Laurent Jacobelli : "La France est aujourd'hui inaudible sur la scène internationale !" (FranceInfo)
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Questions et réponses
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- 0:20RelanceRéponse partielle
Ça veut dire que la sécurité de l'Europe et l'avenir de l'Ukraine c'est pas plus important ?
- 0:52RelanceÉludée
C'est tellement important que le président de votre parti n'y va pas.
- 1:42RelanceÉludée
Votre président de parti s'envole pour les Etats-Unis. Marine Le Pen, elle est où ?
- 2:10RelanceÉludée
Et la réponse a été non. Pourquoi ?
- 2:56RelanceRéponse directe
La vraie question que vous devriez vous poser, c'est de savoir ce que faisait le président de la République.
- 5:10OuverteRéponse directe
Que doit-il dire à Donald Trump ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:33Invité politiqueFait
« Ça a été souvent malheureusement totalement inutile et totalement pas suivi de faits mais pour autant la situation internationale est tellement grave et tellement inquiétante qu'il est important ne serait-ce que d'avoir à écouter ce que le président de la République a dit. »
- 2:32Invité politiqueFait
« Le président de la République, il est aujourd'hui dans un besoin d'exister alors qu'il s'est fait voler la vedette par M. Poutine et par M. Trump qui sont en train de négocier entre eux sans même que la voix de la France soit entendue. »
- 3:27Invité politiqueFait
« Il y a un dictateur dans l'affaire. Il y a quelqu'un qui a agressé l'autre et c'est Vladimir Poutine. »
- 4:30Invité politiqueFait
« Nous avons une nation qui a la puissance nucléaire. Nous avons une des plus grandes armées d'Europe. »
- 8:17Invité politiqueChiffre
« Est-ce que vous saviez que 80% des armements achetés par nos partenaires européens sont américains ? »
- 8:38Invité politiqueFait
« La France va s'endetter pour abander un emprunt qui va être fait à l'Allemagne pour acheter du matériel américain. »
- 10:25Invité politiqueFait
« des commissaires non élus puissent diriger nos vies à coups de normes, à coups de taxes, à coups d'interdictions. Ce n'est absolument pas démocratique, il faut le dire. »
- 10:46Invité politiqueFait
« Le Parlement souverain, c'est le Parlement français. »
- 12:32Invité politiqueChiffre
« 11 millions d'électeurs, au bas mot, payent des impôts pour se faire insulter par le service public. »
- 15:54Invité politiqueFait
« Vous savez au Sénat où les sénateurs votent à bulletin secret. »
- 18:18Invité politiqueFait
« Notre rôle, c'est d'éviter le pire aux Français. »
- 18:28Invité politiquePromesse
« C'est que Marine Le Pen soit présidente de la République. Jordan Bardella, Premier ministre. »
- 20:44Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron est président de la République, c'est parce qu'ils ont appelé à voter pour lui. »
- 23:32Invité politiquePromesse
« Allons-y, réformons le droit du sol, faisons un référendum sur l'immigration, contrôlons nos frontières, renvoyons chez eux leurs OQTF. »
- 25:35Invité politiqueFait
« il est normal, et je le revendique ici, que les impôts de la collectivité nationale servent à l'aider à passer ce passage difficile. »
Temps de parole
- Laurent Jacobelli66 %
- Présentateur15 %
- Invité12 %
- Invité 24 %
- Invité 32 %
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Bonjour Laurent Jacobelli, Emmanuel Macron réunit tout à l'heure à 11h les chefs de partis politiques pour évoquer avec eux la défense et la sécurité de l'Europe ainsi que la situation en Ukraine. C'est Louis Alliot qui vous représente, qui représente le Rassemblement National à cette réunion, Jordan Bardella devant se rendre à Washington au Congrès des conservateurs. Ça veut dire que la sécurité de l'Europe et l'avenir de l'Ukraine c'est pas plus important ?
Non pas du tout, ça veut dire qu'on peut avoir plusieurs fers au feu et bien évidemment nous avons toujours répondu à l'appel du président de la République lorsqu'il a voulu réunir les partis politiques. Ça a été souvent malheureusement totalement inutile et totalement pas suivi de faits mais pour autant la situation internationale est tellement grave et tellement inquiétante qu'il est important ne serait-ce que d'avoir à écouter ce que le président de la République a dit. Peut-être a-t-il des informations que nous n'avons pas pour avoir un panorama total de la situation donc bien évidemment nous irons.
C'est tellement important que le président de votre parti n'y va pas.
