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interviewCinemaSharing· 20 juin 2026 92 min

1985 L'Enigme Blanche FEATURE MOVIE French

Source d'origine 1 locuteur

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

3:23
Invité

Tu n'as pas confiance ? J'ai envie de faire le pelvos dès demain matin. Sentir fesses et sentir le temps le permet. Vous allez voir que pour ce qui est, il nous faudra une bonne sortie. Tiens, ben j'y penserai à ça. De toute façon, toi, tu viens au sport d'hiver pour le costume. Est-ce que je reste enfermée ? Comment, Apolline ? Tu n'aimerais plus les clarines ? C'est notre Shangri-La, c'est Xanadou, le palais des glaces. La Savoyarde, de vos fondus à la Savoyarde, et de vos gratins à la Savoyarde. Ne l'écoutez pas, c'est pas vrai. Le directeur adjoint n'a pas à rendre qu'à son président. Un artiste n'a pas la notion du temps. Eh bien, vous serez heureux sans moi.

Marie ne l'a pas fait, je m'excuse. T'en es jamais un peu moins, c'est toujours un peu plus. Mais ne te laisse pas marcher sur les pieds. Si Henri se prend pour le patron, c'est qu'il est le patron. On pense qu'il a épousé ta sœur. Parce qu'il a les qualités d'un grand directeur. Mon père a une idée de génie en le choisissant. Et te voilà, directeur adjoint à vie. Tu n'as aucune ambition. Voilà Marcel. Tiens. Regarde Napoléon, c'est l'ambition qu'il a perdue. S'il était resté petit caporal, il serait toujours sur le trône. Un vendredi, au quart de 18h30. Je n'ai pas envie de rater la fête. Ne m'oubliez pas. T'inquiète pas. Allez Marcel.

Sans cette manie qu'il a à Paul de partir avant et d'arriver après. Tu ne trouves pas ? C'était inutile de lui rappeler. Il te l'a dit ? Non, c'est moi qui t'aime. Tu vois, ça recommence. Déjà, à la fac, ils étaient tous contre moi. Et pourtant, quel groupe ont formé tous les quatre, hein ? Nous étions vraiment comme Castor et Colux. Ah bah tiens, c'est nouveau, ça, ça manquait. Je crois que c'est le moment de placer la réplique de rigueur. Si on faisait un bridge. Non. Moi, je propose le jeu du détective. Même sans Paul, on a le droit, hein ? Si tu veux. Assieds-toi. Tu as une idée de canevas, Pauline ? Non ? Et toi, non plus ? Non, non. Moi, j'ai une idée. J'ai une situation. Alors, voilà.

Il s'agirait de bons amis qui ont fait leur humanité ensemble. Ils sont trois ou quatre. Disons quatre. Ils sont très liés. L'un d'eux a même épousé la soeur d'un des trois autres. Et tout va pour le mieux. Tout va pour le mieux jusqu'au jour où le mari découvre, enfin, s'aperçoit de... Vous voyez ce que je veux dire ? Très intéressant. Bon, alors, on le fait, ce bridge ? Tu préfères le bridge ? Non. Et toi ? J'attends de comprendre. C'est quoi, au juste, ton canevas ? Bon, alors, le cocu décide de faire une enquête. Et là, je vous apprends quelque chose, à savoir que l'un des quatre est flic.

Alors, tout de suite, vous vous dites, bon, c'est à lui, bien sûr, qu'il va confier cette petite affaire. Eh bien, non, justement, parce que qu'est-ce qui lui prouve au mari que ce n'est pas le flic qui... Hein ? Tu comprends ? Henri, c'est un selingot. Alors, heureusement, le mari est au milieu avec le chef de sécurité de son usine. Et c'est à lui qu'il confie cette petite affaire. Résultat, six mois d'enquête, que je trouve personnellement très, très, très intéressante. Ah, vous reconnaissez ? Une explication. Non. Non, pas du tout, c'est moi. Jean avait décidé de te parler. Mais moi, je n'en avais pas très envie. J'avais peur. De moi ? Non, non, pas du tout.

Non, j'avais peur de te faire mal. Mais enfin, je vois que, comme d'habitude, tu as su précéder l'événement. Je vais partir avec Jean. Je te demanderai une seule chose. Divorçons, mais sans nous déchirer. Mais vous n'avez pas très bien compris, je ne demande ni explication, ni excuse. J'en aurais le droit à remarquer. Non, non, non, on repasse l'éponge. J'oublie tout. Mais vous aussi, vous oubliez. Ça veut dire quoi, vous oubliez ? Ça veut dire quoi ? Ne touche pas à ça, toi. Ça veut dire pas de divorce. Pas changer quoi que ce soit à notre vie. Diriger une des sociétés d'électronique les plus importantes d'Europe, c'est quelque chose, tout de même.

