Face à Face : Gérald Darmanin - 12/06
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, RMC jusqu'à 9h, Apolline Matin, face à face. Et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Gérald Darmanin. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le ministre de la Justice. Vous écrivez aujourd'hui aux députés, aux syndicats, aux chefs de parti pour les consulter sur votre révolution pénale. Grande réforme de la justice qui pourrait donc être discutée dès septembre avec notamment la simplification des peines, la suppression des aménagements de peines obligatoires, la fin du sursis, les peines minimales. Vous appelez donc à cette révolution et on va y revenir dans un instant.
Mais vous avez sans doute entendu les propos de la maire d'Elias, Stéphanie, qui était à ce micro mardi matin. La mort d'Elias aurait-elle pu être évitée ?
En tout cas, tout n'a pas été fait, de ce que j'en sais, pour que notre code des mineurs, notre code pénal, notre fonctionnement de la justice et de la police puissent garantir la sécurité la plus importante. Elle n'est jamais totale à tous les parents de France. J'ai reçu la maman et le papa d'Elias. Je les ai trouvés d'une très grande dignité. Ils veulent connaître ce qui s'est passé, les dysfonctionnements. Pour la première fois dans une affaire en cours, j'ai demandé à l'inspection de la justice de pouvoir, c'était sa demande à la maman d'Elias, rendre des conclusions publiques sur ce qui s'est passé. Ça arrivera au mois de septembre. J'ai accédé à sa demande tout à fait légitime.
Et comprendre que les deux personnes, les deux gamins, les deux assassins de son enfant, qui étaient déjà connus six fois et douze fois...
On va y revenir parce que c'est précisément de ça qu'il s'agit. Est-ce que vous utiliseriez, vous, vous venez de le dire dans les propos de la mère d'Elias, dysfonctionnements ? Est-ce qu'il y a des dysfonctionnements ?
Il y en a notamment un, moi, qui m'a beaucoup choqué. C'est le fait que ces deux assassins potentiels, ces deux gamins qui étaient déjà très connus du service de police, n'avaient pas le droit de se rencontrer. C'était la mesure d'assistance éducative qui était prononcée. Et ils étaient ensemble. D'abord, ils n'habitaient pas très loin de l'autre, mais surtout, ils étaient ensemble. Et si jamais un policier les avait rencontrés avant qu'ils rencontrent Elias, ils ne se seraient rien passés. C'est-à-dire qu'on aurait constaté qu'ils avaient... Mais je vais vous dire, ça a été le cas. Oui.
Ça a été le cas. Ils ont été rencontrés. Ils n'ont été rencontrés pas une fois, pas deux fois. Ils ont été rencontrés toutes les semaines.
Non, mais par ailleurs, il y a d'autres dysfonctionnements. Par exemple, cette mesure prononcée par la justice n'était pas dans la connaissance des policiers, dans ce qu'on appelle le FPR, le fichier des personnes recherchées. Donc, quand bien même il y aurait eu un contrôle, il n'est pas certain que les policiers ou les gendarmes auraient constaté qu'ils violaient leurs mesures d'assistance éducative. Mais imaginons que le policier le connaisse, et il aurait rencontré ces deux gamins, il aurait dit, vous n'avez pas le droit d'être ensemble. Eh bien, il n'y a pas de sanction qui est prévue aujourd'hui, dans le Code des mineurs, quand on viole sa mesure d'assistance éducative.
Genre, tu n'as pas le droit d'être avec ton copain, avec qui tu as déjà fait des 400.
Donc, en fait, tu n'as pas le droit, mais si tu le fais, il t'arrivera pas.
Eh bien, en fait, c'est une mesure prononcée par l'autorité, nous, l'État, la justice, et puis il n'y a pas de conséquences quand on viole cette autorité. On a des enfants, beaucoup d'entre nous, quel que soit leur âge, si on leur dit quelque chose et qu'ils ne le font pas, et qu'il ne se passe rien, nous ne faisons pas une bonne éducation. Moi, je suis favorable à ce que ce soit l'éducation avant la répression pour les mineurs. Chacun le comprend. Un mineur n'est pas un majeur. Mais lorsque les mesures d'éducation sont violées, et qu'il n'y a aucune conséquence par la justice, évidemment, tout ça est incompréhensible, et ça crée des drames que connaissent terriblement les parents d'Elias.
La question de l'application, la question des conséquences, souvent...
