L'invité de Bourdin Direct : Marine Le Pen - 25/05
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Jean-Jacques Bourdin. Marine Le Pen, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Avant-hier, l'avion de la compagnie Ryanair, dans lequel se trouvait l'opposant biélorusse Roman Protasevich, a été forcé d'atterrir à Minsk. L'opposant a été arrêté. L'avion a effectué la liaison entre Athènes et Vilnius. Lorsqu'un MiG l'a intercepté dans l'espace aérien biélorusse sur ordre direct du président biélorusse Alexandre Loukachenko. Acte criminel, piraterie d'État ?
Ah oui, piraterie. C'est un acte de piraterie. Incontestablement, c'est une violation grave du droit international. Il est tout à fait légitime que les condamnations pleuvent sur cet acte qui n'est pas admissible.
L'Union Européenne qui décide de fermer son espace aérien aux avions biélorusses. Bonne réplique, bonne mesure.
Je pense que quand une sanction intervient, il ne faut pas qu'elle touche le peuple qui, lui, somme toute, n'est pas responsable de la situation. Donc qu'il y ait des sanctions qui puissent toucher des responsables politiques biélorusses pour leur faire comprendre. Il y en a déjà. On ne peut pas se comporter ainsi, oui. Mais encore une fois, sanctionner les peuples, moi je considère que ça n'est jamais la bonne solution.
Est-ce que vous demandez la libération de Roman Protasevich ?
Oui, s'il a été arrêté, s'il est incarcéré, en fonction des... Bon, donc, il faut voir. Je ne connais pas le dossier, honnêtement. Vous le connaissez, vous ?
Je le connais pas mal.
Bon, moi je ne connais pas le fond de ce dossier. Mais le sujet n'est pas vraiment là. Le sujet est qu'il y a une violation du droit international.
S'il est arrêté, vous demandez sa libération, j'imagine.
S'il n'a rien à se reprocher d'autre que ses opinions politiques, oui, bien sûr. Car on ne peut pas être incarcéré pour des opinions politiques.
Est-ce que Moscou peut ne pas avoir donné son accord ?
Je n'en sais strictement rien, M. Bourdin. Je ne suis pas en situation aujourd'hui d'avoir les éléments que peut avoir d'ailleurs le gouvernement français.
Bien. La France. La France, si vous êtes présidente de la République, va-t-elle garder ses mêmes alliances ? Est-ce que vous changeriez la politique étrangère de la France ? Est-ce que, par exemple, la France quitterait l'OTAN ?
Oui, je changerais la politique étrangère de la France. Oui. Je pense que nous avons eu tort de réintégrer le commandement intégré de l'OTAN. Je pense surtout qu'il faut rééquilibrer nos relations. Aujourd'hui, nous sommes en conflit quasiment ouvert avec un certain nombre de puissances avec lequel nous n'avons pas particulièrement de raison car ce n'est pas l'intérêt du pays d'être en conflit. C'est la conséquence de notre soumission sur le plan diplomatique à l'Union Européenne. Moi, je crois que la France, un grand pays, doit avoir sa propre diplomatie parce qu'elle a une histoire, parce qu'elle a des alliances naturelles. Je pense, par exemple, aux pays africains francophones.
Je pense qu'il y a un très grand développement à effectuer, pas seulement d'ailleurs culturelles, mais également économiques, avec un certain nombre de pays africains francophones. Je crois qu'il faut rééquilibrer les relations entre les États-Unis et la Russie pour que nous puissions avoir, à l'égard de ces deux puissances, des relations qui soient des relations souveraines. Je pense qu'il faut, encore une fois, dans un monde multipolaire, puisque c'est celui-là que je souhaite, que la France retrouve cette voie particulière qui est la situation.
Donc la Russie alliée de la France au même titre que les États-Unis ?
