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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 7 avril 2016 11 minComplaisantActualité / polémiqueSolidarités & familleEurope & internationalInstitutions & électionsCulture, médias & sport

Laurence Rossignol

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    En matière de prostitution jusqu'ici c'est l'offre qui était pénalisée, les prostituées désormais ce sera la demande, les clients, la France est le quatrième pays européen à le faire, c'est une vieille revendication féministe, est-ce que ça suffit pour dire ce que vous avez fait hier soir que cette loi c'est la loi veille de notre génération ?

  • 0:41OuverteRéponse directe

    Mais la loi veille elle a eu des effets directs pour les femmes qui désiraient avorter, est-ce que la loi prostitution aura des effets pratiques à la hauteur de sa portée symbolique ?

  • 1:53OuverteRéponse directe

    Alors les effets pratiques, parce que depuis deux ans et demi, ce débat a mis beaucoup de temps à émerger, le Sénat s'est prononcé deux fois contre

  • 4:02OuverteRéponse directe

    Mais on laisse se développer la prostitution par internet

  • 5:10OuverteRéponse directe

    Alors, puisque vous étiez dans le symbole tout à l'heure en commençant cette interview, est-ce que c'est une loi abolitionniste ?

  • 6:13OuverteRéponse partielle

    Le corps des femmes, il en est encore question à propos du voile, de ce qu'on appelait la mode islamique et les propos de Manuel Valls lundi soir, est-ce qu'à vos yeux, de militantes féministes et de ministres, est-ce qu'il est juste et responsable d'affirmer que le voile est un asservissement ou une soumission ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00Invité politiqueFait
    « En matière de prostitution jusqu'ici c'est l'offre qui était pénalisée, les prostituées désormais ce sera la demande, les clients, la France est le quatrième pays européen à le faire »
  • 0:18PrésentateurFait
    « c'était un moment très fort, effectivement j'ai dit que cette loi c'était un peu la loi veille de notre génération, c'est une grande loi féministe »
  • 0:50PrésentateurFait
    « c'est une loi qui pour la première fois dit que la prostitution, l'achat de services sexuels est une violence à l'encontre des personnes prostituées »
  • 1:10PrésentateurFait
    « c'est une loi qui sort notre société d'une espèce de neutralité hypocrite à l'égard de l'achat de services sexuels »
  • 2:00Invité politiqueFait
    « Et puis on a entendu tout au long de cette discussion les syndicats de policiers dire, on a autre chose à faire que de courir derrière les clients »
  • 2:55PrésentateurFait
    « Donc il y aura des clients effectivement punis bientôt ? »
  • 3:30PrésentateurFait
    « Parce que jusqu'à présent, on poursuivait les proxénètes, on en attrape quelques-uns, la traite, on a bien du mal »
  • 3:50PrésentateurFait
    « On a abrogé le racolage passif »
  • 4:11PrésentateurFait
    « Les Suédois, la procureure suédoise était avec nous hier soir à l'Assemblée Nationale »
  • 5:22PrésentateurFait
    « c'est une loi abolitionniste »
  • 5:33PrésentateurPromesse
    « Nous voulons l'extinction de la prostitution »
  • 5:36PrésentateurPromesse
    « Nous voulons tarir la demande »
  • 5:52PrésentateurFait
    « Mais la France était toujours dit abolitionniste »
  • 6:34PrésentateurFait
    « Il a clairement dit »
  • 6:51PrésentateurFait
    « aujourd'hui, ce qu'on observe, c'est un développement d'une mode islamique qui couvre le corps des femmes de la tête aux pieds »

Temps de parole

  • Présentateur78 %
  • Laurence Rossignol22 %

5,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Laurence Rossignol

Bonjour Laurence Rossignol, en matière de prostitution jusqu'ici c'est l'offre qui était pénalisée, les prostituées désormais ce sera la demande, les clients, la France est le quatrième pays européen à le faire, c'est une vieille revendication féministe, est-ce que ça suffit pour dire ce que vous avez fait hier soir que cette loi c'est la loi veille de notre génération ?

0:18
Présentateur

L'émotion qu'il y avait hier soir à l'Assemblée Nationale avec les associations féministes, les associations comme le mouvement d'UNI qui ont porté cette loi et puis les parlementaires qui se sont engagés, moi ça fait dix ans que je suis engagée pour la pénalisation du client, c'était un moment très fort, effectivement j'ai dit que cette loi c'était un peu la loi veille de notre génération, c'est une grande loi féministe

0:41
Laurence Rossignol

Mais la loi veille elle a eu des effets directs pour les femmes qui désiraient avorter, est-ce que la loi prostitution aura des effets pratiques à la hauteur de sa portée symbolique ?

0:50
Présentateur

Alors parlons d'abord de la portée symbolique, c'est une loi qui pour la première fois dit que la prostitution, l'achat de services sexuels est une violence à l'encontre des personnes prostituées, c'est une loi qui dit aussi que tant qu'on pourra louer, acheter, vendre le corps des femmes, il n'y aura pas d'égalité réelle possible entre les femmes et les hommes C'est une loi qui sort notre société d'une espèce de neutralité hypocrite à l'égard de l'achat de services sexuels et qui dit, eh bien voilà, en France, nous pensons que nous sommes une civilisation dans laquelle on ne peut pas monnayer avec de l'argent le consentement de quelqu'un Et c'est une loi qui est très importante pour les femmes parce que c'est une loi qui dit aussi que la sexualité des femmes est comme celle des hommes, une sexualité fondée sur le désir, le plaisir Or, l'achat, la transaction de services sexuels renforce l'idée qu'il y aurait deux sexualités, une sexualité impérieuse qu'il faudrait immédiatement satisfaire et puis une sexualité passive dans laquelle le désir serait absent Et c'est une loi symbolique

1:53
Laurence Rossignol

Alors les effets pratiques, parce que depuis deux ans et demi, ce débat a mis beaucoup de temps à émerger, le Sénat s'est prononcé deux fois contre Et puis on a entendu tout au long de cette discussion les syndicats de policiers dire, on a autre chose à faire que de courir derrière les clients

2:07
Présentateur

Oui, mais enfin maintenant la loi est votée, il va bien falloir que les policiers appliquent la loi S'ils ont des consignes pour le faire Écoutez, j'imagine pas que ce soit autrement, mais vous savez, il y a 15 ans, 20 ans, quand on a commencé à s'intéresser aux violences infrafamiliales On observait que dans les commissariats ou les gendarmeries, quand les femmes venaient porter plainte parce qu'elles étaient frappées à la maison On les renvoyait un peu chez elles en leur disant, écoutez, arrangez-vous avec votre mari, ça ne concerne pas la police, on a beaucoup de travail Et puis les policiers ont été formés à la lutte contre les violences faites aux femmes, à accueillir ces femmes, à suivre l'instruction des plaintes Et aujourd'hui, policiers et gendarmes sont le plus souvent remarquables en matière d'accueil des femmes victimes de violences Et bien là, nous allons faire pareil, nous allons effectivement former les personnels de police et de gendarmerie pour qu'ils prennent en compte cette nouvelle loi Donc il y aura des clients effectivement punis bientôt ?

Je pense que d'abord, il va y avoir des clients qui vont se dire que quand ils vont acheter un service sexuel, c'est répréhensible, c'est pénalement puni Mais vous savez, c'est comme les excès de vitesse, on ne se fait pas attraper à chaque fois qu'on fait un excès de vitesse Mais le fait de savoir qu'il y a des radars et de ne pas savoir où ils sont, ça contribue à ce que la vitesse diminue Mais il y aura des PV Il y aura des PV, bien sûr, et surtout je crois que ce qui va être nouveau, c'est que ça va être utile pour compléter les dispositifs contre la traite Parce que jusqu'à présent, on poursuivait les proxénètes, on en attrape quelques-uns, la traite, on a bien du mal On attrape aussi des réseaux, mais moins qu'il en existe Et puis aussi, la loi Sarkozy pénalisait les personnes qui se prostituent en pénalisant le racolage passif Maintenant, on va avoir une troisième pièce dans ce dispositif On a abrogé le racolage passif Les prostituées ne sont pas des criminels, ce sont des victimes Et on va pouvoir, par l'entrée, par la pénalisation de l'achat de services sexuels, aussi renforcer la lutte contre les réseaux

