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interviewC dans l'air· 2 juin 2024 64 min

Prix : ça baisse... vraiment ? #cdanslair Archives 2023

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. Le pic de l'inflation est-il derrière nous ? En mai, la hausse des prix s'est atténuée à plus 5,1%. A noter la baisse de tout ce qui est énergie, carburant, où les prix n'augmentent plus que de 2%. Mais l'alimentaire continue de flamber, plus 14%. Question, comment expliquer cette dichotomie ? Est-elle durable ? Dans cette émission, nous verrons un reportage exclusif C'est dans l'air qui montre les astuces de la grande distribution pour dissimuler les hausses de prix. Face à cette valse des étiquettes, comment réagissent les consommateurs ? Avons-nous réduit nos achats ? Achetons-nous différemment ?

C'est le sujet de cette émission de ce C'est dans l'air, intitulé ce soir « Prix s'abaisse vraiment en forme de questions ». Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Emmanuel Duteil. Vous êtes directeur de la rédaction de l'Usine Nouvelle. Citons votre dernier article publié hier, alors que les marges de l'agroalimentaire atteignent des sommets, Bercy menacent encore de taxer. Pascal Hébel, directrice associée chez Seaways. Vous êtes spécialiste des questions de consommation. Olivia Détroya, vous êtes journaliste économie au Figaro. À lire votre article du jour, « Les marques de distributeurs grandes gagnantes de l'inflation ».

Et puis je signale que vous avez reçu le mois dernier le prix du meilleur article économique 2022 pour votre enquête intitulée « Face aux défis alimentaires, le défi du végétal ». Et enfin, Flavien Neuvi, vous êtes économiste, directeur de l'Observatoire CETLM. On peut signaler votre dernière étude européenne à chacun son low cost qui est disponible gratuitement sur le site de l'Observatoire CETLM.com. Merci de participer à cette émission en direct. Emmanuel Duteil, on commence avec vous. Une petite question d'économie presque, compliquée. Quand l'inflation passe de 5,9%, c'était en avril, et là en mai, elle est descendue à plus 5,1%, ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que les prix baissent ou qu'ils augmentent moins vite ? J'ai envie de dire un peu les deux. Mais avant tout, il y a certains prix qui ont baissé, et c'est pour ça que l'inflation recule par rapport au mois dernier. Vous l'avez cité dans votre introduction, la principale raison, c'est le recul très net des prix de l'énergie. Tous ceux qui font leur plein s'en sont rendus compte. Ça reste élevé, mais les prix ont quand même nettement reculé. Donc là, ça a baissé. Et quand on a une inflation qui, effectivement, est moins forte que le mois d'avance, c'est que certains prix ont baissé.

Et après, quand on reste à 5,1% d'inflation, on reste à des niveaux que ma génération, par exemple, n'a quasiment jamais connus ou très peu connus. Donc on reste toujours sur des niveaux extrêmement élevés. Ça veut dire que ce qui valait 100 euros l'an dernier vaut aujourd'hui 105 euros. Exactement. Donc ça veut dire qu'on baisse par rapport au mois précédent, mais c'est une augmentation. C'est toujours 5 euros de plus sur un an. Flavien Neuvi, Emmanuel Dutay l'a dit. Là, pour l'essence, les prix, la recule. D'ailleurs, on va regarder le baril de pétrole. Il y a un an, lui, pour le coup, il était à 125 dollars, le baril de Brent. Aujourd'hui, on est à 75 dollars. Donc ça y est, enfin.

D'ailleurs, c'est une bonne nouvelle à l'approche de la saison d'été. Oui, c'est une bonne nouvelle parce qu'il faut rappeler que le poids des dépenses de carburant, ça pèse lourd dans le budget des ménages. On a quand même un taux de motorisation des ménages qui est très élevé. Plus de 80% des ménages qui ont une voiture, qui l'utilisent beaucoup pour aller travailler. Donc ça pèse lourd. Et c'est vrai qu'après le début de la guerre en Ukraine, on a des prix du pétrole qui se sont envolés, qui sont allés même au-delà, à un moment donné, des 130 dollars. Et là, aujourd'hui, on est autour de 70, 75 dollars. Donc on le voit à la pompe, effectivement.

Donc ça redonne un peu d'oxygène aux ménages, bien sûr, mais aussi aux entreprises qui ont beaucoup de dépenses de carburant, les PME notamment, qui se déplacent beaucoup. Après, c'est vrai qu'on reste quand même dans un contexte d'inflation relativement élevé, même si on peut penser aujourd'hui que le pic de l'inflation, le niveau, le point haut de l'inflation est plutôt derrière nous. C'est vrai qu'on anticipait, enfin, globalement, le consensus, les économistes anticipaient... C'est le poste avancé de la hausse des prix. Ce qui se passe sur l'essence anticipe de ce qui se passe dans le reste de l'économie ?

En tout cas, ça a contribué très fortement à la hausse des prix d'une façon générale l'année dernière. Pas que les carburants, d'ailleurs, pas que le pétrole, le gaz, etc., l'électricité. Ce qui se passe aujourd'hui, c'est que les banques centrales ont entamé un resserrement monétaire, ont augmenté les taux d'intérêt depuis maintenant plusieurs trimestres. Et on commence à en voir les effets sur l'activité économique. Donc, en France, on reste en croissance positive, très légèrement positive. Mais par exemple, en Allemagne, ça y est, ils sont entrés en récession. Donc, évidemment... Un pays qui est entré en récession, ils consomment moins, les entreprises investissent moins.

Et donc, ça a tendance à faire baisser la demande. Évidemment, quand vous avez une demande qui baisse, forcément, les entreprises, elles ont beaucoup moins envie d'augmenter leur prix parce que les affaires deviennent plus difficiles. Alors, Olivia Détroya, bon point pour Flavien Neuvi et le carburant et l'essence à la pompe. En revanche, dans les supermarchés, l'inflation alimentaire, là, plus 14%. Pour reprendre ce qui va les 100, il y a un an, pour les légumes, etc. Bon, 114. C'est 114 aujourd'hui.

4:48
Invité

Oui, effectivement. Et on est sur des niveaux d'inflation qui sont deux à trois fois supérieurs, qui sont en fait la résultante des hausses de prix qui ont été négociées au mois de mars, puisque c'est la spécificité de la France. Tous les ans, les distributeurs et les industriels se voient pour négocier leur...

5:01
Présentateur

M. Coca-Cola et M. Carrefour, ils se rencontrent une fois par an ?

5:04
Invité

Une fois par an. En tout cas, pour la partie des marques nationales, une fois par an, en général, en fin d'année, ils doivent conclure leur prix au 1er mars. Et il y a eu toute une série de hausses qui ont été négociées, qui sont la résultante, en fait, de ce qu'on a connu suite au démarrage, enfin, du lancement du conflit en Ukraine, la hausse des matières premières agricoles. On a parlé beaucoup du blé, mais de l'huile aussi. Ensuite, on a une deuxième vague d'inflation avec la hausse des prix de l'énergie et qui sont aujourd'hui répercutées dans nos magasins et dans les rayons des grandes surfaces.

Et comme ces prix n'ont pas encore été renégociés, voilà pourquoi sur l'alimentaire, on est toujours sur une tendance et sur un boom inflationniste que ma génération n'a encore moins connue que la vôtre, puisque c'est la première fois qu'on a une inflation aussi forte dans les rayons alimentaires. En 2008, souvenez-vous, au moment de la crise des subprimes, on était autour de 5-6% d'inflation dans les rayons. Aujourd'hui, c'est pas plus alimentaire.

5:56
Présentateur

Alors, on reviendra d'ailleurs sur Bruno Le Maire, on va l'écouter dans un instant, qui dit que les producteurs doivent baisser leurs prix et ne pas attendre les industriels l'année d'avant. Ça veut dire qu'autant à la pompe, ça va, on souffle, mais quand on passe à la caisse dans les supermarchés, c'est une épreuve aujourd'hui pour les Français ?

6:16
Bruno Le Maire

Oui, tout à fait. Alors, ça va un petit peu moins vite que ce qu'on annonçait, puisque les grands distributeurs avaient dit qu'on aura 10% de plus à la suite des négociations qui ont eu début mars. Mais finalement, là, on n'est qu'à 0,2% de plus sur les prix alimentaires par rapport au mois dernier. Donc, ce qui veut dire que ça commence quand même un petit peu à se stabiliser. Là, vous parlez d'un mois sur l'autre. D'un mois sur l'autre, alors qu'en effet, le prix de l'énergie a baissé par rapport au mois dernier.

6:42
Présentateur

Alors, d'un mois sur l'autre pour l'essence, là, ça baisse.

6:44
Bruno Le Maire

Là, ça baisse vraiment, mais sur l'alimentaire, non, en fait. Les gens ne voient pas de baisse dans les supermarchés par rapport au mois dernier. Donc, on est quand même toujours dans une petite inflation. Mais c'est vrai qu'on sent que les négociations, donc là, il y a un bras de fer entre Bruno Le Maire et les fabricants, mais on voit bien qu'il n'y a pas eu la hausse annoncée, qui en effet, les gros ont négocié une hausse de 10%. Mais comme on a, bien sûr, le trimestre anti-inflation, donc les marques distributeurs qui, elles, commencent à baisser leur prix, puisqu'en effet, le prix du blé a été divisé par deux par rapport au moment de la guerre en Ukraine.

7:17
Présentateur

Il n'y a pas que le pétrole qui a baissé, il y a le blé qui a baissé.

7:20
Bruno Le Maire

Non, il y a vraiment le blé, il y a le prix du café qui a été divisé par deux. Par contre, il y a le prix du sucre qui continue d'augmenter. Mais ce qui fait que, normalement, on pourrait répercuter plus vite, en fait, les baisses de prix. Sur le carburant, ça se fait, c'est-à-dire que le prix du baril de pétrole diminue, et le prix du carburant, c'est peut-être un ou deux mois après. Là, sur l'alimentation, ça prend plus de temps que prévu. Et finalement, par rapport aux autres pays européens, on est au-dessus de la moyenne en inflation alimentaire en ce moment, alors que l'année dernière, on était le pays qui avait l'inflation la plus faible.

Donc on sent bien que dans ce secteur-là, les transmissions économiques des baisses de prix ne se font pas aussi vite que dans les autres secteurs.

