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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 22 mai 2023 23 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseSolidarités & familleRetraitesImmigration & asile

"Je préfère qu'on investisse dans la paix que dans une course à l'armement", défend Fabien Roussel

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:52FerméeÉludée

    Êtes-vous favorable à ce budget militaire ? Allez-vous voter pour ou contre ?

  • 3:16OuverteRéponse directe

    Êtes-vous opposé sur le fond à cette augmentation drastique du budget de l'armée ?

  • 4:45OuverteRéponse partielle

    La dissuasion nucléaire ne nous protège-t-elle pas ?

  • 5:52FerméeRéponse partielle

    Faut-il arrêter toutes les opérations extérieures de la France ?

  • 8:14OuverteRéponse directe

    Les F-16 pour l'Ukraine vont-ils dans le bon sens ?

  • 10:21OuverteRéponse directe

    Que pensez-vous des propositions de loi LR sur l'immigration ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:35PrésentateurChiffre
    « un budget de 413 milliards d'euros en très forte hausse, plus 40% d'augmentation par rapport à la précédente loi de programmation militaire. »
  • 1:26Invité politiqueChiffre
    « On n'a jamais vu ça. 413 milliards d'euros sur 7 ans avec un budget qui va passer à 69 milliards d'euros pour l'année de 2030. »
  • 1:35Invité politiqueChiffre
    « On était à 32 milliards il y a une dizaine d'années. »
  • 1:40Invité politiqueChiffre
    « C'est plus que le budget de la justice, de l'éducation nationale, de la santé. »
  • 2:49Invité politiqueFait
    « Il est écrit dans le projet de loi pour des conflits pouvant intervenir en 2030-2035. »
  • 2:54Invité politiqueChiffre
    « Ce budget prévoit un porte-avions, nouvelle génération en propulsion nucléaire, de 10 milliards d'euros. »
  • 4:38Invité politiqueChiffre
    « pour lesquelles la France décide, propose de consacrer un budget sans précédent, 57 milliards d'euros pendant ces 7 ans. »
  • 8:35Invité politiqueFait
    « encore une fois, un pas supplémentaire qui est franchi, notamment par les États-Unis, dans une sorte de guerre par procuration que les États-Unis mènent contre la Russie. »
  • 15:01InvitéChiffre
    « cette proposition de loi supprimerait 18 milliards d'euros de ressources, dit Elisabeth Borne. »
  • 17:11Invité politiqueFait
    « un délégué syndical, qui a été enlevé devant chez lui par des hommes qui lui ont placé les colsons sur les poignets, qui l'ont gazé »
  • 18:27Invité politiqueFait
    « Ces femmes, elles se battent depuis maintenant 60 jours pour avoir une hausse de salaire. »
  • 18:33Invité politiqueChiffre
    « Elles sont légèrement au-dessus du SMIC après 20 ans, 30 ans d'entreprise. »

Temps de parole

  • Fabien Roussel70 %
  • Présentateur14 %
  • Invité12 %
  • Invité 24 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le secrétaire national du Parti communiste français, député PCF NUP du Nord, question réaction au 01-45-24-7000 et sur l'application de France Inter. Fabien Roussel, bonjour. Bonjour à vous deux. Et bienvenue à ce micro, beaucoup de questions à vous poser ce matin. Commençons tout de suite avec l'examen à l'Assemblée nationale à partir d'aujourd'hui d'un texte très important, la loi de programmation militaire, c'est en substance le budget des armées pour les 5 ans à venir sur la période 2024-2030, un budget de 413 milliards d'euros en très forte hausse, plus 40% d'augmentation par rapport à la précédente loi de programmation militaire.

Vous faites partie, je précise, de la Commission de la Défense Nationale et des Forces Armées. Dites-nous pour commencer, Fabien Roussel, si vous êtes favorable à ce budget militaire d'importance, si vous allez voter pour ou contre ?

