout de sa logique, l'Union Européenne répondrait, réposterait. Il y aurait aussi des droits de douane.

1:40
Sophie Primas

Bien sûr, la Commission Européenne. Vous savez, personne n'a intérêt à rentrer dans ces rapports de force commerciaux. On est lié à la guerre commerciale. Oui, Donald Trump doit regarder aussi l'histoire de son pays. Des droits de douane ont déjà été appliqués sur un certain nombre de produits en provenance de l'Union Européenne. Et en réalité, ça a eu un impact très négatif à la fois sur l'emploi, sur la productivité de ses propres entreprises installées en Europe, mais aussi de ses propres entreprises installées aux États-Unis. Donc, personne n'a intérêt à cette guerre commerciale. Mais si nous devons riposter, nous riposterons. Évidemment, la Commission Européenne l'a déjà dit hier soir.

2:16
Présentateur

Ce matin, sur RMC, le président directeur général de l'Institut de liaison des entreprises de consommation, M. Nicolas Facon, disait s'inquiéter pour les viticulteurs, pour les produits de beauté que la France, en l'espèce, exporte. Il y a les exportations européennes, il y a ce que la France exporte. Qu'est-ce que vous dites, ce matin, à ceux qui ont entendu ces déclarations du président américain et qui, de bonne foi, s'inquiètent en France en disant qu'est-ce qu'il va arriver, et notamment les viticulteurs ?

2:39
Sophie Primas

Oui, vous savez, moi j'étais saluée de l'agriculture hier et j'ai échangé beaucoup. Bien sûr, à la fois la situation avec la Chine, mais aussi la situation et les menaces avec les Etats-Unis, ça inquiète évidemment. Nous avons déjà traversé ce genre de situation, mais je le répète, nous devons être prêts à riposter par rapport aux Etats-Unis. Et l'intérêt des Etats-Unis, l'intérêt économique, l'intérêt intérieur de l'économie intérieure des Etats-Unis, n'est pas à aller vers ses droits de bonne. Aux viticulteurs et aux producteurs français, la France et l'Europe vous protègeront. Je dis évidemment, l'Europe et la France vous protégeront et nous sommes prêts à affronter ces difficultés.

C'est très important.

3:16
Présentateur

J'évoquais Nicolas Facon, le président directeur général de l'Institut de liaison des entreprises de consommation. Il était aussi sur notre antenne pour faire le point sur les négociations commerciales qui se terminent dans 48 heures. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça se passe mal. Écoutez ce qu'il disait. Pour l'instant, vous le dites, il reste deux jours de négociations. On n'a que 10% de signature. Ce qui coince, c'est les demandes de la distribution qui demandent des baisses de prix de manière complètement inconsidérée par rapport à la réalité économique des entreprises. Les entreprises, elles ont un peu d'inflation sur leur coût de production.

Et aujourd'hui, on fait face à des distributeurs qui demandent des baisses, des baisses, des baisses, des baisses. Uniquement 10% des accords signés à 48 heures de la fin. On va vers un carnage, Sophie Prima.

3:57
Sophie Primas

Alors, c'est la première année où je vois une tension extrême. Je vois aussi beaucoup de violence dans ces négociations. J'ai discuté hier aussi avec beaucoup d'entreprises agroalimentaires qui étaient sur le salon et qui sont très, très inquiètes, qui ont des équipes qui sont à la fois épuisées psychologiquement et physiquement. On est à deux jours, donc je suis assez inquiète. En réalité, aujourd'hui, on a d'un côté, si vous voulez, des distributeurs qui signent des chartes et qui disent, voilà, on aime bien le produire en France, on met des étiquettes, etc. Et de l'autre côté, des négociations, on demande de la déflation et aussi... Déflation, c'est baisse des prix.

Baisse des prix et également au détriment d'ailleurs du produire en France qui est l'objectif, par exemple, affiché par le salon et affiché également par notre ministre de l'Agriculture, Annie Gennevar. Et de l'autre côté, on a également une pression très forte qui est faite par des négociations qui maintenant se font en dehors de la France pour échapper aux règles des galimes.

4:49
Présentateur

Ça, c'est le constat, Sophie Prima, mais qu'est-ce que vous allez faire ? Est-ce que vous allez sévir au niveau du gouvernement ? Il disait, la grande distribution ne respecte pas la loi. Est-ce que c'est ce que vous constatez ? Et qu'est-ce que vous allez faire ?