7:59
Présentateur

Alors vous l'avez dit, le prix du blé est divisé par deux, mais le prix des pâtes, lui, n'a pas bougé. Les pâtes restent toujours aussi chères. D'où ce coup de gueule, j'allais dire, de Bruno Le Maire, qui appelle les industriels à baisser leurs marges. On l'écoute, c'était sur France Inter.

8:13
Invité

Sur les prix alimentaires, maintenant, il faut accélérer la baisse. Il faut que chacun tienne ses engagements. Les distributeurs ont tenu leurs engagements sur le panier anti-inflation, sur le trimestre anti-inflation. Et ils ont pris la décision de le prolonger au-delà du 15 juin. Très bonne nouvelle. Il faut que les industriels, qui se sont engagés dans mon bureau à revenir à la table des négociations commerciales pour traduire cette baisse de l'inflation dans les prix sur les rayons, tiennent leurs engagements.

8:43
Présentateur

Emmanuel Duteil, le ministre de l'économie, pointe clairement la responsabilité des industriels dans le fait que le prix des pâtes dans les supermarchés reste... Les pâtes et tout, tout ce qui est alimentaire, reste très élevé. Ce qui est intéressant, c'est qu'il pointe les industriels et d'une certaine manière, il pointe son impuissance. Puisqu'effectivement, il les a reçus à Bercy. Et à la sortie de cette réunion, on avait eu le droit, les prix vont baisser. Non, c'était début mai la réunion. On nous avait dit, ce sera à partir de la fin mai, début juin. Aujourd'hui, la plupart des industriels concernés n'ont même pas véritablement repris les discussions avec les distributeurs.

Déjà, il y a au final très peu de distributeurs concernés puisqu'il y a deux clauses importantes qui avaient été mises en place. Il fallait avoir augmenté ces prix de plus de 10% lors de la négociation dont on parlait tout à l'heure entre distributeurs et industriels. Et il fallait avoir un de ces produits principaux qui compose le produit qui a baissé de plus de 20%. Donc déjà, tout le monde n'est pas concerné. Mais malgré tout, on pense qu'il y en a 75 qui avaient été reçus. Il y en a au moins une grosse vingtaine quand même qui rentrent là-dedans et qui font partie des plus gros.

Parce que quand vous parlez des 22 plus gros industriels français, j'espère ne pas dire d'aner sur le chiffre, mais je crois que c'est 40% grosso modo de ce qu'on trouve dans les magasins. Alors eux, en fait, ils ne veulent pas baisser leur prix. Ils veulent augmenter leur marge. Ils ne veulent pas baisser leur prix. Sauf que là, il y a quand même pas mal d'éléments qui commencent à montrer que franchement, ils ne font pas beaucoup d'efforts. Alors rarement, on va regarder les résultats économiques dans les calendriers et les classements de l'INSEE. Mais là, je vous invite à aller voir ce qu'on appelle l'EBE, l'excédent brut d'exploitation. Grosso modo, caricaturé. Voilà, c'est les marges.

Ça va très, très bien pour les grands de l'agroalimentaire. Donc il y a une augmentation des marges. Donc ça veut quand même, là, très clairement dire qu'ils ont reconstitué les gains qu'ils avaient potentiellement perdus dans les dernières années. Donc là, il va quand même falloir un jour, effectivement, pouvoir accélérer un peu la baisse. Je pense que pas mal d'industriels ont un peu aussi traîné les pieds en attendant de voir de combien ils allaient augmenter les salariés et voir s'il n'y avait pas une sorte de retour à un moment de l'inflation, d'accélération de la guerre. Ils se sont dit, je me mets un petit peu des noisettes de côté au cas où j'ai des revendications salariales.

Voilà, très clairement, les hausses de salaire ont été actées dans quelques entreprises. Mais on voit bien que ça ne crée pas une surinflation derrière. Et très clairement, les touchants du bois, pour le moment, il n'y a pas une deuxième vague de hausse des produits et des matières premières. Donc là, il va effectivement falloir y aller. Mais le problème, c'est que, et ça peut paraître effarant, c'est qu'il n'y a rien qui, sur le papier, les oblige à le faire. Alors, le ministre d'économie dit, je vais les taxer, fine, mais avant que ça rentre dans les caisses de l'État et que ça nous puisse baisser les prix, ça va mettre un tout petit peu de temps.

Mais, Olivier Détroé, est-ce que c'est à l'État de dire baisser les prix ? Est-ce qu'il n'y a pas le jeu libre de la concurrence ? Enfin, des fabricants de pâtes, il y en a plein. Est-ce qu'on ne peut pas faire confiance un tout petit peu au marché, à la libre concurrence ? Pourquoi elle ne fonctionne pas dans les supermarchés, cette libre concurrence ?

11:31
Invité

Alors, c'est vrai que ce n'est pas à l'État de fixer le... On n'est pas dans une économie administrée, donc ce n'est pas l'État qui fixe les prix. En revanche, on voit des pâtes ou de l'huile ou des sodas. En revanche, on voit effectivement que ce sujet du pouvoir d'achat est revenu très fort sur le devant de la scène, notamment après tout le débat autour de la réforme des retraites. Et ce sujet du pouvoir d'achat, on en reparlera tout à l'heure, est vraiment en haut des priorités du gouvernement et que c'est l'exécutif qui a pris ce sujet en main. C'est ça que vous n'avez vu avec le trimestre anti-inflation. Maintenant, savoir qui est le profiteur de crise.

Alors, de ce point de vue-là, il y a un rapport qui est attendu au mois de juin de Bercy qui trace un petit peu l'évolution des marges par acteur de la filière alimentaire et qui pourrait faire foi à savoir si effectivement les industriels ont reconstitué indûment leurs marges.

12:18
Présentateur

C'est vrai que Fabien Neuville, qui est les profiteurs de crise ? On craignait beaucoup avec l'inflation ce qu'on appelait la spirale prix-salaire. C'est-à-dire que les prix allaient augmenter. Et en fait, on parle maintenant de la spirale prix-profit. Comme si l'inflation, elle avait engraissé les industriels. Il y a deux choses. D'abord, il y a un problème de temporalité. C'est-à-dire que quand les prix ont vraiment augmenté l'année dernière, les industriels n'ont pas pu répercuter immédiatement la hausse des prix puisque les négociations n'étaient pas entamées. Donc pendant six mois, en gros, ils ont vendu avec des marges plus faibles. Et ils ont attendu la renégociation.

Maintenant, ils se rattrapent. Maintenant, ils se rattrapent. Ce qui se passe, c'est que pendant des années, en France, et en zone euro, pour le dire simplement, et même dans les pays développés, on avait plutôt une inflation faible, voire très faible, c'est-à-dire entre 0 et 2%. Et donc, passer des hausses de prix quand vous êtes en période de faible inflation, c'est difficile. C'est difficile d'expliquer que vous avez besoin d'augmenter vos prix. Et là, d'un seul coup, il y a une inflation forte qui arrive. Et du coup, ça crée ce qu'on appelle en économie des effets d'aubaine.

C'est-à-dire que si vos prix à la production augmentent de 5%, vous êtes peut-être tenté d'augmenter de 7% vos prix pour faire les 5% de hausse des prix à la production et puis aussi prendre 2% de marge supplémentaire. Donc effectivement, on y verra plus clair dans quelques temps. C'est vrai que quand on regarde les excédents bruts d'exploitation, on voit que les marges se sont reconstituées. Donc très clairement, il y a certainement eu des effets d'aubaine. Il y avait aussi beaucoup d'incertitudes parce qu'on n'était pas capable de dire, et il y a toujours cette incertitude d'ailleurs, comment va évoluer le conflit en Ukraine.

On pensait par exemple qu'il allait y avoir de graves pénuries alimentaires dans le monde et que ça allait continuer à faire flamber les prix, notamment des céréales. Et finalement, ça ne s'est pas passé comme ça, tant mieux. Et donc du coup, on a assisté à une décrue des prix alimentaires. Il y a un indice de la FAO qui est publié régulièrement qui montre que là, on est revenu sur les prix alimentaires mondiaux, on est revenu au plus bas depuis 2 ans et demi. Les prix ont baissé de 22% sur un an. Donc effectivement, il y a des marges de manœuvre pour opérer des baisses de prix.

Pascal et Belle, il n'y a pas que dans l'alimentaire, il y a l'automobile, c'est devenu très cher d'acheter une voiture. Le même phénomène s'est passé dans d'autres secteurs, parce que là, on parle de l'alimentaire depuis le début.

14:16
Bruno Le Maire

Oui, tout à fait. Les marges des constructeurs automobiles en 2022 ont augmenté. Donc dans l'automobile, il y a eu moins de volume de voitures. Alors bien sûr, c'était lié au problème de matières qui n'étaient pas disponibles sur le marché. Mais ils en ont profité pour augmenter beaucoup les prix. Et aujourd'hui, évidemment, les Chinois arrivent en proposant des voitures beaucoup moins chères sur l'électrique notamment. Donc en fait, c'est la concurrence mondiale qui va intervenir. Du côté de l'alimentation, on a vraiment une baisse des volumes. On n'a jamais vu ça. Aujourd'hui, on est en... On vend moins, mais plus cher. Oui, alors on vend moins.

Donc c'est vrai que sur la voiture encore, on se dit qu'on fait moins de véhicules, on fait durer les plus anciens. Mais alors manger moins, c'est vrai qu'on a du mal à comprendre ce qui se passe exactement. Mais on est à moins 8,8% sur les quatre premiers mois de l'année par rapport à 2000 euros. En volume. En volume, en euros constants. On n'a pas complètement les kilos, etc. Mais c'est simplement qu'en effet, les gens gaspillent moins, ils mangent moins et puis ils vont manger d'autres types de produits qui font qu'on a des euros constants qui baissent.

Mais on se pose la question quand même de quand les prix vont vraiment baisser, est-ce que les consommateurs vont pas garder ce mode de consommation plus sobre qui est de manger moins et puis surtout de gaspiller moins, de ne pas jeter et finalement d'utiliser les applications qui permettent de jeter de moins en moins.