Non mais attendez, là vous êtes dans la caricature et vous êtes journaliste, vous essayez de me titiller, c'est pas tout à fait anormal. Le premier vice-président du parti qui est Louis Alliot y va, une fois encore nous pouvons avoir plusieurs activités en même temps. Nous sommes un futur parti de gouvernement, il est donc important d'être sur le maximum de terrain. On a la chance d'avoir des rigueurs de qualité et donc voilà, Louis Alliot est parfaitement au courant de la politique et de la volonté du Rassemblement National. C'est quelqu'un qui suit ses affaires par curiosité personnelle déjà absolument de près.
C'est quelqu'un de travailleur et quelqu'un qui je crois a une vraie vision des choses. C'est plutôt une chance aussi d'avoir Louis Alliot à cette réunion.
Une nouvelle fois, on parle de la sécurité de l'Europe, on parle de la situation en Ukraine. Votre président de parti s'envole pour les Etats-Unis. Marine Le Pen, elle est où ?
Non mais attendez, vous pouvez me poser 47 fois la question, je vous ferai 47 fois la même réponse. Mais il ne vous aura pas échappé que Marine Le Pen n'est pas aujourd'hui présidente de la République. Non mais elle est présidente du groupe et elle souhaite être candidate en 2027. Vous avez raison, donc notre mouvement sera représenté et bien représenté. Et c'est ça qui est important.
Mais vous savez pourquoi j'ai cette question ? Parce que l'Elysée a proposé que la présidente du groupe à l'Assemblée, Marine Le Pen, soit présente. Et la réponse a été non. Pourquoi ?
Non mais elle est représentée et c'est ça qui compte. Mais moi je veux bien qu'on fasse le débat là-dessus. Mais excusez-moi.
Les questions de symboles c'est important aussi.
Oui, bien sûr les questions de symboles c'est important. Mais le président de la République, il était où ces derniers mois dans la résolution du conflit ? Il a fait quoi ces derniers mois ? Le président de la République aujourd'hui, il n'a plus de voix à l'international. Le président de la République, il est aujourd'hui dans un besoin d'exister alors qu'il s'est fait voler la vedette par M. Poutine et par M. Trump qui sont en train de négocier entre eux sans même que la voix de la France soit entendue. Il était où le président de la République quand il a fallu défendre la diplomatie française ?
Vous savez, cette diplomatie gaullienne qui faisait qu'on était dépendant de personne, qu'on était une voix unique, une voix à part, qui permettait la résolution des conflits ? Donc c'est donc Louis Alléo qui lui posera la question tout à l'heure. La vraie question que vous devriez vous poser, c'est de savoir ce que faisait le président de la République et comment il a pu être aussi absurde. Il n'a pas été dans les faits. Il trouve qu'il n'est pas dans ce signeau, que c'est vous qui êtes là ce matin.
Il y a des questions à vous poser, Laurent Jacobelli. Ça fait deux jours que Donald Trump semble lâcher le président ukrainien. Jean-Yves Le Drian parlait hier de revirement d'alliance. Cette nuit, il a répété qu'à ses yeux, Volodymyr Zelensky était un dictateur. Dictateur, Volodymyr Zelensky ?
Il y a un dictateur dans l'affaire. Il y a quelqu'un qui a agressé l'autre et c'est Vladimir Poutine. Je pense qu'il ne faut pas, par ses déclarations intempestives, brouiller la vision des choses. La réalité, ce n'est pas ça. La réalité, c'est que vous avez un pays souverain, un pays indépendant qui s'appelle l'Ukraine, qui a été agressé, voire partiellement envahi par un pays agresseur, donc qui s'appelle la Russie. Bon, moi ce que je regrette, c'est qu'aujourd'hui, une voie modérée, une voie équidistante des différentes puissances internationales, que devrait être la France, ne soit pas audible. Je suis désolé, mais aujourd'hui, Emmanuel Macron, il nous dit quoi ?
Il nous dit, finalement, c'est la guerre, on ne s'en sort pas, il faut créer l'Europe de la défense, il faut créer l'Europe de la diplomatie, mais ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est comment on sort de ce conflit. L'Union Européenne, aujourd'hui, n'est pas un État. Madame von der Leyen n'est pas représentative. La France, dans le passé, lorsqu'elle a eu un rôle international, c'était en tant que nation souveraine. Vous savez, nous, on a beaucoup de chance. On a été une nation qui ne s'est jamais affiliée à aucun des empires. Nous avons une nation qui a la puissance nucléaire. Nous avons une des plus grandes armées d'Europe. Et donc, on a un rôle singulier, un rôle à part.
Et plutôt que de vouloir se fondre dans une masse informe, et donc d'être inaudible, et cette masse informe, c'est l'Union Européenne et notamment l'Union de la Défense, le Président de la République aurait dû dire, moi, en tant que Président de la France, ce pays héritier d'une tradition gaullienne, je vais amener la paix. On n'a jamais entendu ce discours.