4:59
Sophie Primas

Alors, clairement, je pense que le gouvernement va demander à la DGCRF d'intervenir. Il faudra... La réprégation des fraudes, c'est ça. La réprégation des fraudes, qui est en charge justement de l'application de la loi dans ses relations commerciales. Vous allez lui demander de regarder comment se passent les négociations ? Bien évidemment, il y a un médiateur des relations commerciales qui doit regarder ce qui se passe dossier par dossier, mais il faut faire des contrôles et il faut sanctionner. Il y a un moment, il faut mettre des sanctions quand la loi n'est pas appliquée.

Il faudra aussi que l'État s'en mêle pour avoir un rapport de force par rapport à ces centrales d'achat qui ne respectent pas des conditions de négociation qui sont des conditions apaisées et qui nourrissent également la volonté de notre pays de protéger ses producteurs et de protéger aussi son industrie agroalimentaire.

5:41
Présentateur

Pour bien comprendre ce que vous êtes en train de me dire, Sophie Prima, ce matin, porte-parole du gouvernement, c'est que le gouvernement fixe en quelque sorte un ultimatum à la grande distribution sous 48 heures. S'il n'y a pas d'accord signé, si ça ne se passe pas mieux, il y aura des contrôles, il y aura des amendes.

5:57
Sophie Primas

C'est la loi, c'est l'application de la loi, donc il n'y a pas de menace. Tout le monde connaît les règles du jeu depuis longtemps. Il y a une marche en avant du prix, il y a des négociations qui doivent se terminer le 28 au soir. Si ce n'est pas terminé, la loi devra s'appliquer et les sanctions devront être prises.

6:13
Présentateur

Sophie Prima, j'en viens à la question migratoire et notamment avec l'Algérie, avec qui le torfond brûle. François Bayrou a fait un certain nombre d'annonces hier, pas que sur l'Algérie, j'aimerais qu'on en commence par là. Il demande à Alger d'accepter une liste de ressortissants que la France souhaite expulser. Et il laisse 4 à 6 semaines à la partie adverse, mais ce n'est peut-être pas le bon terme, à la partie en face, je vais dire, pour montrer des signes de bonne volonté où à défaut il y aura remise en cause d'accords migratoires. Pour bien comprendre, est-ce que c'est un bras de fer ou est-ce que c'est une main tendue à Alger ?

6:44
Sophie Primas

Je pense que c'est une main tendue, c'est-à-dire que nous sommes dans des accords de 68 depuis 1968 et aujourd'hui l'Algérie fait des entorses à ces accords de 68 qu'elle n'a jamais respectés. Ils ont été révisés 4 fois et aujourd'hui ça nous pose un problème, un problème notamment par l'emprisonnement de Boilem Sansal, mais également par ces OQTF que nous n'arrivons pas à renvoyer en Algérie. Donc ces accords aujourd'hui ne sont pas respectés par l'Algérie et c'est la sécurité de la France et des Français qui est en cause.

Donc ce que nous demandons à l'Algérie, c'est effectivement de respecter ces accords, de libérer notre écrivain franco-algérien et de revenir dans des considérations qui respectent les accords et l'équilibre de ces accords.

7:29
Présentateur

Il y a les deux éléments, le respect des accords et la libération de Boilem Sansal hier. Plus la liste d'expulsion. Plus la liste d'expulsion, mais la libération de Boilem Sansal est aussi un élément de la reprise du dialogue. Bien sûr. Vous venez de dire les accords. Dans le détail, celui dont on parle aujourd'hui, c'est l'accord de 68. Essentiellement, et c'est pour ça que je voulais vous faire préciser ce point, Sophie Prima, ce matin. Est-ce que, dans les termes de la négociation, il n'y a que l'accord de 68 ou est-ce qu'il y a d'autres accords migratoires ?

Il y en a un notamment qui a pu être évoqué par Bruno Retailleau, celui qui régit par exemple le déplacement, la circulation des diplomates. Est-ce que celui-là aussi fait partie de la discussion et peut être révisé si Alger ne répondait pas sous 4 à 6 ?

8:14
Sophie Primas

Celui-ci peut être activé. C'est-à-dire qu'il y a un certain nombre de dignitaires algériens aujourd'hui que l'on regarde avec attention et dont on pourrait réviser effectivement les visas, la capacité de rentrer en France et de faire des allers-retours. Donc nous regardons toutes les possibilités pour retrouver d'ailleurs, pour essayer de retrouver des relations qui soient des relations apaisées avec l'Algérie.

