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Podcast / conversationFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 1 août 2022 15 minComplaisantDivertissementCulture, médias & sport

"Pianoforte", à Jazz in Marciac : avec Baptiste Trotignon et Jean-Louis Guilhaumon

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:55OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous a décidé à jouer ensemble ?

  • 1:34OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous allez jouer ce soir ?

  • 1:57OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous cherchez à provoquer en programmant ce spectacle ?

  • 2:47OuverteRéponse directe

    Quelles sont les rencontres les plus inattendues que vous avez programmées ?

  • 3:30FerméeRéponse directe

    Est-ce qu'il reste des places pour ce concert ?

  • 3:55OuverteRéponse directe

    La difficulté, elle est où dans cette configuration ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:52PrésentateurFait
    « Vous avez d'ailleurs tous les quatre remporté une victoire du jazz. »
  • 5:06InvitéChiffre
    « Nous avons une structure de près de 7000 places. »
  • 8:30PrésentateurFait
    « En 2020, Jazz in Marciac avait dû être annulé. »
  • 8:43InvitéFait
    « nous nous situons donc sur des niveaux équivalents à l'édition de 2019, qui était une année record »

Temps de parole

  • Invité38 %
  • Présentateur38 %
  • Invité 224 %

3,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:03
Présentateur

Allez, du jazz maintenant pour continuer ces matins d'été. Du jazz, car ce soir le festival Jazz in Martiak dans le Gers va accueillir un concert original et prometteur. Quatre pianistes réunis sur scène pour Piano Forte, c'est le nom du spectacle. Bonjour Jean-Louis Guillaumont.

0:34
Locuteur

Bonjour.

0:35
Présentateur

Président de Jazz in Martiak, je salue également le pianiste Baptiste Trottignon, bonjour. Bonjour. Un des quatre mousquetaires du piano, vous allez jouer ce soir avec vos camarades Eric Lennini, Boyan Zed et Pierre de Bettman. Tous les quatre, Baptiste Trottignon, vous avez des carrières très riches, chacun de votre côté. Vous avez d'ailleurs tous les quatre remporté une victoire du jazz. Qu'est-ce qui vous a décidé à jouer ensemble, parce que ce n'est pas si fréquent, à quatre, et vous avec ces musiciens-là ?

1:03
Invité

Oui, ça s'est trouvé au départ sur un one-shot, on appelle ça, une idée d'un festival il y a quelques années avant le Covid. On se connaissait tous depuis longtemps, et puis la sauce a pris immédiatement. Il y a tout de suite beaucoup de plaisir, beaucoup de complicité, on se connaît bien. C'est à la fois un jeu sérieux, c'est-à-dire qu'à la fois c'est très sérieux, parce que c'est très minutieux comme horlogerie, les pianos et le Fender, et en même temps on s'amuse beaucoup.

1:29
Présentateur

Le Fender, c'est le piano électrique du jazz, je le dis, pour les non-spécialistes. Qu'est-ce que vous allez jouer ce soir ?

1:35
Invité

Il y a toujours un mélange de différentes choses, des compositions à chacun, et puis quelques reprises de choses qu'on aime bien jouer, que ce soit dans le répertoire vraiment du jazz, ou là ce qu'on entendait à l'instant, des choses plus récentes qui viennent de la musique brésilienne, et quelques petites surprises pour la fin dans le répertoire pop. Donc c'est assez éclectique.

1:57
Présentateur

Jean-Louis Guillaumont, quand vous programmez un spectacle comme celui-là à Martiac, qu'est-ce que vous cherchez à provoquer ? Qu'est-ce que vous espérez finalement ?

2:06
Invité

Nous espérons toujours surprendre, et donc charmer notre public, lui donner envie, je vais dire, de venir écouter ces quatre pianistes exceptionnels, qu'ils connaissent individuellement, puisque chacun d'entre eux a eu l'occasion de s'exprimer à la tête d'un projet à Martiac. Mais ces pianistes qui se connaissent bien, et qui font preuve d'une grande complicité, d'une belle émulation, vont, j'en suis sûr, ravir le public, et il faut préciser, comme le disait Baptiste à l'instant, que je salue, donc c'est un exercice particulièrement difficile, qui nécessite une grande maîtrise, mais je sais que ces quatre pianistes suffisamment complices pour nous régaler des magnifiques concerts ce soir.

