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interviewRMC — Face à Face· 19 mai 2021 19 min

L'invité de Bourdin Direct : Gabriel Attal - 19/05

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

Vous écoutez RMC.

0:15
Présentateur

Vous étiez au courant. Oui, oui, vous étiez au courant. Je ne vais pas vous mentir. Vous n'allez pas me mentir, c'est Rue de Mignonne et Roménie de la Paris, je crois. Le président de la République, c'est un café. Oui, c'est un café. Un café avec le Premier ministre, Jean Castex. J'aimerais bien savoir ce qu'ils sont en train de se dire. On aimerait tous. Vous le savez ? Non, Gabriel, vous êtes certain.

0:36
Gabriel Attal

En tout cas, elles font plaisir, ces images. Pas uniquement pour le Président et le Premier ministre, mais ce qu'on voit depuis ce matin. C'est un peu de la com' quand même. Ce qu'on voit depuis ce matin, ces images des Français qui retournent sur leur terrasse et puis tous ces Français qui travaillent dans les restaurants, les bars, qui peuvent recommencer à travailler, ça fait plaisir.

0:49
Présentateur

Oui, ça fait plaisir, mais c'est une bonne opération de communication, normale.

0:54
Gabriel Attal

Vous savez, c'est important, c'est aussi un jour symbolique. Vous savez, aujourd'hui, c'est le plus grand pas qu'on fait vers la vie d'avant depuis plus de six mois. C'est extrêmement important ce qui se passe. C'est des centaines de milliers de Français qui peuvent recommencer à travailler, qui étaient empêchés de travailler. Puis, c'est la vie sociale aussi qui peut reprendre sur les terrasses de nos cafés et puis dans nos cinémas, dans nos théâtres.

1:16
Présentateur

Vous êtes impressionnés, là ? Non. On voit le Président de la République en train de discuter avec un serveur du café. Vous connaissez ce café ? Alors, je ne sais pas où c'est, je reconnais un peu la place Beauvau, pas très loin. Oui, ce n'est pas très loin de l'Elysée, de la place Beauvau. Oui, le Président de la République, le Premier ministre en train de discuter, si j'ai bien compris, avec le serveur ou propriétaire du café. Voilà, avec cette journée importante, optimisme, envie et prudence en même temps, Gabriel Attal.

1:47
Gabriel Attal

Oui, bien sûr. Je pense qu'il ne faut pas se priver de se réjouir, parce qu'on revient de loin. Oui. On revient de loin et rien n'est terminé. Et rien n'est terminé. Ne l'oublions pas. Il faut rester vigilant. Il ne faut pas baisser la garde. C'est pour ça qu'on a un calendrier de réouverture qui est prudent. Réouverture prudente, réouverture confiante. On fait les choses progressivement par étapes, mais il ne faut pas se priver de se réjouir, parce que la réalité, c'est qu'il y a encore un mois, deux mois, on était dans une situation qui était extrêmement difficile.

Et d'ailleurs, moi, je me réjouis aussi, je le dis, parce que le choix qu'on a fait et qu'a fait le Président de la République, avec les mesures qui avaient été annoncées fin mars, c'est le choix de faire confiance à la responsabilité des Français. Vous vous souvenez, quand on avait annoncé ces mesures, un certain nombre de gens dans l'opposition nous ont dit « Mais attendez, ce n'est pas un vrai confinement. Vous dites aux gens qu'ils peuvent sortir, vous leur faites confiance. Ça ne va pas marcher, vos mesures. » Qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui ? Que la situation s'est améliorée très nettement, qu'elle continue à s'améliorer.

Donc, on a eu raison de faire confiance à la responsabilité des Français.

2:42
Présentateur

Je regarde le Président de la République, pas de masque. Donc, on va pouvoir sortir, s'installer en terrasse sans masque.

2:47
Gabriel Attal

Alors, vous connaissez les règles dans les restaurants, c'est important de les donner pour les personnes qui nous écoutent. Effectivement, quand vous êtes attablés et qu'on vous sert quelque chose à boire ou à manger, vous pouvez retirer votre main.