Sans compter qu'on parle de toi pour le Conseil Général de la Savoie. Eh oui, je ne vais pas sacrifier tout ça pour une petite histoire de coucherie. Mais c'est pas de rabaisser. C'est mieux que ça. Je te remercie. Je ne suis pas heureux de cette situation. Ben ben, je comprends ça. Mais tu ne pourras pas empêcher... Empêcher quoi ? On ne discute pas. Je vous fais part de ma décision, c'est tout. Alors voilà, c'est très simple. Quand vous aurez promis de renoncer à vos promenades romanesques, on oubliera tout. Mais d'ici là, il faut jurer. Allez, vas-y, jure. Henri, c'est absurde. Nous devons parler de tout ça raisonnablement entre amis. Nous sommes des personnes sensées.

Apolline est la plus sensée d'entre nous. Elle sait très bien ce qui arriverait si vous partiez ensemble. Je t'en prie, pas de chantage. Oh, dis, c'est toi qui me fais la morale, maintenant ? Oh, dis donc ! Voilà, c'est très simple. Quand ce petit automate sera arrêté, il faudra que cette affaire soit réglée. Hein ? J'attends. S'il te plaît, reste. Tu ne penses tout de même pas régler un pareil problème de cette façon ? Affectionné, beau-frère, Maxence le fidèle, il faudra que tu jures, toi aussi. Jurez-moi. Et quoi ? D'oublier. Alors, Apolline ? Ah non, pas comme ça, plus fort, s'il te plaît. Je jure ! Voilà, ça c'est mieux. Il y a quelque chose de là. Comme ça. Allez !

On vous attend tous les deux. Allez, Maxence. Je le jure. Croix de bois, quoi de fer. Si je mens, je vais en enfer. Très bien. Toi aussi, Jean. Qu'on en finisse. Demain, si vous le voulez bien, on passera la journée là-haut et puis on fera un vrai pique-nique. Julie, il faudrait racheter de la petite soie. Bonjour à tous. La nature est avec nous, hein ? Je pense bien avec tout ce qui est tombé cette nuit. Très de porc, chaux frisés, plate-côte de bœuf. Et qu'est-ce que c'est ça, la petite fantaisie, Julie ? Un petit cervelat en plus. Oh ! Du cervelat ! Mais remettez donc le couvercle. Il y en a encore pour une bonne heure. Ça t'obligerait à sortir de ta tanière.

Il faudra attraper la boulangère avant midi. Les vacances, c'est bien joli, mais ça doit pas tourner à l'anarchie. Non, il faut dire qu'en commun, ça implique des devoirs. Il faudra penser au bois aussi, tiens. Marcel pourra très bien faire ça, monsieur. Oh ! Julie ! Est-ce que tu penses de tout ça ? Je suis inquiet, j'ai peur que le temps se détraque. Non, sérieusement, sans me ménager. On peut dire qu'Apolline et toi, vous avez créé l'événement. Tu nous en veux ? Regarde pas. S'il te plaît, réponds-moi. Eh bien, j'en veux à Henri de ne pas avoir su rendre Apolline heureuse. Et toi, qu'est-ce qui t'a donné la présomption de croire que tu le pourrais ? Moi, je l'aime. C'est beau, l'amour.

Dommage que tu y as renoncé aussi vite. Et sur ordre. Je n'ai pas renoncé. Pour qui me trompe-tu ? Mais tu es un peu d'enjeu, hein ? Tu sais qu'il y a une acoustique merveilleuse ici. Écoute. Ça fait des années que tu traînes avec nous et tu n'as toujours pas compris nos règles du jeu. Je ne joue pas. J'ai juré parce qu'elle me l'a demandé. Je respecterai ma parole tant qu'elle l'exigera. Très bien. Je peux avoir vu ça au moins une fois dans sa vie. Au moins cette année, vous ne vous ennuyez pas. Monsieur Bonnet, je vous salue bien. Bonjour, c'est Maxence. T'y veux en sec ? Non, il est trop tôt. Non, donnez-moi un petit café. J'ai préparé vos cigarettes. Et votre journal ? Merci.

Ben, il est là-haut. Au clarine. Tout va bien ? Au clarine ? Oui, ça va bien. Ça va très bien. Ça, c'est pas mal. Vous marquez « Bon anniversaire, Apolline », mais pas de bougies. D'accord. Et il vous le faut pour quand ? Je passerai le 30 vendredi soir. Ah bon ? Mais alors pas plus tard que 6h, 6h15, parce que moi, après, je m'en vais. J'aime pas rouler dans le noir, surtout avec le verglas. C'est entendu. Au revoir. Au revoir. Ah oui, ça on peut dire qu'on s'amuse bien, tous les quatre. Toujours optimiste, mon mari. Toujours optimiste, ça. Mais toujours ton mari. Essaie de marcher. Tu vois, j'avais une petite faim. Tu regardais, tu prends des canements, maintenant ?

