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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 17 janvier 2022 83 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsDéfense

Contre-Matinale #72 | Présidentielle 2022 : Le peuple peut-il renverser le système ?

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 54 %Défensif 16 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 16:18OuverteRéponse directe

    Vous êtes candidate à la présidentielle d'avril prochain pour Lutte Ouvrière. Le peuple peut-il renverser le système ?

  • 16:48OuverteRéponse directe

    La grève des enseignants a eu lieu jeudi dernier. Quel est votre avis sur ce mouvement ?

  • 24:36RelanceRéponse directe

    Êtes-vous d'accord avec François Ruffin sur le pass vaccinal ?

  • 27:48OuverteRéponse directe

    Que pensez-vous du système de parrainage pour la présidentielle ?

  • 31:25OuverteRéponse directe

    Christiane Taubira est candidate. Quel regard portez-vous sur sa candidature ?

  • 37:46RelanceRéponse directe

    Votre programme vise le renversement du capitalisme. Comment cela peut-il sortir des urnes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:13PrésentateurChiffre
    « « Un rapport d'Oxfam, l'ONG Oxfam, montre que la fortune des plus riches de la planète a davantage augmenté depuis le début de la pandémie qu'en une décennie. En France, ils ont engrangé 236 milliards d'euros. » »
  • 9:30InvitéFait
    « Il faut frapper le parasitisme. Et pour cela, il faut le blocage des prix de première nécessité. »
  • 10:12InvitéPromesse
    « Au moment où les revenus des milliardaires ont augmenté de 30 et de 40%, nous allons augmenter le salaire minimum dès le premier jour à 1 400 euros net. »
  • 23:31InvitéFait
    « Vous avez créé une sous-citoyenneté. Les irresponsables ne sont plus des citoyens, déclare le président de la République et je ne lui reprocherai pas sa sincérité. »
  • 26:05InvitéFait
    « Comment on aurait dû mettre des places dans les écoles d'infirmières ? Comment on aurait dû ouvrir des formations pour les aides-soignantes ? »
  • 33:55InvitéFait
    « La suppression de lits dans les hôpitaux. Ça a été aussi le recul des droits à la retraite. »
  • 38:18InvitéFait
    « Non, si les élections ont changé quoi que ce soit, ça se saurait. »
  • 38:32InvitéFait
    « Pourquoi ? Parce qu'il restera des riches et des pauvres, parce qu'ils retourneront bosser, parce que l'exploitation, elle sera toujours là. »
  • 39:04InvitéFait
    « qu'on se protégera nous-mêmes au travers de nos luttes, de notre rapport de force »
  • 39:19InvitéFait
    « c'est cette politique-là que je défends »
  • 42:58InvitéFait
    « 30% sur les salaires, ça a été mai 68 »
  • 43:30InvitéFait
    « un rapport de force électoral qui s'est arrêté au pied de la propriété privée capitaliste à chaque fois »
  • 44:57InvitéFait
    « Dans le gâteau, tout doit aller au monde du travail parce que c'est le monde du travail qui fait tout »
  • 45:12InvitéPromesse
    « je ne suis pas candidate pour m'asseoir dans le fauteuil de la présidence de la République »
  • 48:09InvitéPromesse
    « Je dis un SMIC à 2 000 euros net »
  • 1:00:13InvitéFait
    « Jean-Yves Le Drian a très bien dit que dans les prochains jours l'Union Européenne allait prendre des sanctions à son tour contre le Mali »
  • 1:01:40InvitéFait
    « Nicolas Sarkozy décide d'intervenir en Libye pour renverser le guide libyen Muammar Kadhafi »
  • 1:05:26InvitéFait
    « on ne pourra pas vaincre les djihadistes parce qu'on est dans une guerre asymétrique »
  • 1:06:00InvitéFait
    « on est en train de vouloir prolonger la transition tchadienne de 18 à 36 mois »
  • 1:07:02InvitéChiffre
    « il y a un déploiement de 350 à 400 soldats russes »
  • 1:07:31InvitéFait
    « j'ai pu aller documenter les exactions de Wagner contre des civils »
  • 1:08:33InvitéFait
    « on exporte une sorte de nouvelle guerre froide à trois francisous entre la France et la Russie au Sahel »
  • 1:12:36InvitéChiffre
    « les exportations du Mali vers la France c'est 9 millions d'euros par an »
  • 1:12:57InvitéFait
    « Jean-Yves Le Drian avait fait pression sur le président malien avec l'aide de l'ambassadeur de France à Bamako pour que le président malien donne le marché de confection de passeport malien à une société française qui s'appelle Auberture »

Temps de parole

  • Invité35 %
  • Présentateur28 %
  • Invité 224 %
  • Invité 35 %
  • Invité 43 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:09
Présentateur

Salut à toutes et salut à tous et bienvenue sur le plateau du Média TV. Nous sommes le lundi 17 janvier 2021 et nous sommes ensemble tous les matins, cette semaine encore, de lundi à vendredi.

Ensemble pour raconter ce moment particulier de l'histoire politique de France alors que l'élection présidentielle se rapproche ensemble pour parler de l'actualité en général avec, comme le disaient ceux qui ont forgé en Amérique du Sud la théologie de la libération, une option préférentielle pour les pauvres, pour les travailleurs et aussi pour les travailleurs privés d'emploi, pour les marginalisés, pour les discriminés, pour la France de ceux qui ne sont rien, ceux qui ne sont rien aux yeux d'Emmanuel Macron et auxquels notre confrère et collègue Taboaf s'a consacré son premier livre dont le titre est justement ceux qui ne sont rien.

Nous sommes le 17 janvier 2021, il est 7h32, la contre-matinale du Média épisode 72, c'est parti. Aujourd'hui c'est lundi et comme tous les lundis nous ferons un zap politique du week-end et d'ailleurs un peu aussi de la semaine qui vient de s'écouler. Nous le commenterons en compagnie de Nathalie Arthaud, candidate à la présidentielle d'avril prochain, pour le compte de lutte ouvrière. Nous en profiterons pour parler avec elle du projet qu'elle et ses camarades portent avec une question en toile de fond. Le peuple, le peuple des travailleurs, peut-il renverser le système ? Le système Macron bien sûr, mais surtout le système capitaliste.

Après Nathalie Arthaud, je recevrai sur ce plateau notre ami et collègue Thomas Dietrich. Ensemble on va parler du Mali, le Mali, un des pays les plus pauvres du monde, affamé par un régime de sanctions internationales auquel la France prend une part active. Officiellement parce que le régime militaire acquis et qui dirige le Mali, suite à une révolte populaire qui a débouché sur un putsch, ce régime militaire tarde à organiser des élections. Mais aussi peut-être parce que les dirigeants maliens ont choisi de faire appel à l'aide militaire de la Russie, malgré les protestations de Paris et de Washington.

Et si demain une guerre franco-russe se déroulait sur le territoire malien, ce n'est plus en l'état actuel des choses, de la politique fiction. On en parle tout à l'heure avec Thomas. Mais avant ça, une minute citoyenne avec notre socio Sandrine, qui était au meeting immersif et olfactif de Jean-Luc Mélenchon et de l'Union Populaire. Le meeting qui a fait son petit effet médiatique. Elle nous racontera comment elle a vécu tout ça. Mais commençons par la titrologie. Belle diversité aujourd'hui à la une de notre presse quotidienne avec plusieurs thèmes et sujets abordés. L'économie d'abord dans l'humanité et dans libération.

La flambée des milliardaires titre l'humanité, le quotidien d'inspiration communiste qui écrit, et je cite, « Un rapport d'Oxfam, l'ONG Oxfam, montre que la fortune des plus riches de la planète a davantage augmenté depuis le début de la pandémie qu'en une décennie. En France, ils ont engrangé 236 milliards d'euros. » Je rappelle, 236 milliards d'euros. On ne peut pas dire qu'on est étonné, mais on a le droit d'être choqué. Libé évoque une problématique qui se rapproche un peu de celle soulevée par l'HUMA. Le quotidien de centre-gauche titre, inégalité, pourquoi il faut réformer l'héritage.

Libé se réjouit que la question de la taxation des droits de succession entre enfin dans le débat présidentiel. Une question qui est, écrit Libé, un facteur majeur de reproduction sociale et d'inégalité. Petite autopromo d'ailleurs, cette thématique sera largement abordée par Lisa Lappe et Thomas Porcher dans l'instant Porcher de ce soir. Adoption, une réforme qui inquiète titre le quotidien catholique La Croix. C'est aujourd'hui que les députés examinent une proposition de loi portée par la députée LREM Monique Limon pour moderniser le système actuel. La Croix évoque les pièges d'une modernisation à tout prix de l'adoption.

Ce qui crée débat et irrite les associations spécialisées, c'est notamment le fait qu'il porterait atteinte, cette réforme porterait atteinte au principe du recueil de consentement explicite des parents biologiques à l'adoption. La France toujours malade des déserts médicaux, titre Le Figaro qui écrit, et je cite, « Les mesures d'incitation, celles qui ont été mises en place dans ces territoires, ne suffisent pas à combler les départs et reconversions de praticiens épuisés par la crise sanitaire. » Une crise sanitaire au sujet de laquelle le monde se montre optimiste. Covid-19, des signes encourageants en France, titre Le Journal, dans son édition datée de dimanche et lundi.

Premièrement, parce que la circulation virale est toujours en hausse au plan national, mais connaîtrait une décrue dans certaines régions comme l'île de France. Deuxièmement, en raison de la moindre gravité du variant Omicron, désormais largement majoritaire en France. Ces bonnes nouvelles seront sans doute mises en avant dans les recours qui seront déposés devant le Conseil constitutionnel contre la loi instaurant le pass vaccinal, car les débats houleux ont porté sur l'utilité et la proportionnalité de cette nouvelle mesure. Comme le raconte Mediapart dans un article au titre évocateur, « République du QR code, banalité du mal, le pass vaccinal finalement adopté sous les invectives ».

Pour finir, la une du quotidien pro-business l'opinion, Macron, majorité des vérités d'Edouard Philippe Angrault, l'ancien Premier ministre et maire du Havre, a créé un parti au horizon censé aider Macron à engranger des voix à droite et à recueillir le soutien d'élus de droite. Mais Macron ne semble pas intéressé par l'offre de son ancien Premier ministre, à qui il ne veut manifestement rien de voir en cas de réélection. Et du coup, le chef de l'État sortant s'oppose à la fusion entre Horizon, le parti de Philippe, et Agir, le micro-parti du ministre de la Culture, Franck Riester, qui réunit lui aussi des barons de droite macronistes.

