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interviewRMC — Face à Face· 8 novembre 2021 24 min

L'invitée de Bourdin Direct : Marine Le Pen - 08/11

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct.

0:05
Marine Le Pen

Jean-Jacques Bourdin. Marine Le Pen, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin. Vous êtes candidate à l'élection présidentielle Cannes. Un homme qui tente de poignarder des policiers. L'un des policiers tire. L'homme est entre la vie et la mort. Le danger terroriste est toujours là ?

0:30
Présentateur

Oui, bien sûr. D'ailleurs, j'ai le sentiment que ce type de fait se banalise. comme s'il y a eu une forme d'habitude. J'appelle les Français à ne pas s'habituer à cette situation. En réalité, assez régulièrement dans notre pays, il y a des attentats terroristes ou des tentatives d'attentats. Je me réjouis d'ailleurs que ce policier soit sain et sauf. Mais parce que je pense qu'on ne fait pas le nécessaire. En réalité, en amont. C'est-à-dire qu'on continue au fil de l'eau comme si à peu près on était dans une situation normale. les fichiers au FSPRT étrangers ne sont pas expulsés de manière systématique. Je pense qu'on ne fait pas ce qu'il faut faire.

1:16
Marine Le Pen

Mais quand vous écoutez, je ne sais pas si vous l'avez écouté, vous avez peut-être entendu chose à faire, Arnaud Montebourg qui dit « Expulsons les étrangers qui sont coupables, qui doivent être expulsés de France. Mais beaucoup de pays ne veulent pas récupérer leurs nationaux. Alors une solution, bloquons tous les transferts d'argent vers ces pays-là. » C'est une solution ou ça vous fait sourire ?

1:44
Présentateur

Non, non, ça me fait sourire parce que c'est une solution que j'ai proposée il y a déjà un certain nombre de mois. Celle-là et l'action directe sur les visas. Moi, je pense qu'il faut forcer les pays à respecter le droit international. Comment ? Comme ça.

1:59
Marine Le Pen

Comme ça ? On bloque tous les transferts d'argent vers ces pays-là.

2:05
Présentateur

Alors un, on arrête les visas tant que le pays ne reprend pas les personnes qu'il doit reprendre. Et deux, effectivement, on bloque ces sommes qui sont assez considérables et qui sont envoyées chaque année de France à destination des pays d'origine. Ainsi d'ailleurs que l'aide internationale. Parce qu'il n'y a aucune raison, encore une fois, de financer des pays qui ne respectent pas le droit international.

2:27
Marine Le Pen

Le Covid, reprise épidémique forte en Europe, reprise en France aussi, un peu moins forte. L'OMS nous alerte. L'épidémie pourrait faire 500 000 morts. Je dis bien 500 000 morts en Europe d'ici à février. Demain soir, Emmanuel Macron prendra la parole. Que feriez-vous, présidente de la République ? Quelles mesures sanitaires prendriez-vous ?

2:47
Présentateur

D'abord, permettez-moi de vous dire que je m'éméfie des prévisions, des prédictions de l'OMS. J'aurais réagi totalement différemment depuis le début de cette crise sanitaire. Donc, je n'ai pas de difficulté à le dire. Je pense que le président de la République se sert de cette crise sanitaire parce qu'il pense que cette crise sanitaire le sert. Donc, il fait durer le suspense indéfiniment. Moi, j'aurais mis en place les moyens de détecter en préventif les clusters. C'est-à-dire que j'aurais développé massivement l'analyse des OUG dont on a vu que c'était extrêmement efficace.

Ça permet, deux ou trois jours avant l'émergence d'un cluster, de voir où ce cluster va émerger pour pouvoir, évidemment, préventivement, mettre les gens en situation de ne pas contaminer les autres. Deuxièmement, j'aurais laissé la liberté de prescription aux médecins parce que c'est quand même la première fois, me semble-t-il, que c'est l'État qui impose aux médecins les médicaments ou interdit aux médecins les médicaments pour soigner telle ou telle affection. Moi, j'ai confiance dans les médecins et donc, je leur aurais laissé la liberté de prescription. Or, ça n'est pas le choix qui a été fait. Le choix est un choix toujours de contrainte.

Moi, je voudrais qu'on s'en a un peu sur le vaccin.

