Aller au contenu
Tous les transcripts
Podcast / conversationFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 25 août 2026 9 minComplaisantPortrait personnelCulture, médias & sport

Thomas Fersen, l’art de se réinventer Comme on quitte un imperméable

Au micro : Julie Gacon Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:18OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous aimez dans les octosyllabes ?

  • 1:33OuverteRéponse directe

    Je ne vous ai même pas fait parler de l'histoire, d'un jeune homme chassé de son foyer familial.

  • 3:27OuverteRéponse directe

    Vous avez voyagé vous-même en Amérique centrale à cet âge-là, Thomas Fersen ?

  • 4:07OuverteRéponse directe

    Et donc vous parliez d'un rituel de passage, Thomas Fersen est né de ce rituel ?

  • 4:38OuverteRéponse directe

    C'est toujours ce même bonhomme de 2003, Thomas Fersen, qui se balade dans vos chansons et dans vos textes ?

  • 5:39OuverteRéponse directe

    Vos romans, vous les écrivez comme vous écrivez vos chansons, vous vous mettez dans les mêmes dispositions ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20InvitéFait
    « C'est une grande chanson ce livre, donc voilà, c'est ce qui me plaît, c'est cette musicalité populaire, c'est le verre populaire, l'octosyllabe. »
  • 0:30InvitéFait
    « j'avais déjà écrit un premier roman qui s'appelait Dieu sur terre en octosyllabes, j'ai écrit celui-là aussi en octosyllabes »
  • 1:38InvitéFait
    « il est chassé du foyer familial parce qu'il est désœuvré, il perd son job, il est viré du groupe, il végète »
  • 1:54InvitéFait
    « Et là-bas, il ne connaît rien de ce pays, évidemment, ce n'est pas un voyage touristique, mais plutôt un rite de passage, une tentative de rite de passage. »
  • 3:31InvitéFait
    « Tout à fait, le projet n'était pas de faire un livre autobiographique »
  • 3:47InvitéFait
    « j'ai dilaté, j'ai augmenté, je me suis documenté aussi, assez difficilement sur le Mexique, le Guatemala et Honduras des années 80 »
  • 4:05InvitéFait
    « et où je suis tombé amoureux, effectivement. »
  • 4:12InvitéFait
    « Exactement, il est né à mon retour, j'ai décidé de prendre mon existence en main »
  • 5:45InvitéFait
    « Effectivement, je travaille couché. »
  • 7:04InvitéFait
    « J'ai toujours été grand lecteur, j'ai toujours eu l'ambition d'écrire un jour un roman »
  • 7:16InvitéFait
    « je ne savais pas comment écrire, jusqu'au jour où je me suis dit, je n'ai qu'à écrire une grande chanson. »

Temps de parole

  • Invité56 %
  • Présentateur42 %

≈ 2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Les matins d'été, Julie Gacon Ici je peux me mettre à table, ce livre noir est un asile pour mes pensées inavouables, les plus enfouies, les plus fossiles. Bonjour Thomas Fersen. Bonjour. C'est un extrait de votre roman, devenu pièce de théâtre, comme on quitte un imperméable. Qu'est-ce que vous aimez dans les octosyllabes ?

0:20
Invité

C'est une grande chanson ce livre, donc voilà, c'est ce qui me plaît, c'est cette musicalité populaire, c'est le verre populaire, l'octosyllabe. Donc j'ai, pour la deuxième fois, parce que j'avais déjà écrit un premier roman qui s'appelait Dieu sur terre en octosyllabes, j'ai écrit celui-là aussi en octosyllabes, c'est un peu la caractéristique de mon personnage qui s'exprime comme ça. Et puis aussi une singularité littéraire, parce que je pense que quand on écrit, il faut essayer de faire un objet singulier.

0:47
Présentateur

Brassens aussi chantait en octosyllabes, beaucoup, pas toujours, mais toi l'auvergnat quand tu mourras, quand le croque-mort t'emportera, bon, opère éternelle, bam, pantasyllabes. Vous sauriez reconnaître un octosyllabes n'importe où, n'importe quand, parce qu'à France Culture, on a un documentariste qui s'appelle Olivier Chomel, que j'aime beaucoup, qui reconnaît les alexandrins. Attention à la marche en descendant du train, parfois c'est handicapant dans la vie.

1:09
Invité

Oui, effectivement, je les entends, parce que mon cerveau finit par être structuré comme ça, à force de les pratiquer. Et la pensée s'ordonne en octosyllabes, c'est assez amusant.