Oui, je ne considère pas qu'il y ait une bonne raison aujourd'hui de maintenir à l'égard de la Russie des sanctions dont nous voyons bien que nous en avons été les premières victimes, que la Russie en a été la première bénéficiaire, notamment sur le plan du développement de son agriculture. Donc des sanctions qui ont des conséquences exactement inverses de celles qu'on espérait, on peut éventuellement les lever et retrouver des relations normales.
Donc nous quitterions le commandement intégré de l'OTAN ? Oui. C'est certes, si vous êtes président de la République ? Oui. Bien. Marine Le Pen, la France doit-elle aussi quitter la Cour européenne des droits de l'homme ? Je vous dis ça parce que j'ai lu Sébastien Chenu qui faisait cette proposition.
Moi je ne le crois pas utile au moment où nous nous parlons. Je pense qu'on peut beaucoup faire avec la Convention européenne des droits de l'homme. Mais je n'attribue pas à la Convention européenne des droits de l'homme le rôle en quelque sorte qui a été de plus en plus important au fil du temps et qui consisterait à être le gardien des droits. Le créateur des droits, c'est la France. C'est nous qui avons créé les droits de l'homme. Et je pense que la Constitution française défend comme elle le doit et avec la force qu'elle doit les droits de l'homme. Donc moi je ne suis pas opposé encore une fois à la Convention européenne des droits de l'homme. Ce que je ne souhaite pas, M.
Bourdin, c'est que la Convention européenne des droits de l'homme, et ça c'est un débat que les États doivent avoir, je ne souhaite pas qu'elle nous empêche de nous protéger des dangers qui pèsent sur nous. Je ne souhaite pas que la Convention européenne des droits de l'homme, par exemple, nous oblige à garder sur le territoire des terroristes au motif qu'ils risqueraient la peine de mort dans leur pays d'origine. Voilà, je pense qu'il y a eu une dérive de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme et qu'il faut juste lui rappeler quel est son périmètre.
Je vous dis ça parce que Sébastien Chenu a évoqué cette sortie de la Cour européenne des droits de l'homme à l'occasion de la censure par le Conseil constitutionnel de l'article 24 de la loi Sécurité globale. Vous avez vu cette censure. Gérald Darmanin dit qu'il va réécrire son texte. Ça vous fait sourire ?
Oui, parce que le texte était mal écrit. Il faut être objectif. L'idée était bonne, mais le texte était, à mon sens, je l'ai dit d'ailleurs au moment des débats, trop vague pour ne pas risquer la censure.
Punir la diffusion d'images de policiers et gendarmes dans l'intention de leur nuire.
Mais vous savez, il y a déjà toute une série d'articles qui ne sont pas appliqués pour défendre nos policiers. Ils font l'objet de menaces. Le droit pénal condamne les menaces de mort. Ils font l'objet d'injures. Le droit pénal condamne les injures. Il condamne les diffamations. Il condamne la provocation à la haine. Et par conséquent, on devrait déjà commencer par appliquer ces textes qui ne sont pas appliqués. Maintenant, l'idée d'aggraver ces textes, de considérer qu'il y a une circonstance aggravante lorsqu'il s'agit de force de l'ordre, m'apparaît être une idée qui devrait prospérer.
Mais c'est vrai qu'il faut toujours essayer de s'atteler à ce que les textes du droit pénal soient clairs pour que les magistrats puissent les appliquer.
Alors parlons police et justice. Marine Le Pen, il y a aujourd'hui à l'Assemblée nationale le vote du projet de loi sur la confiance dans l'institution judiciaire portée par le garde des Sceaux. Éric Dupond-Moretti, est-ce que vous le voterez ? Non. Pourquoi ?
Résolument, je ne le voterai pas. Pourquoi ? Parce que la perte de contrôle en matière de criminalité est trop grave dans notre pays pour que je me fasse le complice de la politique du faire-semblant, qui est la politique du gouvernement.
Vous ne voterez pas. Regardons les articles. Oui. Regardons-les. Vous ne voterez pas, je ne sais pas moi, la réduction des peines désormais sous condition. Vous ne voterez pas.
