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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 14 avril 2022 71 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

Contre-Matinale #126 | Quand Macron courtise "ceux qui ne sont rien"

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 11 %Attaque 66 %Défensif 24 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 9:51OuverteRéponse directe

    Comment expliques-tu la percée de Jean-Luc Mélenchon dans les quartiers populaires ?

  • 14:08OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que cette initiative marque comme tournant dans l'histoire des luttes des quartiers populaires ?

  • 17:21OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui a manqué à Jean-Luc Mélenchon pour faire un score encore plus grand dans les quartiers populaires ?

  • 20:10OuverteRéponse directe

    Doit-on craindre que la mobilisation massive dans les quartiers populaires en faveur de Mélenchon se traduise par un record d'abstention ?

  • 28:21OuverteRéponse directe

    Ces habitants des quartiers populaires sont-ils voués à être définitivement assignés à ce rôle de constituer un barrage républicain ?

  • 31:36OuverteRéponse directe

    Un discours sur l'identité nationale qui serait menacée, c'est ça dont tu parles ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:02PrésentateurChiffre
    « plus de 400 organisations, partis politiques, syndicats, étudiants »
  • 5:27PrésentateurFait
    « introduire la préférence nationale et la fin du droit du sol, que seul Pétain a remis en cause depuis 1889 »
  • 8:05PrésentateurChiffre
    « Moins de 400 000 voix, soit 200 000 de moins qu'en 2017 »
  • 10:36InvitéFait
    « on a déjà eu des scores très élevés pour un candidat, notamment Hollande contre Sarkozy »
  • 11:01InvitéFait
    « les quartiers populaires sortent de cinq années de présidence Macron qui ont été extrêmement difficiles »
  • 12:15InvitéFait
    « Des questions d'écologie qui sont assez présentes dans le programme de la France insoumise »
  • 17:37PrésentateurChiffre
    « 30,21% en Seine-Saint-Denis »
  • 31:13InvitéFait
    « c'est d'avoir gagné la bataille culturelle »
  • 31:22InvitéFait
    « la bataille culturelle c'est le récit, c'est la narration, c'est la symbolique, c'est l'imaginaire »
  • 31:44InvitéFait
    « ce discours sur la pureté du peuple »
  • 31:47InvitéFait
    « ce discours sur les populations inassimilables »
  • 31:49InvitéFait
    « ce discours sur la nature foncièrement mauvaise de telle ou telle minorité »
  • 31:54InvitéFait
    « ce discours sur la France qui serait grand remplacé »
  • 35:13InvitéFait
    « Les médias ont déjà réélu Macron »
  • 35:15InvitéFait
    « Ils ont inventé le mandat de 10 ans »
  • 35:38InvitéFait
    « un gouvernement vote une loi sur le secret des affaires pour arranger ses potes »
  • 36:10InvitéFait
    « Pas du tout, c'est la politique qu'il a menée à favoriser l'extrême droite »
  • 38:51PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron se dit prêt à reporter l'âge légal de la retraite entre 63 et 64 ans »
  • 39:00PrésentateurFait
    « le président de la République est aussi prêt à toutes les compromissions pour attirer le vote des musulmans »
  • 39:11InvitéFait
    « Je veux une France qui lutte résolument contre le séparatisme islamiste mais qui par la laïcité permette à chacun de croire ou de ne pas croire, d'exercer son culte »
  • 39:51InvitéFait
    « Mais pourquoi cela nous insécurise ce voile c'est que ça n'est pas conforme à la civilité qu'il y a dans notre pays »
  • 40:35InvitéFait
    « Je ne suis pas moi personnellement heureux que ce soit ainsi mais je ne veux pas faire une loi qui l'interdise dans la rue parce que ce serait contre-productif »
  • 45:22InvitéFait
    « c'est Macron qui l'instaure »
  • 46:49InvitéFait
    « dans la vidéo on parle juste du blocus que vivent les Gazaouis »
  • 48:32InvitéFait
    « une association d'aide juridictionnelle aux personnes victimes d'islamophobie »
  • 49:05InvitéFait
    « il était interdit de parler d'islamophobie et que toute personne qui parle d'islamophobie incite à l'islamophobie »
  • 51:18InvitéChiffre
    « 718 organisations musulmanes »
  • 53:28PrésentateurChiffre
    « plus de 90% d'entre eux auraient voté pour Emmanuel Macron »
  • 53:35PrésentateurChiffre
    « 200 000 auraient voté pour Le Pen »
  • 59:30InvitéFait
    « il a besoin du vote musulman »
  • 59:49InvitéFait
    « le foulard est compatible avec la république »
  • 1:01:37InvitéChiffre
    « il nous propose la retraite à 63 ans, 64 ans au lieu de 65 ans »
  • 1:05:29InvitéChiffre
    « 718 associations organisations ont été dissoutes »
  • 1:05:34InvitéChiffre
    « 46 millions d'euros ont été gelés »
  • 1:06:56InvitéFait
    « je suis tentée par l'abstention »

Temps de parole

  • Invité35 %
  • Invité 232 %
  • Présentateur30 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:04
Présentateur

Bonjour à toutes et tous. J'ai le plaisir de vous retrouver pour la dernière contre-matinale de la semaine qui nous rapproche du second tour. Il nous reste dix jours pour décider du destin de la France durant ces cinq prochaines années. Le mois d'avril est aussi une échéance importante pour le média. C'est notre survie qui est en jeu si l'on ne parvient pas à pérenniser nos finances. La campagne d'abonnement est toujours en cours. Nous avons besoin d'enregistrer désormais 3000 nouveaux abonnements à hauteur de 5 euros par mois ou plus pour continuer notre activité. C'est un défi que nous pouvons aisément relever ensemble. Rendez-vous sur le médiatv.fr slash soutien. Il est 7h37.

Vous regardez ou écoutez la contre-matinale du Média épisode 126. C'est parti. On continue de commenter les résultats du premier tour. Aujourd'hui, hier, nous avons parlé de la percée de Jean-Luc Mélenchon dans les territoires d'Outre-mer. Le leader de la France insoumise a également conquis les quartiers populaires qui se sont massivement mobilisés derrière le candidat.

Nous parlerons de cette adhésion des quartiers populaires avec le sociologue Marwan Mohamed avant de recevoir la journaliste Ouïdette Ketfi qui a tant de choses à nous dire sur le barrage républicain que les quartiers populaires et l'électorat musulman semblent bouler malgré les efforts des deux candidats à l'entre-deux-tours pour artirer leur vote. Sans plus attendre, place à la titrologie. Le Média s'incruste dans la titrologie et met un petit coup de projecteur sur trois actualités. Tout d'abord sur cet appel de la marche des solidarités à l'organisation de manifestations sur tout le territoire ce samedi 16 avril avec plus de 400 organisations, partis politiques, syndicats, étudiants.

Après cinq ans de Macron au pouvoir, l'extrême droite n'a jamais été aussi haute électoralement. En effet, les politiques antisociales menées par les gouvernements successifs et politiques liberticides du gouvernement Macron ont favorisé l'extrême-droitisation de la société. Samedi 16 avril s'organise donc la résistance pour dire non au fascisme et au racisme. Une autre résistance s'organise également. Quelques centaines d'étudiants venus de plusieurs facs parisiennes avec la coordination antifasciste universitaire ont pris le contrôle d'une partie de la Sorbonne ce mercredi après un appel à une assemblée générale contre l'arnaque du deuxième tour.

Révoltés contre le scrutin de ce week-end et du système politique actuel, ils dénoncent un second tour de présidentielle dans lequel ils ne se sentent pas représentés. Dans les couloirs, des tags implacables, ni Macron ni Le Pen, le fascisme tue, combattons-le, ou encore, pierre par pierre, nous détruirons Emmanuel Macron. On a été tagué. En parallèle, certaines issues ont été bloquées par des amoncellements de tables et de chaises. Dans l'un des imposants amphithéâtres de la fac, réquisitionnait pour l'occasion, on débat sur la conduite à tenir et sur la suite à donner aux événements. « Quelques champs antifascistes et de la gauche révolutionnaire sont aussi entonnés.

Les échanges s'éternisent et les journalistes ne sont pas vraiment les bienvenus », rapporte Libé. Jean-Baptiste Thérault, porte-parole de l'association Droits au Logement, a été interpellé à proximité du ministère du Logement mardi 12 avril dans l'après-midi et placé en garde à vue pour rébellion après une altercation préalable sur le dispositif selon la préfecture de police de Paris. Les forces de l'ordre lui ayant demandé de quitter à plusieurs reprises la chaussée. Il a été libéré peu après minuit, rapporte Le Monde.

Des membres de l'association présents sur les lieux lors de l'arrestation ont témoigné de la violence de l'intervention des forces de l'ordre qui ont utilisé des gaz lacrymogènes contre les manifestants et les familles présentes avant d'appréhender Jean-Baptiste Thérault, 67 ans, et de le plaquer brutalement au sol. Ce dernier participait à une manifestation déclarée en préfecture pour demander le relogement de 220 familles ou liées du droit au logement opposable.