Alors, je voudrais juste vous dire que ça, ça a déjà été corrigé quelques jours après la mort terrible d'Elias. Dans la loi que portait Gabriel Attal, je l'ai fait modifier...
Sur la justice des mineurs.
Exactement. Alors, j'ai mis beaucoup d'autres mesures qui rajoutent les très bonnes mesures de Gabriel Attal, notamment la mesure de... Si on viole la mesure d'essence éducative, alors il y a sanction, évidemment. Un couvre-feu juste après les cours généralisés, comme en Espagne, et bien d'autres mesures, comme la comparution immédiate des mineurs.
Donc, il y a la question de l'application, et il y a la question de la lucidité. Quand, effectivement, la maman d'Elias regarde se pédigrer, ces 15 comparutions, ces 15 faits minimums pour chacun des deux jeunes qui étaient connus depuis 2021, la mort d'Elias, c'est 2024. Ils étaient même tellement connus de la police parce que quand nos méshommes ont vu Elias à terre, ils ont immédiatement pensé à eux. Ça, c'est ce que dit Laurent Nunez. Et à cela, on lui répond qu'il y a un manque de moyens. Écoutez la mère d'Elias.
Lorsque nous sommes avec nos avocats et que nous voyons successivement tous les délits, tous les vols avec violence réitérés depuis 2021, et qu'en 2023 et 2024, la décision des juges des affaires familiales est une mesure de non-regroupement, alors que tout simplement, si vous prenez un téléphone, une carte, vous notez leurs adresses, ils habitent. L'adresse n'est pas la même, mais ils habitent dans la même résidence. Les juges nous expliquent en permanence qu'ils n'ont pas de moyens. Lorsqu'ils prennent cette décision, ce n'est pas un manque de moyens, c'est un manque de lucidité.
En fait, l'interdiction est absurde puisqu'effectivement, ils habitent quasiment côte à côte dans la même résidence. Mais en plus, vous nous dites ce matin qu'elles n'étaient de toute façon sans aucune conséquence et même pas appliquées. En fait, il n'y a rien qui va.
Il y a beaucoup de jeunes qui sont sauvés grâce au travail de l'État, des magistrats, des agents de la PJJ. Ils étaient suivis par la PJJ. Oui, et d'ailleurs, la PJJ avait fait des rapports qui étaient tout à fait conformes à la dangerosité.
Mais à quoi ça sert des rapports ? Si rien ne se passe.
On verra ce que dira l'inspection. Mais manifestement, la PJJ a très bien fait son travail. Ce qui est sûr, c'est que lorsqu'il y a la mort d'un enfant et on est père et mère de famille, c'est un drame. Et dans le cas d'Elias, la société, l'autorité de l'État doit se remettre en cause. Moi, je ne suis pas de ceux qui disent que il n'y a rien à voir. Je suis pour les peines minimales, même pour les mineurs. Et dans ce cas précis, puisqu'ils ont été connus 12 et 6 fois, 12 et 6 fois sans être jugés, je pense qu'une peine minimale aurait été intéressante pour l'éducation, parce que la répression, c'est aussi une forme d'éducation.
La deuxième des choses, c'est qu'il y a manifestement un manque de bon sens. On verra ce que dira exactement le rapport d'inspection. Mais ce que nous explique la maman d'Elias tombe sous le coup du bon sens. Mais il y a aussi un manque de moyens. Et je l'ai dit, la maman d'Elias, un juge pour enfant, il n'y en a pas beaucoup en France. Et il a à peu près 450 dossiers par juge. Donc, il essaye de prioriser. Et dans les 450 dossiers, parfois, on se trompe. Parfois, on n'a pas assez d'éléments. Parfois, on termine à 22h, 23h. Et on a commencé très tôt le lendemain matin. Et on n'a pas les moyens de pouvoir juger, jauger, d'avoir toutes les informations.
Donc, il faut absolument augmenter aussi le nombre de magistrats. C'est ce que j'ai fait. Arrivant, place Vendôme, j'ai dit qu'il y avait deux priorités. La lutte contre la drogue et la protection des mineurs. J'ai augmenté de 50 le nombre de juges pour enfants. Et je ferai prochain une augmentation similaire. Il faut aussi augmenter le nombre de magistrats pour enfants. Il y a 12 000 gamins qui sont suivis. parce qu'ils sont des mineurs potentiellement délinquants. Et il n'y en a que 600 à 700 qui sont soit dans les prisons pour mineurs, soit dans des centres éducatifs fermés.