8:35
Présentateur

Oui, parce que le Premier ministre l'a dit, l'objectif n'est pas d'obtenir la dénonciation de l'accord de 68 qu'il souhaite continuer à avoir appliqué, mais appliqué, véritablement. Il faut que ce soit appliqué. Mais c'est parce que le ministre de l'Intérieur, il est pour la dénonciation de cet accord. Écoutez, moi je m'appuie sur ce que dit le Premier ministre.

8:50
Sophie Primas

La position du gouvernement, c'est d'arriver au maintien de cet accord, mais dans la mesure où il est appliqué et où on retrouve des relations qui soient des relations diplomatiques apaisées et normales avec l'Algérie.

9:02
Présentateur

Est-ce que c'est aussi la ligne du Président ? D'habitude, quand on vous pose cette question, vous dites que je ne suis pas la porte-parole du Président. J'allais vous faire la réponse. Mais il se trouve que François Bayrou et Emmanuel Macron ont déjeuné ensemble mardi. C'est une information du Parisien Aujourd'hui en France. Vous nous confirmez que les décisions ont été prises en bonne intelligence avec le Président de la République. Il savait ce qu'il allait être annoncé.

9:20
Sophie Primas

Le Premier ministre ne prend pas de telles décisions et de telles positions, sans évidemment consulter le Président de la République.

9:26
Présentateur

Vous avez dû voir la réponse d'Alger hier, la réponse avant le comité interministériel, qui menace de mesures de rétorsion. Est-ce que vous avez le sentiment que cette main tendue va être saisie ?

9:38
Sophie Primas

Écoutez, je le souhaite. Je le souhaite vraiment parce que c'est un bras de fer, si l'on peut dire, entre gouvernements. Et ce n'est pas un bras de fer entre populations. Nous avons des relations avec les Algériens et le peuple algérien qui sont très anciennes. On a une histoire commune qui a été difficile, qui a été aussi riche. Et donc, tout ça, on ne peut pas... Les peuples algériens et français ne peuvent pas s'asseoir sur cette histoire. Nous avons une communauté algérienne en France qui est paisible, intégrée, pour la 99,9% d'entre elles. Donc, il ne faut pas qu'on arrive à une situation de confrontation qui serait un fermement de discorde qui n'est pas souhaitée.

Sophie Prima, la liste de ressortissants qui va être adressée à Alger,

10:23
Présentateur

est-ce qu'on sait combien il y a de noms dessus ?

10:25
Sophie Primas

Non, je ne sais pas. Je pense que c'est une information du ministère de l'Intérieur et qui, à ce jour, n'est pas connue. Et elle sera communiquée ? Je n'en sais rien. Elle doit l'être ? Au nom de la transparence ? Écoutez, je ne sais pas si, entre sécurité et transparence, il y a parfois un équilibre à trouver.

10:43
Présentateur

Est-ce qu'on sait au moins le type de profil qui figure sur la liste, Sophie Prima ? Est-ce qu'on sait au moins le type de profil ?

10:47
Sophie Primas

C'est des individus, évidemment, qui présentent des risques de sécurité pour les Français. Vous voyez ce qui s'est passé à Mulhouse. Les Français ne comprennent pas ce qui s'est passé à Mulhouse. Quelqu'un de déjà condamné pour apologie du terrorisme, qui a un profil psychologique pour le moins fragile, qui a 14 fois été présenté au gouvernement algérien pour retour, qui présente véritablement un profil d'insécurité pour les Français et qu'on laisse en liberté parce qu'on n'a pas.

11:19
Présentateur

C'est ce type de profil. Sur cette liste-là, le Premier ministre a aussi demandé un audit interministériel sur la politique des visas de la France pour mettre en concordance, en quelque sorte, la délivrance des visas avec la qualité de la coopération migratoire des pays d'origine. De ce que je comprends, la qualité notamment de retour des personnes sous obligation de quitter le territoire. Quels sont les pays dans le viseur, si j'ose dire ? On verra à la fin de cette audite.

11:43
Sophie Primas

Vous aviez dit vous-même qu'il y a d'autres pays avec lesquels on a des problèmes de retour. Oui, bien sûr, il y a d'autres pays. Il y en a presque une vingtaine avec lesquels on peut améliorer cette qualité des retours. Qualité des relations, c'est une relation dans les deux sens. Donc, cette audite permettra de déterminer les pays qui sont concernés. Évidemment, on pense aux comores, par exemple. Vous voyez, quand on parle de Mayotte, il y a probablement, là, des négociations à mener avec ces pays-là. Là aussi, il y aura restriction de visa s'il n'y a pas de réponse en face ? Écoutez, on verra. Mais en tout cas, cette audite est là pour ça.

