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interviewRMC — Face à Face· 31 août 2021 20 min

L'invité de Bourdin Direct : Benoît Payan - 31/08

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct.

0:05
Benoît Payan

Jean-Jacques Bourdin. Benoît Payan, bonjour. Bonjour Jean-Jacques Bourdin. Merci d'être avec nous. Première invitation pour vous. Vous êtes le maire de Marseille. Le maire socialiste de Marseille. Cette ville, Marseille, que le président de la République va visiter. Il va venir chez vous pendant trois jours. Benoît Payan, vous avez 42 ans. Vous êtes le plus jeune maire de Marseille dans l'histoire de la ville. C'est bien cela, Benoît Payan. Je voudrais commencer avec la situation sanitaire à Marseille. Est-ce que la vaccination, par exemple, 35% de la population vaccinée dans les quartiers nord, beaucoup plus dans les quartiers plus riches de la ville. Pourquoi ?

0:49
Présentateur

C'est ce qui se passe dans beaucoup de villes qui ont à la fois une population aisée et à la fois une population qui ne l'est pas. Les quartiers difficiles, les quartiers populaires sont des quartiers compliqués à aborder. Et donc il faut mettre le paquet autour de tout ça. Donc ça n'a pas été fait. En tout cas, on a fait et on fait le maximum et on doit continuer. Mais c'est évident, on sait bien qu'à Marseille, à Paris ou ailleurs, dans toutes les villes, on a des endroits où on se vaccine plus ou moins. Qu'est-ce qu'on fait, Jean-Jacques Bourdin ? On ne peut pas rester les bras croisés face à ça. On ne peut pas dire, tiens, c'est plus difficile dans les quartiers nord.

On est allé, installé, et on y va à fond, des centres de vaccination, dans des centres commerciaux, au pied des cités. On incite les gens à venir se faire vacciner. On explique le pourquoi du vaccin. Il y a de la réticence dans certains quartiers. Il y a des doutes et c'est normal. Et des colères. Des colères, des inquiétudes. Et donc, il faut les lever. Il ne suffit pas de venir sur le plateau de Jean-Jacques Bourdin pour dire, moi je sais comment faire.

1:37
Benoît Payan

Ça, ça n'existe pas. Oui, c'est sûr. Efficace pour accélérer la vaccination, le pass sanitaire ? En tout cas... Est-ce que le pass sanitaire est efficace pour accélérer la vaccination ?

1:45
Présentateur

On a vu au début de l'obligation du pass sanitaire une augmentation des vaccinations. Évidemment, des gens qui se disaient on ne sait pas trop ce qu'on va faire, contraints ou pas, de bon esprit ou pas, sont allés se faire vacciner. On a vu par exemple au stade Vélodrome, qui est un centre de vaccination, le plus grand centre de vaccination de France, un nombre de personnes venir très important. Et ça a continué. Et ça continue encore. Vous défendez le pass sanitaire ? Je pense qu'il peut, il doit être nécessaire. Il a peut-être été mal expliqué. Il est mal compris. Il est nécessaire ou indispensable ? Il est mal compris. Les choses ne sont pas si simples.

Enfin, on pourrait dire je crois au blanc, je crois au noir. Ce n'est pas mon cas. Et je suis persuadé que vous non plus d'ailleurs. Dans certains cas, c'est nécessaire. La nuance est importante. Dans certains cas, c'est nécessaire. Dans d'autres cas, ce n'est pas forcément nécessaire. Et donc, il faut encore une fois, plutôt que d'imposer les choses, plutôt que d'y aller à coup de menton, si on explique les choses, je suis sûr qu'on peut se comprendre, y compris si on a des différences. Sur la question du pass sanitaire, c'est la même chose.

2:40
Benoît Payan

Il y a un homme à Marseille qui est plus célèbre que vous. Didier Raoult. Pas qu'un. Oui, pas qu'un. Mais Didier Raoult en particulier, officiellement à la retraite. Aujourd'hui, ce soir, en tant que professeur des universités, Didier Raoult va quitter l'IHU, la présidence de l'IHU. Doit-il la quitter d'ailleurs, cette présidence ?

