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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 23 septembre 2020 26 min

Gérald Darmanin : "Il n’y a aucune incompatibilité entre être musulman et être citoyen"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le ministre de l'Intérieur dans le grand entretien du 7-9. Questions et réactions, elles seront nombreuses j'imagine au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Gérald Darmanin, bonjour. Bonjour. Et merci d'être à notre micro ce matin, deux semaines après l'incendie du camp de Moria à Lesbos. La Commission européenne doit présenter un pacte pour la migration et l'asile cet après-midi. A l'origine, la Commission voulait rendre obligatoire la solidarité de tous les pays de l'UE envers les migrants.

Finalement, cette solidarité sera plutôt à la carte et pourra prendre la forme d'aide financière au retour pour les personnes n'ayant pas droit à l'asile. Alors, question générale. Pour commencer, est-ce que l'idée de ce plan vous semble aller dans le bon sens ? Est-ce que ce plan va clarifier les procédures ? Et surtout, éviter qu'une crise migratoire redevienne une crise européenne ?

0:59
Gérald Darmanin

C'est évidemment une question tout à fait essentielle. Et la question migratoire, elle ne se règle qu'au niveau européen. Et nous attendons cet après-midi le texte écrit de la Commission, sa proposition. Il faut que vos auditeurs sachent qu'on va ensuite beaucoup discuter pendant quelques mois pour pouvoir se mettre d'accord, nous l'espérons, sur un texte. En tout cas, la France le souhaite. Nous souhaitons toujours une solidarité européenne. Il n'y a pas de raison que seule l'Italie, la France et l'Allemagne, grosso modo avec la Grèce, se partagent cette solidarité.

Vous avez vu que le président de la République a annoncé l'accueil de 350 mineurs qui venaient notamment de Grèce suite aux diverses difficultés qu'a connues la Méditerranée récemment. La France comme l'Allemagne prennent leur part de solidarité avec la Grèce et avec l'Italie. Ça doit être le cas de toute l'Union européenne, évidemment.

1:41
Invité

Alors, qu'est-ce qui va changer vraiment dans ce texte-là ? Ursula von der Leyen a dit vouloir abolir le règlement de Dublin qui confie la demande d'asile au premier pays de l'Union européenne dans lequel le migrant est arrivé. Pour la Grèce et l'Italie, par exemple, c'est intenable. On ne comprend pas bien. C'est vraiment la fin de Dublin ou en fait, on va juste réécrire la chose et ça reste là ?

1:59
Gérald Darmanin

En tout cas, ce qui est sûr, c'est que Dublin, ça ne fonctionne pas bien. 80 000 demandes en 2015 d'asile en France, 135 000 l'année dernière. Et il y a bien une évidence que si on n'a pas une réponse européenne et que chaque pays fait ce qu'il souhaite dans son coin, on a une difficulté de traiter ces demandes d'asile. Dans la rapidité, parce qu'on le doit aux demandeurs d'asile, et dans la reconduite aux frontières pour ceux qui n'ont pas le droit à cette demande d'asile. Et donc, nous, ce que nous souhaitons, c'est qu'aux frontières de l'Union européenne, nous puissions aider les pays comme l'Espagne, comme l'Italie, comme la Grèce, comme Malte, peut-être même comme la France.

Nous sommes évidemment un pays méditerranéen. Avoir davantage de moyens pour que les demandes se fassent dans ces pays. on puisse arriver en Espagne, on puisse arriver en Italie, faire une demande pour la France, mais rester en Espagne et en Italie dans les centres d'accueil, en attendant d'avoir vite son traitement en demande d'asile.

2:41
Invité

Donc finalement, rien ne change. Le pays responsable du traitement d'une demande d'asile reste le premier pays où on rentre.

2:47
Gérald Darmanin

Alors, ce n'est pas tout à fait le cas aujourd'hui. Aujourd'hui, il y a plein de demandeurs d'asile qui arrivent, soit par la route des Balkans, soit par la Méditerranée, qui font une demande en Espagne ou en Italie, qui font une deuxième demande en France ou en Allemagne. Et ainsi, on se retrouve avec des situations où les demandeurs d'asile sont en doute perdus. Et c'est bien normal, devant les formalités administratives, on n'a pas leur droit à respecter. Et parfois, on loupe des gens qui devraient être sur le territoire national par protection de l'Union Européenne.