Ce qui énerve Edouard Philippe, qui dit, selon l'opinion, et je cite, « Je ne veux pas être ministre, je ne veux pas aller à l'Assemblée, je ne demande rien, mais je n'ai pas envie qu'on m'emmerde, puisque c'est le terme à la mode ». Ce qui énerve d'autant plus Edouard Philippe, c'est que ce refus de Macron, le couple de ressources financières attendu, en gros, Emmanuel Macron, c'est un peu un ingrat, et Edouard Philippe, c'est un peu un forceur. Vous voulez marquer les esprits, un peu comme en 2017 avec le fameux hologramme de Jean-Luc Mélenchon. Cette fois-ci, les Insoumis et les membres de l'Union Populaire ont misé sur un meeting immersif et olfactif.

Alors, c'est quoi un meeting immersif et olfactif ? On va regarder quelques images pour saisir le fond et la forme de cet événement politique qui s'est déroulé hier à Nantes. Et surtout, on va en parler avec notre socio Sandrine, qui en était et qui nous racontera. On commence par les images du meeting.

7:28
Invité

Je ne peux pas aller vers ma conclusion, puisque je veux remercier les chaînes d'information continue qui me rediffusent, sans vous parler de ceux qui agitent le landerneau. J'ai beau prendre le problème par le bout que je veux et dire matin, midi et soir que je ne suis pas concerné par les aventures du centre-gauche et leurs disputes internes, on continue à me poser des questions. Et c'est sans arrêt. Et sans arrêt, je viens et je dis, alors, le désarmement spatial, oui, mais Mme Taubira, remarquez, ça me change. Avant, c'était, et la sécurité ? Mais où ? Eh bien, la sécurité en général, M. Mélenchon. Ou bien, la Russie, parce qu'il paraît que je suis suspect.

Nous ne sommes pas concernés par les mésaventures du centre-gauche. Et nous n'irons pas nous disputer avec eux, parce que nous ne sommes pas concernés par la compétition entre le parti radical de gauche de Mme Taubira et le parti socialiste de Mme Hidalgo. Pendant des années, ils ont été alliés, ils s'en débrouillent. Mais s'il vous plaît, respectez-nous. Laissez-nous faire campagne, convaincre des gens, quel est le sérieux, de gens qui prétendent être une force gouvernementale et qui, 80 jours avant l'élection, n'ont aucune certitude, ni sur le candidat, ni sur le programme. Oh là là là là ! Il faut frapper le parasitisme. Et pour cela, il faut le blocage des prix de première nécessité.

Avant que ne dévalent dans la pauvreté des millions de gens. Il faut une stricte limitation des frais bancaires qui empêche que, tels d'éthique, certains accumulent de la richesse sur les plus pauvres, sur les plus démunis, sur ceux qui sont déjà dans tant de difficultés. Il faut un partage des richesses fermes, assumées, déclarées, qui ne se cachent pas derrière des demi-expressions, des trois quarts de mots. Au moment où les revenus des milliardaires ont augmenté de 30 et de 40%, nous allons augmenter le salaire minimum dès le premier jour à 1 400 euros net.

10:29
Présentateur

Et tout aussitôt, nous allons dégager les recettes dont nous avons besoin. Alors on rappelle que nos sociaux, nos abonnés et nos donateurs peuvent participer à cette rubrique citoyenne, la minute citoyenne. En nous appelant au 01 48 37 33 20. Je pense que le numéro s'affiche à l'écran. Et là, je m'en vais parler à Sandrine. Bonjour Sandrine.

10:59
Invité

Bonjour Théophile.

11:01
Présentateur

Alors Sandrine, tu es une de nos sociaux. Tu étais au fameux meeting immersif et olfactif de l'Union Populaire à Nantes. Alors ça ressemble à quoi justement, un meeting immersif et olfactif, quand on est immergé là-dedans ? On voit des images, nous de loin, on voit la mer qui semble débouler dans la salle. On voit le monde extérieur qui semble être au milieu de vous. Mais comment ça se ressent tout ça ?

11:27
Invité

Déjà, ce qu'on ressent, c'est une très grande énergie parce qu'on était quand même très nombreux. Il y avait au total sur le site à peu près 5 000 personnes, 3 000 dans la salle et 3 000 à l'extérieur. Et quand on avait la chance d'être à l'intérieur de la salle, ce que j'ai ressenti moi, c'est qu'en fait la technologie a été mise au service du message. On n'était pas sur un show à l'américaine, on était vraiment sur des moments comme celui qui a été diffusé il y a quelques minutes, l'hymne des femmes a cappella par Nawet de Bromphy, des témoignages de gilets jaunes qui ont eu des mains arrachées pendant les manifestations, des lectures de textes par Annie Ernaud, Ronogacio, etc.

Et des images ont été mises au service, la technologie a été mise au service des messages. Et ce qui était vraiment très subtil finalement et très apaisant parce qu'on se retrouvait dans l'espace, on avait le bruit des vagues, de la mer, etc. Et pour également aider à donner de la hauteur sur des thématiques liées aussi par rapport à ce qui a été diffusé précédemment à la technologie, à l'espace, au numérique, à l'intelligence artificielle au service de l'humain, à la souveraineté des données, aux énergies renouvelables.

Et puis également pour appuyer toutes les thématiques liées à l'humain, la démocratie qui redonne le pouvoir au peuple, le combat contre le racisme, on a entendu la hausse du SMIC, la retraite à 60 ans. Voilà, donc le fait d'être immergé dans ces images et d'être un peu dans une bulle où on peut rester apaisé, concentré sur les messages, ça a été vraiment ressenti par toutes les personnes que j'ai interrogées et à qui j'ai parlé ensuite comme une vraie réussite.

13:14
Présentateur

Alors le côté olfactif, c'est quoi ? C'était des odeurs qui étaient en cohérence avec les images de la mer, de l'espace et comment tout ça s'est activé ?

13:26
Invité

Oui, alors en fait c'était des boîtiers qui étaient installés sous des sièges de militants au sein de la salle, avec une boucle télégramme qui reliait tous les militants et qui avait à des moments précis des instructions d'appuyer sur les boutons pour lancer ces odeurs. Alors, la salle était très grande, les masques n'ont pas aidé, ça a été perçu plus ou moins fort par la majorité des participants.

13:52
Présentateur

Ok, et puis à l'occasion de ce meeting, il y a eu également l'annonce de l'arrivée au sein de l'Union populaire d'Ali Rabé et de Sébastien Jumel. Je suppose que ça aussi a eu une importance dans la tête et le cœur des gens qui étaient au meeting.

14:11
Invité

Tout à fait, ça appuie également la notion d'ouverture, de rassemblement. On demande à la France insoumise de participer à des appels extérieurs, mais le Parlement populaire fait déjà ce mouvement d'ouverture et l'arrivée en effet de nouvelles personnalités qui ne sont pas forcément de la France insoumise, où étiqueter France insoumise est toujours évidemment agréable, des signes de raccordement.

14:48
Présentateur

Merci en tout cas Sandrine. On rappelle que Sébastien Jumel, c'est un parlementaire du PCF, et qu'Ali Rabé, c'est le maire, disons, génération de la ville de Trappes. Alors, tu habites à Nantes, si j'ai bien compris ?

15:06
Invité

Oui, Bougnay, juste à côté, la ville de l'aéroport.

15:10
Présentateur

Ok, je suppose qu'il y a des activités politiques et militantes importantes à quelques mois, d'ailleurs quelques semaines de la présidentielle ?

15:21
Invité

Oui, bien sûr, évidemment, il y a beaucoup de réunions, il y a beaucoup d'actions dans les quartiers où on va échanger. Il y a des caravanes populaires qui sont mises en place régulièrement. On va, sur les marchés également, échanger et practer. Beaucoup d'actions de collage. Et puis, surtout, le plus possible, aller discuter, motiver les gens pour aller s'inscrire sur les listes électorales et pour venir voter et retrouver un espoir dans ce processus démocratique.

15:53
Présentateur

Merci beaucoup Sandrine. Et merci et bonjour à tous nos auditeurs de la Bretagne, de Nantes, de Rennes et des zones alentours.

16:05
Invité

Merci Théophile.

16:06
Présentateur

Place désormais à notre zap politique avec Nathalie Arthaud, candidate à la présidentielle pour le compte de lutte ouvrière. Bonjour Nathalie. Bonjour. Alors, je rappelle que vous êtes candidate à la présidentielle d'avril prochain, candidate pour le compte de lutte ouvrière. Alors, notre tradition du lundi est de faire un petit tour de l'actualité du week-end et de la semaine dernière avec notre invité, avant de l'interroger sur sa propre actualité. On va commencer par une actualité qui vous concerne à double titre, vu que vous êtes militante politique, candidate à la présidentielle et enseignante.

C'est la grève de l'école publique, des enseignants, des personnels et même des parents d'élèves qui a eu lieu jeudi dernier. Notre journaliste Gémyl y était pour le compte de sa chaîne à lui. Gémyl, chose à vous dire, à laquelle vous pouvez vous abonner, on regarde un extrait de son reportage.

17:04
Invité

Quand on entend depuis 4 ans ou plus le mot bienveillance dans la bouche de notre ministre, on se demande à qui s'adresse cette bienveillance, parce que nous n'en rigole-t-on que le mépris ? Ce qui me pose le plus problème actuellement, c'est le décalage entre les annonces dans les médias et la réalité sur le terrain, dans les classes, dans les écoles. Donc je pense qu'à force, oui, j'espère, ces mensonges lui reviendront au visage. C'est-à-dire que par voix de presse, il dénigre ses enseignants, il parle d'absentéisme quand nous sommes malades du Covid, il nous dit que nous désorganisons en manifestant aujourd'hui, il fait toutes ses annonces par voix de presse.

Nous ne sommes jamais informés en amont des protocoles en cours. Concrètement, nous n'avons pas de masque. Donc moi, j'ai eu deux fois cinq masques en tissu depuis deux ans. Je n'ai pas de capteur de CO2 dans les classes. Je dois assurer un travail en présentiel, en distanciel. C'est des heures infinies, du matin au soir jusqu'à 21h. Je réponds à des emails le soir, la nuit, le week-end, pendant les vacances. C'est ce que j'appelle le mépris, quand on n'a aucune considération pour ses personnels et qu'on ment aux familles et à ses personnels en leur disant que les écoles restent ouvertes pour les élèves alors qu'en fait, elles le restent pour l'économie.