2:58
Présentateur

Et pour discuter aussi. On peut discuter sans masque, à la terrasse d'un café.

3:02
Gabriel Attal

Quand vous êtes en train de boire, par définition, oui. Mais les règles, elles ont été données. Il y a le port du masque. Parce que d'autres convives portent le masque, je vois. Vous voyez, monsieur, son café ne lui avait pas encore été servi. Donc, j'imagine qu'il va l'enlever, son masque, pour boire son café. Sinon, ça va être compliqué. Oui, non, mais ça me dit bien d'accord.

3:18
Présentateur

Mais voilà. On est bien d'accord. D'ailleurs, le masque. J'ai une question à propos du masque. Est-ce que le masque sera bientôt... Est-ce que nous serons démasqués bientôt ? Est-ce que bientôt, nous n'aurons plus besoin de masques à l'extérieur ? Est-ce que vous avez vu que New York est démasquée ?

3:34
Gabriel Attal

En tout cas, en extérieur, oui. En extérieur, oui. C'est évidemment le sens de l'histoire et de la vaccination. Avant l'été ? On protède de plus en plus de Français. Avant l'été ? On l'espère. On l'espère. Si ça continue comme ça, avant l'été, on tombe le masque. Si ça continue à s'améliorer, probablement qu'à l'été, je ne sais pas vous dire exactement quand. Olivier Véran, qui était sur votre antenne lundi soir, ne l'a pas dit. Et moi, je ne peux pas en dire plus que lui. Mais évidemment, dès qu'on considérera que c'est raisonnable et responsable de dire qu'on peut retirer son masque en extérieur, on le fera. Donc nous passerons l'été sans masque.

Tout le monde en a marre du masque, ça c'est sûr.

4:10
Présentateur

Nous passerons l'été sans masque. On l'espère. On l'espère.

4:13
Gabriel Attal

On l'espère fortement. Il faut ça continuer à s'améliorer. C'est aussi pour ça qu'il faut continuer à être vigilant.

4:17
Présentateur

Oui, bien sûr. Alors, j'ai plein de questions à vous poser. Peut-être que le Président de la République et le Premier ministre abordent les sujets que nous allons aborder tous les deux. On a un Conseil de défense à 9h. Oui, vous avez un Conseil de défense tout à l'heure. Nous allons rester en image avec le Président de la République et le Premier ministre. On ne sait jamais. Je ne sais pas. Non. Ils s'entendent bien. Tout va bien. Oui, ça je m'assure. Ils ne vont pas se fâcher et quitter la table. Non, bon, d'accord. Gabriel Attal, les soldes prévus du 23 juin au 20 juillet, décalage ou pas ? Ça sera décidé d'ici à la fin du mois.

4:50
Gabriel Attal

Il y a eu une réunion importante hier qui a eu lieu à Bercy. C'est pour ça que je vous pose la question. Mon collègue Alain Griset, qui est ministre chargé des PME, a rencontré les responsables des fédérations, des commerces, de l'habillement, pour échanger avec eux sur ce sujet, pour recueillir leur avis. Vous avez certaines fédérations qui disent qu'on souhaite reporter les soldes, comme ça avait été fait l'an dernier. Puis vous en avez d'autres qui disent que c'est important pour nous que les soldes soient maintenus à la date prévue, c'est-à-dire le 23 juin. Donc il a recueilli tout ça. Il va y avoir une réflexion et sans doute d'autres échanges dans les jours qui viennent.

Et d'ici à la fin du mois, il y aura une décision qui aura été prise, c'est-à-dire d'ici à la fin de la semaine prochaine. Est-ce que vous pensez qu'il y aura des calages, des dates ? Très franchement, la décision n'a pas été prise. Elle n'a pas été prise. Et vraiment, ce que je comprends, Jean-Jacques Bourdin, c'est aussi pour ça que c'est parfois compliqué de faire des choix politiques. C'est qu'il y a des opinions qui sont différentes selon les fédérations ou les associations de commerçants. Et donc il faut chercher le consensus le plus large possible.