Alors, Laurent Jacopéli, c'est bien Emmanuel Macron qui a organisé les réunions à l'Élysée avec les chefs d'État européens.
C'est lui qui est à l'initiative.
Le dialogue commence. C'est lui qui est à l'initiative. Et c'est lui aussi qui se rend à la Maison Blanche la semaine prochaine.
Enfin !
Que doit-il dire à Donald Trump ?
Quel est le chemin vers la paix ? Attention, pas une capitale... Quel est le chemin vers la paix pour arrêter ce conflit terrible ? Où il y a... On a les chiffres varient, mais au moins des centaines de milliers de morts. Comment on en sort ? Mais comment on en sort sans accepter la capitulation de l'Ukraine ? Ce ne serait pas la bonne voie. Comment on en sort pour mettre autour de la même table des gens qui ne peuvent plus se supporter et qui ne veulent pas discuter ensemble ? Ce serait ça le vrai chemin que devrait mettre en place Emmanuel Macron ? Mais concrètement, c'est quoi ?
Le chemin vers la paix, ça a été dit lundi soir, après cette toute première réunion, notamment par Ursula von der Leyen. La paix par la force, au passage, ce sont les mêmes termes que ceux employés par Donald Trump, c'est-à-dire pour qu'il y ait une paix, il faut que l'Europe soit forte et impliquée, et notamment dans son soutien aux Ukrainiens.
Pourquoi vous dites non ? Je suis désolé.
L'Europe de la diplomatie, l'Europe de la défense, n'existe pas. Tous les pays n'ont pas la même vision, tous les pays n'ont pas les mêmes objectifs. Il ne faut pas la créer. Il ne faut pas plus de coopération. En tout cas, aujourd'hui, au moment où on se parle, on ne va pas attendre 10 ans que ça se fasse. Il faut que l'Ukraine soit libérée du jour russe plus vite que ça. Et quand il faut un président de la République... Ce n'est pas de la diplomatie... Mais arrêtez de croire que la France n'existe pas. Arrêtez de croire que l'Union Européenne et que Mme Vendor Leyen n'est plus puissante. Personne ne sait qui est cette dame. Personne n'a élu cette dame.
Aujourd'hui, le président de la France devrait pouvoir parler à la fois à M. Zelensky. Il le fait. Et c'est très bien. Et à M. Poutine. Même si c'est difficile. Il dit qu'il s'apprête à le faire. Moi, je me rappelle...
Mais il a eu au téléphone. En fait, Laurent Jacobi dit... Je me rappelle.
Par contre, je vais essayer de terminer une phrase. Qu'est-ce qu'il va faire de plus ? C'est un sujet complexe. Moi, quand j'entends le ministre des Affaires étrangères qui dit qu'il refusera de prendre son homologue russe en ligne, je pense que c'est une erreur stratégique. Il doit le prendre au téléphone, ne serait-ce que pour lui dire nos points de désaccord majeurs vis-à-vis de cette politique agressive de la Russie. Et imaginez après comment on en sort. Aujourd'hui, sur la scène internationale, Emmanuel Macron n'existe plus. Et donc, il en est à faire des réunions Tupperware où il reçoit d'autres leaders européens. Mais en fait, qu'il parle à Mme Mélanie, c'est bien. Qu'il parle à M.
Tusk, c'est bien. Mais il devrait surtout parler aux deux parties en présence et être écouté. Or, je n'ai pas le sentiment que c'est le cas.
Mais il faut être fort. Et on fait partie de l'Union européenne encore aujourd'hui, même si vous le regrettez, Laurent Jacobelli. Non, non, je ne regrette pas qu'on fasse partie de l'Union européenne.
Je pense que la France a une place singulière et qu'elle ne doit pas l'abandonner.
Si je vous écoute, l'Europe de la défense, vous vous dites non, ce n'est pas une option pour nous au Rassemblement national. En 2022...
Est-ce que je peux juste...
Non, mais j'essaie de comprendre ce que vous allez proposer au président de la République tout à l'heure. Quelle est votre vision pour sortir de la crise ? Laissez-moi juste poser ma question. En 2022, donc c'était hier, au RN avec Marine Le Pen, vous vouliez quitter le commandement intégré de l'OTAN. Aujourd'hui, vous dites quoi ?
L'objectif est de quitter le commandement intégré de l'OTAN en période de conflit en Europe. Ce n'est pas le moment, c'est tout. Donc c'est une question de tempo, une question d'agenda. Vous savez, on est des gens raisonnables, on n'est pas des idéologues. Vous parliez de l'Europe de la défense. Mais est-ce que vous saviez que 80% des armements achetés par nos partenaires européens sont américains ? Alors qu'ils pourraient acheter français. Est-ce que vous savez, par exemple...
