PAUVRETÉ, AUTORITARISME : LE "NOUVEAU MONDE" DE MACRON
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mais on s'autorise à penser dans les milieux autorisés alors ça j'ai encore un autre truc les milieux autorisé vous y êtes pas vous hein [Musique] 90 chercheurs auteurs journalistes artistes militants il n'en fallait pas moins pour faire l'analyse de ces 50 dernières années d'une France devenue foncièrement néolibérale et qu'il est devenu d'autant plus depuis l'élection d'Emmanuel Macron il y a 5 ans et récemment réélu pour 5 années supplémentaires l'idée de réaliser cet ouvrage fastidieux intitulé Le nouveau monde était de rendre compte d'un processus historique qui nous a permis d'atterrir là où nous sommes maintenant dominé par une classe politique qui a massacré les services publics dominé par des élites économiques et financières qui en sont là justement parce que depuis près de 50 ans la classe politique sétait vertu leur déroulé le taper rouge en dérégulant en faisant des cadeaux fis encore et toujours plus dominé aussi par la classe médiatique une classe médiatique surconcentrée entre les mains des grands patrons du CAC 40 et qui ne laisse plus aucune place au pluralisme politique à la parole scientifique ou encore à l'investigation dominé par un état de plus en plus autoritaire du SGE rappeler le traitement réservé aux gilets jaunes aux manifestants ou aux habitants des quartiers populaires pendant ce temps les inégalités ont continué de progresser le matraquage social et policiers des classes populaires suit son cours les cadeaux puissants aussi et le faire de lance de ce paradigme néolibéral et autoritariste Emmanuel Macron pour parler de tout ça j'ai le plaisir de recevoir sur le plateau du médiia Alan Popelard bonjour Alan bonjour et merci d'avoir accepté cette interview c'est Mo qui vous remerci vous êtes donc un des codirecteur de cet ouvrage qui s'appelle donc le Nouveau Monde paré aux éditions Amsterdam et qui fait partie de la collection que vous avez lancée qui s'appelle l'ordinaire du capital on sort de 5 ans d'Emmanuel Macron on vient de vivre un moment politique l'élection présidentielle il a été réélu pour 5 années supplémentaires est-ce que ce monde là il est si nouveau pourquoi le nouveau monde alors le nouveau monde c'est d'abord un donc c'est le titre de l'ouvrage en effet euh c'est d'abord un slogan de campagne c'est un slogan que que Macron a lancé en 2017 et qui était censé disons symboliser ce projet porté par un homme neuf qui prétendait renouveler les règles et les routines de la vie politique qui prétendait renouveler le personnel les pratiques les institutions politiques la société civile aussi c'est un mot qui utilisait beaucoup qui prétendait édifier une nouvelle société ouverte bienveillante pragmatique progressiste évidemment et rassembler autour de lui des Français qui euh qui communiaent dans euh une même croyance dans dans dans l'innovation même culte de l'innovation et une même croyance dans la fin des idéologies bref une république une république des honnêtes gens 5 ans après il y a encore quelques Français nombreux hein des Français qui croient qui continuent de croire et et dur comme faire he à cette illusion B la preuve ils l'ont voilà il absolument il a été réélu mais pour tous les autres euh pour tous les autres le nouveau monde apparaît pour ce qu'il est à savoir il apparaît pour ce qu'il est dans dans sa terrible terrible comme terrible régression parce que le Nouveau Monde c'est si on fait un petit bilan le Nouveau Monde c'est 100 millions de personnes pauvres c'est 8 millions de personnes à l'ADE alimentaire c'est 12 millions de personnes qui n'arrivent pas à se chauffer chez elles c'est 300000 personnes qui dorment de mort nouveau monde c'est 1,4 million de personnes qui n'ont pas un accès sûr à l'eau potable et 90 % des cours d'eau qui sont pollués au pesticides 2500 blessés 30 éborniers 5 mains arraché rappelle c'était pendant notamment le mouvement des gilets jaunes des gilets jaunes le Nouveau Monde c'est 