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interviewLe Média· 20 janvier 2025 24 min

LE PS SAUVE-T-IL BAYROU POUR DES "MIETTES" ? THOMAS PORCHER CATÉGORIQUE SUR OLIVIER FAURE ET LE NFP

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Invité

Pour ne rater aucune de nos vidéos, n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche. Quand vous voyez la charge qu'a fait M. Bayrou sur les retraites, c'est un agriculteur, c'est un fils d'agriculteur à la base. Il se prend en photo avec son tracteur rouge. Qu'est-ce qu'il veut pour retirer la retraite aux agriculteurs ? Pour faire des économies ? Dire qu'il y a 55 milliards de déficits en ciblant en premier lieu en réalité les fonctionnaires. Et quand vous dites « c'est bizarre que l'État les paye », l'État il a le devoir d'équilibrer les systèmes de retraite. S'il ne le paye pas, ça veut dire quoi ?

0:27
Présentateur

Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'Instant Porché. Avec tous les discours qu'on entend autour de nous, notre meilleure arme c'est de les connaître et de les comprendre. Vous le savez, le média ne vit que par votre soutien, c'est le prix d'une information libre et indépendante. Pour soutenir votre média de manière pérenne, vous pouvez vous abonner à partir de 5 euros par mois ou même devenir sociétaire de notre coopérative. Rejoignez-nous dès maintenant sur soutenez.lemédiatv.fr. Bonjour Thomas.

0:54
Invité

Salut Lisa.

0:55
Présentateur

Alors avec toi aujourd'hui au programme, le PS décide de continuer les négociations avec les macronistes et n'a pas censuré le gouvernement jeudi dernier. On est allé tendre aussi le micro à l'Assemblée nationale mais également à l'Elysée. C'est parti. François Bayrou tend-il la main au NFP ou assistons-nous à une arnaque ? Jeudi dernier a eu lieu le vote sur la motion de censure déposée par une partie du NFP et le PS ne l'a pas voté. Les socialistes ont fait le choix de la négociation avec les macronistes. Ce qui a fait basculer, c'est cette lettre envoyée par le Premier ministre quelques heures avant le vote. Dedans, François Bayrou aborde la réforme des retraites.

Pas de suspension ou d'abrogation mais ce fameux conclave entre les partenaires sociaux. S'il ne trouve pas d'accord, alors la réforme sera remise dans les mains du Parlement alors qu'elle devait revenir à celle de Borne initialement. Le Premier ministre annonce aussi un milliard de crédits supplémentaires pour l'ONDAM, donc la caisse d'assurance maladie. Après le reste, c'est surtout des annulations de mesures que portait Michel Barnier, mais pas encore mises en place comme la suppression des 4000 postes dans l'éducation, les deux jours de carent supplémentaires pour les fonctionnaires, les 500 postes supprimés à France Travail, etc.

Enfin, Bayrou a annoncé une surtaxe provisoire de l'impôt sur les sociétés de 8 milliards. Ça ne ratera pas toutes les baisses d'impôts mises en place par Emmanuel Macron. Cependant, côté écologie, le Premier ministre avance un plan haut majoré de 475 millions d'euros. Thomas, avant de parler de la décision du Parti socialiste et ses conséquences, qu'est-ce que tu penses là des mesures dans la lettre de M. Bayrou ?

2:25
Invité

Alors ce qu'il faut comprendre déjà, c'est que les recettes ont été votées au Sénat. Les recettes de l'ancien budget de Barnier ont été votées au Sénat et sont reprises telles qu'elles par Bayrou. C'est-à-dire que tout ce qui va se négocier va se faire sur la dépense. Et donc si vous retirez un certain nombre de choses qui étaient prévues sur les dépenses, là on parle d'une économie qui se chiffre à un peu plus de 2 milliards, il va falloir faire par un jeu de vaste communiquant des coupes ailleurs. Donc là, dans un premier temps, et c'est le jeu de la stratégie politique, Bayrou se dit « bon, je donne des concessions », mais ces concessions, il ne faut pas être dupes.