L'Europe de la défense, c'est peut-être de changer ça.
On est en train de créer une usine à gaz où l'Europe va emprunter de l'argent pour financer l'industrie de défense européenne, entre guillemets. En fait, ça veut dire quoi ? La France va s'endetter pour abander un emprunt qui va être fait à l'Allemagne pour acheter du matériel américain. Qu'est-ce qu'on va y gagner ? On va affaiblir notre industrie de défense, qui est une des plus puissantes, pour essayer de faire en sorte que la Pologne ou l'Allemagne achètent aux États-Unis. Excusez-moi, cette Europe de la défense-là, oui, nous n'en voulons pas parce qu'elle n'est pas efficace et qu'elle nuit aux intérêts de la France.
Il faut qu'on réécoute ce que disait avant-hier dans ce studio Jean-Noël Barraud, le ministre des Affaires étrangères, après les déclarations de Donald Trump. Il y a eu aussi celle du vice-président américain J.D. Vance la semaine dernière à Munich et certains se posent des questions sur vos réactions, celle du RN, celle de Jordan Bardella qui avait dit que le vice-président américain avait tenu un discours lucide. Écoutez Jean-Noël Barraud. Je dois dire que ce qui m'estomac plus que le discours de J.D. Vance, c'est de voir des commentateurs français, des responsables politiques français, se prosterner littéralement devant Elon Musk, ses amis et leur idéologie.
Qui nous disent la liberté d'expression est brimée en Europe. Mais qu'est-ce qu'ils veulent exactement ? Ils veulent avoir la liberté d'injurier, de diffamer ? Est-ce qu'ils veulent avoir la liberté de faire l'apologie du terrorisme ? Est-ce qu'ils veulent pouvoir tenir des propos racistes et antisémistes en toute impunité ? Alors, Laurent Jacobelli, qu'est-ce que vous répondez ?
D'abord, il va falloir qu'il trouve des arguments peut-être un peu plus subtils. Il est ministre, il n'est pas militant à l'UNEF ou à la France Insoumise. Il va falloir prendre un peu de hauteur. Quelqu'un doit lui dire qu'il est ministre. Monsieur Vance, ce n'est pas notre modèle. Il n'est pas notre patron. Nous, on n'a pas besoin de s'affilier à qui que ce soit. C'est peut-être ça qu'il a du mal à comprendre. Lui qui s'affilie en permanence aux autorités de l'Union Européenne. Oui, il y a un problème, mais on l'a déclaré bien avant, monsieur le vice-président.
Un problème de liberté d'expression.
Bien sûr, et on l'a dit avant le vice-président américain, que des commissaires non élus puissent diriger nos vies à coups de normes, à coups de taxes, à coups d'interdictions. Ce n'est absolument pas démocratique, il faut le dire.
Contrôlé par le Parlement européen, contrôlé aussi par le Conseil européen.
Le Parlement souverain, c'est le Parlement français. Que l'Union Européenne choisisse de pousser pour que des élections soient annulées quand des gens qui ne sont pas trop européens s'en passent d'être élus, ça pose une question. On est dans un pays aujourd'hui où je suis invité chez vous, donc il y a une forme de liberté d'expression, et merci de m'accueillir, mais où on va fermer deux chaînes de télévision. Qui ne peut pas avoir une alarme en tête ? Quelle démocratie ? Ferme des chaînes de télévision sous pression de la gauche, avec son bras armé, qui est une espèce de machin d'État, qui ne défend pas la liberté d'expression, mais je parle de l'ARCOM.
Et donc voilà, moi je regrette qu'Energie 12 et C8 ferment, et notamment C8, pour apparemment une divergence d'opinion avec le Président de la République. Tout ça me choque.
Pour être complet, parce que l'ARCOM, là pour le coup, on renvoie au fait. C8 a été sanctionné 28 fois par l'ARCOM depuis 2016, après une succession de manquement de la chaîne à ses obligations telles qu'elles sont définies dans le cas lié des charges, et dans la loi, notamment la question de la maîtrise de l'antenne, du respect du droit des personnes. Si on met même de côté les publicités clandestines, ça relève de la liberté d'expression, par exemple, de présenter des personnes handicapées comme des toxicomanes ? C'est l'une des raisons pour lesquelles C8 avait été sanctionné.
Mais il y a eu des dérapages d'antennes. Ils ont payé, je crois, des amendes, et des amendes historiquement hautes. Bon. Mais quand l'animateur de variété du service public, Nagui Fahm, reçoit un chanteur du groupe Chaka Ponc, qui vomit sa bile sur le Rassemblement National dans une émission de variété, liberté d'expression, il a le droit de ne pas aimer le Rassemblement National et d'appeler à ne pas voter pour nous. Mais la modération de l'antenne, elle est où ? Quand l'animateur dit, c'est le rôle du service public que vous puissiez dire ça. C'est-à-dire que 11 millions d'électeurs, au bas mot, payent des impôts pour se faire insulter par le service public.