À la suite de la libération de Jean-Baptiste Thérault, le DAL a appelé un rassemblement de soutien en mal logé et contre la répression, mercredi 13 avril, place de la Bastille, où l'on a pu croiser les bénévoles de l'association Utopia 56 qui se mobilisent aux côtés des personnes exilées partout en France, ou encore Yann Brossat, maire adjoint de Paris en charge du logement, de l'hébergement, d'urgence et de la protection des réfugiés. Libération et le monde emboîtent le pas à l'humanité qui, hier, titrait l'État de droit en péril dans l'hypothèse où l'extrême droite arriverait au pouvoir.

Le Pen, liberté, mon œil, titre Libé, ou comment Marine Le Pen menace l'État de droit pour le monde qui choisit toujours des accroches plus sobres. Ensemble, il décrypte les mesures liberticides de la candidate du Rassemblement national. Démocratie directe, médias, culte, Marine Le Pen s'est posée en défenseuse des droits fondamentaux, mais derrière le discours se cachent bien des entorses aux principes constitutionnels, prévient Libé. S'affranchir du contrôle de constitutionnalité, du Parlement et d'une partie de la presse, mardi à Vernon, la candidate du Rassemblement national a livré sa vision du pouvoir.

Elle plébiscite le référendum d'initiative citoyenne, y compris pour modifier la constitution, introduire la préférence nationale et la fin du droit du sol, que seul Pétain a remis en cause depuis 1889, rappelle la philosophe Juliette Grange. Comme tous les leaders autoritaires, Marine Le Pen veut dynamiter la démocratie libérale, dénonce les juristes. Pour le constitutionnaliste Dominique Rousseau, interviewé par Libé, le projet de la candidate d'extrême droite viserait à contourner le Parlement et le Conseil constitutionnel, briserait l'équilibre des pouvoirs et ferait de la France un régime illibéral. Dans le 93, la jeunesse s'est mobilisée pour Mélenchon.

Bodyblog nous amène dans la ville de Clichy-sous-Bois, où les votants se sont mobilisés, à plus de 60% pour le leader de la France insoumise, malgré un taux d'abstention de plus de 41%. À Clichy-sous-Bois, comme dans 37 villes sur les 40, que compte la Seine-Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête. À la cité du Chêne-Pointu, où les révoltes ont éclaté en 2005, après la mort de Zaïd et Bounah, on vote par pragmatisme et résignation. Les abstentionnistes, on les retrouve plus dans les générations de mes grands frères que dans la nôtre.

Je pense que les gens de ma tranche d'âge sont plus motivés que les autres générations pour voter cette année, témoignent toutefois de jeunes Clichois à Bondyblog. Votants ou abstentionnistes dans cette ville où le taux de pauvreté a atteint les 42% en 2019 et le chômage culmine à 20%, le pouvoir d'achat est au cœur des préoccupations. Dans le quartier du Chêne-Pointu, la potentielle victoire de l'extrême droite n'effraie plus autant qu'avant. Et d'ailleurs, en banlieue, le vote de barrage au Rassemblement national n'est plus une évidence, rapporte l'humanité.

Lassé des politiques macronistes, des habitants de Saint-Ouen et de Gennevilliers hésitent à glisser dans les urnes un bulletin pour contrer l'extrême droite. À Saint-Ouen commune administrée par le PS, comme dans la quasi-totalité de la Seine-Saint-Denis, la carte électorale du premier tour était rouge. Un vote d'abord utile, avec quand même de la conviction. Jean-Luc Mélenchon parvient à une synthèse entre le social et l'écologie, souligne une habitante. Pour le second tour, ça sera Macron, pour elle, et sans hésiter, car face à l'extrême droite, il n'y a pas de risque à prendre. Le Pen, c'est le racisme, la mise au banc de toutes les minorités et une proximité avec Poutine, poursuit-elle.

Mais je comprends ceux qui n'ont pas envie de voter Macron, ce qui est le cas de Narges, qui n'ira tout simplement pas voter dimanche 24 avril. Contrôleuse de gestion, elle renvoie doigt à dos deux candidats adeptes du rejet, de la stigmatisation de la haine des musulmans. Avec 21,95% des voix, Jean-Luc Mélenchon était loin et en même temps si proche du second tour. Moins de 400 000 voix, soit 200 000 de moins qu'en 2017. Avec ce score, le leader de la France insoumise s'installe un peu plus en première force à gauche. Ses idées politiques sont debout.

Jean-Luc Mélenchon a fait un carton plein dans les grandes villes de l'Hexagone, dans les territoires ultramarins et les quartiers populaires. Il y a quelques semaines, nous recevions Zouina, militante des quartiers populaires et signataire de l'appel On s'en mêle, qui a recueilli l'adhésion de plus de 1 000 actrices et acteurs des quartiers populaires. Ensemble, ils ont fait le choix de saisir collectivement le bulletin de vote du candidat Jean-Luc Mélenchon pour inscrire dans cette campagne, mais aussi au-delà, l'enjeu des quartiers populaires comme une question politique de premier plan. Une initiative historique qui marquera l'histoire des luttes.

On vous propose de regarder un extrait du film de l'appel.

8:55
Invité

Nous n'avons jamais appelé à voter collectivement pour qui que ce soit. Nous n'avons jamais délégué nos voix à des partis qui ne nous représentent pas. Mais nous ne pouvons rester spectateurs d'une ratonnade politico-médiatique en bande organisée. C'est pourquoi nous avons décidé de nous engager

9:08
Présentateur

dans la campagne présidentielle en appelant à voter pour le candidat de l'Union populaire

9:12
Invité

Jean-Luc Mélenchon.

9:13
Présentateur

Quelle que soit l'issue des élections,

9:15
Invité

nous participerons à la recomposition de la scène politique. Car sans la prise en compte des acteurs et actrices politiques des quartiers, C'est un chiffre abscite. Nous le faisons tout en gardant notre liberté. Sans calcul mesquins et sans compromission.

9:29
Présentateur

Le leader de la France insoumise est largement en tête des suffrages en Seine-Saint-Denis avec 49,32% des suffrages exprimés. Jean-Luc Mélenchon a fait des scores impressionnants à Bobigny, 60,14% ou encore à Saint-Denis, 61,13%. Le taux d'abstention y est toutefois. Le plus haut de la région parisienne avec 30,21%. Bonjour Marouane Mohamed. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Alors on a tendance à dépeindre les classes populaires comme éloignées des préoccupations politiques en raison des très faibles taux de participation. Alors comment expliques-tu la percée de Jean-Luc Mélenchon dans les quartiers populaires ?

10:09
Invité

Moi je pense qu'il y a plusieurs facteurs qui expliquent le score extrêmement important qu'il a réalisé. Cette élection présidentielle, il y a deux choses. Il y a une abstention qui est quand même en moyenne plus élevée qu'ailleurs donc il reste une forte abstention. Ce n'est pas une participation qui est une participation inédite en tant que telle. Mais en même temps, on a un score qui est extrêmement élevé dès le premier tour. C'est-à-dire qu'on a déjà eu des scores très élevés pour un candidat, notamment Hollande contre Sarkozy par exemple, mais c'était un score qui devenait très élevé au deuxième tour pour faire barrage à Sarkozy ou pour voter pour Hollande, peu importe les motivations.

Là, on a un score extrêmement élevé dès le premier tour. Et ça s'explique à mon avis par trois choses. La première, c'est les quartiers populaires sortent de cinq années de présidence Macron qui ont été extrêmement difficiles à vivre, extrêmement brutales pour une partie de la population qui ont été aussi marquées par une pandémie qui a touché tout le monde, mais particulièrement si on regarde le nombre de décès et la surmortalité dans ces quartiers-là. C'est des quartiers qui ont souffert plus qu'ailleurs de la pandémie. Et puis surtout la brutalité du discours, que ce soit celui qui cible les musulmans, celui qui cible les exilés, celui qui cible les classes populaires de manière générale.

La question des violences policières est restée une question centrale pour une partie des habitants. Et puis les mesures antisociales également. Donc c'est un quinquennat assez difficile qui a été vécu extrêmement difficilement. Et ça, c'est le premier point. Deuxième point, c'est que Jean-Luc Mélenchon est parvenu à créer une offre politique différente de la précédente dans laquelle il a réussi à lier à la fois des affirmations assez fortes sur les questions sociales de redistribution des richesses, fiscalité, etc. Des questions d'écologie qui sont assez présentes dans le programme de la France insoumise.

Mais également de prendre en compte toutes les préoccupations qui touchent justement à la question du racisme et particulièrement l'islamophobie. C'est-à-dire des enjeux de reconnaissance et de dignité.

Et je pense que si on veut comprendre le vote et j'ai un certain nombre de collègues qui travaillent là-dessus, il faudra attendre un petit peu pour avoir des études les plus approfondies, mais si on veut comprendre ce vote-là, il faut prendre en compte à la fois le fait que les habitants du quartier populaire savent très très bien distinguer l'offre politique ou les offres politiques, savent très bien se positionner en fonction de leur situation, de leurs valeurs, de leurs intérêts matériels et également des enjeux de dignité et de choisir le candidat qui leur correspond.