Non mais, M. Bourdin.
Vous ne voterez pas la peine de sûreté de 30 ans pour les condamner à perpétuité pour un crime contre un policier ou un gendarme.
Non, M. Bourdin, ce que je ne voterai pas,
Non mais, vous ne voterai pas ces articles.
Ce que je ne voterai pas, c'est l'hypocrisie, par exemple, consistant sous prétexte de suppression de l'automaticité des peines, a en réalité aggravé l'érosion de la peine, c'est-à-dire la différence qui existe entre la peine qui est prononcée et la peine qui est exécutée. Car la perte de confiance, M. Bourdin, des Français dans la justice est essentiellement liée à cela. la différence qui existe entre la peine que le juge prononce et la peine qui est en réalité effectuée.
Et c'est la raison pour laquelle j'avais proposé dans le livre blanc sur la justice que j'ai rendu publique il y a plus d'un an, j'avais proposé que, pour les peines de plus de six mois fermes, deux tiers soient incompressibles. Car aujourd'hui, avec les propositions de M. Dupond-Moretti, entre les crédits de peine, entre les suppressions, enfin les limitations de peine en raison des efforts spécifiques, laissez-moi terminer, spécifiques, faits pour la réinsertion sociale, et les conditions de la libération conditionnelle, on va arriver, en fusionnant tout ça, à avoir la possibilité pour un criminel ou un délinquant de ne faire sur douze mois que trois mois de peine.
C'est-à-dire neuf mois de suppression de peine.
Oui, mais ce texte, j'écoute ce que vous dites, Marine Le Pen, mais ce texte propose une réduction des peines désormais sous condition. C'est-à-dire que ça ne sera plus automatique.
Mais l'automaticité des peines, encore une fois, est un faux problème, M. Bourdin, puisque on a mis en place... L'automaticité est un faux problème. Oui, moi je suis contre cette automaticité. Mais soyons clairs, elle a été mise en œuvre en 2004 parce qu'en réalité, les réductions de peine étaient massivement attribuées. La vraie question, c'est, doit-on arrêter de multiplier les moyens qui font fondre la peine ? C'est ça la vraie question qu'on pose. Et dans le projet de loi, il n'y a rien pour rapprocher la peine qui est prononcée et la peine qui est exécutée. Je ne vous parle même pas de la contrainte pénale.
La libération avec contrainte pénale où on voit bien la libération, assez peu la contrainte.
Enquête préliminaire limitée à deux ans... Enfin bon, allez...
Dans un texte de loi, M. Bourdin, dans un texte de loi, il y a toujours des choses qui peuvent être positives et des choses qui sont extrêmement négatives. Mais encore une fois, moi je juge ce projet de loi à l'aune de la situation dramatique de notre pays. Car la situation dans notre pays sur le plan de la délinquance et de la criminalité est catastrophique. Plus un Français ne pense que ce domaine est sous contrôle de l'État. C'est le hors contrôle, le hors-piste totale, le laisser-faire. Et ceci a des conséquences très lourdes sur les victimes.
Lors de la discussion, et je vais passer à autre chose, lors de la discussion de ce projet de loi, vous avez proposé une détention provisoire automatique pour les atteintes aux forces de l'ordre. Non. Si ?
Non.
Non ?
Non, j'ai proposé que lorsqu'il y a des atteintes graves aux forces de l'ordre, la règle ne soit plus la mise en liberté et l'exception la détention, mais la règle soit la détention et l'exception soit la mise en liberté. Car moi j'entends les policiers qui me disent qu'ils ne supportent plus d'avoir été agressés physiquement gravement par des délinquants qu'ils croisent le lendemain matin et durant des mois en liberté qui continuent leurs méfaits dans l'attente de leur jugement. Voilà, je dis, les atteintes aujourd'hui aux forces de l'ordre sont un symptôme gravissime de la situation du pays. Et donc je veux protéger les forces de l'ordre.
