Intervention de François Bayrou sur Europe 1 : «Je n'attends rien du Premier ministre», affirme A
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:18OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il est utile que je vous pose la question de savoir si vous avez accordé quelques crédits à cette interview de François Bayrou ?
- 1:32OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous auriez attendu quand même quelque chose qui puisse vous faire changer d'avis ?
- 2:23OuverteRéponse directe
Vous parliez des attaques à votre endroit, à l'endroit des LFistes.
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Vous êtes accusé, clairement, votre parti de tout conflictualiser. Votre réponse, Alma Dufour.
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Sur le constat de la dette, est-ce que vous êtes d'accord avec le Premier ministre, Alma Dufour ?
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Vous attendez quoi, le maître Dufour ? Aujourd'hui, vous avez affirmé la destitution d'Emmanuel Macron, mais concrètement, vous voyez les choses comment, après le 8 septembre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53InvitéFait
« Cet homme ne sait pas de quoi il parle sur le sujet de la dette. »
- 1:10InvitéChiffre
« Ils nous font 40 milliards de coupes chaque année et on se retrouve avec un déficit qui ne baisse pas. »
- 4:51InvitéChiffre
« Les États-Unis, c'est 20% de leur PIB qui rembourse chaque année. »
- 5:01InvitéFait
« Est-ce qu'il vous parle du fait que le poids de la dette a été réduit par 2 sur notre PIB depuis 10 ans ? »
- 5:07InvitéChiffre
« Les erreurs de calcul des macronistes depuis 3 ans, nous coûtent 40 milliards d'euros. »
- 8:00IntervenantChiffre
« François Bayrou considère qu'il faut provoquer un choc via les 44 milliards, et qu'il faut le répéter année après année pour revenir sous les 3% de déficit très rapidement d'ici 2029. »
- 11:27IntervenantChiffre
« Sur les retraites, il dit que les retraites n'ont que 50 milliards d'euros par an au gouvernement. »
Temps de parole
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Europe 1 soir, week-end 20h15 quasiment sur Europe 1 et on débriefe cette interview exceptionnelle de François Bayrou qui a duré 1h25, interview diffusée évidemment sur la seule radio Europe 1 et puis sur les 4 chaînes d'information dont CNews. Nous sommes avec Eliott Maman et Gilles Boutin, nos débatteurs de la 2ème heure. Bonsoir à tous les deux. Et notre invitée politique Alma Dufour, députée LFI de Seine-Maritime. Bonjour Alma Dufour. Est-ce qu'il est utile que je vous pose la question de savoir si vous avez accordé quelques crédits à cette interview de François Bayrou ? Au moins un.
Non, aucun, aucun. Sur la forme et sur le fond, je pense qu'on a hâte de se débarrasser du Premier ministre. Non, non, très clairement. Et puis les accusations qu'il nous a encore jetées. Voilà, aucun crédit. Cet homme ne sait pas de quoi il parle sur le sujet de la dette. On navigue à vue et j'aimerais bien qu'il admette que pendant ces quasiment un an en tant que Premier ministre, bon pas un an mais presque, il n'a pas réussi à réduire le déficit, que la recette macroniste pour réduire le déficit depuis 3 ans, elle échoue complètement. Ils nous font 40 milliards de coupes chaque année et on se retrouve avec un déficit qui ne baisse pas.
Là, le déficit sera encore plus haut que celui qui est en 2023. Donc, il n'y arrive pas. J'aimerais bien quand on parle de dette, de catastrophe, de déficit, qu'on revienne sur les chiffres. C'est-à-dire qu'ils ont une recette qui ne marche pas, qui détruit nos services publics, qui laisse les entreprises faire faillite et après, ils nous disent, nous, le chaos. Mais c'est vous le chaos, c'est vous qui êtes au pouvoir.
Mais sérieusement, Alma Dufois, est-ce que vous auriez attendu quand même quelque chose qui puisse vous faire changer d'avis ? Ça, c'était plié de votre côté. Vous auriez attendu quoi de cette interview ?