15:29
Présentateur

Alors justement, c'est donc la bonne nouvelle de ce début du mois de juin. L'inflation a ralenti le mois dernier, même si dans l'alimentaire, on l'a dit, les prix continuent d'augmenter de 14%. Mais vous allez le voir, les distributeurs et les industriels rivalisent d'ingéniosité pour dissimuler ces hausses. Théo Manval et Diane Cacciarella se sont rendus dans un hypermarché avec une caméra cachée et ils étaient accompagnés de deux spécialistes de la consommation pour décrypter les étiquettes. Documents. Le travail de Lionel Mauguin, c'est de scruter les étiquettes.

Et ces derniers mois, son constat est celui d'un grand écart entre le prix des matières premières qui baissent, qui baissent et celui des produits en rayon qui ne suit pas la même tendance.

16:16
Invité

Le cours du blé dur qui permet de fabriquer les pâtes a chuté de plus de 50%. Et donc, ces produits-là doivent baisser de 30 à 40%. Or, là, on est à 3 ou 4% depuis le début de l'année. Le problème n'est pas uniquement la marque. La marque n'a pas augmenté autant que la marque de distributeurs et le premier prix.

16:35
Présentateur

Au rayon Farine, même constat. La grande marque a pris 11% sur un an. Celle du magasin...

16:41
Invité

Le premier prix, il est à plus de 30% depuis un an.

16:45
Présentateur

Alors que le cours du blé tendre sur la même période a été divisé par deux. Des exemples, Olivier en trouve dans toutes les allées.

16:54
Invité

Non, il n'y a pas que sur l'alimentaire.

16:56
Présentateur

Mis sous pression par le gouvernement, les industriels ne seraient donc pas les seuls à surgonfler leurs marges.

17:03
Invité

Il y a un schéma à faire. Pour le moment, ce qu'on constate, c'est qu'il faudra nommer Auchan, Intermarché, Leclerc, Carrefour, Superu. Certes, on a constaté des baisses, notamment dans leur trimestre anti-inflation. Et ce n'est pas suffisant, étant donné l'évolution des cours de certains produits.

17:26
Présentateur

La tentation est forte alors de se rabattre sur les promos à la recherche d'une bonne affaire. Mais le sont-elles toujours ? En voici une sur les compotes.

17:35
Invité

Il faut en acheter 96 pour bénéficier de l'offre. Certes, il y en a 32 qui sont offertes. Enfin, qui peut le faire ? Mettre 30 euros dans les gourdes tout de suite. Et ça, ça ajoute au problème qu'on rencontre les familles, évidemment.

17:54
Présentateur

Et à celles tentées par les maxi-formats ou les formats familiaux, méfiance. Ils cachent parfois de vrais surcoûts que traque Audrey Maurice de l'ONG Foodwatch. Exemple avec cette margarine.

18:06
Invité

Le format classique, il est à 3,64 euros le kilo. Le format généreux, il est à 6,54 euros. Entre le format classique et le format généreux, le produit augmente de 80% au kilo.

18:19
Présentateur

Plus 80% pour cette margarine. Plus 9% au kilo sur cette laitue. Plus 15% pour ce soda, moins cher au litre à l'unité. Plus 1,5% sur ces croques-monsieur.

18:34
Invité

C'est le distributeur qui fixe les prix en magasin. Le magasin dans lequel on met. Et donc, il réalise une marge sur l'achat final et sur ce format spécial. Malheureusement, c'est une pratique très courante qu'on retrouve dans tous les rayons avec des produits du quotidien, souvent des achats réflexes, pour lesquels on ne va pas prendre le temps de regarder parce qu'on les achète d'une semaine à l'autre.

18:54
Présentateur

Parfois, le prix sur l'étiquette ne bouge pas. Mais la taille du produit a discrètement rétréci.

19:00
Invité

Ici, par exemple, on a repéré un changement de format sur ces bouteilles d'eau minérale gazeuse.

19:04
Présentateur

Elles sont en effet passées d'un litre 25 à 1,15 litre, soit une hausse du prix au litre de 15%. Cette fois, c'est l'industriel qui l'a décidé, comme sur ces portions de fromage bien connues des enfants.

19:17
Invité

Les portions de Kiri sont passées de 20 grammes à 18 grammes. C'est-à-dire qu'on a moins 10% de fromage en tout, dans la portion, et son prix, lui, a augmenté de 11% au kilo. Ce qui est intéressant avec ce constat, c'est qu'il y a toujours de la place sur les emballages pour indiquer aux consommateurs et consommatrices que le produit est bio, que l'emballage est recyclé, ou qu'il y a un concours pour lequel on peut jouer. Si c'est possible pour un changement positif, ça devrait être possible aussi pour que le consommateur puisse faire des choix en toute transparence.

19:52
Présentateur

Aux consommateurs, en effet, de scruter, comparer, mémoriser, débusquer le vide, illusion d'une abondance perdue. Au mois d'avril, la consommation des ménages a reculé de 1%, une baisse trois fois plus forte qu'au début de l'année. Pascal et Belle, la jeune femme parlait du bio et de comparer les prix. Le bio est le grand perdant.

20:15
Bruno Le Maire

Oui, tout à fait.

20:16
Présentateur

Il est passé de 6,4% à 6%.

20:18
Bruno Le Maire

Oui, on a vraiment une baisse en part de marché. Donc la part des ventes en bio sont passées de 6,4% à 6%. Ce qui veut dire que les volumes de bio ont baissé plus vite que les volumes de l'alimentation. Et on sait que c'est lié à plusieurs facteurs. Il y a quand même eu la question du local parce qu'on n'avait pas une production suffisante en France de bio. C'est-à-dire qu'on est obligé d'importer. Le bio a baissé avant qu'il y ait une inflation. Donc c'était lié à cette envie de consommer des produits locaux. Et évidemment, au moment où il y a une inflation forte, comme il y a un écart de prix qui aujourd'hui est entre 30 et 40%, on est un peu obligé.

20:52
Présentateur

Donc on préfère le plat industriel, même s'il est de moins bonne qualité gustative, au produit bio qui est plus cher.

21:01
Bruno Le Maire

Alors surtout, on préfère d'abord le produit local. Et en effet, pour ceux qui sont les plus modestes, on a quand même...

21:07
Présentateur

Il y a une descente en gamme de ce qu'on achète.

21:09
Bruno Le Maire

Oui, bien sûr, parce que comme les parts de marché des marques distributeurs, tout à l'heure, Olivier le disait, c'est que ça progresse. On était à 38% de la part de tout ce qu'on achète qui est en marque distributeur. Et là, ça va atteindre 40%, notamment parce que l'écart de prix est important. Et puis surtout, sur les marques distributeurs, ils font partie du panier anti-inflation. On a pu diminuer avant, puisque cela, on ne négocie pas. On n'attend pas le 1er mars pour négocier. Donc les baisses sont plus importantes.

21:35
Présentateur

Olivia Détroillat, je parlais des plats industriels. Est-ce que d'ailleurs, on voyait des astuces ? Est-ce que les recettes changent ? On met peut-être des produits moins nobles, pour ni vu ni connu ?

21:45
Invité

Ce n'est pas forcément moins noble. C'est parfois plus abordable. Par exemple, je parlais à un industriel hier qui m'expliquait que pour ne pas trop choquer le palais des consommateurs, il allait décider de changer son riz de Camargue par un riz d'une provenance étrangère plus abordable. On a certains qui remplacent le saumon par la trouille de fumée aussi, qui peut être une alternative assez intéressante, sans toucher au goût des recettes. Ça, c'est une série de petites astuces que les industriels mettent en place pour limiter l'impact sur le porte-monnaie des consommateurs de leur hausse de prix.

Et puis, les consommateurs eux-mêmes sont assez imaginatifs à l'heure de s'adapter à ces hausses de prix. Par exemple, on va acheter beaucoup moins de champagne, on va prendre, mais on continue à acheter du mousseux parce qu'il y a cette volonté de continuer à se faire plaisir, de continuer à profiter des moments conviviaux. Et ça, je pense que c'est le grand enseignement de post-Covid. On est encore sur cette tendance-là de sacrifier un certain nombre de choses, mais de préserver les moments, les achats-plaisirs, les moments ensemble, les moments festifs. On a fait cet exercice-là au Figaro de voir un peu ce qui a résisté très bien.

Les places de concert, par exemple, s'envolent dès que la billetterie est ouverte. On a vu Beyoncé la semaine dernière, Ed Sheeran. Ça marche très bien. Dans le tourisme aussi, le début de saison est vraiment démarré sur les chapeaux de roue. Et même dans les magasins, tout ce qui est bonbons, sodas, les produits plaisir, continuent à progresser en volume. On parlait de la baisse des volumes des produits de grande consommation. Sur les produits vraiment plaisir, on est encore sur des hausses de volume, malgré les hausses de prix.

23:22
Présentateur

Emmanuel Lutail, pour revenir sur les produits alimentaires, et on espère tous une baisse, vous parliez du riz de Camargue. Est-ce qu'il n'y a pas aussi une facture climatique qui va s'ajouter à cette facture ? Je voyais, par exemple, avec les sécheresses en Espagne. L'Espagne est le premier producteur au monde d'huile d'olive. La récolte divisée par deux, par rapport à 2019. C'est le syndrome de la moutarde, ça. Est-ce que ce n'est pas ça qui nous pend au nez maintenant ? C'est des hausses climatiques. Vous avez totalement raison là-dessus. Et je crois qu'il y a bien un point sur lequel tout le monde s'accorde, c'est que les prix ne reviendront pas à leur niveau d'avant-crise.

On va voir une baisse, ça c'est certain dans les mois à venir, mais ça ne reviendra pas au prix d'avant-crise. Il y a une partie qui s'explique par les raisons qu'on expose depuis le début, mais vous avez totalement raison que le monde, en quelques années, a aussi complètement changé. Quand vous voyez qu'il y avait une canicule en Espagne dès le 15 avril, et vous citiez l'huile d'olive, mais à la rigueur, on ne se nourrit pas que d'huile d'olive, on se nourrit de tomates, on se nourrit de d'orange... Oui, c'est le potager de l'Europe. Ce genre de choses. Et le sud de l'Espagne est effectivement un des potagers de l'Europe. Elle augmente à cause de cette facture climatique.