1000 morts au travail simplement pour les salariés au régime général bref le nouveau monde c'est d'abord une brutalité sociale c'est d'abord une politique de classe dont les effets sont absolument manifestes donc c'est ça qu'on a voulu documenter c'est la brutalité de ce de ce moment-là du moment Macron mais à travers l'idée du Nouveau Monde évidemment et en creux de tous les articles qui composent ce volume on a voulu aussi montrer ou en tout cas donner à voir que un autre monde pouvait être possible bon un nouveau monde qui rom prit avec la prédation des communs avec la négation la domestication de la démocratie et avec aussi la destruction de l'environnement bon voilà voilà le projet de retourner retourner en quelque sorte ce slogan politique contre lui-même même si je tiens à le préciser ce ce livre là n'est pas un programme politique c'est pas c'est pas son son objet et c'est un ouvrage fastidieux il y a énormément de de personnes qui se sont exprimés dedans on répète 90 il a 90 auteurs qui se sont exprimés dedans et qui réunissent qui réunit énormément de de de de de grill de lecture différentes parce qu'on a des journalistes des intellectuels des sociologues des philosophes des voilà on a on a quand même une palette de gens et de lunettes d'observation très différentes qui s'expriment aussi sur des thématiques extrêmement diverses droit du travail économie sécurité gestion du maintien de l'ordre fiscalité grandes entreprises inégalité sociale et cetera comment déjà vous avez réussi à réunir autant de monde et qu'est-ce qui vous a poussé surtout à entreprendre ce travail là bon en effet il y a il y a une centaine de contributions 150 peut-être et une centaine d'auteurs d'autrices d'auteurs qui ont participé à ce volume vous l'avez dit hein ce sont pour l'essentiel des chercheurs mais on trouvera aussi des journalistes on trouvera aussi des des militants praticiens on trouvera aussi des écrivains et l'idée c'était de rendre compte d'un moment politique qui nous semblait euh singulier à un moment politique aussi qu'on a saisi dans sa bascule c'était au moment où on a commencé où on travaillait à à l'écriture de ce livre ou à l'édition de ce livre plus exactement c'était le moment où du moment des gilets jaune c'était le moment du mouvement sur les retraites c'était le moment le début aussi de de la pandémie bon il nous semblait important de faire la synthèse de tout cela de le réinscrire dans dans dans l'histoire longue du néolibéralisme pour essayer de de donner forme et de donner à à comprendre ce que nous étions en train de vivre en un temps encore une fois de bascule et d'accélération parce qu'en fait finalement c'est ça le cœur de cible de de de de l'ouvrage finalement on en vient déjà à ma question suivante c'est effectivement le le la cible c'est le néol c'est la société néolibérale dans laquelle on est et qui est en plus exacerbée enfin je veux dire son meilleur son meilleur ambassadeur que le meilleur ambassadeur que ce paradigme là n'a jamais eu c'est Emmanuel Macron c'était c'est oui effectivement c'est ça la cible quoi oui peut-être pour préciser un peu l'objet du livre continuer un peu c'est c'est un tableau de la France bon ça ça je je dis un tableau de la France mais qui qu'on a voulu ample et détaillé et on dans laquelle on a voulu faire varier les tons les formes les cadrages les angles les registres pas simplement pour rendre un livre agréable à lire parce que B de son poids il fait plus de 1000 pages c'est un livre dans lequel je crois et les lecteurs le disent on se promène on picore et on peut cheminer à sa guise mais aussi parce que plus de manière plus importante plus nécessaire encore parce qu'il nous semblait que il n'était pas possible de rendre compte de la brutalité de la violence du néolibéralisme simplement avec des analyses conceptuelles c'est déjà le constat que faisait Pierre Bourdieu au moment de la sortie du de la misère du monde donc il faut aussi rendre les choses de manière un peu plus sensible c'est la raison pour laquelle il y a