Valérie Rabault ⎪Réponse au discours de Politique Générale de Jean Castex
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
la parole est à madame la présidente valérie rabault s'il vous plaît avec août madame rabot avec attention monsieur le président monsieur le premier ministre mesdames et messieurs les ministres mes chers collègues il y a urgence monsieur le premier ministre urgence face à la crise économique qui fracturent notre pays et qui risque de condamner nos nombreux secteurs pendant de longues années urgence face à la crise sociale qui découle de la crise économique et qui menacent de gronder à la rentrée de septembre urgence face à la crise écologique qui plus que jamais met en danger nos écosystèmes et bouleverse nos modes de vie le confinement a mis en lumière les enjeux liés à la revue localisation de la production un changement de manière de nous déplacer de travailler de consommer et pour un grand nombre de nos concitoyens monsieur le premier ministre il a aussi agi comme révélateur des inégalités pour le logement de la précarité de ceux qui occupent ces métiers exposés aux coronavirus et qui ont été les premiers trancher toutes et tous cependant ont exprimé un besoin de proximité de solidarité et de république taylor monsieur le premier ministre votre déclaration de politique générale aurait dû démontrer que le gouvernement se mettait en mode urgence je crois qu'il n'en a rien été et vous avez décidé de prendre votre temps un peu trop à mon goût en reportant à septembre ce qui peut être fait aujourd'hui et en laissant de nombreuses questions sans réponse chaque jour perdu accroît la facture et la fracture dans notre pays agir vite est une nécessité ressentie par toutes et tous en france comme en europe la chancelière allemande mercredi dernier déclaré devant le parlement européen je la cite que nous ne pouvons pas perdre de temps et que la profondeur du déclin économique nous pousse à nous dépêcher elle qui a une réputation pour tant de lenteur agir vite en répondant aux 3 urgence économique sociale écologique car ce sont elles qui conditionne notre avenir commun pour être efficace un plan de relance doit traiter ces trois urgences en même temps sans les hiérarchiser or monsieur le premier ministre cette urgence ces urgences ne sont manifestement pas les vôtres je voudrais tout d'abord parlé de la situation de la jeunesse pour la prochaine rentrée scolaire le président de la république a beau avoir affirmé hier qu'elle serait je le cite la plus normale possible et que tous les élèves sera accueilli le 1er septembre il ne s'est toutefois pas prononcé sur le modus operandi qui est tout de même ce que les parents attendent pour le 1er septembre enfin en cas de reprise de l'épidémie il a évoqué la nécessité de continuer de continuité pédagogique sens là non plus en indiquer les modalités mais vous non plus et c'est ce que nous attendions aujourd'hui c'est ce qu'attendent les 12 points 4 millions d'élèves et leurs familles de savoir ce qui va se passer le 1er septembre à l'université 3 5000 étudiants supplémentaires par rapport à l'année 2010 9 sont attendus nous sommes inquiets sur l'offre de formation qu'ils vont pouvoir qu'elles vont pouvoir proposer et à l'adéquation de cette offre avec le projet de chaque étudiant et de chaque étudiante nous sommes inquiets sur les conditions d'accueil des étudiants dont le respect des règles sanitaires nous sommes très inquiet surtout face au risque d'aggravation de la précarité étudiante face aux problèmes de logement et face à la faiblesse des aides proposées par l'état monsieur le premier ministre sept cent mille jeunes vous l'avez dit vont arriver sur le marché du travail et il est crucial d'éviter qu'une génération qu'ovide et a débuté sa vie professionnelle par du chômage je reconnais que vous avez fait des annonces pour que les entreprises soient incitées à recruter mais vous n'avez à ce stade pas débloquer le budget en revanche vous ne mettez en place aucun filet de sécurité pour cette jeunesse qu'il a droit ni au chômage parce qu'elle n'a pas travaillé avant ni au rsa parce qu'elle n'a pas 25 ans ni même à l'aide à la recherche du premier enfant du premier emploi que nous avions créé sous précédent quinquennat que vous avez supprimé en 2019 et qui représentait pour les étudiants à 550 euros par mois monsieur le premier ministre à cette urgence la à ce filet de protection pour les étudiants vous n'avez mis aucune proposition sur la table en matière économique et sociale de nombreuses craintes se font jour également pour la rentrée de septembre d'abord des craintes sur pouvoir d'achat des ménages sur ce sujet vous ne proposez quand même pas grand chose or l'économie française telle qu'elle est structuré aujourd'hui repose à 60% sur la consommation intérieure pour se relancer votre priorité celles du gouvernement aurait donc dû être de soutenir le pouvoir d achat des ménages pour relancer la consommation et l'investissement nous avions proposé le groupe des députés socialistes et apparentés une aide directe aux familles de 300 euros par mois majoré de 100 euros pour les enfants et pour tous les allocataires des minima sociaux vous l'avez refusé pourtant l'allemagne dans son plan de conjoncture l'un fait le 3 juin dernier il existe une épargne forcée des ménages qui pourra