5:40
Présentateur

Je regarde l'écran en même temps. Je vous regarde et je regarde l'écran en même temps pour voir ce qui se passe. Dites-moi, des contrôles, est-ce qu'il y aura des contrôles ? Parce qu'il y a des jauges sur les terrasses, il y a des jauges dans les cinémas, il y a des jauges dans les commerces qui ouvrent aujourd'hui. Est-ce qu'il va y avoir beaucoup de contrôles aujourd'hui ?

5:58
Gabriel Attal

Il va y avoir des contrôles évidemment. Et puis couvre-feu à 21h. Et puis couvre-feu à 21h. Il va y avoir évidemment pour le couvre-feu des contrôles qui vont se reçu le soir après 21h et jusqu'à 6h du matin. Et puis évidemment qu'il y a des contrôles dans les établissements recevant du public pour l'application des protocoles sanitaires. Il y aura évidemment des contrôles. Après vous savez qu'à chaque fois qu'on a mis en place des mesures nouvelles, on a toujours fait attention à avoir quelques jours de tolérance. Parce que la réalité, on ne va pas arriver tout de suite et sanctionner alors que les règles sont en train de se mettre en place, que les choses s'appliquent.

6:30
Présentateur

Le Premier ministre est en train d'essayer de convaincre le Président de la République apparemment. Je ne sais pas sur quel sujet. Moi j'ai quelques sujets. Je ne sais pas dire sur les lèvres. Mais j'ai quelques sujets. Non, c'est vrai. J'ai quelques sujets. La discothèque, les discothèques, soirée test. Il va y avoir une soirée test. C'est une possibilité. Non, mais c'est une possibilité ou c'est une réalité ?

6:46
Gabriel Attal

Ça n'a pas été acté. Moi, il me semble que ce serait une bonne idée de le tester. De le tester. En tout cas, ce qui est acté, c'est qu'à la mi-fin juin, les réformes à mi-juin ou fin juin ? En fin juin et fin juin. Dans la deuxième partie du mois de juin, les patrons de discothèques en sauront davantage sur leur réouverture. Moi, je vais vous dire, je les comprends. Ça fait plus d'un an qu'ils sont fermés. C'est le seul lieu, je crois, qui n'a jamais rouvert depuis le début de la pandémie. Et donc, c'est extrêmement difficile pour eux. Il y a aussi beaucoup de Français qui ont envie de pouvoir retourner en boîte, comme on dit. Et donc, il faut qu'on puisse donner des perspectives.

C'est aussi un lieu où on sait que c'est le plus à risque pour le virus. Parce que la réalité, c'est que quand vous allez en discothèque, c'est quand même plutôt pour avoir des contacts avec les autres. Et que quand vous avez un peu bu, vous êtes peut-être moins attentif au respect des gestes barrières. Et donc, c'est des endroits, un lieu clos, où le virus peut circuler. Et donc, il faut être prudent.

7:36
Présentateur

Le pass sanitaire. Pass sanitaire, 1000 personnes, c'est cela ? Manifestation de plus de 1000 personnes ? C'est ça, les salons, les grands concerts, les grandes foires. C'est le pass sanitaire d'attestation de vaccination, attestation de non-maladie, test négatif, attestation de guérison. C'est ça, le pass sanitaire. Pass sanitaire uniquement, uniquement pour ces rassemblements de plus de 1000 personnes.

7:57
Gabriel Attal

Oui, c'est le choix qu'on a fait. Uniquement. C'est typiquement de ne pas vous demander un pass sanitaire pour aller boire un café en terrasse en bas de chez vous. L'important, c'est d'être pragmatique, de l'utiliser cet outil, là où c'est vraiment nécessaire, c'est-à-dire dans les lieux qui brassent beaucoup de monde. Oui. Est-ce qu'il y aura un moment de harmonisation en Europe ? Ah oui, bien sûr. Vous savez qu'il y a un gros travail qui est fait au niveau européen. C'est décidé. Il y a une harmonisation en Europe. Je crois que le Parlement européen doit se prononcer prochainement. Donc moi, je respecte les institutions. Mais c'est certain.