4:06
Marine Le Pen

Oui, alors, je voudrais revenir sur le vaccin.

4:08
Présentateur

Oui, je voudrais revenir sur le vaccin parce que, si vous voulez, on a eu le sentiment qu'on nous avait, à chaque fois, annoncé des choses qui, soit n'ont pas eu lieu, soit fait des promesses qui ne se sont pas révélées exactes. On nous avait dit si tout le monde se vaccine, on sera tranquille. Bon, tout le monde s'est vacciné, peu ou prou, hein. Et en réalité, on voit bien... Pas tout le monde.

4:30
Marine Le Pen

On est à 76% de taux de vaccination. L'un des taux les plus élevés d'Europe. Non, non, pardon.

4:35
Présentateur

Non, non, je... Oui, si. Non, je pense que... Parce que vous incluez des enfants et que je ne souhaite pas qu'on vaccine d'ailleurs, par ailleurs. Mais c'est qu'on s'en a. Mais voilà, je le dis clairement devant vous. Moi, je ne souhaite pas vacciner les enfants de 5 à 11 ans. Voilà. Je pense que c'est faire prendre un risque dont le bénéfice n'est pas du tout assuré. La situation est la suivante. Les enfants, par ailleurs, vaccinés. La situation est la suivante. Oui. En réalité, on maintient le pass sanitaire. Oui. Soit le vaccin est utile et le pass sanitaire n'a plus lieu d'être. Soit le vaccin n'est pas utile et le pass sanitaire n'a plus lieu d'être.

5:10
Marine Le Pen

Est-ce que le pass sanitaire n'a pas servi aux Français à se faire vacciner ? Est-ce que ça n'a pas servi à inciter à la vaccination ? Le pass sanitaire, franchement.

5:19
Présentateur

Donc, le pass sanitaire a servi, vous avez parfaitement raison de le dire, à obliger les Français à se vacciner. C'est donc un pass vaccinal. Il n'y a qu'un malheur, c'est que nos autres institutions ont considéré qu'on ne pouvait pas utiliser le pass sanitaire pour forcer les gens à se vacciner. Donc, en réalité, on contourne la loi et en contournant la loi... En contournant la loi, on contourne les libertés. Ce n'est pas anodin. Je veux dire, on est en train de parler des libertés individuelles, des grandes libertés publiques. Ça n'est pas anodin.

Alors, on peut, et les Français peuvent accepter de concéder une partie de leur liberté si vraiment c'est proportionné, encore une fois, au but à atteindre. Aujourd'hui, il n'est pas ce sentiment que le but à atteindre ait été atteint. La preuve, d'ailleurs, c'est que demain soir, le Président de la République va à nouveau prendre la parole

6:01
Marine Le Pen

sur ce sujet. Oui, sauf que dans de nombreux pays d'Europe, l'épidémie galope beaucoup plus vite que chez nous en France. Pourquoi ? Parce que dans beaucoup de pays, on n'a pas de taux de vaccination élevé. Je pense à tous les pays de l'Est, notamment. Dans les pays où la vaccination est forte, le taux d'infection est beaucoup plus faible. On le sait, notamment en Espagne et en Italie, par exemple.

6:26
Présentateur

Non, mais personne n'a trouvé le modèle manifestement. Le modèle,

6:31
Marine Le Pen

plus il y a de vaccinés, moins il y a de monde à l'hôpital.

6:35
Présentateur

C'est ça le modèle. Oui, surtout le problème, c'est qu'en France, c'est que plus il y a de crise sanitaire et moins il y a de lits dans les hôpitaux. Et moins il y a de médecins dans les hôpitaux. Et moins il y a d'infirmières dans les hôpitaux. Alors j'ai une question. Donc ça aussi, c'est quelque chose que j'aurais fait. Vous voyez, je n'aurais pas baissé, par exemple, de 5700 le nombre de lits dans les hôpitaux en 2020, c'est-à-dire en pleine crise sanitaire. Je n'aurais pas suspendu 15 000 soignants, alors même qu'on a évidemment besoin des soignants, parce que, comme dit le président de la Fédération hospitalière de France, l'hôpital français est le premier désert médical.

Il y a 30% des poches qui n'y sont pas pourvues.