Non, c'est seulement de l'aspirine. C'est ta cheville qui te quine ? Comment va-t-elle ? Avec ça, ça va. Pas tant du trappeur. Tu devrais le brûler, maintenant, et l'autre avec. Tu les as gravés pour moi ? Mais Noesté, t'as un bois très dur. J'avais trop présumé de ta force. Mais toi aussi, tu as juré. Mais oui, j'ai peur. Pour toi. Tu oublies que Henri est majoritaire de la maison disque qui édite ta musique. Tu oublies qu'il peut te démolir ? Tu as pu croire que ça m'arrêterait. Que j'hésiterais entre toi et une carrière. Une carrière, ça se recommence tous les jours. En France. Ou ailleurs. Nous allons partir. Et loin. Je t'en prie. Laisse-moi le temps.

Aussitôt après ton anniversaire, nous annonçons notre décision. Et samedi, nous serons loin, très loin. Tu as vraiment cru que je pouvais continuer de vivre à côté de toi en oubliant tout ? Oh, Jean. Il faut que je réfléchisse. À quoi ? À ce que tu vas faire ? Je vais avoir 40 ans. Mais jusqu'à vendredi soir. Après, ce sera trop tard. Si tu ne pars pas avec moi, je pars t'es à seul. Et pour toujours. Je te signale que je ne veux plus de tête à tête avec Jean. Les sports d'hiver, c'est aphrodisiaque, c'est bien connu. Tu es vraiment ignoble. Ignoble, moi ? Non, je peux supporter bien des choses, mais passer pour un con, ça, ça m'est difficile. Petit côté vieux jeu, peut-être.

Je ne comprends pas pourquoi tu veux me garder s'il n'y a plus d'amour entre nous. Plus d'amour ? Ça, on n'en sait rien. Pourquoi tu me traites comme si tu ne m'aimais plus, alors ? Tu vois, on ne se pose plus que des questions. Tu tiendras ta parole. Cesse de me harceler. Bien. D'une surprise. Bien sûr que non. Je peux te poser une question ? Mais oui, tu es mon petit frère. Pourquoi tu ne m'as rien dit à propos de Jean ? Parce que tu aurais pu comprendre tout seul. Mais qu'est-ce qui peut te faire croire que j'aurais à prouver ? Parce que tu es mon petit frère. Eh bien, justement. Tu n'es pas mariée, tu ne peux pas comprendre, Maxence. Parce que le mariage rend intelligent.

C'était bien assez de mentir tous les deux. Je continue à respecter Henri, tu sais. C'est un sadique de nous faire vivre tous ensemble comme si rien ne s'était passé. Je ne veux pas que tu sois malheureuse. Alors, qu'est-ce que je peux faire pour toi ? L'anniversaire. Tu m'achètes une cheville neuve ? À trois. Et Henri, qu'est-ce qu'il fait ? Tu lui demanderas toi-même ? Je vais t'aider. Musique ou des mathématiques ? C'est la même chose. Henri m'a convaincu qu'on pouvait introduire dans le programme un principe d'incertitude. De chance, si tu préfères. Oui, le hasard et la nécessité. C'est vraiment une idée fixe. C'est content que Paul arrive ce soir.

Il suffit de partir en vacances et tout s'arrange. Je descends, moi. Tu accuses réception ? Non, plutôt non. Je m'en occupe, c'est plus sûr. Vous n'auriez pas vu mon bâton de ski ? Je cherche partout. Ah non, elle a ma poudre. Je me demande où il peut être. On s'en souviendra de cet anniversaire. Dites-moi Julie, le chibot au four. Je sais, je sais. Mais M. Paul, il n'aime pas le saignant, lui. T'as encore perdu quelque chose. Je cherche mon bâton de ski. Vous savez ce qui m'est arrivé ? Je me suis fait payer un coup par le père Bonnet. Même autant vous dire que ça n'a pas pris un temps. On ne te demande rien. T'as pas besoin de t'excuser. Oh, c'est joli, ça. Mais laisse ça.

C'est personnel, ces choses-là. Ah, tiens, le voilà ton oiseau. Mes enfants, si on passe aux choses sérieuses... Oh, encore ? Non, mais on n'est pas pensé de faire un bridge. Je vous propose une partie de bon but. Ah, là, je suis d'accord. Moi, je suis très fort. Ça ne vaut pas la peine. Il va falloir s'arrêter pour descendre au village. Je ne sais pas. Non, si on commence tout de suite, on aura le temps. Allez, venez, dépêchez-vous. Moi, je finirai. Savoir finir, c'est le grand art. Il n'est pas idiote, mais le bambu est un jeu scientifique. Ça demande un esprit logique. Ça, tu l'as déjà dit. Je ne sais vraiment pas quoi je veux. Je réfléchis un petit peu.