1:01
Fabien Roussel

D'abord, le débat s'ouvre maintenant, donc je ne vais pas vous dire si nous allons voter pour ou contre. Je peux quand même vous dire un petit peu notre sentiment à mon groupe, aux députés communistes, mais aussi aux sénateurs qui vont l'étudier bientôt. C'est que la France, le président Macron, propose aux Français de mettre un budget exceptionnel dans les armées. On n'a jamais vu ça. 413 milliards d'euros sur 7 ans avec un budget qui va passer à 69 milliards d'euros pour l'année de 2030. On était à 32 milliards il y a une dizaine d'années. Donc c'est plus que doublé, c'est énorme. C'est plus que le budget de la justice, de l'éducation nationale, de la santé.

Et le problème, c'est pourquoi ? Au service de quoi ce budget ? Si c'est pour défendre le pays, protéger nos concitoyens, ici dans l'Hexagone, comme sur les territoires, sur les quatre continents où nous sommes présents. Pourquoi pas ? Mais ce n'est pas ça. C'est pour bâtir... Ce n'est pas ça ? Non, ce n'est pas ça.

2:02
Invité

Ce n'est pas pour nous défendre comme tous les autres pays européens qui ont tous augmenté leur budget militaire de manière drastique. Même l'Allemagne, qui était très opposée, fait la plus grosse augmentation. Ce n'est pas parce qu'il y a une guerre et qu'il y a des tensions internationales.

2:16
Fabien Roussel

Ce budget prévu prévoit justement d'avoir, comme l'a dit le président de la République, une guerre d'avance. Ce budget prévoit de bâtir une armée de projections pour intervenir sur des terrains extérieurs, lointains, dans des conflits, plus qu'incertains. Il est écrit dans le projet de loi pour des conflits pouvant intervenir en 2030-2035. Ils ont peut-être une boule de cristal qui prévoit des conflits en 2030-2035. En tout cas, ce budget prévoit un porte-avions, nouvelle génération en propulsion nucléaire, de 10 milliards d'euros. Et je poserai la question, à quoi sert ce porte-avions ?

Et nous préférons, nous, par exemple, pour défendre nos territoires, pour défendre notre surface maritime, qui est la deuxième plus grande du monde, nous préférons, nous, investir dans des frégates mobiles, rapides d'intervention. On préfère investir dans des moyens de surveillance, de protection de nos fonds marins, de nos surfaces maritimes.

3:16
Invité

Et Fabien Roussel, juste qu'on comprenne bien, vous êtes opposé sur le fond à cette augmentation drastique du budget de l'armée. C'est-à-dire que, selon vous, si vous étiez au pouvoir aujourd'hui, il ne faudrait pas augmenter le budget de l'armée ?

3:26
Fabien Roussel

Si. Alors, non, non. Justement, je précise. Avoir un budget plus important permettant de nous protéger des menaces, des cyberattaques, des nouvelles technologies, d'investir dans la recherche, dans de nouvelles technologies, oui, mille fois oui. Permettre à nos soldats d'être mieux équipés, de pouvoir s'entraîner, d'avoir des équipements modernisés, oui, mille fois oui. C'est aussi le cas de ces augmentations, ça va aussi sur les équipements.

Et c'est nous, communistes français, qui avons toujours été, qui avons toujours défendu une armée de défense, qui avons participé d'ailleurs pendant la résistance à cette guerre contre l'occupant, mille fois oui, il n'y a pas d'état d'âme de notre côté de donner des moyens à nos soldats. En revanche, investir à ce niveau-là, quand justement on demande des efforts aux Français, pour bâtir une armée d'intervention sur des terrains extérieurs, pour lesquels, quand on sait qu'on est aligné dans l'OTAN et derrière les États-Unis, c'est pour nous un sujet, et c'est pour cela que nous appelons à un grand débat national avec les Français, pour qu'ils mesurent les choix qui sont faits.