7:11
Marine Le Pen

Les non-vaccinés risquent une hospitalisation et la réanimation, on est bien d'accord. Ils occupent des lits qui pourraient être utiles pour des patients souffrant de graves pathologies. Est-ce acceptable moralement ?

7:26
Présentateur

Ce qui est votre solution, c'est de ne pas les soigner ?

7:28
Marine Le Pen

Non, ma solution. Par exemple, je vais prendre un parallèle. Je vais prendre un parallèle. Je vais prendre un parallèle. Je n'en veux pas. Un skieur hors piste. Un skieur hors piste. Il y a risque d'avalanche. Il va quand même skieur hors piste. Est-ce qu'il doit payer les secours ou pas ?

7:42
Présentateur

Cette société, M. Bourdin, que vous écrivez là, je n'en veux pas. C'est la société d'Emmanuel Macron. Je ne veux pas de cette société-là. Parce que si on commence comme ça, M. Bourdin, ceux qui boivent de l'alcool ne seront pas soignés. Ceux qui fument ne seront pas soignés. Ceux qui ont des kilos en trop ne seront pas soignés. Je trouve ça ignoble. C'est inhumain. C'est profondément contraire à ce en quoi je crois. C'est profondément contraire dans les valeurs de la France. Donc arrêtons avec ces folies, cette dérive qui encore une fois est une dérive qui va pousser nos dirigeants à des décisions inhumaines s'ils prennent cette voie-là.

8:20
Marine Le Pen

Demain, nous serons le 9 novembre. Il y a 51 ans, vers 19h, le général de Gaulle décédé chez lui à Colombay. La bataille politique autour de son héritage s'intensifie. Marine Le Pen, certains candidats à la présidence de la République iront à Colombay. Le Premier ministre également. Pourquoi cette prétention à penser ce que ferait de Gaulle 51 ans après ?

8:45
Présentateur

Non, mais ce n'est pas tellement ça la question.

8:48
Marine Le Pen

Ce n'est pas la question ? Pourtant, on fait dire à de Gaulle tant de choses aujourd'hui.

8:53
Présentateur

Oui, bien sûr. Mais ce qui est intéressant, si vous voulez, c'est au-delà de la figure du général de Gaulle, c'est son héritage politique. C'est-à-dire, c'est les grandes lignes qu'il a données à la France. Et dans ces grands principes auxquels il croyait, on peut voir quand même aujourd'hui, de la part d'une partie de la classe politique, des contradictions qui sont des contradictions majeures. C'est-à-dire qu'en général, de Gaulle défend la souveraineté de la nation comme il l'a fait. Pas seulement dans les mots, mais également dans les actes.

On peut se poser la question de savoir si, par exemple, la soumission de la France à une autorité extra-nationale comme l'Union européenne telle qu'elle est organisée aujourd'hui correspondrait à cette vision. Quand on voit la guerre de tous contre tous qu'a imposée Emmanuel Macron dans le pays, on peut se poser la question de savoir ce que le général de Gaulle, qui était si attaché à l'unité du pays, pourrait penser de cela. Et puis, il y a les institutions. Vous voyez, en 1946, il a fait un discours sur les institutions.

Moi, demain, je fais un discours à Bague, au même endroit, parce que je pense que les institutions qu'il avait conçues, qu'il avait réfléchies, ont changé aujourd'hui de nature. Je ne suis pas sûr que ce soit au bénéfice des Français.

10:07
Marine Le Pen

Donc, vous allez, si vous êtes élu président de la République, changer la Constitution, modifier la Constitution et modifier les institutions. Je vais y revenir. Discours à Bayeux, effectivement. Vous serez aussi à Courcelles-sur-Mer pour déposer une gerbe. En l'honneur de la résistance, je vais y revenir aussi à travers les propos d'Éric Zemmour. Mais revenons sur la Constitution. Réforme de la Constitution, si vous êtes élu président de la République, un septennat non renouvelable, c'est ce que vous voulez ?

10:36
Présentateur

Oui, je souhaite un septennat non renouvelable parce que je pense que le quinquennat a eu des conséquences extrêmement néfastes sur l'équilibre de nos institutions, notamment en faisant en réalité de l'Assemblée nationale non plus une assemblée de représentants du peuple, mais de défenseurs du président de la République.