Et notamment pour les déplacements entre les différents pays. Les tests gratuits dans toute l'Europe cet été ? Alors ça, pour le coup, je n'ai pas d'informations sur ce sujet. Il y a des réunions importantes hier soir. En France, les tests sont gratuits. Et c'est important de le dire. La France est un des seuls pays à avoir cette politique de tests gratuits. Quand je dis gratuit, c'est la sécurité sociale qui paye. Donc quelque part, c'est les Français. Mais en tout cas, on ne vous demande pas de frais quand vous allez vous faire tester. Et ça, c'est extrêmement important en France, en tout cas, qu'on le maintienne tant que l'épidémie se poursuit.

Est-ce que le plan de relance sera renforcé ? Il va y avoir un deuxième temps de la relance. C'est-à-dire un premier plan de relance et un deuxième plan ? Quand je dis deuxième temps de la relance, c'est qu'il y a un plan de relance qui a été annoncé à 100 milliards d'euros. Exact. Pour relancer notre économie. Exact. Je vais vous dire, ce plan, il démarre très fort et il démarre très bien. Il y a déjà 30 milliards qui ont été dépensés. C'est des Français qui rénovent leur logement, qui ont une aide jusqu'à 20 000 euros par mois à MaPrimeRénov'. C'est des entreprises qui développent des chaînes de production.

Et donc, pour répondre à votre question, quand je dis qu'il y a 30 milliards sur les 100 milliards qui ont été engagés, ça veut dire qu'il reste 70 milliards de ce plan à engager. Et donc, quand je dis deuxième temps de la relance, c'est qu'il va y avoir un travail pour regarder s'il faut de nouvelles priorités, comment est-ce qu'on peut faire pour accélérer les éléments. Donc, il n'y a pas plus de 100 milliards. Aujourd'hui, ce n'est pas prévu, mais évidemment, on adaptera si c'est nécessaire. En tout cas, il faut une nouvelle mobilisation. Aujourd'hui, 100 milliards et c'est tout. Aujourd'hui, c'est 100 milliards d'euros.

9:44
Présentateur

Quoi qu'il en coûte, c'est 100 milliards. Pour la relance, je parle. Pour la relance. Pour la relance, bien sûr. Est-ce qu'il y aura des chèques consommation ? Est-ce qu'il y aura des chèques pour les plus modestes dans le cadre de ce plan de relance ?

9:59
Gabriel Attal

On a beaucoup agi depuis plus d'un an, depuis le début de cette crise, pour garantir le pouvoir d'achat et la consommation de tous les Français. Le chômage partiel, ça a quand même permis de garantir le salaire et de verser le salaire. Et encore aujourd'hui, vous avez plusieurs millions de salariés qui sont en activité partielle de longue durée. Et donc, c'est l'État qui finance au moins une partie de leur salaire pour qu'ils puissent garder leur pouvoir d'achat. Et pour les plus modestes, les plus précaires, je rappelle qu'à deux reprises, on a versé des aides exceptionnelles en plus des minimas sociaux dont bénéficient les plus précaires.

Une famille qui est aux minimas sociaux avec deux enfants, elle a reçu il y a un an 400 euros en plus de ses minimas sociaux. Elle a eu son allocation de rentrée scolaire renforcée de 200 euros en août dernier. Et en décembre, elle a reçu à nouveau 400 euros. Ça fait 1000 euros. Donc, évidemment, on est au rendez-vous pour accompagner le pouvoir d'achat de ceux qui en ont besoin dans notre pays. Et on va continuer cette action.

10:48
Présentateur

2018, Emmanuel Macron promettait une loi sur la dépendance. Les personnes âgées, il va y avoir une réunion demain à Matignon importante. Est-ce qu'un projet de loi sera discuté à l'Assemblée nationale après l'été ?

11:01
Gabriel Attal

Alors, il y a une réunion, vous l'avez dit. C'est un engagement du Président de la République. Qui sera tenu avant la fin du quinquennat. Il y a eu depuis la crise sanitaire. Ça a retardé. Ça a retardé. Et forcément, il reste un peu moins d'un an.