Moi, j'ai fait une déclaration à l'ARCOM, j'ai toujours pas de réponse. Il y a un deux poids, deux mesures qui ne résonnent pas avec le mot démocratie.
Bon, alors, pareil, l'importance des faits, il faut les rappeler. Laurent Jacobali, vous êtes d'accord avec moi. Sur C8, juin 2024, présentation de personnes handicapées comme des toxines.
Je ne suis pas salarié de C8, mais il est le fonceur de C8.
Vous en parlez vous-même. Mais j'aime la liberté d'expression. Mars 2024, interview insistante de Loana dans une situation de profonde détresse. Mars 2024, baisers forcés et attouchements envers une chroniqueuse. Janvier 2024, insultes contre la fille de Johnny et Laetitia Lidé. Juillet 2023, diffusion d'une théorie du complot sur l'adénochrome. Je continue ?
Juin 2023, invitation de Focolichier de la Bavène. France Inter, propos antisémite d'un pseudo-comique. France Inter, propos antisémite d'un pseudo-comique. Oui, mais France Inter, on ne ferme pas. Donc, il y a un deux poids, deux mesures. Je suis désolé. Oui, il y a des dérapages sur toutes les antennes. C'est la vie du direct. Vous le savez comme moi, vous animez du direct. Si je dis une horreur, vous allez me contredire. C'est ce qui s'appelle tenir l'antenne. Parfois, certains ne le font pas. Y compris dans le service public. Mais là, totem d'immunité. Pourquoi ? D'abord parce que c'est public et ensuite parce que c'est de gauche.
Et juste d'un mot, est-ce qu'il y a un propos, des idées qui vous empêchent de tenir du fait d'une restriction de liberté d'expression en France ?
Non, moi je dis ce que je pense. Je crois l'avoir fait ici aujourd'hui. Ce que je ne voudrais pas, c'est que des médias où je puisse m'exprimer librement, ferme parce qu'ils me laissent s'exprimer librement. Et je vous le dis, si demain quelqu'un veut faire mes France Infos, tiens, je lis l'absus. Parce que vous m'avez invité, je me battrai pour vous défendre.
8h47, on vous retrouve dans un instant, juste après le fil d'info de Maureen Suignard. Une mise en scène macabre. Le Hamas a exposé ce matin quatre cercueils. Il s'agit des dépouilles qui viennent d'être remises à la Croix-Rouge pour rejoindre Israël. Celle de quatre Israéliens, dont trois membres de la famille Bibas, deux enfants et leur mère. Une famille qui symbolise le traumatisme national après les attaques du Hamas en Israël. Alors que les Européens craignent d'être laissés de côté pour les négociations de paix entre Kiev et Moscou, Donald Trump affirme que le Premier ministre britannique et le président français seront bientôt reçus à Washington.
Peut-être lundi pour Emmanuel Macron, dit Donald Trump. Toute la société est responsable et doit protéger les enfants, affirme ce matin le secrétaire général de l'enseignement catholique. Réaction alors que l'affaire Betaram se poursuit. Plus d'une centaine de plaintes pour violences physiques et sexuelles au sein de l'establissement du Béarn. Avant 2004, elles ont toutes été déposées. Trois suspects sont en garde à vue depuis hier après-midi. Et voici un nouvel épisode dans l'affaire qui oppose Dazon à la Ligue de football professionnel. Le principal diffuseur du foot en France qui ne veut pas payer une partie des droits télé réclame maintenant 573 millions d'euros à la LFP.
Dazon estime avoir été trompé par la Ligue sur le produit acheté. France Info
Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Brachia.
Et toujours le député RN Laurent Jacobelli à une voix près. Richard Ferrand, l'un des plus proches d'Emmanuel Macron, a donc obtenu hier la présidence du Conseil constitutionnel. Le RN s'est abstenu. Est-ce grâce à vous ?
Ah non. Si vous regardez bien la chronologie des faits, c'est au Sénat que ça s'est joué. Vous savez au Sénat où les sénateurs votent à bulletin secret. Et quand vous faites le décompte des voix, vous voyez qu'il y a des républicains, les LR, qui n'ont pas suivi les consignes et qui ont voté pour Richard Ferrand. Et la bascule, elle s'est faite là-bas. Maintenant, nous nous sommes abstenus et je vais vous expliquer pourquoi. Parce qu'au final, le fond de votre question, c'est ça. Vous savez, quand on est député de l'opposition, on est amené chaque jour à faire des choix difficiles. où on choisit entre le très mauvais et le mauvais.