3:00
Présentateur

Écoutez, moi, c'est très difficile pour moi de commenter est-ce qu'on est à la retraite ou pas à la retraite.

3:04
Benoît Payan

On peut cumuler emploi et retraite.

3:07
Présentateur

Il a 70 ans, ce soir, il dirige l'IHU, il a dirigé pendant très longtemps l'IHU, il l'a créé. Il est temps qu'il passe la main. Dans les discussions qu'il a dû avoir et qu'il a avec sa direction, les faits sont tombés. Sa direction lui demande de prendre sa retraite. Est-ce que je vais commenter ce genre de choses ? Certains peuvent le regretter, d'autres non. Il ne s'agit pas de commenter, il s'agit de se positionner. Par rapport à la loi ? Non. On respecte la loi.

3:31
Benoît Payan

Vous respectez la loi. Mais la loi lui permet

3:33
Présentateur

de cumuler emploi, retraite. Mais la décision qui a été prise, c'est qu'il ne cumule pas emploi et retraite. C'était compliqué pour Didier Raoult de diriger l'IHU à mi-temps ou à la retraite. Et objectivement, il faut que les uns et les autres on passe à autre chose.

3:50
Benoît Payan

Donc, on passe à autre chose. Donc, Didier Raoult part à la retraite. Je le crois. Bon. Masque obligatoire dans les cours de récréation des collèges et lycées. J'ai vu dans les Bouches-du-Rhône. Taux d'incidence le plus élevé de métropole des Bouches-du-Rhône. Purificateur d'air dans les écoles à Marseille. Oui, on va tenter ça.

4:09
Présentateur

On en a commandé un nombre conséquent. On va essayer école par école. Toutes les écoles ou pas ? Ça coûte cher. Ça coûte cher. Toutes les écoles n'ont pas la même spécificité. Il y a des écoles dont on sait qu'elles sont parfaitement aérées. Des écoles dont on sait qu'elles ne présentent pas de risque parce qu'elles sont modernes. On a aussi des écoles à Marseille et vous le savez, on en parlera, qui sont dans une situation compliquée. Et là, il faut installer bien évidemment les purificateurs d'air. Il faut installer les détecteurs de CO2. Il faut travailler là-dessus. C'est clair. Est-ce que la ville de Marseille va accueillir des réfugiés afghans ?

Écoutez, si l'État accepte que des réfugiés viennent en France, la ville de Marseille, elle prendra sa part. La ville de Marseille, elle est comme les autres villes de France.

4:48
Benoît Payan

D'autres villes, Strasbourg ou d'autres, ont dit qu'on va accueillir des réfugiés. Je ne sais pas si pour l'instant ils sont accueillis.

4:54
Présentateur

Comme nous.

4:55
Benoît Payan

Vous aussi.

4:56
Présentateur

Vous êtes prêts à accueillir combien ? Comme moi. Écoutez, on verra encore une fois, ça dépend de combien est-ce qu'on est capable d'en prendre. C'est un débat compliqué. En accord avec l'État. Pourquoi ? Bien sûr. Écoutez, moi, je ne suis pas ministre des Affaires étrangères et je ne décide pas de la manière dont les Afghans arrivent en France. Ce n'est pas mon sujet, ce n'est pas mon job. La France, avec les pays alliés, l'Occident, il y a 20 ans, est allée mener une guerre en Afghanistan. C'était une guerre contre Al-Qaïda, contre le terrorisme, contre la terreur. On y est allé, on a mis en place un gouvernement, des gens nous ont aidés, ont travaillé pour la France.

Des Afghans ont travaillé pour la France. La France, c'est censé être le pays des droits de l'homme. C'est un pays qui donne beaucoup de leçons de démocratie de par le monde. Et là, il faudrait qu'elle reste silencieuse quand on voit ce qui est en train de se passer quand on voit les risques que des femmes et que des hommes prennent la mort parce qu'ils nous ont aidés, parce qu'ils ont travaillé pour la République. Moi, ce n'est pas l'idée que je me fais de la République. Et avec d'autres maires, de droite et de gauche, on a pris la décision de respecter finalement ce qu'on est, notre histoire. Bien sûr que ce n'est pas facile, bien sûr que c'est difficile.