Et puis, par ailleurs, il y a beaucoup de gens qui utilisent, de façon malfaisante, on va dire, notamment par des passeurs, ces plusieurs difficultés de demande d'asile dans plusieurs pays différents. Et ça, ça explique, notamment que la France, aujourd'hui, connaît une augmentation très forte. Donc, on doit arrêter ça. Arrêter Dublin, comme l'a dit Madame la Présidente de la Commission. On attend la proposition désormais de la Commission.

3:28
Présentateur

Le Figaro affirme ce matin que le nombre de mineurs isolés étrangers explose en France. Est-ce que c'est vrai, Gérald Darmanin ? Avez-vous les chiffres ?

3:37
Gérald Darmanin

Alors, il y a un nombre important de mineurs isolés. Par définition, ils sont difficiles à suivre. Aujourd'hui, c'est 16 000. Et non pas 40 000, comme j'ai pu le lire. 16 000 qui sont inscrits et que suivent notamment les départements. Il y a à Paris, à Bordeaux, dans plusieurs grandes villes de France, des mineurs isolés. Alors, soit qui viennent d'Algérie, soit qui viennent du Maroc. Chacun connaît la difficulté, notamment des mineurs isolés marocains à Paris. Le président de la République, depuis longtemps, s'occupe de ce sujet, notamment de nos relations diplomatiques avec nos amis marocains et nos amis algériens. Je me rendrai au Maroc et en Algérie.

J'y travaille beaucoup avec Jean-Yves Le Drian. C'est une question à la fois de sécurité, de protection de l'enfance et de diplomatie. Et nous devons absolument régler ce problème au niveau européen.

4:15
Invité

Gérald Darmanin, nous sommes en plein procès historique des attentats de janvier 2015. Et on a appris que la DRH de Charlie Hebdo a dû être exfiltrée en raison de menaces très sérieuses, précises et circonstanciées. Et quelles sont ces menaces ?

4:27
Gérald Darmanin

Il n'appartient pas aux ministres de l'Intérieur de détailler ni les protections ni les menaces. Je pense que chacun le comprend. Mais ce qui est certain, c'est qu'il y a aujourd'hui, dans la rédaction de Charlie Hebdo, et les gens qui aident cette rédaction de Charlie Hebdo, depuis plus de cinq ans, désormais une protection très forte, parce que les menaces sont élevées.

Et j'ai demandé d'ailleurs, suite aux faits que vous évoquez, qui sont tout à fait scandaleux, que quelqu'un ne puisse pas rester chez soi, et attente évidemment à sa vie personnelle pour pouvoir essayer de se protéger, j'ai demandé qu'on puisse réévaluer les menaces qui pèsent sur les journalistes et sur les collaborateurs de Charlie Hebdo. J'en ai d'ailleurs appelé le directeur de la publication pour lui dire. Et la police met des moyens considérés pour protéger le procès, et d'ailleurs les magistrats.

Ces menaces, elles sont ceux du terrorisme islamiste, de gens qui continuent à vouloir tuer l'identité de la France, sa liberté d'expression, sa liberté de caricaturer, sa liberté de choquer. Et je voudrais redire à votre antenne que la bataille contre la bête immonde, elle n'est pas gagnée. Et que nous devons absolument condamner tous ceux qui utilisent des mais dans leurs phrases pour dire oui c'est vrai qu'on peut condamner telle ou telle menace de mort, mais non, il n'y a pas de mais. Même quand on n'est pas d'accord avec quelqu'un, surtout lorsqu'il s'agit d'un journaliste, quelqu'un qui garde la liberté d'expression en son sein, j'ai entendu, j'ai lu ce matin la tribune 90 médias,

5:44
Présentateur

presse écrite, chaîne de télévision, radio.

5:47
Gérald Darmanin

Et ils ont raison. Ils disent qu'il y a un vrai recul

5:49
Invité

de la liberté d'expression.

5:52
Gérald Darmanin

Est-ce que c'est vrai ? Je ne sais pas s'il y a un recul de la liberté d'expression, en tout cas elle est largement menacée. Et en France on a le droit d'être choqué par les caricatures de Charlie Hebdo. Moi parfois j'ai pu être choqué par les caricatures de Charlie Hebdo. Mais en France on a le droit de choquer. Et Charlie Hebdo a le droit de publier ce qu'il souhaite à la une de son journal comme tous les journaux.

6:07
Invité

Où en est la menace terroriste en France aujourd'hui ? Est-ce qu'elle est en baisse cette menace à cause du Covid ?