Ce que nous pouvons comprendre, nous pouvons le comprendre, mais dans ce cas-là, on affiche la couleur et on parle d'une grande garderie nationale. J'ai eu le Covid, j'ai fait mon distanciel, j'ai répondu aux parents. Enfin, on n'en peut plus, on est épuisé. Et M. Blanquer nous méprise dans les médias et ça s'est empiré avec le gouvernement actuel et là, le Covid a fait éclater le manque de moyens.

18:49
Présentateur

Nathalie Arthaud, je rappelle à ceux qui viennent d'arriver devant leur écran que vous êtes donc candidate L.O. Lutte ouvrière à la présidentielle qui vient d'avril et vous êtes aussi enseignante, prof d'économie, je crois.

19:02
Invité

D'économie-gestion, oui.

19:03
Présentateur

Je suppose que vous étiez dans la rue, je dis.

19:05
Invité

Oui, oui, bien sûr, bien sûr. Et je pense que ce mouvement dépassait très largement la question du protocole, en fait. C'est en effet l'expression d'un ras-le-bol plus général. C'est une réaction contre... Bon, le mépris a été beaucoup exprimé, là. Le sentiment d'être méprisé. Mais c'est effectivement cela. C'est-à-dire qu'on en a marre d'être commandé en dépit du bon sens. Et puis, je pense que c'est ce qui se passe quand même dans beaucoup d'entreprises. C'est-à-dire que c'est des ordres qui tombent d'en haut, qui sont absolument impossibles à mettre en place. Et qui... Toujours cette façon-là hiérarchique et de décider alors même que ce sont ceux quand même qui font le travail.

Ce sont ceux qui sont aux manettes. Et ça, c'est vrai aussi dans les usines, dans n'importe quelle entreprise. Ce sont eux qui savent comment on peut travailler, comment on peut se protéger, comment on doit s'organiser. Mais ça, voilà. En fait, non. C'est comme ça. C'est vraiment le reflet de toute cette société. C'est-à-dire qu'il y a ceux qui sont en haut, qui ordonnent. Et puis, voilà, ceux qui sont en bas, qui sont censés exécuter les ordres, obéir aux doigts et à l'œil, voilà, et gérer la situation impossible dans laquelle on est. Donc voilà, moi, je... Et puis, ce que je ressens aussi, c'est vraiment qu'on est au bout du bout, mais un peu comme les hôpitaux de ce point de vue-là.

Parce qu'en fait, je crois que l'éducation, l'école est aussi mal traitée, en fait, que les hôpitaux. Alors nous, on a eu cette possibilité, les enseignants de faire cette mobilisation massive. C'est plus difficile pour aujourd'hui le personnel des hôpitaux. Mais je suis convaincue qu'il y en a quand même beaucoup.

20:49
Présentateur

Parce qu'il y a le plan blanc qui les mobilise.

20:52
Invité

Qui les réquisitionne, en fait. Qui les réquisitionne. Et puis, parce qu'ils se sentent coincés, ils sont vraiment indispensables au chevet des gens qui sont malades, des programmes, etc. Donc, en fait, il y a toute une colère rentrée qui a du mal à sortir. Bon, mais je crois que c'est cet ensemble-là qui s'exprime. Et moi, ce que j'espère, je sais que jeudi, il y a une nouvelle journée dans l'éducation, mais que le 27 janvier, il y a aussi un appel pour les salaires. Parce qu'il y a la question des salaires. Quand on parle de manque de reconnaissance et de mépris, il y a aussi cette question-là qui est posée dans tous les secteurs.

Donc, le 27 janvier, il y a un appel syndical à manifester sur les salaires. Mais moi, j'espère que le maximum de travailleuses et de travailleurs va s'en emparer dans tous les secteurs. Parce que ce serait vraiment la meilleure des choses dans cette campagne présidentielle. Que cette colère-là du monde du travail se fasse entendre.

21:43
Présentateur

Justement, on a l'impression que durant les années électorales, il y a une sorte de, disons, de petit sommeil de la contestation dans la rue. Parce que finalement, les affrontements se déportent sur le terrain électoral, sur le terrain institutionnel.

21:57
Invité

C'est exactement ça. En fait, vous savez, à chaque élection et en particulier à l'élection présidentielle, c'est la machine à fabriquer les illusions électoralistes. On y reviendra peut-être dans la discussion tout à l'heure. Donc, en fait, on se dit bon ben, allez, on n'a plus que trois mois à attendre et puis, si le prochain fait mieux, bon ben, on verra. Donc, on est dans l'attentisme. Moi, je pense qu'il faut raisonner exactement à l'inverse. Là, il faut profiter, profiter de cette période-là pour peser sur la vie politique. pour peser sur tous ces politiciens. Ce n'est pas que moi, j'en attends quoi que ce soit. Non.

Mais en même temps, ça nous sortirait de tous ces démagogues, de toutes ces discussions-là qui sont imposées par les Zemmour, par les Le Pen, par tous ces nationalistes, ces racistes, toutes ces polémiques-là sur les prénoms des uns ou des autres qui ne sonneraient pas assez français, sur la couleur du drapeau. Et là, non, si on arrivait à peser, là, effectivement, ça serait la question du pouvoir d'achat, la question des salaires, la question de l'emploi, de cette précarité de masse, des conditions de travail. Voilà ce qui serait mis sur la table. Et ça, ça serait déjà salutaire pour tout le monde.

23:11
Présentateur

Alors, ce week-end, hier, plus précisément, la loi transformant le pass sanitaire en pass vaccinal a été définitivement adoptée, en dépit des vives critiques d'une partie de l'opposition qui considère qu'une étape est franchie dans une sorte de dérive liberticide. On regarde un petit magnéto et on revient sur le plateau.

23:30
Invité

Vous avez créé une sous-citoyenneté. Les irresponsables ne sont plus des citoyens, déclare le président de la République et je ne lui reprocherai pas sa sincérité. Il dit finalement ce qu'il fait, ce que vous faites depuis un an maintenant. Et vous pourrez vous en flatter, votre œuvre est amenée à durer. Car non, ce n'est pas provisoire, ce n'est pas temporaire. Avec vous, nous n'en sortirons pas. D'ailleurs, à ce projet de loi, vous avez refusé d'inscrire une date de fin et pour cause, il n'y en aura pas de fin. Anna Arendt nous avait prévenus, c'est dans le vide de la pensée que s'inscrit le mal. Le vide de votre pensée est effrayant.

Vous effectuez une rupture, une rupture majeure, une rupture avec l'égalité, une rupture avec les citoyennetés. C'est au fond un vrai projet que vous portez, un projet de société, mais vous le faites comment ? À la bas comme je te pousse, en une série de glissements, comme dans un toboggan, sans avoir pensé. Pensez la place des technologies, pensez la place dans la démocratie.

24:29
Présentateur

Alors, on vient d'écouter Nathalie Arthaud, une tirade du député insoumis François Ruffin sur le pass vaccinal et la logique qui le sous-tend. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ? Parce qu'il y a des polémiques à gauche sur toute la question du pass vaccinal, sur la question finalement des protocoles sanitaires et du rapport avec la stratégie gouvernementale en matière de lutte contre le Covid.

24:56
Invité

Moi, je rejette en effet le pass vaccinal. Et puis là, il y a vraiment de la diversion politique, un calcul, un calcul de la part de Macron et de son gouvernement de justement mettre en avant le bouc émissaire, le non-vacciné, tout ça pour cacher ses propres responsabilités dans le chaos qu'il y a aujourd'hui à l'hôpital, dans le fait qu'on déprogramme à tour de bras et dans le fait que les lits ont continué d'être fermés, y compris en 2020 en pleine épidémie. Et ça, c'est de la responsabilité du gouvernement. C'est ça, la réalité.

Alors, il crée comme ça un écran de fumée en disant vouloir emmerder les non-vaccinés, en faisant croire que ce sont les non-vaccinés qui sont un danger pour le reste de la population et qui sont le vecteur de l'épidémie. Il veut masquer sa responsabilité dans l'état aujourd'hui des hôpitaux. Et ça, c'est vraiment le scandale parce que pendant qu'on discute, y compris passe vaccinale pendant des heures et des heures, on ne discute que de ça en fait. On ne regarde pas ce qui se passe. On ne regarde pas ce qui aurait dû être fait depuis deux ans dans les hôpitaux. Comment on aurait dû mettre des places dans les écoles d'infirmières ?

Comment on aurait dû ouvrir des formations pour les aides-soignantes, pour les agents de service dans les hôpitaux qui attendent des financements pour justement devenir, se former, pour être davantage qualifiés, pour devenir infirmières, etc. Voilà, c'est vraiment, vraiment un scandale. C'est un scandale.

Et moi, c'est vrai que je me suis dit quand même pendant cette première étape de la pandémie, je me suis dit que peut-être, peut-être que là, il y aurait un électrochoc, peut-être que ça pousserait le gouvernement à changer de politique, qu'il y aurait quand même une mobilisation, une pression sur lui pour qu'on arrête avec cette gestion comptable des hôpitaux, pour qu'on arrête avec cette financiarisation de l'hôpital, qu'on arrête aussi avec cette médecine à deux vitesses parce que là, maintenant, on a quoi ? On a l'hôpital public pour les pauvres et puis on a les cliniques privées pour les riches, y compris pendant qu'ils déprogramment les hôpitaux publics.

Eh bien, les cliniques privées, elles vont récupérer un certain nombre d'actes. Ah, bien rentables, bien rémunérés. Ils vont se faire de l'argent. C'est ça qui est dingue. Donc moi, je pensais qu'il y aurait une mobilisation. D'ailleurs, il y a eu une mobilisation en juin qui était assez forte autour de la santé. Mais force est de constater qu'ils arrivent à enterrer tout ça. Alors moi, je pense qu'il va falloir vraiment, là encore, le remettre en avant parce que ça fait partie aussi des reculs très, très importants qu'on est en train de subir aujourd'hui. Le problème de l'accès à la santé.

27:47
Présentateur

Alors, dernier élément du zapping politique du lundi, Christiane... Ah non, j'allais oublier un sujet important qui a également occupé l'espace médiatique ce week-end. C'est la question des parrainages, des 500 parrainages nécessaires pour qu'une candidature à la présidentielle soit validée. Que pensez-vous de ce système de parrainage qui pourrait empêcher des candidats aussi différents qu'Hélène Thouy du Parti animaliste, Éric Zemmour ou Anna Skazib d'être candidat ? D'ailleurs, vous, est-ce que vous aurez vos parrainages ?