On n'a pas forcément envie de créer des polémiques. Mais c'est quoi finalement notre humanité si ce n'est se dire qu'il y a des gens qui meurent de l'autre côté de la planète, peut-être à cause de nous et on garde les yeux fermés ?

6:10
Benoît Payan

Je ne crois pas à ça. Oui, Marseille, ville d'accueil. Oui. Ville d'accueil. Benoît Payan, la politique, avant de parler de la visite du président de la République, la politique. Hubert Falco, que vous connaissez bien, maire de Toulon, ville voisine, apporte son soutien à Emmanuel Macron. Vous aussi ? Je parle de la présidentielle. Non, mais je parle de la présidentielle.

6:31
Présentateur

J'ai compris, je crois d'ailleurs, comprendre que ce n'est pas le seul maire de droite qui va apporter son soutien au président de la République. Vous pensez à qui ? Christian Estrosi ? Par exemple. Qui sera mon invité demain ? Très bien, vous lui poserez la question. Ben évidemment, je lui poserai la question. S'il y répond, non, mais vous n'êtes pas là-dedans. Est-ce que j'apporte mon soutien à Emmanuel Macron ? Mais Emmanuel Macron, ce n'est pas ma famille politique, ce n'est pas l'inclinaison de ma pensée. Vous ne travaillerez jamais

6:52
Benoît Payan

avec lui. Je ne parle pas de Marseille. On travaille sur Marseille. Sur le plan national, vous ne seriez jamais ministre d'Emmanuel Macron ? Jamais. Jamais ? Jamais. Jamais. Bon, d'accord. Vous avez choisi Anne Hidalgo pour la présidentielle.

7:06
Présentateur

Cette question ne peut pas se poser. En fait, moi, pour l'instant, je suis à Marseille. On va s'occuper de Marseille. Je comprends qu'on est sur RMC. Il n'y a pas que les Marseillais qui nous écoutent. Je ne suis pas sûr que les gens de Trasbourg soient très intéressés par savoir ce que je vais faire à l'élection présidentielle. Non, si, c'est intéressant. On va travailler pour Marseille, si vous le voulez bien. Ça fait six mois que je suis ici. Je suis d'accord, Benoît Payam. Je comprends. C'est intéressant. Mais pour vous, pour vous, et c'est normal. Mais pour les Marseillais aussi. Et c'est naturel.

7:29
Benoît Payan

Un rapprochement Paris-Marseille, c'est formidable. On sait se tenir la main. On sait se tenir la main. Il n'y a pas de sujet. Oui, oui, non mais d'accord. Mais enfin, Anne Hidalgo, bonne candidate, elle va être. Mais si, elle est candidate. Mais elle va être candidate.

7:41
Présentateur

On lui posera la question. On verra. Vous la suivrez ? On verra à ce moment-là. Il n'y a pas de raison de toute façon que je change de vie en cours de groupe. Le maire de Marseille qui se range derrière le maire de Paris, c'est formidable. Je n'ai jamais varié dans mes convictions et je ne le ferai pas Jean-Jacques Bourdin la semaine prochaine, le mois prochain ou l'année prochaine.

7:58
Benoît Payan

Bon. Un mot de foot. Nice-OM, match à rejouer à huis clos, probablement. Il faut le rejouer. C'est la bonne décision ? Oui, c'était pas... C'était pris, mais c'est la décision qui se décide.

8:08
Présentateur

Elle était un peu honteuse cette décision de faire reprendre le match dans des conditions improbables pour les joueurs, dans des conditions inacceptables. Donc, il faut le rejouer. Il faut le rejouer.