Honnêtement, je vais être assez crue. Moi, je n'attends rien d'un homme qui est impliqué dans une affaire de pédocriminalité énorme. Je suis désolée pour reparler de ça. Il n'y a pas eu de... Non, mais qui est impliqué pour l'instant dans un silence complice, qu'il a été alerté, alerté, alerté sur des faits très graves. Moi, je suis désolée, il faut le dire aussi, ça a choqué beaucoup, beaucoup de gens en France que la classe politique ne réagisse pas plus vite. Je n'attends rien de M. Bayrou en tant que personne. Voilà.
En tout cas, il n'y a pas eu de preuve. Il n'a pas été consulé en justice.
En tout cas, il y a quand même un juge, un gendarme et des gens qui sont quand même assez... On va dire qu'on peut croire, les témoignages convergent sur le fait qu'il n'y ait pas eu d'action prise et qu'il y ait eu information de ce qui se passait à l'État.
Alma Dufour, vous parliez des attaques à votre endroit, à l'endroit des LFistes. Je vous propose justement d'écouter ce passage où, en effet, le Premier ministre évoque votre chef de parti.
C'est le peuple français qui est en danger. Parce que si on entre, comme ça risque beaucoup d'être le cas, dans une période de désordre, de chaos que certains cherchent... Qui ? Qui ? Vous savez bien. Il y a des forces politiques en France qui veulent le chaos. Lesquelles ? Et qui pensent que c'est sur le chaos qu'on construit la révolution. Et qui ne s'en cache pas, Jean-Luc Mélenchon a dit dix fois que le chemin, c'était de tout conflictualiser, a-t-il dit.
Vous êtes accusé, clairement, votre parti de tout conflictualiser. Votre réponse, Alma Dufour.
Bon, écoutez, je pense tout simplement que M. Bayrou, on dirait qu'il ne touche pas terre. On dirait qu'il ne voit pas les Français. Il ne comprend pas ce qui se passe dans le pays. Et nous, on n'est pas là pour conflictualiser outre mesure. Ce n'est pas nous qui avons inventé le mouvement du 10 septembre. Ce n'est pas nous qui crions tous les jours notre colère. Ce n'est pas nous des sondages de popularité. Vous êtes agrégé à ce mouvement, comme votre parti. Bien sûr, on le soutient. On le soutient parce qu'en fait, oui, il faut arrêter de prétendre que les institutions de la Ve République fonctionnent encore.
On en appelle à une VI République pour sortir du marasme démocratique dans lequel on se trouve. On ne s'est jamais caché de vouloir un vrai changement de système en profondeur, et démocratique, et économique, et sociale. On ne veut pas d'une révolution violente, bien sûr, mais on veut d'un changement de système, un changement de constitution. Et je vous ferai remarquer que même des gens comme Jean-François Copé, maintenant, ou des gens dans le camp macroniste, on appelle aussi un changement des institutions face au blocage dans lequel se trouve aujourd'hui la Ve République.
Sur le constat de la dette, parce que c'est ce que vous souhaitez, en tout cas, il voulait mettre la conversation et cette confiance sur ce terrain-là, de l'unique constat qu'on ne peut plus continuer avec une telle dette, ça, au moins, est-ce que vous êtes d'accord avec le Premier ministre, Alma Dufour ? Encore une fois, il vous fait beaucoup rire.
Non, mais il me fait rire un rire jaune. Un rire vert, même, plus. Non, mais, encore une fois, il ne sait pas ce qu'il dit. Est-ce qu'il a parlé une seule seconde du service de la dette ? Est-ce qu'il sait que le service de la dette en France, c'est-à-dire que ça nous coûte à rembourser, c'est que 8% du PIB... Non, mais ça, il en parle régulièrement, Alma Dufour, pour être honnête, depuis des années, même la charge de la dette... Oui, mais la charge de la dette, justement, ce que je vous dis, 8-8%, c'est rien par rapport au seuil d'alerte qui est à 15%. Les États-Unis, c'est 20% de leur PIB qui rembourse chaque année.
Est-ce qu'il vous parle du fait que le poids de la dette a été réduit par 2 sur notre PIB depuis 10 ans ? Est-ce qu'il vous parle du fait que ces erreurs, les erreurs de calcul des macronistes depuis 3 ans, nous coûtent 40 milliards d'euros ? Le garder, lui, au pouvoir, c'est perdre 40 milliards d'euros comme ça ? Parce qu'ils ne sont pas capables de prédire la croissance en France à la fin de l'année. Aujourd'hui, il déficit. Est-ce qu'il vous parle de ça ?