28:17
Invité

Nous, on fait tout pour. Mais ça, vous savez, depuis le début, c'est un obstacle. C'est un obstacle pour nous très, très important et qui nécessite effectivement un gros, gros effort militant de plusieurs mois. De plusieurs mois. et c'est toujours très difficile. C'est toujours très difficile. Donc, nous, on a encore pour un mois de travail et je pense qu'on finira, qu'on les aura. Je suis confiante. mais quand je vois un Zemmour, là, un protesté de ce système, etc., bon, je constate que pendant, ça fait maintenant des décennies que ça dure, ça ne l'avait pas ému plus que ça, avant. Ça ne l'avait pas ému. Bon, voilà, moi. Alors,

29:00
Présentateur

vous commentez l'actualité politique.

29:02
Invité

Oui, oui, c'est ça. Ça ne se lui posait aucun problème. Et puis, par ailleurs, quand j'entends dire, regardez, c'est vraiment un déni de démocratie, cette histoire de parrainage, etc., ça me fait quand même un petit peu sourire parce que moi, je pense que le déni démocratique, il n'est pas seulement là. Et je tiens justement, puisqu'on parle de Zemmour, à redire que le premier déni et le plus grave, à mon avis, c'est le fait que les étrangers, ici, installés en France depuis des années et des années, n'ont pas le droit de vote.

Ça, c'est un déni démocratique grave parce que quand on travaille depuis 5 ans, depuis 10 ans, depuis 20 ans, qu'on paye des impôts ici en France et qu'on n'a pas le droit de s'exprimer, qu'on ne peut rien dire de la politique, là, je pense que c'est un déni démocratique grave, bien plus grave que les petits problèmes de Zemmour qui vont finir par être résolus parce que moi, je suis convaincu que la droite, en fait, va lui faire la courte échelle.

29:59
Présentateur

En parlant des étrangers qui devraient voter lors des élections, vous pensez à toutes les élections ?

30:04
Invité

À toutes les élections ? Mais bien sûr, à toutes les élections.

30:06
Présentateur

Bien sûr, à toutes les élections. Un étranger qui participe à toutes les élections, c'est un Français. Pourquoi ne pas plutôt miser sur la naturalisation ?

30:17
Invité

D'abord, ça demande des années. Ce n'est pas si simple que ça, la naturalisation. Et moi, je ne vois pas pourquoi on devrait... Écoutez, on est étrangers pour x, y raisons. On ne demande pas la nationalité française, mais on participe à l'enrichissement du pays. On participe à la vie sociale. Voilà. Et je pense même qu'un certain nombre de travailleuses et de travailleurs étrangers sont essentiels. Et on les a vus d'ailleurs pendant l'épidémie. Parce que qui travaille dans les associations, enfin les associations, les entreprises, associations, entreprises d'aide à domicile, par exemple, d'auxiliaires de vie, qui tient les hôpitaux ? Qui tient les hôpitaux ?

Qui fait que le bâtiment, l'agroalimentaire continue de fonctionner ? Ce sont les travailleurs étrangers. C'est ça, la réalité. Moi, je trouve révoltant qu'il n'ait pas leur mot à dire. Et pas seulement pour élire leur maire. Pas seulement pour élire un maire. Mais pour élire, y compris, le président de la République.

31:24
Présentateur

Alors, dernier élément du zapping politique du lundi, justement, là où je voulais en venir, Christiane Taubira est officiellement candidate à la présidentielle.

31:34
Invité

Nous sommes trop éduqués, trop instruits, trop cultivés, trop actifs pour nous accommoder plus longtemps encore d'un possible usage des institutions comme instrument d'un pouvoir personnel. Nous allons introduire l'expression citoyenne dans tous les débats publics, dans tous les sujets prévus à l'article 11 de la Constitution. Nous allons faire en sorte que les conventions citoyennes dont le statut devra être stabilisé participent avec le référendum d'initiative citoyenne à faire monter dans les institutions les sujets de préoccupation populaires dont les institutions ne se seraient pas saisies.

Pour toutes ces exigences d'un gouvernement qui nous respecte, qui vous respecte, pour toutes ces exigences d'un gouvernement d'une grande démocratie débarrassée de fantasmes monarchiques, pour satisfaire toutes ces exigences, je suis candidate à la présidence de la République.

32:57
Présentateur

Alors, Nathalie Arthaud, candidate lutte ouvrière à la présidentielle de 2022, quel regard portez-vous sur la candidature de Christiane Taubira et sur la primaire populaire à laquelle elle a choisi de se soumettre ?

33:11
Invité

Pour moi, cette annonce, c'est vraiment le non-événement. Et puis, on a tous compris que l'union de la gauche, ça ne se ferait pas. Elle ne se fera pas. Et moi, je pense qu'il n'y a pas à le regretter. Moi, je pense qu'il n'y a pas à la regretter parce qu'une union de la gauche, pourquoi ? Pourquoi ? Pour élire un autre Mitterrand, un autre Jospin, un autre Hollande ? C'est ça ? Moi, j'ai quand même bien en tête que tous ces gouvernements socialistes qui ont été finalement l'aboutissement d'une union de la gauche d'une façon ou d'une autre, au moins au deuxième tour, ils ont cogné aussi fort sur le monde du travail que la droite. Ça a été... Tenez, on discutait des hôpitaux.

La suppression de lits dans les hôpitaux. Ça a été aussi le recul des droits à la retraite. Ça a été l'acceptation des fermetures d'entreprises dans tous les sens. La résignation. Ça a été des paillassons pour le grand patronat. Ça a été... Il y a eu beaucoup de colère dans la manifestation des enseignants contre Anne Hidalgo. Et en particulier par rapport à sa proposition de doubler le salaire des enseignants qu'elle avait lancée en début de campagne pour faire le buzz. Beaucoup de colère parce que quand la gauche a été au pouvoir, ils ont bloqué le point d'indice. Ils ont bloqué les salaires dans la fonction publique et pour les enseignants.

Donc tout ça, vous voyez, c'est dans les mémoires tout ça. Bien sûr, il y a eu le recul du code du travail. Donc en fait, la gauche au pouvoir, elle a gouverné comme la droite. Elle a été ennemie du monde du travail. Avec... Différence avec la droite, c'est l'hypocrisie. C'est l'hypocrisie du moment de la campagne. C'est d'entendre Hollande dire mon ennemi, c'est la finance et puis lui dérouler le tapis rouge après. Mais vous savez, Mitterrand, il avait fait beaucoup mieux. Mitterrand, grand don, Jean-Luc Mélenchon est un grand admirateur qui avait effectivement fait campagne en 81 sur la rupture avec le capitalisme. Voilà.

Eh bien, Mitterrand, ça a été un de ceux qui a fait prospérer la bourse. Voilà. et qui a effectivement du coup discrédité en profondeur l'idéal socialiste et qui a écœuré des générations de militants, de militants ouvriers. Alors voilà ce que fait la gauche au pouvoir. Alors moi, je peux vous dire que je n'ai aucune nostalgie et je tiens à le dire à tous ceux qui veulent se débarrasser de Macron, qui ont peur de l'extrême droite, etc. J'ai envie de leur dire il ne faut pas chercher de bons présidents de la République. Il n'y en aura pas pour nous. Il n'y en aura pas pour nous. Voilà.

35:47
Présentateur

Est-ce qu'on ne peut quand même pas penser que même si effectivement la gauche institutionnelle, le Parti socialiste a déçu, il y a eu un moment de rupture et de cassure vraiment franche avec François Hollande parce que même, disons, les réflexes militants, le reste des réflexes militants qu'il y avait sous Mitterrand et avec Lionel Jospin où il y a quand même eu quelques avancées, il n'y a eu aucune sorte d'accommodement même de... avec le monde du travail, il n'y a eu aucune sorte de garantie même minimale donnée au monde du travail sous Hollande parce que c'est quand même sous Hollande que le Parti socialiste s'est effondré le tout son long.

36:22
Invité

Ah non, en fait, l'effondrement d'abord du Parti socialiste et avec son aile la plus implantée, enfin, l'aile la plus implantée dans le monde du travail et dans les classes populaires, c'était le Parti communiste. Pourquoi le Parti communiste est-il si bas ?

Parce que précisément, il a participé à toutes ses aventures de gauche gouvernementale et c'est lui qui a payé effectivement le plus cher cette politique anti-ouvrière, cette politique contraire aux intérêts des travailleurs et c'est ce qui fait que le réseau militant s'est délité, s'est délité dans les quartiers populaires, s'est délité dans les entreprises et ça remonte à Mitterrand, ça remonte et puis ça remonte en réalité, moi je dirais, bien avant quand effectivement y compris le Parti communiste a choisi de s'intégrer dans ce système au lieu de le combattre, au lieu de le combattre a fini par vouloir devenir un de ses gestionnaires et en fait, ça remonte à ça, loin, à la politique imposée y compris par Staline dans les années 30.

Alors, pour moi, ça remonte à tout cela, c'est l'abandon, l'abandon de véritables perspectives pour les travailleurs et ces perspectives pour les travailleurs, c'est de se dire ben voilà, on est en guerre contre cette société-là, en guerre contre cette classe qui la dirige, cette classe capitaliste qui de toute façon ne peut prospérer qu'en nous écrasant.

37:46
Présentateur

Justement, parlons maintenant plus en profondeur de l'outre ouvrière et de votre candidature. D'abord, vous ne croyez pas, comme vous l'avez dit, que le changement, le renversement du système capitaliste parce que c'est ça votre programme, le fond du votre programme, le renversement du système capitaliste. Vous ne pensez pas qu'il puisse sortir des urnes et du coup, on se demande à quoi bon se présenter ?

38:07
Invité

Mais c'est très important justement de dire cette vérité-là aux travailleurs. Non, si les élections ont changé, quoi que ce soit, ça se saurait. Ça se saurait. Et leur sentiment que finalement, le lendemain de l'élection, il faudra qu'ils... Voilà, il n'y aura rien de changé pour eux. Rien de changé. Pourquoi ? Parce qu'il restera des riches et des pauvres, parce qu'ils retourneront bosser, parce que l'exploitation, elle sera toujours là, parce qu'on peut changer de président, mais est-ce que le grand patronat, il sera moins féroce ? Est-ce qu'il sera moins féroce ? Non. Tout ça, ils le sentent. Ils le sentent. Il faut qu'il y ait une traduction politique.

Une traduction politique, pas seulement pour dire qu'il ne peut rien se passer parce qu'il n'y a pas de futur. Il y a une politique pour les travailleurs. Il y a une politique. Il y a une boussole à avoir. Cette boussole-là, c'est de se dire qu'on se protégera nous-mêmes au travers de nos luttes, de notre rapport de force. On constitue une force, nous, le monde du travail. On fait tourner la société. On doit s'organiser. On doit se faire respecter. On doit dire que ce sont nos intérêts qui doivent s'imposer. Et ça, ça passe effectivement par les luttes. Donc moi, c'est cette politique-là que je défends.