J'ai parlé d'un porte-avions qui va coûter de 10 milliards d'euros, mais je parle aussi de la dissuasion nucléaire, pour lesquelles la France décide, propose de consacrer un budget sans précédent, 57 milliards d'euros pendant ces 7 ans.

4:45
Invité

Mais c'est pour nous protéger aussi, non ? La dissuasion nucléaire, je ne sais pas, quand on voit ce que fait la Russie aujourd'hui à Barmoud, quand on voit les menaces de la Chine, je veux dire, nous protéger davantage grâce à la dissuasion nucléaire, ça participe de se protéger ? Non, je ne sais pas, je pose la question.

5:02
Fabien Roussel

Moi, je vous la retourne, parce que la dissuasion nucléaire, aujourd'hui, elle a protégé le monde des guerres, des conflits, a empêché la guerre en Ukraine. Enfin, vous vous rendez compte qu'aujourd'hui, il n'y a jamais eu autant d'argent mis dans l'arme nucléaire, sans pour autant empêcher de guerre. En revanche, le risque nucléaire n'a jamais été aussi présent avec un Poutine qui menace de l'utiliser, et la menace n'a jamais été aussi forte depuis Hiroshima, qui a fait des centaines de milliers de victimes.

Donc, nous demandons, nous, que la France participe véritablement au désarmement nucléaire mondial, pas de manière unilatérale, nous le disons, mais de manière multilatérale, notamment en participant en tant qu'observateur au traité d'interdiction des armes nucléaires. C'est ce que nous demandons, et c'est ce que je demanderai au ministre de la Défense.

5:52
Présentateur

Vous demandez que, toujours pour que ce soit clair, Fabien Roussel, que la France cesse ses opérations extérieures, ça veut dire qu'il faut arrêter, abandonner nos missions ailleurs dans le monde, il faut qu'il n'y ait plus un soldat français hors de France ?

6:06
Fabien Roussel

Non, non, là, vous caricaturez. Non, je vous pose la question, c'est pour comprendre. Justement, moi je suis pour que nous ayons une armée modernisée, permettant d'appréhender les nouvelles technologies, étant capable d'intervenir sur des terrains extérieurs pour protéger nos ressortissants, les rapatries en France comme nous l'avons fait de manière excellente au Liban il y a quelques semaines, c'est très important, de pouvoir protéger nos concitoyens en Polynésie, aux Antilles, dans l'océan Indien, c'est essentiel.

Mais de là à investir dans un porte-avions qui est une base navale aéroportée, qui va coûter 10 milliards d'euros, autant dire un bras, pour intervenir en Indo-Pacifique, au service de qui ? Pourquoi ? Ça nous interroge. Et justement, nous préférerions, nous, que cette somme-là soit investie dans la modernisation de nos armées, dans des équipements pour nos militaires, pour protéger nos territoires qui se trouvent aujourd'hui sur toute la planète.

7:07
Invité

Mais c'est vrai qu'il y a quelque chose, on a du mal à comprendre votre position aujourd'hui dans le monde dangereux dans lequel on vit, où il y a une guerre en Europe, c'est-à-dire qu'à la fois vous êtes pour sortir à terme de l'OTAN, et à la fois vous n'êtes pas pour qu'on se réarme de manière massive face aux dangers qui nous menacent. Donc si on est attaqué et qu'on n'a pas d'armée qui nous défende et qu'on n'est pas dans l'OTAN, comment on fait ?

7:28
Fabien Roussel

Mais justement, si nous sommes attaqués, nous devons avoir les moyens de nous protéger, et je montrerai que dans ce budget, par exemple, en faisant le choix du nucléaire et en faisant le choix d'un porte-avions, le ministre de la Défense prévoit de retarder la modernisation de nos hélicoptères, de nos tanks, prévoit qu'il y ait moins de frégates alors que nous en avons besoin pour les territoires d'outre-mer. Et c'est ça que nous contestons. Je préfère, moi, que l'on investisse dans ces armements-là plutôt que dans un porte-avions ou dans la dissuasion nucléaire. Vous savez, le président de la République a dit « nous devons avoir une guerre d'avance ».