Marine Le Pen, dans le débat, dans le débat, vous n'avez pas vous directement, mais vous avez votre groupe, enfin votre groupe, vos élus ont proposé une détention provisoire automatique. Non, pas automatique, M. Bourdin. Pardon. La règle, c'est la...
Pour les atteintes aux forces de l'ordre. Ce qui est anticonstitutionnel, vous le savez. Non, M. Bourdin, non. Lisez le texte, vous ne l'avez pas lu. Le texte de l'amendement est clair. C'est la mise en détention, sauf si le magistrat considère qu'il y a des éléments de personnalité ou de contexte qui justifient le maintien en liberté. Voilà ce que dit exactement le texte. Il est donc parfaitement constitutionnel.
Nul, on le sait, ne peut être arbitrairement détenu. C'est ce que dit la constitution.
M. Bourdin, tous les jours, il y a des gens qui sont mis en détention dans l'attente de leur jugement. Détention provisoire, c'est une présomption d'innocence. Oui, mais la détention préventive existe dans notre droit. Elle n'est donc absolument pas anticonstitutionnelle. On n'est pas obligé, M. Bourdin, de croire à tous les fantasmes qui sont développés par le ministre de la Justice qui est manifestement allergique à toute forme de fermeté.
Alors, le ministre de la Justice, justement, quelques mots. Le problème de la police, c'est la justice, comme le clame le patron du syndicat de Police Alliance. C'est la justice, le problème de la police ?
Le problème de la police et de la justice dans notre pays, c'est le problème de la volonté politique et de la détermination. Ça n'est pas un problème de législation. Ça n'est pas un problème de moyens. C'est un problème, M. Bourdin, de volonté politique.
Donc, il n'y a pas un problème de moyens dans la justice, pas plus que dans la police.
Bien sûr qu'il y a des améliorations à faire. Mais la réalité, c'est que si on commençait par expulser à l'issue de leur peine l'intégralité des étrangers qui sont détenus dans nos prisons et qui sont bien souvent des récidivistes, c'est-à-dire qu'on a déjà vu dans nos prisons et qu'on verra, reverra probablement dans nos prisons. 22 %, on libérerait des places de prison et on allégerait considérablement le travail de nos policiers.
Si on était ferme sur l'immigration clandestine, si on arrêtait de laisser penser aux délinquants qu'ils peuvent être condamnés huit fois, neuf fois, dix fois sans jamais mettre les pieds en prison, je vous assure que la situation serait bien meilleure pour nos compatriotes.
Éric Dupond-Moretti vous propose un débat. Si j'organise face à face, vous acceptez ou pas ?
Mais je suggère à M. Dupond-Moretti d'accepter ce qu'il refuse, un débat avec Jean-Paul Garraud qui sera mon ministre de la Justice quand je serai élue présidente de la République.
Vous ne débattriez pas avec Éric Dupond-Moretti ?
Non, je n'ai aucune raison de débattre avec Éric Dupond-Moretti, d'autant qu'il a à mon égard des propos et un comportement qui est, je le crois, inadmissible en République.
Vous n'avez pas de bracelet électronique ? Non. C'est bracelet...
Non. Mais en revanche, le Kosovar de 23 ans, qui était connu pour 20 faits de délinquance, qui a fait l'intégralité du code pénal, lui, des menaces avec arme, aux violences volontaires sur les personnes, aux dégradations de biens publics, aux outrages, etc. et qui a tué sa compagne il y a quelques jours à Ayange, lui, il avait un bracelet électronique. Et je pense que sa place était soit en prison, soit dans son pays.
Bien, Marine Le Pen, Gérald Darmanin qui accuse Audrey Pulvar de diffamer la police, il dépose plainte, vous comprenez ?
Je suis indignée par les propos d'Audrey Pulvar. Il participe de cette ambiance développée par certains qui consiste à mettre en cause systématiquement les forces...
Je vais rappeler, Audrey Pulvar a jugé assez glaçante, j'ajoute le assez, la manifestation des forces de l'ordre devant l'Assemblée nationale.