tout un ensemble de textes qui donne à voir ce que le néolibéralisme qu'on entend pas simplement comme un un programme économique mais comme un projet de société qui vient transformer les valeurs qui vient capturer les subjectivités un un projet qui va jusqu'au plus intime qui façonne jusqu'au plus intime des des des aussi exact et qui façonne aussi tout tout entièrement l'état parce que comme le rappelle très bien Barbara stickler dans dans son ouvrage il faut s'adapter effectivement le néolibéralisme c'est pas comme on croit un système qui veut qu'il n'y ait que l'État régalien et tout le reste soit nécessairement dérégulé il compte aussi sur les quelque part les services publics tels qu'il les souhaitent pour préparer les gens à accepter ce néolibéralisme oui c'est un projet il y a beaucoup de de textes qui en rendent compte et notamment celui de Grégory jeepski qui codirige l'ouvrage avec moi qui rendent compte de cette capture de l'État et de la manière dont le néolibéralisme fonctionne comme un interventionnisme de l'État et non pas comme un comme un retrait de l'État ou oui c'est tout l'inverse en fa effectivement c'est justement le néolibéralisme veut de l'interventionnisme à son profit absolument et dans cette histoire là donc pour reprend notre question euh on a voulu euh à la fois on a voulu donc circonscrire le moment Macron voir comment il se réinscrivait dans une histoire longue mais aussi voir dans quelle manière il était de quelle manière il était il était singulier parce que à notre point de vue par seuil successif il marque une une rupture en tout cas la question on la laisse ouverte ça on y reviendra plus tard mais justement puisqu'on parle des perspectives historiques ce qui est intéressant c'est effectivement moi j'ai quelque part en lisant le le le l'ouvrage et en justement en en parcourant un peu ce parcours ce processus historique qui sont décrit texte après texte le Nouveau Monde m'est apparu comme un titre ironique quelque part il y a une ironie là-dedans parce que le c'est le Nouveau Monde en fait ce monde n'est pas si nouveau ça fait 50 ans qu'on nous le prépare c'est peut-être un peu plus compliqué que ça mais disons qu'on pourrait placer j'ai l'impression que c'est là en tout cas qu'il est placé on pourrait placer le curseur peut-être à la lorsque Raymond bar sous la présidence de giscardestin était à Matignon oui bon en effet hein c'est un c'est un titre mais pour ceux qui l' employé Macron en premier ce texte ce titre ce mot d'ordre là mot d'ordre politique il est pas ironique hein c'est des gens qui qui ont cru absolument renouveler en tout cas qui font qui ont fait croire qu'il renouvelit en profondeur la la vie politique française mais oui alors le le le néolibéralisme par que c'est notre fil rouge c'est un projet qui n'est en tant que projet intellectuel qui n'est dans dans l'entre de guerre en France mais avec ses références internationales autour notamment en 1938 he du d'un colloque qui est organisé par un journaliste qui s'appelle Lipman bon donc ça on le on en parle un petit peu qui incube à la fin du gaulisme et surtout qui fait ses premières conquêtes vous avez raison au mi-temps des années 70 notamment sous la présidence de Valérie giscardisttin alors en effet il y a beaucoup de textes qui prennent ce point de départ là he parce que bon il y avait quelque chose aussi d'un peu d'un peu amusant à le faire il y a un parallélisme à construire entre la figure de jcardestin et la figure de Macron c'est tous les deux des des aénarques sont régulièrement comparés effectivement ouais tous les deux des aénarques des inspecteurs des finances ils ont été ministres de de l'économie ils sont arrivés quadragénire au pouvoir ils ont tous les deux fait campagne en en appelant au dépassement du clévage gauche-doite ils ont tous les deux fait campagne en se présentant comme les héros des classes moyennes bon bref il y avait quelque chose de de voilà un parallélisme qu' était intéressant de faire et puis c'est aussi ce moment-là ce moment où ce aussi