Eh bien, moi, je ne souhaiterais pas que l'on ait une paix de retard et je préfère que l'on investisse dans la diplomatie, dans la paix plutôt que dans la course à l'armement et dans des guerres qui ne sont pas les nôtres.

8:14
Présentateur

Fabien Roussal, un mot sur l'Ukraine avec un tournant d'importance ce week-end. Les États-Unis sont prêts à autoriser la livraison d'avions de combat F-16 aux Ukrainiens avec la formation accélérée des pilotes ukrainiens. Cette décision va-t-elle dans le bon sens ?

8:30
Fabien Roussel

C'est pour nous, encore une fois, un pas supplémentaire qui est franchi, notamment par les États-Unis, dans une sorte de guerre par procuration que les États-Unis mènent contre la Russie. Depuis le début, d'abord nous, le Parti communiste français, nous avons dit qu'il fallait soutenir l'Ukraine, dénoncer l'invasion de l'Ukraine par la Russie, par Poutine. Et nous appelons au respect de l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Nous avons dit, je l'ai dit moi ici, qu'il fallait soutenir l'armée ukrainienne pour qu'ils se protègent de cette attaque. Donc ça va dans le bon sens.

Mais, mais, et c'est pas que nous qui l'avons dit, mais c'est aussi le président français et d'autres, attention de ne pas franchir de ligne rouge pour qu'il n'y ait pas d'extension du conflit, que nous ne devenions pas demain des co-béligérants et que la France ne rentre pas. Oui, mais ça on l'a dit à chaque fois, on l'a dit sur l'artillerie, on l'a dit sur les chars. Et c'est pour ça que je vous dis, et à chaque fois, on recule, on recule, et puis on intervient un peu plus dans ce conflit. Et c'est pour ça que je dis, attention, jusqu'où ça va aller ? Est-ce que, à quoi vont servir ces avions de chasse ?

9:48
Présentateur

En tout cas, ils n'attaqueront pas le territoire russe à assurer le président Zelensky.

9:53
Invité

Ça, vous l'entendez ? Vous ne le croyez pas ?

9:56
Fabien Roussel

Je dis, attention, je vois que quand le G7 se réunit, il parle beaucoup de moyens d'intervention, d'alimentation du conflit, de guerre. Je préfère, moi, que l'on nourrisse la paix plutôt que l'on nourrisse la guerre. Il y a des plans de paix qui sont proposés aujourd'hui par les pays africains, par le Mexique. Eh bien, j'aimerais bien que ces plans de paix soient à l'ordre du jour.

10:21
Invité

Un mot sur l'immigration avant de parler du social, parce que je sais que vous tenez à parler de la question sociale. Un mot sur l'immigration, parce que c'est l'actualité également. Les Républicains vont déposer deux propositions de loi sur le sujet pour, d'ici le reprendre le contrôle de nos frontières, parmi ce qui propose le rétablissement du délit de pour séjour clandestin, une réforme profonde de l'asile, la possibilité du référendum sur la politique migratoire. Vous êtes un des seuls à gauche à réclamer plus de fermeté sur nos frontières, sur l'immigration.

Vous aviez même utilisé ce mot qui avait choqué certains de vos collègues, si, notamment la sénatrice, vous souriez Mélanie Vogel, en parlant de frontières passoires. Est-ce que ces propositions de droite, est-ce qu'il y a des points de ces propositions de droite qui vous semblent aller dans le bon sens ou tout est ajouté à vos yeux ?