atteindre 100 milliards d'euros selon la banque de france là encore vous ne proposer aucun mécanisme innovant pour la mobiliser sans cette mobilisation la reprise manquera de carburant ensuite des craintes sur le chômage à l'aune des annonces qui peuvent être faites ou des prévisions pour septembre la réforme de l'assurance-chômage porté par votre prédécesseur et la majorité aura un effet plus désastreux et explosif encore cette réforme essentiellement comptable dont l'objectif est de faire des économies au détriment de l'indemnisation des deux demandeurs d'emploi aura un effet dévastateur sur l'ensemble de nos concitoyens monsieur le premier ministre engagez-vous à l'abroger fait cette proposition aux partenaires sociaux vendredi prochain et je suis sûr qu'ils vous diront banco enfin des craintes sur la situation de nos petites et moyennes entreprises actuellement il est prévu que la date de paiement des cotisations des entreprises puissent être reporté jusqu'à trois mois comment vont-elles en septembre pouvoir s'acquitter du paiement de leurs cotisations face à une activité économique qui n'a pas repris son cours normal les inquiétudes sur cette question sont tellement importante qu'il ne faudrait pas qu'elle se transforme en prophétie auto réalisatrice sur ce point vous n'avez fait là non plus aucune proposition au delà de la question des cotisations de nombreuses pme accuseront en septembre le choc de six mois de conjoncture économique dégradée et ce malgré la mise en place de l'activité partielle cela fait craindre des faillites en série et avec elle de nombreux licenciements or monsieur le premier ministre les pme sont les grandes absentes de votre plan de relance ou des annonces que vous avez formulées aujourd'hui il n'ya il n'y a rien pour elle il ya eu une activité partielle pour tout le monde il n'y a rien pour les pme dans les plans sectoriels que ce soit pour l'aéronautique ou pour l'automobile vous vous adressez aux donneurs d'ordres au chef de file mais pas aux pme mais c'est le premier ministre ce ne sont là que quelques exemples des questions qui se posent et qui au final concerne des millions de français qui subissent de plein fouet l'incertitude liée à l'absence de plan d'ensemble pour la relance on ne peut affronter une telle crise avec des rustines il faut un plan massif global est porteur d'une vision qui soit à la fois stimulante pour notre futur commun au lieu de cela le président la république et vous même nous parler réforme des retraites dont tous les partenaires sociaux vous ont dit comme nous vous l'avons dit que ce n'était pas l'urgence du moment ou encore comme vous nous l'avez proposer tout à l'heure la réforme du conseil économique social et environnemental monsieur le premier ministre avec de telles propositions vous être à contre temps de l'urgence ce qui est attendu d'un gouvernement responsable et qu'ils mettent sur la table son plan de gestion d'une éventuelle reprise de l'épidémie que nous ne souhaitons évidemment pas et qu'il fasse une véritable relance qui trace des perspectives sans ces deux leviers vous rendez le pays et les français prisonnier d'une crainte anxiogène monsieur premier ministre ou partager aujourd'hui avec le président de la république la responsabilité et non pas de nous faire vivoter mais de nous permettre de vivre c'est-à-dire 2 remettre à chacune et à chacun d'assurer son quotidien et d'avoir des perspectives une crise comme celle du coronavirus ferme brutalement les perspectives tout d'un coup on est confrontés à un écran noir c'est brutal c'est douloureux c'est injuste une crise comme celle du coronavirus a eu en plus comme conséquences pour nombre de nos concitoyens de se demander comment il allait pouvoir continuer à se nourrir et à nourrir leurs enfants surmonter cette crise ne peut se faire dans l'immobilisme en colmatant les brèches surmonter cette crise nécessite de franchir un cap dans notre modèle il est d'ailleurs intéressant de constater que certains nos partenaires européens se sont positionnés dans cette dynamique ainsi l'espagne vient de mettre en oeuvre en moins d'un mois le revenu de base l'allemagne avec son paquet de conjoncture de 130 milliards d'euros a opéré une mue doctrinal impensable il ya encore quelques mois en plaçant la relance de la demande comme axe numéro un de sa politique économique contrairement à tout ce qu'elle a fait depuis 50 ans et pour nous eh bien rien du tout le président la république se contente de changer de premier ministre mais dans le fond pour continuer comme avant monsieur le premier ministre soit vous continuez comme avant et notre pays ne se relèvera pas soit vous acceptez de franchir un cap pour nous ce cap nous avons fait 45 propositions dans le plan de rebond pour résoudre ces trois urgences oui ou non monsieur le premier ministre acceptez-vous enfin de lancer la prime climat que nous défendons sur ses bancs avec mes collègues briques où va l'eau et l'ensemble du groupe députés députés socialistes et apparentés cette prime vous le savez aujourd'hui il ya des subventions pour rénover son logement mais ces subventions couvrent 30 % du coût de ces rénovations si vous ne pouvez pas payer les 70% restants vous ne faites rien et bien cette prime climat c'est un mix entre des subventions et une avance remboursable elle fera