où cristallise l'idéologie néolibérale on se souvient peut-être des des de de l'article de Bourdu et boltanssk la production l'idéologie dominante il est écrit pendant la présidence de jiscardestin il compile un ensemble de discours pour montrer comment un sens commun néolibéral se fabrique est en train de se fabriquer bon donc on a pris en effet il y a cette ce point de référence là qui existe dans le livre mais on y en aurait d'autres hein et d'ailleurs il en a d'autres qui sont qui sont évoqués bon où le déferlement néolibéral fonctionne par par étape successive mais peut-être pour pour suivre ce qu'il y a de singulier du coup dans le moment Macron c'est que pour la première fois on a un partisan de la société néolibérale il avait eu d'autres avant on a un partisan de la sociétéolibérale qui a réussi à construire une coalition politique et a constitué autour de lui une base sociale qui soutient ce projet-là qui est suffisamment homogène pour que escomter faire advenir cette société néolibérale c'est toute la théorie de Bruno Amable et de Stefano palombarini qui ouvre le chapitre consacré à la séession de la bourgeoisie au séparatisme de la bourgeoisie c'est l'idée que avec Macron que c'est un bloc bourgeois plutôt qui a porté au pouvoir Macron ou que dit autrement l'arrivée de Macron ne peut s'expliquer que par la crise endogène qu'on connu les différents blocs politiques le bloc de gauche le bloc de droite qui jusqu'à présent jusqu'alors plutôt structurer la vie politique française et qui tous les deux pouvaient communier dans la défense du néolibéralisme mais ne pouvaient pas pleinement le mettre en œuvre parce qu'il devait composer avec une base sociale composite dans laquelle exist des classes populaires des classes populaires de gauche et des classes populaires de droite Macron il a un BL une base sociale qui est parfaitement homogène le bloc bourgeois et il s'est du coup délié de toute forme de responsabilité vis-à-vis des classes populaires donc c'est un projet à marche forcé hein c'est celui que j'ai décrit en introduction de cet entretien là un projet à marche forcée qui est en train d'être mis en œuvre depuis 5 ans et qui peut-être s'il obtient une majorité législative sera mis en place dans les 5 ans à venir finalement est-ce que Emmanuel Macron il a pas réussi i à à donner une certaine substance parce que c'est vrai que quand on dit bloc bourgeois on peut aussi imaginer classe moyenne on pourrait aussi penser classe moyenne au sens que dans par lequel Luc boltansski essaie de l'expliquer dans son ouvrage qui s'appelle les cadres oou d'ailleurs il parle justement à l'époque bon on en vient c'est les années 30 HE mais où il parle justement de cette idée de 3è vois on a l'impression qu'Emmanuel Macron peut-être il a réussi à donner une substance à faire croire en tout cas qu'un bloc homogène qui pourrait constituer la classe moyenne cette fameuse 3ème voie il a il a réussi à lui donner une substance à exister électoralement et donc à lui servir justement comme vous dites de base sociale h alors je sais pas si c'est à ça que fait référence mais il est vrai que Macron renoue en quelque sorte avec l'idée de la trè voix qui a pu être portée par les les socio-démocrates européens Blair schreer renzy Zapatero trème voix qui on l'a déjà dit mais repose sur l'idée qu'on pourrait dépasser euh le le cvage gauche- droite qu'on pourrait mettre fin à une forme de conflictualité sociale en moyennisant la la société bon mais il renoue avec ça à retardement euh c'est-à-dire 15 20 ans après à un moment où les solutions qui pouvaient être proposé par les socio-démocrates européens et qui pouvait être ajusté en quelque sorte à unegémonie néolibérale là ne fonctionne plus hein on a une crise de l'hégémonie néolibérale en tout cas il y a un effritement un décellement de l'ordre de l'ordre social et donc les solutions qui sont proposées par Macron rencontrent un certain nombre de résistances populaires de résistance populair et il y a une partie même on pourrait le signaler une