8:16
Benoît Payan

Bien. Emmanuel Macron à Marseille, trois jours, donc. Trois jours avec trois sujets forts. L'éducation, la rénovation urbaine, les transports et puis la sécurité. Je vais commencer avec l'éducation. Pourquoi ? Parce qu'à Marseille, il y a beaucoup, beaucoup d'écoles qui sont dans une situation catastrophique. Je parle des locaux. Des locaux de ces écoles. C'est ça. Des labrés. Vous ne vous croyez pas. Des labrés. On dit que le président de la République arrive avec, en poche, 1,2 milliard d'euros pour rénover les écoles marseillaises. Je ne crois pas que ce soit ce chiffre. Pas ce chiffre-là. C'est bien.

8:48
Présentateur

J'en serais ravi. Pour l'instant, on n'en sait rien. Le plan, pour commencer à rénover les écoles à Marseille, pour s'attaquer aux durs et aux écoles les plus inacceptables, c'est 1,2 milliard d'euros. 1,2 milliard d'euros. Toute la question est de savoir quelle va être la part de l'État. Nous, ville de Marseille, on prendra notre part sur la part de l'État. Ça veut dire que vous allez engager 1,2 milliard d'euros et c'est nécessaire.

9:11
Benoît Payan

État et ville ensemble. État et ville ensemble. Et il faut le faire. Ce qui fait, ce qui met en colère certains élus, vous le savez bien. Qui ça ? Certains élus qui sont en colère. Pourquoi ? En disant que l'État va avoir droit de regard sur le fonctionnement des écoles marseillaises.

9:29
Présentateur

Mais quand on fait un partenariat, quand on est capable de discuter, on est capable de trouver des compromis. Certains préfèrent

9:34
Benoît Payan

un partenariat avec le privé.

9:36
Présentateur

Il ne s'agit pas... Oui, mais enfin, c'est illégal et vous avez dû suivre l'actualité marseillaise. Moi, je préfère un partenariat public-public qu'un partenariat public-privé. Je crois que les écoles ne peuvent pas être dans les mains de grands promoteurs ou de grands constructeurs. Je crois qu'on doit garder la main là-dessus. Et l'État et la ville de Marseille, ensemble, doivent redonner de la dignité aux écoles marseillaises. À l'école, on apprend à devenir une femme ou un homme. À l'école, on apprend à se grandir et à s'émanciper. Les petits marseillais, ils n'ont pas cette chance pour beaucoup d'entre eux. Les écoles, elles sont dans un état indigne.

Il y a des écoles où il pleut, où il y a des rats, où dans les infirmeries, il y a de l'amiante. Vous entendez ce que je vous dis ? De l'amiante. Vous pensez que c'est acceptable. Vous pensez que c'est supportable. Et donc, on ne pouvait pas rester les bras croisés. Moi, quand avec cette majorité, on s'est mis au travail et qu'on a évidemment vu la situation financière corrélée à la situation des écoles, on s'est dit qu'on a un vrai sujet. Et j'ai fait le choix d'aller voir le chef de l'État. Il n'y avait pas de raison de lui masquer la situation. Il n'y avait pas de raison de maquiller la situation. On peut être très fier d'être marseillais. On l'est. Je n'ai pas de sujet.

Mais il y a une vérité. Cette ville, elle n'est pas moins française que les autres. Cette ville, elle doit compter pour le pays. Cette ville, elle a pris sa part dans l'histoire du pays. Tout au long du XXe siècle, elle a pris sa part dans les difficultés du pays. Elle doit représenter un avenir pour le pays. Ce pays, il a besoin d'avoir une grande capitale du Sud. Cette grande capitale, c'est Marseille. Mais pour ce faire, elle doit s'en donner les moyens. Et on commence par quoi ? Par l'essentiel. Par le cœur nucléaire les écoles, les enfants. C'est là qu'on devient quelqu'un d'autre. Qu'on s'améliore.

11:07
Locuteur

Tous.

11:09
Présentateur

Quand je regardais les écoles, j'avais honte. Et c'est normal. J'avais honte. On dit qu'il y a

11:13
Benoît Payan

au moins 300 écoles

11:15
Présentateur

à rénover dans la ville de Marseille. Peut-être pas 300, mais presque 300. Et presque 300. Non, il y a quasiment 500.