Donc il y avait à la fois une adhésion mais également il y avait un rejet très très fort d'Emmanuel Macron, de son gouvernement, de son ministre de l'Intérieur, de son ministre de l'Éducation, etc.

13:08
Présentateur

D'ailleurs, même au-delà de façon des quartiers populaires, il y a plus de 40% des moins de 34 ans qui se sont abstenus au premier tour de l'élection présidentielle selon un sondage Ipsos, sachant que c'est surtout la jeunesse des quartiers qui se mobilisent pour le vote, donc quartier ou non. C'est peut-être lié aussi à leur âge.

13:27
Invité

Je pense qu'il faut attendre un petit peu pour savoir qui dans les quartiers populaires s'est davantage mobilisé. C'est-à-dire qu'il y a cette idée qu'on entend et en fait on ne sait pas vraiment encore. On n'a pas fait cette analyse-là en détail avec des données robustes pour savoir qui dans les quartiers populaires ou dans les milieux ouvriers de manière générale s'est mobilisé en fonction de la tranche d'âge, en fonction de la situation personnelle. On parle de quartier populaire mais ce n'est pas une population qui est homogène.

il y a une hétérogénéité interne à cette population-là mais il est vrai qu'on a vu s'exprimer beaucoup de personnes qui votaient pour la première fois une nouvelle génération qui votait avec enthousiasme avec envie et qui est extrêmement déçue à l'issue du premier tour.

14:08
Présentateur

Plus de 1000 actrices et acteurs des quartiers populaires ont signé l'appel On s'en mêle qui encourage les habitants des banlieues à voter pour Jean-Luc Mélenchon. C'est très difficile de rassembler autant de militants autant d'un projet et tu en sais quelque chose toi qui connais bien le tissu associatif qu'est-ce que cette initiative marque un tournant dans l'histoire des luttes des quartiers populaires ?

14:30
Invité

Il me semble que ça marque un tournant pour deux raisons d'abord l'appel est large et il couvre l'ensemble du territoire différentes générations différents mouvements différentes organisations et puis attirer à la fois des petites associations locales des militants qui ne sont pas très connus et des personnes qui font partie un peu des figures d'élus depuis un certain nombre de générations maintenant.

Donc oui de ce point de vue-là c'est extrêmement fort mais je pense que ce qui est le plus remarquable c'est le tournant qui constitue le fait d'appeler de manière unitaire à voter et là il y a une espèce de tabou qui a sauté c'est-à-dire qu'il y a toujours eu des initiatives individuelles chez ces militants des quartiers populaires consistant à appeler pour tel candidat ou consistant à s'engager politiquement il y a les deux on a des personnes qui se sont engagées dans le jeu partisan électoral et qui participent à la vie politique différemment que par ou en plus des luttes ou de l'engagement local.

Là on a un appel unitaire à voter dès le premier tour pour un candidat qui est argumenté qui ne vaut pas qui ne vaut pas engagement total c'est-à-dire que c'est un soutien qui est conditionné c'est un soutien qui ne remet pas en question l'autonomie des uns et des autres mutuellement d'abord et puis vis-à-vis de la France insoumise mais c'est un tabou qui saute et qui est de ce point de vue-là important et qui veut dire que et en tout cas qui signifie que il n'est plus possible collectivement d'ignorer le jeu électoral en tant que tel dont les conséquences dont les effets sont extrêmement importantes pour la vie sociale et quotidienne mais aussi pour les possibilités même d'organiser cette lutte et je pense que la criminalisation des luttes qui s'est vraiment intensifiée sous le gouvernement Macron que ce soit à travers les attaques personnelles qui ont ciblé un certain nombre de militants je pense à Satraoré ou à d'autres militants très engagés très visibles mais également à travers la loi dit séparatisme et toutes les mesures de dissolution et d'atteinte à la liberté associative qui sont majeures et qui ont vraiment atteint un stade quand même très inquiétant et je pense que ça a joué dans le fait de se mobiliser de prendre une responsabilité qui est une responsabilité que j'ai partagée parce que j'ai signé en tant qu'acteur associatif je ne suis pas que sociologue en tant qu'associatif moi j'ai fondé une association qui existe toujours dans laquelle je suis toujours il y a plus de 20 ans à Villiers-sur-Marne qui s'appelle C'est-nous l'association C'est-nous c'est un club de futsal maintenant et j'ai créé une autre association il y a quelques années dans la même ville mais c'est à ce titre-là que j'ai signé cet appel

17:21
Présentateur

donc l'initiative on s'en mêle le vote unitaire pour Jean-Luc Mélenchon dans les quartiers populaires semble s'inscrire dans une réelle politisation dans les quartiers populaires et dans le même temps on enregistre dans ces territoires des records d'abstention on le disait 30,21% en Seine-Saint-Denis qui pourrait témoigner d'une dépolitisation comment doit-on comprendre ces deux tendances qui de prime abord sont opposées ?

17:48
Invité

il faudrait déjà connaître les détails de ce qu'on appelle abstention entre des personnes qui ont mis à distance le jeu partisan soit parce qu'ils n'y croient pas soit parce que l'offre politique ne correspond pas soit parce qu'ils sont quand même ils ont l'esprit très pénétré par des théories complotistes on en a quand même beaucoup entendu qui consiste à dire que les dés sont pipés c'est joué c'est manipulé par un petit groupe quelque part et que ça ne sert à rien de se mobiliser on a quand même beaucoup entendu ça soit par le fait que les gens pensent ne pas être inscrits ou sont mal inscrits ou sont radiés il y a eu des centaines de cas de radiation de personnes à qui on aurait envoyé un courrier qui n'aurait pas répondu des gens qui ont déménagé donc il y a eu quand même il faut rentrer dans le détail des conditions concrètes de ce qu'on appelle de ce qu'on appelle l'abstention et puis effectivement vous avez une partie des populations qui sont éloignées du vote mais là on retombe sur des dynamiques sociologiques majeures qui font que l'abstention c'est d'abord quelque chose qui concerne les jeunes les classes populaires et ça dépasse cette élection c'est une tendance lourde et sociologique

18:57
Présentateur

et aussi la publication de tous ces sondages comme ça jusqu'à presque la veille du premier tour est-ce que ça n'oriente pas ou plutôt dissuade pas ces jeunes issus des quartiers populaires à voter quand on sait que les sondages annonçaient par exemple un écart de 4 points entre Marine Le Pen ou Emmanuel Macron et le candidat Jean-Luc Mélenchon à ce qu'à un moment donné il ne faut pas interdire jusqu'à une certaine date la réalisation de certains sondages qui viennent biaiser complètement le jeu démocratique

19:25
Invité

C'est vrai que le score de Jean-Luc Mélenchon a été considérablement sous-estimé par les sondages qui interrogent mais les sondages ils ont un effet dans les deux sens c'est-à-dire que d'une part ils peuvent avoir un effet démobilisateur en se disant bon ma faille ça y est c'est plié c'est clairement 2017 mais en même temps le fait de rendre visible la dynamique de la France insoumise ça a aussi constitué il me semble un levier de mobilisation et une motivation par rapport à un certain nombre d'acteurs qui ont vu qu'il y avait une dynamique autour de Jean-Luc Mélenchon ce qui a participé au score qu'il a réalisé le problème de fond c'est les conditions de réalisation des sondages et les conditions d'utilisation de politique des sondages et je pense que malheureusement on n'y échappera pas

20:10
Présentateur

Donc qu'est-ce qui a manqué selon toi à Jean-Luc Mélenchon ? Il aurait peut-être pu faire un score encore plus grand dans les quartiers populaires c'est déjà un score assez significatif

20:20
Invité

D'abord ce qui a manqué à Jean-Luc Mélenchon ce sont les voix du Parti communiste d'Europe Écologie Les Verts et du NPA et donc c'est extrêmement frustrant parce qu'il suffisait juste que le Parti communiste par exemple je peux me focaliser sur le Parti communiste mais qu'ils appellent à voter Mélenchon et qu'ils fassent qu'ils pensent d'abord à l'intérêt du plus grand nombre notamment des plus fragiles avant de penser à une logique d'intérêt de partisans et d'organisation pour que Mélenchon ait les centaines de milliers de voix qui lui manquent et cette critique est valable également pour les autres partis donc on a cette question-là mais en même temps je pense que la dynamique mise en place par la France insoumise autour du Parlement de l'Union populaire elle est arrivée de manière extrêmement tardive elle est arrivée de manière extrêmement tardive et si on peut créditer la France insoumise et notamment ses parlementaires d'avoir été présents durant tout le quinquennat à l'Assemblée nationale d'avoir porté un certain nombre de combats et compris sur le terrain la question de l'ancrage et de la connexion entre la France insoumise et les différents acteurs du mouvement social notamment dans les quartiers populaires est quelque chose qui a pu lui manquer in fine au moment d'arriver au premier tour d'ailleurs je pense que c'est un des enjeux aujourd'hui qu'est-ce que va faire la France insoumise maintenant qu'il y a une petite porte qui s'est ouverte il y a une brèche il y a d'ailleurs ce mouvement-là un crédit un soutien une dynamique qui s'est mis en place qu'est-ce qu'ils vont en faire ?