Elles vont être rattrapées ailleurs uniquement sur les dépenses et pas compensées par des recettes, puisque les recettes sont prises telles quelles, puisqu'elles ont été votées par le Sénat et il a lui-même dit qu'il prenait telles quelles. Donc la vraie question, c'est, dans tout ça, elle n'est pas vraiment économique, elle est plutôt politique. Que veut le PS ? Bon, le PS veut se détacher de Mélenchon, très clairement, et tenter peut-être son aventure personnelle. Je ne sais pas comment ça se passe à l'intérieur, mais à mon avis, c'est ça.

En pariant sur le fait qu'ils ont deux ans pour trouver une autre voie, parce que si demain, il y a une dissolution, et que là, ils se représentent, normalement, c'est ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon, il leur mettrait des concurrents. Et il y a des risques de perdre leur circonscription, et je pense qu'ils l'ont en tête. Mais là, ils partent du principe que Macron ne démissionne pas, et donc qu'ils ont deux ans pour ouvrir une autre voie. Et le but de Beyrou, c'est aussi de tenir, de jouer la montre. C'est pour ça qu'il dit, voilà, la retraite, c'est des partenaires sociaux, je n'ai pas d'avis, ça va aller jusqu'en mai, tranquille.

Et lui, il essaie de tenir au moins jusqu'en juillet, pour tenir plus que Barnier, et pareil, pour essayer d'imprimer une marque, et peut-être de se présenter en 2027. Donc, il y a beaucoup de... C'est un peu une espèce de grand théâtre. Mais ce que l'on constate dans tout ça, c'est que, voilà, s'il y a des concessions qui sont faites, elles seront rattrapées sur d'autres dépenses. Ça, c'est sûr, puisque les recettes sont déjà là. Et la deuxième chose, c'est que le PS a choisi de sortir du NFP pour aller sur une ligne individuelle.

4:20
Présentateur

Moi, quand j'ai vu cette lettre, je me suis dit qu'il n'y avait aucune mesure dans le sens du programme du NFP, mais plutôt des mesures qui limitent la case du projet pas encore mis en place par Barnier, limitent la case d'un point de vue antilibéral, bien sûr. Les socialistes, eux, ils y voient des victoires quand les macronistes saluent, je cite, « Une nouvelle façon de travailler à base de compromis et d'efforts ». Pour l'instant, c'est surtout le programme d'Emmanuel Macron qui reste, libéral et austéritaire, on l'a déjà dit ici. Avoir les discussions autour du budget, du coup, qui seront fondamentales, où les socialistes ont prévenu qu'ils pourraient censurer à ce moment-là.

Pareil, il faudra regarder. Mais est-ce que... Moi, c'est la question que je me suis posée. Est-ce que François Véroux ne les utilise pas pour feindre de se tourner à gauche ? On est allé traîner le micro à l'Assemblée.

4:59
Olivier Faure

Vous savez, ce qui est nouveau aujourd'hui dans les négociations en cours entre le groupe socialiste, une partie de la gauche et le gouvernement, c'est qu'on accepte de voir à la table du gouvernement des membres de l'opposition, notamment membres aujourd'hui du bloc de gauche. Et donc ça, évidemment, c'est quelque chose de nouveau. Et puis par ailleurs, lorsqu'on fait en sorte de proposer un certain nombre de gages à cette gauche à travers ce cycle de négociations, quand je pense notamment à la suppression des 3 jours de carence, au retour en arrière sur les 4000 suppressions de postes dans l'éducation nationale... Mais ça, ce n'était pas encore des choses effectives. Pardon ?