11:22
Benoît Payan

Donc 1,2 milliards. Ça ne suffit pas pour 300 écoles. On est d'accord. 1,2 milliards. C'est pour la première tranche. C'est pour la première tranche. Ville et État. Oui. Bon. pour la rénovation des écoles. Oui. Ça, c'est le premier gros chantier. Oui. Premier gros chantier qui va peut-être permettre aussi de lutter indirectement contre les trafics dans les quartiers nord de la ville. D'abord, on parlera de la situation.

11:42
Présentateur

On parlera de la situation, bien évidemment. Oui, on va en parler. On sait que ça compte. On sait que l'éducation, c'est un moment et un élément essentiel. Ça va compter pour ces questions-là. Et puis, c'est aussi quelque chose qui va nous permettre de faire travailler les entreprises marseillaises. Ça va être le plus grand chantier local du pays. Ça va être la plus grande opération de rénovation foncière du pays. Ça va permettre de créer des milliers d'emplois. Vous entendez le chiffre ? Ça va permettre de remplir les carnets de commandes des entreprises marseillaises pour les cinq ans qui viennent. Donc, c'est une opération qui va apporter une dynamique à la ville. On rénove les écoles.

On réinvestit des quartiers qui sont oubliés. On va là où personne n'a jamais été. On crée les conditions pour créer de l'emploi, de la richesse et remplir les carnets de commandes. C'est comme ça qu'on doit voir les choses.

12:29
Benoît Payan

Et on rénove aussi les immeubles vétustes, notamment du centre-ville de Marseille.

12:34
Présentateur

Du centre-ville et les copropriétés dégradées des quartiers nord. Des quartiers nord. Et aussi le logement social

12:39
Benoît Payan

dans les quartiers nord. Et aussi le logement social. C'est une nécessité. Huit ans. Huit ans à Marseille pour obtenir un logement social. Huit ans d'attente aujourd'hui.

12:47
Présentateur

Il en manque des logements sociaux. Et d'ailleurs, moi, je demande depuis le début la possibilité de créer plus de logements sociaux à Marseille. D'installer du logement accessible dans beaucoup d'autres quartiers de la ville. Pas de concentrer la misère au même endroit. Il y a un vrai problème. Il y a un problème pourquoi, Jean-Jacques Bourdin ? Il y a 30 000 logements vides dans cette ville. C'est-à-dire qu'en fait, il y a 16 arrondissements à Marseille. Il y en a un 17ème. C'est les logements vides. Ça correspond à un arrondissement entier. On pourrait loger 90 000 personnes dans les logements vides à Marseille. Et donc, ça doit nous interroger.

Qu'est-ce qui s'est passé dans cette ville, dans une ville où il faut 8 ans pour pouvoir avoir un accès à un logement ? Qu'est-ce qui s'est passé pour qu'il y ait 30 000 logements vides ? On ne peut pas rester les bras croisés là aussi. On a besoin de l'État, de la métropole, du département sur ces questions-là.

13:35
Benoît Payan

Est-ce que le président de la République va annoncer la création d'un établissement public de la mobilité ? Du Grand Marseille, un peu, à l'image du Grand Paris ? Je pense que c'est nécessaire.

13:45
Présentateur

Je crois que c'est obligatoire. Marseille, j'en sais rien. Je ne sais pas vous savez beaucoup de choses quand même. Vous avez préparé cette venue, j'imagine. Oui, ça peut vous paraître bizarre, mais le chef de l'État ne m'a rien dit. Rien ? Non, rien. J'imagine que les annonces vont être à la hauteur. Personne ne pourrait imaginer, vu les attentes colossales, vu la situation, que le président vienne trois jours à Marseille pour faire un tour. Je crois que ce n'est pas trop l'inclinaison de sa pensée. Je ne crois pas que ce soit trop son truc. Ce n'est pas le mien non plus. Mais je ne sais rien. Sur cette question des transports, allez-y, parce que c'est essentiel, bien sûr.