Tu pourrais y répondre ?

Oui oui c'est une bonne question moi j'observe je suis observateur je ne suis pas acteur là-dedans je suis observateur je sais que quand il y a eu cette réunion à Montpellier il y avait une délégation de la France insoumise qui était là et ce que j'ai dit c'est que là la France insoumise a la possibilité d'étendre le champ ou l'espace de la représentation l'espace de la représentation de construire une autre représentation en intégrant que ce soit via les législatives ou via l'appareil de la France insoumise de nouveaux acteurs de nouveaux militants de nouveaux profils dans la structure organisationnelle à travers le Parlement de l'Union populaire il y a la possibilité d'étendre également à la société civile la surface la surface du parti quels que soient les moyens qui sont utilisés et surtout la France insoumise va être face à un déni majeur qui sera celui de l'offre et de la ligne de parti certes la ligne qui a été décidée pour les présidentielles prenait en compte les éléments d'antiracisme ou la question des violences policières qui ont été abordées mais on sait aussi que la France insoumise c'est une organisation où il y a des tendances qui sont différentes qu'il y a des lignes qui sont très différentes et il y a des lignes au sein de la France insoumise qui ne sont pas très sensibles à la question du racisme des discriminations de l'islamophobie des violences policières qui sont des thématiques que ça plaise ou non qui sont des thématiques à travers lesquelles on a des générations des acteurs qui se politisent auxquels ils sont sensibles notamment auprès des populations dont on a parlé tout à l'heure

23:43
Présentateur

On en a parlé également lors de la revue des titres en banlieue le vote du barrage au Rassemblement National n'est plus une évidence doit-on craindre que la mobilisation massive dans les quartiers populaires en faveur de Jean-Luc Mélenchon se traduise par un record d'abstention pour le coup qui serait vraiment inédit face à une offre politique sourde à leurs revendications voire pire un vote conscient pour Marine Le Pen qui chercherait à renverser le système

24:09
Invité

Oui alors ça c'est la grande interrogation je pense qu'on est juste après le premier tour la colère est importante la déception est importante la tristesse est là et que demander aux gens juste après un premier tour qui a alimenté une espèce d'espoir immédiatement de faire barrage ou de voter pour un candidat qu'il rejette c'est extrêmement compliqué je veux dire il faut prendre en compte cette question des affects moi j'essaie de les mettre à distance le plus possible mais c'est une question qui est là voilà c'est une question qui est là et je pense que les positions vont peut-être évoluer au cours de ces dix prochains jours parce que bon les choses vont se tasser un petit peu et que peut-être que le regard sur le deuxième tour va changer un petit peu deuxièmement je pense qu'Emmanuel Macron actuellement fait une campagne qui n'aide pas à sa réélection en tout cas parce qu'il y ait un vote barrage qui se constitue en sa faveur par ses prises de position par son attitude pendant la campagne par le fait d'envoyer sur le terrain un certain nombre de personnalités qui sont détestées mais pas seulement de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon qui sont détestées beaucoup plus largement donc je m'interroge sur l'attitude vraiment actuellement d'Emmanuel Macron lui-même et je pense que je ne sais pas moi je ne suis pas un spécialiste des sondages et du vote en tant que tel donc je ne vais pas faire de prédiction par rapport à ça parce que j'en suis complètement incapable mais il est évident il est évident que l'abstention va être plus forte l'abstention va être plus forte c'est-à-dire que pour beaucoup de personnes de re-voter pour Emmanuel Macron y compris pour faire barrage à Marine Le Pen c'est trop douloureux et pour de très bonnes raisons pour de très très bonnes raisons c'est pas mon point de vue moi je vais voter pour Emmanuel Macron au deuxième tour je vais voter pour Emmanuel Macron au deuxième tour pour éviter que le parti et le mouvement de Marine Le Pen prennent le pouvoir et arrivent à l'Elysée voilà je pense que même si la droitisation et l'extrême droitisation le processus de fascisation qui a été encouragé mis en place par Emmanuel Macron et son gouvernement ce qui est vrai mais diffère encore considérablement de ce que propose y compris dès maintenant dans son programme de ce qui est affiché de ce que propose Marine Le Pen que ce soit sur la question du statut et du traitement des minorités mais également au niveau du traitement des libertés individuelles des libertés fondamentales et de nos institutions et des règles institutionnelles qui sont déjà bien fragilisées donc j'entends bien que certains veulent tout renverser jouer avec le feu qui est un ras-le-bol généralisé que je partage que je partage néanmoins je moi je je voterai Emmanuel Macron en conscience pour limiter la casse voilà des fois on vote pour choisir son candidat et parfois on vote aussi pour choisir son ennemi et pour choisir son opposant pour choisir son adversaire on vote aussi pour savoir dans quelles conditions on a envie de lutter si on a envie de lutter et il ne faut pas oublier que dans beaucoup de régimes autoritaires d'abord on pensait que les gens n'allaient pas passer ils sont passés ils ont mis en oeuvre ces régimes ou ces candidats ou ces figures autoritaires elles ont mis en oeuvre leur programme elles ont même été plus loin elles ont même été plus loin que leur programme et tous ceux qui disent oui on va lutter sur le terrain on va dans la rue etc encore faut-il avoir le droit de lutter dans la rue voilà déjà c'est un droit qui a été remis en question par le gouvernement Macron brutalement mais c'est encore possible c'est encore possible est-ce que ce sera possible sous Marine Le Pen moi j'en doute considérablement sincèrement et je peux me tromper j'ai aucun problème par rapport à ça mais j'en doute donc je ne jouerai pas avec le feu je sais ce qui va m'attendre et je sais aussi qu'Emmanuel Macron va radicaliser sa politique que ce sera encore plus brutal que ce quinquennat c'est ça qui m'attend mais ce sera toujours des meilleures conditions d'organisation de lutte etc que d'avoir Marine Le Pen au pouvoir c'est ce que je pense

28:21
Présentateur

mais est-ce que ces habitants des quartiers populaires ces personnes minorées sont voués à être définitivement assignés à ce rôle de constituer un barrage républicain c'est quand même le schéma que l'on observe depuis j'ai envie de dire même Hollande enfin ça a été un barrage contre Nicolas Sarkozy puis lors de 2017 c'était contre Marine Le Pen et de nouveau on se retrouve dans cette configuration il y a aussi une forme de lassitude qui peut pousser des personnes à dire pas voter Marine Le Pen mais choisir l'abstention

28:56
Invité

ça a commencé en 2002

28:58
Présentateur

déjà

28:58
Invité

ça a commencé en 2002 donc ça fait 20 ans qu'il y a cette qu'on retrouve de manière régulière pas toutes les élections présidentielles face à face au deuxième tour entre la droite et l'extrême droite et maintenant entre la droite extrême et l'extrême droite et effectivement c'est extrêmement frustrant pour toute une génération en fait que de ne pas avoir la possibilité au deuxième tour de l'élection présidentielle d'avoir un vote d'adhésion même si c'est une adhésion partielle mais au moins une adhésion et donc la seule possibilité pour sortir de ça c'est l'engagement politique c'est l'engagement politique à tous les niveaux à tous les niveaux vraiment il n'y a pas de choses à négliger c'est c'est de s'engager également dans les partis parce que les partis sont difficilement remplaçables dans le système qui est le nôtre notamment sous la cinquième république c'est de s'engager localement dans les sections locales c'est de prendre la tête des sections c'est de peser sur les lignes et c'est de construire le lien avec une partie de la population en tout cas celle qui est prétendument représentée il faut construire de la représentation il faut que il faut construire de la représentation il faut forcer la porte il faut pas attendre que ça arrive ça n'est pas arrivé ça n'arrivera pas pas nécessairement sauf si un jour un parti a cette intelligence de mettre les choses en place et d'ouvrir et de construire ces passerelles et donc on est dans un système on est encore dans un système démocratique et donc ça passera par par les rapports de force démocratique là où c'est possible et ça passera également par des luttes dans la rue ça passera également par des luttes dans les universités dans les lycées il y a différentes manières de s'engager il y a différentes manières de manifester sa colère mais il faut pas sous-estimer la force de l'Etat il faut pas sous-estimer la force des institutions il faut pas sous-estimer il faut pas fantasmer ce que je dis souvent les capacités révolutionnaires de notre pays et de la population qui de manière très générale est quand même au niveau de ses opinions très très à droite maintenant très très à droite donc comment construire et dernier point c'est la question de la force de la droite et de l'extrême droite c'est d'avoir gagné la bataille culturelle voilà et cette bataille là elle est pas elle est pas contrebalancée voilà la bataille culturelle c'est le récit c'est la narration c'est la symbolique c'est l'imaginaire et c'est le fait de dominer d'imposer un discours et un certain nombre de thématiques dans le débat dans le débat public

31:36
Présentateur

un discours sur l'identité nationale qui serait menacée c'est ça dont tu parles

31:40
Invité

oui bien sûr bien sûr ce discours sur l'identité nationale ce discours sur la pureté du peuple ce discours sur les populations inassimilables ce discours sur la nature foncièrement mauvaise de telle ou telle minorité ce discours sur la France qui serait grand remplacé ce discours c'est toutes les formes de discours toutes les formes de discours et quand je dis la narration quand je parle de la bataille culturelle il y a des chantiers partout y compris dans le cinéma français qui se croit très progressiste mais qui a un inconscient très réactionnaire par exemple et donc on a des batailles à mener partout

32:13
Présentateur

il y a des nombreux chantiers effectivement une dernière question Marouane après je te laisse filer il est 8h10 et je sais que tu as rendez-vous derrière on est obligé de parler des législatives la prochaine échéance est-ce qu'on peut espérer une mobilisation semblable ?