Non, ce n'est pas sérieux. Vous attendez quoi, le maître Dufour ? Aujourd'hui, vous avez affirmé la destitution d'Emmanuel Macron, mais concrètement, vous voyez les choses comment, après le 8 septembre ?
Qu'Emmanuel Macron s'en aille, c'est la seule solution.
Il y a la dissolution aussi.
Il y a la dissolution, oui, mais ça ne changera rien. Au pire, il perd complètement la majorité, et nous, on le souhaite. Mais imaginez qu'on se retrouve encore sans majorité, et que du coup, Macron continue à gouverner par la force pendant un an et demi. La question maintenant qui se pose, c'est la question de celui qui nous a mis là, celui qui a conduit le pays depuis maintenant sept ans, c'est-à-dire le président de la République. Et le vrai fond du sujet, c'est qu'on a de l'argent. J'ai été censurée sur Europe 1 la dernière fois, quand j'ai essayé d'expliquer le patrimoine de Bernard Arnault. Si, si, complètement, j'étais coupée au montage. Vous pouvez vérifier.
J'ai même saisi l'ARCOM, et je profite d'être invitée ici pour régler les comptes. Si, moi je suis là pour le dire, non, mais je suis là pour le dire à vos auditeurs. Mais on vous invite volontiers, et au même titre que les autres parties, je ne suis pas mauvaise joueuse. Et j'ai même serré la main à votre directeur. Non, mais quoi qu'il en soit, l'argent, il est là, il est dans les poches des 500 milliardaires, des 500 pour les fortunes de France.
Et de politesse républicaine, disait Olivier Faure, demain, qui ira voir François Bayrou. Vous pensez que ça ne se faisait pas d'aller au moins discuter, peut-être dire au revoir, même, puisque c'est votre souhait ? On lui dire au revoir le lundi 8 septembre.
Bon, mais en tout cas... Et bon retour à peau, d'ailleurs, et on lui souhaite une belle rénovation de son bureau à 40 000 euros.
Bon, Gilles Boutin, c'est vrai que François Bayrou, de toute manière, son sort était quasiment plié, avant même cette interview, puisqu'on a entendu ce matin les différents partis. Olivier Faure, c'était déjà le cas d'ailleurs, il y a quelques jours, dire que de toute manière, c'était incompressible. Il ne voterait pas en faveur de cette confiance, idem du côté du RN. C'était une tournette d'adieu. Est-ce qu'on aurait pu peut-être attendre une autre tonalité de cette interview ? Vous, vous l'avez trouvé comment, ce Premier ministre ?
Moi, je l'ai trouvé très brouillon, pas efficace dans son argumentaire. Et c'est très surprenant pour un Premier ministre qui parle depuis des semaines du même sujet, et qui n'est pas réussi à déployer une argumentation plus efficace, qui porte plus simplement... Au lieu de ça, on a eu des images, l'image du bateau avec la coque qui se remplit, on a vu mieux quand même. Et là où je pense qu'il touche complètement à côté, c'est qu'à mon avis, la plupart des Français actent le fait qu'il y a un problème. Il faut effectivement réduire, s'attaquer à notre déficit pour réduire la dette. Personne ne dit, pas même vous, me semble-t-il, que la dette peut filer autant que nous le souhaitons.
C'est la manière de s'y prendre pour réduire le déficit.
Voilà, et là, il y a un débat sur la manière de s'y prendre. Alors, il y en a plusieurs, différentes variantes, variations. Offre ou demande ? Alors, il y a ces deux approches-là, mais au-delà de ça, il y a aussi le degré. C'est-à-dire que François Bayrou considère qu'il faut provoquer un choc via les 44 milliards, et qu'il faut le répéter année après année pour revenir sous les 3% de déficit très rapidement d'ici 2029. Il y en a d'autres, peut-être vous et peut-être d'autres, qui pensent qu'on peut étaler l'effort et parvenir aux 3% quelques années plus tard, et notamment en s'adossant à des travaux d'institutions comme l'OFCE, qui servent aux cautions intellectuelles.
Il y a des gens très bien à l'OFCE. Après, c'est juste un débat plus entre keynésiens et libéraux. Et donc, pour moi, la grande erreur de François Bayrou, c'est de ne pas expliquer pourquoi les 44 milliards. Puisque plein de Français se disent, il y a un effort à faire, très bien. Il ironisait justement sur le fait qu'on n'ait pas compris. Pourquoi ?
