Fusillade à Paris: retrouvez l'intervention en intégralité de Gérald Darmanin
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bien, mesdames, messieurs, à la demande du président de la République, je me suis donc rendu sur place à la suite de cette terrible fusillade. Je voudrais d'abord exprimer mes très sincères condoléances et mon émotion profonde, comme l'a fait la Première ministre, auprès des victimes, de leur famille, de ceux qui luttent encore au moment où je parle pour rester en vie. Merci. Et évidemment, avoir un mot tout particulier pour les Kurdes de France, pour la communauté kurde qui, aujourd'hui, connaît de nombreuses pertes. Nous ne connaissons pas les motivations exactes du tueur qui a été interpellé.
Je remercie les services de police, la préfecture de police, puisqu'en moins de 15 minutes, au premier appel jusqu'à l'intervention qui a permis l'interpellation de ce tueur, peu de temps se sont donc écoulés. Et je remercie aussi la brigade de sa propre vie de Paris pour leur intervention, qui, sans doute, ont permis de prendre en charge les personnes qui étaient victimes, mais qui ne sont, si j'ose dire, que blessées au moment où je parle. Même la procureure de la République s'est exprimée ce matin. Je ne parlerai pas du détail de l'enquête.
Ce que je peux vous dire, c'est qu'évidemment, les moyens sont donnés au service saisis par la procureure de la République, c'est-à-dire la direction de la police judiciaire de Paris, de résoudre très vite cette enquête, de connaître les motivations de ce tueur, qui manifestement, je dis bien manifestement, a agi seul. Et pour l'instant, va pouvoir parler dans quelques dizaines de minutes, dans quelques heures, au service de police pour l'audition, puisqu'il est lui-même à l'hôpital au moment où je parle.
Nous avons décidé, bien évidemment, à la demande du président de la République et de la Première ministre, d'abord de pouvoir permettre à ceux qui veulent manifester de le faire dans les meilleures conditions possibles, tant au moment où nous parlons que dans les heures ou les jours qui viennent. Nous n'oublions pas non plus qu'il y a 10 ans, un très triste anniversaire des femmes kurdes ont été assassinées, et que ce triste anniversaire devait être commémoré par les Kurdes. Évidemment, nous permettrons leur sécurité pour ces manifestations, que ce soit aujourd'hui ou au début du mois de janvier.
Deuxièmement, j'ai demandé à tous les services de police et de gendarmerie, à Paris, bien sûr, et ailleurs sur le territoire national, de protéger particulièrement avec des gardes statiques, 24 heures sur 24, des policiers et des gendarmes, les lieux où se réunissent la communauté kurde, mais aussi les emprises diplomatiques turques, pour qu'il n'y ait évidemment aucune difficulté ou aucune réplique dans ces temps particuliers de fin d'année. Enfin, je vais présider ce soir, par intermédiaire de mon cabinet, une réunion spécifique pour regarder les menaces éventuelles et complémentaires que pourrait connaître la communauté kurde, qu'il s'agisse à Paris ou ailleurs.
Nous n'avons pas aujourd'hui de signalement particulier. Il n'est pas sûr d'ailleurs que le tueur qui a voulu assassiner ces personnes, et dont le doute ne fait pas beaucoup état, qu'il ait voulu assassiner des personnes ici à Paris, l'effet spécifiquement pour les Kurdes. Il a voulu manifestement s'en prendre à des étrangers. Nous devons savoir par l'enquête judiciaire que préside maintenant la procureure de la République de savoir si c'était spécialement sur les Kurdes, mais pour l'instant aucun élément ne permet de le savoir. Je voudrais donc remercier les services de police, les services de secours, redire à la maire du 10e arrondissement, à M.
le député qui m'accompagne, la compassion profonde du gouvernement et les moyens qui seront mis pour protéger, pour résoudre l'enquête d'abord, et pour protéger les personnes qui pourraient l'être dans les heures, jours et semaines qui viennent. Est-ce qu'il a profité justement du tueur ? Le tueur est français. Il est âgé de 69 ans. Il n'était pas connu des services de renseignement, d'aucun fichier de renseignement, ni de la DGSI, ni de la direction du renseignement de Paris, ni des renseignements territoriaux. Et je crois, pour avoir échangé avec M. le garde des Saônes, il est service de renseignement pénitentiaire pour radicalisation.