Parmi tes huit coups, il y en a sûrement un qui est moins mauvais que les autres. Même le hasard a sa logique. Je me tue à vous l'expliquer. On va pas réparer pour aller chercher M. Paul. Pour malheureux, on sera qu'il pour se débrouiller tout seul. Non, j'irai à sa rencontre. J'irai à moi de toute façon. De toute façon, je crois qu'il est l'heure. Ah non, non, non, les enfants, non. On se débrouillera, Marcel. Vous n'allez pas me frustrer de ma victoire. Surtout pas. Il avance. Père que le temps qu'il fait, il sera sûrement... Moi, seul résultat positif. Plus onze. Deuxième. Maxence. Troisième. Jean. Moins vingt-cinq. Et quatrième, bien entendu, à Pauline. Dis-moi, Jean. Laisse tomber.

Notre charle-colme se débrouillera bien tout seul. Ah oui, bien sûr, bien sûr. Il y a le gâteau d'anniversaire. Ne prends pas un raccourci, c'est dangereux. T'en fais pas, je suis assez... Je lui ai dit de ne pas prendre le... Je descends. Monsieur Paul le prend. Croisé sur la corniche. Avec Paul. Avec Paul et ton gâteau. Va te changer, c'est ta soirée. Je crois que je t'ai fait un beau cadeau. Monsieur Jean, ben non, justement, je m'inquiétais. Il devrait être ici. Il est parti d'éclairer bien avant moi. Ben oui, il devait prendre le gâteau. La boulangère n'a pas pu attendre. Prendez ces bâteaux. Eh bien, je vous les laisse. Oh, monsieur Paul, c'est moche, hein.

Pour l'anniversaire de madame Apolline, ça n'aurait pas dû arriver. C'est bien mon avis. Jean n'aurait jamais dû prendre ce raccourci. Non. C'est l'avalanche qui n'aurait jamais dû dégringoler. Le gel de la nuit commençait. Mais alors, ce sont des promeneurs ? Qui n'auraient pas dégringoler avec ? Une météorite, hein. Apolline, mange. Le spectacle continue. C'est ça. Tu vis, c'est l'essentiel, Henri. Tu n'as pas le droit de dire ça. Moi, je ne fais de reproche à personne. Je suis aussi bouleversé que vous. Qu'est-ce que vous croyez ? Non, mais qu'est-ce que vous croyez ? Jean et Mort, nos querelles n'ont plus de sens. Enfin, je veux dire, elles ont maintenant un autre sens.

Ça veut dire quoi, ça aussi ? Tu as pris ton aspirine, Paul ? Oui, oui, t'inquiète pas, c'est un. Nous irons sans doute nous croire éternels. Quelle présomption. C'est pour ça que là-haut, tu disais, c'est pas possible. C'est pas possible. J'ai dit ça. Peut-être pour ça. Avez-vous joué au jeu du détective ces jours-ci ? Non, quelle idée. Écoute, Apolline, ça suffit. Qu'est-ce que tu veux dire ? Vous jouez ou envisagez de jouer au jeu du détective. Non ? Pourquoi ? Parce que j'ai reçu ceci. Attention du contrôleur général, Paul Colson. Si l'on doit des égards aux vivants, on ne doit aux morts que la vérité. C'est mourir deux fois que de mourir par la volonté d'un autre.

J'ai reçu Stélex à mon bureau, oui, amateurs. J'ai pensé que l'un de vous me préparait un canevas. Ça n'aurait pas été la première fois. En tous les cas, Stélex a été envoyé à partir de votre machine ici. C'est insensé. Si ce n'est pas l'un de nous qui a envoyé Stélex, c'est qu'il vient de Jean. Peut-être. Qu'alors ? Il n'a rien. Jean nous préparait une plaisanterie à sa façon. La fatalité lui a répondu d'une manière tragique. Excuse-moi, je suis fatigué. Bonsoir. Bonsoir, lieutenant. Le courant va bientôt être établi. Ah, très bien. On a trouvé ça sur les lieux de l'Avalanche. En voyant, on se rend compte de la violence du choc. En effet, oui.