Alors oui, j'appelle à un vote pour s'organiser, pour créer cette force-là, s'organiser dans un parti ouvrier qui ne cherche pas des places dans les institutions, qui ne cherche pas à le gérer. Mais c'est une politique. C'est même une perspective. Ce n'est pas pour gagner,

39:35
Présentateur

pour témoigner.

39:36
Invité

C'est un vote pour gagner, mais gagner au travers des luttes. Gagner au travers des luttes collectives. C'est un vote pour que les travailleurs construisent leur contre-pouvoir à eux, finalement. Leur contre-pouvoir.

39:50
Présentateur

Mais quelque part, est-ce que ça ne m'inore pas les travailleurs ? Parce que finalement, on dit le parti des travailleurs, lutte ouvrière, par exemple, en fait, il pèse 1%, moins d'1%. quand on veut se compter. Effectivement, les travailleurs ne comptent pas pour 1%, pour 2%. Mais finalement, cette traduction du désir de rupture dans les urnes, elle est peut-être contre-productive, non, pour le monde du travail ?

40:17
Invité

Non, mais c'est aussi le reflet, si vous voulez, des luttes qu'il y a aujourd'hui. c'est ce qui nous manque cruellement, c'est le fait que les travailleurs fassent irruption sur la vie politique, se battent, mettent en avant leurs intérêts. Moi, je pense que si demain, il y avait une épidémie de grève autour des salaires, par exemple, que les travailleurs prennent confiance dans leur force collective, eh bien oui, toutes ces idées-là, non seulement, elles reprendraient du poids, de la force, mais elles seraient un véritable aimant pour l'ensemble des classes populaires. Elles seraient un aimant et je pense que là, oui, on les verrait, les travailleurs, on les verrait en action.

Moi, j'appelle à un vote de conscience que finalement, on a la force. Il ne faut pas attendre un sauveur suprême, il n'y en aura pas. comment les intérêts des travailleurs, comment leurs droits ont-ils progressé dans toute l'histoire de la société capitaliste ? Eh bien, c'est au travers des luttes collectives.

41:27
Présentateur

Je voulais en venir justement dans l'histoire récente de France. Il y a tout de même, même si la France n'est pas un paradis sur Terre, le camp des travailleurs a quand même gagné à des acquis, des conquistes sociaux qui sont différents d'autres pays, y compris des pays du monde riche, on va dire. Et en fait, les avancées sociales, on les a souvent eues dans des contextes de démocratie électorale, notamment un certain nombre de mesures contenues dans le programme du Conseil national de la résistance ont été obtenues, ont été gagnées dans le cadre électoral. On pense, elles ont trouvé leur chemin, en tout cas dans le rapport de force politique et institutionnelle.

On pense aussi à d'autres conquis, comme les congés payés, voire même les 35 heures. Peut-être que ça nous donne l'impression d'être moins forts que les congés payés ou alors la sécurité sociale. Mais tous ces conquis ont eu lieu quand même dans le cadre, ce n'était pas dans le cadre d'une révolution, c'était dans le cadre quasiment de gouvernements de cohabitation.

42:24
Invité

Non, moi, d'abord, les mesures ont été prises autant par des gouvernements de droite et même très réactionnaires, je pense, à De Gaulle que dans des gouvernements de gauche. Pourquoi ? Parce qu'en fait, ça n'a pas été porté par les urnes. ça a été porté par des grèves, par des mobilisations, par justement la force que représentaient les travailleurs, cette capacité justement à peser, à se faire craindre et c'est cela qu'il faut retrouver. Vous savez, on parle des salaires, d'une augmentation de 30% sur les salaires. Eh bien, 30% sur les salaires, ça a été mai 68. Mai 68 ! C'est-à-dire une grève générale massive qui a permis aux travailleurs de se faire craindre.

Et là, les patrons ont accouru auprès du gouvernement pour dire qu'il faut absolument qu'on se réunisse et qu'on discute, etc. Donc, la réalité, c'est que ça a toujours été un rapport de force. Tout à l'heure, j'ai entendu le reportage.

43:24
Présentateur

Le rapport de force dans la rue était couplé à un rapport de force électorale. Le Parti communiste était quand même plus fort.

43:30
Invité

Et malheureusement, un rapport de force électoral qui s'est arrêté au pied de la propriété privée capitaliste à chaque fois. Parce que moi, ce qui, en plus, qui me révolte, c'est que, que ce soit en 36 ou que ce soit en 68, c'est qu'il y a eu cette fameuse gauche gouvernementale qui, effectivement, voulait, était très, très bien à gérer cette société qui a dit « Ben non, il faut arrêter la grève. Maintenant, c'est bon. On a obtenu assez. Le patronat a assez reculé. On peut rentrer chez nous content de ce qu'on a.

» Alors, alors, même que moi, je pense que, justement, dans ces périodes-là où on inverse le rapport de force, où les travailleurs réalisent ce qu'ils sont, réalisent qu'ils peuvent décider, qu'ils peuvent s'organiser, qu'ils peuvent peser, il faut qu'ils aillent plus loin. Vous savez, tout à l'heure, dans votre reportage, vous disiez, Jean-Luc Mélenchon, vous avez cité, on a eu un petit sonore de Jean-Luc Mélenchon en disant qu'il faut mieux répartir les richesses. Mais la question de la répartition des richesses, c'est comme le gâteau. Comment on découpe le gâteau ? Comment on découpe les parts ? Le problème de tout ça, c'est qui tient le couteau et qui décide des parts ?

Eh bien, moi, je pense que si on laisse ce partage des richesses dans les mains de la classe capitaliste, du grand patronat, vous croyez qu'ils vont nous donner la part essentielle ? Évidemment, non. Il faut qu'on tienne le couteau, il faut que nous, on fasse le partage. Et le partage, pour moi, vous savez, il serait vite fait. Dans le gâteau, tout doit aller au monde du travail parce que c'est le monde du travail qui fait tout. Donc, ce que je veux dire par là, c'est la question du pouvoir. La question du pouvoir. Et les travailleurs, moi, dans mon programme, c'est les travailleurs au pouvoir. C'est les travailleurs au pouvoir.

Donc, moi, effectivement, je ne suis pas candidate pour m'asseoir dans le fauteuil de la présidence de la République. Je suis candidate pour dire qu'il faut que les travailleurs visent le pouvoir parce que c'est en visant le pouvoir, c'est en décidant eux-mêmes, collectivement, que là, on la changera à la société. Et on en est tout à fait capable. Ça, je tiens à l'affirmer dans cette campagne. Les travailleurs, ils font tout. Ils font tout. C'est eux qui résolvent tous les problèmes.

Il n'y a pas une seule décision qui pourrait s'appliquer, qui pourrait se réaliser s'il n'y avait pas toute cette chaîne du cadre jusqu'à l'ouvrier de base, cette chaîne qui se dévoue, qui met de l'intelligence, qui met de la compétence pour appliquer tout ça. Donc, en réalité, on fait tout tourner, on doit diriger cette société, on doit la remettre sur ses pieds, qu'elle ne tourne pas pour une minorité de capitalistes qui sont complètement parasites. Voilà, c'est ça la perspective. Si on ne fait pas ça, on sera éternellement sacrifiés sur l'autel des profits, des cours boursiers, des grandes fortunes.

46:12
Présentateur

Est-ce que vous considérez les militants, au moins une partie des militants de la gauche réformiste, telle que vous l'appelez, comme des camarades sur le terrain, dans les luttes ?

46:21
Invité

Bien sûr,

46:21
Présentateur

mais bien sûr. Est-ce que justement le fait que les courants politiques qu'ils représentent se renforcent par rapport peut-être à des courants qui finalement ont basculé très clairement à droite, est-ce que quelque part ça ne peut pas aider même dans les rues, dans la lutte sur le terrain ? Est-ce que ça ne peut pas aider la lutte en quelque sorte ? Est-ce que le fait que par exemple la France insoumise soit plus forte aujourd'hui que le Parti socialiste, est-ce que ce n'est pas une bonne nouvelle pour vous quand même ?

46:48
Invité

Moi, je ne pense pas que ce soit en disant « votez pour moi et vous allez voir ce que vous allez voir », c'est quand même la posture de Jean-Luc Mélenchon que cela va aider les travailleurs à se dire « oui, c'est à moi de faire les choses, moi je suis détenteur d'une force avec tous mes camarades de travail et moi je peux agir par moi-même ». Bon, toute cette posture, y compris de dire, il l'avait d'ailleurs exprimé, « votez pour moi, vous allez vous économiser des kilomètres de manifestation ». Eh bien ça, je pense que c'est contraire, contraire à la conscience de classe qu'il faut développer, qu'il faut insuffler. Donc ça, moi je…

Non, encore une fois, ce n'est pas un sauveur suprême, ce n'est pas un président de la République, ce n'est pas un homme qui va nous sauver. Tout ça, ça dépend de nous et notre intelligence collective, nos mobilisations, notre force, on en est capable. Et moi, simplement, bien sûr, je ne propose pas le grand saut comme ça, le grand soir, souvent on caricature les révolutions en disant « le grand soir ». Non, c'est simplement qu'il faut démarrer avec cette idée que le monde du travail, on n'a pas à se faire petit, on n'a pas à se faire petit, on a à mettre en avant nos besoins, nos revendications. Moi, je ne dis pas un SMIC à 1 400 net, parce que là d'ailleurs, je trouve ça…

Un SMIC à combien ? Je dis un SMIC à 2 000 euros net, 2 000 euros net parce que c'est ce qu'il faut, ce qu'il faut pour vivre sans être dans l'angoisse là permanente et si je tombe malade et si ma voiture me lâche et si… Et si… Et quand ma fille, elle va devoir aller partir dans une autre ville comment on fait pour payer les études, etc., il faut 2 000 euros net, 1 400 net, mais qu'est-ce que c'est ça ? Moi, j'ai… Bon, ben oui, d'accord, il y a des super innovations dans la mise en scène des meetings, ok, mais franchement, tout ça pour annoncer un SMIC à 1 400 euros net.