Ça, ce n'était pas encore des choses qui étaient mises en place. C'était le projet Barnier de base. Alors le gouvernement Barnier entendait, dans ce budget, dans le budget que nous avons censuré, mettre en œuvre tous ces rabais budgétaires. Et aujourd'hui, nous avons obtenu de la part du gouvernement qu'il revoit cette position. François Bayrou a été clair. Il veut désendetter le pays. Et il était au départ difficile qu'il entende faire des compromis à l'égard des Françaises et des Français. Et aujourd'hui, avec la feuille de route qu'il nous a donnée cet après-midi, je vous rappelle que c'est une feuille de route qui nous a été transmise par écrit.

C'est pas rien quand on grave dans le marbre des engagements. Eh bien, je crois que nous sommes dans le bon sens pour que le débat budgétaire puisse démarrer dans de bonnes conditions. Maintenant, le groupe socialiste reste un groupe d'opposition. Et quand on est dans l'opposition, ça veut dire que les outils que nous avons en tant qu'opposition restent des outils activables à tout moment. Et il faut le dire, aujourd'hui, nous pouvons activer la censure dès lors que nous ne trouverons pas notre compte dans le débat budgétaire qui s'ouvre.

Si vous lisez cet après-midi le courrier que le Premier ministre nous a adressé, il ne s'agit pas de miettes quand on parle de revenir sur un certain nombre de mesures parfaitement injustes dans le pays, ne serait-ce que les 4 000 suppressions de postes dans l'éducation nationale, mais en plus d'y rajouter la création de 2 000 postes d'ASH. Par exemple, quand on dit aujourd'hui que dans les hôpitaux, on va remettre des moyens extrêmement conséquents, dans l'hôpital public qui est en déficit budgétaire permanent, je vous le rappelle, eh bien c'est qu'on est à la recherche de solutions qui ne sont pas des miettes.

Et ce que j'attends de voir en tant que parlementaire socialiste, parlementaire d'opposition, c'est aussi de voir quel impact cela va avoir dans nos territoires. Mais je peux vous dire que dans la circonscription où je vis, qui est une circonscription rurale, où la vie est parfois difficile pour les plus modestes, il y aura forcément un impact quand on voit aujourd'hui les mesures sur lesquelles François Bayrou acceptent de revenir. Voilà, il y aura un impact et je serai vigilante à ce que la mise en œuvre de ces mesures soit effective. Si tel n'est pas le cas, je serai la première à le rappeler, vous pouvez en être sûr. Thomas, est-ce que c'est possible

7:53
Présentateur

de trouver des compromis avec le programme libéral, et tu l'as déjà dit, dur d'Emmanuel Macron, ou est-ce que les socialistes ont permis à Bayrou de faire semblant de faire un pas à gauche ?

8:02
Invité

Il y a beaucoup de stratégies politiques là-dedans. Vraiment, quand on écoute le discours, et la députée l'a rappelé, quand on écoute le discours de M. Bayrou, c'est un discours normalement qui n'est pas acceptable, je pense, pour des partis de gauche, parce qu'il commence très fortement sur l'endettement. Il faut désendetter le pays. Mais OK, très bien, pourquoi pas ? Personne... Enfin, la dette n'est pas le problème qu'on nous vend. Et d'ailleurs, aujourd'hui, tout le monde nous rejoint sur ce qu'on disait, parce que tout le monde est en train de dire « Oh, finalement, ce ne sera pas comme la Grèce. Il ne faut pas dire ça.

» Je dirais qu'au prix des membres du gouvernement disent ça maintenant, après avoir dit que les cartes vitales n'avaient plus fonctionné. Bon, on peut vouloir rembourser la dette, pourquoi pas ? Après, il faut trouver les causes de cette dette qui a augmenté et à quel prix on la rembourse. Et quand vous voyez la charge qu'a fait M. Bayrou sur les retraites, ce qu'il nous a dit dans le discours, grosso modo, c'est que l'augmentation de la dette était due à 50% à cause des retraités. C'est ce qu'il nous a dit. Il a fait vraiment des retraites à des piliers de l'endettement de notre pays, ce qui est factuellement faux.