11:05
Fabien Roussel

Oui, enfin, il n'y a rien à acheter. Tout est acheté dans cette proposition. Il n'y a rien aussi. Non, non, non, c'est parce que je voulais dire deux choses en même temps, mais il n'y a rien de bon dans cette proposition que fait la droite. Ce que je remarque, c'est qu'à l'heure où les Français doivent se serrer la ceinture, où les salaires n'augmentent pas, où il y a encore des délocalisations d'entreprises, où la question du pouvoir d'achat est au cœur de l'actualité, et même des services publics, je pense à nos services de santé qui sont toujours en difficulté, que fait, que propose la droite une loi sur l'immigration ? Eh bien, je trouve ça déplorable, mais enfin, c'est son visage.

Il n'en faut pas ? Il ne faut pas traiter la question de l'immigration ? Aujourd'hui, ils font partie de ceux qui continuent de faire de l'étranger, du réfugié, le bouc émissaire d'un système économique, d'une financiarisation de l'économie qui nous fait énormément de mal. Mais vous-même, vous dites qu'il faut plus de fermeté, Fabien Roussel.

11:56
Invité

En revanche, vous êtes un des seuls à gauche qui le dit.

11:58
Fabien Roussel

En revanche, je l'ai dit, je suis, moi, pour qu'un État fasse vivre ses frontières, mais sur des questions économiques. Et c'est pour ça que j'en profite devant trentaine pour répéter ce que j'ai dit. Moi, des frontières pour empêcher que nos usines partent à l'étranger, que nos emplois filent à l'étranger. Des frontières pour empêcher l'évasion fiscale, pour qu'il y ait un contrôle sur les circulations de capitaux. Mille fois oui. Par contre, faire vivre... Alors, abandonner les frontières pour l'évasion fiscale, mais les faire vivre quand il s'agit d'accueillir des familles qui sont en perdition au Méditerranée, c'est honteux.

Et donc, je suis pour une politique d'accueil envers ces réfugiés. Je suis pour la régularisation des travailleurs sans papier. Et justement...

12:39
Invité

Vous êtes pour accueillir tout le monde ?

12:40
Fabien Roussel

Ce qui est un des points durs de la droite, c'est de dire aucune régularisation de travailleurs sans papier. Mais qu'ils aillent les rencontrer, ces travailleurs, qui payent des cotisations, qui perçoivent des salaires, et qui n'ont même pas le droit d'avoir un papier leur permettant leur vie, une vie normale en France. Eh bien, voilà. Voilà la position qui est la nôtre et sur un tas d'autres sujets. Mais quand le sujet viendra à l'heure du jour, à la rentrée, nous ferons nos propres propositions en la matière.

13:08
Présentateur

Fabien Roussel, mercredi prochain, une manifestation aura lieu à Saint-Brévin pour soutenir Yannick Moraes, le maire qui a démissionné après l'incendie de sa maison et de ses voitures. Il était harcelé par l'extrême droite en raison d'un projet d'installation d'un centre d'accueil pour migrants. Serez-vous à cette manifestation ? Et puis, à quoi va-t-elle servir ? À dire que la violence contre les élus, ce n'est pas bien ?

13:31
Fabien Roussel

J'y serai avec beaucoup d'élus communistes de la région, nationaux. C'est important d'y être parce que le maire de Saint-Brévin symbolise justement toute la colère qui s'est accumulée à l'encontre des élus qui, non seulement subissent des violences, mais c'est plus que ça. Ce n'est pas pour dire la violence, ce n'est pas bien. C'est pour dire écouter les élus locaux, écouter les maires de nos petites communes, de nos villages qui sont en première ligne et à qui l'État donne des injonctions continuellement sans leur donner les moyens de pouvoir mettre en œuvre leur politique. Et alors là, on en revient à l'immigration.