1:19
Présentateur

Alors dans votre deuxième roman, comme on quitte un imperméable, paru en mai aux éditions du Seuil, qui a été adapté sur scène par Samuel Acache, présenté pour la première fois en juillet au Festival d'Avignon, et qui se produira en octobre à la Scala Paris, puis sera en tournée dans toute la France. Je ne vous ai même pas fait parler de l'histoire, d'ailleurs, un jeune homme que son groupe de rock et sa famille lui ont dit d'aller voir ailleurs s'ils y étaient.

1:38
Invité

Oui, c'est ça, il est chassé du foyer familial parce qu'il est désœuvré, il perd son job, il est viré du groupe, il végète, et son père l'envoie en Amérique centrale, surtout pour faire de la place sur le canapé familial. Et là-bas, il ne connaît rien de ce pays, évidemment, ce n'est pas un voyage touristique, mais plutôt un rite de passage, une tentative de rite de passage. Vous parliez, on parlait tout à l'heure, j'ai entendu parler de Janice Joplin, qui s'est confronté à la douleur et à la drogue.

C'est une réinvention des rites de passage, on se met à l'épreuve, rites de passage qui ont disparu dans notre culture, qui étaient aseptisés, effacés, et plus ou moins consciemment, les jeunes les réinventent. Ils ont besoin de ça, de se mettre en danger pour essayer d'atteindre l'âge adulte. Alors c'est ce qu'il essaye de faire sans le savoir, il est confronté à la mort, à des expériences mystiques, ils rencontrent des personnages douteux, ils rencontrent l'amour aussi, la gastronomie spéciale de ces régions.

Et en rentrant, malheureusement, il manque la dernière étape, qui est la réagrégation dans la communauté en tant qu'adulte, puisque ses parents le voient toujours comme un abouti, qui est désœuvré, qui n'a pas d'avenir. Donc il s'invente un nouveau personnage, il s'invente un double pour se sortir de cette situation qu'il juge infamante, et il va lui donner un nom qui est le mien.

3:01
Présentateur

Alors parce que je pourrais improviser, comme vous avez bien écouté la chronique de Raphaël Halloum, avoir 20 ans sur Janice Joplin, je pourrais improviser la vôtre, Thomas Fersen, ça commencerait comme ça, été 83, Mexique, alors je ne sais pas si c'était en 83, mais vous aviez 20 ans, 86, dans une voiture qui traverse une région sauvage abandonnée où le crime fait des ravages, celui qui est encore le jeune François-Louis Gontard, à la montre de son père, et 15 ou 20 dollars en poche. Vous avez voyagé vous-même en Amérique centrale à cet arge-là, Thomas Fersen ?

3:31
Invité

Tout à fait, le projet n'était pas de faire un livre autobiographique, mais de me servir de ma propre existence pour raconter celle de mon personnage. Donc j'avais effectivement des références, j'avais vécu des choses que je lui ai confiées, j'ai dilaté, j'ai augmenté, je me suis documenté aussi, assez difficilement sur le Mexique, le Guatemala et Honduras des années 80, parce qu'on ne retrouve plus grand-chose maintenant, et puis aussi Cuba, Cuba qui était encore à l'époque où les Russes étaient encore présents, c'était avant la chute du mur, donc un Cuba qui n'existe plus, et où je suis tombé amoureux, effectivement.

4:07
Présentateur

Et donc vous parliez d'un rituel de passage, Thomas Fersen est né de ce rituel ?

4:12
Invité

Exactement, il est né à mon retour, j'ai décidé de prendre mon existence en main, c'était peut-être ça devenir adulte, même si c'était prendre mon existence en main pour continuer à faire l'enfant.

4:23
Présentateur

Alors c'est un personnage que vous aviez dans une chanson chantée, la chanson s'appelait « Deux pieds » dans votre album en 2003, « Pièces montées des grands jours », et ce personnage que vous racontiez, on a l'impression qu'il déambule aujourd'hui dans vos textes et dans ce livre. C'est toujours ce même bonhomme de 2003, Thomas Fersen, qui se balade dans vos chansons et dans vos textes ?

5:27
Invité

C'est lui qui est sorti de cette chanson et qui a été envoyé, comme je le disais, en Amérique centrale, pour se frotter à l'existence.

5:35
Présentateur

Vos romans, vous les écrivez comme vous écrivez vos chansons, vous vous mettez dans les mêmes dispositions, les mêmes conditions ? Vous parliez du canapé tout à l'heure, vous étiez affalé quand vous étiez jeune ?

