Köhler, Bayrou, Ferrand : la macronie plus que jamais dans la sauce
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Questions et réponses
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- 2:45RelanceÉludée
Comment justifier le refus d'Alexis Collère de se présenter devant la commission ?
- 3:47OuverteRéponse directe
Alexis Collère, qui refuse d'aller devant la commission des finances à propos du budget 2024, sur le dérapage des comptes publics, ça vous choque ?
- 8:49RelanceRéponse directe
Éric Coquerel peut-il faire arrêter Alexis Collère avec des gendarmes ?
- 10:02OuverteRéponse directe
Pourquoi une telle résistance de la part d'Alexis Collère sur ce sujet ?
- 12:05OuverteRéponse directe
François Bayrou est-il vraiment sous pression dans l'affaire Bétarame ?
- 13:45OuverteRéponse directe
Quel est le jeu des députés du socle commun dans ce scandale ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:09InvitéFait
« une fois de plus, la Macronie n'est pas irréprochable. »
- 3:22InvitéFait
« la non-présentation d'un membre du cabinet de la présidence de la République devant une commission d'enquête n'est pas inédite. »
- 9:50InvitéChiffre
« de ne pas se présenter devant une commission d'enquête est passible selon la loi d'une amende de 7500 euros et surtout de deux ans d'emprisonnement. »
- 12:51InvitéChiffre
« On parle quand même de 112 plaintes pour des violences sexuelles, notamment des viols, qui s'étalent des années 1950 aux années 2010. »
- 16:51InvitéFait
« le juge Mirand lui confirme l'existence d'un cas avéré de viol et qu'un second est en cours d'instruction. »
- 21:45InvitéFait
« avec Richard Ferrand, on atteint un niveau supplémentaire de copinage. »
- 22:03InvitéFait
« il y en a un peu marre de voir un troisième macroniste nommé en l'espace de quelques temps. »
- 28:22InvitéFait
« Emmanuel Macron a une conduite quand même assez erratique des affaires de l'État qu'il a décidées notamment une dissolution de manière totalement désordonnée sans mettre au courant ni son Premier ministre. »
Temps de parole
- Invité67 %
- Présentateur14 %
- Invité 29 %
- Invité 32 %
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Bienvenue à toutes et à tous, vous êtes bien sur les indiscrets, votre rendez-vous hebdomadaire sur le Média, animé par Nils Vilqueux, en rendez-vous consacré à la politique française, à ce que disent ces acteurs et à ce qu'ils ne disent pas, à la scène et aux coulisses. Cette émission existe grâce à vous, notre communauté engagée. Si vous souhaitez nous aider à continuer, vous pouvez nous soutenir en souscrivant un abonnement ou en faisant un don, mensualisez ou pas, sur lemédiatv.fr slash soutien. Votre engagement fait la différence, alors n'hésitez plus, rejoignez-nous.
Au sommaire, alors que l'étoile d'Emmanuel Macron pallie inexorablement, son premier cercle historique se rédit et se met systématiquement sur la défensive. Comment expliquer le refus d'Alexis Collère, le secrétaire général de l'Elysée, officiellement, mais officieusement, le président Bisse, d'être entendu par la commission des finances de l'Assemblée nationale dans le cadre de l'enquête sur les dérapages budgétaires de 2023-2024. L'Alexis Collère, on le rappelle, désormais cerné par la justice. Avis de grande panique à l'Elysée, Nils nous éclairera.
On évoquera également François Bayrou, l'affaire de Bétarame et Richard Ferrand, un des piliers historiques de la Macronie annoncée au Conseil constitutionnel. Mais y arrivera-t-il vraiment ? Rien n'est moins sûr. Nils nous donnera les infos les plus fraîches. Salut Nils !