Dire qu'il y a 55 milliards de déficits tous les ans et qu'en cumul sur 10 ans, ça fait 500 milliards, c'est complètement faux. C'est comme si on disait les exonérations de cotisations sociales, c'est 70 milliards par an, et donc c'est 700 milliards en 10 ans, c'est 70% de l'endettement. C'est faux. La plupart des études sérieuses montrent que l'endettement a fortement augmenté après des crises. La crise 2008, la crise du Covid, la crise inflationniste. Alors certes, les États sont toujours endettés, mais dire que cela est dû principalement aux retraites, il y a vraiment une attaque sur un pilier, pour moi, du modèle social et de la dépense sociale, qui sont les retraites.

Et à partir de ce moment-là, pour moi, il n'y a aucune raison de s'aligner de près ou de loin à ce type de gouvernement. Après, moi, je pense que le PS a une stratégie, et sa stratégie, c'est d'avoir une ligne différente pour essayer de s'imposer. Alors je ne sais pas qui a négocié ça, je ne connais pas les arcanes.

9:50
Présentateur

C'était très divisé dans le groupe, il y avait vraiment beaucoup de monde qui était contre...

9:53
Invité

Oui, mais voyez, moi, je vais vous dire la vérité. C'est-à-dire que le PS a toujours eu cette stratégie-là. Il y a eu une parenthèse, ou deux parenthèses, au moment de l'élection de 2022, parce qu'ils avaient un risque très fort de perdre leur poste, et puis à la dissolution, parce que sans les autres partis, ils ne pouvaient pas avoir leur poste. Mais le PS a toujours eu cette orientation d'un parti plutôt réformateur, et ça ne porte pas tant sur l'absence de réforme que l'intensité de la réforme, dans le courant libéral, je parle. Donc on n'est pas étonné. Après, moi, ce qui... C'est les militants, surtout, qui sont trahis, ce qui n'est pas mon cas. Mais qu'est-ce qui va se passer ?

Peut-être la fois prochaine, pour x, y raisons, le parti dominant au NFP, qui reste toujours le parti de Jean-Luc Mélenchon, va avoir besoin du PS, et ils vont refaire leur espèce de truc en se réunissant, en se faisant auto-applaudir, et en se disant non, non, nous serons toujours ensemble, mais parce qu'il y aura des intérêts de poste et d'élection, et pas des intérêts programmatiques. Parce que quand on dit qu'on se fait élire sur un programme et qu'on tient de telles positions après, on ne peut pas dire que ces gens ont une colonne vertébrale programmatique. Ils ont des opportunités de poste, à droite et à gauche, et puis voilà, c'est tout. Et c'est assez désolant pour la politique.

Après, on s'étonne que les gens ne veulent plus voter, mais c'est ça. Et moi, je pense que là, les militants, si la prochaine fois, on leur refait le coup de la grande union main dans la main, je ne sais pas pour quelle raison, il ne faut plus qu'ils soient dupes, parce qu'on voit bien à quoi ça mène.

11:20
Présentateur

En tout cas, le PS dit qu'ils sont encore dans le NFP, que le NFP existe toujours, et que c'est juste des stratégies différentes, mais que le programme ne bouge pas, donc encore une fois, à voir. Les Insoumis, eux, sont assez en colère, et Mathilde Panot a annoncé de conséquences. Les écologistes pointent des différences stratégiques, mais ne souhaitent pas la fin du NFP, ils y sont attachés. Le PS aussi, d'ailleurs, nous indique que ce n'est pas la fin de l'alliance de gauche. Et en attendant, on se perd en conjecture, dispute sur les plateaux et coup de tweets, enfin de X.

Est-ce que c'est un mauvais spectacle, là, qui donne aux électeurs, soit des électeurs de gauche, soit ceux qui ne savent pas où ils habitent ?