C'est l'État qui demande à un maire d'accueillir des réfugiés dans un centre d'accueil et il laisse le maire en première ligne pour le présenter à la population. Et bien sûr, l'extrême droite s'engouffre là-dedans, qui est quand même le deuxième sujet. C'est la montée de l'extrême droite qui s'en prend à nos élus locaux. Eh bien, il faut dire stop. Et moi, le message que je souhaite que l'on porte, de manière transpartisane, que tous ensemble nous soyons présents sans aucune récupération politique, sans nos drapeaux politiques, juste avec notre écharpe, que nous soyons là pour dire écouter les élus locaux, écouter les maires, écouter ce qu'ils ont à vous dire.

Et c'est pour cela que je serai présent à Saint-Brévin mercredi.

14:44
Invité

Le 8 juin prochain, l'Assemblée nationale doit examiner la proposition de loi déposée par l'IOT pour abroger la réforme des retraites. Vous le savez, cette proposition, la majorité dit qu'elle est irrecevable parce qu'elle enfreindrait l'article 40 de la Constitution qui dispose que les propositions de loi ne doivent entraîner ni une diminution des recettes, ni un alourdissement des charges publiques. Or, cette proposition de loi supprimerait 18 milliards d'euros de ressources, dit Elisabeth Borne. Elle est donc irrecevable à ses yeux et inconstitutionnelle. Qu'est-ce que vous lui répondez ? Et si la majorité parvient à empêcher l'examen de cette proposition de loi, ça se passera quoi ?

15:15
Fabien Roussel

Mais c'est vraiment, jusqu'au bout, rendre cette réforme des retraites à 64 ans antidémocratique, illégitime. Elle veut quoi, Mme Borne ? Supprimer le Parlement ? Mais elle a qu'à supprimer l'Assemblée nationale, directement. Pourquoi cette loi LIOT a le droit d'être discutée et votée ? D'abord, nous souhaitons qu'il y ait au moins un vote à l'Assemblée nationale sur ce texte. Au moins un vote. Il n'y en a même pas eu jusqu'à maintenant. À cause de qui, Fabien Rousset ? Oui, non, ça va. Qui ne voulait pas faire voter l'article 7, vous savez ? Non, non, non. C'est vos amis, les Insoumis. Procédure accélérée, etc.

15:47
Invité

Non, non, je ne dis pas que le gouvernement n'a rien fait, mais c'est aussi les Insoumis qui, à un moment, devaient se prononcer sur un vote ou pas.

15:52
Fabien Roussel

En tout cas, c'est l'occasion d'avoir un vote. De 1. De 2, vous savez comment ça se passe, chaque groupe a le droit, un jour par an, de présenter ses propres textes dans ce que l'on appelle une niche parlementaire. Il est d'usage sous la Ve République, depuis 1958, il est d'usage que même quand il y a une charge pour l'État, que la loi est quand même discutée. Pour tout le monde, pour tous les groupes de l'opposition. Et donc, ça a toujours été comme ça. Si, pour la première fois, sous la cinquième, le gouvernement rendait inconstitutionnel parce que ça provoque une charge, ce serait un événement sans précédent sur la vie démocratique de notre pays.

C'est mettre l'étouffoir complet sur le Parlement et sur l'Assemblée nationale. Et ce serait, j'espère, un appel à être très nombreux, très très très nombreux à manifester le 6 juin prochain.

16:38
Présentateur

Sur le plan social, toujours un mot sur le conflit dans l'entreprise Verbaudet qui dure depuis près de neuf semaines dans le Nord. Les salariés demandent une augmentation de salaire. La direction propose une prime et une hausse des primes repas. Proposition validée par FO et la CFTC, CFTC, mais pas par la CGT. La CGT dénonce par ailleurs des violences de la part des forces de l'ordre. Une enquête a été ouverte. Qu'en dites-vous ce matin, Fabien Roussel ?