partie même de la petite bourgeoisie qui aurait pu le soutenir mais qui entre en en résistance elle aussi mais justement là on parlait tout à l'heure on parlait du person enfin on faisait la comparaison avec le personnage de de giscar mais tout à l'heure vous disiez aussi que Macron marque une certaine rupture pourtant enfin je veux dire bon la vie politique évidemment surtout sur 50 dernières années comporte différentes grilles de lecture on pourrait aussi voir une certaine continuité finalement la seule petite rupture qu'il y a eu en vrai c'est les 2 ans de de de de programme commun entre 81 et 83 ensuite le tournoin de la rigueur donc là finalement est-ce qu'on est pas finalement sur quelque chose sur un processus qui a préparé qui a littéralement préparé en fait la cette émergence de ce que bah justement ce que personana appelle finalement l'extrême centre parce que finalement cet extrême centre n'a pas toujours un petit peu gouverné là maintenant il peut s'exprimer de façon de façon idéale en étant incarné par Emmanuel Macron mais est-ce qu'on est pas sur on était pas sur un processus qui de façon non délibéré mais qui de toute façon est préparé préparé à cette société dans laquelle on est et à l'émergence d'Emmanuel macronah il est certain qu'Emmanuel Macron a pas inventé le néolibéralisme et qu' c'est pas lui qui l'a qui l'a importé en France le néolibéralisme il a une histoire et une histoire qui a plusieurs décennies avant Macron on connaît on la connaît cette histoire vous avez évoqué vous avez évoqué le moment le moment bar on aurait pu évoquer aussi la manière dont la gauche de gouvernement progressivement acquèe à l'ordre néolibéral les grandes étapes sont connu c'est la rigueur de 1983 c'est les réformes économiques et financières qui qui l'ont suivi c'est la campagne centriste de mi-terran en 88 c'est on parle aussi un peu de l'Europe plus personne n'en parle en ce moment mais le Dansou on en parle ou on en parle pas mal ouais don les socialistes français finissent par acquaiser au réquisites de la construction européenne bon tout ça jusqu'à la présid hand qui marque évidemment un moment de un moment d'épanouissement du néolibéralisme dans dans dans la gauche de gouvernement bon donc ça on la connaît le moment de la cohabitation aussi en 86 c'est un moment où leù le néolibéralisme progresse mais ce que je vous essayie de vous expliquer c'est que tous ceux qui ont porté ce projet néolibéral ont toujours dû composer avec des oppositions dans leur base électorale et donc n'ont jamais pu aller aussi loin qu'il l'aurait souhaité le moment Macron il s'inscrit dans cette généalogie là mais il rond avec ça dans le sens où il a une base sociale parfaitement homogène qu'on appelle que Amable Palom Marini appelle le bloc bourgeois et qui est décidé à enfin faire advenir quoi qu'il en coûte avec force et violence s'il le faut et il a démontrer son son sa détermination à le faire un projet politique qui est minoritaire dans la société mais justement c'est là que on peut rebondir sur sur le côté interventionniste de du néolibéralisme on sait que bon ben déjà il y a toutes ces politiques économiques de dérégulation de de de de ces politiques fiscales toujours plus favorables au au classes C aux grandes entreprises et cetera il y a aussi le le le il s'investit aussi dans la tentative de faire accepter aux gens par l'éducation par exemple faire accepter aux gens le néolibéralisme l'économie de marché et cetera mais là en ce moment peut-être le là aussi le l'autre faire de lance du néolibéralisme pour s'imposer justement idéologiquement dans l'esprit euh des gens et des citoyens c'est les médias et d'ailleurs peut-être qu'on l'a jamais aussi bien vu que lors du dernier moment politique qu'on vient de vivre là et qu'on vit encore derrière parce qu'elle est pas oublier qu'il y a les législatives mais est-ce que il a pas quand même quelque chose à ce niveau-là d' on en parle aussi de de médias dans ce niveau que que les médias sont la la sont le faire de lance aussi du