Il ironisait sur le fait que les journalistes n'aient pas compris, justement, pourquoi les 44 milliards ont pris les mêmes.
Ça fait partie de ces autres maladresses. C'est un autre aspect. Sa communication est défectueuse depuis le début. Et il l'a même dit, d'ailleurs, je pense toujours au fameux boomer, il a dit qu'il veut les réveiller. Ce n'est pas très sympa pour eux. On a l'impression qu'il faut les secouer pendant la sieste. C'est pour l'anecdote. Mais je pense qu'ils visent à côté. Et après, tout ce que vous avez dit, on peut en débattre, évidemment. C'est une question de chiffres, de perceptions, de logiciels économiques. Cependant, il y a vraiment les Français qui se disent, mais pourquoi se faire tant de mal en si peu de temps, alors qu'on peut étaler l'effort ?
Il n'y a absolument pas répondu à cette question.
Eliott Maman, vous l'avez trouvé comment ?
Non, mais d'ailleurs, pour répondre à la dernière mise en exergue de Gilles Boutin, c'est vrai que François Béraud a avancé l'idée selon laquelle le chiffre de 44 milliards était le chiffre à partir duquel il permettait de ne pas avoir une croissance qui augmentait moins que la dette. Et d'ailleurs, on peut lui rétorquer que ce n'est toujours pas exactement la bonne réponse, puisque même en réduisant la progression annuelle de la dette de 44 milliards d'euros, on aurait toujours une dette qui avancerait plus rapidement que la croissance en France. Donc, surtout la croissance en euros constant. Donc, c'est tout de même particulier.
Et d'ailleurs, de manière plus générale, ce qui me surprend, et ça a été très frappant au cours de cette interview, c'est qu'il y a un véritable problème de chronologie, de temporalité. C'est-à-dire qu'il estime, par exemple, que le 8 septembre, il va devoir présenter à l'Assemblée nationale une confiance sur la question du seul constat qu'il fait. Or, il déclenche ce débat-là autour de l'article 49.1, qui est un article qui est extrêmement personnifié et qui porte directement sur la confiance que l'on attribue à son gouvernement. Il y a d'autres articles qu'il aurait pu déclencher, par exemple, le 51, qui permet de déclencher un débat au Parlement sur une question spécifique.
Et donc, par exemple, de saisir les parlementaires et de leur dire « Peu importe les solutions qu'on injecte sur ce constat-là, est-ce que vous partagez l'idée selon laquelle la dette progresse de manière trop rapide en France ? » Et ensuite, le Parlement peut faire un débat et peut même faire un vote symbolique. Et donc, il a tout de même immédiatement injecté du clivage. Le 15 juillet, sa première conférence de presse sur la question de la dette, n'a pas uniquement détaillé les raisons pour lesquelles il estimait que la dette avançait et pourquoi il fallait réduire la dette.
Il a immédiatement dit comment il allait la réduire, en présentant, par exemple, sa mesure extrêmement clivante des deux de la suppression de jours fériés. Donc, ce qui est quand même particulier, c'est que pour un Premier ministre qui se montre comme une espèce de ponte de la responsabilité, il a lui-même fait des choses un peu à l'envers.
Non, mais c'est vrai qu'il a voté en tout sur la responsabilité. Clairement, Alexis de La Fontaine, il n'a pas voulu d'ailleurs évoquer son départ.
Ah non, clairement, ce n'est pas sa faute.
La faute des Français. Ce n'est pas la faute de l'État, ce sont les Français qui dépensent.
Mais, non mais, pardon, ce que je voulais dire, moi, c'était revenir sur son discours. Moi, je trouve qu'il a un bon constat sur certains sujets, mais il n'applique pas les bonnes solutions. C'est-à-dire que, par exemple, sur les retraites, il dit que les retraites n'ont que 50 milliards d'euros par an au gouvernement. Il dit, par exemple, sur l'immigration, qu'on paye des logements, les yeux de la tête, 15 000 euros par an et par personne pour des logements d'urgence. Mais tous ces sujets-là, il fait le bon constat, mais il ne donne pas de solution pour réduire ces coûts-là. Et ça, c'est un vrai problème.