11:54
Invité

Encore une fois, ça dépend comment on voit la politique. Si la politique, on le voit comme un programme qui vise à changer la vie des gens, oui, c'est un spectacle pitoyable. Et peut-être, imaginons, je ne sais pas, demain, Emmanuel Macron, imaginons. Demain, Emmanuel Macron se lève, il dit, oh, finalement, j'en ai marre, je démissionne. Les forces en place vont se préparer pour une élection présidentielle. Et là, probablement, qu'on assistera encore à une grande messe de super alliances, tout le monde se serrera la main, tout le monde s'auto-applaudira, et tout le monde oubliera cette séquence-là ou d'autres séquences où les partis n'ont pas voulu faire d'union.

Donc, quand on suit un peu les histoires politiques depuis un certain nombre d'années, c'est très difficile, en fait, de croire encore à ce type d'alliance. On voit très bien, en fait, que c'est des alliances opportunes. Et effectivement, quand les alliances des uns et des autres sont alignées, c'est-à-dire Jean-Luc Mélenchon, Premier ministre, les autres veulent retrouver leur poste, il y a un alignement des planètes, et là, ils y vont ensemble. Mais quand les intérêts ne sont pas alignés comme aujourd'hui, même s'ils ont signé la base d'un programme, etc., parce qu'ils l'ont signé aussi, enfin, ils se sont engagés, on voit qu'ils n'ont pas de parole.

Je pense qu'après, c'est le jeu politique. Et les gens qui s'engagent en politique, c'est aussi des gens qui savent, dans des structures, faire en sorte d'obtenir des postes. Mais après, la question programmatique est une question annexe, en fait. Et on l'a bien vu, puisqu'on peut signer le programme du NFP, puis deux jours après, dire qu'en fait, on ne veut pas l'appliquer, ou pas totalement, ou que finalement, on avait signé sans regarder, etc.

13:16
Présentateur

Je le disais, les partenaires sociaux se sont mis autour de la table pour rediscuter des retraites à l'initiative de M. Bayrou. Le Premier ministre fixe comme objectif de parvenir à un accord d'ici à la fin de mai. La première réunion sur la réforme des retraites a été l'occasion de constater l'ampleur des accords. C'est ce qu'a dit Sophie Binet vendredi, surtout sur l'âge du départ, où là, tous les syndicats de salariés sont d'accord pour ne pas arriver à 64 ans. Thomas, est-ce que c'est aux partenaires sociaux de s'entendre sur les retraites ou pas ? Ou est-ce que c'est un blanc-seing donné au MEDEF comme beaucoup le disent ?

13:47
Invité

À partir du moment où le MEDEF ne veut pas bouger, ça va être difficile d'obtenir un consensus. Enfin, à partir du moment où le MEDEF ne veut pas bouger et que la question budgétaire est cadrée sur ce qui a été fait par Borne, même toute avancée sociale qui viserait-je pas à prendre mieux en compte la pénibilité du travail, l'égalité hommes-femmes ou les carrières hachées, devra avoir une contrainte ailleurs pour combler le trou qui aurait été causé par cette mesure-là. Donc il ne faut pas s'attendre au grand soir. Ça risque d'accoucher d'une souris.

Après, c'est bien d'écouter les partenaires sociaux plutôt que d'écouter un seul, qui est le MEDEF, qui a beaucoup été écouté par François Hollande et par Macron. Il y a très peu de chances qu'on arrive à un accord où on remette complètement en cause l'âge. Moi, Bayrou, il a fait ça pour jouer la montre. Il a fait ça pour ne pas se positionner trop fermement, alors qu'il s'est quand même positionné fermement dans le discours, en disant que c'était factuel, mais on va y revenir. Mais il s'est positionné sur le discours contre les retraites. Mais après, il ne voulait pas trancher sur des questions techniques. L'âge, les nombres de trimestres, etc. Donc il laisse ça aux partenaires sociaux.