Parce que nous ne sommes pas au gouvernement et que nous ne sommes pas aujourd'hui majoritaires. Et croyez bien que je le regrette.
Mais il y a un choix.
Oui, on a un choix. D'abord, on s'est abstenu. On n'a pas voté pour. On s'est abstenu parce que M. Ferrand n'est pas notre choix. Et que si Marine Le Pen avait été présidente de la République, évidemment, elle n'aurait jamais soumis ce nom. Et puis, on s'est dit, comment on vote ? Si on vote contre, que va faire Emmanuel Macron ? Évidemment, il va nous représenter quelqu'un. On commence à connaître Emmanuel Macron. Ce ne sera pas une personne neutre. Ce sera quelqu'un de son entourage, un copain. Et on va voter contre pour les mêmes raisons. Deux fois, trois fois. Et à la fin, il va chercher une majorité. Cette majorité, puisqu'il ne l'aura pas chez nous, il ira la chercher à gauche.
Et donc, on va avoir une personnalité compatible avec le nouveau Front populaire qui nous aurait été présenté. Un Dupond-Moretti, une Mme Borne. Et donc, ça aurait été terrifiant que le côté le plus sectaire aujourd'hui de la représentation nationale...
Vous voyez une différence entre Richard Ferrand et Mme Borne.
Bah oui, parce qu'il y a des idéologues. M. Ferrand peut lui reprocher plein de choses, et je lui reproche plein de choses. Mais il y avait pire. Donc, oui, c'est le choix que nous avons fait et que nous expliquons aux Français.
Vous avez entendu des députés LR et LFI, d'ailleurs, qui parlent d'une même voix cette fois-ci, pour dénoncer une magouille, un deal secret entre vous et les macronistes. Il y a une entente ?
Vous savez, on accuse toujours les autres des turpitudes dont on est soi-même coupable. Les LR, les leçons de morale de LR, excusez-moi, mais ça me fait doucement rigoler. Les LR qui, aujourd'hui, ont pactisé avec Emmanuel Macron et avec les socialistes. Non, mais là, répondez sur le fond. Mais non, mais je vais terminer ma phrase, c'est compliqué. Je suis en train de répondre. Il nous dit que nous sommes accusés par les LR. Je réponds. Cette accusation, c'est simplement un contre-feu des LR.
Les LR qui doivent se faire pardonner auprès de leur électorat, d'avoir un Bruno Retailleau qui dit « le matin, je vais lutter contre les narcotrafiquants » et avoir derrière des députés du même bloc central qui disent « il faut légaliser la drogue ». M. Retailleau qui dit « je suis contre le droit du sol » avec d'autres ministres qui disent « vous ne le ferez pas ». Non, et donc ils ont besoin de faire…
Il y a eu le deal caché ou pas ?
Il n'y a pas de deal. Mais attendez, arrêtez une fois encore.
On vous pose la question. Est-ce que… oui, mais…
Non, mais je veux bien qu'on parle de complotisme, mais il y a un moment, je pense que c'est trop sérieux les affaires nationales pour ça. M. Ferrand, est-il un mauvais choix ? Oui. Est-il le pire des choix ? Non. Et c'est terrible d'être dans l'opposition quand on a évidemment le choix entre la peste et le choléra, parfois, ou entre deux mauvaises directions. Mais notre rôle, c'est d'éviter le pire aux Français. Vous savez, moi, j'ai qu'une attente. C'est qu'on dissolve l'Assemblée nationale pour qu'il y ait une majorité. C'est que Marine Le Pen soit présidente de la République. Jordan Bardella, Premier ministre. Là, il y aura une direction claire.
Sauf que là, on parle du conseil constitutionnel. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Pendant les deux ans maximum qu'il nous reste à devoir subir Emmanuel Macron, nous éviterons le pire. C'est ce que nous avons fait. Est-ce que c'est satisfaisant ? Non. Est-ce qu'on avait un autre choix ? Non.
Pas de deal caché. C'est ce que vous dites ce matin, Laurent Jacobili. Mais ce qu'il faut expliquer à ceux qui nous regardent, à ceux qui nous écoutent, c'est le rôle que pourrait jouer le prochain président du Conseil constitutionnel. Donc, Richard Ferrand, sur l'avenir politique de Marine Le Pen, j'explique. Le 31 mars, le tribunal judiciaire de Paris rentre à son jugement dans l'affaire des assistants parlementaires du FN, RN. S'il prononce une peine d'inigibilité pour Marine Le Pen, malgré un possible appel, le Conseil constitutionnel devra se prononcer sur ce qu'on appelle une question prioritaire de constitutionnalité, précisément sur ce sujet, sur la question de l'inigibilité.