Salut Théo, salut à tous ! Alors, ça chauffe à l'Assemblée nationale. Oui, après le lapin posé par Alexis Collère à la commission des finances ce mardi 11 février, tu l'appelais le vice-président Bisse, c'est aussi le bras droit d'Emmanuel Macron. Il était attendu en salle 63-50 du Palais Bourbon pour être interrogé sur le dérapage des finances publiques. Eh bien, il n'est pas venu. Et à la place, pendant presque deux heures, Éric Ciotti, Charles de Courson et bien sûr Éric Coquerel, l'insoumis, ont interrogé en visio Pierre Chabrol. Alors, c'est un conseiller pour les affaires économiques à Bercy et le chef du service économique régional de Londres.
Alors, c'est bien, mais ce n'est pas tout à fait la même chose. Il a offert évidemment des réponses documentées à la commission, très techniques. Mais enfin, on est quand même loin, évidemment, de la portée politique d'une éventuelle audition d'Alexis Collère.
Mais alors, comment justifier, comment Alexis Collère justifie-t-il sa non-venue devant la commission ? Ça ne se fait pas. Ce sont des mauvaises mœurs républicaines, sachant que ce mot républicain est très souvent utilisé par la Macronie à tout propos et hors de propos, Nils.
Oui, alors, une fois de plus, la Macronie n'est pas irréprochable. Et le secrétaire général de l'Élysée a donc écrit à la commission et à Éric Coquerel qu'il n'entendait pas se présenter, alors en raison de problèmes d'agenda officiellement, mais aussi pour respecter la séparation des pouvoirs. Alors, il écrit que la non-présentation d'un membre du cabinet de la présidence de la République devant une commission d'enquête n'est pas inédite. Et le gouvernement, pour le moment, défend cette ligne de conduite. Regardez ce que dit Patrick Mignola. Alors, pour ceux qui ne le connaîtraient pas, c'est le ministre aux relations avec le Parlement.
Il était ce matin, au moment où nous enregistrons cette émission, sur France Info.
Très rapidement, Alexis Coquerel, le secrétaire général d'Élysée, qui refuse d'aller devant la commission des finances à propos du budget 2024, sur le dérapage des comptes publics, ça vous choque ?
Moi, ça ne me choque pas parce que c'est la séparation des pouvoirs. Moi, je suis ministre des relations avec le Parlement.
Il n'a pas de compte à rendre.
Et donc, je veille à ce qu'on ait ce strict respect de la séparation des pouvoirs. Voilà, donc le gouvernement fait rempart autour de Coquerel. Alors, le numéro 2 de l'Élysée cite aussi le cas de Michel Jauber, secrétaire général de la présidence de la République française sous Georges Pompidou. Alors, il ne s'était pas rendu devant la commission d'enquête sur les sociétés de placement immobilier en 1971. Ça remonte quand même. Autre exemple cité par Alexis Coquerel, celui de Gilles Ménage, qui était directeur de cabinet de François Mitterrand. C'était en 1992 qu'il a séché une convocation d'une commission d'enquête. Ben dis donc, ça remonte à un certain temps quand même.
Oui, alors plus récemment, Alexis Coquerel rappelle de lui-même qu'il avait refusé de se présenter en 2021 devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale relative à la main mise sur la ressource en eau par les intérêts privés et ses conséquences. Tiens, tiens. Sauf qu'à l'époque, l'Assemblée était majoritairement tenue par des macronistes. C'était un temps qui n'est pas si lointain. Rappelez-vous, c'était avant la dissolution. Alors aujourd'hui, évidemment, Macron n'a plus de majorité. J'ai quand même demandé à un constitutionnaliste de nous dire si les justifications d'Alexis Collère tenaient selon lui. On l'écoute.
L'opposition peut, de droit, présider ou rapporter sur la commission d'enquête. En l'espèce, c'est Éric Coquerel qui préside la commission d'enquête. En réalité, ce n'est pas formellement une commission d'enquête. C'est la commission des finances qui est dotée des pouvoirs d'enquête. Éric Coquerel est président de la commission des finances. Et donc, si je puis dire, de l'eau a coulé sous les ponts. C'est bien que ses précédents ne me semblent nullement invocables.