2:43
Présentateur

Et vous en avez eu, vous en avez organisé des rencontres à Martiac depuis 1978. Quelles sont peut-être, en deux mots, les rencontres les plus inattendues, quand vous faites appel à votre mémoire, celles qui vous ont vous-même le plus surpris, alors que vous étiez à l'origine de la programmation ?

3:00
Invité

Eh bien, une rencontre exceptionnelle, par exemple, entre Hank Jones et Ray Brown, par exemple, des musiciens exceptionnels comme ceux-là, qui ne s'étaient jamais rencontrés véritablement pour donner corps à un concert de grande qualité, et à qui nous ont offert cette opportunité. Ce sont de très belles surprises. Il arrive aussi, à l'inverse, que des rencontres qui s'avèrent extrêmement prometteuses sur le papier ne remplissent pas finalement leur objectif, donc c'est à la fois un pari audacieux, à chaque fois un pari audacieux.

3:28
Présentateur

Est-ce qu'il y a un petit frisson avant le début d'un spectacle comme celui-là ?

3:33
Invité

Bien sûr, on attend toujours, j'allais dire, un concert exceptionnel. C'est le cas depuis le début de notre festival, et je sais que ces messieurs se montreront à la hauteur et parviendront, j'allais dire, à enlever l'adhésion du public.

3:44
Présentateur

Vous nous disiez, Baptiste Trottignon, que c'était un plaisir de jouer ensemble, de vous retrouver entre pianistes qui cheminaient ensemble depuis un moment. La difficulté, elle est où ? Parce que j'imagine qu'elle existe tout de même quand vous avez sur scène à la fois des pianos, des Fender Road. Comment ça se conçoit, ça, et comment est-ce qu'on évite les écueils d'une configuration aussi rare ?

4:11
Invité

Déjà, il y a un truc qui est intéressant, c'est que le fait que ça soit une configuration rare, effectivement, le deux pianos, on en a tous faits, c'est un truc très fréquent qu'on adore, mais deux pianos et deux Fender, je ne crois pas que ça a déjà été fait. Donc déjà, ça crée une excitation, un moteur, vous voyez ce que je veux dire ? Rien que ce truc-là. Après, c'est un langage, c'est un langage, effectivement, qui est artisanal. Il ne faut jamais oublier que la musique, au départ, c'est de l'artisanat. Et après, cet artisanat prend des directions, des proportions différentes à chaque fois.

Mais on aime tous cette notion de matière organique, d'artisanat, et on la peaufine pour essayer de trouver le frisson, pour reprendre le terme évoqué avec Jean-Louis, que je salue aussi. On est toujours sur le fil entre discipline et lâcher prise. C'est le principe de la plupart de tous les arts, de toute façon.

5:02
Présentateur

Est-ce qu'il reste des places encore, d'ailleurs, pour ce concert, Jean-Louis Guillaumont,

5:05
Invité

Oui, il reste encore des places. Nous avons une structure immense et nous avons une structure de près de 7000 places. Donc, bon, voilà. Mais c'est un concert qui remportera un succès. Nous en sommes sûrs aujourd'hui.

5:16
Présentateur

Baptiste Trottignon, vous avez évidemment déjà derrière vous une carrière solo importante, mais avec des collaborations dans des domaines variés, et avec des musiciens très différents les uns des autres. Je pourrais citer le pianiste classique Nicolas Anguelich, ou le chanteur Myosec. Donc, on fait vraiment des genres et dans des directions très variées. Ce n'est pas exactement le même style. Je vais vous poser une question qui est peut-être évidente. C'est presque une tarte à la crème, mais la question est là. Quelles sont les frontières du jazz aujourd'hui ? Vous les voyez clairement, vous ou pas, avec cette diversité ?

5:50
Invité

C'est une bonne question. Je ne sais pas si on va avoir le temps. Alors, il y a une boutade que je dis souvent, mais là, ça s'adresse uniquement à ceux qui sont musiciens. Donc, les autres, ça ne va pas les amuser. Je dis souvent qu'un vrai musicien de jazz, c'est quelqu'un qui est amoureux des accords mineurs 6.

6:05
Présentateur

Oui, ça ne me parle pas. Pourtant, j'aime bien le jazz.

6:07
Invité

C'est un peu technique. C'est un peu technique. Non, je crois qu'effectivement, les frontières sont larges, parce qu'au départ, de toute façon, c'est une musique de métissage entre la culture afro-américaine, la musique européenne, etc. Donc, on garde toujours cet esprit de métissage. Après, oui, il y a une frontière, effectivement, dans les métissages où, à partir de quand, est-ce qu'on s'éloigne vraiment de ce qui fait l'identité du jazz au départ ?