Et il est là pour accompagner aussi d'autres mesures qui sont prises dans le cadre de cette réunion hier et qui sont là pour protéger les Français dans leur sécurité.

12:24
Présentateur

Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur, est aujourd'hui, dès ce matin, d'ailleurs, en ce moment même, sur la côte d'Opale, au Touquet, à une visite sur le thème du bras de fer, là, à mener avec le Royaume-Uni. Il souhaitait la dénonciation des accords du Touquet si le Royaume-Uni ne faisait pas d'effort. C'est ce qu'il disait en novembre 2024, le ministre de l'Intérieur. Est-ce que cela fait une position personnelle ? C'est la position du gouvernement ?

12:45
Sophie Primas

Non, ça a été évoqué d'ailleurs hier. Alors, pas en ces termes-là, mais la nécessité de rediscuter avec nos collègues de l'autre côté de la Manche pour remettre en considération, en tout cas, renégocier les termes de ces accords. Parce qu'on voit bien que là aussi, on a des problèmes de sécurité. Ce qui se passe sur la côte d'Opale n'est humainement pas tenable. On a des difficultés avec ces migrants. On a des difficultés sociales, humaines. Enfin bon, il y a des gens qui meurent. Ce n'est pas possible. Donc, il faut qu'on trouve d'autres solutions. Mais ça pourrait aller jusqu'à la dénonciation des accords. On va rentrer dans une négociation. On n'est pas dans la menace.

On n'est pas dans l'escalade vers mal. D'ailleurs, il faut assumer les rapports de force. Oui, il faut assumer les rapports de force avec ceux qui sont dans ces rapports de force. Trump, on est un bon exemple. Un peu l'Algérie en ce moment. Mais avec l'Angleterre, nous sommes aujourd'hui dans l'ouverture de négociations. En tout cas, la volonté du ministre de l'Intérieur, elle est forte. Vous le savez, il faut qu'on travaille avec eux. Parce que ce n'est pas possible de laisser des gens dans des conditions pareilles et d'insécurité.

13:48
Présentateur

La volonté forte du ministre de l'Intérieur, dites-vous, Sophie Prima. Oui. Les Français lui reconnaissent, lui font crédit de cette volonté. Le sondage est là pour BFM TV. Six Français sur dix. Six personnes interrogées sur dix jugent que le ministre de l'Intérieur est entravé pour autant dans son action. Est-ce que vous partagez l'opinion des Français ?

14:03
Sophie Primas

En fait, non, il n'est pas entravé. D'abord, il fait preuve de beaucoup de détermination, vous l'avez dit. Mais il n'est pas entravé. En fait, il recherche aujourd'hui quelles sont les entraves législatives, par exemple. Les entraves d'exécution. Et il est en train d'y apporter des réponses petit à petit. Ce que nous sommes en train de faire sur le narcotrafic. Ce que nous sommes en train de faire dans l'ouverture de 3000 postes supplémentaires pour accueillir des personnes dangereuses en rétention. Il est en train, petit à petit, de faire sauter des verrous législatifs qui lui permettent d'agir plus facilement et de façon plus efficace.

14:37
Présentateur

Sophie Prima, porte-parole du gouvernement. Les partenaires sociaux se retrouvent ce matin pour faire sauter un autre verrou, celui des retraites. La mission que leur fixe le Premier ministre, c'est rétablir l'équilibre financier. Je cite la lettre qu'il leur a adressée. « Rétablir l'équilibre financier de notre système de retraite à horizon 2030 et ce, sans dégrader les comptes publics et sans remettre en cause la compétitivité. » Si je comprends bien, vous préparez les esprits à une nouvelle réforme des retraites.

15:04
Sophie Primas

C'est les partenaires sociaux qui vont déterminer.

15:08
Présentateur

Rétablir l'équilibre financier à horizon 2030 avec la Cour des comptes qui dit que la réforme de 2023 ne suffira pas. Ça veut dire nouvelle réforme des retraites.

15:17
Sophie Primas

Le Premier ministre a donné un cahier des charges aux partenaires sociaux. C'était toujours l'objectif de la création de cette réunion des partenaires sociaux, de leur donner les objectifs en termes de réduction des déficits. Nous sommes obligés. Vous savez, c'est la moitié de la dette aujourd'hui en France, les retraites. Donc, si on ne regarde pas ça avec calme, sérénité et avec responsabilité, ce n'est pas la peine. Donc, les partenaires sociaux aujourd'hui vont discuter avec cet objectif qui est réduction des déficits à horizon 2030 et ils feront leur proposition.