Et donc, Richard Ferrand devra donner sa réponse. Avec le Conseil constitutionnel, ce serait paranoïaque de penser que, quand vous abstenant hier, vous vous êtes acheté les bonnes faveurs de Richard Ferrand ?
Vous avez le droit de me poser la question. Il n'y a pas de problème. Je vous dis que ce n'est pas du tout le cas. D'abord, parce que le Conseil constitutionnel, ce n'est pas qu'un homme. Donc, il sera président de cette institution, mais il n'est pas le seul. Ensuite, il y aurait eu, quoi qu'il en soit, un président du Conseil constitutionnel. Il y aurait eu cette décision du Conseil constitutionnel à venir. Et quel que soit le futur président du Conseil constitutionnel, puisqu'à la fin, il aurait été élu, vous m'auriez posé la question.
On n'a pas facilité la tâche en vous abstenant, convenez-le.
Non, mais on n'a pas facilité la tâche. Je le redis, si les LR avaient respecté leur consigne de vote, aujourd'hui, Richard Ferrand ne serait pas président du Conseil constitutionnel. Alors, je veux bien qu'on nous rende responsables de tout. C'est un peu facile et c'est un peu l'habitude. Mais je pense qu'il faut avoir une analyse un petit peu plus précise, un peu plus détaillée. Et là, on s'aperçoit que les choses ne sont pas si simples.
Juste, vous entendez les LR depuis hier qui disent qu'il accède à ce poste à une voix près, sa légitimité est remise en cause, il faut qu'il renonce. Vous vous dites quoi ?
Après, c'est la décision de Richard Ferrand. Vous souhaitez, en tout cas ? Mais Richard Ferrand n'est pas notre choix. Je ne vais pas être son avocat aujourd'hui. Je vous dis qu'on aurait pu avoir bien pire, mais je vous dis qu'on aurait pu avoir bien mieux. Mais pour avoir bien mieux, il aurait fallu avoir quelqu'un d'autre qu'Emmanuel Macron, président de la République. Et je rappelle au LR, qui semble très critique parfois, que si aujourd'hui Emmanuel Macron est président de la République, c'est parce qu'ils ont appelé à voter pour lui.
Il y a d'ailleurs une question sur ces institutions. On entendait Donald Trump cette semaine dire « Celui qui sauve son pays ne viole aucune loi » et donc il remet en cause les tribunaux, notamment de son pays. On vous a entendu critiquer tout à l'heure l'ARCOM, mais aussi une décision du Conseil d'État, puisque la suppression de C8, dont on parlait tout à l'heure, a été validée par le Conseil d'État. Conseil constitutionnel, Conseil d'État, quel regard, comme porte-parole du groupe REN à l'Assemblée, vous portez sur ces institutions ? Est-ce qu'elles sont politisées ? Est-ce qu'elles, voilà, sont-elles légitimes ?
Il y a beaucoup de questions dans ce qu'on veut. D'abord, on peut critiquer, on a le droit, on parlait de liberté d'expression tout à l'heure, sans vouloir ne pas respecter des décisions. J'ai critiqué la décision qui est de fermeture de C8 et d'énergie 12. Pour autant, je suis un élu de la République et j'accepte le verdict. Mais on est bien obligé de voir ce qui fonctionne et ce qui dysfonctionne. Or, et on le voit bien, puisqu'on parle de politique, en parlant du président du Conseil constitutionnel, ça pose une question. On a vu que M.
Fabius n'était pas un homme neutre, et qu'il s'est servi du Conseil constitutionnel pour essayer de créer une jurisprudence qui amènerait à un mode de gouvernance qui, lui, paraissait bon, lui, en tant que socialiste, mais qui ne correspondait pas à la vision des Français. Donc, il faut respecter les institutions. Je crois que nous les respectons, nous respectons la Ve République.
Mais parce que la question de départ de Jérôme, c'était la déclaration de Donald Trump.
Mais on peut proposer parfois aux Français de l'échanger.
Celui qui sauve son pays ne viole aucune loi.
Je ne souscris pas à cette déclaration.
Voilà, c'est ça, c'est la question qu'on vous pose.
Mais en revanche, ça ne veut pas dire que nous sommes figés et bloqués à vie. Il y a des institutions qui vieillissent, qui montrent qu'elles ne répondent pas parfois à l'objectif qui leur a été donné. Alors, on doit toiletter. Il faut avoir une réflexion, effectivement, sur les limites du pouvoir du Conseil constitutionnel. Est-ce qu'il fabrique une jurisprudence, ou est-ce que simplement il est le garant de la Constitution ? Nous, nous sommes plutôt du deuxième avis. Aujourd'hui, il y a une dérive vers la première option. Est-ce que c'est ce que veulent les Français ? On a le droit d'y réfléchir. Pour autant, aujourd'hui, nous respectons toutes les institutions.