Mais les gens qui sont à 1 400 euros net aujourd'hui, ils galèrent du matin au soir, ça ne les sort pas de la misère, c'est ça la réalité. Donc, bon, vous voyez, démarrer sur nos revendications, on doit les mettre en avant et on doit dire les intérêts du monde du travail d'abord et avant tout, quoi qu'il en coûte au patronat, on doit partir de là. Et même s'il faut… Et si on arrive à la conclusion que finalement, cette société capitaliste, elle ne peut pas les accorder les 2 000 euros net, eh ben, ça doit nous conforter dans le fait qu'il faut la changer, il faut la renverser, cette société-là. Il n'y a que cette conclusion à en tirer. Quand on compare

49:19
Présentateur

justement le score de lutte ouvrière en 2017, moins de 1%, à ces scores de 1995 et de 2002, où votre parti faisait plus de 5%, il y a aussi, il y a eu un effondrement du PCF, du PS, mais il y a aussi eu un effondrement de lutte ouvrière. L'effondrement

49:37
Invité

du parti communiste et du PS a été quand même bien plus vertigineux que nous.

49:42
Présentateur

Vous avez divisé par 5, pas le PS, je crois.

49:44
Invité

Non, mais ça,

49:46
Présentateur

c'est sûr que… Ah ben, peut-être que ça va aller mieux en 2022, on l'espère, mais… Non, mais de toute façon… Avant, vous faisiez le score de Benoît Hamon ?

49:52
Invité

Alors, d'abord, avant 1995, il y en a eu bien d'autres des élections, des élections où on ne faisait pas autant. En 1995, il s'est produit effectivement, justement, une remontée de confiance dans le monde du travail qui s'est exprimée sur le vote d'Arlette Laguiller et qui s'est exprimée ensuite, souvenez-vous, dans une grande mobilisation parce que 1995, ça a été une des dernières grandes grèves importantes qui a touché le pays, qui a mobilisé des centaines de milliers de travailleurs. C'était contre le plan Juppé. D'ailleurs, il l'a remballé. C'était encore une fois une attaque sur les retraites et sur la sécurité sociale. Il a dû remballer.

Moi, effectivement, nous, le score de 1995, on l'a en tête. d'ailleurs, en 2002, il y a eu encore un score important, plus de 5% pour Arlette Laguiller. Mais c'était le reflet aussi d'un changement d'état d'esprit dans le monde du travail et dans les classes populaires. Donc, effectivement, nos scores électoraux, ils sont aussi fonction de cela. Ça va, ça vient. Mais moi, je peux vous dire que les idées que je défends, quel que soit leur poids dans les urnes, je sais qu'elles comptent ô combien, pour tous ceux qui cherchent à se défendre au jour le jour, dans les entreprises, dans les quartiers populaires. Elles comptent, elles leur donnent du courage, elles les aident, elles les aident.

Eh bien, moi, je pense que c'est le plus important. C'est le plus important qu'il soit. Après, si vous voulez, le mécanisme électoral, on le connaît bien, c'est le mécanisme du vote utile dont peut même mettre victime Jean-Luc Mélenchon demain.

51:31
Présentateur

Alors, est-ce que, donc ça, la dernière question, il y aura trois, en fait, candidatures de votre, disons, d'autres tendances politiques, c'est-à-dire les trotskistes, en 2022. Vous, donc l'hôpital ouvrière, le NPA, ancienne LCR, et Anna Skazib, qui est lui-même issue du NPA. Pourquoi cette diversité ? Qu'est-ce qui vous distingue en deux mots ?

51:50
Invité

Eh bien, vous voyez, voilà, nous, on est pluralistes. Non, mais écoutez, d'abord, s'il y a trois candidats communistes révolutionnaires, eh bien, moi, je dirais tant mieux. Plus on est, mieux c'est. Voilà. Parce que, eh bien, on aura trois fois la parole, trois fois la possibilité de dénoncer cette société capitaliste, l'impasse dans laquelle elle nous plonge. Pas seulement l'impasse dans laquelle elle plonge le monde ouvrier, les classes populaires, mais dans lesquelles elle nous plonge à tous les niveaux. au niveau de la crise climatique, au niveau des tensions internationales, des rivalités, des menaces de guerre, du sous-développement. Voilà. On sera trois à le dire. Ça sera très bien.

Maintenant, oui, on a trois voix parce que, justement, il y a des différences. Il y a des différences et il n'y a aucune raison qu'on les thèse ou qu'on s'auto-censure puisque dans cette élection, de toute façon, ni l'un ni les uns ni les autres ne peut imaginer être élu. Donc, écoutez, et nous, on est contre les mariages forcés, d'ailleurs, à lutte ouvrière. Donc, pour moi, il n'y a pas de problème et c'est toute notre histoire. Bon, alors, moi, je dirais, pour faire vite, une des différences qu'on a avec le NPA, à lutte ouvrière, c'est qu'en effet, nous, nous voulons nous concentrer vers les entreprises, vers le monde du travail et construire un parti implanté dans la classe ouvrière.

Non pas qu'on ne s'intéresse qu'à la condition ouvrière et à l'exploitation, mais parce qu'on pense que le levier, la force révolutionnaire est là pour changer la société. Encore une fois, je pense que les travailleurs, dans leur combat quotidien, pour leur biftec, j'ai envie de dire, ils sont confrontés à la classe capitaliste, ils sont confrontés à cette course au profit et justement, ils seront capables de la renverser, ils seront capables de renverser la classe capitaliste et de la remplacer au pouvoir.

53:36
Présentateur

Oui,

53:38
Invité

à partir du lieu du travail, effectivement, et de reconstruire, y compris un autre État, un État et un gouvernement des travailleurs à partir de là. Donc pour nous, c'est le fer de lance la classe ouvrière du combat qu'il y a à mener et du combat pour changer la société et offrir un avenir à l'humanité.

53:54
Présentateur

Merci beaucoup Nathalie Arthaud d'être venue à la matinale du Média TV. Nous allons désormais passer à la deuxième partie de notre quotidienne qui est très riche aujourd'hui. Je vais m'entretenir avec notre journaliste Thomas Dietrich du Mali, le Mali, ancienne colonie française, pays où la présence militaire française est la plus importante au monde, si j'ai bien comptabilisé, et où la crise politique et militaire s'est encore aggravée et pour cause.

Les chefs d'État de la communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont décidé d'un régime de sanctions drastiques contre le Mali et les Maliens pourront en quelque sorte exercer des pressions sur le pouvoir militaire malien, lui-même issu d'un putsch venu à la suite de contestations populaires immenses contre le pouvoir précédent qui était lui soutenu par la France et la communauté dite internationale.

La CDAO veut des élections dans un délai court, ce que ne veut pas le pouvoir militaire, lequel a appelé le peuple malien à descendre dans la rue pour le soutenir et a obtenu une mobilisation record et dont les manifestations monstres qui ont eu lieu, notamment à Bamako, c'est d'abord et avant tout la France l'État français qui est visé et c'est la Russie, la fameuse Russie de Vladimir Poutine qui est acclamée. Pourquoi ? Comment ? J'en parlerai avec Thomas Dietrich mais avant, regarde un petit magnéto.

55:05
Invité

Le peuple a répondu présent à l'appel à manifester des autorités de la transition. Les Maliens sont descendus en masse dans les rues ce vendredi pour protester contre les sanctions sévères imposées par la CDAO. Dans plusieurs villes du pays, notamment la capitale Bamako et à Tombouctou au nord, des milliers de personnes se sont réunies en soutien au chef militaire de la transition à Simigoïta. La semaine dernière, les dirigeants de la communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont décidé de réprimer le Mali en imposant un embargo commercial et en fermant les frontières.

La décision a ensuite été soutenue par la France, les États-Unis et l'Union européenne alors que la Chine et la Russie ont bloqué les sanctions contre le pays sahélien lors du Conseil de sécurité de l'ONU mardi. Malgré la pression internationale concernant le calendrier électoral, de nombreux Maliens ont choisi de se rallier aux militaires. A Simigoïta a exhorté la population à défendre la patrie.

56:08
Présentateur

Salut Thomas. Salut Théophile. Qu'est-ce qui se passe au Mali aujourd'hui ? Est-ce que ce qui se passe est un moment clé pour ce pays qui est traditionnellement dans l'orbite de ce qu'on appelait la France-Afrique ? Alors,

56:20
Invité

il y a la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, la CDAO, qui a pris des sanctions très dures le 9 janvier contre le Mali. Vraiment des sanctions, c'est quasiment du jamais vu depuis 10 ans avec un embargo, notamment un embargo commercial. On ferme les frontières, on gèle les avoir, ce qui fait que le Mali ne peut plus accéder à son compte à la Banque des États de l'Afrique de l'Ouest parce que le Mali partage avec d'autres pays d'Afrique de l'Ouest la même monnaie, le franc CFA. Donc, ça pose vraiment des questions à ce que l'État malien va pouvoir payer les fonctionnaires. Il y a le gel des avoirs.

Donc, il y a vraiment des sanctions très, très dures pour comprendre pourquoi la CDAO a pris ces sanctions et un peu le contexte qui est derrière. Il faut revenir juste en arrière. Jusqu'en 2020, il y avait un président qui était élu qui s'appelait Ibrahim Boubacar Keïta qui était un membre de l'international socialiste qui était très proche de François Hollande. D'ailleurs, en 2018, on a favorisé sa réélection. La France a avalisé sa réélection qui était très, très contestée. On a suspecté un bourrage d'urne.

Et c'est vrai que ce président-là qui était un peu un roi fainéant qui d'ailleurs est malheureusement décédé hier a déçu la population par son inaction, par son népotisme, par sa corruption. Et en 2020, il y a eu des manifestations de rue très impressionnantes à Bamako, notamment Place de l'Indépendance qui est un peu la place Tahrir malienne. Et ces manifestations conduit à la chute d'Ibrahim Boubacar Keïta qu'on appelait Ibeka parce que l'armée finalement a pris le pouvoir via un premier coup d'État le 18 août 2020.

Et ensuite, il y a eu un pouvoir de transition qui a été mis en place et il y a eu un deuxième coup d'État en mai 2021 où le vice-président Assimi Goïta qui était un peu la cheville ouvrière du coup d'État qui est un colonel qui est un ancien patron des forces spéciales a pris le pouvoir pour lui tout seul. Et depuis, il y a notamment des désaccords sur la durée de la transition puisque la CDO et les grandes puissances veulent imposer des élections très rapidement on parle de février alors que la jeune malienne au pouvoir veut une transition qui va jusqu'à 5 ans.

58:11
Présentateur

Alors pourquoi la CDO la communauté des pays de l'Afrique de l'Ouest a-t-elle pris des sanctions aussi dures ? Elles sont dangereuses quand même pour le peuple malien pour les civils parce qu'il est même possible que finalement l'argent que les immigrés maliens envoient au pays n'arrive pas en raison de questions monétaires parce que le franc CFA il est plus ou moins contrôlé quand même depuis Paris.