6:12
Gérald Darmanin

Ah non, pas à cause du Covid. On a vu d'ailleurs que pendant le Covid mon prédécesseur Christophe Castaner a eu à faire face à des attentats sur le sol national. Donc le terrorisme ne s'arrête pas. Il n'est pas en confinement le terrorisme. Ce qui est certain c'est que l'action du président de la République et l'action des alliés qui vont attaquer Daesh, l'État islamique, sur les territoires extérieurs limite, ça ne veut pas dire empêche, mais limite les attentats projetés. Ça c'est effectivement vrai, même s'il peut y encore y en avoir et ils sont moins possibles.

En revanche, il y a une menace endogène, une menace de l'ennemi de l'intérieur et nous avons beaucoup de gens, j'ai dit qu'il y avait 8500 personnes suivies dans les fichiers du renseignement intérieur qui potentiellement sont particulièrement dangereux et peuvent commettre des attentats. Donc cette menace, elle est extrêmement forte et elle a un nom, c'est celle de l'islam radical.

6:58
Présentateur

Venons-en à la question du séparatisme. Pour commencer Gérald Darmanin, à l'heure où l'on parle, est-ce que ce projet de loi est finalisé ? Est-ce qu'il est bouclé ?

7:09
Gérald Darmanin

En effet, le Président de la République dans les prochains jours l'annoncera. Il est bouclé ? Oui, le Président de la République.

7:15
Invité

Il n'y a plus de points en discussion ?

7:16
Gérald Darmanin

Il est écrit ? D'abord, c'est un texte qui évidemment sera présenté comme on l'a déjà plusieurs fois dit en décembre au Conseil des ministres et au début d'année prochaine au Parlement.

7:23
Invité

Oui, mais ce que doit dire le Président de la République ?

7:25
Gérald Darmanin

Par définition, il y a une discussion avec les parlementaires, avec la société civile. Elle sera longue, elle sera importante. Ce que dira le Président de la République, effectivement, je lui laisse la paternité de ses propos, mais est effectivement basé sur un texte qui est écrit.

7:36
Invité

Le texte est écrit. Alors, pourquoi est-ce qu'il ne le dit pas ? Si j'ose dire, il devait le dire à Lunel cette semaine. Finalement, c'est reporté au 2 octobre. Est-ce que vous confirmez qu'il va le dire le 2 octobre ? Est-ce qu'on dit qu'il va encore être reporté à plus tard ? Est-ce que vous avez une information sur ça ? D'abord, est-ce qu'il va le dire ? Et ensuite, est-ce que ces reports sont le signe d'une gêne intellectuelle, d'une ambiguïté profonde du Président de la République sur ces questions ?

7:59
Gérald Darmanin

Alors, le Président de la République, il a tout sauf la main qui tremble. Moi, je témoigne. Je l'ai fait pendant 3 ans quand j'étais ministre des Comptes Publiques. Mais depuis 3 mois, je suis ministre de l'Intérieur pour lui parler quasiment quotidiennement, pour assister à des réunions sur la sécurité de nos compatriotes. Je peux vous assurer qu'il a un déterminisme, pardon, une détermination à toute épreuve face aux difficultés que connaît notre pays.

8:23
Invité

Il n'a pas la main qui tremble, sauf peut-être sur ce sujet ?

8:25
Gérald Darmanin

Non, il n'a pas la main qui tremble sur ce sujet. Le texte qu'il va présenter est un texte très important. Vous connaissez mes convictions sur ce sujet, je les ai écrits depuis très longtemps. Il est allé au fond des choses parce qu'il s'agit vraiment d'un texte qui va vers la réconciliation nationale et qui protège la France, son identité, ses habitants, la liberté d'association, la liberté de culte et en même temps la sécurité de nos compatriotes. De quoi s'agit-il ?

Il s'agit de lutter contre des ennemis, pas simplement de la République, des ennemis de la France, des gens qui veulent se séparer, combattre le modèle républicain et simplement le modèle français de liberté d'expression, notre habitude de vivre, la façon dont on enseigne à nos enfants, la façon dont on éduque. C'est qui les séparatistes ? D'abord, ce sont les terroristes islamistes, ce sont les islamistes, ce sont les islamistes radicaux, évidemment, mais c'est aussi d'autres personnes, les suprémacistes blancs, par exemple. Vous savez, la Direction Générale de la Sécurité à l'Intérieur, c'est-à-dire la DGSI, elle fait un travail évidemment qu'on ne voit pas toujours.