Peut-être qu'avec le dégel, on va trouver autre chose. Peut-être. Rien, c'est le deuxième bâton de Jean. Passe-le moi. La lumière. Il faut manger, madame. Même quand on a de la peine. Tu vois, même Julie te le dit. Bien, même quand on a de la peine. Elle n'a rien mangé. Qu'est-ce que tu veux en faire ? À la poubelle ? Je veux te tracasser. Les Avalanches laissent en venir. Même sous les couvertures. La celle-là, j'ai rien senti. Eh bien, c'est que tu vieillis. Dis-moi, tu veux pas une cigarette ? Paul, il faut que je te parle. À cette heure-ci, il est tard. J'admire ton self-control. Self-control ? Oui, ton apathie, ton indifférence. Bon, qu'est-ce que tu veux ?

Paul, il y a une terrible question que tu t'es posée. J'ai vu comme tu regardais Henri. C'était l'ex de Jean, ce message costume. Oui, j'ai cru reconnaître une citation de Voltaire. Oh, arrête ! C'est toi qui veux parler. Alors, je t'écoute. C'est moi qui te le demande. Tu es le policier. Ah non, je t'avertis. Le jeu du détective s'est terminé. Ici, je suis Paul, rien que Paul. Alors, j'ai pas envie de manigrancer, quoi que ce soit. Je cherchais dans la remise le deuxième bâton d'Apolline. Et il n'y était pas, je sais. Alors, où est-il ? Sous l'Avalanche ? Ça voudrait dire que Jean aurait emporté quatre bâtons. Pour quoi faire ? Oui, les enfants. Tu sais que tu m'as fait peur.

Pour un flic, chapeau. C'est pas les amis qu'il faut craindre. C'est la montagne. Paul voulait savoir comment fonctionne la mécanique à catastrophe qui a attué Jean. Mécanique à catastrophe, quelle expression ? Vous voyez, moi, je suis venu ici pour la première fois. J'avais six ans, c'était avec mon père. Alors, je crois que je commence à m'y connaître. Aujourd'hui, par exemple, ça a dégelé, alors c'est instable. Tiens, tu permets ? Regarde. Entendez, soupirez. Ah, on peut faire mieux si on choisit bien l'emplacement, tiens. Et s'il y avait eu quelqu'un en bas ? Ah, mon grand. On n'emprunte pas un couloir d'Avalanche sans savoir qu'on risque d'en prendre une sur la tête.

En montagne, l'homme, c'est Dieu. Occupez-vous d'Apolline. Je pars pour 48 heures. Quoi, tu t'en vas ? Quoi, tu nous demandes de rester et toi, tu t'en vas ? Ben, je n'oblige personne, il faut que j'aille à Stuttgart. T'aurais pu envoyer un Télex. T'as déjà vu signer un protocole d'accord par Télex ? Et puis, il faut que j'aille à la gendarmerie, pour Jean. Fais attention. Un accident, ça suffit, tu ne me crois pas ? L'accident, la fatalité, le hasard, l'inéluctable, ce sont des mots qu'on dit quand on ne sait plus qui ou quoi accuser. Tu préfères le principe d'incertitude ? Ries deux kilos avec les bottées de juillet. J'aurais jamais dû rester. On ne peut quand même pas oublier Stélex.

Si j'en ai envoyé, c'est qu'il avait peur. On ne donne pas tant de mal pour en faire une blague. Je suis sûr que, si tu n'étais pas un peu de la famille, tu aurais fait quelque chose. Mon petit Max, un policier n'enquête pas plus sur ses amis qu'un chirurgien qu'un père, sa femme. Oh, c'est spécieux, ça. Tu te défiles. Au fond, tu as peut-être raison. Dis-donc, tu me prends pour un imbécile. C'est toi qui as envisagé l'éventualité d'un crime. C'est toi qui essaie de m'en convaincre. Tu veux une enquête ? Allons-y, première question. Sais-tu quelque chose que je ne saurais pas ? Il faut savoir. Tu veux une enquête ou tu en as peur ? Peur ? De quoi est-ce que j'aurais peur ?

Parce qu'une enquête, c'est toujours très désagréable. Même si on découvre que tu t'es trompé, elle serait fatale à l'amitié du groupe. Crute, Paul. Il y a quelque chose que tu ne sais pas. Mais je n'ai pas le droit de t'en parler. Je vais vous dire ce que vous ne voulez pas me dire. La liaison d'Apolline et de Jean a fini par sortir de la clandestinité. C'est ça qui est si compliqué. Henri t'en a parlé ? Henri avait trop peur du commissaire Saint-Pin. Oh, arrête. Je n'ai jamais jugé, Pauline, mais je crois que maintenant, vous en avez ou trop dit ou pas assez. Henri leur a fait prêter ses remonts. Prêter ses remonts ? D'en renoncer à faire leur vie ensemble.