11:14
Présentateur

Oui.

11:15
Gabriel Attal

Il y a un agenda parlementaire qui est contraint. Donc, il y a des arbitrages à faire, des choix à faire. Ce qui est certain, c'est que là, ce qu'on fait, c'est qu'on se met en situation d'avoir un projet de loi qui est prêt pour être examiné. Ensuite, il y aura une décision qui sera prête.

11:25
Présentateur

Le projet de loi sera prêt et donc probablement examiné après l'été. En tout cas... C'est la volonté du Président de la République ou pas ?

11:32
Gabriel Attal

Évidemment, notre volonté, c'est d'avancer pour mieux prendre en charge la dépendance et garantir l'autonomie des personnes âgées.

11:37
Présentateur

Est-ce qu'avant la fin du quinquennat, il y aura un projet de loi sur la dépendance ?

11:41
Gabriel Attal

Je vais vous dire, le projet de loi sera prêt. Je ne peux pas vous dire quand est-ce qu'il sera examiné au Parlement. Oui, mais il sera prêt. Il sera proposé et présenté. Il sera prêt. Et il sera présenté. Évidemment qu'on annoncera les mesures qu'on veut prendre et ce qu'on envisage de faire. Concrètement, c'est quoi ? C'est dire qu'il faut mieux prendre en charge les personnes âgées dans notre pays. Arriver à ce fameux tournant du domicile. Parce qu'il y a beaucoup de personnes âgées qui ont envie de pouvoir rester chez elles plutôt qu'aller en maison de retraite. Et donc, revaloriser les métiers et les carrières des personnes qui accompagnent les personnes âgées chez elles.

Revaloriser aussi les métiers des personnes qui interviennent dans les maisons de retraite. Tout ça, c'est un enjeu très fort. Et donc, on y travaille. C'est ma collègue Brigitte Bourguignon, qui est ministre déléguée chargée de ce sujet, qui est activement à la tâche.

12:22
Présentateur

Autre événement aujourd'hui, ce rassemblement de policiers devant l'Assemblée nationale. Alors, j'ai plusieurs questions à ce propos. Gérald Darmanin s'y rendra, le ministre de l'Intérieur. N'y a-t-il pas confusion tout de même, Gabriel Attal ? Voilà le ministre de l'Intérieur qui va se rendre devant l'Assemblée nationale pour partager les revendications des policiers qui exigent quoi ? Un durcissement des lois. Confusion ! Et la séparation des pouvoirs. Où est-elle ?

12:50
Gabriel Attal

D'abord, moi j'ai entendu les responsables syndicaux de la police, en tout cas une bonne partie d'entre eux, dire que ça n'était pas une manifestation syndicale, mais une marche citoyenne. Pour soutenir nos policiers dans leur action du quotidien, alors qu'ils sont régulièrement agressés, attaqués, et qu'il y a, oui, un manque de respect d'un certain nombre de personnes vis-à-vis de nos policiers. Vous avez raison, sauf qu'il va y avoir des discours.

13:09
Présentateur

Des discours de policiers, des discours syndicaux. Est-ce que vous pensez que dans ces discours syndicaux, il n'y aura pas de revendications ?

13:16
Gabriel Attal

Il y aura probablement des revendications, Jean-Jacques Bourdin, mais moi je vais vous dire, pour moi, le ministre de l'Intérieur, qui est le premier policier de France, comme on dit, qu'il soit avec ses troupes, avec ses hommes, dans un moment où il y a une émotion très forte, qu'il ait saisi non pas seulement eux, mais tous les Français, après ce qu'on a vu, après ce qui est arrivé à Madame Montfermé, à Rambouillet, qui a été tué dans son commissariat par un terroriste islamiste, ce qui est arrivé à M. Masson, qui a été tué en opération, alors qu'il faisait un contrôle antidrogue. La réalité, c'est quoi ?