Et Alexis Collère le sait parfaitement, puisque lui-même, en tant que secrétaire général de l'Élysée, a déjà dû déférer à une convocation par une commission d'enquête lors de la fameuse affaire Benalla, la commission d'enquête qui avait été conduite au Sénat sous la présidence de Philippe Bas et des rapports de Muriel Jourdat et Jean-Pierre Sueur. Donc, il a d'abord voulu refuser et il a ensuite cédé, se présentant devant la dite commission d'enquête. Voilà, donc vous voyez, le constitutionnaliste, Jean-Philippe de Rosier, il est plutôt sévère avec Alexis Collère. Les arguments du numéro 2 de l'Élysée ne tiennent pas en droit.
Autant te dire que les justifications d'Alexis Collère n'ont pas non plus convaincu Éric Coquerel, le président de la commission des finances qui mène les auditions. Alors, il est président de la commission des finances et la commission des finances s'est investie de pouvoir d'une commission d'enquête, c'est-à-dire que les pouvoirs d'Éric Coquerel sont beaucoup plus puissants. Il peut, par exemple, se rendre dans les ministères, dans les organismes publics. On l'a vu notamment l'année dernière quand il y a eu des soupçons d'insincérité du budget. On l'avait raconté dans cette émission. Il s'était rendu avec Charles de Courson, notamment à Bercy.
Et puis, il s'était rendu aussi à Matignon, d'ailleurs, où il avait trouvé porte-close. Et alors, les pouvoirs d'un président d'une commission d'enquête sont tellement puissants qu'il peut déposer un recours au pénal, c'est-à-dire déposer une plainte pour forcer Alexis Collère à se présenter pour être auditionné.
Alors, ça veut dire qu'Éric Coquerel peut conduire des gendarmes à aller passer les menottes à Alexis Collère à l'Élysée ?
Alors, on a une pensée pour le procureur général de Paris qui serait saisi de la part d'Éric Coquerel d'une demande de recours à la force publique contre le numéro 2 de l'Élysée. On imagine aussi des gendarmes déboulés devant l'Élysée, alors qu'il y a quand même 250 gendarmes d'élite qui sont à l'Élysée. L'Élysée a le statut de place militaire. C'est une place forte, avec d'ailleurs un gouverneur militaire. Donc, autant te dire que sur le plan pratico-pratique, ça a l'air un petit peu compliqué. Ceci dit, on rappelle qu'il y a déjà eu des actions en justice à l'Élysée. Il y a eu des perquisitions, notamment pour chercher le fameux coffre-fort lors de l'affaire Benalla.
Souviens-toi, les enquêteurs avaient fait chou blanc. D'ailleurs, on ne sait toujours pas ce qu'il est advenu de ce mystérieux objet, volumineux par ailleurs. Mais j'ai demandé quand même à notre constitutionnaliste, Jean-Philippe de Rosé, de nous éclairer sur les pouvoirs de Coquerel en tant que président de la Commission des finances et puis ce qu'il peut faire de manière très pratique, effectivement, pour force écolère à se présenter. On l'écoute. Ce même article 6 de l'ordonnance de 1958 qui régit le fonctionnement des commissions d'enquête permet au président d'une commission d'enquête une convocation d'auti de témoigner.
Elle est obligée de témoigner, comme je le rappelais tout à l'heure, faute de quoi elle a une peine d'amende. Donc on peut effectivement difficilement imaginer que les forces de l'ordre iront à l'Élysée passeront les menottes à Alexis Collaire pour le mettre dans un véhicule de police et le déférer devant la commission d'enquête. Mais il peut parfaitement se voir remettre sa convocation par un agent de la force publique et s'il s'exposera à des poursuites pénales qui seront diligentées par le parquet. Voilà. Donc on imagine quand même le scandale supplémentaire pour l'Élysée, pour Emmanuel Macron, si Alexis Collaire était une fois de plus traîné en justice.
Ce ne serait pas la première fois, on va dire. Oui, c'est vrai. Tu l'as rappelé en introduction de cette émission. Alexis Collaire est déjà mis en examen pour prise illégale d'intérêt pour avoir participé comme haut fonctionnaire quand il était à Bercy à des décisions relatives à l'armateur MSC qui est dirigé, figure-toi, par les cousins de sa mère. Voilà. Donc c'est une belle affaire familiale. En tout cas, on rappelle que de ne pas se présenter devant une commission d'enquête est passible selon la loi, d'une amende de 7500 euros et surtout de deux ans d'emprisonnement.