Oui, mais moi je crois en démocratie que ce type de propos doit être sanctionné par les électeurs. Donc j'appelle les franciliens à ne pas voter pour Mme Pulvar.
Vous auriez déposé plainte à la place de Gérald Darmanin ?
Non, je n'aurais pas déposé plainte. Je pense que la justice, compte tenu de tout ce que je viens de vous dire, a objectivement autre chose à faire. Ce sont les électeurs qui doivent sanctionner Mme Pulvar. Mais je m'étonne du comportement du Parti Socialiste car elle est candidate socialiste. Et je n'ai rien entendu de la part de la direction du Parti Socialiste. Moi, si quelqu'un avait dit ça dans mon mouvement, il aurait perdu le soutien de mon mouvement aux élections.
Cinq ans d'enquête, Marine Le Pen. Les policiers de l'Office central de lutte contre la corruption et les informations financières et fiscales affirment que le Front National, je dis bien le Front National, a mis en place, sous votre direction, un système organisé frauduleux de détournement de fonds européens au profit du parti par le biais d'emplois fictifs d'assistants parlementaires. Des conclusions, affirme le journal du dimanche, ces conclusions ont été transmises à la juge d'instruction du tribunal de Paris. Montant présumé de la fraude, 6 800 000 euros. Vous avez été mise en examen dans ce dossier.
Oui, c'est un rapport de commande qui intervient...
Un rapport de commande ? Oui, oui, bien sûr. Les policiers sont aux ordres.
C'est un rapport de commande, M. Bourdin. Donc les policiers sont aux ordres. Puisqu'il n'y a aucune raison pour qu'un rapport de ce type intervienne à ce stade de l'instruction. Donc il intervient opportunément un mois avant l'élection. Comme d'habitude, je crois qu'il n'y a pas une seule élection dans les 6 dernières années où un mois avant ou 15 jours avant ne réapparaît cette même affaire des assistants parlementaires. Nous sommes innocents des faits qui nous sont reprochés. Et je veux même vous dire mieux, M. Bourdin, je pense que le président de la République, au fond de lui, le sait. Car s'il ne savait pas que nous étions innocents, il n'aurait pas confié à M.
Bayrou, à qui l'on reproche les mêmes faits et dont il est tout aussi innocent que nous, la responsabilité qui est la sienne aujourd'hui au gouvernement.
Pas au gouvernement, en marge du gouvernement. Oui. Est-ce que, alors je vous pose la question franchement, on est face à face, Marine Le Pen. Vous pouvez, ça ne pose aucun problème. Est-ce que des collaborateurs du Front National ont été payés par des fonds publics du Parlement européen alors qu'ils travaillaient pour le Parlement ? Non, M. Bourdin. Non ?
Non. Vous me dites ça aujourd'hui, vous me dites non ? Non, non. Nous avons une divergence de vue profonde avec le Parlement européen qui est parti au procès, d'accord ? Le Parlement européen considère que les députés européens doivent être des fonctionnaires de l'Union européenne et accessoirement, leurs assistants doivent également être des fonctionnaires de l'Union européenne. Nous nous considérons et nous avons été élus pour cela par nos électeurs que les députés sont là pour défendre les intérêts de la France. Ils font de la politique et les assistants
payés par l'Europe peuvent travailler pour un parti politique français.
Les assistants font avec leurs députés de la politique. C'est ce qu'on attend de nous. Nous le faisons. Même quand ils sont payés par les fonds européens. C'est pour cela que les Français nous font confiance et nous ont mis en tête des dernières élections européennes.
Le code de bonne conduite du Parlement européen dit ceci. Seuls les frais d'assistance nécessaires liés à l'exercice du mandat parlementaire d'un député peuvent être pris en charge.
Eh bien, je considère que nous rentrons parfaitement dans cette définition.
Dans ce code de bonne conduite.
Exactement.