baisser de 500 euros en moyenne la facture énergétique des ménages elle diminuera les émissions de co2 et elle créera de l'activité économique pour le bâtiment qui comme chacun sait n'est absolument pas délocalisables de l'activité économique ici monsieur le premier ministre oui ou non acceptez-vous un plan stratégique pour notre pays autour de quatre secteurs clés que sont l'agriculture la santé les transports et l'énergie si oui si oui le retour du commissariat au plan que l'on annonce ne doit pas devenir une entreprise de recasage de personnalités en mal de responsabilités il faut passer en mode république de la créativité et de l'imagination en remettant des scientifiques des ingénieurs des techniciens dans les rouages décisionnaires de l'état en assumant la prise de risque inhérente un investissement et en donnant de la liberté au territoire et je pense notamment aux territoires ultramarins oui ou non accepter vous de soutenir la proposition de loi que nous avons déposés pour protéger nos pme des investisseurs hors union européenne tout à l'heure monsieur le premier ministre vous avez regretté que certains de nos fleurons industriels je vous cite et technologique soit passée sous pavillon étranger sans que nous puissions ou souhaitions réagir mais cette inaction c'est celle de votre majorité nous nous vous avions proposé que pour chaque rachat il ya une autorisation de bercy pas un refus une acceptation juste une autorisation vous avez refusé j'espère que vous reviendrez dessus oui ou non accepter vous une conférence de financement de la crise aujourd'hui vous faites proposer toutes vos dépenses sur la dette ce qui revient à tout à portée de main nous estimons que vu la gravité de la situation il doit y avoir une contribution des plus aisés ce que d'ailleurs certains d'entre eux ont demandé la semaine dernière cela passe pour nom par le rétablissement de la sf ou encore la suppression de la flat tax oui ou non acceptez-vous de conditionner les aides de l'état versée aux entreprises dans le cadre de la crise vous allez me dire que le gouvernement a demandé aux entreprises de s'engager à ne pas verser de dividende mais ça ne l'a n'a rien de contraignant oui ou non acceptez-vous la mise en place de la gratuité des masques pour tous depuis le 11 mai les masques sont devenus partie intégrante de nos vies et on le voit dans cet hémicycle ils le sont encore plus les prochaines semaines puisque le président de la république a annoncé hier que les masques serait obligatoire dans les espaces clos à compter du 1er août pour que l'accès aux masques et leur renouvellement ne dépendent pas du pouvoir d'achat chaque ménage il convient d'en assurer la gratuité pour tous évidemment de manière organisée enfin un dernier mot parce que j'étais surprise monsieur le premier ministre que votre que l'europe soit la grande absente de votre déclaration de politique générale certes le président de la république a été à l'initiative avec l'allemagne d'un pas majeur je le dis sincèrement d'un pas majeur pour un mécanisme de solidarité via l'emprunt que vont mener l'ensemble des états que l'union va mener l'union européenne va mener pour l'ensemble des états l'europe s'est construite sur la crise majeure qu'a représenté la seconde guerre mondiale et chaque crise lui fait passer un nouveau cap celle ci doit aussi lui faire passer un nouveau cap monsieur le premier ministre il faut réformer la concurrence en europe sinon on ne pourra jamais relocaliser l'industrie des entreprises dans notre pays la concurrence c'est aujourd'hui l'alpha et l'oméga au sein de la commission européenne ça doit changer et il faut que là dessus votre gouvernement puisse prendre des initiatives importantes enfin monsieur le premier ministre vous demander de vous accorder votre confiance au delà de tout ce que je viens de dire il ya trois points qui font que nous ne pouvons pas vous accorder notre confiance d'abord le président de la république a parlé d'union nationale et vous avez dit aujourd'hui vouloir tendre la main représentant de la nation pour qu'ils puissent s'impliquer dans l'oeuvre de reconstruction mais union nationale ne se décrète pas le monsieur le premier ministre elle se construit or la déclaration de ce jour continue à réfléchir une démarche verticale du pouvoir ce qui est le contraire à nos yeux de ce qui serait nécessaire aujourd'hui la deuxième raison c'est que votre déclaration ne contient pas assez de vent ne contient pas de propositions innovantes susceptibles de donner l'élan dont notre pays a besoin surtout elle ne se nourrit pas de ce que pourrait lui apporter les oppositions mais au-delà de ce capteur pour apporter la société civile enfin la politique que vous présentez aujourd'hui continue à rester injuste à l'image de celle qui a été menée depuis le début du quinquennat vous n'en mets visage et padmé de limiter les dividendes ni éliminée et refusé par don de mettre les plus aisés à contribution nous nous estimons que la solidarité doit être le maître mot de ce plan de relance pour toutes ces raisons monsieur le premier ministre nous ne pourrons que nous positionner contre la politique que vous annoncez c'est une évidence et c'est pour cette raison que nous ne vous accorderons pas notre confiance je vous remercie merci madame la présidente
Françoise Castex