C'est qu'on a des policiers qui sont dévoués pour protéger les Français, et d'ailleurs qui savent qu'ils prennent des risques quand ils interviennent pour protéger les Français. Mais la réalité aussi, c'est que depuis des années, les agressions ont augmenté. En 15 ans, elles ont doublé les agressions contre les policiers.

14:02
Présentateur

Il y a des refus d'obtempérer qui se multiplient aussi. C'est ce que disent aussi les policiers. Vous dites la même chose. Mais bien sûr qu'on dit la même chose. Mais les policiers demandent quoi ? Tous, les syndicats, tous les syndicats de police, des peines planchées ou peines minimales pour les agresseurs des forces de l'ordre. Alors oui ou non ? Alors pas tous, Jean-Jacques Bourdin.

14:19
Gabriel Attal

Ou presque tous. J'entends aussi des responsables syndicaux de la police qui disent eux-mêmes que les peines planchées, quand elles ont été mises en place sous Nicolas Sarkozy à l'époque, n'ont pas fonctionné. Donc vous n'aurez pas question de remettre des peines planchées au minimal. Mais pourquoi Jean-Jacques Bourdin ? Parce que quand vous regardez la durée moyenne des peines qui étaient prononcées à l'époque des peines planchées, elle était inférieure à la durée moyenne des peines qui ont ensuite été prononcées quand on a levé les peines planchées. Donc on voit bien que ce n'est pas ça la solution. La solution c'est quoi ? C'est de faire en sorte que la justice soit plus efficace.

C'est pour ça qu'on renforce ces moyens. Il y a une augmentation historique du budget de la justice. On a franchi le cap symbolique des 9000 magistrats. On recrute 2000 personnels supplémentaires dans notre justice pour que ça soit plus réactif et qu'il puisse y avoir une réponse pénale plus rapide. Et ensuite ça veut dire qu'il faut renforcer les peines. Ça c'est une demande qu'ils ont. Évidemment elle a été entendue. Et donc très concrètement, vous le savez, la période de sûreté pour les crimes contre un policier ou un gendarme sera portée à 30 ans. Il rappelle à la loi pour les plus petits délits qui faisaient souvent, on va le dire, rire les voyous.

Il rigolait quand il ressortait en disant je me suis pris un rappel à la loi. C'est supprimé et ça sera remplacé par des vraies peines, notamment des travaux d'intérêt général et évidemment des mesures alternées.

15:28
Présentateur

Il rigole toujours quand il ressort au lendemain d'un acte de délinquance. Bien souvent, malheureusement.

15:33
Gabriel Attal

Mais c'est pour ça qu'on renforce la réponse pénale.

15:36
Présentateur

Bon, Gabriel Attal, la violence après le drame d'Ivry, vous avez vu ce qui s'est passé avec cette adolescente de 17 ans qui a été poignardée, tuée par un gamin, un gamin de 14 ans. Faut-il rendre pénalement, je dis bien pénalement, pas civilement, pénalement responsables, les parents de mineurs auteurs d'infractions ? C'est ce que propose un député de La République En Marche.

15:59
Gabriel Attal

Oui, il y a un député qui a fait cette proposition, elle n'est pas retenue par le gouvernement.

16:02
Présentateur

Elle n'est pas retenue.

16:03
Gabriel Attal

Aujourd'hui, vous avez un principe de notre droit, c'est que vous êtes responsable des actes que vous commettez. Vous pouvez être considéré et être reconnu complice. Ça peut exister. Mais le principe quand même intangible de notre droit, c'est que vous êtes responsable des actes que vous commettez. Est-ce que ça veut dire qu'il ne faut pas mieux responsabiliser les parents ? Évidemment non. Et d'ailleurs, on a eu l'occasion de le dire. Les parents, évidemment qu'ils ont une responsabilité dans ce que font leurs enfants. C'est important de le dire et c'est important de le répéter. L'éducation nationale a aussi un rôle très important.