Mais pourquoi une telle résistance de la part d'Alexis Collaire sur ce sujet-là ? Qu'est-ce qu'il a caché ?
Alors je pense que tous nos confrères journalistes politiques sont sur le coup. Mediapart, Politico, Le Monde, Libération. C'est un peu la question à un million d'euros. Alors ça ne peut pas être pour un manque de temps parce qu'Alexis Collaire a mis dans un premier temps en avant des questions d'agenda. On l'a quand même vu occuper à recevoir l'ambassadeur d'Arménie cette semaine, par exemple, comme l'a partagé le diplomate sur le réseau X. En vérité, on ne sait pas vraiment ce qui agite autant l'Elysée. Alors je t'ai dit qu'il avait refusé en 2021 de se présenter devant une commission d'enquête sur les eaux minérales.
Et figure-toi qu'il y a une autre commission d'enquête qui est en cours actuellement. C'est une commission d'enquête sénatoriale, donc au Sénat, sur le scandale de la fraude aux eaux Nestlé. C'est ce fameux scandale révélé par Le Monde et Radio France la semaine dernière et cette semaine qui a révélé donc des fraudes massives du géant agroalimentaire suisse. Et figure-toi que le secrétaire général de l'Elysée pourrait là encore être convoqué pour s'expliquer devant les sénateurs. Voilà ce qu'en dit le rapporteur de la commission. C'est un socialiste, Alexandre Ouizi, au micro de Sud Radio.
Grâce aux révélations du journal Le Monde et de Radio France, Marie Dupin, l'affaire qui a été révélée par Marie Dupin, c'est que l'Elysée était dans la cause. Ce qui veut dire pour nous que nous allons étendre le champ des auditions de la commission d'enquête du côté de l'Elysée. Le nom d'Alexis Colleur a été cité. Si tout ça est confirmé, Alexis Colleur sera devant la commission d'enquête. Il y aurait eu l'échange de mails entre Alexis Colleur et la direction de Nestlé. Échange de mails, échange de notes aussi. Voilà, tout un travail. Et donc il faut comprendre les conditions dans lesquelles cette décision a été prise par les pouvoirs publics.
Voilà, donc on peut se demander légitimement si Colleur et Macron ne tentent pas de préparer le terrain pour éviter une future convocation devant la commission d'enquête du Sénat sur le scandale Nestlé. On pourrait même dire que c'est une hypothèse qui coule de source, Théophant.
Bravo pour le petit jeu de mots. Alors, on poursuit avec François Bayrou. François Bayrou qui est pris au piège de l'affaire Bétarame. Et comme Alexis Colleur, il bénéficie d'une espèce de réflexe de tribu assiégée du gouvernement et de la Macronie de manière générale. Est-ce que tu peux nous raconter ?
Le gouvernement est un peu tétanisé par cette affaire Bétarame quand même qui a lieu actuellement. On peut dire que le malaise grandit au sein du camp présidentiel et du gouvernement après les révélations de Mediapart et du Monde sur le scandale de Bétarame. Et on peut dire que François Bayrou est réellement sous pression puisqu'il y a effectivement cet énorme scandale qui est revenu, qui a refait la une dans la presse. On parle quand même de 112 plaintes pour des violences sexuelles, notamment des viols, qui s'étalent des années 1950 aux années 2010.
Et évidemment, une partie de la presse, Mediapart en tête, et une partie des oppositions, notamment la gauche, soupçonnent et accusent François Bayrou de n'avoir jamais dénoncé ces faits. Alors à l'Élysée, François Bayrou a d'abord répondu avec des réponses totalement imprécises qui n'ont pas convaincu les oppositions, ni Mediapart, qui a publié cette semaine une deuxième salve de documents. On en a parlé hier dans le Média. Et donc, pour la seconde fois, il a laissé Gérald Darmanin monter au créneau. Ce n'était pas très courageux. On écoute le ministre de l'Intérieur.