10:57
Marine Le Pen

Et puis, un scrutin proportionnel, ça, De Gaulle n'en voulait pas.

11:00
Présentateur

Oui, il n'en voulait pas, mais je pense...

11:01
Marine Le Pen

Vous allez me dire que l'époque a changé.

11:02
Présentateur

Oui, en réalité, oui, l'époque a changé. Donc, j'assume totalement cette contradiction avec le général De Gaulle, mais je pense que dans les institutions qu'avait envisagées De Gaulle, la représentativité du peuple français était absolument essentielle. Peut-être qu'à l'époque, cette représentativité était aboutie par le système majoritaire à deux tours qu'il avait conçu. Aujourd'hui, ça n'est pas le cas. Aujourd'hui, quelle que soit sa couleur politique, on ne peut pas ne pas constater que l'Assemblée nationale n'est pas représentative des forces politiques en puissance en France.

Et ça aussi, évidemment, ça a des conséquences sur le lien distendu qui existe aujourd'hui entre les Français et la politique.

11:48
Marine Le Pen

La mise en place d'un droit différencié entre les étrangers en situation régulière et les Français ?

11:54
Présentateur

Oui, la priorité nationale. Bien entendu, je pense que les Français...

11:58
Marine Le Pen

Donc, modification de la Constitution.

11:59
Présentateur

Oui, j'intègre la priorité nationale dans la Constitution. La priorité nationale, ça consiste à penser que les Français ont effectivement plus de droits ou un droit en quelque sorte privilégié que l'étranger en situation irrégulière parce que le Français est chez lui. Non, non, je parle de l'étranger

12:16
Marine Le Pen

en situation régulière.

12:18
Présentateur

Oui, mais même régulière. Régulière. Bien sûr, car le Français, il est chez lui. Quels sont les droits

12:23
Marine Le Pen

que le Français aurait en plus par rapport à l'étranger en situation régulière ?

12:29
Présentateur

Régulière. Alors, par exemple, les allocations familiales seront réservées exclusivement aux Français parce que je considère que la politique de natalité qui doit être mise en œuvre est une politique de natalité française.

12:41
Marine Le Pen

Et les contrats de travail ?

12:43
Présentateur

Je pense qu'il faut permettre aux employeurs de donner en priorité accès à l'emploi à un Français. De la même manière, je pense que le logement social... En tout cas, un étranger en situation régulière. Oui. Je pense également... Et les impôts ? Attendez, laissez-moi juste un minute. Allez-y. Je pense également que dans le logement social, il est parfaitement naturel que les Français aient un avantage, une priorité d'accès au logement social par rapport à un étranger, y compris en situation régulière.

13:11
Marine Le Pen

Et les impôts ?

13:13
Présentateur

C'est-à-dire ?

13:14
Marine Le Pen

L'étranger en situation régulière qui aurait moins de droits paierait tout de même les mêmes impôts, les mêmes charges sociales que le Français.

13:24
Présentateur

Pardon, mais il n'a pas moins de droits.

13:25
Marine Le Pen

Il n'a pas accès

13:27
Présentateur

à certains droits. Oui, pour les allocations familiales, c'est vrai.

13:30
Marine Le Pen

Les allocations familiales, les contrats de travail, ce n'est pas le même droit. Le logement... Pardon, le logement social ? Le logement social, pas le même droit, mais il paierait les mêmes impôts.

13:38
Présentateur

Non, mais le logement social, il a été payé déjà, figurez-vous. Par les Français, par leurs parents et pas leurs grands-parents. Donc, c'est un peu normal que ce soit les Français qui en bénéficient. En revanche, pour ce qui concerne les prestations, si vous voulez, les prestations qui donnent lieu précisément à des cotisations, moi, ce que je réclame, c'est que les étrangers en situation régulière puissent y avoir accès au bout de 5 ans équivalent de temps. Il faut récupérer

14:02
Marine Le Pen

les mêmes impôts, les mêmes charges sociales avec moins de droits. Oui. Oui ? Est-ce que c'est constitutionnel ?