5:45
Invité

Effectivement, je travaille couché. Non, comme Mark Twain ? Comme je pense peut-être beaucoup de gens, je ne sais pas. Mais voilà, c'est une réminiscence de mon enfance, où je traînais au lit le matin en lisant, et c'est un moment privilégié. En plus, je pense que le cerveau est dans des dispositions particulières au réveil, et qu'il fournit des idées qu'il ne donne pas dans la suite de la journée, quand il est bien réveillé, parce qu'on est encore en connexion avec l'inconscient, avec le rêve, et je le constate tous les matins, j'ai des idées nouvelles au réveil, et je résous des solutions littéraires, alors que je n'y arrive pas plus tard dans la journée.

Donc, je travaille le matin, beaucoup couché jusqu'à midi, le temps s'efface, il n'y a plus de temps, il n'y a plus d'espace, et on s'affranchit de tout, donc de la mort. Et dans cet esprit de liberté totale, c'est le moment de la création.

6:43
Présentateur

Ça intriguait beaucoup Steinbeck, d'ailleurs, que Mark Twain puisse écrire couché, et il disait, moi j'aimerais bien savoir ce qu'il a écrit assis, et ce qu'il a écrit couché, parce que tout ça a à voir avec le confort de l'écriture. Pourquoi et comment, Thomas Fersen, ça vous est venu d'écrire des romans ? Votre premier album, 1993, Le Balle des Oiseaux, votre premier roman, 2023, 30 ans plus tard, Dieu sur Terre.

7:04
Invité

J'ai toujours été grand lecteur, j'ai toujours eu l'ambition d'écrire un jour un roman, du moins un format plus long que la chanson, je me suis souvent heurté à la question du style, je ne savais pas comment écrire, jusqu'au jour où je me suis dit, je n'ai qu'à écrire une grande chanson. C'est une idée simple, mais qu'il a fallu 30 ans pour que je l'ai, et donc, voilà, c'est ce que j'ai fait.

7:25
Présentateur

Et c'est parce qu'on sait écrire une chanson qu'on sait écrire un roman ? C'est quand même pas la même... On doit se projeter plus loin.

7:31
Invité

Peut-être que je ne sais pas écrire un roman, que je sais écrire une grande chanson romanesque.

7:36
Présentateur

Vous lisiez beaucoup avant, dites-vous, vous lisiez quoi ?

7:39
Invité

Je lis toujours beaucoup.

7:40
Présentateur

Toujours, mais vous avez eu une petite période de pause.

7:43
Invité

J'ai eu une période de pause, oui, effectivement, excusez-moi, j'ai eu une période de pause quand j'ai commencé à écrire, parce que je suis très empathique avec l'écrivain que je lis, et j'avais peur de faire un pastiche de style. Donc, effectivement, j'ai arrêté de lire pendant... Ça fait six ans que je lis moins, mais là, je recommence à lire à nouveau, parce que je me sens un peu plus solide.

8:03
Présentateur

Alors, qu'est-ce qu'on peut dire sur le spectacle, donc la mise en spectacle de votre roman, par Samuel Achach, pardon d'avoir tout à l'heure écorché son nom, comment ça va se passer ? Il y a aussi un travail d'orchestration de la musique, parce que la musique est toujours là avec vous.

8:17
Invité

C'est un spectacle de théâtre et musique, comme en fait Samuel Achach. C'est d'ailleurs ça qui m'a intéressé dans son travail. Je l'ai rencontré au cours d'une émission ici, dans cette maison. Je suis allé voir son travail, et voilà, il a mis en scène ce spectacle qui est une adaptation du roman. Donc, c'est un spectacle théâtre et musique, parce que je suis le personnage, et parfois le personnage chante. C'est un format assez singulier, qui est difficile à définir, finalement. Mais je pense qu'on reconnaît mon personnage et mon univers, pour essayer de peindre un peu ce que je représente sur scène.

9:02
Présentateur

Avec un travail d'orchestration, violon, percussion, piano. Merci Thomas Fersen. Votre roman, « Comme on quitte un imperméable » paru aux éditions du Seuil, le spectacle tiré de ce livre se produira en octobre à la Scala Paris, puis en tournée dans toute la France. Il est signé Samuel Achach. Merci beaucoup d'avoir été avec nous.

9:18
Invité

Merci de m'avoir reçu. Merci.

9:20
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci.