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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 1 mai 2024 23 min

Niveau des salaires, grèves pendant les JO, manifestations propalestiniennes... Le "8h30 franceinfo" de Xavier Bertrand

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Invité

Bonjour Xavier Bertrand, c'est la fête du travail aujourd'hui, la fête des travailleurs et on a appris hier selon Oxfam que les patrons du CAC 40 ont gagné 130 fois plus que leurs salariés en 2022. Pour vous le problème c'est le salaire des patrons ou le salaire des salariés ?

0:20
Xavier Bertrand

C'est les salariés qui doivent avoir davantage. Vous savez si vous voulez qu'il y ait de l'adhésion à un projet d'entreprise, si vous voulez qu'il y ait de l'adhésion à la valeur travail, il faut que les salariés puissent y retrouver. Et aujourd'hui vous le savez, l'un des problèmes de fond de notre société, vous savez que c'est l'un des sujets les plus importants pour moi, c'est que ceux qui travaillent doivent pouvoir s'en sortir. La fin du mois ne doit pas commencer le 10 du mois et c'est le cas de beaucoup trop de personnes qui travaillent. Et ce n'est pas seulement la question des travailleurs pauvres dont on parle souvent, c'est la question de l'ensemble des classes moyennes.

Aujourd'hui, dans les sujets prioritaires, il y a toujours la rémunération du travail. Et d'ailleurs, il y a un sujet qui a été mis dans le débat. Et d'ailleurs, je suis très étonné qu'il n'y ait quasiment pas de responsables politiques qui viennent sur ce débat. C'est la question du salaire décent posé par le président de Michelin, qui a du sens, qui veut dire très clairement, on peut tourner ça dans tous les sens, les salaires doivent progresser dans notre pays, surtout quand les résultats des entreprises sont au rendez-vous.

1:20
Invité

C'est une question de justice. Ce qu'il y a derrière, c'est d'ailleurs ce que nous disait un autre patron, le patron d'une PME lyonnaise tout à l'heure sur France Info. Il disait qu'il y a une absurdité dans le SMIC, c'est que c'est le même que vous soyez dans une grande ville où le logement coûte très cher, par exemple en région parisienne, ou dans une petite ville. Or, c'est ça qui fait la différence. Le SMIC, le même partout, disait-il, c'est une absurdité.

1:41
Xavier Bertrand

Mais vous devez faire progresser les salaires partout. Parce que quand il y a le débat sur la régionalisation du SMIC, certains ont aussi en tête de se dire, il pourrait être un peu plus faible dans certaines régions. Ce n'est pas ce que disait ce patron, et d'ailleurs ce n'est pas ce que dit le patron de Michelin. Mais je sais que dans le débat, ce sont des questions qui me passionnent depuis des années et des années, et je continue justement à travailler avec Nous France pour faire des propositions nouvelles là-dessus. Déjà, quand vous êtes à 1 500 euros par mois, 1 500, 1 600 euros net par mois, mais comment vous faites ? Vous ne pouvez pas vous en sortir. Donc il y a plusieurs choses.

Il y a déjà la rémunération du travail. Deuxième sujet, et ce n'est pas un sujet qui parle seulement aux jeunes, qui parle à tout le monde, c'est aussi la progression dans le travail. Si vous voulez aujourd'hui qu'il y ait davantage pour les salariés, il faut qu'il y ait davantage de qualifications. C'est la formation initiale, c'est la formation continue. Il faut investir dans la qualification des salariés pour qu'ils puissent progresser dans leur travail.

2:37
Invité

Et donc évoluer dans leur salaire, mais sur la question des salaires ?

2:39
Xavier Bertrand

Et dans leur entreprise, et dans leur responsabilité. Parce que je voudrais juste finir là-dessus, les conditions de travail sont importantes, très importantes, et aussi la reconnaissance de son travail. Aujourd'hui, on veut aussi être reconnu dans son travail. Le Covid a changé beaucoup de choses, mais ça datait aussi d'avant le Covid. Il y a cet équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle. Le rapport a changé.

Je suis convaincu que la valeur travail n'est pas derrière nous, elle a toujours son importance, mais il faut réinventer le travail et surtout, parce que ce n'est pas seulement un débat philosophique, c'est un débat politique, apporter des réponses concrètes pour que ceux qui travaillent puissent gagner mieux et pouvoir faire des projets pour leur famille. Vous avez parlé à l'instant du logement, vous avez raison. Mais la question du logement, elle n'est pas seulement liée au travail. La question du logement, elle est aussi liée à la crise du logement dont il faut absolument sortir, dont on doit sortir.

Aujourd'hui, le revenu, le reste à vivre, dépend pas seulement de ce qui rentre, le salaire, mais de ce qui sort. Si la question du pouvoir d'achat est toujours la question numéro un pour les Français, c'est qu'il n'y a pas aujourd'hui sur la table de réponses suffisamment fortes de la part du gouvernement. Oui, mais alors du coup, on a envie de vous dire quelles sont vos réponses.

3:47
Invité

Parce que ce que vous dites là ce matin, le gouvernement le dit aussi, il faut augmenter les salaires. Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, il l'a répété 15 fois depuis ces derniers mois. Et pourtant, il y a certaines entreprises qui ne jouent pas forcément le jeu.

4:01
Xavier Bertrand

Quand on est au gouvernement, on n'est pas là pour parler. On est là pour faire. On est là pour agir. Vous savez, je l'ai déjà dit sur ce plateau, dans la région des Hauts-de-France, j'aide ceux qui travaillent avec des aides. Les aides, ce n'est pas l'idéal. Le mieux, c'est le salaire.

4:15
Invité

Oui, mais alors pour les entreprises, comment on fait ?

4:16
Xavier Bertrand

Moi, je le fais notamment. Ceux qui doivent prendre leur voiture pour aller travailler, la région des Hauts-de-France les aide financièrement. Et j'aide les classes moyennes. Le permis de conduire, pour des jeunes qui doivent passer le permis de conduire, parce qu'on en a besoin dans des endroits, notamment, qui sont en dehors des métropoles. Nous aidons financièrement, mais sauf que les aides, c'est ce que fait la région, parce que l'État ne le fait pas.

4:36
Invité

Et c'est de l'argent public aussi, Xavier Bertrand. Or là, on n'a plus les moyens. Comment on met la pression sur les entreprises pour mettre la main à la poche ?

4:43
Xavier Bertrand

Eh bien, ils attendent quoi au gouvernement ? Ils attendent quoi pour faire bouger les choses ? Ils attendent quoi pour avoir cette discussion qui aboutit ? À chaque fois, on a aujourd'hui un gouvernement, ils parlent beaucoup. Mais ce qu'on attend d'eux, ce n'est pas qu'ils parlent. C'est qu'ils agissent et que les choses changent. Et ce que je fais dans ma région, c'est parce que le gouvernement ne le fait pas.

5:00
Invité

Il y a un sujet sur lequel le gouvernement va agir, c'est l'assurance chômage. Le gouvernement va durcir certaines règles par décret, avec notamment l'allongement du délai de carence jusqu'à un an, jusqu'à un an pour ceux qui partent avec d'importantes indemnités. Est-ce que vous y êtes favorable ? Écoutez, ce qu'ils sont en train de faire, c'est de faire des économies sur le dos des demandeurs d'emploi. Mais ils disent que c'est aussi pour inciter à reprendre un emploi.

5:24
Xavier Bertrand

Vous voulez vraiment qu'on aille vers la reprise d'emploi ? Alors, ce qu'il faut faire, c'est dès le début, dès qu'on est au chômage, proposer soit une offre d'emploi sérieuse, soit une formation, parce qu'il y a des emplois derrière. C'est dès le début. Ce n'est pas à la fin de la période de chômage qu'il faut réduire les droits pour faire des économies. C'est dès le début. Vous êtes aujourd'hui dans un bassin d'emploi, où il y a de l'emploi. Vous devez dire au demandeur d'emploi, vous devez prendre cet emploi. Parce qu'il correspond à votre profil et à votre rémunération. Maintenant, s'il n'y a pas l'emploi qui correspond à ce que vous faisiez, je dois vous former.

Et je dois vous former une formation rémunérée. Et ce n'est pas ce qui est fait aujourd'hui ? Mais bien sûr que non. L'un des grands échecs de l'assurance chômage dans notre pays, c'est le retour à l'emploi. C'est ça qu'il faut changer en profondeur. Mais que le gouvernement dise la vérité. Mais qu'il dise la vérité. Leur vérité aujourd'hui, c'est de faire des économies. D'ailleurs, rappelez-vous, quand le gouvernement y était allé fort sur les chômeurs sont responsables du déficit, le président de la République avait dit « Oh là, vous y êtes allé un peu fort, à taper les riches. » Et le lendemain, on a eu le dialogue. Bon, le discours.

On a parlé des chômeurs, maintenant on va parler des riches. C'était pour mettre de la justice.

6:27
Invité

N'empêche que vous n'avez pas répondu à la question sur l'allongement du délai de carence. Parce que c'est quelque chose... On a souvent entendu des voix à droite nous dire... En cas de licenciement. En cas de licenciement.

6:35
Xavier Bertrand

On commence par, clairement, dès qu'on est au chômage, France travaille avec aussi tous les acteurs. Je me mets dedans la région. C'est là qu'on a l'obligation de proposer quelque chose. Que vous touchiez au délai de carence, OK. Que vous raccourcissiez justement les durées d'indemnisation comme ça se fait dans certains pays, oui. Mais ce n'est pas le préalable. Le préalable, c'est le retour à l'emploi. Et si je peux me permettre, le préalable, c'est l'esprit de justice. Et l'efficacité. L'action politique doit à nouveau être efficace.

7:05
Invité

Juste un mot sur la méthode. Parce que les syndicats et les patrons ne se sont pas mis d'accord sur cette assurance chômage. Le gouvernement reprend la main, c'est son rôle ? Écoutez, il a toujours cette possibilité.

7:15
Xavier Bertrand

Mais il est en train aujourd'hui surtout de tuer le paritarisme. Parce que c'est un gouvernement qui aujourd'hui, les corps intermédiaires, ce n'est pas son truc. Il faut donner toute sa chance au dialogue social. S'il ne peut pas avancer, et je vous le dis très clairement, il faut prendre ses responsabilités. Mais là, on voit bien qu'il n'y a zéro confiance entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Et dans un pays comme le nôtre, vous ne pouvez pas fonctionner si vous ne faites pas un minimum confiance aux partenaires sociaux. Ce minimum n'est pas respecté aujourd'hui.

7:40
Présentateur

Xavier Bertrand, vous disiez juste avant le fil info

7:50
Invité

qu'il fallait donner toute sa chance au dialogue social. Il y avait un dialogue social, il y en a eu à la SNCF. Justement, un accord a été trouvé entre la direction et les syndicats. Ce qui permet, en passant, de ne pas avoir de grève au mois de mai. Un accord qui, selon certains, a permis de contourner la réforme des retraites qui a été votée il y a quelques mois. Vous, qu'est-ce que vous en pensez ?

8:11
Xavier Bertrand

Ce qui me choque le plus, c'est l'hypocrisie du gouvernement.

8:14
Invité

C'est-à-dire ?

8:15
Xavier Bertrand

Alors, une hypocrisie comme on n'a jamais vu. Au sommet de l'État, le président de la République qui aurait dit au Premier ministre, mais qu'est-ce que c'est que cet accord ? C'était dans la presse, dans les jours qui ont précédé le Conseil des ministres, et un ministre délégué au transport qui, forcément, était au courant. Et on est en train de faire porter le chapeau à M. Farandou, le patron de la SNCF. Mais c'est un scandale. C'est un gouvernement, de toute façon, c'est jamais de sa faute. C'est un mauvais accord ? Et c'est un gouvernement qui n'assume rien du tout. Et en plus, qui ne s'est pas anticipé. On est en septembre 2023, sur un autre plateau.

J'indique qu'avec l'arrivée des Jeux Olympiques, les entreprises publiques vont être soumises à une pression folle pour, justement, éviter les mouvements de grève. Et le gouvernement dit aux entreprises publiques négocier, on ne veut pas de problème pendant les Jeux Olympiques. Ce n'est pas la trêve olympique, c'est le quoi qu'il en coûte olympique. Et là, le gouvernement, qui a à nous dire qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses, a dit aux entreprises publiques « Allez-y ».

Et le même gouvernement qui bombe le torse au moment de la réforme des retraites, vous avez vu, on est courageux, on a repoussé l'âge de la retraite, qui dit derrière, aux entreprises publiques, « Faites ce qu'il faut, on ne veut pas de problème de grève pendant les Jeux Olympiques. » Et c'est ce qu'a mis en œuvre M. Farandou. C'est ce qu'a mis en œuvre aussi M. Castex, avec des modalités... C'est une commande du gouvernement qu'ils exécutent. Et là, le gouvernement fait mine, il joue les ingénues, on n'était pas au courant.

9:36
Invité

Mais vous, vous auriez fait quoi ? On assume d'avoir des grèves en plein JO, alors que le monde nous regarde ?

9:43
Xavier Bertrand

En septembre 2023, je propose notamment que l'on fasse évoluer la loi sur le service minimum dans les transports en cas de grève. Cette loi, c'est moi qui l'ai portée à l'époque. À la demande de Nicolas Sarkozy, on est en 2007. On est aujourd'hui, 16 ans après, il faut absolument... On a besoin de faire évoluer cette loi parce qu'elle est aujourd'hui... Mais pour parler clairement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que pendant les Jeux Olympiques, il aurait fallu interdire les grèves ? Je pense que pendant les vacances scolaires, je pense que pendant des grands événements nationaux, le droit de grève doit être réduit. Il doit être restreint comme ça se fait dans d'autres pays.

Ça veut dire que le droit de grève existera toujours, mais à ces moments précis, il doit être vraiment restreint. Pourquoi je vous dis cela ? C'est parce qu'aujourd'hui, avec le service minimum et avec le télétravail, quand il y a des mouvements de grève, ils n'ont plus le même impact. Et donc, c'est la raison pour laquelle certains syndicats agissent principalement sur les vacances scolaires pour gêner tous les Français qui partent en vacances.

10:37
Invité

C'est normal, c'est pour qu'il y ait des impacts. Sinon, je ne fais rien de faire de la grève.

10:39
Xavier Bertrand

Dans ce que vous avez dit, non, ce n'est pas normal. Ce qui est normal, c'est de pouvoir exercer le droit de grève qui est un droit constitutionnel. Mais la Constitution prévoit également qu'il y ait des limites et ces limites, c'est la liberté d'aller au travail, la liberté de circulation. Vous devez trouver cet équilibre. Cet équilibre aujourd'hui n'est plus respecté.

10:55
Invité

Mais les syndicats vous répondront

10:56
Xavier Bertrand

que c'est de bonne guerre, que c'est le rapport de force. Non, mais la bonne guerre, il faut bien comprendre qu'il y a aussi des Français qui n'ont pas la possibilité d'avoir un droit de grève qui contraint, qui ne supportent plus. Allez demander aux caissières qu'on est en train de remplacer par des caisses automatiques si elles ont les moyens de se faire entendre comme il le faudrait. Certainement pas. Vous dites qu'il y a une injustice, là ? Bien sûr qu'il y a une injustice.

Et si vous voulez éviter qu'il y ait, encore une fois, des Français qui en veulent aux autres, des Français qui se dressent contre les autres, si vous voulez éviter une nouvelle fracture, c'est au gouvernement de faire preuve de courage. De courage. Et de dire, cette loi sur le service minimum, elle a maintenant 16 ans, elle doit absolument évoluer. C'est ce que je propose, ce que je mets sur la table. Il y a aussi une proposition de loi sénatoriale portée par Hervé Marseille. Le gouvernement a dit, non, on n'en veut pas.

Mais qu'ils aient le courage, bon sang, de dire la vérité sur les conditions de cet accord et de dire aussi la vérité, c'est qu'on a besoin de faire évoluer la loi sur le service minimum.

11:48
Invité

Et sur les contrôleurs aériens, il y a eu un accord là aussi assez avantageux signé par des syndicats. Il n'est pas public pour le moment. Est-ce que vous réclamez qu'il le soit ? Et pourquoi il n'est pas public ?

11:57
Xavier Bertrand

Et pourquoi on n'a pas le détail ? Non mais c'est quand même dingue quand vous y réfléchissez. C'était la même chose en septembre 2023. Il y avait eu un premier accord. J'avais demandé une totale publicité sur cet accord. Jamais obtenu la réponse. Encore une fois, quand vous êtes au pouvoir, si vous voulez la confiance, il faut jouer la transparence. Cet accord doit être rendu public. On doit avoir une transparence totale. Faute de quoi, il ne faut pas s'étonner que les Français ne fassent plus confiance à personne.

12:20
Invité

Xavier Bertrand, faute d'un budget rectificatif présenté avant les Européennes, soit d'ici la fin du mois de mai, le RN, le Rassemblement National, déposera une motion de censure pour tenter de renverser le gouvernement Attal. Est-ce que les LR la voteront ?

12:33
Xavier Bertrand

Déjà, ce que je demande, c'est un état des comptes de la nation. Plus personne ne sait où on en est. Plus personne. L'état des comptes de la nation, c'est une procédure qui est assez lourde et qui est vraiment solide, sérieuse, qui est menée par la Cour des comptes, n'importe qui, à la demande du gouvernement. Normalement, ça se fait au lendemain de chaque élection présidentielle et la dernière fois que ça s'est fait, je crois que ça s'est fait au lendemain de la crise Covid. Franchement, en ce moment, savoir où on en est exactement les causes de l'aggravation...

13:02
Invité

Les rapports de la Cour des comptes, ils sont nombreux là-dessus. Et puis on sait où.

13:05
Xavier Bertrand

On en est à 5,1% de déficit

13:07
Invité

en 2024. Du tout,

13:08
Xavier Bertrand

chacun est dans le concours l'épine des propositions, chacun dit que c'est de sa faute, ce n'est pas de sa faute. Clairement, si vous voulez avoir un débat clair, il faut poser cela et on a quelques mois pour pouvoir le réaliser, notamment pour le vote du budget. Si au moment du vote du budget, les propositions du gouvernement sont des propositions qui font mal aux Français, alors il faudra mettre ce gouvernement hors d'état de nuire et voter une motion de censure. Mais on n'a pas à répondre aux injonctions du Front National qui d'ailleurs n'a strictement rien à proposer et qu'eux veulent tout simplement l'agitation politique.

Vous avez aujourd'hui l'extrême gauche et l'extrême droite qui menacent

13:44
Invité

une motion de censure

13:45
Xavier Bertrand

depuis plusieurs semaines. Je vous ai proposé de méthode. l'état des comptes de la nation et en fonction de ce qui sera proposé par le gouvernement, il y aura des contre-propositions. Mais ne cherchez jamais votre boussole dans les extrêmes,

13:57
Invité

vous êtes sûr d'aller dans le mur. Mais si Bruno Le Maire qui vous écoute et dit voilà ok pour un état des comptes de la nation qui vous tend la main, qui vous demande de l'aider, vous, la droite, à réduire les déficits, vous la saisissez cette main ?

14:11
Xavier Bertrand

Mais attendez, Bruno Le Maire, c'est celui à qui on doit rappeler qu'il est ministre de l'économie et des finances depuis 7 ans et demi. Non mais c'est d'ailleurs je crois la fameuse phrase du président de la République pour lui rappeler les choses. Non, honnêtement, aujourd'hui, au moment où on en est, je pense que le gouvernement doit aussi écouter toutes les propositions qui seront faites. J'en fais une concrète de méthode pour commencer. Et j'en ferai ensuite d'autres avec mes amis parlementaires de propositions, notamment à la rentrée, pour ce débat. Mais tiens, une autre proposition à faire, le carburant. Le carburant est revenu à des niveaux qui sont franchement insupportables.

Qu'est-ce qu'attend M. Le Maire ? Qu'est-ce qu'attend M. Le Maire pour convoquer l'ensemble des distributeurs de carburant pour recommencer notamment une opération à prix coûtant ? Je ne sais pas si vous vous souvenez, à l'automne dernier, c'est moi qui avais mis sur la table ce sujet et ils avaient dit qu'il ferait quelque chose pour les gros rouleurs. Bon, ça n'a pas été fait. Mais ce que je propose aujourd'hui, c'est qu'il y ait une nouvelle réunion où vous imposez qu'il y ait à nouveau un geste de l'ensemble des distributeurs. Alors, il y a Total qui plafonne à 1,419.

15:17
Invité

Mais pourquoi ?

15:18
Xavier Bertrand

Pour les autres, ça n'est pas le cas non plus. Je crois qu'il y a aussi des grandes enseignes qui ont dit qu'on y est prêt. Qu'est-ce qu'il attend, M. Le Maire, pour dire aux distributeurs compte tenu des prix, aujourd'hui, on a une nouvelle opération à prix coûtant et on empêche les prix du carburant de s'envoler ? Qu'est-ce qu'ils attendent ?

15:32
Invité

Chez vous, les inondations, Xavier Bertrand, 5000 hectares de terres agricoles toujours inondées dans l'Aisne, 3000 dans l'Oise. Est-ce que tous ces agriculteurs sont suffisamment accompagnés, là, aujourd'hui ?

15:45
Xavier Bertrand

Non. Non, parce qu'ils ont des pertes qui sont importantes et comme vous le savez, les inondations les plus fortes ont eu lieu dans le Pas-de-Calais, un peu dans le département du Nord, un peu dans la Somme. Les deux départements que vous avez cités ne sont pas concernés par les mêmes dispositifs et ils doivent être accompagnés. Avec en plus une crise agricole, vous le savez bien, qui est loin d'être résolue. Je pense que quand vous exercez des responsabilités publiques, politiques, vous devez avant tout être capable de vous mettre à la place des gens de ceux qui ont des difficultés, de ceux qui souffrent.

Et là, encore une fois, il ne faut pas attendre que la situation soit dramatique pour pouvoir intervenir parce que ça peut être des récoltes sur lesquelles les semis n'ont pas lieu ou ça peut être sur de l'élevage de vrais étables problèmes.

16:26
Invité

Les aides décidées par le gouvernement n'ont pas été suffisantes.

16:28
Xavier Bertrand

Tout est trop tard. Vous savez, ça peut guetter tous les responsables politiques mais c'est un peu la marque de fabrique de ceux qui nous gouvernent aujourd'hui, c'est la déconnexion. Ils ont vraiment du mal à regarder et à penser au-delà du périphérique. Prenez la crise des agriculteurs.

16:43
Invité

Le procès en parisianisme, là, déjà ?

16:46
Xavier Bertrand

Prenons les agriculteurs. Vous vous souvenez, en novembre, tous ces panneaux retournaient.

16:50
Invité

Oui.

16:51
Xavier Bertrand

Ce n'était pas un jeu. C'était un appel au secours. Et il a fallu combien de mois pour que le gouvernement découvre la crise agricole ? Il a fallu qu'il y ait des blocages. C'est ça aussi, je veux dire, c'est qu'on l'a connu au moment des Gilets jaunes. Édouard Philippe était Premier ministre. Et à chaque fois, ils n'arrivent pas à sentir l'exaspération des Français. Ils ont besoin des sondages pour sentir l'exaspération des Français ?

17:12
Présentateur

Le 830 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Brachia.

17:17
Invité

Toujours avec le président LR de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, à Sciences Po Paris ou en région, dans certaines universités, des étudiants se mobilisent en soutien aux Palestiniens pour appeler à un cessez-le-feu. Quel regard vous avez, vous, sur cette jeunesse qui se révolte ?

17:30
Xavier Bertrand

Sur la liberté d'expression de la jeunesse, qui pourrait la remettre en cause ? Liberté d'opinion, liberté d'expression. Mais les blocages, non. Parce que ce n'est pas toute la jeunesse qui s'exprime, notamment à Sciences Po. Ce sont quelques centaines de jeunes qui ont bloqué. Quelle est la réponse ? À partir du moment où la liberté d'opinion, la liberté d'expression est respectée, c'est la question du blocage. Quel scandale à Sciences Po de voir le manque d'autorité quand on voit cette capitulation de la part de la direction de Sciences Po qui a dit pour qu'il n'y ait plus de problèmes, il n'y a plus aucune sanction.

Mais mettez-vous à la place, je crois qu'ils sont près de 15 000 étudiants de Sciences Po qui eux ne participent pas à ces blocages. Imaginez justement l'image aujourd'hui de cette prestigieuse école à cause de quelques centaines d'étudiants dont certains, on le sait bien aussi, sont manipulés. Il faut bien voir aussi l'agitation, le rôle que joue la France insoumise là-dedans qui se sert de certaines facultés, qui se sert de Sciences Po pour son agitation. Par contre, il y a aussi autre chose qui est importante, c'est qu'il ne doit y avoir aucun propos antisémite, aucun propos antiraciste.

Et si on veut garantir le pluralisme dans les facultés, vous savez que j'avais demandé l'interdiction du meeting électoral de M. Mélenchon à Lille, à l'invitation d'une association qui était ouvertement antisioniste, c'est que depuis quand il n'y a pas eu la possibilité, notamment pour une association d'étudiants juifs, de tenir une conférence ? Il est où le pluralisme ? Il n'est plus respecté. Donc vous avez aujourd'hui besoin déjà d'autorité. Qu'est-ce que vous sous-entendez ?

19:00
Invité

Qui empêche, par exemple, une association juive de faire une conférence à l'université de Lille, dans votre région ? Vous relatez l'actualité tous les jours

19:12
Xavier Bertrand

et sur cette antenne à longueur de journée. Vous savez les étudiants juifs qui sont empêchés de rester en cours ou d'intégrer les cours. Vous savez exactement comment ça se passe. Et je vous pose la question parce que vous nous donnez une information ce matin. C'est-à-dire qu'il y a eu des demandes qui... Vous n'avez pas vu aussi ces vidéos, ces récits où notamment, très clairement, les étudiants juifs sont obligés de quitter les cours. Sur votre antenne ce matin, vous avez certains étudiants, mais attendez, ce n'est pas de la co-gestion, c'est de la direction d'assumé, qui demandent la remise en cause de partenariats avec des universités en Israël. Mais où on est là ?

Et est-ce que les mêmes demandent la libération des otages qui sont toujours détenus par cette organisation terroriste qui est le Hamas ? Où ils sont ceux-là ? Et quand il y a notamment l'Iran, l'Iran qui a condamné à mort un rappeur, c'était sur votre antenne ce matin également, l'Iran qui a réprimé de la plus dure des façons les femmes iraniennes en les tuant, les violents, les emprisonnant. Elles sont où ces voix ? Mais là, encore une fois, je parlais tout à l'heure sur l'État face à la...