Et je crois que notre comportement à l'Assemblée, etc., le montre. D'autres veulent casser les institutions de la Ve République. Je pense à la France insoumise. Ils ne respectent rien, ils salissent tout. Ils veulent la Ve République. Ce n'est pas notre rôle. En revanche, on n'est pas des bénignes. Oui, quand quelque chose ne fonctionne pas, on le met sur la table, on en débat, et on décidera avec les Français. Ça s'appelle la démocratie.
Laurent Jacobelli, il y a un ministre au gouvernement que vous critiquez beaucoup au Rassemblement National en ce moment. C'est bien simple. Dès qu'il ouvre la bouche, vous cherchez à le décrédibiliser. C'est le ministre de l'Intérieur. Bruno Retailleau, vous en avez parlé tout à l'heure, tout seul. Vous y êtes allé tout seul. Ça vous agace ? Parce que lorsqu'il parle du droit du sol, d'immigration, de sécurité, il vous coupe l'herbe sous le pied ?
Mais non, mais moi je lui dis, Bruno Retailleau, chiche ! Allons-y, réformons le droit du sol, faisons un référendum sur l'immigration, contrôlons nos frontières, renvoyons chez eux leurs OQTF. Mais allons-y, Bruno Retailleau. Mais vous avez fait le moche choix. C'est bien de parler comme nous. Moi je suis très heureux d'avoir un ambassadeur en Macronie, si jamais ça arrive à convaincre ces gens qui sont perdus dans l'extrême centre. Mais Bruno Retailleau, agissez, agissez ! Vous avez à côté de vous des ministres qui veulent exactement l'inverse de vous et vos arbitrages sont tous perdus, tous perdus auprès du Premier ministre.
Laurent Jacobin, vous voyez aujourd'hui sa popularité à Bruno Retailleau. Vous craignez qu'il fasse en 2027, par exemple, ce qu'a fait Nicolas Sarkozy 20 ans plus tôt, en 2007, c'est-à-dire absorber votre électorat ?
Mais il fait déjà ce qu'a fait Nicolas Sarkozy. Il parle fort, il agit mou. Sarkozy, rappelez-vous, c'était le Karcher. Et puis quand il est arrivé, 12 000 postes de policiers en moins, ouverture des frontières, record d'immigration, qui a été battu par Macron. Monsieur Retailleau, c'est la meilleure comparaison possible. Il dit, oui, il y a un influenceur algérien qui appelle à la violence, c'est inacceptable, je le renvoie chez lui. Pan, il revient et on lui doit 1 200 euros, il a son affaire Léonarda. C'est un mélange, Bruno Retailleau, entre François Hollande et Nicolas Sarkozy aujourd'hui, même s'il essaye de parler comme nous. Mais je le redis, hein ?
Les LR, vous dites que les LR viennent chasser sur les thèmes du RN ?
Mais s'il est sincère qu'ils fassent des propositions de loi avec nous, qu'on les vote ensemble, nous, tout ce qui va dans le sens de moins d'immigration, de plus de contrôle, de plus d'ordre, de plus de sécurité, pour la paix dans notre pays et pour la tranquillité des Français, nous le ferons pour l'instant.
Les LR qui viennent donc chasser sur les thèmes du RN, Jordan Bardella, qui parle désormais d'assistanat, comme la droite, comme Laurent Wauquiez en particulier, elle utilise ce mot aussi, Marine Le Pen ? Elle considère qu'il y a des Français assistés ?
Mais il y a des Français assistés, mais c'est pas la même chose. Qu'est-ce qu'on entend par là ? Si on parle d'un Français qui a perdu son boulot, qui cherche un boulot, qui est sur le bord de la route, qui a une famille à nourrir, il est normal, et je le revendique ici, que les impôts de la collectivité nationale servent à l'aider à passer ce passage difficile. Mais si c'est simplement se lever à 10h du matin, jouer à la PlayStation et se dire « je vais gagner autant en ne travaillant pas qu'en travaillant », alors c'est inacceptable. C'est cette deuxième catégorie de personnes. Mais bien sûr qu'il y en a. Il y a des profiteurs du système.
Mais il faut le dire aussi en même temps, pour ne pas aller dans les caricatures de certains, il y a des honnêtes gens qui veulent s'en sortir et qui n'ont d'autres choix que pendant des périodes transitoires et difficiles, d'avoir recours à la solidarité nationale. Et c'est notre honneur.
Merci Laurent Jacobelli, du Rassemblement National, d'avoir été ce matin sur France Info.
Laurent Jacobelli