Bien. Marine Le Pen, le Covid, campagne de vaccination, une réussite pour Emmanuel Macron ?
Non, on ne peut pas dire que c'est une réussite. Alors que nous avons 15%.
Même le patron de Moderna le dit. Quel succès la campagne vaccinale en France ?
Oui, enfin, quel succès pour ces caisses sûrement, mais en l'occurrence, ça n'est pas un succès national. Et je le regrette, croyez-moi bien. 15% des Français qui ont reçu une double vaccination, 35% seulement au bout de 5 mois qui ont reçu une vaccination par rapport à d'autres pays. Je pense à Israël, 60% de la population qui est vaccinée. Je pense à la Grande-Bretagne. On ne peut pas dire que la campagne de vaccination française soit une réussite. Et pour une raison simple, c'est que nous avons perdu énormément de temps et nous avons énormément de mal à rattraper ce temps perdu.
Mais vous-même, vous disiez vous-même, je me souviens, 20 millions de vaccinés au mois de mai, c'est impossible. Ah non, je n'y arriverai pas. Si, si, si. Mais ça ne marchera pas, c'est ce que vous disiez. Mais si ! Mais non, mais... Vous savez ce que je vais instaurer à la rentrée ? Je vais aller reprendre toutes les déclarations des uns et des autres et nous les diffuserons. Comme ça, ce sera beaucoup plus simple. Mais M. Bourdin,
je suis navrée de vous rappeler que depuis un an, le gouvernement a raconté n'importe quoi. Que par conséquent, qu'à la suite des masques, à la suite des tests, à la suite de tout le reste, on s'interroge sur les capacités du gouvernement à respecter ses promesses, c'est assez naturel, il faut bien le dire. Ce que je note, encore une fois, c'est qu'aujourd'hui, cinq mois après le début de la campagne de vaccination, nous avons encore des taux de vaccination qui sont faibles. Voilà. Et qui sont en tout cas très éloignés des taux qui sont nécessaires pour espérer un retour total à la normale.
Les régionales, quel est votre objectif ? Marine Le Pen ?
Gagner des régions.
Combien ? Je ne peux pas vous le dire. Non. L'échec, ce serait de ne gagner aucune région.
Mais si nous ne gagnons aucune région, c'est qu'il y aura des manœuvres comme ça a été le cas lors des dernières élections. Je vous le rappelle.
Ou votre impossibilité à créer des alliances.
Non, M. Bredin, s'il s'agit de faire alliance avec En Marche, effectivement, pour moi, c'est impossible. À la différence de LR...
Avec LR, c'est possible.
Non, mais ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est... C'est le sujet
du second tour.
Avis aux électeurs. Si vous ne voulez pas voter pour une liste sur laquelle il y a des gens qui soutiennent Emmanuel Macron ou qui votent pour Emmanuel Macron, ne votez pas pour les listes LR. Pas seulement en PACA, mais aussi dans les Hauts-de-France, mais aussi en Ile-de-France. En revanche, si vous voulez être sûr que sur la liste, il n'y a aucune personne qui soutient la politique gouvernementale, alors il faut voter pour le Rassemblement National.
Est-ce que Nadine Mourano et Éric Ciotti feraient de bons ministres d'une présidente Marine Le Pen ? Pourquoi pas ? Mais pourquoi pas ? Vous les prendriez ? Vous leur proposeriez ? Est-ce que vous les sentez
plus proches de vous ou plus proches d'Emmanuel Macron aujourd'hui ? Je les sens plus proches de moi que d'Emmanuel Macron. Ils le sont. Ça me paraît clair. Mais ce que je viens leur dire surtout, dépassons les étiquettes encore une fois. Je veux faire un gouvernement d'union nationale. Ce n'est pas une question de gauche ou de droite. C'est autre chose que cela. Et dans ce gouvernement d'union nationale, compte tenu de la situation, j'ai besoin de gens qui aiment la France et qui veulent donner leur énergie, leur conviction, leur temps, leur compétence pour la France. C'est ma seule condition.