20:09
Invité

Pardon, Xavier Bertrand, mais là, on a l'impression que... C'est un problème d'autorité

20:11
Xavier Bertrand

dans notre pays. Et à partir du moment où vous laissez tout faire, il ne faut pas s'étonner qu'il y ait des débordements et qu'il y ait un enchaînement. Il est temps que les responsables politiques fassent preuve de sang-froid, de bon sens, mais d'autorité et de détermination. Autrement, c'est toute une société qui marche sur la tête. On ne peut pas laisser faire de telles dérives. Et rappelez-vous cette ministre de l'Enseignement supérieur qui avait dit qu'il y aurait une enquête sur les dérives sur l'antrisme islamo-gauchiste. Elle en est où, cette enquête ? Elle en est où, cette étude ?

20:41
Invité

Juste... C'est peut-être moi qui ai un problème et j'ai l'impression que vous avez tout mélangé.

20:45
Xavier Bertrand

Ah, je ne pense pas.

20:46
Invité

Parce que sur les questions d'antisémitisme, les étudiants qui étaient à Sciences Po en fin de semaine dernière disent qu'on n'est pas du tout antisémite. Au contraire, nous, on condamne ce qui s'est passé le 7 octobre. Et tout le propos antisémite est condamné de leur côté.

20:58
Xavier Bertrand

Pour l'entendre bien.

20:59
Invité

Est-ce que la défense de la cause palestinienne devient un motif d'antisémitisme ? C'est la question qu'on vous pose ce matin.

21:04
Xavier Bertrand

Je vous l'ai dit tout à l'heure. Vous pouvez effectivement vous rassembler. Le droit de manifestation existe. On n'a pas le droit de bloquer. Et tous les propos antisémites, tous les propos racistes, eux, doivent être poursuivis. Et il doit y avoir des condamnations. Notre code pénal, aujourd'hui, est très clair en la matière. Il est même sévère. Et les peines doivent être appliquées.

21:24
Invité

Une question sur Valérie Pécresse, la présidente LR à la tête de la région Île-de-France. Elle a décidé de suspendre tous les financements de la région à Sciences Po Paris. Elle a raison ou elle fait de la politique ?

21:33
Xavier Bertrand

Je comprends tout à fait pourquoi elle l'a fait. Mais ce qu'il faut bien voir aujourd'hui, c'est que c'est la direction qui doit assumer ses responsabilités. Et par rapport à cette direction, je vois bien pourquoi elle a pris cette décision. Là, encore une fois, ce qui est important de voir, c'est que dans la décision de samedi, de dire on met un terme à toutes les sanctions, à toutes les procédures en cause. Mais c'est un chèque en blanc pour continuer à faire les blocages et à laisser la chianlisse développer.

21:56
Invité

Mais vous entendez bien aussi ceux à gauche qui disent attendez, cette décision, elle ne l'a pas prise pour Stanislas, par exemple, pour ce collège-lycée parisien privé catholique qui a un rapport à détailler des problèmes d'homophobie ou de sexisme dans l'établissement. Cette décision, elle ne l'a pas prise pour Stanislas, par exemple.

22:14
Xavier Bertrand

À chaque fois qu'il y a des comportements qui sont contraires à la loi, ils doivent être sanctionnés. Encore une fois, vous savez, on peut se poser plein de questions, mais il faut aussi faire preuve de choses élémentaires, revenir à la base, l'autorité est quelque chose qui doit être respecté. Et ceux qui gouvernent, je pense notamment au gouvernement, le ministère de l'enseignement supérieur, a mis bien longtemps à se faire entendre sur ces questions bien longtemps, notamment sur l'interdiction de la conférence de M. Mélenchon dans une fac. Il a fallu attendre des jours et des jours pour que le ministère de l'enseignement supérieur se fasse entendre.

Là, encore une fois, il faut agir tout de suite. Xavier Bertrand, président des Républicains des Hauts-de-France, vous étiez invité 8.30 France Info, ce matin, je...