néolibéralisme d'Emmanuel Macron de le bah oui c'est évident hein vous avez parlé en introduction de de cet entretien de la de la concentration absolument euh hallucinante de des médias en France bon il est évident qu'il joue un rôle dans euh euh la production et la reproduction euh de l'ordre néolibéral en France bon euh thocrate mais à côté d'autres hein sont porte ce ce discours ce que ce que le sociologue Gérard Moget appelle un un discours sans sujet un discours impersonnel en fait qui circule euh des plateaux de télévision au sintank des sankles au cabinets de conseil des cabinets de conseil bon bref espèce de circulation circulatoire de tous ces mots qui viennent conforter le le l'ordre l'ordre social et politique donc oui bien sûr il y a une double pot du système et C double pot du système c'est les médias jouent un rôle absolument déterminant dans sa dans sa fabrication c'est c'est il y a quelque chose aussi qui s'explique sociologiquement puisque effectivement on parle beaucoup dans les dans les différents textes qui abordent le sujet la collusion en tout cas le fait que les gens sociologiquement politiciens professionnels de la politique et professionnels des médias des médias grand public en tout cas viennent peu ou prou des mêmes mondes on fait les mêmes écoles se connaissent très bien et peut-être aussi a un effet de cause oui bah alors si vous parlez du coup d'une forme d'oligarchie c'est ça qui serait oui bah vous avez raison he il y a pas que il y a pas qu'en qu'en Russie qu'il y a une oligarchie hein il y a pas en France aussi ça existe bon les les celles et ceux qui nous écoutent se souviennent que les cinq premières fortunes franç frça détiennent autant que les 27 millions de Français les plus pauvres bon et qu'elles ont soutenu Emmanuel Macron elles se souviennent peut-être aussi que le nombre de milliardaires si je me trompe pas est passé de 95 ou quelque chose comme ça à 109 durant la pandémie donc oui évidemment il y a une oligarchie française et vous avez raison aussi on observe une interpénétration des élites politiques économique on pourrait même ajouter culturel académique qui s'allie dans une même capture de l'État bon mais à notre sens euh à notre sens c'est évidemment important on le dit on le démontre mais à notre sens c'est pas là qu'il faut porter le l'attaque ce qu'on a voulu documenter plus largement dans le livre c'est le fait que cette oligarchie là elle ne pourrait pas se maintenir au pouvoir s'il n'existait pas autour d'elle une bourgeoisie qui la soutient autrement dit on a voulu faire pièce à l'idée des de enfin cette découpe sociale du 1 % contre les 99 % qui à notre avis rend compte de quelque chose mais stratégiquement conduit à une impasse donc on a voulu faire pièce à cette découpe sociale là on proposer une autre celle des 10 % ou même du allo autour des 10 % bref celle d'une élite de masse ou celle d'un parti de l'ordre si on voudrait dire si on voulait dire les choses un peu différemment on a voulu montrer c'est ce que fait par exemple ce que font par exemple Pierre Rimbert ou Camille Harlin giriret on a voulu montrer que se constituit sous nos yeux une bourgeoisie héréditaire que le Tami de l'argent et du avoir produiser une bourgeoisie héréditaire la production sociale des élites quoi on retombe sur nos pates et sur les concepts bourgeoisiens une bourgeoisie qui vit dans les métropoles qui est convaincu d'incarner le camp du Bien ou l'invertu qui au nom de ça prescrit à tout le monde les formes de la vie bonne bref une une une bourgeoisie sû de de de sa domination bon donc c'est plutôt ça qu'on a voulu qu'on a voulu documenter et au-delà du séparatisme politique économique spatiale même qui la caractérise ce qu'on a voulu montrer pour répondre un peu à votre question aussi c'est l'enfermement intellectuel qui a caractériséoui enfermement intellectuel pourquoi parce que cette bourgeoisie là a une langue à elle elle a ses médias bon et elle verse dans une économie morale qui elle a ses écoles de pouvoir évidemment ses école le