Nous voyons bien qu'il y a une différence extrêmement importante entre les gamins qui sont très accompagnés par la justice et puis ceux qui sont à l'extérieur dans des familles totalement décomposées. Ce n'est pas une excuse. Il faut que nous soyons extrêmement réactifs, beaucoup plus fermes. La Maman Delia ça a raison de le dire. Mais les magistrats pour enfants, pour une très grande partie d'entre eux, font un travail absolument fort.
Il y a la question du bon sens, il y a la question de la fermeté, de la sanction et de l'application réelle. Et puis il y a la question de la récidive. Hier matin, je recevais François Mollins, ancien procureur de la République près de la Cour de Cassation. Et il a avoué dans une forme de désarroi, en tout cas, c'est ce que ça m'a laissé comme impression, une forme d'impuissance face à la question de la récidive.
On ne sait pas prévenir dans notre pays la réitération et la récidive. Et même en envoyant des gens en prison.
Mais quand on reprend les faits, est-ce que c'est unique ? On est unique dans un pays
dans lequel vous avez 30% des sortants de prison qui réitèrent la première année et 60% dans les cinq ans.
On ne sait pas faire. Le taux de réitération observé dans les cinq années de la première condamnation est supérieur à 50% pour les mineurs, primo-délinquants.
Et c'est 70% sans doute pour les gens qui sortent de prison et qui sont majeurs. Donc oui, c'est un échec, je l'ai dit quasiment dès mon arrivée place Vendôme. Et du coup, je propose de changer, c'est ça la révolution pénale, changer la façon de faire. Au lieu d'être très dur, parce que la justice peut être très dur avec des gens qui sont multirécidivistes et les envoyés en prison quand on les connaît depuis 5 fois, 10 fois, 15 fois, il faut être très dur au premier fait. C'est pour ça que je veux mettre en place une peine minimale. Une partie des magistrats, des syndicats de magistrats sont contre. J'ai entendu des expressions d'ailleurs de M. Molins.
M. Molins est totalement contre la peine minimale. Il estime que ça va contre l'individualisation
de la peine. Alors, c'est tout à fait faux parce qu'il y a une peine maximale dans le code pénal. On est condamné à jusqu'à 50 prisons et 75 000 euros d'amende, par exemple. Il n'est pas normal d'avoir une peine minimale. Et entre temps, entre la peine minimale et la peine maximale, le magistrat sera libre d'individualiser la peine. Mais comme les peines de plancher à l'époque étaient tout à fait constitutionnelles, même si je ne les reprends pas puisqu'elles ne touchaient que les récidivistes. Moi, je propose de toucher au premier fait. Mais vous voyez, il y a une sorte d'incohérence à dire qu'on est totalement incompétent manifestement pour lutter contre la récidive.
Et ce constat est tout à fait vrai. Il devrait nous interpeller et puis dire qu'il ne faut rien faire. Voilà. Donc moi, je suis là pour faire des choses. Les magistrats, ils appliquent loyalement la loi. Si la loi change, je n'ai aucun doute qu'ils appliqueront loyalement la loi. Donc, ce que je propose partant de ce constat, je ne reste pas les bras ballants en me disant « Ben voilà, on ne peut rien faire ». Je suis ministre de la Justice. Je propose la révolution qui consiste à taper très fort dès les premiers faits. Mais chacun le sait aussi que les gens qui sont délinquants ou criminels importants ont commencé par des petits faits.
Et comme on ne les a pas arrêtés, puisque ni la police, ni la justice, ni les parents, ni l'autorité, ni l'école m'ont dit « Bon, maintenant, ça suffit, stop. Et tu seras sanctionné. » Ils ont fait des mauvaises fréquentations. Ils ont fait des faits un peu plus graves, puis un peu plus graves, puis un peu plus graves. Et quand ils sont très récidivistes, là, on les condamne et on les envoie en prison. En prison, ils font quelques années de prison. Ils sortent. Et qu'est-ce qu'ils font ? Ils sont récidives parce qu'ils sont désocialisés.
En fait, vous voulez inverser ce qui existe actuellement.