17:08
Fabien Roussel

D'abord, il y a un salarié, un délégué syndical, qui a été enlevé devant chez lui par des hommes qui lui ont placé les colsons sur les poignets, qui l'ont gazé, il n'a pas pu voir qui l'embarquait. Il s'est fait molester, humilier, insulter et menacer, traité de sale gréviste. Donc c'est un lien direct avec le conflit. Et relâché à quelques kilomètres de chez lui, il est rentré à sa maison à pied. Je l'ai eu, j'ai changé avec lui encore ce week-end. Il est traumatisé. C'est extrêmement grave.

C'est extrêmement grave et nous avons été unanimes à condamner, par exemple, l'agression du neveu du président de la République parce que c'est inadmissible de se faire agresser parce qu'on est le neveu du président de la République. Mais là, c'est un acte prémédité contre un délégué syndical dans un conflit dur. Et je regrette qu'il n'y ait pas justement tout le monde qui dénonce cet enlèvement de ce salarié.

17:59
Invité

C'est les policiers qui l'ont arrêté ? C'est qui l'a enlevé ?

18:02
Fabien Roussel

Mais on ne sait pas. Mais on ne sait pas. Mais non, moi je ne vais pas dire que c'est les policiers. Je dirais même que ça ne peut pas être eux. Ce n'est pas possible. Alors on n'est plus en République.

18:12
Invité

Donc il a été enlevé par des gens liés à l'entreprise.

18:15
Fabien Roussel

C'est ce que vous dites. Ah non, non, je ne dirais pas. Et que ce sont des nervis. Et une enquête de toutes les manières. Il faut une enquête. Il faut une enquête. De deux, ces femmes, elles se battent depuis maintenant 60 jours pour avoir une hausse de salaire. Les salaires, elles font 22 km par jour sur leur atelier pour travailler dans des conditions difficiles. Il n'y a même pas d'ancienneté. Elles sont légèrement au-dessus du SMIC après 20 ans, 30 ans d'entreprise. Elles ont besoin de notre soutien. Je demande à l'entreprise d'augmenter les salaires. Elles réclament 100 à 150 euros de plus par mois.

Et il y a d'ailleurs, je lance un appel à vos auditeurs, il y a une cagnotte Litchi qui est lancée parce qu'elles en sont à leur 60e jour de grève. Elles ont besoin de soutien financé pour tenir bon. Alors je le mettrai sur mon site, Twitter et Facebook. Participez à la cagnotte Litchi pour que les salariés puissent tenir bon le temps que les négociations s'ouvrent.

19:05
Présentateur

Allez, on passe au standard d'Inter, on nous attend Brice. Bonjour Brice. Vous êtes là ? Vous nous appelez de Perpignan. Soyez le bienvenu, on vous écoute. Merci, merci de prendre ma question.

19:17
Invité

Voilà, je note vraiment que cette interview est vraiment bien menée et qu'on met en contradiction, vraiment, on met Fabien Roussel face à ces contradictions. et c'est le rôle du journaliste. Mais ce que je trouve dommage, c'est que quand c'est un représentant du macronisme, ce n'est pas le cas en fait. On lui pose des questions pour qu'il fasse son explication de texte de ce qu'il fait, mais on le met en contradiction trop gentiment par rapport à quel point... Monsieur, je ne crois pas. Je vous invite à lire les commentaires après les interviews des ministres et des députés macronistes qui nous accusent d'être extrêmement durs avec eux. Donc franchement, c'est contradictoire en permanence.

19:52
Présentateur

Est-ce que vous avez une question pour Fabien Roussel ?

19:55
Invité

Oui, ma question c'était, Fabien Roussel, pourquoi il reste dans l'ANUPS en fait, à force d'en dire du mal pourquoi il reste dans l'ANUPS. Mais en fait, le truc c'est que ma question, elle passe parce que c'est de la polémique politicienne contre les opposants, c'est pour ça qu'elle passe en fait. Sans ça, le reste du temps, contre les macronismes, il ne se passe rien. Et puis vous allez vous dire que vous êtes critiqué par les macronismes d'être trop durs pour eux. Bon, ben voilà, c'est vraiment rigolo.