pouvoir s sociabilité exactement et du coup elle verse dans une forme d'économie morale qui n'a plus rien à voir avec l'économie morale populaire et donc on on revient à ce que au point de départ de notre discussion on est dans un moment politique où Emmanuel Macron le bloc bourgeois qui le soutient ne rend plus compte ou ne fait même plus mine de de de de rendre compte aux classes populaires il y a une forme de de de de de Sécession de sépar c'est même plus du mépris c'est de l'indifférence en fait c'est de l'indifférence mais qui quand même si on regarde les CIN dernières années qui viennent de se passer ont été caractérisé par un mépris qui rarement aura été aussi des boutonnés et un autoritarisme aussi parce que quand on fait la critique du néolibéralisme on se concentre souvent sur l'aspect économique et social mais il y a aussi bah l'état régalien qui est quand même là et qui sert aussi ce néolibéralisme et donc bah on parlait des g jaunes tout à l'heure des manifestants aussi des quartiers populaires he parce que dans les dans les quartiers populaires en banlieu et cetera la la police fait rage aussi ça me rappelle un petit peu le terme qu'utilisait loï vacant c'està-dire que bon évidemment sur les plateau de télé on nous dit État providence ça suffit on a toujours une une Agnès Verdier molignier pour nous raconter des conneries nous dire il y a trop de trop de dépenses publiques l'État providence j' en a marre mais là est-ce que finalement l'État français n'est pas en train de se transformer un peu à l'image des États-Unis en état pénitence comme disait justement le vacant alors oui c'est vrai que la question du maintien de l'ordre puisquil s'agit de cela elle est centrale dans notre livre et de la manière dont le néobilverbalisme le néolibéralisme pardon euh à mais même c'est même consubstantiel est une un projet de société autoritaire alors on a essayé on a parlé déjà de ce maintien de l'ordre idéologique hein de tous ces lieux commun qui viennent produire et reproduire l'ordre marchand mais au-delà de cet ordre disons symbolique il nous a semblé que la période elle était aussi à l'accentuation ou à une un surcroix de violence de de de des autres formes de maintien de l'ordre a commencé par le maintien de l'ordre dans les entreprises hein contre les salariés qui viennent discipliner les salariés bon il suffit d'avoir à l'esprit euh les deux deux des trois ou quatre mesures que Macron a bien daigné vouloir nous nous présenter durant la campagne électorale qui vient de de s'achever à savoir le travail obligatoire pour les allocataires du RSA les 20hur de travail forcés on pourrait dire même pour les allocataires du du RSA et puis la réforme de l'assurance chômage tout ça vient discipliner la réforme des retraites hein qu'ils ont pas oublié qu'il va venir absolument la réforme des retraites absolument tout ça vient discipliner le salariat euh dans un contexte marqué par un chômage de masse he vient discipliner le salariat et à un moment aussi où toutes les formes de protection protection juridique qui existaient ont été euh méthodiquement démanclé donc il y a cette discipline de cette domestication du salariat bon et puis euh quand ça suffit pas parce qu'on est dans un moment où l'ordre social se décèle où l'ordre social chancèle et bien on recourt à la violence euh policière à la violence judiciaire qui est abondamment documentée par les auteurs du livre qui tous constatent que on a franchi un seuil et sous le quinquenat d'Emmanuel Macron qui vient de se terminer Ahou on a jamais eu autant de blessés autant de les comparition immédiates en masse pendant la période des gilets jaunes mais de toute façon ça continu ensuite lorsqu'il y a eu les manifestation contre la loi sécurité globale contre la réforme des retraites ça ça a continué ça a continué à chaque fois des des problèmes avec les interventions policières qui sont de qui sont de plus en plus violentes oui c'est vrai et euh en fait pour finir c'est la dernière partie de l'ouvrage c'est surtout ça va être on