Exactement. Je veux faire l'inverse de ce qui existe actuellement qui ne marche pas. Dès le premier fait, une peine minimale, évidemment, la personne est reconnue coupable, bien sûr. Dès les premiers faits, dans les infractions comme les rodeos urbains, comme les vols de véhicules, comme les vols de portefeuille, comme les agressions physiques les plus lambda que les Français malheureusement connaissent, les ports d'armes comme les ports de couteau, par exemple, dès les premiers faits, il faut condamner fortement. Ce n'est pas forcément et systématiquement à la prison. La peine minimale, c'est une peine. Ce n'est pas forcément et systématiquement à la prison.
Mais ça peut être aussi la prison. Ça peut être des peines de 15 jours, de 3 semaines, d'un mois.
De quelques jours même ?
Aujourd'hui, c'est totalement interdit par notre code pénal.
Aujourd'hui, si vous n'êtes pas condamné à un an, vous n'y allez pas. Et encore plus d'un an,
vous n'y allez pas systématiquement. On a un système un peu absurde où la personne arrive dans le tribunal, le juge dit vous êtes condamné à 9 mois de prison. Le type se retourne vers son avocat et dit je vais en prison et l'avocat ne l'en rend pas du tout. Le mot c'est absurde. Ma maman qui est à Voix-du-Nord, elle ne comprend pas. Elle ne comprend pas pourquoi la personne qui a fait un méfait dans la rue, il est condamné à 9 mois de prison. Elle le voit le lendemain matin dans les rues de Tourcoing. Elle ne le comprend pas et elle a raison de ne pas comprendre. Donc si on est condamné en France à 6 mois de prison, on doit aller 6 mois en prison.
Gérald Darmanin, le mot absurde que vous venez de dire, c'est le mot qui moi me frappe depuis le début de cette semaine, depuis que j'ai écouté la maman d'Elias. Absurde. On a l'impression d'un décalage entre des théories mais ça fait combien de temps qu'on est dans cette logique où on vous dit que vous allez en prison ou vous n'y allez pas ?
Ça fait longtemps puisque des gouvernements de droite et de gauche ont mis ça en place jusqu'à la majorité actuelle. Moi j'ai souvent combattu. Pourquoi ils l'ont essayé de le faire les ministres de la justice précédents ? On peut les comprendre. Ils ont essayé de dire la prison n'est pas un endroit très sympathique, c'est moins qu'on puisse dire. Ce n'est pas le Club Med. Ça c'est tout à fait vrai. C'est très dur la prison. Et donc plutôt que d'envoyer les gens en prison à moins d'un an de prison, on va faire des aménagements de peine. Le travail d'intérêt général, le bracelet électronique.
Mais les magistrats, comme ils voient que la délinquance a augmenté et qu'ils voient parfois 10 fois, 15 fois, 20 fois une personne qui roule bourrée au banc de son véhicule, au bout d'un moment, ils mettent une peine très importante, par exemple un an et demi de prison, pour être sûr qu'ils y aillent. Du coup, les mesures plus, je ne dirais pas laxistes, mais plus modérées de dire tout le monde ne doit pas aller en prison parce que c'est très très mauvais la prison, en fait on conduit à avoir beaucoup plus de gens en prison. C'est quoi ? C'est de l'idéologie ? Non, je ne pense pas. Je pense qu'ils ont essayé quelque chose qui n'a pas marché. Donc il faut juste changer ce qui n'a pas marché.
Pourquoi je vous dis ça ? Je vous dis ça parce que
dans la surpopulation pénale que dénonce une partie d'ailleurs des syndicats de magistrats, et ils ont raison, il y a 82 000 détenus pour 60 000 places. C'est scandaleux. Une grande partie de cette surpopulation est due aux peines plus importantes que prononcent les magistrats. Il y a le même nombre de gens qui rentrent chacun en prison depuis ma année de naissance, 1982. Mais il y a beaucoup plus de gens qui restent longtemps en prison parce que notre système est fait de telle sorte complexe et absurde que les gens restent plus longtemps en prison alors qu'ils sont récidivistes et nous ne condamnons pas fermement les premiers faits pour les empêcher d'aller en prison et de recommencer.
Est-ce que vous êtes vraiment d'accord, vous et les juges ? Vous dites notamment cette phrase de la prison ferme réellement effectuée, parfois dès les premiers délits. La procureure de la République de Paris, Laure Bécuot, que je recevais ici même vendredi dernier, elle, elle dit il ne faut plus penser la prison comme la peine de référence pour la petite délinquance. Est-ce que le problème il n'est pas celui-là ? Non mais moi je n'ai pas à être d'accord avec les juges,
moi je fais de la politique. J'ai été élu...