Comme ça, il joue la montre. Et il ne vexe pas le PS qui ne va pas le censurer. Je pense qu'il y a une stratégie politique comme ça. Maintenant, sur les chiffres qu'il a utilisés, c'est les chiffres d'une grande malhonnêteté. Dire qu'il y a 55 milliards de déficits en ciblant en premier lieu, en réalité, les fonctionnaires, mais aussi d'autres métiers. Je vais te le dire tout de suite. C'est-à-dire qu'on ne peut pas, à un moment, mettre en place des politiques qui organisent, qui créent les déficits. Quand vous supprimez un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite, un poste de fonctionnaire sur deux qui part à la retraite, vous le supprimez.

Vous avez moins d'actifs fonctionnaires et plus de retraités. Et donc, vous avez un déficit du système de retraite des fonctionnaires. Quand vous pratiquez le gel d'indices, du point d'indice et de la modération salariale, vous alimentez moins la solidarité intergénérationnelle entre les fonctionnaires et les fonctionnaires à la retraite. Et même quand vous, par exemple, libéralisez certains services publics, comme la poste, la poste, il n'y avait que des fonctionnaires. Et maintenant, ceux qui sont recrutés à la poste sont recrutés selon le statut du privé. Donc, tous les gens qui vont à la retraite depuis quelques années et encore pour quelques années sont sur le statut de fonctionnaire.

Mais ils ne sont pas financés par les nouveaux entrants à la poste. Donc, vous créez des déficits. Donc, il y a beaucoup de déficits qui ont été créés par des choix politiques dans la fonction publique. Et quand vous dites, alors, c'est bizarre que l'État les paye, l'État, il a le devoir d'équilibrer les systèmes de retraite. S'il ne le paye pas, ça veut dire quoi ? Mais qu'est-ce que ça veut dire, s'il ne le paye pas ? Qu'il faut couper les pensions de retraite aux fonctionnaires ? Ou qu'il faut les diviser par deux pour diviser l'enveloppe ? Et puis, M. Bayrou, c'est un agriculteur, c'est un fils d'agriculteur à la base. Il se prend en photo avec son tracteur rouge.

Les agriculteurs, ils sont passés de 3,5 millions à 500 000. Donc, ça veut dire que qui est-ce qui finance la retraite aujourd'hui des agriculteurs ? C'est l'État. C'est la compensation démographique. Donc, qu'est-ce qu'il veut ? Bayrou, il veut retirer la retraite aux agriculteurs pour faire des économies. Donc, il faut faire attention aux chiffres qu'on utilise. Vraiment, il faut faire attention. Et lui, il utilise des chiffres biaisés pour faire ce qu'on appelle un effet Dracula, que tout le monde ait très peur et que tout le monde accepte finalement des réformes. Donc, moi, je pense qu'il n'en sortira pas grand-chose. Et Bayrou n'a pas envie d'en faire grand-chose.

Il a juste envie de jouer la montre.

16:53
Présentateur

Justement, quand tu dis que François Bayrou veut jouer la montre, la semaine dernière, on s'est rendu au compte-rendu du Conseil des ministres avec la porte-parole du gouvernement qui nous a dit voilà, on laisse les partenaires sociaux négocier. Par contre, nos conditions, c'est qu'il n'y ait pas de chocs fiscales, donc plus d'impôts pour les grandes entreprises ou les plus riches, mais dans le même temps, qu'il n'y ait pas de charges financières supplémentaires sur le dos de l'État. Donc, c'est littéralement voué à l'échec. C'est la question que je lui ai posée. Elle n'a pas trop répondu. Elle a dit c'est aux partenaires sociaux de décider. C'est eux qui vont trouver les Micmacs.

Mais les Micmacs, ça veut dire même le Misty Gris qu'elle a dit. Donc, ça veut dire quoi ? Ça va être sur d'autres prestations sociales ? C'est ce que j'ai dit.