On se demande pourquoi aller jusque-là dans des sanctions qui ressemblent quasiment aux sanctions qui ont été prises contre l'Irak de Saddam Hussein alors que c'est une question qui disons n'est pas une question qui menace la stabilité internationale c'est plutôt le terrorisme qui menace la stabilité internationale. Est-ce qu'il faut y voir la conséquence d'un contexte géostratégique de haute tension au-delà des proclamations sur la démocratie à restaurer au Mali ?

58:59
Invité

Peut-être finalement qu'on va réaliser le rêve d'Armundo Montebourg qui proposait de bloquer les transferts d'argent des migrants africains vers le pays d'origine. Mais très sérieusement la communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest en Afrique de l'Ouest est complètement décrédibilisée. La critique souvent l'apparente à un syndicat d'autocrates qui se serre les coudes. Moi je vais souvenir que par exemple quand Alpha Condé président guinéen déchu modifiait la constitution et tirait sur les manifestants qui protestaient contre cette modification de la constitution pour se maintenir au pouvoir. La CDO n'a pas pris des sanctions aussi dures.

Alors qui est derrière ces sanctions de la CDO ? Est-ce que finalement ce n'est pas un faunet d'une grande puissance ? Et bien sûr évidemment la gente malienne et la population malienne puisqu'elle est décisante massivement dans la rue. Il y a vraiment des manifestations monstres vendredi. Moi j'étais au Mali en 2020 au moment de la chute d'Ibeka. Je peux vous dire que les manifestants qui étaient déjà très nombreux n'atteignaient pas vraiment ce qui s'est passé aujourd'hui. C'était vraiment une démonstration de force.

59:56
Présentateur

Une démonstration

59:57
Invité

historique de force

59:58
Présentateur

qui du coup délégitime en fait les choix de la CDO parce qu'on ne peut pas vouloir le bonheur des Maliens contre la vie des Maliens. Bien évidemment et puis derrière

1:00:06
Invité

il y a quand même on dit que ces sanctions-là sont entre guillemets inspirées ou encouragées par la France puisque Jean-Yves Le Drian a très bien dit que dans les prochains jours l'Union Européenne allait prendre des sanctions à son tour contre le Mali en inspirant celle de la CDO et la France a proposé un texte à l'ONU qui a été bloqué par la Chine et la Russie pour justement soutenir les sanctions de la CDO parce qu'il est d'une autorité publique que la France ne s'entend pas avec la Chine malienne.

Déjà parce qu'elle soutenait elle a soutenu Békéon jusqu'au bout le président Ibrahim Boubacar Keïta bien évidemment on n'est pas d'accord avec la durée de la transition parce qu'on ne s'entend pas avec cette Chine donc on veut l'avoir quittée à Paris on veut l'avoir quittée le plus rapidement le pouvoir on n'est pas d'accord aussi avec cette Chine qui veut négocier avec les djihadistes et il y a effectivement cet épousantail-là qui est que la Jeunte a fait récemment appel à des militaires russes pour venir lutter contre les djihadistes au Mali et c'est ça qui déplaît vraiment à Paris donc est-ce que finalement on ne retourne pas dans une situation ce qui s'est passé dans les années 2010-2011 en Côte d'Ivoire où la CDO avait imposé des sanctions très très dures parce que par Paris parce que Nicolas Sarkozy avait envie de chasser Laurent Gbagbo du pouvoir et d'installer son poulain à la San Ouattara alors est-ce que

1:01:24
Présentateur

la France officielle fait donc tout ça pour ne pas perdre son influence au Mali

1:01:28
Invité

alors la France est présente depuis 9 ans militairement dans la lutte contre le terrorisme il faut rappeler comment tout ça commence ça veut dire que en 2011 Nicolas Sarkozy décide d'intervenir en Libye pour renverser le guide libyen Muammar Kadhafi alors officiellement pour instaurer la démocratie mais officieusement c'est vrai que Muammar Kadhafi est suspecté d'avoir financé la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy et Nicolas Sarkozy aurait voulu se débarrasser d'un mécène gênant et pour juste le problème c'est que Muammar Kadhafi tout dictateur qu'il était imposait une sorte de paix de Pax Romana sur le Sahel et arrivait à empêcher que le Sahel ne sombre dans le chaos et le renversement de Muammar Kadhafi a permis l'ouverture des dépôts d'armes qui étaient très nombreux en Libye et à des djihadistes de traverser la Libye et de s'implanter au nord Mali et effectivement il a fallu que l'armée française intervienne pour bouter les djihadistes hors du Mali qui étaient en train de descendre vers le sud mais si on a réussi à ce moment-là à gagner la guerre on n'a jamais réussi finalement à gagner la paix parce que Barkhane est là depuis 9 ans et on peut peut-être le voir la zone d'influence des djihadistes s'est considérablement étendue c'est-à-dire on est passé du nord Mali à quasiment l'ensemble du Mali au Niger au Burkina Faso et aujourd'hui les djihadistes menacent des zones plus côtières comme le nord de la Côte d'Ivoire ou le nord du Bénin en fait on a pratiqué une politique qui était uniquement militaire ne comprenant pas que finalement la lutte contre le terrorisme passera aussi par le développement et il n'y a rien qui a été fait sur ça c'est-à-dire que les régions là où il y a le plus de terroristes les régions les plus déshéritées c'est là c'est là où il y a le plus de terroristes parce qu'on manque de tout on manque d'écoles on manque d'hôpitaux on manque de routes et des régimes qu'on a soutenues Békéon comme celui d'Ibrahim Boubacar Gita n'ont absolument pas été capables d'apporter le développement dans ces régions là et d'offrir une autre perspective à la jeunesse de cette région là que de se jeter dans les bras des djihadistes et d'ailleurs c'est pas que moi qui le dit c'est la Cour des Comptes française qui est pourtant pas un organe marxiste-léniniste qui a critiqué le fait que notre politique au Sahel repose sur un seul pied qu'on a doublé les dépenses militaires et qu'en même temps on a baissé à seulement 300 millions d'euros les dépenses de développement les dépenses de développement voilà

1:03:51
Présentateur

alors est-ce que on peut considérer que que le bilan de cette présence militaire il est négatif alors

1:04:00
Invité

Robespierre disait personne n'aime les missionnaires en armes et effectivement de ce qu'on a été furtivement nous l'armée française une armée de libération on est passé à être considéré comme une armée d'occupation il y a un vrai rejet aujourd'hui de la présence militaire française au Mali et ce rejet est très largement répondu dans la population il n'est pas seulement inspiré comme le dit Jean-Yves Le Drian par les réseaux sociaux russes par des trolls russes non c'est vraiment quelque chose qui est profondément ancré dans la population parce qu'on n'a pas eu de stratégie on était une sorte de poulet sans tête on a eu aussi une attitude très néocoloniale on a fait des erreurs par exemple on a soutenu des milices touarets qui ont servi comme supplétifs de l'armée française et qui sont pas allés lutter contre les djihadistes mais qui ont réglé de vieux comptes communautaires avec les peuples commettant des massacres contre des civils et jetant certains civils dans les bras des djihadistes on a aussi commis des bavures je rappelle qu'au début de l'année le 3 janvier 2021 l'armée française a bombardé ce qu'elle a dit être un rassemblement de djihadistes l'ONU a enquêté et a dit que les 22 victimes qui avaient été faites par ce bombardement de l'armée française étaient des victimes civiles qui assistaient à un mariage et la France au lieu de reconnaître sa faute au lieu de reconnaître sa bavure et d'ouvrir une enquête a traité l'ONU de menteur c'est à dire que même les américains en Irak on avait fini par juger les mercenaires de Blackwater qui souviens-toi avaient tiré sur des civils à Bagdad en 2007 finalement on ne pourra pas vaincre les djihadistes parce qu'on est dans une guerre asymétrique et on ne peut pas gagner une guerre asymétrique

1:05:30
Présentateur

les américains n'ont pas gagné leur guerre asymétrique en Afghanistan en Irak

1:05:35
Invité

on n'a pas gagné

1:05:36
Présentateur

en France on n'a pas gagné

1:05:37
Invité

en Vietnam et puis il y a ce double discours qui est l'année dernière en avril 2021 notre allié préféré de la France au Sahel notre dictateur préféré Idriss Déby est mort au Tchad et Emmanuel Macron a avalisé le coup d'état où son fils a pris sa place en violation complète de la constitution tchadienne et là il n'y a pas eu de problème d'ailleurs on est en train de vouloir prolonger la transition tchadienne de 18 à 36 mois et ça n'a l'air de poser de problème à personne en tout cas à Paris et de l'autre côté on vient critiquer la jeune malienne parce qu'elle ne partage pas des positions elle ne partage pas les positions de Paris elle n'est pas un FOD à Paris comme on voudrait que ce soit

1:06:17
Présentateur

et c'est cette hypocrisie aussi que les africains les jeunes africains voient et qui alimentent la colère qui alimentent la colère alors est-ce que finalement c'est la question des russes qui est au coeur de l'enjeu alors tout ça se déroule au milieu d'une polémique internationale les partenaires occidentaux traditionnels du Mali ont dénoncé fin décembre la présence de la firme russe de mercenaires Wagner au Mali les dirigeants maliens disent que alors non ce ne sont pas des mercenaires ce sont des instructeurs quoi qu'il en soit les occidentaux s'inquiètent d'une sorte de grand remplacement géopolitique au Mali comme c'est déjà le cas en Centrafrique est-ce que les russes peuvent réussir là où les français ont échoué dans leur propre précaré

1:07:00
Invité

alors effectivement il y a un déploiement de 350 à 400 soldats russes alors la jeune malienne au pouvoir dit que ce sont des instructeurs la France répond en tout cas les pays occidentaux répondent que ce sont des mercenaires de la firme de Wagner cette fameuse firme de mercenaires qui est très liée au Kremlin et qui est très présente dans d'autres théâtres d'opérations moi je ne serais pas de ceux qui se réjouissent de la présence des mercenaires de Wagner bien évidemment j'étais en Centrafrique en reportage j'ai pu aller documenter les exactions de Wagner contre des civils c'est quand même il y a des méthodes violentes ce ne sont pas des enfants de coeur et puis Wagner ne réussit pas partout contrairement à ce qu'on peut entendre ils ont échoué au Mozambique ils ont même échoué en Libye à installer le maréchal Haftar au pouvoir et d'ailleurs que les mercenaires russes de Wagner soient présents en Libye ça n'avait pas l'air de déranger Paris puisque Paris et les russes étaient du même côté pour essayer d'imposer le maréchal Haftar au pouvoir donc là il n'y avait absolument pas de problème mais sur le fond c'est au Mali et aux Maliens de prendre cette décision avec qui ils vont travailler Jean-Yves Le Drian a dit oui mais la junte malienne est en train de prendre son pays en otage alors moi je ne sais pas si c'est vrai mais en imposant ces sanctions et en faisant imposer ces sanctions très dures contre le peuple malien la France est en train de prendre en otage le peuple malien et ça c'est inacceptable surtout qu'on sait que le Mali a une longue histoire avec la Russie dans les années 60 il y avait déjà eu une coopération très forte sous le président Modibo Keïta et moi ce qui me fait très peur au delà de ça c'est qu'on exporte une sorte de nouvelle guerre froide à trois francisous entre la France et la Russie au Sahel où finalement on va soutenir chacun des régimes qui nous seront favorables par exemple les Russes soutiendront le régime malien et les Français soutiendront le pays voisin le Niger puisqu'on sait que le président est un chouchou de Paris ou la Côte d'Ivoire et