14:10
Présentateur

Il faudrait réformer la Constitution ? C'est exactement ce que je compte faire par l'intermédiaire d'un référendum que je vais soumettre aux Français. À condition que

14:15
Marine Le Pen

le Conseil constitutionnel donne son aval.

14:18
Présentateur

Ah non, pas du tout. Le Conseil constitutionnel ne peut pas donner son aval sur le contenu d'une réforme constitutionnelle. Sur le contenu d'un référendum constitutionnel, aucun texte ne lui en donne la possibilité.

14:27
Marine Le Pen

Le Conseil constitutionnel doit se prononcer avant.

14:30
Présentateur

Non, non, non. Monsieur Bourdin, je vous le répète, le Conseil constitutionnel n'a pas à donner son avis. Nous regardons ça de près. Il a à donner son avis sur la procédure du référendum et le respect des règles de procédure de mise en oeuvre de ce référendum mais pas sur le contenu du référendum. Si Zemmour

14:45
Marine Le Pen

se rendait à Colombay, je lisais ce qu'écrivaient certains historiens, si Zemmour se rendait à Colombay sur la tombe de De Gaulle, ce serait un crachat sur la tombe du général, disent de nombreux historiens. Est-ce que vous le pensez ?

14:58
Présentateur

Non, mais moi, je ne vais pas commenter les commentaires, si vous voulez, ce n'est pas mon rôle. Je pense que je suis candidate à la présidentielle donc ça n'est pas le rôle qui est le mien. Ce que je note, c'est qu'Éric Zemmour a tendance à vouloir créer la polémique en toutes circonstances. Mais il est un polémiste. En même temps, ce n'est pas très étonnant. Les polémistes, polémiques. Mais moi, je ne suis pas polémiste. Je suis candidate à la présidentielle.

15:28
Marine Le Pen

Marine Le Pen, il était hier, Éric Zemmour sur BFM. Marine Le Pen ne pourra jamais gagner. C'est ce qu'il a encore répété hier. Les électeurs n'oublient pas son débat d'entre-deux-tours, a-t-il ajouté. Éric Zemmour pourrait-il, lui, gagner, Marine Le Pen ?

15:42
Présentateur

D'abord, le propos n'est pas très élégant. Il faut être honnête. On n'est pas sur le fond politique, là. Mais non. La réalité, c'est que la promesse qu'il fait, qui est la promesse de pouvoir gagner quand les autres ne le peuvent pas, n'est pas tenue. D'ailleurs, l'intégralité des études d'opinion qui sont faites sur le second tour démontrent que autant j'ai, moi, la capacité de gagner face à Emmanuel Macron, autant lui n'en a pas du tout la capacité. Donc, en fait, c'est une promesse non tenue. Et comme cette promesse n'est pas tenue, la vraie question, c'est à quoi sert cette candidature, en réalité ?

16:15
Marine Le Pen

À quoi sert-elle ? Je vous pose la question.

16:17
Présentateur

Je n'en sais rien. Je ne sais pas à quoi elle sert. Ce que je vois, moi, c'est qu'aujourd'hui... c'est une certitude puisqu'elle a pour vocation de diviser l'opposition qui devrait se présenter unie face à Emmanuel Macron pour avoir toutes les chances de le battre. Mais je ne vois pas bien, encore une fois, à quoi elle sert, mais même pas sur le fond, M. Bourdin. Parce qu'au-delà des propos extrêmement polémiques qui ont vocation à buzzer, à faire réagir et qui, parfois, blessent au passage, d'ailleurs, mais sur le fond des propositions... Il vous a blessé ? Non, non, ce n'est pas moi. Il vous a senté blessé ? Mais parfois, par ses propos, vous invitez-vous ?

Non, mais moi, je ne parle pas des propos qui me concernent, moi. Je parle des propos qui concernent les prénoms, qui concernent tous ces éléments-là.

17:03
Marine Le Pen

Les femmes aussi, je vais y revenir. Est-ce qu'il est le représentant à vos yeux d'une France de Nantie, une France bourgeoise conservatrice et un peu raciste ?

17:12
Présentateur

Non. Je vous pose franchement la question. Vous dites la fin un petit peu comme ça pour... Raciste. Non, mais pas pour vous. Non, mais je pense qu'il dit lui-même... Vous la connaissez, cette France,

17:21
Marine Le Pen

Marine Le Pen.

17:22
Présentateur

Il dit lui-même qu'il souhaite être le candidat de la bourgeoisie. Oui. Bon. Moi, j'avoue que cette manière de voir les choses est assez particulière parce qu'encore une fois, je rappelle que le président de la République doit être le président de tous les Français. Donc, comme ancienne campagne, en disant les chômeurs et les ouvriers, il faut les laisser dans un ghetto. Les femmes n'ont pas vocation à prendre une part égale dans la société française. C'est déjà une manière, encore une fois, qui est, je trouve, qui va le conduire, à mon avis, à un échec.

17:56
Marine Le Pen

Les inégalités de salaire sont marginales, disait-il hier. Les femmes choisissent des métiers qui sont les moins bien payés, c'est leur liberté.

18:04
Présentateur

Leur liberté, Marine Le Pen ? Non, mais... Enfin, je ne sais pas ce qu'il a. Il y a un problème avec les femmes, manifestement, Éric Zemmour...

18:12
Marine Le Pen

Une femme est le butin de tout homme, c'est ce qu'il disait. C'est le butin de tout homme.

18:16
Présentateur

Non, mais il a une vision très dégradée des femmes. Moi, j'avoue que les propos qu'il a tenus sur les femmes pendant la Première Guerre mondiale et pendant la Seconde Guerre mondiale, laissant entendre qu'elles s'étaient bien amusées pendant que leurs maris étaient au front, pour le coup, m'ont véritablement heurtées et blessées. Puisque vous me disiez est-ce qu'il y a quelque chose qui vous a blessées ? Vous voyez, ça, ça m'a blessée. Quand il laisse entendre que les femmes françaises se seraient données aux Allemands puis aux Américains, oui, ça m'a blessée. Ça m'a blessée parce que je suis comme tous les Français et comme tous les Français.

C'est-à-dire que j'ai une mère, une grand-mère, une arrière-grand-mère qui s'est rongé les sangs, s'est battue pour nourrir leurs enfants pendant la guerre et avoir une vision aussi dégradée des femmes françaises et l'exprimer ainsi. Alors même qu'il dit en permanence on dit trop de mal de la France, nos élites dénigrent la France, mais quel meilleur moyen de dénigrer la France que de dénigrer l'ensemble des femmes au travers presque des siècles. Les femmes ne méritent pas ça. Honnêtement, elles ne méritent pas ça.

19:25
Marine Le Pen

Les femmes ne méritent pas Zemmour ?

19:26
Présentateur

Non, mais elles ne méritent pas d'être traitées comme ça. Elles sont pour beaucoup de véritables héroïnes. Elles élèvent des enfants parfois seules. Elles se battent dans des métiers qui sont difficiles. Des misogynes ? Mais je ne sais pas. Pourquoi ? Non, mais je ne suis pas psychiatre, moi. Bon, d'accord. Je me moque de savoir qu'est-ce qui justifie cette agressivité à l'égard des femmes. Je note que les femmes méritent, encore une fois, d'être respectées. Et elles méritent d'être soutenues. Elles méritent d'être défendues. Et elles ont toute leur part à prendre dans la vie française économique, politique, littéraire, institutionnelle, artistique, etc.

20:04
Marine Le Pen

Où en êtes-vous de vos parrainages, Marine Le Pen ?

20:07
Présentateur

Je rame, comme tout le monde, je crois.

20:09
Marine Le Pen

Vous pourriez ne pas être candidate ?

20:11
Présentateur

Moi, je pars toujours. Je m'attends. Si vous voulez, j'essaye d'avancer en pensant au pire parce que je pense que c'est ça aussi le rôle d'un politique. Vous avez pas combien aujourd'hui ? Voilà. Pour l'instant, au moment où nous nous parlons, je n'ai pas de raison de m'inquiéter. Vous avez pas combien ? Non, mais je ne sais pas précisément, M. Bourdin. Non, mais nous avons déjà un matelas d'élus. Mais presque, j'ai envie de vous dire, c'est pour moi, mais c'est aussi pour les autres candidats que je parle. Parce que, vous voyez, moi, je crois à la démocratie. Et je ne me réjouis pas de voir que Éric Zemmour ou Jean-Luc Mélenchon ou peut-être d'autres pourraient ne pas avoir les parrainages.

Et je viens demander solennellement, d'ailleurs, pour la énième fois dans votre émission qu'Emmanuel Macron fasse preuve de courage et qu'il fasse en sorte que les parrainages des maires ne soient plus publiés. Car c'est la publication du parrainage des maires qui permet à un certain nombre de gens qui ne sont pas des démocrates de faire pression sur eux. Ça n'apporte absolument rien sur le plan du fonctionnement de notre démocratie si ce n'est que ça l'entrave.

21:17
Marine Le Pen

Et le financement de votre campagne ?

21:20
Présentateur

Eh bien, pareil, nous cherchons une banque. Aujourd'hui, les conditions de financement des campagnes présidentielles sont de plus en plus restreintes. Ceux qui n'ont pas un accès privilégié aux banques, certains manifestement en ont, eh bien, sont dans la difficulté. Alors, nous en appelons eh bien, aux Français parce qu'il n'y a que les Français qui, en l'occurrence, peuvent venir nous aider pour mener à bien cette bataille décisive.

21:41
Marine Le Pen

Deux mots. Pouvoir d'achat qui est sans doute aujourd'hui la préoccupation première des Français. Vous proposez une TVA 5.5 sur les produits de première nécessité au lieu de 20. Notamment tous les produits de l'énergie. Voilà, c'est ça. Gas, fioles, essence, électricité. Voilà, voilà, voilà.

21:59
Présentateur

En fait, je propose que l'énergie soit considérée comme un produit de première nécessité. Ces 12 milliards qu'on rend aux Français, c'est absolument essentiel parce qu'il est inadmissible en 2021 qu'en France, des gens choisissent de ne pas se chauffer suffisamment ou de ne pas se chauffer du tout, d'ailleurs, ne puissent pas circuler, ce qui est le cas dans la ruralité, bien sûr, car la voiture, elle est essentielle dans la ruralité, ou renoncent à s'éclairer. Temporairement ? Non, non, non, définitivement. Définitivement ? Oui, oui, définitivement.

22:31
Marine Le Pen

J'ai une dernière question sur la chasse. Marine Le Pen, Yannick Jadot propose d'interdire la chasse le week-end et pendant les vacances scolaires. C'est une bonne idée.

22:38
Présentateur

Ou partagée ou pas ? Non, mais pas du tout, mais c'est-à-dire interdire la chasse, en fait. Parce que la réalité, c'est qu'ils croient que les chasseurs ne travaillent pas. Ils croient que ce sont des gens qui sont oisifs comme ça, à ne rien faire de la semaine. Bon, ça n'a pas de sens. Moi, je suis contre l'interdiction de la chasse, donc la situation me paraît très claire. je suis pour que les règles de la chasse soient respectées avec fermeté.

23:03
Marine Le Pen

C'est-à-dire ?

23:04
Présentateur

C'est-à-dire que quand il y a des comportements qui rompent avec les règles...

23:08
Marine Le Pen

Mais les chasses traditionnelles, les chasses de certains oiseaux, par exemple, la chasse à court,

23:16
Présentateur

vous êtes contre ? Non, mais moi, à titre personnel, il y a des choses qui me heurtent. Mais entre l'interdiction de la chasse et que la propose ce jadeau, sans se rendre compte des conséquences que ça a sur la ruralité. Parce qu'il faut penser tout de même les conséquences que ça peut avoir sur la ruralité. Au-delà du fait que c'est une liberté immémorielle, pour peu qu'on en respecte les règles, encore une fois, car il y a des règles. Moi-même, je ne chasse pas, mais je sais qu'il y a des règles. C'est aussi toute une organisation, une surveillance du territoire qui est absolument essentielle.

Si nous n'avions pas les chasseurs, croyez-moi, on se rendrait compte, ne serait-ce que visuellement, des conséquences que ça aurait sur notre pays, sur nos paysages, sur même l'organisation de la ruralité.

24:07
Marine Le Pen

Merci Marine Le Pen d'être venue nous voir ce matin sur RMC et BFM TV. Sous-titrage Société Radio-Canada

L'invitée de Bourdin Direct : Marine Le Pen - 08/11 — Marine Le Pen · Pourquijevote