Des plaintes et des signalements ont été adressés au procureur de la République de Pau depuis des temps parfois très anciens, avant les années 80-90. Vous le savez mieux que personne que le gouvernement, et encore moins le garde des Sceaux, ne peut commenter des affaires individuelles. Voilà, donc pour le ministre de l'Intérieur, c'est à la justice de faire son travail. Des plaintes, des signalements ont été adressés au procureur de la République de Pau, parfois depuis des temps très anciens. Et donc, il faut laisser faire l'action publique. C'est la défense du gouvernement. Enfin, cette défense est-elle réellement tenable ?
On a vu cette semaine une manifestation devant Bétaram pour demander, exiger des moyens supplémentaires pour le parquer. Alors, j'ai activé mes antennes, j'ai décroché mon téléphone, tu me connais, et j'ai quand même demandé à plusieurs sources ministérielles, à plusieurs sources gouvernementales, mais qu'est-ce qui se passe avec François Bayrou ? Et puis surtout, pourquoi il y a un tel manque d'enthousiasme finalement pour le défendre ? On a l'impression quand même qu'il y a peu de ministres qui montent au créneau pour défendre le Premier ministre.
Et notamment dans les matinales cette semaine, je ne sais pas si tu as remarqué, mais la question a été soigneusement évitée, y compris par nos confrères, notamment sur France Inter, Europe 1 ou encore RTL. On ne les a pas entendus questionner les ministres invités à ce sujet. Alors, j'ai posé la question à mes sources. On me dit que le gouvernement, en fait, n'a pas de majorité modem. Donc, en fait, le gouvernement est composé plutôt très à droite. Et puis, il y a quelques macronistes. Et puis, il y a quelques modems. Et puis, la partie droite du gouvernement n'a pas franchement envie d'aider François Bayrou.
En gros, c'est ce qu'on me dit, et notamment des conseillers et des ministres assez éminents qui m'expliquent que, bon, bah, somme toute, ça le regarde et que, pour le moment, on n'a pas trop envie de se mouiller pour venir à son secours. Et puis, du côté de la Macronie, on explique aussi qu'on n'est pas concerné, en fait, et que, finalement, si François Bayrou a des explications à apporter, c'est à lui de le faire. Ça montre aussi à quel point ce gouvernement n'est pas uni, en fait. On parle souvent de solidarité gouvernementale. Tu sais, on nous a rabâché ça pendant sept ans en Macronie. C'est-à-dire que c'était vraiment la grande muette.
Bah là, vraiment, il n'y a pas de solidarité gouvernementale. C'est chacun pour soi et Dieu pour tous, dirait François Bayrou, lui qui est très catholique. Et c'est un petit peu ce qui se passe, en fait. Alors, le problème aussi cette semaine, c'est qu'il y a eu de nouveaux témoignages et notamment le juge d'instruction de Bétharam qui a enquêté, en fait, qui a instruit un dossier pour viol et qui explique notamment que la propre femme de François Bayrou a enseigné le catéchisme à Bétharam, ce que tout le monde ignorait, et qu'elle s'était rendue aux obsèques d'un prêtre qui était accusé, soupçonné de viol et qui s'était suicidé juste après.
Donc, autant te dire que la défense du Premier ministre est en train de prendre l'eau. En plus de son fils, qui est donc à l'époque scolarisé dans cette institution catholique, sa femme y donne également des cours de catéchisme. Lors de cet échange informel, le juge Mirand lui confirme l'existence d'un cas avéré de viol et qu'un second est en cours d'instruction. Est-ce que vous vous souvenez de sa réaction, quand même ? Oui, bien sûr. Il n'arrivait pas à le croire.
Il trouvait ça incroyable. Alors, le gouvernement fait bloc en apparence, mais n'en dit pas beaucoup. Les députés du fameux socle commun, quel est leur jeu dans ce scandale qui monte, qui monte, qui monte ?