4:02
Laurence Rossignol

Mais on laisse se développer la prostitution par internet

4:04
Présentateur

Non, les Suédois, la procureure suédoise était avec nous hier soir à l'Assemblée Nationale Et elle disait que dans un premier temps, ils ont bien entendu commencé par la prostitution de rue Mais que maintenant, ils travaillent sur la prostitution sur internet Les policiers, aujourd'hui, sont aussi sur les réseaux sociaux pour traquer les terroristes, les pédophiles Tous ceux qui transgressent les lois C'est une nouvelle façon de travailler, aussi pour les policiers que d'être sur internet

4:33
Laurence Rossignol

Et les clients des escortes des prostituées sur internet, oui, seront traqués par les mêmes policiers, de la même façon ?

4:39
Présentateur

Mais bien sûr, il suffit qu'on applique cette loi dans toute sa dimension Et puis on va avancer progressivement Par ailleurs, une remarque M. Cohen, ça fait des années que je suis les lois pénales au Parlement C'est la première fois qu'on s'interroge autant sur une loi pénale, sur son efficacité En général, on vote des lois pénales, c'est important de les voter Et on ne se demande pas autant si elle va être appliquée comme celle-ci est interrogée

5:06
Laurence Rossignol

Alors, puisque vous étiez dans le symbole tout à l'heure en commençant cette interview Est-ce que c'est une loi abolitionniste ? Parce que vous connaissez l'histoire, Laurence Rossignol Il y a 70 ans, les partisans de la loi Marthe Richard, qui a fermé les maisons clos, se disaient abolitionnistes Et ils n'ont rien aboli du tout

5:22
Présentateur

Alors, c'est une loi abolitionniste En fait, les militants de l'extinction de la prostitution Se disent et se revendiquent comme étant des abolitionnistes Nous voulons l'extinction de la prostitution Nous voulons tarir la demande Donc, c'est de ce point de vue nois, une loi abolitionniste Mais le vocabulaire est un peu plus nuancé et compliqué Parce que quand on a aboli la peine de mort La peine de mort s'est arrêtée le jour d'abolition de la peine de mort Là, on est sur un phénomène qui est plus long Mais la France était toujours dit abolitionniste Elle l'était de manière un peu hypocrite Maintenant, elle l'est franchement Et surtout, les autres pays qui ont fait les mêmes lois Sont très heureux de nous voir arriver Parce qu'on dit toujours Les gens vont passer à la frontière Pour aller acheter les services sexuels Qu'ils ne peuvent plus acheter dans leur pays Mais si les pays sont nombreux à voter les mêmes lois De l'autre côté de la frontière, ce sera pareil

6:13
Laurence Rossignol

Le corps des femmes, il en est encore question A propos du voile, de ce qu'on appelait la mode islamique Et les propos de Manuel Valls lundi soir Est-ce qu'à vos yeux, de militantes féministes et de ministres Est-ce qu'il est juste et responsable d'affirmer Que le voile est un asservissement ou une soumission ?

6:31
Présentateur

Je crois qu'il faut bien reprendre les propos du Premier ministre Il a clairement dit

6:35
Laurence Rossignol

Je vous demande votre avis

6:36
Présentateur

Oui, mais les mots sont importants Dans ce débat-là

6:41
Laurence Rossignol

Il a parlé d'asservissement

6:42
Présentateur

Il a parlé d'asservissement Mais il a dit aussi que la discussion n'était pas sur les fichus Sur le fait de se couvrir le chef, la tête Pour cacher sa tête Aujourd'hui, ce qu'on observe C'est un développement d'une mode islamique Qui couvre le corps des femmes De la tête aux pieds Y compris les mains Et parfois même le visage Même si c'est interdit en France Même si c'est interdit en France Et on peut se poser la question Pourquoi faudrait-il cacher le corps des femmes ? Quel est le sens de cette dissimulation ?

En fait, moi ce que je ressens Quand j'entends que cette mode est appelée mode pudique C'est que la pudeur nécessiterait que les femmes se cachent totalement En fait, ça veut dire que les femmes sont impudiques Dans tout leur corps Toute leur existence Et que leur simple présence Leur simple visibilité Serait déjà une insulte à la pudeur

7:35
Laurence Rossignol

Mode pudique, c'est une traduction de l'anglais Modeste fashion C'est une traduction Qui a été faite Mode pudique Je ne sais pas si...