Mais je ne compte pas les moments où on m'a expliqué et on m'a montré des enquêtes où il y avait, par exemple, un suprémaciste blanc, c'est-à-dire quelqu'un qui pense qu'être blanc, c'est être supérieur à toute autre race, avec des armes, qui allaient commettre des attentats comme on a connu Manuel Valls dit

9:36
Invité

« Ne soyons pas naïfs, le vrai sujet, c'est la bataille contre l'islam politique, les frères musulmans et les salafistes. Il a raison ? »

9:41
Gérald Darmanin

Évidemment qu'il a raison, Manuel Valls. D'abord, il a l'expérience d'avoir été au pouvoir et de connaître ses sujets. Il a évidemment raison. Ce ne sont pas les seuls séparatistes, mais ce sont les séparatistes principaux qu'il faut combattre et vraiment sans naïveté parce que vous avez deux types de séparatisme. Vous avez celui traditionnel qu'on a connu, si j'ose dire, et que l'on voit caricatural qui annonce effectivement qu'il faut mettre les femmes de côté, tuer les mécréants et s'attaquer au modèle de la République. Ceux-là, on les combat et les dispositions notamment prises par le gouvernement précédent aident à les combattre très fortement.

Ce qui explique les 32 attentats déjoués et les dénonciations médiatiques que l'on peut voir sur ces attaques contre notre modèle. Et puis il y a ceux qui pratiquent l'attaquilla, c'est-à-dire la dissimulation qui par l'islam politique, qui par une sorte d'entrisme qui ne dit pas son nom essayent de changer la vie de nos concitoyens et imposer leur vue. C'est celui-là qu'il faut combattre. Il y a des exemples extrêmement précis dans l'éducation, dans la vie associative ou dans la fonction de fonctionner de certaines collectivités locales. Lorsque l'on a une association par exemple et la République n'a pas de moyens de s'y opposer pour l'instant.

Une association qui touche des subventions publiques et qui impose des prières pendant ses cours de sport, qui demande à ce qu'on prenne sa douche habillée et qui refuse la mixité sexuelle, alors évidemment c'est un acte séparatiste contre les valeurs fondamentales de la République. Je peux prendre l'exemple d'une école à Sevran. Regardez dans quel état la République est quand elle n'a pas ses armes. Il y a une école clandestine, c'est-à-dire totalement non déclarée, avec des enseignants qui ne possèdent aucune qualification. Ce n'est pas une école hors contrat. On est dans une école qui est autoproclamée.

Il n'y en a pu mettre fin à cette école je ne rentrerai pas dans les détails parce qu'il y a une enquête aujourd'hui sur ce point mais fondamentalement qui est contraire aux valeurs de la République qu'à cause des règles sanitaires du Covid. Le préfet n'a pu utiliser que l'arme sanitaire pour mettre fin à cette école autoproclamée qui endoctrinait des enfants qui étaient en instruction à domicile. Demain, le projet de loi présenté par le président de la République donnera le type d'armes administratives pour lutter sans naïveté contre les islamistes.

11:43
Invité

Mais je ne comprends pas. Pour reprendre votre exemple, une association sportive qui imposerait les prières ou qui dirait on prie pendant les moments où on fait du sport. En quoi c'est contraire aux valeurs de la République ?

11:54
Gérald Darmanin

Si vous pensez qu'on peut subventionner avec l'argent public des associations sportives dont le but est d'être une association sportive et qui fait faire des prières qui met de loin les femmes par rapport aux hommes et qui imposent à tout le monde de se doucher habillé, effectivement, on ne vit pas dans la même République. Jean-Luc Mélenchon

12:09
Invité

dit ce qui est visé c'est l'islam, ce n'est pas autre chose.

12:12
Gérald Darmanin

Mais M. Mélenchon, comme d'habitude, a du mal à dire des vérités et surtout à réfléchir en homme politique responsable. Il me semblait d'ailleurs que c'est un homme laïque qui naît de la gauche. Vous savez, c'est un grand texte, je vais vous le dire sans provocation, que présentait le président de la République de gauche. La laïcité, c'est malgré tout une valeur, vous le savez bien, depuis le début de la République, qui est une valeur de gauche et qui est une magnifique valeur de la neutralité du service public. Et le président de la République aura l'occasion de détailler des mesures extrêmement fortes qui montreront la non-naïveté des pouvoirs publics.