Et d'en renoncer à tout espoir de divorce. J'ai juré. Enfin, nous avons juré. Décidément, Henri m'épatera toujours. Eh oui. Bon, ben, si vous avez juré. Justement. Jean n'avait pas l'intention de tenir sa parole. Moi, je n'avais dit ni oui ni non. Tu voulais réfléchir, c'est ça ? Oui, c'est ça. Tu as une bonne mémoire ? Tu vois, on ne change jamais. Mais, Henri, était-il au courant de votre projet ? Pauline, je t'en prie, parle. C'est le moment. Oui, je suis sûre qu'il nous a entendus quand on en parlait. Et tu refuses d'idée que cet accident pourrait ne pas être un accident ? Depuis que j'ai entendu le bruit des pelles qui soulevait toute cette neige. Mais je refuse d'y croire.

Henri n'a pas pu faire ça. Mais vous n'avez pas le droit ! Elle est mort sous une avalanche. Oui, Jean est mort. Ça, c'est un fait. Un médecin a fait un constat et il a délivré un permis d'inhumé. Oui. Bon, Jean n'a pas été étranglé, empoisonné, poignardé, assommé pour être transporté, je ne sais. Oui ? Non, je réfléchis. Tu allais dire, transporté dans un endroit où on pouvait s'attendre à une avalanche ? Alors, continue. Encore faudrait-il être sûr qu'une avalanche va se produire. Oui, continue. Et on ne peut pas en être sûr, par définition. Alors, conclusion ? Une avalanche provoquée par une explosion. Télécommandée à distance ? Ah, ça, c'est possible.

Parce qu'une explosion, ça laisse des traces dans la neige. Et surtout, une explosion, tout le monde peut l'entendre. Il faut que la rine, c'est un bon.

1:01:34
Locuteur

On peut être très prudent.

1:01:42
Invité

Très prudent. On peut tout de même envisager des hypothèses. On peut envisager le pire. Mais on n'a pas le droit d'accuser. Ta soeur avait raison. Oui, oui. Mais on peut aimer. Essayer de comprendre. C'est un engin explosif. L'avalanche a entraîné des débats jusqu'ici. Une épingle dans une botte de foie, ça se retrouve. À condition que l'épingle existe. Le deuxième bâton d'Apolline. Le coup de bol, hein ? T'as eu la main heureuse. Qu'est-ce que tu veux dire ? Oh, rien. Rien que les hypothèses. Toutes les hypothèses. Ah bon ? Ah, parce que c'est moi qui rentrerai ce bâton ici pour te prouver que j'avais raison. Non. Non. Mieux que ça.

Ah, c'est carrément moi qui aurais organisé la mort de Jean ? C'est ça ? Et dans quelle vue ? Pour faire accuser Henri. Bien, tu aurais pu préparer un piège pour Henri lui-même et ces gens qui, par malchance, seraient tombés dedans. Tu vois que les hypothèses ne vont pas. Et toi ? Et toi, puisqu'on en est aux hypothèses, qu'est-ce qui me prouve que l'autre jour, tu as quitté le pays ? Tu aurais toute l'attitude, toi aussi, de préparer un piège. Oui, mais pourquoi ? Henri a un mobile. Toi, il est facile de t'en trouver un. Mais moi ? Toi, t'es amoureux d'Apolline. Et depuis toujours. Malheureusement, tu as eu la mauvaise idée de l'appesanter à ton ami Henri.

Oui, mais remarque, depuis, il t'invite dans son chalet. C'est sympa. Ça suffit. Qu'est-ce qui te gêne ? Toutes ces cachoteries. Cette sorte d'enquête à l'insul d'Henri. Tu aurais préféré l'amener avec lui ? Pourquoi pas ? Ça aurait été plus loyal. Nous sommes ses hôtes. Tu me fais rire. Tu n'es pas mal un drôle de flic. 20 ans d'amitié, ça compte. Les gens. Les gens n'étaient pas notre amis ? Salut, je rentre. Adieu. Où le monde se détrinque ? C'est dans le couloir de tête noire. Pardi. Je ne sais peut-être plus les voir venir, mais je sais encore où ça se passe. Je prends le raccourci. Déclencher une avalancheur fixe avec un dispositif comme celui-là, ça prouve au moins que c'est possible.

Ça ne prouve pas qu'Henri l'est fait. Puis enfin, regardez cet objet invraisemblable. C'est un tulle de Boy Scout, ça. Vous imaginez Henri en train d'attacher ce réveil avec cette ficelle ? Lui, un spécialiste d'électronique ? Non, mais c'est ridicule. Justement, c'est une excellente façon de détourner les soupçons. C'est du délire, tu... On voudrait te faire comprendre ce que nous-mêmes, nous avons eu tant de peine à admettre. Force, on n'est pas riche. Oui, je veux savoir. Je veux savoir. Ma séance continue. Quels sont les principes du contrôleur général Colson ? Pas de sentimentalité. J'ai relevé l'effet. Rien que l'effet. Alors, que savons-nous avec certitude ?