C'est un peu comme le reste du gouvernement. Finalement, tout le monde regarde un petit peu ses chaussettes. J'ai demandé à un député hier, d'ailleurs, qui ne m'a pas répondu tout de suite. Son téléphone a sonné dans le vide pendant un bon moment. J'ai dû relancer à coup de SMS qui m'explique qu'en fait, il n'a pas envie d'en parler, qu'habituellement, c'est le genre de sujet où l'ensemble du socle commun serait mobilisé, quoique stressé, évidemment, à l'idée de répondre là-dessus.
Mais en fait, en gros, que tout le monde se fiche complètement de François Bayrou et puis que, de toute façon, ce n'est pas un sujet pour le moment qu'il y a d'autres sujets beaucoup plus graves que tous ces gamins, finalement. Il y a la situation financière du pays. On sait que le Parlement est en pleine négociation budgétaire pour voter, pour faire passer le reste du budget. Donc, il y a un peu cette idée, finalement, qu'on ne va pas venir au secours de François Bayrou, qu'on ne va pas forcément l'aider et puis que c'est un sujet où il y a plus de coups à prendre qu'autre chose. C'est un peu courage fuyant. Alors, il y a quand même eu le soldat perdu de la Macronie.
Il s'agit du député Stéphane Vogeta qui est membre, d'ailleurs, de la délégation aux droits des enfants. Et on va se dire, il est évidemment monté au front pour défendre les enfants de Bétaram et qui sont aujourd'hui adultes pour certains et qui n'ont pas été défendus à l'époque. Eh bien non, il est là pour défendre François Bayrou. On l'écoute sur LCP, c'était hier soir. On verra pour l'instant tout ce que je sais. C'est que c'est clairement une histoire qui est instrumentalisée pour essayer de rabibocher le NFP autour d'un élément fédérateur négatif. Les faits sont réels. Je ne connais pas le dossier. Je ne sais pas ce qu'a dit le juge, je ne sais pas ce qu'a dit l'autre.
Je vois juste une convergence d'intérêts et je n'ai pas envie de me faire manipuler sur ce sujet. Donc oui, effectivement, dans la théorie, effectivement, ça serait inacceptable. Maintenant, dans la pratique, je pense que s'il y a une enquête, s'il y a des déclarations qui vont être faites, ça sera fait avec rigueur sur la base de faits et à ce moment-là, on verra bien. Voilà, donc il explique évidemment comme le gouvernement que c'est une histoire instrumentalisée pour essayer de rabibocher la gauche, le nouveau Front Populaire, autour d'un élément fédérateur. C'est bien connu, les viols d'enfants, ça rapproche.
Voilà, on peut se demander combien de temps ce type de défense un petit peu lunaire quand même va pouvoir tenir. En tout cas, ce n'est pas franchement à la gloire du gouvernement et de ses alliés. Le Premier ministre s'est exprimé par deux fois à l'Assemblée nationale, s'est exprimé hier au Sénat. Je n'aurai aucun commentaire supplémentaire évidemment ici dans ce compte-rendu. Troisièmement, ce point n'a pas été évoqué en Conseil des ministres ce matin. Et quatrièmement, je voudrais rappeler qu'une plainte pour diffamation a été déposée par le Premier ministre. La plainte va donc suivre son cours. Elle a été déposée ? La plainte ? Je ne sais pas. Elle va être déposée ou elle a été déposée ?
Voilà.
Mais il l'a dit clairement. Donc, je n'ai pas de raison de mettre en cause ça.
Alors, on a parlé de François Bayrou, il y a également Richard Ferrand qui est une figure historique de la Macronie, la Macronie de la première heure, qui a été choisi par le président de la République pour être membre du Conseil constitutionnel. Mais voilà, ce n'est pas du tout sûr que de la coupe aux lèvres, rien ne se passe, on va dire.
Richard Ferrand, choisi par le président de la République pour prendre la tête du Conseil constitutionnel. L'ancien président de l'Assemblée nationale est un fidèle de la première heure d'Emmanuel Macron et le Rassemblement national attend au tournant son indépendance d'esprit.