17:23
Invité

S'il y a des avancements qui vont être compensés par des renoncements. Et ça va être pareil sur l'ensemble de la dépense publique. Comme les recettes ont déjà été votées et qu'elles sont récupérées par le nouveau gouvernement, on ne peut plus rien faire sur les recettes. Donc, ça va porter sur la dépense. Donc, tout ce qui a été donné au PS, soit il le sait, il fait comme s'il ne l'avait pas vu, soit il est idiot. Mais tout ce qui a été donné au PS va être compensé par des coupes ailleurs. Donc, l'arrêt des suppressions de postes dans l'éducation, c'est très bien, bravo. Mais ils vont être compensés ailleurs. C'est obligatoire. Voilà. Sinon, le budget est encore déficitaire.

Ce n'est pas l'objectif de Bayreau. Et ce sera pareil pour les retraites. S'il y a un avancement quelque part, il y aura un renoncement ailleurs puisque c'est contraint, comme il l'a dit, c'est contraint par la réforme faite par Borne et par l'équilibre budgétaire sur la réforme qui a été faite à l'époque de Borne.

18:14
Présentateur

Autre info, et pas des moindres, et c'est très lié à ce qu'on vient de dire. Voici l'évolution depuis qu'Emmanuel Macron est à l'Elysée, comme le montre Maxime Combes. La rémunération des actionnaires, plus 114%. Les dividendes, plus 46%. Les rachats d'actions, plus 286%. Sur la même période, le SMIC brut, plus 19%. Et le salaire moyen brut, plus 15%. L'UMA le montre, en 2024, les 40 plus grosses entreprises françaises ont distribué un montant jamais vu de dividendes, estimé à 98,2 milliards d'euros. C'est la fameuse politique de l'offre d'Emmanuel Macron dont on a parlé plusieurs fois ici.

Et pendant les dividendes records, un autre record, c'est le nombre de plans de licenciement et d'emplois menacés ou supprimés en France. On a donc posé la question à l'Elysée mercredi dernier, à la porte-parole du gouvernement. Lisa Lapp, journaliste pour Le Média. J'ai écouté attentivement ce que vous avez dit sur le budget, sur le refus de choc fiscal ou sur les révisions de croissance. À ce propos, il y a un sujet dont on parle très peu.

C'est qu'il y a plusieurs plans de licenciement, plusieurs centaines plans de licenciement actuellement en France où la Maison-Mère ou encore le groupe ou le donneur d'ordre même sont des entreprises qui font des bénéfices qui ne sont pas en difficulté aujourd'hui. Ces entreprises-là qui ont bénéficié des baisses d'impôts dans l'objectif de relancer l'activité ou l'investissement. C'est ce qu'avait promis Emmanuel Macron. Aujourd'hui, on peut voir que ce n'est pas le cas. Est-ce que c'est un sujet dont vous êtes concerné dans ce nouveau gouvernement, dont vous parlez entre vous ?

Et quelle réponse avez-vous à apporter aux milliers de salariés concernés aujourd'hui par ces plans de licenciement ?

19:42
Invité

En fait, la question que vous posez, elle tient à la fois à la transformation de nos modèles de production qui est une transformation très attendue et très importante et très structurante pour l'avenir de notre puissance économique qui est la décarbonation, qui est la transformation de notre économie vers de nouvelles économies et de nouveaux types de production. On voit bien que les difficultés de l'industrie automobile, par exemple, c'est un sujet d'une industrie assez ancienne. Je vous parle en étant élue d'un territoire de l'industrie automobile et qui, vous avez raison, souffre. C'est notre capacité à nous transformer.

Et la deuxième raison et la deuxième question qui est derrière, c'est la question de l'attractivité et de la confiance que les investisseurs peuvent mettre dans la France pour avoir une activité qui soit une activité pérenne qui demande des investissements très importants. Donc, c'est très important pour ce budget-là, dès ce budget-là, à la fois de donner des gages sur la confiance, la visibilité pour les investisseurs industriels. Sinon, on n'aura pas ce mouvement chompétérien de mort d'une forme d'industrie et de transformation.

C'est très important de donner la confiance et c'est très important de donner la visibilité, notamment fiscale, en termes d'attractivité, en termes de simplification, etc.