rentre dans quelque chose de peut-être un peu plus littéraire si je peux me permettre j'ai l'impression que l'entreprise aussi un petit peu à la façon on avait conçu came enfin en tout cas à la manière dont Émile Durk m'avait conçu la sociologie comme quelque chose visant à casser des mythes est-ce que aussi parce que là je vois par exemple la partie qui s'appelle justement mythologie est-ce que c'est pas justement le but n'est pas justement de revenir sur des concepts qui sont sont à la fois utilisé par la droite et l'extrême droite comme le coût du travail le grand emplacement des choses comme ça oui alors vous faites référence à la dernière partie du livre c'est ça une c'est une série deun cinquantaine de textes plutôt court un peu un peu féroce un peu gognard bref qui qui viennent aussi appuyer là où ça fait mal quelque chose qui vient peut-être remettre en question justement l'imaginaire néolibéral dans lequel on essaie de nous dans quel on Essie de nous maintenir absolument c'est une cinquantaine de textes qui sont consacrés à des objets je pas moi le S à des expressions vous avez cité le grand remplacement on pourrait en citer d'autres le coup du travail pourquoi pas à des figures bref un ensemble en fait de petits objets mais au travers desquels on arrive à déplier ou à déconstruire le sens commun néolibéral et en essayant de le faire de manière un peu un peu Sardonne quoi pour encore une fois appuyer là où ça fait mal donc ce sont des auteurs comme BO comme éc Chauvier commean couteau comme Amina damergi comme bon mathil larerre qui viennent écrire ces textes là en appui de tous les autres qui sont déjà dans le livre écrit par par gerérard Moget par Nathalie Quintane par Sandra Lucbert par Frédéric lordouron aussi et qui eux aussi s'attaquent à cette langue hégémonique qui non seulement neutralise la pensée critique mais capture le sens commun et bloque le débat d'accord donc pour finir euh cette interview on aimerait rappeler que Emmanuel Macron a été réélu pour 5 ans donc évidemment tout ce dont on vient de parler là c'est pas fini on est loin d'en avoir terminé donc je suppose que pour la collection de l'ordinaire du capital il va y avoir encore du boulot oui oui bon alors attendez là on enregistre à un moment où euh euh la campagne la campagne initiative a encore lieu où les résultats sont pas connus je sais pas quand sera diffusé l'émission mais c'est V que le rapport de force est moins large qu'onimagine il est plus serré entre l'Union Populaire VO nouvelle union populaire et les marcheurs oui ce qui ce qui ce qui ce qui est important là dans le moment dans lequel on est c'est que c'est de voir que le Emmanuel Macron a gagné l'élection présidentielle mais il porte un projet qui est minoritaire dans la société et le champ politique en réalité il est structuré en aujourd'hui en quatre blocs euh le bloc bourgeois euh le bloc de gauche ou populaire incarné par Mélenchon le bloc d'extrême droite et puis le un grand bloc d'abstentionniste bon aller à marche forcée comme Emmanuel Macron entend le faire avec la retraite à 65 ans et cetera nécessairement débouchera sur des formes de d'instabilité d'opposition politique importante bon les grandes questions ne sont pas réglées elles continuent de se poser et voilà peut-être que l'élection législative permettra de d'y voir un peu plus clair et peut-être pourquoi pas de donner à une majorité à ceux qui veulent changer les institutions parce que peut-être on en est là aussi si la si une minorité arrive à toujours avoir la majorité problème institutionnel peut-être sans doute bien s il y a un problème blocage de blocage qui intervient dans une crise degémonie néolibérale ou d'instabilité violence tout ça surfond évidmentise climatique merci beaucoup Alan merci à vous d'avoir suivi cet entretien vous le savez peut-être le média a enfin repasser le cap des 10000 abonnés si vous voulez continuer à pouvoir suivre ces entretiens la contre matinale nos enquêtes abonnez-vous aux médias sur ce je vous dis au revoir
Emmanuel Macron