32:27
Invité

Alors les législatives ont des logiques qui renvoient à une dynamique qui est impulsée par l'élection présidentielle mais aussi avec des dynamiques locales donc il est à espérer il est à espérer que l'idée d'un troisième tour au niveau des législatives que l'importance d'avoir une représentation populaire à l'Assemblée nationale soit diffusée comprise mobilisée ça va beaucoup se jouer sur la capacité notamment pour les quartiers populaires des partis plutôt à gauche d'offrir à la fois une offre politique et une représentation qui soit parlante qui soit ancrée qui soit légitime et donc là c'est pas évident et moi c'est ce que je regarde actuellement au fond le moment de vérité il est là c'est-à-dire qu'au-delà de l'offre politique quel espace va être donné aux personnes que ce soit dans les départements et territoires d'outre-mer ou dans les quartiers populaires qui ont massivement emporté Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise à la place où il est quelle place ils vont être y compris sur les affiches aux élections législatives

33:36
Présentateur

c'est une très bonne question effectivement puisqu'on se souvient des grandes polémiques notamment même à l'époque du NPA où une élue arborait un foulard et que ça avait posé problème elle avait dû renoncer ça a été le cas pour La République En Marche mais c'est moins surprenant

33:50
Invité

non c'est moins surprenant mais c'est c'est une vraie question et je ne m'attends pas à ce qu'il y ait la révolution du jour au lendemain mais déjà d'envoyer des signaux et d'avoir la possibilité sur un certain nombre de circonscriptions d'avoir des candidats qui sont des figures fortes des gens qui incarnent ces publics-là et qu'ils puissent être représentés et représenter finalement une partie de ce peuple qui a voté qui vote à gauche et qui habite ces quartiers que ces personnes-là soient représentées à l'Assemblée nationale c'est extrêmement important pour la démocratie de manière générale mais également pour les cinq prochaines années

34:24
Présentateur

Merci Merci Marwan Mohamed Je rappelle que tu es sociologue et auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Les bandes de jeunes des blousons noirs à nos jours La formation des bandes Les sorties de délinquances ou encore de l'islamophobie Comment les élites fabriquent le problème musulman Je le disais en introduction le média est en pleine campagne d'abonnement 3000 nouvelles souscriptions nous permettrait de pérenniser nos finances et donc garantir notre survie On lance tout de suite le petit clip de campagne

34:53
Invité

Le média disparaît Vous le savez nous venons de clore une cagnotte destinée au pôle enquête Cela ne suffira pas à assurer au média sa survie

35:02
Présentateur

Au média depuis sa naissance nous avons fait le choix de vous proposer une chaîne d'information une web télé indépendante libre et surtout en libre accès

35:12
Invité

Les médias ont déjà réélu Macron Ils ont inventé le mandat de 10 ans Philippe David elle est finie cette campagne Gratuitement Nous vous avons proposé des talk shows politiques des interviews long format où on peut s'exprimer militants associatifs syndicalistes et intellectuels dans des conditions que l'on ne retrouve nulle part ailleurs On a le droit de dire stop de dire non dans la rue C'est un droit c'est légal et voici la réponse On est dans une situation assez dingue où un gouvernement vote une loi sur le secret des affaires pour arranger ses potes et après se cache derrière cette loi au moment où ça peut être déterminant Quand on contacte l'Elysée en disant il y a quelque chose de grave là de l'argent vers ça dans un trust on n'a pas le début d'une réponse et puis quand on réinsiste sur mais il a touché combien Macron il n'y a plus aucune réponse Donc s'ils sont de bonne foi pourquoi ils ne parlent pas à ces gens-là Nous vous avons proposé des reportages des enquêtes des chroniques nous avons couvert les luttes comme aucun média mainstream ne le fait Thomas selon toi Emmanuel Macron est-il un rempart comme il l'affirme contre l'extrême droite ?

Pas du tout C'est la politique qu'il a menée à favoriser l'extrême droite On a des gens qui sont des copains de longue date qui sont passés par les mêmes écoles et qui se retrouvent dans un conseil d'administration parce que ce gouvernement ne sait pas autre chose à être responsable de rien devant personne Les citoyens n'ont jamais leur mot à dire Cette gratuité c'est un choix politique et idéologique assumé depuis toujours mais c'est aussi un pari risqué risqué parce que c'est vrai payer pour un média dans le contenu et gratuit ça ne va pas de soi Mais c'est un pari que nous avons jugé nécessaire indispensable même D'ailleurs la preuve nos vidéos cumulent 8 millions de vues par mois preuve que vous souhaitez une autre information Vous avez échoué finalement à mettre à l'ordre du jour cette question ?

Je pense qu'il y a une responsabilité qui est quand même et avant tout celle des gens qui nous dirigent et notamment depuis 5 ans celle de Macron Loin des médias surconcentrés où seuls les libéraux et les fascistes ont le droit de s'exprimer dans de bonnes conditions

37:05
Présentateur

Malgré ça vous n'êtes que 6400 à nous soutenir par un abonnement et ce chiffre continue de baisser La conséquence c'est que nos finances vont mal très mal

37:15
Invité

Les abonnements rapportent à peu près 60 000 euros et on en dépense 100 000 tous les mois ce qui nous fait un déficit de 40 000 euros chaque mois Le média c'est 30 travailleuses et travailleurs qui se dévouent pour vous offrir une autre hiérarchie de l'information et des contenus de la meilleure qualité possible Ces sommes dont on parle elles servent à rémunérer ces travailleurs et à produire les émissions que vous aimez

37:37
Présentateur

Aujourd'hui l'enjeu plus que jamais faire vivre le média et lui assurer sa pérennité

37:42
Invité

Nous avons besoin d'atteindre 10 000 abonnés pour que le média continue d'exister continue de vous proposer ces formats et ces émissions gratuitement Abonnez-vous devenez sociaux de la coopérative le média Plus que jamais le média a besoin de vous Ce média

37:58
Présentateur

il est à vous vous qui le financez L'indépendance éditoriale et l'information libre ont un prix

38:04
Invité

Comme nous avons fait le choix de la gratuité pour tous 100 milliardaires 100 richissimes mécènes Cette gratuité et cette liberté vous seuls en êtes les garants

38:12
Présentateur

Le monde consacrait hier leur une aux appels du pied d'Emmanuel Macron aux électeurs de Jadot et en particulier de Mélenchon érigés en troisième homme dimanche Le président de la République réalise aujourd'hui seulement à 10 jours d'un scrutin crucial pour l'avenir du pays de l'Europe qu'il doit son mandat aussi aux électeurs de gauche pour convaincre un électorat braqué par son quinquennat et son programme clairement de droite le président fait des compromis Emmanuel Macron se dit prêt à reporter l'âge légal de la retraite entre 63 et 64 ans le 65 le président de la République est aussi prêt à toutes les compromissions pour attirer le vote des musulmans qui ont été pourtant la cible d'une politique particulièrement islamophobe Je vous laisse écouter un extrait du discours de notre président c'était le 10 avril dernier

39:11
Invité

Je veux une France qui lutte résolument contre le séparatisme islamiste mais qui par la laïcité permette à chacun de croire ou de ne pas croire d'exercer son culte et pas une France qui empêche les musulmans ou les juifs de manger comme le prescrit leur religion ce n'est pas nous

39:40
Présentateur

Toujours pas convaincu par la danse du ventre à l'électorat musulman Je vous propose d'écouter cette fois deux extraits où le même homme s'exprime mais à deux moments différents

39:51
Invité

Mais pourquoi cela nous insécurise ce voile c'est que ça n'est pas conforme à la civilité qu'il y a dans notre pays c'est-à-dire au rapport qu'il y a entre les hommes et les femmes dans notre pays Nous sommes attachés et ça c'est très républicain c'est même révolutionnaire à cette égalité entre l'homme et la femme citoyens et citoyennes Et donc nous ne comprenons pas qu'il y ait cette différence cette distance cette séparation C'est ça un peu le voile Et donc c'est ça ce qui vient bousculer notre philosophie profonde notre vie ensemble On doit l'expliquer On doit convaincre On doit par la pédagogie par l'école On doit l'accepter Mais on doit aujourd'hui l'expliquer je vous le dis Je ne suis pas moi personnellement heureux que ce soit ainsi mais je ne veux pas faire une loi qui l'interdise dans la rue parce que ce serait contre-productif

40:44
Présentateur

Est-ce que vous êtes féministe ?