Et vous aimez cette ville et vous la comprenez. Elle est immense. Elle fait deux fois Paris, elle fait cinq fois Lyon, cinq fois Lille. Jean-Jacques Bourdin, il y a deux lignes de métro à Marseille. C'est Gaston Defer qui les a inaugurées. En 1977. Emmanuel Macron n'était pas né et moi non plus. Ce qui veut dire qu'en quasiment un demi-siècle, le dernier demi-siècle, rien ne s'est fait en termes de métro à Marseille. Vous imaginez, entre la fin du XXe siècle et le début du XXIe siècle,

14:46
Benoît Payan

rien n'est fait. Et pas plus, par exemple, de lignes de tramway qu'à Orléans. Je prends juste cette comparaison. Et même un peu moins de kilomètres.

14:53
Présentateur

Et même un peu moins de kilomètres. Ce qui veut donc dire qu'il faut là aussi massivement investir. Ce n'est pas possible d'avoir des quartiers qui ne sont pas accessibles. Ce n'est pas possible d'avoir une ville où on a du mal à se déplacer. Ça fait d'ailleurs de Marseille la ville quasiment la plus embouteillée de France. Quasiment la ville la plus polluée de France. Ça ne peut pas durer cette histoire non plus. Et donc, l'État ne peut pas faire comme si ça n'existait pas. L'État ne peut pas donner à la région parisienne ou à d'autres, et c'est très bien, un certain nombre de dotations, et ne pas les donner à Marseille ou à cette région. Pas parce qu'on le mériterait.

Pas parce qu'on fait l'aumône. Moi, je ne veux pas de chèques. Je veux juste qu'on reconnaisse le rôle de cette ville. Cette ville, elle peut, elle va,

15:32
Benoît Payan

elle doit jouer un rôle. Benoît Payan, puisqu'on parle de mobilité, 30 km heure bientôt dans toute la ville de Marseille, c'est à l'étude ? Pour l'instant, on y réfléchit.

15:45
Présentateur

Les transports en commun, il y a des mois de lourds, des mois de doux, de l'autopartage, des pistes cyclables. On n'y est pas encore. Malheureusement, on n'y est pas encore. On a hérité d'une ville qui a 30 ans de retard. Et donc, on va d'abord rattraper une partie du retard, et ensuite, on passera à... 30 km heure, c'est moins de bruit. Pour toute la ville, c'est très compliqué. Elle est immense. Dans le centre-ville, on réfléchit même à piétonniser de plus en plus. Et ça, on peut le faire très rapidement. On a commencé à le faire. Le centre-ville à 30 km heure, oui. En tout cas, c'est aujourd'hui. Oui, c'est aujourd'hui. Dans les cartons, ce n'est pas fait.

C'est dans les cartons, oui, c'est aussi... Ça va être fait. C'est même un peu moins, Jean-Jacques Bourdin, vu le nombre d'embouteillages à Marseille. Oui. Des fois, la moyenne est bien inférieure. Est bien inférieure.

16:29
Benoît Payan

Bien, parlons de la sécurité à Marseille. Évidemment, c'est l'un des sujets aussi que le président de la République va aborder lors de sa venue. La sécurité. On n'a même pas assez de voir votre ville à la une de l'actualité. De l'actualité criminelle. Bien sûr. D'abord, c'est une ville où... Règlement de comptes, trafic de stupéfiants, Marseille, Marseille,

16:52
Présentateur

la ville du crime. Oui. Oui. Je sais qu'on peut aimer ce genre de showroom.

16:58
Benoît Payan

Non, mais je vous dis ça. Je ne l'affirme pas. Je ne l'affirme pas.

17:02
Présentateur

On pourrait le croire. Je dis, moi, je serai maire de Marseille. On essaie d'en parler. J'en aurais assez. On essaie d'en parler sereinement. Oui, allez-y. On prend du temps. Allez-y. C'est une ville où il y a de la délinquance. Pas beaucoup plus qu'ailleurs. Il faut lutter contre cette délinquance. Il y a un travail remarquable qui est fait par la police. Il y a un travail remarquable qui est fait par les services de l'État, de la mairie et des collectivités. On essaie de faire ça. Et puis, il y a du crime. Et ça, ce n'est pas la même chose. Et puis, il y a des trafics d'armes. Des trafics en tout genre. Et des gens qui se tuent trop.