Et moi, je souhaite qu'il y ait la plus grande unanimité sur ce texte après une longue concertation parce qu'il s'agit de l'identité de notre pays. Est-ce que les mères voilées,

12:48
Présentateur

Gérald Darmanin, les mamans voilées pourront participer aux sorties scolaires avec leurs enfants ?

12:54
Gérald Darmanin

Moi, j'ai toujours pensé que ce n'est pas la dame de 45 ans qui avait un foulard qui était bénévole à la sortie de l'école qui posait un problème à la République. Donc, après, chacun peut avoir son opinion mais j'ai toujours pensé ça. En revanche, ce qui pose un problème, c'est effectivement l'antrisme politique de l'islam politique. Alors ça, effectivement, il ne faut pas avoir de naïveté envers cela, il faut le combattre. Moi, je voulais vous dire, petit-fils de musulmans dans une commune qui connaît les difficultés parfois de l'immigration, des sujets cultuels, de la difficulté sociale, l'islamisme, il prospère sur l'absence de république, l'absence d'offres républicaines.

L'islamisme, il touche en premier les musulmans qui, par millions, vivent leur religion en respectant bien évidemment la République. Ils sont même morts pour la France, on ne le dit pas assez, tout en priant Allah. Il n'y a aucune incompatibilité, bien évidemment, entre l'islam, entre croire et être citoyen. Simplement, ils sont attaqués, les musulmans français, la France est attaquée par un projet politique qui veut renverser la République. Et il faut que la République se défende.

13:56
Invité

D'accord, on a compris votre position sur les mamans voilées. Autre question, puisque Jean-Michel Blanquer la défendait, manifestement ça n'a pas été retenu. Autre question, Jean-Michel Blanquer dit il faut une tenue républicaine pour les filles à l'école. Vous êtes d'accord ?

14:10
Gérald Darmanin

Qu'il faille une tenue décente, c'est une évidence. Peut-être ce que Jean-Michel Blanquer appelle la tenue républicaine. Et donc effectivement, il s'agit d'être à l'école de la République le plus à l'écoute des prescriptions que posent les règlements intérieurs des lycées, des collèges et des écoles élémentaires. Il me semble qu'il y a des règlements intérieurs d'ailleurs.

14:28
Invité

La ministre Elisabeth Moreno dit en France chacun est libre de s'habiller comme il veut. Les femmes ont mis des siècles à pouvoir s'affranchir des codes vestimentaires. Cette liberté conquiste de haute lutte n'a pas de prix. Elle n'est pas d'accord ? Non mais je ne vais pas faire

14:37
Gérald Darmanin

de débat entre les ministres. Ce qu'il faut, c'est tous les règlements intérieurs. Quand j'étais au lycée, c'est ce qu'on disait. Ce n'est pas la façon me semble-t-il d'avoir des débats sur ce qu'est une tenue descente ou pas. Je pense que la lutte contre l'islamisme radical me paraît plus essentielle que ça.

14:57
Présentateur

Sur la question de l'insécurité, Gérald Darmanin, il y a des batailles de chiffres, des batailles de statistiques. De nombreux articles de presse dans le monde, même dans le New York Times, disent que sur 10-20 ans, l'insécurité n'a pas augmenté en France. À entendre la droite depuis la rentrée, la France aurait vécu un été orange mécanique. Les questions de sécurité seraient le trou noir du quinquennat. Quelle est la vérité, Gérald Darmanin ? Sans absolument aucun esprit de polémique, l'insécurité explose-t-elle ou non en France ? Quels sont vos chiffres ? Et que disent-ils ?

15:31
Gérald Darmanin

Il y a par exemple un refus d'obtempérer toutes les demi-heures en France. Et depuis que je suis ministre, il y a eu 4 policiers gendarmes qui sont morts. Pas par des attentats terroristes, par des refus d'obtempérer. Parce que quelqu'un ne s'arrête pas lorsqu'une gendarme de 26 ans sur une route du Lot-et-Garonne lui demande de s'arrêter. Parce qu'un policier au Mans à 3h30 du matin meurt percuté parce que quelqu'un refuse de s'arrêter. Et quand on a un refus d'obtempérer toutes les demi-heures, alors qu'il y a 5 ans c'était toutes les 2 heures, on se dit qu'il y a effectivement une difficulté dans le respect de l'autorité. Ensuite, il y a une propagation indéniable du trafic de drogue.