Marine Le Pen, vous vous réjouissez du retour de Karim Benzema en équipe de France de football pour l'euro ?
Je vous l'ai déjà dit, je suis assez novice en football. Oui, oui, ça, oui, ça, je, mais... Bon, voilà, M. Benzema a eu un comportement par le passé qui était critiquable. J'espère que M. Deschamps, bon, j'espère que M. Deschamps s'est assuré auprès de lui qu'il correspondrait... J'ai entendu Jordan Bardella
et beaucoup d'autres au Rassemblement national
critiquer ce retour. Non ? Je ne crois pas. Mais vous ne me dites pas non. Non, je ne sais pas. Bon, je ne crois pas. Je ne crois pas que... Jordan Bardella, je ne crois pas qu'il se soit... Ah, si, si, si. Non, il me semble avoir entendu M. Bourdin. Vous ne pouvez pas faire comme ça non plus. Je ne vais pas comme ça,
Marine Le Pen. Il me semble avoir entendu... Enfin, c'est... Jordan Bardella a critiqué le retour de Karim Benzema en équipe de France. Le choix de Didier Deschamps. En rappelant ce qui est faux que Karim Benzema aurait dit qu'il n'était finalement en France et en équipe de France juste que pour le côté sportif que le reste ne l'intéressait pas.
M. Bourdin, il me semble avoir entendu moi Jordan Bardella dire à peu près la même chose que moi à savoir qu'il espérait que le comportement futur de M. Benzema correspondrait au valent du sport. Mais pourquoi le comportement passé est condamnable ? Mais M. Bourdin, invité Jordan Bardella, d'accord ? Il sera invité.
Mais évidemment qu'il sera invité. Non, mais je sais que...
M. Bourdin, je sais que l'heure est aux frivolités.
Mais ce n'est pas de la frivolité. Je le sais.
Je sais que le président de la République qui d'ailleurs ne m'apparaît plus du tout à la hauteur de sa fonction se perd manifestement dans l'insouciance, la frivolité, ce qui m'apparaît totalement en contradiction avec les épreuves que les Français vivent aujourd'hui. Mais je n'entends pas, moi, me laisser aller à ce que je considère comme une dérive. Je pense que les dirigeants politiques dans notre pays ont des choses extrêmement importantes à dire aux Français et à faire pour eux. Alors, vous faites allusion à la vidéo avec McFly et Carlito. En matière de justice, en matière de sécurité. Vous n'aimez pas les métalleux ? M. Bourdin.
Oui.
Expliquez-moi. Dans cette séquence...
Vous l'avez vu ? Vous l'avez regardé ? Oui. Vous l'avez aimé ou pas ?
Non, M. Bourdin. Encore une fois, je considère que le président n'est plus à la hauteur de sa fonction. Et je me pose la question à l'issue de cette vidéo. Quel est le bénéfice pour le pays ? Qu'est-ce que ça a apporté au pays ? Et même, qu'est-ce que ça a apporté aux jeunes ?
De parler, peut-être. De parler à des jeunes à travers des youtubeurs célèbres que sont McFly et Carlito.
Alors, nous avons une divergence d'appréciation. Car moi, je considère qu'il faut prendre les jeunes au sérieux. Je pense que les problèmes auxquels ils sont confrontés aujourd'hui sont des problèmes extrêmement sévères. Et c'est la raison pour laquelle j'ai proposé des mesures pour leur aider à créer des entreprises, pour développer l'apprentissage et l'alternance pour qu'ils arrivent à trouver des emplois, pour faciliter pour eux le fait de fonder une famille et de pouvoir acheter un logement. Moi, je veux qu'on traite les jeunes avec le sérieux nécessaire. Leurs problèmes sont énormes. énormes. Énormes. Et c'est à nous de les régler.
Merci Marine Le Pen d'être venue nous voir ce matin sur RMC et sur BFM TV.
Marine Le Pen