40:46
Invité

Ah oui ? Ah c'est bon alors Merci pour le discours Ce qui est beau Je vous ai écouté Non ce qui est beau Vous êtes féministe ? Oui moi je suis féministe Vous êtes pour l'égalité femmes-hommes ? Je suis pour l'égalité femmes-hommes Je peux me permettre d'être indiscret ? Oui ? Vous portez un voile par choix ou vous êtes imposé ? C'est par choix ? Non mais c'est un peu totalement par choix Parce qu'il y a les caméras Non je vous le dis parce que Avoir une jeune fille Oui oui vous ne rêvez pas

41:16
Présentateur

Vous venez de voir le président de la République en pleine campagne de l'entre-deux-tours féliciter une citoyenne féministe de confession musulmane arborant un foulard ce même foulard qu'il ne jugeait pas conforme à la civilité Bonjour Ouïdède Ketfi Bonjour C'est un plaisir de te recevoir Alors Ouïdède tu es une journaliste engagée qui est passée par de nombreuses rédactions Bondi Blog Canal+, M6 et Al Jazeera tu es très suivie sur les réseaux sociaux tes contenus sont viraux et je pense notamment à ta dernière publication sur Instagram qui retrace la politique antisociale et islamophobe d'Emmanuel Macron Ouïdède est-ce que tu veux bien peut-être revenir sur les grandes lignes de la politique d'Emmanuel Macron que tu as résumée en 10 slides très percutants

42:01
Invité

Bon déjà merci de m'avoir invitée ce matin je réagis un peu à chaud à ce que tu viens de partager avec le retournement de veste d'Emmanuel Macron et juste pour réagir un peu à chaud je me demande est-ce qu'il nous prend pour des idiots vraiment je ne comprends pas qu'on puisse en 2022 encore jouer cette stratégie-là de retournement de veste avec la politique qu'il a menée pendant ce quinquennat vis-à-vis de l'islam et des musulmans de France justement sur cette slide enfin sur cette infographie dont tu parles c'était important pour moi de parler de ça et de parler du barrage avant le second tour c'est-à-dire le barrage contre l'islamophobie c'est avant le second tour c'était très très important juste pour rebondir sur ce qui a été dit par Marwan Mohamed qui était avec toi juste avant qui était très intéressant aussi sur ce barrage et ce vote où sont un peu appelés les musulmans par Emmanuel Macron donc sur ces slides qu'est-ce qu'on dit on dit que la politique qui a été menée par Emmanuel Macron a été catastrophique en termes d'islamophobie puisqu'il a inscrit dans la loi de séparatisme la facilité de pouvoir fermer n'importe quelle mosquée par n'importe quelle préfecture sans passer par un tribunal par exemple ça ni Nicolas Sarkozy ni François Hollande ne l'avait fait François Hollande je slash Emmanuel Valls Emmanuel Valls ne l'avait fait donc ça ça a été un gros coup dur en fait parce que nous lorsque Macron se présente en 2017 c'est pas le programme qu'il propose il se présente comme un défenseur d'une laïcité assez apaisée un peu sur la ligne de l'observatoire de la laïcité à l'époque et c'est un peu c'était plus facile entre guillemets de faire barrage en 2017 il y a eu je pense de la part de la communauté musulmane des votes d'adhésion à Macron en 2017 donc nous on élit entre guillemets je dis nous parce que moi j'ai voté Emmanuel Macron en 2017 au second tour pour vraiment cette volonté d'avoir une laïcité apaisée je me disais c'est un peu un Justin Trudeau ok sur la politique économique ça va être une catastrophe mais au moins on n'aura pas ces débats qu'on avait eu avec Emmanuel Valls on a eu pire on a eu Darmanin on a eu la loi séparatisme on a eu la création des KIR ça c'est très très important d'en parler je l'ai développé justement dans l'infographie les KIR c'est quoi c'est un regroupement de plusieurs de Pôle emploi de la CAF de la gendarmerie de la police des services de renseignement de l'inspection du travail c'est un regroupement de tous ces services de l'état pour traquer des musulmans en fait pour traquer des personnes radicalisées mais sauf que quels sont ces signes de radicalisation et bien en fait c'est la pratique de l'islam tout simplement tu te souviens Castaner avait dit dans les signes de radicalisation on a la prière donc la prière

45:03
Présentateur

c'est une pratique

45:06
Invité

totalement ordinaire de l'islam est un signe de radicalisation et donc on a ces appareils de l'état qui vont signaler des gens qui font la prière donc on a des agents de la CAF qui vont signaler des gens qui font la prière qu'est-ce que ça veut dire et ça c'est Macron qui l'instaure c'est Macron qui fait ça derrière on a cette fameuse loi séparatisme qui inscrit dans la loi la possibilité de dissoudre n'importe quelle association n'importe quelle mosquée et on a des cas très très graves par exemple je pense notamment à la mosquée de Pessac qui était au conseil d'état

45:39
Présentateur

hier

45:39
Invité

exactement qui était hier au conseil d'état avec un j'étais hier devant le conseil d'état justement qui a contesté alors c'est important de le dire parce que la loi séparatisme permet de dissoudre des associations et de fermer des mosquées par n'importe quelle préfecture sans passer par un juge en revanche la mosquée a possibilité de faire appel de cette décision et là c'est un juge qui décide c'est ce qui s'est passé avec la mosquée de Pessac qui avait fait appel à Bordeaux donc à Bordeaux le juge avait donné raison à la mosquée de Pessac juste pour rappel les raisons pour lesquelles la préfecture souhaitait fermer cette mosquée c'était des postes Facebook de soutien à la Palestine par exemple

46:19
Présentateur

et d'ailleurs juste pour que nos auditeurs et nos spectateurs le sachent cette vidéo qui a été incriminée par Gérald Darmanin c'est une vidéo que tu as produite pour Al Jazeera à l'époque où tu avais

46:30
Invité

dans les multiples postes dont il est question il y a une vidéo que j'avais produite à l'époque sur le blocus de Gaza et qui est citée par le ministère par la préfecture comme incitation à la radicalisation et au terrorisme donc dans la vidéo on parle juste du blocus que vivent les Gazaouis donc c'est quand même extrêmement dangereux en termes de liberté de la presse en termes de liberté d'expression en termes de liberté de culte parce qu'en gros on dit qu'une page Facebook n'a pas le droit une page Facebook de mosquée n'a pas le droit de partager des sujets d'actualité n'a pas le droit de commenter l'actualité n'a pas le droit d'avoir des avis politiques c'est exactement ça dont il est question on a aussi dans le dossier mis en avant des commentaires non modérés et c'est sur cette base là qu'on ferme une mosquée et donc devant le Conseil d'État le ministère de l'Intérieur a fait appel de la décision du tribunal de Bordeaux et donc le président de la mosquée s'est retrouvé devant le Conseil d'État hier pour défendre encore une fois le droit des musulmans de Pessac à pouvoir prier dans leur lieu de culte

47:45
Présentateur

en plein mois de Ramadan

47:48
Invité

et la mosquée de Pessac est l'illustration parfaite des dégâts de cette loi séparatisme il y a d'autres mosquées qui ont été concernées qui n'ont pas fait appel et qui ont été fermées je pense à la mosquée d'Alône qui a été fermée pareil pour des alors signes de radicalisation il y avait le livre les jardins des vertueux dans la bibliothèque ça c'est un signe de radicalisation la mosquée de Nice a partagé un poste du CIF signe de radicalisation

48:18
Présentateur

qui défend donc les droits qui défendait

48:23
Invité

puisque l'association a été dissoute l'association a été dissoute qui défendait en fait qui était une association d'aide juridictionnelle aux personnes victimes d'islamophobie donc tout ça c'est extrêmement inquiétant en tout point en termes de liberté d'expression de liberté de culte ça va de pair avec la charte des imams qui n'est pas un document juridique mais tu te souviens qu'il y avait été en fait écrite par la main entre guillemets du ministère de l'intérieur pour obliger les imams à se plier à cette censure donc dedans on trouvait des articles disant qu'il était interdit de parler d'islamophobie et que toute personne qui parle d'islamophobie incite à l'islamophobie c'était écrit dessus et encore pire on avait carrément un extrait coranique dedans qui disait que si on parlait d'islamophobie c'était de la médisance donc là on avait atteint un niveau culpabilisé des croyants mais c'est n'importe quoi et pour reprendre l'exemple de la mosquée de Pessac le président de la mosquée de Pessac justement s'est totalement levé en opposition à cette charte des imams il était mobilisé contre la loi séparatisme et en fait cette décision de justice c'est juste une façon de réprimer un rebelle en fait en réalité et ça c'est ce qui est très très inquiétant donc c'était important pour moi d'en parler de rappeler en fait que l'islamophobie aujourd'hui elle est extrêmement présente dans le gouvernement et dans la politique qui a été choisie par Emmanuel Macron