Tout le monde sait que la drogue pourrit pas simplement les quartiers difficiles de la République. Parce qu'encore faut-il souligner que dans certains beaux quartiers on consomme de la drogue et on fait vivre ces trafics. Mais il y a manifestement une économie parallèle, certains disent 200 000 personnes qui vivent de cette économie parallèle, qui pourrit la vie de chacun. Parce que quand vous touchez, quand vous avez une addiction à la drogue et que vous devez prendre 60, 80, 100 euros par jour pour cette addiction, évidemment que vous commettez des cobriolages pour payer votre dose. Évidemment que vous faites des agressions pour récupérer les portes de feuilles.

Mais la question de Nicolas,

16:38
Invité

c'est est-ce que l'insécurité explose ? Mais aujourd'hui, en France ?

16:44
Gérald Darmanin

D'abord, elle est de moins en moins acceptée. Et je pense que indépendamment des chiffres, c'est quelque chose d'important. Si je vous parle des refus d'obtempérer, effectivement, ils augmentent. Des vols avec violence, ils augmentent en partie. Il y a des homicides qui reprennent en augmentation. Il y a d'autres faits de délinquance qui baissent. Mais ce que je voudrais simplement vous dire, encore une fois, c'est que s'il peut y avoir un sentiment d'insécurité, moi je n'aime pas ce mot, mais je sais qu'il est.

17:04
Invité

Oui, on a compris que vous étiez votre bisbi avec le misé de la justice.

17:08
Gérald Darmanin

Non, non, mais ce n'est pas une question de misé de la justice. Je pense que la vérité, c'est que quand les gens sont en insécurité, quand les gens au front, on ne leur dit pas non, non, vous avez chaud. Mais ça, je pense qu'il faut rassurer, remettre plus de policiers dans la rue et faire plus de prévention et attaquer davantage ce sentiment comme on le qualifie qui pour moi est un sentiment de réalité. Mais c'est un sujet à part. Si je vous donne des chiffres, monsieur Demorand, vous allez me dire d'abord, vous faites la politique du chiffre, ce qui n'est pas mon cas. Je donnerai la politique des résultats, on en parlera.

Et surtout, il y a plein de gens qui vous diront mais moi, je ne porte même plus plainte, monsieur. Parce que ça fait la septième fois que je me fais emmerder dans le métro, je ne vais pas porter plainte à chaque fois. Parce que c'est la troisième fois que je me vole ma voiture ou me cambriole

17:44
Invité

et je ne porte pas plainte à chaque fois. La politique des résultats. Ce que la droite vous reproche, Gérald Darmanin, c'est depuis que vous êtes ministre de l'Intérieur de multiplier les déclarations fortes, les tweets martiaux. Je crois que vous avez tweeté 300 fois, plus de 300 fois depuis que vous êtes arrivés et que les faits ne suivent pas. Exemple, le 23 août dernier avec les violences qui ont suivi la finale de la Coupe d'Europe de la Ligue des Champions entre le PSG et le Bayern, vous aviez annoncé des renforts de police. Vous aviez dit je vais mettre plus de policiers.

Vous aviez fait des tweets martiaux pour avertir les gens en disant attention, tolérance zéro sur l'insécurité et pourtant, il y a eu des violences, il y a eu des débordements ce soir-là. Donc, au fond, est-ce que vous êtes tout simplement impuissant ?

18:23
Gérald Darmanin

Oui, c'est les causes qu'ils ont créées eux-mêmes. Moi, je suis fier d'appartenir à un gouvernement qui crée 10 000 postes de policiers et gendarmes supplémentaires. Et si on avait plus de policiers et de gendarmes supplémentaires, peut-être qu'on aurait un peu plus de sécurité sur les questions des manifestations. Il y a eu 150 interpellations ce soir-là. Il n'y en a jamais eu autant dans une manifestation spontanée. La police et la patron... Mais il y a eu des violences. La police et la patron...

Bien sûr qu'il y a eu des violences, mais si les choses étaient simples, vous m'inviteriez pas ce matin, pardon, je suis un petit peu fatigué, et soulignant ainsi les difficultés que nous connaissons. Regardez les manifestations de gilets jaunes. Tout le monde prévoyait un samedi noir le retour des gilets jaunes. Regardez comment les choses se sont passées. Il y a eu plus de 300 interpellations et hormis deux véhicules brûlés, ce qui est déjà trop, et trois à quatre feux de poubelle, tout le monde a constaté que ça s'est bien passé. Alors, c'est sûr que les moyens mis en place par le président de la République, les textes de loi, on aura bientôt la proposition de loi de Mme Thoureau et de M.