20:25
Présentateur

Alors écoutez Brice, c'est étrange parce que la question que vous posez sur l'application de France Inter et même au Standard, d'autres auditeurs que vous la posent. Donc ce n'est pas pour cette raison qu'on l'a choisi, c'est simplement parce que vous avez été le premier à la poser. C'est donc par ordre d'arrivée en fait que la parole vous a été donnée. Je vous remercie en tout cas d'être intervenu ce matin à l'antenne d'Inter. Fabien Roussel vous répond sur sa place au sein de l'ANUP.

20:52
Fabien Roussel

D'abord, je souhaite que nous ayons le rassemblement le plus large des forces politiques, des personnalités, des élus, des militants, pour pouvoir gagner cette bataille contre la réforme des retraites, pour pouvoir gagner des victoires sur les hausses de salaire, sur les conditions de travail, sur nos services publics. Et c'est pour ça que j'appelle à un élargissement, à aller au-delà de cette alliance de quatre forces politiques que l'on a construite au lendemain des élections présidentielles. Soyons les plus nombreux possibles, arrivons à convaincre une majorité de Français qu'il est important d'être unis le plus largement possible pour avoir des victoires aujourd'hui.

Et c'est ce que je porte comme message au sein de cette nouvelle Union populaire, c'est-à-dire de nous ouvrir, de nous élargir à d'autres. Aujourd'hui, il y a énormément de Français, de responsables politiques, d'élus, qui se sont opposés à cette réforme de retraite. Ils ne se retrouvent pas au sein de la NUPES. Moi, je souhaite que la NUPES s'ouvre, qu'elle ait les bras grands ouverts, et que nous puissions... Elle s'ouvre à qui ? Par exemple, je donne un exemple concret. J'ai fait une proposition, je regrette qu'elle ne soit toujours pas étudiée.

J'appelle à ce que les 250 parlementaires, sénateurs et députés signataires du RIP, pour avoir un référendum sur la réforme des retraites, que nous puissions tous nous réunir. Il n'y a pas que des députés de la NUPES dedans. Il y a 250 parlementaires, y compris divers gauches. Eh bien, rassemblons-nous avec l'intersyndicale, si elle le souhaite, pour prendre des initiatives ensemble. Et allons au-delà de la bataille contre la réforme des retraites. Posons la question des initiatives que nous pourrions prendre. Pourquoi pas faire une votation citoyenne sur les retraites, si, après l'étude de la loi Lyot, nous n'avons pas eu de référendum par le Conseil constitutionnel.

Pourquoi ne pas en organiser un, tous ensemble ?

22:38
Invité

10 secondes sur les européennes. Vous irez seul ou accompagné au Parti communiste ?

22:42
Fabien Roussel

Nous voulons, nous, d'abord, porter un projet. Nous prendrons la décision ensemble, comme un parti démocratique le fait. Donc, c'est un choix qui nous revient. Ce que nous voulons, c'est que la France reprenne le contrôle de sa politique, de son économie, de ses choix. Cette souveraineté de la France, nous y sommes très attachés. Et nous sommes aussi attachés à construire des coopérations à l'échelle de l'Union européenne sur des sujets importants, comme par exemple la bataille énergétique. Là, avec beaucoup de pays, nous appelons à sortir du marché européen de l'énergie.

Et c'est aussi le sens que nous voulons donner à une construction européenne utile, utile aux salariés, utile à chaque pays.

23:22
Présentateur

Merci, Fabien Roussel, d'avoir été au micro d'Inter ce matin. 8h47. Merci, Fabien Roussel.

23:29
Locuteur

Merci, Fabien Roussel. Merci, Fabien Roussel.

"Je préfère qu'on investisse dans la paix que dans une course à l'armement", défend Fabien Roussel — Fabien Roussel · Pourquijevote