Il y a un autre projet qui me tient à cœur, c'est moi qui l'ai créé, c'est le service national universel. Il se déploie. Quand on parle de jeunesse, il se déploie. En juin, vous aurez plus de 20 000 jeunes qui font leur service national. Quand je l'ai lancé, il y en avait 2 000. Donc ça prend bien son nom. 20 000 en juin. Oui, c'est quoi ? C'est des jeunes qui vont se retrouver pendant plusieurs semaines encadrées par des policiers, des gendarmes, des militaires, des associatives, des membres de l'éducation nationale autour de quoi ? Autour des notions de droit et devoir du citoyen. Autour des notions d'autorité. Autour des notions de valeur de la République.

C'est ce qui remplace finalement ce qu'était le service militaire à l'époque. Ce n'est pas un service militaire. Mais on revient à ce moment de creuser républicain.

17:11
Présentateur

Un mot sur les régionales. Fusion, alliance avec Xavier Bertrand au second tour dans les Hauts-de-France si nécessaire.

17:17
Gabriel Attal

Là, on est dans le premier tour.

17:19
Présentateur

Oui.

17:19
Gabriel Attal

On a Laurent Pietraszewski. Qui mène la liste de la majorité présidentielle avec Éric Dupont.

17:23
Présentateur

Imaginons qu'il arrive qu'il ne soit pas qualifié. S'il est qualifié, il se maintient ou pas ? Moi, tant que le premier tour

17:29
Gabriel Attal

n'a pas eu lieu, je peux difficilement dire ce qu'on fait au deuxième tour

17:32
Présentateur

Jean-Jacques Bourdin. Maintenant, je vais vous dire très clairement. Vous pouvez dire aux électeurs si nous faisons plus de 10%, nous maintiendrons notre liste. Vous pouvez le dire.

17:40
Gabriel Attal

Ce que je vais vous dire, c'est que pourquoi on présente une liste ? On présente une liste pour que la relance économique du pays d'un langage bénéficie à tout le monde. Mais moi, je voudrais savoir. Je vais y venir. Et donc, qu'est-ce qu'on va regarder au soir du premier tour ? Quels sont les scores ? Quel est le rapport de force entre les différentes listes ? Et qu'est-ce qui garantit le plus que le futur exécutif régional tienne compte de nos priorités en termes de relance économique pour que dans les Hauts-de-France comme ailleurs...

18:03
Présentateur

Et ne bascule pas

18:04
Gabriel Attal

au Rassemblement National. Pour que dans les Hauts-de-France comme ailleurs, le plan de relance soit une réalité. Et je vais vous dire, notre logique, ça a toujours été le dépassement politique. Et donc, évidemment, que si on considère que c'est nécessaire et que c'est utile qu'il y ait une alliance, évidemment qu'on... On proposerait cette alliance. On regardera cela. On ouvrira... On proposera cette alliance. On proposera... Oui. Dans les cas, on sera en tête d'ouvrir nos listes pour faire des alliances, bien sûr. L'immigration.

18:29
Présentateur

On a beaucoup parlé d'immigration ces dernières heures avec ce qui se passe au Maroc et dans l'enclave espagnole de Ceuta. Mais est-ce qu'il va y avoir une initiative du gouvernement en matière d'immigration ? Parce que beaucoup parlent d'immigration zéro, de moratoire sur l'immigration, de référendum sur la politique migratoire. Est-ce qu'il va y avoir une initiative du gouvernement,

18:47
Gabriel Attal

du président de la République ? Il y a deux choses. Un, il y a la loi qui a été votée en 2018. La loi Asili-Immigration. Je m'en souviens, j'étais parlementaire à l'époque, qui est une loi qui donne des moyens très puissants, très concrets pour réduire les délais et pour faire en sorte que ce soit mieux exécuté les obligations de quitter le territoire et l'intégration des personnes qui ont vocation à rester en France. Ça, c'est le premier point. Et je vais vous dire, avant la crise sanitaire, qui a quand même tout perturbé, ça a produit des résultats. Le nombre de personnes éloignées entre 2018 et 2019 a augmenté dans notre pays.

Il y a moins de naturalisation en France aujourd'hui que dans les quinquennats précédents. Deuxième chose, c'est la question des frontières et la question de l'espace Schengen.