Fauvergue qui vont renforcer les polices municipales. La confiance donnée dans les forces de sécurité, le bon travail avec le garde des Sceaux permettront d'améliorer la sécurité de notre pays.

19:22
Présentateur

Isadora est au standard inter. Ouvrons le débat avec les auditeurs. Bonjour et bienvenue.

19:29
Auditeur

Oui, bonjour. Merci de prendre mon appel. Je suis parisienne depuis 60 ans. J'habite dans le 20e arrondissement. Et depuis quelques mois, nous avons des groupes d'hommes qui squattent dans la rue, qui dégradent les lieux par des jets de bouteilles plastiques, verres, etc., qui traficotent, on le voit manifestement sous nos yeux, et qui nous empêchent d'accéder à notre lieu de garage régulièrement. Rien n'a l'air de se passer. On est un peu désarmé. Qu'est-ce qu'il faut faire par rapport à ça ?

19:56
Présentateur

Merci Isadora pour cette question. Gérald Darmanin vous répond.

19:59
Gérald Darmanin

D'abord, je m'excuse auprès de vous, madame, parce que vous avez raison. Et comme beaucoup de Parisiens, il y a un problème de sécurité à Paris, chacun le sait. C'est avant tout un problème de l'État, puisque c'est le préfet de police sous mon autorité qui intervient. Et il fait face, je crois, avec courage, avec ses hommes et ses femmes face à la sécurité. Mais le trafic de drogue, le squat, et je ne parle pas des collines du crack et d'autres difficultés que nous pouvons connaître à Paris, avec des vols, des larcins extrêmement importants, méritent une réponse forme de l'État. Donc nous y travaillons en ce moment avec le préfet de police.

Je vous avais vu qu'on avait augmenté des opérations, notamment des opérations anti-drogue. Je voudrais vraiment vous convaincre que c'est bien les stupes qui sont le problème essentiel, l'alpha et l'oméga des difficultés que vous connaissez. Et par ailleurs, nous devons absolument être aidés par la mairie de Paris. Et donc, avec les parlementaires...

20:41
Invité

La mairie de Paris vous dit « Donnez-nous plus de moyens,

20:43
Gérald Darmanin

il n'y a pas assez de policiers. » Avec les parlementaires de la majorité, avec la maire de Paris, nous nous sommes mis d'accord pour qu'il y ait une police municipale à Paris. Vous savez que votre ville est la seule à ne pas connaître de police municipale. Ça date de l'histoire, il faut corriger ça. Et lorsqu'on aura des policiers municipaux à Paris, et on le mettra dans le texte de loi qu'on va présenter au Parlement avec M. Fauvert et Mme Toureau. Et en accord avec tous les élus.

Et bien, solider de Benjamin Griveaux qui a accepté la maire de Paris, on va pouvoir donner des moyens à la mairie de Paris de s'occuper de la tranquillité publique comme n'importe quelle maire et permettre aux policiers nationaux de taper beaucoup plus fort sur le trafic du stup ou les rassemblements. Vous avez raison, madame. Et on va s'en occuper comme on a essayé de s'occuper à Paris, notamment dans l'11e arrondissement.

21:22
Présentateur

Colin est au standard. Bonjour Colin, bienvenue.

21:25
Auditeur

Oui, bonjour. Merci de prendre mon appel. Je voulais poser une question. donc revenir sur ce que disait M. le ministre à propos de la liberté d'expression dans le cadre du procès des attentats de Charlie. Donc M. le ministre prend position en faveur de la liberté d'expression et c'est tout à fait normal et tout à son honneur. Ceci dit, en parallèle, le gouvernement a passé récemment une mesure qui est très, très contestée par les organisations de journalistes quant à l'encadrement des journalistes dans les manifestations et je voudrais savoir ce que M. Darmanin pense de ce qui semble quand même être du deux poids deux mesures en matière de liberté d'expression.

22:09
Présentateur

Merci Colin pour cette question. Elle revient beaucoup au standard et sur l'application de France Inter et une quarantaine de sociétés de journalistes s'alarment de ces nouvelles règles dans un texte collectif publié hier. Gérald Darmanin.