Effectivement, on avait tous parlé l'année dernière de la moukitarne, mais là aussi, avant toute chose, c'était un problème de sécheresse au Canada. Il y a à nouveau cette année une énorme sécheresse. Il y a des feux gigantesques du côté du Canada. Donc vous avez totalement raison qu'il y a cela. Et il y a un troisième élément qu'il faut aussi mettre en place, qui va expliquer une partie de la hausse de demain. C'est tout ce qu'on appelle la transition énergétique. C'est-à-dire que tous les industriels sont aujourd'hui confrontés au fait de retirer le plastique, grosso modo, des emballages et tout. Ils mettaient du plastique principalement parce que ça ne coûtait pas cher.

Bon, si vous mettez du carton de bonne qualité et autres, ça coûte plus cher. Donc il va y avoir ces éléments qui... Je suis vraiment l'oiseau de mauvaise augure. On est déjà en train de dire... Donc c'est certain qu'une partie de cela, ce seront nous, les consommateurs, qui allons être amenés à payer ça. Mais vous avez totalement raison. L'écologie, les sécheresses et une partie de la hausse. C'est un modèle productiviste qui touche à sa fin et on va devoir payer plus cher le prix de ce que nous produisons. En partie. Flavien Neuvi, question téléspectateur. En dehors de l'alimentation, sur quel poste les Français économisent-ils ?

Alors, sur l'alimentation, ils économisent beaucoup, comme le rappelait tout à l'heure Pascal Hébel. Donc c'est très frappant parce que c'est spectaculaire. Non, c'est se nourrir. C'est très important. C'est se nourrir et il faut quand même rappeler que cette hausse des prix sur l'alimentaire, elle ne touche pas les ménages de la même façon. Les ménages modestes sont beaucoup plus durement frappés par cette hausse des prix parce que proportionnellement, la part de leur budget consacré à l'alimentation est beaucoup plus importante que sur les ménages aisés. Et c'est pour ça aussi, à mon avis, que les pouvoirs publics, que le ministre, s'en préoccupent beaucoup.

C'est parce que ça frappe durement les ménages modestes. Ça, c'est le premier élément. Après, les ménages, ils s'adaptent comme ils peuvent et ils font des arbitrages qui sont brutaux. Donc dans leurs dépenses, il y a certaines dépenses effectivement qui sont sanctuarisées liées, notamment au plaisir parce qu'on a envie de se changer les idées, on a envie de partir en vacances. Et puis après, on achète moins de vêtements. L'actualité récente sur la distribution de vêtements nous le montre clairement. Les soins de la personne aussi, le coiffeur, etc. Il y a des arbitrages qui se font. On achète moins de produits d'équipement de la maison.

On pourrait parler par exemple des PC qui sont en chute libre, les téléphones portables, les ordinateurs, les téléviseurs. C'est vrai qu'avec le Covid, ces marchés-là avaient pleinement bénéficié finalement des confinements. On était à la maison, donc on s'est beaucoup équipés. Là, il y a le contre-coup. Mais d'une façon générale, l'équipement de la maison souffre aussi de ces arbitrages des consommateurs. Donc il y a des arbitrages qui sont possibles et puis il y en a d'autres qui ne sont pas possibles. Typiquement, son loyer, son crédit immobilier, il faut le payer tous les mois. L'abonnement télécom. Celui-là, on ne veut pas faire arbitrage.

On préfère sauter un repas, mais on va payer l'assurance auto. Il y a des dépenses pré-engagées et contraintes sur lesquelles les arbitrages sont moins faciles à faire que sur des dépenses alimentaires où là, on va chercher la promo, le premier prix. On est à l'affût de la moindre promotion et puis quelquefois, on fait des renoncements sur l'alimentaire, sur la qualité. On a parlé du bio, mais pas seulement. Et donc effectivement, il y a des postes qui sont plus protégés que d'autres. C'est incroyable ça, Pascal et Belle. On va sacrifier ce besoin primaire et physiologique qu'est se nourrir pour payer la traite de la BM qu'on a achetée il y a 2-3 ans.

27:29
Bruno Le Maire

Non, alors ce n'est pas ça. En fait, il y a vraiment une dépense contrainte qui est vraiment celle du loyer. On est quand même le pays d'Europe où on a le poids du logement le plus élevé. C'est les jeunes qui ont des prix de loyer plus importants. Donc en fait, il y a vraiment cette contrainte-là qu'on n'arrive pas à régler en France. Ça fait un moment qu'on le sait. On est en train de se poser la question, notamment du fait qu'on va moins pouvoir acquérir puisqu'on les taux d'intérêt augmentent, qu'il va y avoir la rénovation énergétique où il faudra que les propriétaires rénovent leur habitat pour pouvoir le louer.

Donc forcément, on ne voit pas comment on va sortir de cette inflation sur le prix du logement. On en parle moins, mais pour vous, c'est la partie cachée de l'iceberg. En ce moment-là, l'État est juste en train de commencer à se poser la question de comment est-ce qu'on fait. Il n'y a pas que les pattes, il y a le loyer. C'est la contrainte, oui. Ça fait partie de l'assurance logement qui en fait partie. On ne peut pas sortir de cette dépense-là. Par contre, sur les abonnements, il y a une loi qui est sortie hier où on pourra faire une résiliation en trois clics sur justement l'abonnement Internet. Vous voulez changer d'opérateur, l'assurance auto, la salle de sport qui est un forfait aussi.

Vous vous abonnez à l'année.

28:37
Présentateur

C'est vrai qu'on est abonné à tout maintenant. On est abonné à tout. Il y a des chaînes qu'on ne regarde pas.

28:41
Bruno Le Maire

Voilà. C'est vraiment fait aussi pour que ceux qui ont pris trop de forfaits se désengagent de choses dont ils ont moins besoin.

28:49
Présentateur

Il y a quand même un point, je pense, important. C'est-à-dire que là, les dépenses dont on parle, c'est des dépenses obligatoires. Vous ne pouvez pas faire rouler votre voiture si vous n'avez pas une assurance. Vous ne pouvez pas arbitrer ce genre de choses. Vous ne pouvez pas ne pas payer votre traite. C'est-à-dire que les conditions sont faits de quasi mort pour ne pas payer une traite. Donc les conditions sont tellement dures. Là, c'est pour ça aussi qu'on est sur l'alimentaire. C'est pour ça que faute de cible, c'est l'alimentaire qui prend. Je ne crois pas que c'était pour arbitrer la traite de l'ABM.

Je pense que malheureusement, beaucoup en rêveraient, mais n'avaient pas pu l'acquérir avant même la crise. Donc là, on ne peut arbitrer que ce seul budget. Et je pense que c'est pour ça que les loisirs résistent. Parce que peut-être qu'avant, on allait une semaine en vacances, mais on se dit qu'on va aller au parc d'attractions à côté de chez soi. On va dépenser un peu moins que ce qu'on aurait fait sur une semaine. Mais pendant deux jours, on va se faire plaisir. Il y a un réarbitrage global du budget que l'on a aujourd'hui. Et ça explique beaucoup des tendances. On parlait là, par exemple, des concerts qui cartonnent parce que c'est un show et on va dépenser pour Beyoncé.

Je peux dire que les théâtres à Paris ont des difficultés gigantesques aujourd'hui parce que les gens n'ont pas les moyens de cette dépense de 50 ou 60 euros qui n'est pas obligatoirement de l'exceptionnel au sens de Beyoncé qui va venir, je ne sais rien, une fois tous les dix ans en France. Pascal est belle. Vous le constatez, ça n'est pas la France qui va bien, qui s'offre des vacances l'été, y compris, on se serre la ceinture toute l'année, mais on va se préserver une petite semaine de vacances avec les enfants, justement.

30:12
Bruno Le Maire

Oui, je ne serai pas aussi caractérale que ça parce qu'en fait, on voit bien qu'il y a toujours qu'il y a quand même 40% des Français qui ne partent pas en vacances chaque année. Donc c'est vrai qu'on était à 50 il y a quelques années. Donc il y a un petit peu plus de gens qui s'offrent cette semaine chaque année. Mais il y a surtout une polarisation, c'est-à-dire qu'il y a vraiment un écart de plus en plus fort sur ce qui reste une fois qu'on a payé les dépenses contraintes. Ça ne fait pas partie des inégalités mesurées avec les indicateurs classiques. C'est ce qu'on appelle le pouvoir d'achat effectif. C'est une fois qu'on a enlevé ce poids du logement où il y a un écart plus important.

Et puis on n'oublie pas ces 180 milliards d'épargne qui se sont faits pendant la période Covid qui est restée du côté des plus aisés. Donc en effet, en février, on n'a jamais eu autant de gens qui partaient au ski. Enfin, rappelons qu'il n'y a que 10% des Français

30:56
Présentateur

L'alimentaire est sacrifié, c'est ce qu'on dit depuis le début de l'émission. Les vacances, on essaye de le sanctuariser ?

31:03
Bruno Le Maire

Il y a quand même 30% des gens qui n'ont que 100 euros à la fin du mois.

31:09
Présentateur

Donc ça fait partie des autres dépenses sacrifiées.

31:11
Bruno Le Maire

Voilà, ce n'est quand même pas les loisirs, même le sport, c'est que 60% des Français qui vont dans des clubs, etc. Donc il y a quand même une partie de la population qui ne peut pas utiliser l'alimentation comme une variable d'ajustement. C'était ça en fait qu'on avait en 2008. C'était la variable d'ajustement. Mais là, on rentre quand même dans une difficulté qui est quand même plus importante que ça.

31:31
Présentateur

Très bien le vie. Oui, ce qui est très frappant, mais Pascal Ebel le disait tout à l'heure, c'est que dans ce pays, on parle beaucoup de pouvoir d'achat. On voit les gouvernements successifs se préoccupent de ce sujet-là quand il y a un pic inflationniste comme c'est le cas actuellement. Mais en fait, quand on regarde la structure du pouvoir d'achat, c'est vraiment le logement qui prend une part de plus en plus importante. Plus qu'avant ? Mais bien sûr, si on regarde sur ces 60 dernières années, c'est incroyable. C'est une courbe comme ça. L'organisation, c'est le logement qui a... Mais bien sûr.

Et le problème de tout ça, c'est que si on essaye de faire un peu de prospective, si on essaye d'anticiper un peu ce qui peut se passer au cours des 10 prochaines années, on le sait, le poids du logement ne va pas baisser, il va continuer de croître. D'abord parce qu'effectivement, les propriétaires qui louent les logements vont devoir investir et donc ils vont forcément, tôt ou tard, répercuter à la hausse les loyers pour pouvoir amortir leurs investissements. Et puis surtout, il y a une loi qui est passée qui s'appelle la loi climat et résilience qui oblige les élus locaux à réduire drastiquement en moins de fonciers pour pouvoir construire des nouveaux logements.

Et qui dit moins de fonciers dit hausse des prix tout simplement. Donc le prix du foncier n'arrête pas d'augmenter. Les coûts de construction pour respecter les normes environnementales n'arrêtent pas d'augmenter. Donc on a du logement qui aujourd'hui est inaccessible, notamment pour les jeunes. Les prix moins accédants, aujourd'hui, si vous êtes jeune et que vous voulez acheter une première fois, c'est inabordable. Donc c'est un sujet qui est au cœur du pouvoir d'achat, au cœur des dépenses des ménages et je trouve qu'on en parle quand même globalement très peu. Alors, on le disait tout à l'heure, si les Français ont levé le pied sur la consommation, il y a un secteur qui résiste.

Néanmoins, c'est le tourisme. Seul problème pour ce secteur, le manque de personnel. Regardez ce reportage dans le bassin d'Arcachon où les hôteliers et restaurateurs s'arrachent les cheveux pour trouver des saisonniers disponibles. Sujet de Léa Dermidjian, Marion Devauchel et Laura Radeau.

33:13
Invité

À la veille de l'été, sur le bassin d'Arcachon, les touristes ont déjà trouvé le chemin de la plage. Beaucoup d'hôtels affichent même complet, comme ici à la Pergola. Regardez, je vais vous installer à côté, ça sera plus simple. Seul manque le personnel. Pour faire les chambres, le service et l'accueil, la patronne Caroline Pomarède cherche désespérément deux saisonniers. Pour la première fois, elle fait appel à une agence d'intérim. Le plus tôt possible, là, on va rentrer vraiment dans la saison tous les jours. Tous les jours vont être quasiment bien occupés. Donc, il me faut quelqu'un. En plus de Tatiana le week-end, il me faut quelqu'un. Sans succès jusque-là.

C'est la première année où même ces agences-là, qui en général touchent beaucoup de personnes qui veulent essayer de travailler, je veux dire, à la journée ou à la semaine, ils n'ont pas de recrutement. Où sont-ils ? Mais où sont-ils ? Est-ce que vous avez la réponse ? Ils sont où vos saisonniers ? Moi, je pense qu'ils sont à la plage. Mieux vaut prendre les choses avec le sourire. Pour cette hôtelière, obligée de se retrousser les manches, en attendant de trouver la perle rare, ou simplement quelqu'un qui ne lui fera pas faux bon. Souvent, il y a des abandons. Soit le soir, je reçois un message, soit le matin, en disant « je ne viendrai pas ».

Depuis la crise sanitaire, le rapport au travail a changé. On entend effectivement le fait de moins travailler dans la semaine, de travailler différemment. La problématique, c'est qu'on est quand même dans des métiers de service. Donc nous, les services, on ne peut pas les limiter non plus. Les gens ont besoin d'arriver tôt le matin, d'avoir des petits déjeuners tôt, et puis d'avoir quelqu'un, je dirais, en présentiel, tard le soir. Dans les rues, pas une vitrine sans affiche pour recruter. Le saisonnier est devenu une dorée rare. Et c'est aussi beaucoup parce qu'il n'arrive pas à se loger. Dans cette zone très touristique, les locations sont peu nombreuses et très chères.

Sacha, elle, vient de décrocher un poste de serveuse dans une pizzeria. Là, on s'est pas mal installé sur cette terrasse. Donc, vous pouvez voir, mon collègue a mis un paddle, voilà, un petit hamac pour pouvoir s'installer plus tranquillement. Son patron lui loue un appartement juste au-dessus du restaurant. Une aubaine à 350 euros par mois. En prime, elle a été embauchée en CDI justement pour éviter les galères de logement. Quand on veut un appartement sur Arcachon, il faut forcément trois bulletins de salaire plus deux mois de caution à donner. Donc, déjà, que les loyers sont chers, alors les verser d'un coup, c'est très, très compliqué pour tout le monde.

Donc, j'ai préféré, voilà, prendre un CDI et être sûre de pouvoir me poser à Arcachon maintenant. À quelques kilomètres de là, le restaurant chez Geneviève, une institution dans la région. Engrassez la plaque. Geneviève, c'est elle. 80 ans et 50 saisons au compteur.

36:02
Présentateur

Je t'envoie à la 11 après.

36:03
Invité

Son fils, Alexis, a repris l'affaire. Mais faute de personnel, elle continue de donner un coup de main en cuisine. J'allais renouer, on a été obligés d'en remonter parce que par rapport à 1 800 qu'on proposait, on propose 2 000 honnêtes maintenant et nourrit les deux repas et autres personnes quand même.

36:23
Présentateur

Maintenant, ça fait partie des solutions, mais c'est pas pérenne sur l'avenir.

36:29
Invité

L'urgence avec la saison qui démarre, trouver deux cuisiniers et quatre serveurs. Sauf à fermer l'établissement certains jours, ils ont déjà épuisé toutes les options.

36:38
Présentateur

On a réduit la carte et après, on réduit notre capacité d'accueil pour pouvoir servir tous les clients correctement. Après, pour l'entreprise, c'est pas simple, c'est pas bien. Pourquoi ? C'est pas bien parce qu'on fait moins de chiffres et du coup, à la fin de l'année, c'est différent. Après, on gagne moins forcément.

37:00
Invité

Pour lutter contre la désertion des saisonniers, le gouvernement s'apprête à lancer une plateforme pour regrouper offres d'emploi et logements. Il resterait 40 000 postes à pourvoir dans le secteur du tourisme d'ici l'été.

37:16
Présentateur

Alors, Emmanuel Dutay, le coupable, encore l'immobilier ? En grande partie. Effectivement, le logement parce que quand vous devez donner la moitié de votre paye pour vous loger, il y a quelques années, c'était assez simple de mettre une tente dans un camping et ce genre de choses. Il y a déjà de moins en moins de campings qui proposent ce genre de logements et le reste des logements sont effectivement extrêmement coûteux. Premier truc. Il y a une solution qui pourrait être mise en avant et je trouve qu'on ne l'utilise pas assez. On pourrait utiliser les internats des villes moyennes à côté des zones balnéaires pour pouvoir loger les saisonniers l'été.

L'État aurait les moyens et la possibilité d'eux. Le deuxième, c'est quand même le transport parce que si vous êtes obligé de vous loger de plus en plus loin, donc vous êtes obligé de payer l'essence. Le troisième, il y a un rapport différent aujourd'hui au travail et on l'a vu pendant le Covid et même si la plupart du temps ce sont des jeunes, on n'a pas obligatoirement envie de travailler six jours sur sept en plein été avec des horaires un peu bizarres. Et le quatrième point qui est peut-être le plus important, c'est qu'on oublie que le chômage est revenu à un niveau très bas, même si on reste à des niveaux élevés, mais à un niveau très bas par rapport à ces dernières années.

Donc tout le volant de personnel qui faisait les saisons disponibles a souvent trouvé ou a pu trouver un emploi en CDI et donc n'a plus besoin obligatoirement de faire ces saisons. C'est très clair pour les saisons les plus courtes. Par exemple, moi je viens de Nantes, je peux vous dire que pour trouver des gens pour ramasser le muguet, c'est extrêmement compliqué, c'est très court, c'est très fatigant par ailleurs pour ceux qui sont amenés à le faire. Mais voilà, c'est les raisons principales qui expliquent qu'aujourd'hui c'est difficile de trouver des saisonniers. Dire qu'ils sont à la plage est fainéant, c'est accessoirement epsilonesque, voire faux.

Olivia Détroya, donc ce problème de saisonnier, ça ne touche pas que le secteur du tourisme, ça touche également comme le disait Emmanuel Duteil, et le secteur de l'agriculture ?

38:53
Invité

Oui, parce qu'effectivement le taux de chômage est à son plus bas, notamment ça c'est l'effet de la très forte reprise post-Covid qu'on avait connue et qui a vraiment remis massivement les gens sur le marché du travail. Effectivement dans l'agriculture on commence à voir un certain nombre de producteurs qui, faute de main-d'oeuvre ou de main-d'oeuvre suffisamment bon marché on va dire, doivent jeter leurs radis, leurs navets, laissent leurs salades ou leurs courgettes dans les champs.

39:17
Présentateur

On ne ramasse pas les courgettes, on les laisse courir ?

39:20
Invité

Et on avait déjà vu ça pendant le Covid, souvenez-vous quand la main-d'oeuvre saisonnière qui souvent vient de l'étranger n'avait pas pu venir et il y avait une partie de la production qui n'avait pas pu être ramassée. Il y avait eu un appel assez massif qui avait été fait aux Français pour dire voilà on est confinés, venez travailler dans les champs, venez nous aider à participer à la souveraineté alimentaire française et c'est là qu'on avait vu qu'effectivement c'était un travail assez fatiguant avec des horaires longs, des grosses journées et souvent une main-d'oeuvre qui déserte assez vite les champs.

Donc il y a un certain nombre de choses qui se mettent en place pour essayer de rendre ces métiers plus attractifs, de soulager les prix du logement. On voit un certain nombre de responsables de récoltes qui mettent en place des mobilhomes par exemple. On ne peut pas construire des logements sur des terres agricoles mais on peut trouver un certain nombre de solutions dans le champagne aussi, ça se fait, pour accueillir ces saisonniers et soulager un petit peu la facture du logement.

40:15
Présentateur

Vivre dans un mobilhome, voilà la solution qu'on propose au XXIe siècle ?

40:20
Bruno Le Maire

Oui, tout à fait. Alors c'est ce qu'on disait, c'est que les campings ils ont été complètement transformés, on ne peut plus mettre de tentes et donc c'est des mobilhomes. Aujourd'hui, il y a à peu près 1% des Français qui vivent déjà dans leur voiture ou dans une caravane dans le sud de la France. Des gens qui vivent

40:34
Présentateur

à l'année au camping.

40:34
Bruno Le Maire

Oui, bien sûr. Des travailleurs pauvres en fait. Ils n'ont plus accès à l'immobilier. Pas forcément, oui, bien sûr. C'est une conséquence en fait de cette hausse du prix de l'immobilier. Je crois qu'on n'a pas du tout résolu cette question alors qu'il y a d'autres modèles. En Allemagne, ça coûte beaucoup moins cher de se loger parce que finalement ceux qui détiennent les logements ce sont des institutions et ce n'est pas des propriétaires individuels. C'est-à-dire que quand c'est un particulier qui a un appartement, il n'a pas les moyens d'investir pour rénover et il n'entretient pas forcément son logement et ça coûte plus cher. Il veut une rentabilité plus rapide.

Et en Allemagne, en fait, le système, c'est qu'il y a beaucoup moins de propriétaires. C'est inverse. Nous, c'est 60% et chez eux, c'est 60% qui ne sont pas propriétaires et on a plus de logements sociaux mais aussi un marché du milieu qui est détenu par des institutionnels. C'est-à-dire que c'est des gros acteurs qui peuvent mettre des prix modérés sur des logements et ça, on n'a pas ce modèle du tout en France et on ne met pas du tout de moyens sur les logements sociaux. Là, ça fait quelques années où on n'en construit pas assez.

On a 2,5 millions de gens qui attendent des logements sociaux et il y a vraiment ce vase communiquant entre une précarité de logement et une précarité alimentaire. En fait, c'est-à-dire que quand ce n'est pas le logement qui prend en compte finalement ces gens pour les loger, ça se répercute sur une précarité alimentaire et on va au restaurant du cœur et là, on a une hausse de 30% de fréquentation de l'aide alimentaire.

42:01
Présentateur

Flavien Levy, pour venir sur le secteur du tourisme, c'est bien beau d'attirer des touristes d'ailleurs, de mettre en place des Airbnb mais les prix immobiliers, on croit que l'immobilier est très cher dans les grandes villes, dans les grandes métropoles. Non, c'est dans les villes touristiques. Alors par exemple, à Carnac, on est quasiment 50% de plus cher qu'à Nantes. C'est 5600 euros du mètre carré. Nantes, c'est 4000 euros du mètre carré et j'ai mieux, j'ai Chamonix pour aller au Mont-Blanc. Chamonix, 10 000 euros du mètre carré, c'est les prix de Paris. Oui, et il y a un facteur... C'est grotesque. Comment fait-on pour...

Du coup, on en revient à ce qu'on disait, c'est-à-dire que ceux qui veulent aller travailler ponctuellement pour une saison dans ces endroits qui sont des endroits très touristiques ne peuvent pas être logés à prix raisonnable si je puis dire et donc s'ils n'ont pas un logement proposé par leur employeur, ils ne viennent pas. Il y a un facteur aggravant dans ces... Pas de toi, pas d'emploi, dit le spécialiste du tourisme.

C'est ça, pas de toi, pas d'emploi et il y a un facteur aggravant quand même, c'est que souvent dans ces stations balnéaires, une partie du parc locatif est louée maintenant en Airbnb, c'est-à-dire que ce sont des logements qui sortent finalement du marché traditionnel et donc on a une raréfaction de l'offre locative pour les gens qui travaillent sur place, pour les gens qui habitent sur place et donc ça aussi, ça contribue à aggraver des choses.

Pour autant, il y a quand même un peu, je ne vais pas dire une inconnue ou un mystère, je ne vais pas employer le grand mot, mais il y a quand même une interrogation parce que quand on est à 7% de chômage, effectivement, on est à un niveau faible par rapport à ce que l'on connaît en France de façon historique sur ces 30 dernières années, pour autant, on n'est pas complètement en situation de plein emploi. On n'est pas au niveau de l'Allemagne par exemple. Oui, mais si comme le disait Emmanuel, toute sa paye, on doit la mettre dans son loyer, on n'est pas rationnellement, on n'a aucun intérêt à aller travailler. La plupart de ces chômeurs ne sont pas sur les zones touristiques.

Voilà, en plus, ça n'habite pas carnaque, c'est un travail. C'est-à-dire que ce qui se passe en fait, c'est que le marché de l'emploi s'est suffisamment redressé pour redonner un peu la main à ceux qui cherchent du travail, qui choisissent les métiers qui sont les plus intéressants, les moins difficiles physiquement. Effectivement, quand il faut aller en plein soleil aller ramasser les fruits ou légumes, il y en a beaucoup qui abandonnent, qui ne veulent pas venir. Et puis aussi, dans la restauration, le tourisme, ce sont des métiers qui sont difficiles. Et donc, ils ont le choix et donc, ils vont vers d'autres métiers.

C'est la question, Emmanuel Dutail, et la question de Dominique dans les Hauts-Rhin. On parle des 200 000 postes non pourvus dans l'hôtellerie-restauration. Oui, mais les salaires proposés sont-ils attractifs ? Non, les salaires n'étaient pas attractifs. Il y a eu un tout petit rattrapage qui a été fait. Je pense que dans ce genre de profession, il n'y a pas que le salaire. Il y a véritablement la contrainte horaire. Et pendant trop longtemps, et sûrement pas tous les restaurateurs bien loin de là, mais on a assez peu pris cas de la difficulté de ce job avec des coupures énormes entre le service du midi et le service du soir. Quand on habitait loin, on ne pouvait pas rentrer.

Il y a eu pas mal de choses qui n'étaient pas très bien faites. Donc effectivement, il faudrait sûrement augmenter les salaires, mais c'est très facile de dire ça quand ce n'est pas vous qui payez la note à la fin de l'année. Est-ce que là aussi, nous, on est prêts à payer plus cher au restaurant pour que le restaurateur puisse gagner sa vie ? Parce que ce ne sont quand même pas des professions qui font... Vous êtes petit restaurateur, vous ne faites pas non plus des marges extraordinaires. Mais il y a effectivement une inversion aujourd'hui du marché de l'emploi.

On dit que le pouvoir est enfin entre les mains des collaborateurs, mais un indicateur peut-être pour justifier ça, il n'y a jamais eu autant de no-show pour les... No-show, les gens qui ne se présentent pas. ... qui ne se présentent pas pour les missions d'intérim. Parce qu'un intérimaire dit oui quand il reçoit le premier message, mais il en a un deuxième qui est plus intéressant, il va au deuxième sans prévenir le premier. Et on n'a jamais eu un taux... C'est le candidat qui stoppe le patron, ça fait une revanche par rapport à des années. Et on n'a jamais eu un taux aussi important.

Donc effectivement, on pourrait se dire, et beaucoup de gens doivent se dire, mais il y a 7% de chômeurs, bon sang, pourquoi on ne les utilise pas ? C'est qu'il y a quand même une inadéquation. La plupart des chômeurs sont dans les zones où il n'y a pas besoin de les employer. Et on en revient à cette question centrale. Vous savez, en France, il y a quelque chose qu'on appelle la diagonale du vide qui fait que bien souvent, votre prêt immobilier est plus cher que le prix de votre maison. Là, vous ne pouvez pas partir. Et souvent, si vous avez votre famille... Vous êtes obligé de revendre la maison à perte. Voilà. Et puis souvent, vous avez de la solidarité familiale autour de vous.

Souvent, vous avez les grands-parents ou autres qui peuvent vous aider à garder les enfants. Si vous devez payer beaucoup plus cher votre logement et que vous n'avez plus cette solidarité familiale, vous n'avez aucun intérêt. Vous n'êtes peut-être même pas en capacité financière de prendre le job. Je trouve qu'on appuie assez peu sur ce point. Et c'est une des raisons aussi du fait qu'on n'arrive pas à faire baisser le chômage. Il faut trouver des moyens pour aider les migrations. Et puis, il faut faire, bien évidemment, beaucoup plus de formation pour monter en compétence pour les jobs qui ont besoin de personnel.

Alors, pour lutter contre la hausse des prix, certaines municipalités ont choisi de verser un chèque anti-inflation à leurs habitants. Une équipe de C dans l'air s'est rendue à Denain, c'est dans le nord, où la mairie offre 50 euros à dépenser dans les commerces de la ville uniquement. Une bonne occasion pour les épiciers, les coiffeurs et autres boutiques de recevoir des clients qui ne venaient plus depuis longtemps. Sujet de Juliette Coulet, Quentin Gilles et Barbara Steck.

46:46
Invité

C'est une petite commune du nord qui ne s'est jamais remise de la fermeture de son immense site sidérurgique. C'était il y a presque 40 ans. Aujourd'hui, Denain est l'une des villes les plus pauvres de France. Alors ici, plus qu'ailleurs, la population subit l'inflation. Dans cette épicerie, le patron a vu ses clients s'adapter à la hausse des prix. Ils achètent moins. Celui qui mangeait de la viande le midi et le soir, ils vont manger un petit peu le midi et pas le soir. Le soir, ce serait une petite soupe. Bonjour Ludo. Ça va ? Alors, pour aider les Denésiens, la municipalité a offert un chèque anti-inflation de 50 euros.

Un coup de pouce bienvenu, mais qui n'efface pas le sentiment d'injustice et la colère. Bientôt, vous allez avoir votre salaire pour mettre de l'essence pour aller travailler. Et vous n'avez plus rien à faire. 2 euros le litre ? Comment on en est venu, là ? Ils ne nous disent pas que le prix du baril a augmenté, c'est pas vrai ? C'est la vôtre de qui ? Bah... Total. Comment est-ce que c'est mis de compter le PDG ? Avec ce chèque de 50 euros sans condition de ressources à dépenser dans les commerces de la ville, il y a de nouveau la queue au rayon boucherie. De quoi renfouer la caisse aussi. Voilà. Merci.

La seule aide qu'on a eue, c'est on peut dire merci à madame la maire, c'est ce fameux chèque du coup de pouce qui nous a remis 25 ou 30% en plus de chiffre d'affaires. Et pour la trésorerie, c'était bien, quoi. Parce que quand les prix ont augmenté, nous, on ne pouvait pas, même s'ils avaient pris 40%, on ne pouvait pas augmenter de 40%. Dans le salon de coiffure voisin, la patronne a vu revenir certains clients grâce à ce chèque. Ils y croyez-vous ? De quoi ? Dès qu'ils reçoivent, c'est systématique, ils viennent.

Donc, comme ça avait déjà été mis en place l'année dernière, j'ai des clientes qui sont venues deux fois, en fait, qui sont venues une fois l'année dernière et une fois, là, des mois d'avril, dès qu'elles l'ont reçu, en fait. Elles l'attendent pour... Elles, vraiment, elles l'attendent pour pouvoir venir. J'ai un monsieur, il m'a payé deux coupes d'avance. Il m'a dit, comme ça, au moins, c'est payé, je suis sûre que dans deux mois, je serai encore bien coiffée, quoi. Aller chez le coiffeur devient un luxe quand tout augmente. Les courses qu'on faisait le mois dernier, un exemple, toujours avec les mêmes produits à 170 euros, le mois, ce mois-ci, il est à 240 euros facilement.

À moi, c'est hallucinant. Avec les salaires qu'on a maintenant et les taxes et tout ça, on ne peut pas se permettre de partir. On ne peut plus ou on peut moins. Ce couple de retraités, lui aussi, ne part plus en vacances. Avec 1 400 euros par mois pour deux, Francis et Marie-Josée ont du mal à s'en sortir. Quand vous avez retiré les notes d'électricité, le gaz, et puis le minimum en reste, c'est plus grand-chose. Si, c'est certain que combien de fois qu'on a dit heureusement qu'on a acheté notre maison quand on était jeune et qu'on a fait les travaux quand on était jeune. Notre salu luxe, on mange, voilà. Et là, je reviens d'avoir été chercher du pain.

49:56
Présentateur

Je n'ai pas sorti la voiture, j'étais à pied.

49:58
Invité

Et les 50 euros de la mairie leur ont permis d'acheter des fruits. Des Clémentines. On a fait un sacré bon en arrière, je trouve. Parce qu'on avait évolué en tout, mais maintenant, on est reparti en arrière comme les personnes âgées. On récupère l'eau, on fait attention, on n'allume pas les lumières, le chauffage, on le met au minimum. On se couvre, on se couvre et on a froid. Les maisons anciennes, c'est des grands plafonds, il faut chauffer, tout ça. un sentiment de déclassement dans une ville où ces dernières années, le chômage a dépassé les 30%.

50:31
Présentateur

Pascal et Belle, on parlait de ce chèque qui permet d'aller chez les commerçants de la ville et c'est le sondage IFOP qui montre ô combien ces commerçants les délaissent. 69% des Français renoncent à se rendre chez le coiffeur.

50:47
Bruno Le Maire

Oui, tout à fait. On a beaucoup plus de renoncements en ce moment, donc de plus en plus de gens qui disent ne pas arriver à boucler les deux bouts. On est à plus de 20% par rapport à il y a deux ans. Donc en effet, ne pas aller chez le coiffeur, c'est un renoncement par rapport à l'estime de soi. Donc aller aussi au restaurant du cœur, c'est aussi faire un renoncement par rapport à son estime en fait.

51:07
Présentateur

Son égo en prend un coup

51:09
Bruno Le Maire

quand on... Oui, tout à fait. Quand on n'y a jamais été auparavant, parce que souvent on gagne bien sa vie, on peut être plutôt avec des enfants et ça peut être plus souvent d'ailleurs des familles monoparentales, donc une femme avec des enfants qui est obligée d'aller là, qui ne peut plus aller chez le coiffeur et ça crée en effet de l'anxiété. Les enquêtes le montrent chez les très jeunes parce que c'est les jeunes aussi qui ont du mal à se nourrir, à se loger et donc c'est compliqué. C'est pour ça qu'il y a une colère aussi dans le pays en fait, d'être obligé de renoncer à ça en raison de ces contraintes et de cette inflation qui est quand même encore à 5%.

51:41
Présentateur

C'est la fameuse phrase ne plus pouvoir vivre dignement de son travail, Emmanuel Duteil. C'est pour ça qu'on voit le gouvernement et Bruno Le Maire à la manœuvre. C'est parce que cette paupérisation elle est en train de toucher les classes moyennes ?

C'est vrai qu'on voit de plus en plus en tout cas dans les enquêtes des gens qui ont un travail qui jusque là n'avaient jamais eu le sentiment d'être riche mais n'avaient jamais eu le sentiment d'être totalement pauvre ou en tout cas totalement contraint et là on peut en revenir peut-être au moins à l'alimentaire et on voit qu'il y a cette frange de la population qui oui entre dans une zone difficile et qui a de plus en plus de mal à boucler les fondements.

Alors peut-être une bonne nouvelle pour les Hauts-de-France que Donin je crois si j'ai bien compris c'est à côté de Valenciennes il y a une réindustrialisation massive de toute la région mais comme on ne l'a pas vue depuis 30 ou 40 ans Avec les gigafactories ?

Voilà Alors ces gigafactories c'est des grandes usines pour fabriquer des batteries électriques il y en a une qui vient d'ouvrir à Douvrin cette semaine il va y en avoir une à Dunkerque il y en a 4 en tout qui vont être construites dans les mois à venir il y a quand même des milliers d'emplois qui vont être créés donc on peut par ailleurs espérer et là c'est pour voir le verre à moitié plein ça n'a pas réglé la situation tout de suite bien loin de là mais il y a de l'emploi industriel qui va être recréé dans les années à venir Flavien Nevis 1 français sur 3 toujours cette enquête IFOP qui vit avec 100 euros à partir du 10 du mois cette paupérisation voilà elle touche des gens qui sont installés elle ne touche pas que des marginaux pour dire elle touche des gens installés dans la vie absolument alors ce que l'on constate en tendance longue j'ai envie de dire c'est qu'effectivement les marges de manœuvre financière des ménages se réduisent en fait ça rejoint ce qu'on disait tout à l'heure ce qu'on évoquait tout à l'heure c'est à dire que quand on a payé tout ce qui est obligatoire le loyer les dépenses contraintes pré-engagées etc et qu'on regarde le 10 du mois ce qui reste sur le compte pour aller faire ses courses pour éventuellement faire une sortie au cinéma avec ses enfants et en fait il y a de moins en moins d'argent disponible parce que la part des dépenses pré-engagées et contraintes est de plus en plus importante et ça contribue si vous voulez à renforcer ce sentiment finalement de baisse du niveau de vie on se dit mais c'est pas possible je n'ai rien fait encore dans le mois et je suis déjà quasiment à découvert le 10 du mois c'est bien la preuve que mon niveau de vie n'arrête pas de baisser mais oui les dépenses pré-engagées et contraintes prennent une part de plus en plus importante du budget et votre reportage le montre très bien du coup les personnes se tournent vers les systèmes de solidarité qui existent et les collectivités territoriales de plus en plus oui de plus en plus alors on le voit au-delà de l'exemple il y a aussi les banques alimentaires qui ont des fréquentations le profil alors est-ce qu'il a évolué ?

oui alors on voit des travailleurs qui viennent aujourd'hui beaucoup de jeunes beaucoup de jeunes on voit aussi dans les restaurants scolaires une fréquentation qui est en forte hausse c'est-à-dire que les parents qui peuvent même faire manger leurs enfants à la maison parce qu'il y a un des deux du couple qui reste à la maison qui pourrait les faire manger à la maison préfère les laisser aux restaurants scolaires parce que ça coûte moins cher il faut rappeler que le repas dans les cantines est moins cher que ce qu'il coûte réellement donc en fait on voit bien tous les indicateurs montrent qu'effectivement les ménages font ce qu'ils peuvent finalement pour essayer d'amortir ce choc est-ce que votre égo en prend un coup quand pour la première fois de votre vie vous devez aller dans une banque alimentaire pour récupérer une conserve ?

forcément après il y a quand même un travail là pour le coup les collectivités territoriales jouent ce rôle d'amortisseurs avec des travailleurs dont c'est le métier qui sont formés pour ça et qui savent prendre en charge justement ces personnes pour pouvoir justement les mettre dans les conditions les moins inconfortables possibles et c'est un rôle qui est très important j'emploie le mot d'amortisseur social vraiment je pense à bon escient parce que c'est difficile pour ces personnes qui n'ont jamais eu besoin d'aller voir ces systèmes d'aide de solidarité d'y aller pour la première fois Olivier Létroyant on a beaucoup parlé du chèque anti-inflation est-ce qu'on peut espérer je veux dire est-ce que c'est à l'État maintenant que de piloter parce qu'on voit au combien elle est sensible cette question du pouvoir d'achat est-ce que c'est à l'État de s'immiscer dans nos achats du quotidien dans la grande distribution ou est-ce qu'on peut espérer que c'est la même question que tout à l'heure le libre jeu de la concurrence que c'est le champion des prix bas avec des promos à tous les étages

55:32
Invité

effectivement c'est le cas puisque c'est lui qui a l'image prix le positionnement prix le plus attractif l'État a déjà essayé de s'immiscer de piloter un peu ces prix alimentaires on a vu le coup de pression de Camille, Bruno Le Maire et Bercy il y a quelques semaines on a beaucoup parlé du chèque alimentaire aussi ça fait trois ans alors ça qui est devenu un peu l'arlésienne parce que ça fait trois ans qu'on en parle ça revient c'est retiré on en rediscute on voit que l'implémentation

55:55
Présentateur

c'était Emmanuel Macron qui l'avait promis

55:59
Invité

c'était dès avant le Covid on voit que la mise en oeuvre opérationnelle est très compliquée sur quels produits on le fait porter comment on déploie ça parce qu'on voulait

56:10
Présentateur

que ce soit local et bio alors c'est difficile de cibler le chèque local et bio

56:13
Invité

exactement donc on voit que ce sujet là a été mis un peu de côté d'autant plus que maintenant on a le trimestre anti-inflation qui va être le semestre maintenant anti-inflation puisque ça a été prolongé jusqu'à la fin de l'année donc ce sujet là du chèque alimentaire est passé un peu au second plan il y a quelques expérimentations qui ont été lancées localement mais plus par des soutiens à l'aide alimentaire locale que par une aide directe aux consommateurs comme on a pu voir sur l'énergie il y a quelques mois

56:38
Présentateur

c'est sur le terrain qu'on doit aider et pas forcément piloter les prix en grande surface depuis Bercy allez tout de suite on revient à vos questions alors Emmanuel Duteil Sylvie en Loire-Atlantique y a-t-il un espoir quelconque que les prix se mettent à baisser ?

alors que les prix se mettent à baisser oui mais c'est ce qu'on disait tout à l'heure ils ne reviendront pas à leur niveau d'avant crise en tout cas si on parle pour les prix de l'agroalimentaire ça c'est certain que ça ne reviendra pas et tout le monde c'est ce qu'on disait tout à l'heure tout le monde est d'accord vous écoutez Dominique Schelscher le patron de Super U ou Michel-Edouard Leclerc le patron des centres Leclerc ça ne reviendra pas au niveau d'avant crise mais la Banque de France estime que l'inflation va être tendanciellement divisée par deux jusqu'à la fin de l'année et qu'on reviendra au niveau normal d'inflation c'est environ 2% à l'horizon de la fin 2024 2025 je sais que ça paraît être le bout du monde mais en tout cas on devrait s'il n'y a pas de choc exogène prévu c'est vrai qu'en ce moment on n'a que ça mais en tout cas s'il ne devait pas y avoir ça on peut imaginer qu'à l'horizon 2025 on retrouve des augmentations de prix normales avec des prix qui auront un peu baissé entre les deux Flavien Neuvier on en a parlé tout à l'heure l'automobile est plus chère et les voitures électriques sont 50% plus chères que les thermiques la voiture s'est énormément démocratisée depuis 50 ans est-ce que ça va redevenir un produit de luxe réservé à une élite ?

c'est un vrai risque parce qu'effectivement les prix de vente des voitures neuves sur ces 20 dernières années par exemple en France les prix catalogues ont augmenté deux fois plus vite que l'inflation c'est-à-dire que quand l'inflation faisait plus 30 en gros les prix des voitures faisaient plus 60 et même si on compare aux revenus médians ils ont augmenté quatre fois plus vite donc à un moment donné c'est plus possible c'est-à-dire qu'il n'y a plus l'acheteur en face ou plus beaucoup et c'est ce qu'on disait tout à l'heure c'est-à-dire que les volumes ont baissé par contre les voitures vendues sont plus chères les constructeurs gagnent plus d'argent sur chaque voiture vendue simplement l'exercice à ses limites on est du haut de gamme maintenant oui alors l'exercice à ses limites c'est-à-dire qu'à un moment donné vous pouvez vendre une voiture très très chère mais si vous ne vendez qu'un exemplaire ça ne fait pas tourner les usines donc on arrive là à un moment où c'est intéressant d'ailleurs on va regarder ce qui se passe mais par exemple on a vu que Tesla Elon Musk a annoncé des baisses de prix parce que les ventes ne sont plus tout à fait aussi dynamiques la demande est en train de ralentir il veut rester dans le bonus écologique français oui mais néanmoins c'est intéressant parce que du coup la concurrence joue et les autres constructeurs disent non on ne veut pas baisser nos prix pour l'instant on verra ce qui se passe mais s'il y a de moins en moins de clients à un moment donné il faudra quand même retrouver des clients Olivia Détroya Robin dans l'Indre qui fait des super profits en ce moment les industriels de l'alimentaire ou la grande distribution

59:09
Invité

alors c'est Bercy qui donnera le là là-dessus d'ici une dizaine de jours avec ce rapport qui évalue en fait les variations des marges de tous les acteurs de la chaîne alimentaire sur une longue période il y a quelqu'un qu'on a oublié alors évidemment un maillon qu'on a un peu oublié évidemment pas question de dire qu'ils font des super profits mais sur la partie des producteurs enfin des agriculteurs ils ont vu leur excédent brut d'exploitation assez sensiblement augmenter c'est une bonne chose c'était l'objectif de la loi EGalim qui a été mise en place mais ça fait partie aussi des maillons alimentaires qui ont vu aussi leur revenu augmenter avec la hausse des prix et ça il faut que le consommateur qui voulait payer qui était prêt à payer pour une alimentation de meilleure qualité ne l'oublie pas aussi

59:53
Présentateur

enfin Pascal est belle on a eu l'impression en écoutant Bruno Le Maire qu'il avait plutôt ciblé les industrie les Unilever les Coca-Cola et autres Nestlé

1:00:01
Bruno Le Maire

tout à fait c'est comme disait tout à l'heure Emmanuel Dutreil il y a en effet des chiffres qui sont sortis sur la marge des industriels qui est deux fois plus importante que celle qu'il y avait l'année dernière donc en effet là en ce moment ils sont en train de refaire leur trésor de guerre et la distribution a plus de difficultés casinos

1:00:17
Invité

il faut très peu de marge la distribution par nature fait peu de marge c'est beaucoup de volume mais des marges assez faibles

1:00:22
Bruno Le Maire

mais ils perdent quand même beaucoup de clients aussi la grande distribution les grands hypermarchés il y a une baisse parce que les gens vont plus chez les petits commerçants le e-commerce est doublé oui il y a vraiment mais ça c'était un petit peu avant la crise c'est très très bas mais en fait on a aussi avec le Covid pris l'habitude d'aller chez son petit commerçant comme on vu du local finalement il y a eu plein de petits magasins aussi qui ont remplacé les magasins bio qui sont des produits locaux

1:00:45
Présentateur

mais c'est pas plus cher les petits commerçants

1:00:46
Bruno Le Maire

mais on préfère en acheter un peu moins et puis en effet consommer moins et donc il y a une clientèle pour ça

1:00:51
Présentateur

il y a le boom du drive ceux qui avaient l'habitude du drive notamment pendant la Covid n'ont pas changé d'habitude

1:00:55
Bruno Le Maire

il y a deux fois plus sur le e-commerce aussi mais ça c'est quand même derrière les grands distributeurs

1:00:57
Présentateur

mais on ne rentre pas dans le magasin on n'est du coup pas tenté d'acheter et la livraison à domicile

1:01:02
Bruno Le Maire

qui en 2023 par rapport à 2021 les chiffres sont aussi en hausse on se fait livrer des repas et on se fait livrer

1:01:08
Présentateur

les produits Emmanuel Duteil Régis qui pose la question la menace du gouvernement d'une sanction fiscale contre les grands industriels est-elle crédible ? Est-ce qu'on imagine faire une loi anti-Procter & Gamble ou anti-Unilover ?

Elle est crédible parce que s'il y a quelque chose qu'on sait faire en France c'est créer des taxes et ne pas les enlever après donc ça elle est crédible je pense que là c'est uniquement pour faire peur c'est la deuxième menace qu'ils mettent en place parce qu'il y a quelques semaines on a utilisé ce qu'on appelle le name and shame c'est-à-dire dénoncer les mauvais payeurs ou dénoncer ceux qui ne veulent pas faire la baisse ils sont arrivés au deuxième étage de la fusée je pense je me tromperai peut-être je m'en voudrais si c'est le cas mais je pense qu'on n'arrivera pas là je pense que quand même à un moment les industriels vont se remettre un peu autour de la table effectivement je pense que tout le monde attend ce rapport du mois de juin qui va un peu faire l'état de l'art et en fonction de là ils seront bien obligés de faire quelques gestes on va être dans le domaine du symbole sûrement mais il va y avoir des gestes

1:02:05
Invité

Surtout si les volumes baissent ils ont aussi intérêt à faire attention s'ils veulent maintenir leur volume

1:02:09
Présentateur

parce que c'est comme l'automobile ils en vendent peut-être avec de belles marges mais ils vendent de moins en moins de produits et du coup les consommateurs ont l'habitude d'acheter peut-être des marques distributeurs

1:02:18
Bruno Le Maire

des marques distributeurs ils vont dans d'autres différentes distributions ils vont dans plutôt les hard discounters qui aujourd'hui ont une image qui est assez bonne et ils consomment moins oui ils apprennent à faire la cuisine

1:02:29
Présentateur

vous voyez le succès des nouvelles enseignes comme tout juste ou ce genre de choses qui ont été lancées qui est une nouvelle chaîne plutôt hard discount mais pas mal tournée autour des produits locaux ça montre bien qu'il y a un changement de consommation assez notable et sur les autres biens on voit le marché de l'occasion qui monte en puissance parce que sur le marché de l'occasion aujourd'hui on voit que les consommateurs non seulement revendent des produits dont ils n'ont plus l'usage parce que ça leur permet de faire rentrer des revenus dans leur budget mais ils achètent aussi des produits d'occasion on pourrait parler du textile il y a plein plein d'exemples où on voit que le marché de l'occasion est en plein boom et quand on achète des produits d'occasion alors d'abord c'est plutôt bon pour la planète parce que c'est quand même il reste peu de temps mais les français se plaignent de la hausse des prix mais les hôtels restaurants étaient complets lors des derniers week-ends pourquoi il n'y a jamais eu autant de monde sur les routes à l'ascension et pour les ponts là oui c'est vrai ce qu'on disait c'est à dire que il y a certaines dépenses qui sont plus protégées que d'autres et les dépenses plaisir ben voilà elles sont plutôt protégées alors on voit qu'effectivement au mois de mai il y a eu beaucoup beaucoup de ponts et que les gens n'ont profité pour partir l'année dernière quand les prix des carburants étaient à 2 euros 2,20 euros l'été dernier il y avait des bouchons pour partir en vacances et ben voilà on garde le moral merci beaucoup d'avoir participé à cette émission vous restez sur France 5 à suivre c'est à vous avec Anne-Elisabeth Lemoyne bonsoir Anne-Elisabeth

1:03:42
Invité

salut Axel au programme ce soir la baisse des prix de l'immobilier ses conséquences le plan anti-incendie d'Emmanuel Macron l'état de santé de Joe Biden qui inquiète et la légende du foot Eric Cantona qui devient chanteur son premier titre en exclusivité sur la scène de c'est à vous

1:04:00
Présentateur

et oui parce que c'est la bonne nouvelle les prix immobiliers c'est une première les prix de l'immobilier ont baissé c'est une première depuis 8 ans mais ils n'ont pas baissé de beaucoup la question est de savoir si est-ce que la cour va continuer réponse dans c'est à vous avec Anne-Elisabeth Lemoyne bonne soirée sur France 5