Oui, alors, on avait déjà parlé de la fin de règne d'Emmanuel Macron. On avait expliqué à quel point c'était compliqué pour lui sans majorité au Parlement, qu'il se sentait quand même un petit peu isolé. Figure-toi que ça se confirme. Même les nominations au Conseil constitutionnel désormais sont protestées. Habituellement, ça passe quand même comme une lettre à la poste. Il y a toujours quelques soupçons de copinage par rapport à ces nominations. On se souvient, par exemple, quand François Mitterrand, en son temps, avait nommé Roland Dumas qui sentait autrement plus le souffre que Richard Ferrand.
Il y avait eu Jean-Michel Debré qui était gardien de la Chiraki ou encore Laurent Fabius avec François Hollande. Mais enfin, là, avec Richard Ferrand, on atteint un niveau supplémentaire de copinage. Et il y a une véritable fronde en fait, un front antiférent qui se dessine. Alors, il y a les juristes, les constitutionnalistes, les spécialistes du droit qui expliquent que, tout simplement, il y en a un peu marre de voir un troisième macroniste nommé en l'espace de quelques temps puisqu'auparavant, il y avait déjà eu Jacqueline Gouraud, ancienne ministre de Macron qui avait été nommée par ses soins.
Ensuite, il y avait eu Valérie Malbec qui est une ancienne magistrate et donc, il y a un petit peu cette idée finalement que le Conseil constitutionnel est un peu devenu une maison de retraite pour accueillir soit des figures de perdants, soit des figures qui sont effectivement en pré-retraite de la politique. Et donc, j'ai posé la question à des spécialistes du droit cette semaine qui sont des éminents juristes qui collaborent souvent pour aider le Conseil constitutionnel à se prononcer et qui m'expliquent que c'est quand même l'instance majeure pour protéger l'État de droit, c'est quand même l'instance majeure pour faire le contrôle des lois et donc que cette nomination pose problème.
Elle pose problème également à la droite, tout simplement. Oui, alors c'est bien le souci parce que mercredi prochain, Richard Ferrand va devoir être auditionné par la commission des lois de l'Assemblée. Alors, il y a deux commissions des lois en fait. Il y a celle de l'Assemblée nationale et il y a celle du Sénat. Et ce sont ces deux instances qui doivent valider ou non du coup sa candidature à la présidence du CC, comme disent les juristes, du Conseil constitutionnel proposé par Macron. Alors, il y a quand même un petit souci, c'est qu'à la base, Emmanuel Macron avait passé un deal avec Gérard Larcher.
Puisque Gérard Larcher détient les clés de l'élection de Ferrand au Sénat où la droite est majoritaire. Le problème, c'est que les sénateurs LR désormais ne sont plus si sûrs de voter pour le candidat du président. Alors, il y a aussi le problème de la droite désormais à l'Assemblée puisque le groupe, c'est ainsi dit, pas du tout favorable à cette nomination. Eux aussi ont un droit de vote. Et donc, les macronistes ne sont plus du tout si sûrs en fait d'avoir une majorité comme ils le pensaient au départ. Alors, il y a 122 élus au total qui vont être appelés à voter. Il y en a 49 au Sénat. Il y en a 73 à l'Assemblée. 62 font partie du socle commun.
Donc, ça va du modem aux républicains à droite. Et 60 sont des opposants. Et il faut à peine 74 voix pour infliger une défaite afférent. et en plus, en réalité, peut-être même moins parce que seuls les votes exprimés sont pris en compte. C'est comme l'émotion de censure. Seuls ceux qui s'encontrent vont voter. Donc, autant te dire que tous les députés de droite ou les sénateurs de droite qui pourraient être tentés de voter contre Ferrand donnent des sueurs au camp présidentiel. Alors, les macronistes essayent de se rassurer en faisant des pointages, c'est-à-dire en allant voir les sénateurs et les députés de droite pour sonder leurs intentions de vote.
On parle d'une dizaine prêts à voter contre au Sénat, peut-être une dizaine aussi de députés du groupe de Laurent Wauquiez. Donc, on peut dire que ça sent quand même le roussi pour Ferrand. Alors, les macronistes essayent de sauver les meubles en disant que ça va quand même passer, mais c'est quand même un résultat difficile.