22:22
Gérald Darmanin

Non mais moi, on recevra évidemment le collectif de journalistes. J'ai vu leur tribune et moi je suis très attaché à la liberté de manifester y compris et surtout lorsqu'elle concerne les actions du gouvernement. C'est important de le faire évidemment en démocratie et la police de la République est là pour ça et moi je suis là pour protéger ceux qui permettent à chacun de manifester y compris contre le gouvernement. C'est une évidence. Et à la liberté d'expression, à la liberté d'écrire les faits qu'est la liberté d'être journaliste.

Le hiatus et je crois que c'est un gros malentendu mais nous allons le résoudre avec les sociétés de journalistes c'est qu'on n'a pas jamais demandé une carte de presse pour pouvoir être journaliste sur une manifestation. Je suis bien conscient qu'il y a des journalistes qui n'ont pas de carte de presse en tant que telle. C'est d'ailleurs un problème de la profession mais on n'est pas là pour le réglementer. Donc évidemment, il n'y a pas de quiproquo sur le texte que nous avons publié dans ce nouveau maintien de l'ordre. Les journalistes ont le droit d'accéder et sont en contact évidemment avec les préfectures

23:14
Présentateur

et de rester dans les attroupements.

23:15
Gérald Darmanin

Par ailleurs, ils ont le droit de rester dans toutes les manifestations bien évidemment. Il y a la question de sécurité y compris des journalistes lorsqu'il y a des sommations et lorsque les manifestations deviennent violentes non pas de la part des policiers et je rappelle qu'il y a 2000 policiers et gendarmes qui ont été blessés du fait de ces manifestations. C'est eux qui sont victimes de violences. Je voudrais quand même le souligner. Mais effectivement, ils ont le droit de décrire ce qui se passe. Je le comprends tout à fait. Il y a une sécurité quand même lorsqu'il y a une charge de police par exemple devant des black blocs ou des individus extrêmement violents.

Donc il faut qu'on travaille peut-être encore davantage. J'ai compris le malentendu mais je voudrais vous dire qu'il n'y a évidemment aucune interdiction pour les journalistes de suivre ou d'exiger une carte de presse pour suivre une manifestation.

23:51
Invité

Gérald Darmanin, une enquête a été ouverte après la plainte déposée par une étudiante qui affirme avoir été frappée et insultée en pleine rue à Strasbourg par trois hommes au motif qu'elle portait une jupe. Est-ce que c'est normal qu'en 2020 les femmes doivent subir ce genre de comportement en France ?

24:06
Gérald Darmanin

Évidemment que non. Alors il y a une enquête je ne voudrais pas la commenter. Madame la ministre Marlène Schiappa dont vous connaissez l'engagement pour la cause des femmes se rend ce matin à Strasbourg pour rencontrer cette dame mais aussi pour discuter avec la police et les élus à Strasbourg pour connaître les difficultés structurantes pas simplement pour ce fait s'il était vrai et évidemment absolument scandaleux et malheureusement ce n'est pas le seul fait en France. Les violences intrafamiliales les violences contre les femmes les violences conjugales sont extrêmement importantes et font partie des trois priorités qu'on a fixées au ministère de l'Intérieur.

24:40
Invité

Dernière question Xavier Bertrand votre ami a déclaré être candidat à l'élection présidentielle persuadé je cite qu'Emmanuel Macron ne réussira pas à réconcilier les français ni à protéger le pays il a tort ?

24:50
Gérald Darmanin

Je le regrette je le regrette parce que je pense que le président de la république va réussir à réconcilier les français et vous savez le président de la république il a été élu sur une route nationale et puis depuis qu'il est arrivé au pouvoir il faut bien avouer qu'il est dans un sentier avec des cailloux de 15 centimètres qui tombent tous les 5 secondes donc il faut plutôt aider le président de la république courageux à rétablir l'économie de la France à rétablir la sécurité des français à rétablir la place de la France dans le monde que de lui tirer dessus et effectivement Xavier Bertrand j'ai beaucoup d'estime et d'amitié pour lui j'en ai aussi pour d'autres amis qui ne partagent pas ma vision politique c'est le cas de Fabien Roussel le premier secrétaire du parti communiste que vous avez reçu je peux tout à fait manger avec Fabien Roussel sans être d'accord avec lui sur la réélection du président de la république

25:28
Invité

Xavier Bertrand ce sera un bon candidat à l'élection présidentielle

25:30
Gérald Darmanin

je crois que le meilleur candidat il s'appelle Emmanuel Macron

25:32
Invité

merci Gérald Darman

25:33
Gérald Darmanin

merci monsieur le ministre de l'Intérieur

25:35
Présentateur

d'avoir été au micro d'Inter ce matin