Il n'est donc pas certain que cette personne ait un engagement politique quel qu'il soit, même si manifestement ses motivations ont été une attaque contre les étrangers caractérisée. Mais ça, l'enquête judiciaire le confirmera. Il était connu pour des antécédents judiciaires, mais Mme la Procureur de la République s'est exprimée ce matin. Je ne vais donc pas en rajouter. Mais c'est attaqué à des migrants dans un camp de migrants il y a un an dans le 12e arrondissement. Il était connu des services judiciaires, mais il n'était pas fiché comme étant quelqu'un d'ultra-droite ou un extrémiste qui participerait à des réunions ou dans des organisations que nous avons par ailleurs dissoutes.
Je rappelle que nous avons déjoué, depuis que je suis ministre de l'Intérieur, neuf attentats présumés d'ultra-droite. Donc cette menace, évidemment, existe. Elle est extrêmement importante. J'ai eu l'occasion de le dire plusieurs fois. Que nous avons dissout 11 associations ou repuscules d'ultra-droite ou d'extrême-droite. Et ce monsieur ne faisait partie d'aucune, à l'heure où je vous parle, d'aucune de ces organisations dissoutes. Et ne participait, à l'heure où je vous parle, à aucune de ces organisations qui ont été interpellées par les services de police, notamment par la DGSI. Donc je ne peux pas dire, au moment où je parle, qu'il était connu pour des faits d'ultra-droite.
Même si, évidemment, le constat et le mode opératoire font que nous allons particulièrement regarder dans les heures qui viennent. Mais c'était quand même... Cela fait partie de l'enquête judiciaire. Et ce n'est pas le rôle de mise à l'intérieur que de commenter cette enquête judiciaire. Je crois que Mme la Procureur de la République aura l'occasion de se réexprimer, si elle le souhaite, pour nous préciser le devenir de l'enquête. Monsieur le ministre, l'armée qui a été enregistrée ? Pardon ? Son armée qui a été utilisée a été enregistrée auprès des... Cela fait partie de l'enquête judiciaire.
Ce que nous savons, c'est qu'il était tireur dans un club de sport, qu'il avait déclaré de nombreuses armes. Voilà. Mais pour ce qui est de l'enquête judiciaire, je ne ferai pas de commentaire. En ce qui concerne les victimes, est-ce qu'on parle d'une femme et deux hommes, c'est pas simple ? Alors, de ce que j'en sais, il y a donc trois personnes qui sont décédées, deux qui le seraient devant le centre culturel kurde, et puis une autre dans un restaurant. Une autre personne est très grièvement blessée et lutte pour la vie au moment où nous parlons. Et deux personnes sont blessées plus légèrement, plus le tireur qui lui-même est blessé légèrement. Est-ce qu'ils aient partis de PKK ?
Je n'ai pas de renseignements à vous donner. Pour l'instant, nous n'avons pas à le commenter. Il n'y a pas, chez les personnes qui sont victimes, de personnes, à ma connaissance, au moment où je vous parle, c'est arrivé il y a quelques heures, de personnes particulièrement signalées et connues par les services français. Il s'est quand même attaqué en sabre il y a un an à des personnes. Il est allé en prison. Et le 11 décembre dernier, l'administration pénitentiaire, sur demande du juge et de la loi, l'a libérée. Je n'ai pas de commentaire à faire en général sur l'action des services judiciaires.
Quel sera le dispositif policier aujourd'hui, dans les prochaines heures, dans les prochains jours aussi ? Vous savez que les policiers et les gendarmes sont particulièrement mobilisés pour ces fêtes de fin d'année, puisque j'ai même demandé pour que les fêtes juives, c'est déjà le cas évidemment pour les fêtes de nos compatriotes juifs, déjà dès ce dimanche, mais aussi les fêtes de fin d'année, les grands magasins et bien évidemment les édifices chrétiens, que les policiers et les gendarmes soient particulièrement mobilisés. On a pour cela rappelé une grande partie des congés des policiers et des gendarmes.
On a aussi à Paris et dans les grandes villes de province mis à disposition des préfets, en l'occurrence ici le préfet de police, des unités de CRS et de gendarmerie mobile.
Et donc en plus de ces dispositifs qui ne seront pas dégrafés, si j'ose dire, des présences fortes auprès des lieux de la communauté kurde, des lieux commerçants, des lieux de regroupement politique, des lieux religieux, Madame la préfète, que je remercie, et ici et bien sûr en province, mettra des gardes statiques, c'est-à-dire des policiers ou des gendarmes, présents 24 heures sur 24, le temps que nous comprenions bien cette affaire, que nous surveillons évidemment les menaces qui peuvent toucher la communauté kurde, à qui je veux redire notre profonde émotion et le souci de protection très important qu'a la France vis-à-vis des Kurdes de France. Merci beaucoup. Merci beaucoup.
Gérald Darmanin