Moi, je crois que dans l'identité du jazz, au départ, il y a un truc tout simplement lié à l'expressivité du blues, de la musique noire, d'une part, et d'autre part, appeler ça comme vous voulez, le swing, le groove, le bounce, ce truc rythmique. Ce qui est excitant, si vous voulez. C'est les deux éléments, à mon avis, identitaires, qui sont vraiment proches dans cette musique-là, au sens large. C'est-à-dire qu'il y a plein de musiques issues du jazz, un peu métissées, etc., qui ont encore ce truc-là. Ben oui, disons que ça vient du jazz. Mais quand on s'éloigne de ces deux éléments, le blues, le groove, on s'en éloigne du jazz, je pense, un petit peu. Trop ? Non, ce n'est pas un problème.

C'est juste une question d'appellation. Moi, j'écoute des symphonies du Tilleux chez moi aussi, et du Beethoven, il n'y a pas de problème. Ce n'est pas parce que je suis musicien de jazz que je n'aime que ça, Dieu merci. C'est juste une question d'appellation, après. Mais ça ne veut pas dire... Je ne suis pas en train de dire si ce n'est pas du jazz, ce n'est pas bien. Oh là là, surtout pas, évidemment.

7:33
Présentateur

Je vous pose la même question, Jean-Louis, Guillaumont, vous qui concoctez chaque année une programmation la plus riche possible ? Est-ce que vous vous posez des limites ? Est-ce qu'il y a des frontières ? Est-ce que vous vous autorisez à ce que vous souhaitez à Marciac ?

7:47
Invité

Alors, il y a... Déjà, Jazz in Marciac a évolué, j'allais dire, au fil du temps, pour intégrer, j'allais dire, ce que nous appelons les musicousines, et qui intègrent effectivement les ingrédients auxquels Baptiste faisait référence à l'instant. Et nous avons également mis en forme, en marge du festival, un certain nombre d'événements musicaux au cours desquels nous permettons une liberté de temps, en quelque sorte, de présenter des artistes qui sont parfois éloignés de la sphère du jazz. Mais, j'allais dire, l'épine dorsale de notre programmation est quand même très, très largement constituée par le jazz.

8:19
Présentateur

La pandémie, on le sait, a fait beaucoup de mal au monde de la musique. En 2020, Jazz in Marciac avait dû être annulé. L'an dernier, le format était réduit. Est-ce que cette année, Jean-Louis Guillaumont, vous avez retrouvé vos 250 000 spectateurs habituels ?

8:34
Invité

Alors, je ne suis pas à même pour l'instant de vous dire si nous les avons retrouvés individuellement, mais pour l'instant, nous nous situons donc sur des niveaux équivalents à l'édition de 2019, qui était une année record, et nous espérons aller jusqu'au bout de cette manière-là. Il s'agissait effectivement, après cette année blanche, et après une année, une édition écourtée, de retrouver, j'allais dire, notre mode de respiration naturelle, c'est-à-dire un festival sur 16 soirées, et donc de regagner les niveaux de fréquentation que nous avons connue tout au cours de la période qui a précédé la Covid-19. Et donc, nous sommes en passe d'atteindre cet objectif, je l'espère en tout cas.

9:09
Présentateur

Et toujours avec prudence, on attend évidemment la fin de cette édition 2022, à la fin de la semaine. Le public du jazz a tendance à vieillir, malgré tout, mais vous, à Martiac, vous essayez, et ça c'est aussi votre marque de fabrique, de former à la fois des spectateurs et des musiciens, tout au long de l'année, quand le festival fermera ses portes, à la fin de la semaine, qu'est-ce qui restera, Jean-Louis Guillaumont ?

9:33
Invité

Mais le reste sera de belles expériences qui ont été menées, il y a tous les stages qui se déroulent pendant la période du festival, il y a toutes les actions qui sont mises en œuvre et que Mme la Ministre de la Culture observait de l'ordre de sa visite avant-hier, donc c'est-à-dire que le jazz a véritablement irrigué notre territoire, a transfiguré Martiac, et nous permet aujourd'hui, effectivement, grâce à un festival bis également gratuit, d'éduquer, de rapprocher de la musique de jazz un certain nombre de publics qui ne seraient pas obligatoirement orientés vers cette musique, donc il y a un travail de fond que nous menons à bien au sein d'autres projets culturels de territoire qui nous permet, je pense, d'envisager l'avenir de façon assez sereine.