1:08:55
Présentateur

justement est-ce que cette guerre froide cette guerre d'influence entre la France et la Russie au Sahel et en Afrique de l'Ouest peut déboucher sur des affrontements chauds même par poupesses par marionnettes interposées

1:09:08
Invité

je ne sais pas s'il y aura des affrontements directs je ne pense pas mais ce que je sais c'est que par exemple ce qui se passe actuellement entre le Tchad et la Centrafrique la Centrafrique étant liée aujourd'hui plutôt à Moscou et le Tchad étant traditionnellement liée à Paris il y a des tensions qui sont passées ces derniers mois au niveau de la frontière entre le Tchad et la Centrafrique et qui payent les coups de feu il y a eu des coups de feu il y a eu des morts et qui payent les coups de casser ce sont les populations locales finalement de ce grand jeu de puissance où on va rejouer la conférence de Berlin à la fin du 19e siècle et essayer de se partager l'Afrique comme si c'était un gâteau

1:09:40
Présentateur

alors c'est bizarre parce qu'en France justement cet affrontement qui est quand même structurel et important au Sahel entre Paris et Moscou il est un peu passé disons on n'en parle pas beaucoup on parle beaucoup de ce qui se passe en Ukraine alors que ce qui se passe au Mali nous concerne beaucoup plus que ce qui se passe en Ukraine entre disons la Russie et le monde occidental c'est bizarre

1:10:01
Invité

oui c'est étrange mais bon c'est vrai que moi il me semble qu'il y a un problème de traitement c'est à dire qu'on ne se rend pas compte du tournant qui se passe actuellement en Afrique et de la détestation profonde qu'on est en train d'avoir de la politique française en Afrique que la jeunesse africaine éprouve et c'est pas seulement encore une fois manipulé par les par les réseaux sociaux je veux dire quand il y a eu un convoi qui était bloqué de l'armée française logistique au Burkina puis au Niger et que l'armée française a tiré sur une foule de manifestants désarmés faisant oui on en a parlé ici faisant trois morts personne dans la classe politique ne s'est saisi du sujet pour dire ah il faut une enquête il faut qu'on sache pourquoi des militaires français ont été amenés à tirer sur des jeunes désarmés et il y a une sorte de blackout médiatique et fortement ça alimente la défiance vis-à-vis de la France ça alimente aussi les fake news qu'on entend ça et là bien sûr la France ne finance pas les djihadistes mais évidemment ce blackout médiatique qu'on impose un peu sur l'action de notre pays en Afrique renforce les théories du complot

1:11:00
Présentateur

alors pourquoi la France s'accroche telle autant au Mali comme si c'était un de ses départements est-ce qu'il n'y a pas des intérêts cachés autre que la lutte contre le terrorisme qui finalement est brandie comme une sorte de justification alors

1:11:12
Invité

c'est vrai que quand on entend Jean-Yves Le Drian qui se prend un peu pour le proconsul de l'Empire français en Afrique on peut se demander si on ne traite pas un peu le Mali comme le Cantal c'est vrai qu'il y a une notion d'Empire toi la phrase de Louis Guirinjot qui était ministre des Affaires étrangères de Giscard d'Estaing qui disait que l'Afrique est le dernier continent avec 500 hommes la France peut changer le cours de l'histoire alors aujourd'hui on n'y arrive plus même avec 5000 hommes de Barkhane on n'arrive plus à changer le cours de l'histoire donc il y a évidemment une notion d'Empire c'est chez nous c'est notre précaré les Africains sont des grands enfants pour qui on doit on doit décider il y a une montée l'été très colonial et puis c'est vrai qu'après il y a la question économique des intérêts économiques alors il y a beaucoup de fake news qui circulent sur la France au Mali la France voudrait exploiter l'uranium ce qui n'a jamais été le cas on est en train de se tourner vers des contrées beaucoup plus propices comme le Kazakhstan là on n'est pas susceptible d'enlever des travailleurs d'Areval et prendre en otage d'ailleurs je pense qu'on pourrait avoir une pensée pour le seul otage français dans le monde qui est notre confrère Olivier Dubois qui est retenu actuellement en otage au Mali aux mains d'Al-Qaïda et pour revenir à la question de la place économique c'est-à-dire la France est en train de perdre du terrain en matière économique en Afrique c'est-à-dire on est passé de 11% de part du marché à 7% on se fait grignoter des parts du terrain par la Chine les plus gros projets qu'a la France en Afrique c'est pas dans la zone francophone c'est au Mozambique avec un projet gazier total c'est en Ouganda donc finalement d'influence traditionnelle et quand on regarde les chiffres officiels les exportations du Mali vers la France c'est 9 millions d'euros par an donc c'est peanuts mais il y a quand même des choses qui se passent c'est-à-dire qu'il y a quand même des réseaux français-africains qui sont à l'oeuvre et notamment sous Ibrahim Boubar Karkhita par exemple en 2016 ça a été révélé par une enquête de Jeune Afrique Jean-Yves Le Drian avait fait pression sur le président malien avec l'aide de l'ambassadeur de France à Bamako pour que le président malien donne le marché de confection de passeport malien à une société française qui s'appelle Auberture il y a aussi une personne dont on a peut-être entendu parler qui s'appelait Michel Thomy Michel Thomy c'est le parrain des parrains corses c'est un très proche de Squarsini c'est quelqu'un qui a importé le PMU en Afrique et qui a fait fortune d'ailleurs dont le frère est commissaire divisionnaire et s'amuse le week-end à taper sur les gilets jaunes d'ailleurs il a été mêlé à plusieurs affaires de violences policières et ce Michel Thomy était l'ami proche d'Ibeka qui voyageait dans cette jette privée le président qui était tant aimé par François Hollande tant aimé par François Hollande et il faut se souvenir que Michel Thomy a placé une société des sécurités privées pour assurer la garde rapprochée d'Ibrahim Barkharketa une société française donc des mercenaires des anciens du GIGN qui ont assuré contre monnaie sonnante et trébuchante la sécurité rapprochée d'Ibeka et là c'était des mercenaires mais personne ne semblait s'en plaindre vous avez eu des choses complètement rocambolesces comme Airbus donc le fabricant d'Airbus et d'Ariane qui a investi dans une mine d'or au Mali qui a fait complètement faillite et puis il y a eu un procès on s'est rendu compte que Airbus voulait utiliser ces mines d'or comme caisse noire pour payer des commissions en liquide à des hommes politiques maliens pour avoir des contrats pour d'autres importances par exemple comme des hélicoptères donc finalement il y a tout un tas de réseaux affairistes qui ont bénéficié de cette proximité-là entre les pouvoirs français et le pouvoir malien et évidemment on se demande si le rapprochement de Bamako avec Moscou n'empêche finalement pas ces réseaux affairistes français de continuer à prospérer

1:14:36
Présentateur

en tout cas on a l'impression que ce sont ces réseaux qui déterminent la politique africaine de la France et non l'intérêt général l'intérêt général français l'intérêt général des pays africains et l'intérêt général humain tout simplement alors quelles sont finalement les perspectives pour le Mali et le peuple malien qui semblent prises en étau dans ce jeu de grande puissance

1:14:54
Invité

évidemment l'agent qui est un peu en manque de légitimité applique à la lettre les principes de Karl Schmitt et désigne un ennemi extérieur qui est la France c'est-à-dire qu'ils sont en train de faire l'union du peuple malien contre la France et il faut qu'on en tire les conclusions en pliant vide bagage et en acceptant qu'aujourd'hui on ne fait plus on ne fait plus partie de la solution mais on fait partie du problème alors on va voir dans les prochaines semaines si les sanctions vont être allégées ou pas il y a des questions qui vont se poser c'est-à-dire le Mali a déjà demandé par exemple la révision des accords de défense de 2014 qui le lie à la France pour que la France ait moins de marge de manœuvre au Mali il serait possible que puisque le Mali n'arrive pas à accéder à ses avoirs à la Banque Centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest le Mali crée sa propre monnaie sorte du franc CFA d'ailleurs entre 1962-1984 le Mali n'était pas dans la zone CFA il avait sa propre monnaie le franc malien donc ça serait une possibilité mais très clairement il faut que nous en tout cas nos politiques changent de politique très rapidement arrêtent avec ces sortes de leçons néocoloniales qu'on ne cesse de donner au Mali parce que finalement sinon on va rompre ce lien qui est très fort entre la France et le Mali on est ici à Montreuil on tourne à Montreuil Montreuil a été appelée longtemps affectueusement la deuxième ville du Mali pour le nombre d'immigrés maliens qui y vivent il y a quand même 200 000 Français d'origine malienne qui vivent en France et il y a des liens très forts de langue entre nos deux pays mais malheureusement la politique française telle qu'elle est menée par Emmanuel Macron et Jean-Yves Le Drian cette politique néocoloniale cette politique désastreuse qui est en train d'étrangler le Mali parce que finalement c'est pas la Jeanne qui va appuyer au premier chef mais le Malien de la rue qui va être étranglé par ses sanctions économiques est en train de distendre ce lien qui existe entre la France et le Mali et j'espère que ça ne sera pas irréversible

1:16:47
Présentateur

Merci Thomas pour cet éclairage la contre-matinale du Média c'est terminé pour aujourd'hui pour nous permettre de continuer de nous renforcer partager abonnez-vous mettez des petits pouces bleus et si vous le pouvez faites-nous un don sur la plateforme OKPAL ou devenez abonné sociétaire du Média revenez ce soir parce que ce sera l'instant porché avec Thomas Porcher et Lisa Lab et je vous assure que ce sera passionnant quant à moi je vous dis à demain Média

1:17:13
Locuteur

et je vous dis fris-moi