Enfin les juges ils ont quand même besoin d'être d'accord avec vous, non ?
Les juges, les magistrats qui sont des gens formidables et dont l'indépendance est garantie par la Constitution et dont je suis le garant appliquent loyalement la loi. Ils ont le droit d'avoir des opinions personnelles, je les respecte fortement. Mme Brugère que vous allez recevoir dans quelques instants ne pense pas pareil. Je pense que M. Molins par exemple. Et c'est normal et c'est logique. Mais moi je fais de la politique. J'ai été élu par la population à plusieurs reprises. Le jour où je suis battu je resterai chez moi et je ne donnerai plus mon avis. Mais pour l'instant les gens de Tourcoing me font confiance et m'élisent.
Je suis là pour modifier, pour proposer des modifications de la loi. Je ne suis pas seul. J'ai l'Assemblée nationale et le Sénat. Je vais voir s'ils me suivent. Si l'Assemblée nationale et le Sénat modifient la loi comme je la propose, les magistrats ils feront ce que la Constitution leur demande de faire. Ils appliqueront la loi loyalement. Les juges ils appliquent la loi. Ils sont la bouche de la loi. Donc après chacun peut avoir son avis personnel. Moi je pense que lorsque les gens commettent des actes de délinquance, ils doivent aller en prison lorsque le magistrat considère qu'ils sont dangereux pour l'extérieur de la société.
La prison c'est pour les dangereux ?
Alors je pense que devrions d'abord catégoriser les personnes ce que nous ne faisons pas. Par exemple dans les prisons françaises il y a 50% de gens qui sont là pour violences aux personnes et il y a 50% de gens je caricature qui sont là pour les violences aux biens. Et il y a des gens qui font des violences aux personnes qui sont dehors. On l'a vu notamment lors des manifestations qui sont très mal passées dans le public à ce soir de la finale du PSG. Moi je peux comprendre le magistrat qui dit mais attendez il y a déjà trop de monde en place de prison je ne vais pas envoyer des gens alors qu'il y a déjà ces populations carcérales. Peut-être que nous pourrions modifier les choses.
Ceux qui doivent aller en prison en premier lieu c'est des violences aux personnes. Quand on s'attaque à une femme à un policier à un juge à un douanier à son professeur on doit aller en prison. Quand on fait des violences physiques on doit être privé de sa liberté
dans la société. Ça veut dire quand je vous écoute que tous ceux qui étaient effectivement dans ces violences urbaines physiques des soirs du PSG doivent aller en prison.
Moi je pense que des violences physiques je pense que quand on s'attaque à un policier physiquement.
Mais vous l'avez vu il n'y en a quasiment aucun qui vont y aller.
C'est pour ça que je vous propose la modification de la loi. Dès mon arrivée à Place Vendôme j'ai pris une circulaire de politique pénale. J'ai demandé au procureur de la République elle est connue cette circulaire je l'ai rendue publique. Elle fait trois pages c'est moi qui l'ai écrit tout seul quasiment en français je crois de bon sens et correct. Je leur dis je vous demande de prendre des réquisitions de prison ferme pour les personnes qui font violence contre les personnes et pour les trafics de drogue. Voilà ça c'est mes deux priorités de politique pénale violence contre les personnes et trafic de drogue.
Après le parquet fait son travail et puis il y a le siège qui librement et en toute indépendance décide. Mais il décide selon quoi ? Selon la loi. La loi aujourd'hui ne dit pas ce que je vous dis. Donc nous allons modifier la loi je vais proposer de modifier la loi pour que toute personne qui attaque une autre personne et encore plus quand on s'attaque un policier un enfant un professeur un médecin on aille en prison même quelques semaines. Alors aujourd'hui la loi c'est vrai empêche le magistrat de le faire donc nous allons modifier la loi.
Dans tout ça vous voulez être président ?
C'est-à-dire ?
C'est-à-dire vous voulez être président de la République vous commencez vous avez lancé hier la courte
Je veux influencer le cours de la vie de mon pays bien sûr sinon je ne ferais pas de politique.