10:15
Présentateur

Vous êtes serein, vous aussi, Baptiste Trotignon, quand vous voyez vos spectateurs, vos spectatrices ?

10:21
Invité

Oh ben oui ! Oui, c'est-à-dire qu'après, oui, il peut y avoir certains concerts où on a un petit track avant de monter sur scène, des choses comme ça, mais je suis plutôt de nature sereine, oui, bien sûr. Vous savez, c'est déjà une chance d'être sur scène, que ce soit sur une scène gigantesque comme celle du Chapiteau de Marseille, que ce soit, ou dans un club de jazz, c'est déjà une chance de pouvoir faire du bien aux gens qui nous écoutent. On oublie parfois les artistes quand on se prend la tête sur ce qu'on va faire, ce qu'on va jouer. N'oublions jamais que les gens qui sont là, ils sont heureux d'être là, on leur offre un spectacle, il y a une forme d'offrande.

Donc ça, ça apporte une forme de sérénité, je pense déjà.

11:03
Présentateur

Mais est-ce que c'est un sujet aussi pour vous, le renouvellement, ou le renouvellement insuffisant du public du jazz ? Comment est-ce que vous l'identifiez, ça ?

11:10
Invité

Oui, c'est des questions qu'on se pose aussi avec le public de la musique classique. Il y a plein d'endroits quand même depuis une vingtaine d'années, dans un exemple parallèle, c'est frappant à la Philharmonie de Paris pour la musique classique, où il y a eu des politiques de renouvellement du public. Et Jean-Louis, avec Marciac, a beaucoup œuvré pour ça, comme il l'explique. Il y a pas mal d'endroits qui arrivent à développer ça, effectivement. Comment je l'explique ? Peut-être parce que l'histoire du jazz a eu une forme d'âge d'or dans les années 50. Et après, il y a eu tellement de ramifications, etc.

Je sais pas, mais en tout cas, nous, du côté de musiciens, effectivement, c'est notre responsabilité, effectivement, de faire comprendre que c'est une musique qui est fun, quoi. Qui est vivante et qui est festive, surtout. Et qu'il n'y a pas vraiment de limite. Donc, à nous aussi, effectivement, d'aller vers le public dans ce sens, tout à fait.

12:09
Présentateur

pour accompagner

12:10
Invité

le travail des programmateurs.

12:11
Présentateur

Mais oui, c'est la question du public, mais c'est aussi la question des musiciens et de jeunes musiciens qui peuvent avancer dans cette voie du jazz. Est-ce que vous en voyez aujourd'hui parmi les plus jeunes qui arrivent, là où peut-être vous ne les auriez pas vus venir il y a quelques années ? Vous faites des émules ?

12:28
Invité

Je pense, oui. Mais par contre, je ne sais pas si c'était ça la question, mais pour un jeune musicien de jazz, moi, je ne suis plus dans les tout jeunes. Je suis dans les middle ages. Mais pour des jeunes musiciens, pour 22, 23 ans, 24 ans, etc., oui, le métier n'est pas difficile à rentrer dedans, n'est pas facile, pardon. Ce n'est pas facile de rentrer dans ce métier, oui, parce qu'effectivement, parce qu'il y a une... Enfin, là, on va utiliser des termes un peu marketing, mais il y a une sur-offre par rapport à la demande. Il y a beaucoup de... L'offre, c'est énormément diversifié, donc c'est difficile de faire sa place.

Il faut vraiment avoir, en plus, je pense, de capacités techniques, de langage, etc., il faut effectivement essayer d'avoir une identité assez tôt, maintenant.

13:11
Présentateur

Merci.

13:12
Invité

Ça se travaille.

13:13
Présentateur

Merci à tous les deux, Jean-Louis Guillaumont, le président de Jazz in Martiak, jusqu'au 6 août, dans le Gers. Merci aussi à vous, Baptiste Trottignon. Vous serez donc sur scène ce soir pour ce spectacle Piano Forte. On va se quitter en musique avec un extrait de votre album You Have Changed et avec un standard I'm a fool to love you avec la belle voix de Camélia Jordana. I'm a fool to want you not that there

14:05
Invité

for others too I'm a fool

14:12
Présentateur

to hold you 8h55 sur France Culture.

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