15:51
Présentateur

Sauf que la mission a changé, Sophie Prima, je le répète, puisque dans la déclaration de politique générale de François Bayrou du Premier ministre, il leur réclamait, concernant les retraites, de réfléchir à des améliorations sans dégrader le régime actuel. Désormais, il leur dit qu'il faut rétablir les comptes. Ah bah bien sûr.

16:08
Sophie Primas

Ce n'est plus la même mission. Mais c'est exactement la même mission. Nous sommes tous responsables devant le déficit des retraites. Il faut donc les rééquilibrer. Il faut les rendre pérennes. Parce que notre responsabilité... Vous demandez au syndicat, en fait, d'écrire une nouvelle réforme. Mais c'est ce qu'ils voulaient. C'est ce qu'ils voulaient. Puisque les solutions qui avaient été trouvées dans la réforme de l'année dernière ne leur convenaient pas, nous leur demandons de prendre leurs responsabilités et d'écrire, effectivement, un système de retraite. On parle de déficit. Mais en réalité, qu'est-ce qu'il y a derrière ce déficit ?

C'est la pérennité des systèmes de retraite qu'il faut assurer. Et ça, ça parle à tous les Français. S'assurer que nos enfants, nos petits-enfants auront un système de retraite qui soit fort, pérenne et qui puisse convenir à tout le monde, c'est la moindre des choses. Et c'est notre responsabilité du générationnel.

16:53
Présentateur

Chaque ministre a pu y aller de son avis sur la question. La ministre du Travail disant, par exemple, qu'il faudra travailler plus. Est-ce que vous, il faut partager ce qu'elle dit ? On en a entendu d'autres parler de capitalisation. Est-ce que vous aussi, vous avez des pistes à dessiner pour les partenaires sociaux ?

17:06
Sophie Primas

À titre personnel, j'en ai. Mais je respecte le dialogue qui s'instaure aujourd'hui. Il y a feuille blanche, avec un objectif pour les partenaires sociaux. Et on les laisse. Et moi, je leur fais confiance pour y arriver. Et vous pensez qu'ils peuvent faire venir à un accord, alors que certains menacent déjà de boycotter ou de quitter la table des discussions ? Oui, alors on est là aussi dans le rapport de force. Et je pense que l'ensemble des partenaires sont responsables. Ils savent que c'est de la pérennité du système des retraites français dont il s'agit. Et donc, je pense qu'ils sont responsables, qu'ils vont y arriver.

17:37
Présentateur

Sophie Prima, un dernier mot, si vous le permettez. Parce qu'on a appris ce matin, a été confirmé le décès de notre compatriote Oad Yahalomi. La dépouille du dernier otage franco-israélien détenu par le Hamas, qui a été restitué à Israël et aux familles. Le président de la République ce matin, Emmanuel Macron, écrit sur le réseau social X, « Je partage la douleur immense de sa famille et de ses proches, des familles qui expliquent ne pas avoir été beaucoup accompagnés par la France. » Est-ce qu'on a été impuissants pendant tout ce processus ?

18:13
Sophie Primas

Je voudrais d'abord saluer la mémoire de notre compatriote. Pensez effectivement à sa famille. On est dans une situation au Proche-Orient qui est une situation dramatique où un grand nombre, après les attentats du 7 octobre, cette barbarie du 7 octobre, un grand nombre de nos compatriotes, de compatriotes israéliens et même palestiniens, ont perdu la vie. C'est une période de chaos épouvantable. Je pense à toutes les victimes de part et d'autre. Je pense en particulier à cette famille française aujourd'hui qu'on accompagnera, évidemment.

18:46
Présentateur

Qu'on accompagnera le temps qu'il faudra.

18:49
Sophie Primas

J'imagine qu'il y a des liens, des coups de téléphone qui ont été passés cette nuit. Je l'ignore ce matin, mais bien sûr, la France entière est en compassion avec cette famille-là et on sera avec eux.

19:01
Présentateur

Merci Sophie Prima, porte-parole du gouvernement, d'être passée nous voir ce matin. Je retiens le mot que vous avez repris. Il faut assumer les rapports de force ce matin avec les Etats-Unis, avec l'Algérie, avec l'écomore, avec les pays qui ne respectent pas les accords migratoires. Rapport de force au cœur également des discussions qui s'ouvrent entre les partenaires sociaux pour la réforme des retraites. et je note une forme d'optimisme dans ce que vous avez dit. Il en faut un peu quand même. L'actualité est rude.