Hier, Laurent Wauquiez a donné une interview au Figaro, qu'on va voir s'afficher à l'écran, dans lequel il explique que la nomination de Ferrand n'est pas du tout souhaitable et il met en avant un argument intéressant qui finalement est très peu mis en avant évidemment par la macronie mais surtout par la droite, c'est que Richard Ferrand n'est pas seulement un copain d'Emmanuel Macron, il est surtout et aussi un promoteur d'une vision extrêmement extensive de la constitution de 1958. En 2008, il y a eu une réforme qui a été portée par Nicolas Sarkozy. On écoute Nicolas Sarkozy à l'époque.
Je trouve que deux quinquennats, dix ans au pouvoir, c'est immense, c'est fatigant, c'est stressant et c'est sain de devoir partir. Alors l'argument sur lequel on a but de pouvoir parce qu'on ne peut pas se représenter à ça, alors, quel argument curieux ? Dans ce cas-là, il y a toujours le dernier mandat. Moi, quand j'ai été élu président, j'avais cinq ans, j'ai fait la réforme des retraites de 60 à 62 ans la dernière année. Mais alors dans ce cas-là, vous mettez le président à vie. Comme ça, c'est plus ça. Et ça me fait penser à ces étudiants qui ont tout le temps disponible l'année pour travailler mais qui disent non, non, je vais travailler à la dernière...
Voilà, donc à l'époque, en 2008, il s'agissait en fait tout simplement de réformer la Constitution et d'empêcher une tentation, disons, dictatoriale en refusant en fait à un président de pouvoir faire plus de deux mandats consécutifs. Et ça, c'est une limitation qu'Emmanuel Macron n'a jamais supportée et il l'a dit souvent à des proches qui ont fait fuiter ses pensées dans la presse et donc il a toujours dit qu'il regrettait cette limitation. En 2023, en juin 2023, Richard Ferrand donne une interview au Figaro qui met le feu aux poudres et voilà ce qu'il dit, on va voir l'interview s'afficher à l'écran.
à titre personnel, je regrette tout ce qui brille de la libre expression de la souveraineté populaire, c'est ce qu'il explique et il déplore la limitation du mandat présidentiel donc à deux mandats qui corsèdent, je cite, notre vie publique. Alors évidemment, à l'époque, Théo, les propos avaient déjà provoqué un tollé et les oppositions ne se privent pas de se rappeler au bon souvenir du futur ex-président
du Conseil constitutionnel. Enfin, on dit troisième mandat, troisième mandat, mais est-ce que ce n'est pas un peu gros ? Est-ce que Richard Ferrand peut aller au bout de cette logique et au cas où il est installé au Conseil constitutionnel intrigué pour qu'Emmanuel Macron soit candidat en 2027 ?
J'ai posé la question très sérieusement à nos spécialistes du droit et puis aussi à des hauts fonctionnaires. En fait, avant la présidence Macron, c'était de l'ordre de l'impossible, on me dit, mais depuis, tout semble possible. C'était quand même un slogan d'Emmanuel Macron et on rappelle notamment qu'Emmanuel Macron a une conduite quand même assez erratique des affaires de l'État qu'il a décidées notamment une dissolution de manière totalement désordonnée sans mettre au courant ni son Premier ministre en mettant à peine au courant les présidents du Parlement.
Il y a Elbron Pivet, Gérard Laché l'été dernier et puis il y a quand même une crainte en fait, c'est que Macron décide de démissionner pour se représenter dans la foulée malgré l'interdiction des deux mandats. Par exemple, il pourrait décider de démissionner au printemps. À ce moment-là, Ferrand serait à la tête du Conseil constitutionnel, il aurait deux autres membres macronistes avec lui, Jacqueline Gouot et Valérie Malbec. Et qu'est-ce qui dit finalement que le texte de la Constitution serait respecté et ce qui serait toujours sacré avec Richard Ferrand ? Rien n'est moins sûr.
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