50:07
Présentateur

ce serait-ce que par le choix des ministres qui l'entourent tu l'as dit Gérald Damanin on peut parler d'Emma Yen Chapa qui va faire des amalgames entre l'excision le port du foulard Blanquer

50:18
Invité

et Vidal donc pour la plupart des idéologues donc qui en fait moi ce que je pense c'est que au départ Emmanuel Macron il n'est pas forcément idéologue il n'est pas islamophobe comme c'est les ministres qu'il choisit au départ je pense qu'il cède à ces influences-là et notamment à l'influence du printemps républicain et donc il fait un choix politique il cède donc aujourd'hui il faut qu'il assume il a choisi son camp il a choisi de céder à cette frange-là on avait l'observatoire de la laïcité qui était un dernier petit rempart justement à cette laïcité extrêmement offensive qu'a choisi Emmanuel Macron il l'a dissout derrière il a dissout on a dit le CCIF mais aussi le CRI et tout un tas d'organisations combien d'associations entreprise organisation en tout en tout alors c'est le rapport de l'ONG CAGE qui parle de 718 organisations musulmanes donc ça comprend les associations les écoles les entreprises donc ça c'est important aussi on va y revenir parce que qu'est-ce qu'une entreprise musulmane c'est quoi une entreprise musulmane

51:31
Présentateur

une entreprise qui commercialise des produits à destination des consommateurs musulmans ben c'est pas que ça

51:36
Invité

c'est pas que ça ben justement c'est qu'une entreprise musulmane on l'a vu avec des enquêtes de Mediapart c'est une entreprise qui a un patron musulman voilà tout simplement donc un barbier est une entreprise musulmane une boucherie est une entreprise musulmane on a vu enfin dans cette enquête de Mediapart c'était l'inspection du travail justement qui dénonçait en fait cette volonté du gouvernement de les faire inspecter des entreprises tchétchènes turques etc donc là qu'est-ce que c'est que cette politique extrêmement extrêmement dangereuse en fait à laquelle s'est donné Emmanuel Macron et son gouvernement donc aujourd'hui effectivement moi je ne peux pas faire barrage en votant Emmanuel Macron et c'est triste parce que je sais très bien je sais pertinemment qu'Emmanuel que j'allais dire Emmanuel Le Pen que Marine Le Pen que Marine Le Pen et pire je le sais très bien mais je ne peux pas mettre Emmanuel Macron dans l'urne étant donné la politique catastrophique qu'il a mise en place en ce qui concerne les personnes

52:45
Présentateur

de confession musulmane on va y revenir à ce barrage républicain tu le disais Emmanuel Macron a fait un choix un choix politique mais qui semble toutefois regretté et pour cause tu as vu passer aussi l'article de Arrête intitulé Macron a besoin du vote des jeunes musulmans pour être réélu et il le sait selon l'institut de sondage Opinion Way 86% des électeurs français musulmans auraient voté au second tour pour le candidat socialiste français France-François France-Hollande élu avec 51,56% des voix en 2012 sans le soutien substantiel des français musulmans son adversaire de droite Nicolas Sarkozy aurait été réélu fait remarquer Arrête c'est en 2017 la participation électorale était élevée 62% parmi les français musulmans plus de 90% d'entre eux auraient voté pour Emmanuel Macron tandis que 200 000 auraient voté pour Le Pen alors d'ailleurs Emmanuel Macron a foncé dans les studios de Beurre FM deux jours avant le premier tour c'est pas un hasard ça nous change en même temps des confidences qu'il a pu faire à valeur actuelle est-ce que selon toi voter Emmanuel Macron c'est faire barrage au racisme anti-musulmans alors tu as un peu répondu mais si on devait comparer Emmanuel Macron au programme de Marine Le Pen

54:02
Invité

c'est une question difficile parce que aujourd'hui hier j'ai posé la question justement hier aux fidèles de la mosquée de Pessac je leur demandais voilà est-ce que vous comptez faire barrage qu'est-ce que vous en pensez ils me disaient mais nous on est là aujourd'hui on a pris le bus dans la nuit pour se retrouver à Paris c'est pas de gaieté de coeur c'est pas Marine Le Pen qui nous a mis ici c'est Emmanuel Macron et c'est Gérald Darmanin dans ses fidèles il y avait des personnes âgées il y avait des jeunes il y avait des personnes d'âges différents de cultures différentes d'origines différentes mais toutes et tous étaient d'accord pour dire qu'aujourd'hui la question du barrage c'est pas leur problème c'est pas leur problème parce qu'ils leur comment dire on les empêche de pratiquer leur foi dans les de façon la plus basique c'est-à-dire aller à la mosquée c'est aller à la mosquée c'est c'est basique on les empêche d'aller à la mosquée donc c'est compliqué moi je trouve que que Macron se réveille à l'entre-deux-tours pour se rappeler qu'il y a des musulmans en France et qu'éventuellement ces musulmans auraient pu voter pour lui c'est une insulte en fait c'est une insulte à tout le monde c'est une insulte à notre intelligence c'est une insulte à son intelligence à lui il nous prend vraiment pour des idios on revient sur la vidéo est-ce qu'il pense sincèrement qu'en disant ah bah je suis content vous êtes musulmane et féministe nous on va se dire ah bah merci allez on vote pour toi de qui se moquent-on sincèrement après effectivement c'est extrêmement difficile parce que on sait qu'on va être les premières cibles de la politique de Marine Le Pen on le sait très bien mais malheureusement on a été les premières cibles de la politique d'Emmanuel Macron alors comment on fait comment on se décide

55:50
Présentateur

il s'agit bien évidemment de ne pas appeler à voter Marine Le Pen qui génère et attise la haine le racisme et la violence et elle est l'héritière d'un homme qui a pratiqué la torture en Algérie mais du coup effectivement on se pose la question de l'alternative qui s'offre à ces personnes discriminées et stigmatisées par les deux candidats comment on fait

56:09
Invité

bah c'est en fait le problème c'est que c'est exactement ce qu'il voulait et c'est ça qui m'énerve c'est à dire qu'il a tout fait pour se retrouver face à Marine Le Pen justement en se disant de toute façon ils vont céder au chantage parce que c'est un chantage de la survie et c'est ça moi qui me met hors de moi en fait en réalité il aurait très bien pu mener entre guillemets sa politique qui est dramatique sa politique de casse sociale de destruction de l'hôpital de destruction de l'instruction de destruction des acquis sociaux elle est dramatique mais quand on est un électeur entre guillemets de confession musulmane on a tellement on prend tellement de coups de tous les côtés qu'effectivement si on avait pris moins de coups en termes de pratiques religieuses peut-être qu'on aurait oublié entre guillemets cette politique de casse sociale pour faire barrage au Front National là il se joue de nous et il nous fait un chantage et je vois qu'il y a aussi un choc des générations c'est-à-dire que je le vois un petit peu dans mon entourage des personnes un peu plus âgées qui ont justement subi ces ratonnades qui ont vécu ce que le racisme fait de pire eux se posent un peu moins de questions et se disent oui effectivement il faut qu'on fasse barrage parce que ça va être pire mais les jeunes à qui j'ai posé la question autour de moi eux sont catégoriques en disant mais non en fait le pire en termes de violence policière en termes d'islamphobie on le vit quotidiennement bon bah si on vit cinq ans d'un peu pire bon bah tant pis il y a aussi ce discours-là qui relativise entre guillemets qui n'est pas le meilleur discours encore une fois moi je je n'appelle en aucun cas à voter Marine Le Pen en aucun cas jamais jamais jamais on met un bulletin dans l'urne du Front National mais on est en droit de se poser la question de ce fameux barrage puisque moi à titre personnel ça fait bah j'ai fait barrage toute ma vie voilà depuis que j'ai le droit de vote j'ai fait barrage en fait

58:16
Présentateur

c'est vrai que dit comme ça tu vois c'est assez désespérant

58:20
Invité

oui et puis on fait barrage à chaque fois sur le même chantage c'est-à-dire attention attention le Front National attention le Front National oui mais à un moment donné si on vote pour des personnes qui mettent en place qui font un tapis et qui mettent en place les politiques du Front National avant l'heure c'est plus possible

58:42
Présentateur

c'est devenu un programme le barrage républicain pour encourager les électeurs à voter et tu faisais une proposition justement une alternative c'est parce qu'on voit très clairement enfin on a vu ces vidéos-là on a cet article on a ce sondage qui montre qu'Emmanuel Macron a besoin du vote de cet électorat musulmane oui justement et donc ça serait quoi ce que tu proposes c'est qu'il renonce à être entouré par certaines personnes au sein du gouvernement ça serait ça le compromis finalement c'est ça en fait