Et non seulement j'en ai assez, mais je ne l'accepte pas. Vous savez, il y a des gens qui, avant moi, il faut être plaisant de dire ça, c'est pathétique. J'ai honte pour ceux qui disent ça. Je ne peux pas accepter que quelqu'un perde la vie à 14 ans parce qu'il est impliqué ou pas d'ailleurs dans un trafic. Je ne peux pas accepter qu'on perde la vie à 20 ans ou à 30 ans comme si c'était normal. De quoi on parle ? On ne parle pas de minots, de jeunes avec deux barrettes de chute dans la poche et qui courent. On parle de trafics internationaux. On parle d'une mafia et de cartels. Jean-Jacques Bourdin, je vais au bout. À Marseille. Je vais au bout.

Mais bien évidemment, les connexions sont internationales. Il y a des millions d'euros en jeu. Et donc, moi, j'ai demandé à l'État, bien sûr, plus de police, il en faut. Il en faut. On a besoin... 800 policiers. Il en manque 800. On en a besoin. Il faut qu'ils arrivent. Je dois avouer que le ministre de l'Intérieur là-dessus a fait une promesse et qu'il commence à la tenir. J'ai vu arriver des policiers, une centaine. Il va en manquer d'autres. Il en faut. Mais il nous faut quoi ? De la police scientifique. Il nous faut de la police financière et de la police judiciaire.

Encore une fois, il ne s'agit pas simplement, même s'il faut le faire, de courir derrière des petits qui ont des barrettes. Il faut relever et il faut aller là où il y a de l'argent blanchi, là où il y a de l'argent sale, dans les écrans de fumée. Puis il nous faut, Jean-Jacques Bourdin, des magistrats. Oui. Ça ne marche pas de s'attaquer. Ça ne marche pas de s'attaquer à des cartels, à une mafia internationale avec des policiers en tenue, même s'il en faut. Sur la GIRS, c'est-à-dire la GIRS, c'est la juridiction spécialisée de Bastia à Nice, de Nice à Perpignan. Il y a huit procureurs, huit juges d'instruction pour dix millions d'habitants. Vous pensez que ça suffit ?

Vous pensez qu'on peut faire la République, respecter les lois sans magistrats ? Vous pensez que ça suffit ? C'est ce que vous allez dire au président de la République. C'est ce que vous allez demander au président de la République. Et je lui redirai. Et je lui redirai. Il faut quelque chose de global pour lutter contre ce crime organisé. On n'est pas dans des voies de fait. On n'est pas dans la petite délinquance. Il faut lutter contre. Ça emmerde tout le monde. Ça ennuie tout le monde. C'est insupportable. Je ne l'accepte pas. Mais les gens qui se tuent, ce n'est pas la même histoire. On a affaire à des cartels,

19:46
Benoît Payan

à des mafias. Benoît Payan, Emmanuel Macron va venir. Emmanuel Macron parle souvent de Marseille. Est-ce qu'il aime vraiment cette ville ? Est-ce que vous le sentez sincère ? En tout cas, il en parle bien. Vous avez des doutes ou pas ?

19:58
Présentateur

Sincèrement. S'il disait ça à d'autres villes, Jean-Jacques Bourdin, s'il racontait la même chose d'autres villes, je pourrais avoir des doutes. Mais il se trouve qu'il ne parle que de Marseille dans ces termes. Donc, il a plus que le bénéfice du doute sur cette question-là. Mais vous savez, je suis un peu comme Saint-Thomas. Je ne crois que ce que je vois. Vous êtes prêt pour le rejoindre, presque. Je ne le crois pas, non. Bon, d'accord.

20:22
Benoît Payan

Merci, Benoît Payan. Il est 8h54. Vous êtes sur RMC.

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