Qu'un certain dispositif peut provoquer une avalanche dans le couloir à une heure choisie. Qui doit passer dans le couloir à cette même heure ? Jean. Donc, c'est le tour de Corvée. Jour de Corvée, choisi par Henri. Je vous le rappelle. Mais attendez. Je vous le rappelle. C'est avec le rattraque que Jean devait aller chercher Paul. Il serait donc passé par la route de la cornée, je ne sais pas, par le raccourci. Personne n'aurait pu prévoir que... Que le rattraque aurait une chenille déchaussée. Sauf celui qui l'aurait saboté. C'est possible, mais non prouvé. Disons que c'est probable. Si j'étais avocat, je vous démolirais tout ça en expliquant au jury que présomption n'est pas preuve.

D'ailleurs, comment obliger Jean à prendre le raccourci à la minute près ? Comment ? En le retenant le plus possible et par n'importe quel moyen, afin que pressé, Jean renonce au chemin normal et prenne le raccourci. Alors, qui a proposé une partie de bambu ? Henri. Et pourquoi le bambu ? Parce que c'est le seul jeu dont les parties aient une durée déterminée quasi invariable autour d'une heure un quart. Nous avons ici enregistré sur ce micro-ordinateur, par Henri lui-même, le décompte des points minute par minute. Henri, qui est un excellent joueur de bambu, a freiné ou accéléré la partie à sa guise pour qu'elle se termine vers 18h25.

Or, l'écart de notre ami Paul ne peut arriver à 18h30 au milieu. Mais ce n'est pas tout. Jean aurait pu, malgré tout, accepter l'idée de rater l'arrivée de Paul. Après tout, nous ne sommes pas en régiment. Seulement ce soir-là, il y avait aussi le gâteau d'anniversaire. Jean voulait absolument arriver au pays avant le départ de la boulangère. La boulangère qui ne passe au village que deux fois par semaine et qui doit repartir avant la nuit à cause du verglas. Il est vrai que ce soir-là, c'est moi qui ai reparlé du gâteau d'anniversaire. Mais c'est Henri, Henri qui a chargé Jean de cette cour. Admettons, tout est calculé pour que Jean passe par le raccourci au moment voulu.

Mais tout de même, à quelques secondes près, il aurait pu passer juste avant le déclenchement. Tout est arrivé juste après. D'où le bâton d'Apolline. Comment s'assurer que la victime stationnera obligatoirement à l'endroit le plus dangereux en plantant au milieu du passage le bâton d'Apolline. Ce vieux bâton en bois que Jean lui-même avait gravé pour elle. Il commençait à faire sombre. Jean n'était pas très bon skieur. En apercevant ce signal insolite sur son chemin, Jean s'est arrêté. Il a pris le bâton en main.

Ce que Jean ne pouvait pas savoir, c'est que l'autre bâton d'Apolline était planté là-haut, dans le couloir, avec un réveil au bout d'un fil, transformé en machine infernale, réglée sur 18h30. Mais on ne tue pas pour ça. Les sentiments sont une chose, les intérêts une autre. Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'Apolline possède 10% des parts de la société. Les pousse-parties, les marines les plus majoritaires, en part au conseil d'administration. Je ne savais pas, ça. Mais Jean, lui, il savait. Il connaît Henri. Il a eu un pressentiment. Il a voulu laisser une trace. Douce message par telex. Message non signé. Parce qu'il s'agit du groupe. Moi-même, j'ai hésité, je n'ai pas osé accuser Henri.

C'est ce qu'on appelle un blocage psychologique. Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ? Je ne sais pas. Maintenant, tu as un dossier, des pièces à conviction. Qu'est-ce que tu comptes faire ? Voilà, Henri. Et tu es déjà là ? Mais qu'est-ce qui se passe ? Où étiez-vous ? On n'attend plus le grand voyageur ? On ne t'a pas entendu arriver. Mon amour, j'ai pris le raccourci. Il y a encore eu une avalanche. Mais il ne me faillit pas ses dessous. Hé, j'ai faim, moi. A tout de suite. Henri. C'est un peu sombre, Julie. Oh, je me trompe de verre. Bon appétit. Merci, Julie. Merci. Oh, mes enfants, il faisait un temps à Stuttgart. Inimaginable. Il a eu de la chance de ne pas y aller.