Est-ce que c'est le moment alors que vous êtes ministre de la justice de vous lancer notamment hier soir c'était sur la question des retraites sur la manière dont il fallait peut-être mettre en place un fonds de capitalisation est-ce que c'est possible de faire ça en même temps ?
Évidemment puisque là nous nous battons pour avoir des crédits budgétaires pour la justice la justice c'est un petit budget c'est à peine 11 milliards d'euros
C'est un problème d'ailleurs ?
Oui c'est pour ça que je me bats et je sais qu'Amini de Manchalin m'écoutera et respectera à l'euro près la loi de programmation de la justice d'ailleurs je vais dire aux magistrats aux agents de la PJ aux agents de la pénitentiaire que j'ai obtenu un immense budget supplémentaire par rapport à mon prédécesseur Didier Migaud et j'espère que nous respecterons à l'euro près les centaines d'emplois supplémentaires qu'avait prévu Eric Dupond-Moretti mais par ailleurs si on veut financer ce budget de la justice le budget de l'éducation nationale le budget de la défense il faut que nous fassions des efforts sur le budget social
Qu'est-ce que vous auriez de plus que Bruno Retailleau ou Edouard Philippe ?
Mais c'est pas comme ça qu'il faut voir les choses pour l'instant c'est les idées qui comptent non le concours de beauté est assez peu intéressant bien sûr il y a des gens qui nous trouvent plus sympathiques répondent au sondage avec qui vous voulez prendre une idée ou partir au camping
pourquoi vous ?
D'abord je ne suis pas candidat en tant que tel je propose des idées je constate que les idées que je propose ne sont pas toujours reprises par d'autres la révolution pénale que je propose n'est pour l'instant pas reprise par d'autres le fait de dire je pense qu'il ne faut pas toucher les 64 ans pour partir en retraite mais on ne doit pas modifier non plus les 64 ans moi je ne suis pas pour aller au-delà de 64 ans de retraite parce que les gens qui travaillent sont parfois très abîmés par la vie les femmes de ménage les agents de sécurité privés les gens qui travaillent dans la restauration dans le BTP c'est très dur pour eux par contre il ne faut pas travailler plus pour les français ils travaillent déjà beaucoup les français il faut travailler tous il y a plein de gens qui ne bossent pas il faut les forcer à aller travailler c'est pour ça que personnellement plutôt que de repousser l'âge de la retraite je ferai une grande réforme de l'assurance chômage aujourd'hui c'est 18 mois d'indemnisation qu'on est au chômage
vous les réduire à 6 mois
entre 6 et 9 mois
et après c'est fini
dans le nord il y a 48 heures un restaurateur me dit vous savez le soir monsieur le maire je fermais à l'époque que vous n'étiez pas encore parce qu'il n'y avait pas assez de clients maintenant je ferme parce que je n'ai pas assez de serveurs qu'est-ce que je peux répondre à ce monsieur j'entends du chômage dans ma commune il faut que ces gens aillent travailler donc il faut forcer les gens à aller travailler donc les français on ne va pas leur dire chaque année vous devez travailler plus longtemps en retraite 64 ans c'est très bien il ne faut pas revenir en arrière il faut dire à tout le monde de travailler
donc vous mettez vos idées sur la table Bruno Retailleau Edouard Philippe font pareil et à la fin comment on tranche ?
on verra bien c'est dans deux ans
enfin c'est pas dans deux ans le moment où on tranche c'est avant
non c'est dans deux ans deux ans en 1995 quand j'étais plus petit c'était Baladur qui devait gagner ça a été Jacques Chirac deux ans avant 2002 c'était Lionel Jospin ça a été Jacques Chirac deux ans avant 2007 Dominique de Villepin taillait des croupières à Nicolas Sarkozy deux ans avant 2012 tout le monde disait que c'était M.
Strasskane qui serait élu bon donc aujourd'hui on doit travailler pour la France pour ça que je remercie sous l'autorité du président du premier ministre de faire des choses concrètes notamment la matière pénale les prisons de haute sécurité pour narcotrafiquants dans un mois elles existent et puis bien sûr donner son avis sur tous les autres sujets parce que je fais de la politique et après les français se trancheront naturellement et on se mettra tous derrière celle ou celui qui pourra gagner et j'espère changer notre pays
Merci Gérald De Darmanin d'avoir répondu à mes questions ce matin Merci à vous ministre de la Justice il est 8h52 sur RMC BFM TV
Gérald Darmanin