7:43
Présentateur

Qu'on dise pudique ou qu'on dise modeste De toute façon, le sens est un peu le même Parce que pourquoi intimerait-on aux femmes D'être modeste ? Et c'est aussi une façon de se cacher

7:52
Laurence Rossignol

Mais la question, puisque ce n'est pas illégal Et vous venez de le rappeler Est-ce que c'est le rôle d'un ministre Ou du Premier ministre De déterminer la norme religieuse et vestimentaire ?

8:01
Présentateur

Mais moi, les religions ne sont pas mon sujet Je ne suis pas ministre des cultes Ni sociologue des religions

8:05
Laurence Rossignol

Alors, vestimentaire

8:06
Présentateur

Mon sujet, ce sont les droits des femmes Des familles et des enfants aussi Mais les droits des femmes Et ce que j'observe Et ce sur quoi j'agis C'est est-ce que l'émancipation des femmes Progresse ou régresse ?

C'est ça mon indicateur Et il se trouve que je rentrais de l'ONU Et c'est probablement pour ça Que j'y réagis vivement A l'ONU, tout s'est concentré Lorsque nous avons adopté la résolution Dans la commission Condition des femmes Comme ça s'appelle à l'ONU Tous les ministres des droits des femmes étaient là Toutes les ONG étaient là Sur une petite phrase Cette petite phrase, elle disait Les droits sexuels et reproductifs C'est-à-dire avortement Contraception Éducation à la sexualité Sont une ambition pour les femmes Entre parenthèses Sous réserve Des lois nationales Et du contexte Ce qui reviendrait à poser la question Est-ce que les droits des femmes Sont universels Où est-ce qu'ils doivent être rapportés Aux traditions Et aux lois internes De chaque pays Et j'ai eu le sentiment En France Que ce même débat Devait être posé Et je plaide pour ma part

9:07
Laurence Rossignol

L'universalisme est en train de reculer ?

9:09
Présentateur

En ce qui concerne les droits des femmes L'universalisme n'est pas affirmé Avec la même exigence Et la même force Que pour d'autres droits Et moi je suis là Pour défendre l'universalité Des droits des femmes Surtout quand il s'agit De leur corps Du contrôle de leur sexualité Du contrôle de leur corps Qui est un enjeu historique Dans les sociétés De savoir si les femmes sont libres Ou non De décider ce qui est bon pour leur corps

9:33
Laurence Rossignol

Un dernier mot là-dessus Avant la revue de presse Manuel Valls Lundi soir n'a pas fermé la porte A une éventuelle Nouvelle modification de la loi Quel est votre sentiment là-dessus ? Notamment sur la question Qui lui était posée C'est-à-dire le voile à l'université Laurence Rassignal Quelle est votre avis là-dessus ?

9:51
Présentateur

J'ai pas eu l'impression Qu'il l'avait non plus ouverte Cette porte-là

9:53
Laurence Rossignol

Il a dit Il faudra réfléchir ou travailler Il a eu cette phrase

9:56
Présentateur

Comment dire ? Est-ce qu'il est choquant ?

9:59
Laurence Rossignol

Une porte doit être ouverte ou fermée ?

10:00
Présentateur

Est-ce qu'il est choquant Qu'un premier ministre Interrogé sur un sujet Réponde Il faut réfléchir Et travailler C'est un sujet collectif Ce n'est pas que le sujet Des politiques C'est le sujet de la société Je pense que ce qu'on fait Actuellement Ce que je fais C'est de faire débattre Non pas d'une religion Non pas de l'islam Mais de la défense Aujourd'hui De l'émancipation des femmes Dans la société française Mon point de vue C'est de dire Que les intégrismes Menacent toujours Les droits des femmes En Pologne en ce moment Sur l'avortement Et en France Aujourd'hui Toujours sur ces questions Du corps des femmes

10:32
Laurence Rossignol

Laurence Rassignol Invité de France Inter Ce matin On revient Avec vous Dans quelques minutes Avec les auditeurs d'Inter Sur d'autres sujets Il y a la fessée Déconseillée désormais Dans le livret des parents Et puis Emmanuel Macron Votre collègue Picard comme vous Qui crée un parti politique Ça on en parle tout de suite 8h32