Tu sais, Maxence ? Oh, Julie, il est solide, l'eau potage. Il va tenir au corps, celui-là. Mais si c'est celle-là, tu ne seras pas le premier, tu sais. Pauline, je ne lui parle même pas. Tu vas bien ? Je te trouve une petite mine. Tu n'as rien à me dire. Mais je n'ai pas fini, monsieur. Monsieur Paulin, quelque chose à me dire. Ah bien, monsieur. Quoi qu'il y ait changé d'exécution, trois balles dans la nuque. Oui, Apolline. T'avais juré, toi aussi. Henri, il ne s'agit plus de ça. Mais qu'est-ce que c'est, ça ? C'est quoi, ça ? C'est un travail de fonctionnaire, un travail de clopant. Je suis content à rendre à personne, à personne. À personne ? Mais alors, donne-nous ta version des faits.

Ben, ben voilà. Il y a cinq ans, vous vous souvenez ? En rentrant de promenade, dans le couloir, Jean a failli passer sous une avalanche. Il s'en est tiré de justesse, hein ? Je ne vois pas le rapport. Eh bien, ce qui a failli se passer il y a cinq ans, c'est passé la semaine dernière, c'est tout. La semaine dernière, rien ne serait arrivé sans toi. J'ai remplacé une probabilité par une probabilité encore plus grande. Le fameux principe d'incertitude. Selon toi, il ne s'agirait pas d'une action criminelle. Non, non. J'ai laissé ses chansons au hasard. Et un Jean ? Un Jean ? Mais oui, je lui avais conseillé de ne pas prendre le raccourci. Et il ne m'a pas écouté.

Tout ça à cause du gâteau d'anniversaire d'Apolline. C'est ça qui l'a tué. Voilà la vraie justice, la vraie morale. La vraie morale. La tienne. Écoute-moi, Paul. Écoute. Il y a quelques années, nous avions un collaborateur. On s'obstonnait de trahir les intérêts de la société. Alors je l'ai convoqué et je lui ai dit de démissionner. Il m'a dit qu'il n'en supporterait même pas l'idée. Bon, ben alors je l'ai viré. Le lendemain, on l'a retrouvé noyé. Le suicide, c'est un assassinat ? Pour moi, oui. Mais rassure-toi, pour la loi, pas... Mes enfants, ce que nous venons de faire, ça s'appelle un... brainstorming. Comment disent-ils en français déjà ? Ah oui, c'est ça, un tour d'horizon.

Notre groupe a connu une secousse, mais maintenant il va à partir du pompier. Comme avant. Comme avant. Mieux qu'avant, peut-être. Au fond, on devra te remercier. Grâce à toi, on a joué au jeu du détective, grandeur nature. C'est ça, oui. On a vécu fort pendant une semaine. Ça faisait longtemps que ça ne nous était pas arrivé. Mourir Jean pour rien. Actuellement, le divorce sera prononcé entièrement à tétard. Je ne sais pas ce que Paul compte faire, mais pour ma part, je pense que le mieux serait que tu disparaisses où tu voudras. À l'étranger. Je te laisse le chalet un jour ou deux ? Tu voudrais sauver le groupe ? Tu l'as détruit. Tu connais la formule ?

Tout homme qui s'estime indispensable est un salaud. Ha, ha, ha, ha, ha ! Un flic qui cite ça. Alors là, j'aurais tout connu. Ce sont ces 10%. Pour le consortium, ma carrière, la société, si tu savais ce que je m'en fous. Tu te souviens de ces bandes dessinées dans un quotidien du soir ? Les amours célèbres, le crime ne paie pas. Regarde, moi, regarde, je te fais un petit dessin et j'écris en dessous, l'amour ne paie pas. Tu comprends ça, flic ? L'amour ne paie pas. C'est maintenant qu'il va me succéder à la tête de la société. T'avais tout compris depuis le début. Il m'a laissé faire. Tu ne me crois pas ? Bien, le télex a tout gardé en mémoire. Bien, jeudi 7 avril.

Si l'on doit des égards aux vivants, on ne doit aux morts que la vérité, car c'est mourir deux fois que de mourir par la volonté d'un autre, la victime. Et alors ? Il n'y a que Maxence et moi qui avons code de ce télex. Faites bien attention à vous, madame. On y va ? Vous n'avez pas vu M. Henry ? M. il n'est pas encore descendu ce matin. Viens. Vous lui direz que madame est partie ? Viens, viens, viens, viens. Tu n'es plus sous-directeur à vie ? Tu savais qu'Henry préparait la mort de Jean et tu as laissé faire. Mais tu ne sais plus ce que tu dis ? Ensuite, tu t'es servi de moi pour éliminer Henry. D'une pierre, deux coups, sans jamais te salir les mains. Mais tu ne sais plus ce que tu dis ?

Pas moi, c'est Henry qui le dit. Et tu l'as cru ? Maintenant, je le crois. Un homme qui veut mourir ne mord pas. Alors prouve-le.