59:14
Invité

parce qu'il dit qu'il a besoin mais qu'est-ce qu'il propose justement rien parce que si sa proposition c'est de dire à la volée ah bah c'est bien d'être féministe et musulmane c'est pas une proposition politique qu'est-ce qu'il propose concrètement parce que Areth dit il a besoin du vote musulman lui aussi il sait très bien qu'il a besoin du vote musulman entre guillemets mais concrètement qu'est-ce qu'il propose il a rien proposé parce qu'on parle de compromis quels sont les compromis il n'y a pas de compromis alors pour lui le compromis c'est de dire dans l'espace public et de dire publiquement qu'en gros le foulard est compatible avec la république ça c'est un compromis mais qu'est-ce que ça veut dire

59:52
Présentateur

c'est juste un rappel de la loi

59:54
Invité

non c'est un rappel de la loi et en fait comme pour lui le fait de de le dire publiquement en gros c'est parce que j'ai un peu regardé BFM et compagnie c'était CNews hier qui invite Jeannette Bougrabe et qui directement dit non mais c'est inadmissible de dire ça etc donc cette petite phrase cette petite phrase dans la rue devient un débat politique alors on invite tout le monde à me vous rendez compte de ce qu'il a dit mais concrètement quels sont les actes concrets les décisions concrètes qu'il propose pour apaiser apaiser en fait le vivre ensemble et et la vie des concitoyens de confession musulmane rien du tout donc il veut le vote des français de confession musulmane il propose rien donc oui effectivement si il dit et là je lui lance un appel solennel si il dit clairement qu'il va se séparer des personnes du printemps républicain des ministres Emmanuel Blanquer Gérald Darmanin Marlène Schiappa Dominique Vidal toutes ces personnes qui ont des influences néfastes et qui visiblement risquent de lui faire perdre l'élection par ses choix politiques s'il affirme qu'il va se séparer de ces personnes là et qu'il propose parce que là on parle des personnes de confession musulmane mais c'est tous les électeurs entre guillemets de Mélenchon qu'il est censé essayer de ramener à sa cause donc qu'il soit musulman ou pas donc là normalement on devrait avoir un candidat plutôt de gauche on devrait avoir des propositions de gauche alors il nous prend pour des idiots il nous propose la retraite à 63 ans 64 ans au lieu de 65 ans super et c'est un compromis c'est un énorme compromis alors il nous dit que le voile c'est super donc super compromis il y a deux semaines il nous disait qu'on ne pouvait pas le mettre dans les compétitions sportives c'était pas lui mais c'était ses ministres alors on pouvait le mettre dans le basket pas dans le foot il y avait un tri on allait tirer au sort à la piscine il y avait un bonnet on en rigole mais c'était ça les discours politiques c'est à dire que on a des gens on a des étudiants qui font la queue parce qu'ils n'ont pas à manger et on a des ministres qui viennent sur les plateaux nous expliquer que les femmes dans les compétitions sportives si elles font du karting dans un casque c'est bon et si elles font du foot elles ne peuvent pas mettre le foulard des étudiants qui se sont aussi suicidés dans leur chambre

1:02:26
Présentateur

pendant le confinement

1:02:27
Invité

on a on a des catastrophes sanitaires en France et on a un gouvernement qui est complètement déconnecté de la réalité et qui se réveille à une semaine de l'élection pour essayer de draguer une communauté sur laquelle ils ont tapé pendant 5 ans donc voilà je le dis un peu en souriant mais je ris jaune oui s'il se sépare de toutes ces personnes peut-être qu'il a une chance d'avoir quelques voix mais je ne pense pas qu'il soit prêt à s'en séparer et je ne pense pas que les gens soient prêts à voter pour lui donc la solution

1:03:02
Présentateur

les législatives

1:03:03
Invité

la prochaine échéance alors les législatives c'est extrêmement important et d'ailleurs dans toutes les personnes avec qui j'échange justement sur ces résultats d'élection j'ai bon espoir qu'il y ait une mobilisation assez importante au niveau des législatives que ce soit dans les quartiers populaires ou dans les votes enfin les personnes de confession musulmane donc ça c'est la bonne nouvelle entre guillemets puisque de toute façon moi je crois en cette possibilité d'avoir un pouvoir avec l'Assemblée nationale maintenant attention c'est vrai qu'avec une Marine Le Pen on ne sait pas ce qui peut se passer on ne sait pas ce qu'elle peut dissoudre on ne sait pas on ne sait pas qu'elles sont quand une personne comme elle a atteint le pouvoir quels sont les leviers qu'elle peut mettre en place justement pour barrer la route aussi à ce contre-pouvoir là donc voilà on est vraiment dans une situation extrêmement compliquée parce que dans tous les cas nous on va être les premiers visés donc on va subir quoi qu'il se passe les législatives ça va être très très très important donc il va falloir vraiment se mobiliser mais ça va dépendre de qui est élu

1:04:24
Présentateur

on rappelle juste à celles et ceux qui nous regardent et parmi eux surtout nos détracteurs qui seraient tentés de dire que ce constat d'une islamophobie et surtout dans notre tête il y a de nombreux rapports d'ONG qui documentent cette recrudescence d'actes anti-musulmans notamment Amnesty International pour ne citer que bien sûr bien sûr bien sûr

1:04:47
Invité

tous ces chiffres toutes ces données dont on a parlé ce sont des données du ministère de l'Intérieur lui-même c'est-à-dire qu'il ne s'en cache pas il est plutôt fier les seuls éléments qui sont confidentiels c'est la liste on a personne n'a réussi à avoir la liste on a juste les chiffres mais on n'a pas la liste entière des fameuses organisations qui ont été dissoutes donc ça ça n'a pas été publié en théorie normalement des chercheurs pourraient l'avoir mais l'État n'est pas tenu de répondre dans les délais donc ils peuvent l'avoir dans 5 ans mais en termes de chiffres l'État est très fier de dire que 718 associations organisations ont été dissoutes que 46 millions d'euros ont été gelés 46 millions d'euros c'est-à-dire que ces entreprises ces associations lorsqu'elles sont dissoutes l'État gèle l'argent et donc confisque cet argent on ne sait pas ce qu'il en fait on ne sait pas si c'est du racket on ne sait pas ce que c'est et oui donc c'est assumé par l'État lui-même derrière c'est documenté par des ONG donc il y a eu des plaintes aussi contre l'État de par ces ONG mais on est en 2022 internet il y a tous les éléments prouvés les documentations il suffit d'aller sur le site du ministère pour trouver les chiffres

1:06:15
Présentateur

merci ou d'être qu'il y a de filles il nous reste 10 jours avant le second tour comme le disait Marwan Mohamed tout à l'heure il faut peut-être laisser la colère redescendre le traumatisme aussi de cet échec à 0,8% donc on verra ce qui pourra se jouer les prochains jours Marwan a raison il est plus sage que moi mais il disait aussi que c'était des colères qui étaient légitimes et que ça pouvait s'entendre aussi le fait que les personnes qui ont été la cible de politiques extrêmement violentes se résignent à l'abstention

1:06:53
Invité

moi pour la première fois de ma vie je suis tentée par l'abstention je ne me suis jamais abstenue de ma vie et pour la première fois de ma vie je pense que je vais m'abstenir donc c'est triste vraiment triste de nous de nous mettre un peu devant ce fait accompli et de nous faire ce chantage là c'est dramatique parce qu'on sait qu'on va être les premiers à en payer les pots cassés donc voilà je ne sais pas si la colère va passer d'ici dix jours moi de mon côté je ne changerai pas d'avis mais après

1:07:35
Présentateur

on verra ce qui va se passer au pire Emmanuel Macron accélérera davantage la fuite de ces musulmans vers l'étranger un article du New York Times aussi au pire

1:07:45
Invité

il pourra lutter contre l'extrême droite en tant que député de l'opposition et puis nous montrer à quel point c'est important de lutter contre l'extrême droite voilà

1:07:56
Présentateur

merci merci beaucoup WeDead vous pouvez suivre WeDead sur les réseaux sociaux Twitter et Instagram vous pourrez y trouver des publications très fournies avec des chiffres et des réflexions très passionnantes merci WeDead merci à vous de nous avoir suivis un peu plus d'une heure de contre-matinale ce qu'il faut retenir bien sûr c'est ce second tour qui arrive décisif d'ailleurs vous pouvez vous exprimer dans le forum même en commentaire est-ce que vous comptez oui ou non vous abstenir lors de ce second tour ce qui pourrait intéresser mon collègue Jemil qui prépare une émission justement sur le barrage républicain on vous rappelle toujours cette campagne d'abonnement est toujours en cours on a besoin de 3000 nouvelles souscriptions pour pérenniser nos finances on me dit qu'il y aura peut-être une contre-matinale demain on verra bien restez connectés vous le saurez très vite merci de nous avoir suivis