21:02
Présentateur

J'écoute bien votre réponse. D'une part, il y a beaucoup de plans d'essentiements qui ne sont pas liés au fait de la transition écologique, etc. Et d'autre part, vous parlez de donner envie aux investisseurs d'investir, etc. Vous l'avez déjà fait depuis 2017, ces baisses d'impôts, etc. Et ça n'a pas fonctionné. Donc là, je demande juste une réponse concrète. Qu'est-ce qu'on dit aux salariés qui sont concernés par les fermetures d'entreprises ou les plans de licenciement, concrètement ?

21:26
Invité

Mais je vais quand même répondre à compléter la réponse que je vous ai faite tout à l'heure. On a un problème de compétitivité qui est un problème de compétitivité qui est reconnu en Europe et qui est reconnu en France. si on n'arrive pas à garder les investissements nécessaires à la transformation de notre industrie. L'industrie, c'est toujours transformé. Donc garder les investissements, garder l'attractivité fiscale, financière, etc. et trouver des axes de compétitivité, là, on aura vraiment de quoi s'inquiéter sur l'avenir de la France. Donc c'est très important que ce budget soit la transposition de ça. Quant aux fermetures d'usines, évidemment, Marc Ferracci est extrêmement attentif.

Donc on travaille sur des repreneurs, on travaille sur la façon dont on peut accompagner l'ensemble des salariés de ces entreprises et on essaie de faire perdurer l'activité

22:18
Présentateur

d'une façon ou d'une autre. Concrètement, comment tu analyses sa réponse ? Parce que moi, j'ai l'impression que j'ai posé une question et que la réponse n'était pas à ma question.

22:26
Invité

En fait, c'est toujours un peu toutes les perles qu'on enfile. C'est-à-dire qu'il faut être compétitif, l'industrie doit investir, il faut donner un cadre pour qu'elle investisse. Alors qu'en réalité, ils ont finalement le meilleur cadre et on se rend compte qu'ils n'investissent pas et qu'ils préfèrent distribuer des dividendes. Et même, en réalité, on peut même fermer des usines en France et ça fait augmenter le cours de l'action et donc ça rémunère beaucoup plus les actionnaires. Donc non, la vraie question de fond, c'est comment on partage à un moment ces bénéfices qui sont majoritairement au profit des actionnaires plutôt que de l'investissement et des salariés.

Et c'est de comprendre que ce n'est pas parce qu'on baisse les impôts que ça se transforme en investissement et en emploi. La preuve, nous l'avons bien vu. C'est-à-dire que toutes les baisses d'impôts qu'a fait Emmanuel Macron, 40 milliards pour les entreprises, elles ne se sont pas transformées en une hausse de PIB massive et en création d'emploi massive. C'est d'ailleurs pour ça qu'il a dû aller réformer le RSA, l'assurance chômage et faire des micmacs pour avoir un beau chiffre. Ce qu'a fait Macron a déjà été fait dans d'autres pays et on a bien vu l'effet que ça a eu. Il n'y a pas eu de ruissellement mais visiblement ce gouvernement, il croit encore.

23:33
Présentateur

Merci à vous, chez vous, d'avoir suivi cet épisode de l'Instant Porcher. J'attrape une dernière fois votre attention avant de se quitter. La situation politique est inédite, historique, de direct par jour, du terrain, du reportage mais aussi de l'enquête. Le Média, c'est 30 travailleuses et travailleurs qui produisent de l'information au quotidien. Vous le savez, Le Média ne vit que par votre soutien, c'est le prix d'une information libre et indépendante. Pour soutenir votre Média de manière pérenne, vous pouvez vous abonner à partir de 5 euros par mois ou même devenir sociétaire de notre coopérative. Rejoignez-nous dès maintenant sur soutenez.lemédiatv.fr.

Spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux, je vous dis à la semaine prochaine. Sous-titrage Société Radio-Canada