Face à Philippe de Villiers (Émission du 19/06/2026)
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Il est 19h sur CNews, merci d'être avec nous pour Face à Philippe de Villiers. Cher Philippe, bonsoir. Bonsoir, Elliot. Qu'est-ce qui se passe ? Bonsoir, Geoffroy. Oui ? Pourquoi vous me pointez du doigt ?
Alors, pour une raison simple, c'est qu'en fait, je vais vous raconter une anecdote. Allez-y. Quand j'étais secrétaire d'État à la culture, j'ai eu la chance et l'honneur de décorer de l'ordre des arts et lettres, un Américain, un Anglais plutôt, qui est venu, qui arrive des États-Unis, de Hollywood, pour se faire décorer par la France. J'étais impressionné, c'est Sean Connery. Bon, écoutez, grande classe. Oui. Et quand je suis rentré dans le salon doré, magnifique, rue de Valois, je le vois arriver vers moi, et en fait, il avait exactement votre costume.
Non, ça...
Vous voulez dire que peut-être que mon avenir, ce sera James Bond ? Pourquoi ? Et il y a un autre film dans lequel on retrouve votre costume, c'est Al Pacino dans le parrain. Non, mais attendez, c'est deux compliments que vous me faites, ça me va très bien. Mais là, donc je dis, je donne la parole au parrain.
Eh bien, écoutez, merci, merci beaucoup, cher Philippe de Villiers. Il a été choisi avec amour, ce costume, si vous voyez ce que je veux dire, cher Philippe
de Villiers.
Et les lunettes aussi. Et les lunettes aussi. Maintenant, je n'ai plus la main sur... C'est bien, ça fait plus intellectuel. Eh bien, écoutez, j'ai besoin d'artifice pour essayer de créer une forme d'intelligence. Philippe, j'ai le sourire parce que, et je le dis aux téléspectateurs, on va vivre un très beau moment ensemble. On dit souvent que cette émission, c'est une émission familiale. Et les auditeurs, les téléspectateurs de CNews et d'Europe 1 viennent nous voir en disant, mais on a l'impression d'une discussion au coin du feu entre membres d'une même famille. Et je ne dis rien pour l'instant aux téléspectateurs, mais aux alentours de 19h45, on va vivre un moment formidable et familial.
Revenons avant cela à l'élément historique de la semaine, puisque cette semaine a eu lieu la cérémonie de signature de l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis. Juste après le déclenchement de la guerre, vous aviez dans une prémonition habile, en citant Churchill, vous aviez dit, l'homme d'État qui cède la fièvre guerrière doit savoir qu'une fois le signal donné, il perd le contrôle de sa politique et des actes qui vont se dérouler sur le champ de bataille. Et nous sommes désormais au jour d'après.
On a vu cette scène à Versailles, on peut voir l'image de Donald Trump qui va signer cet accord, je pense qu'on a pu le découvrir, voilà, regardez, Donald Trump qui signe depuis le château de Versailles, alors que les négociations sont reportées, elles devaient se tenir dès ce vendredi en Suisse. Et puis il y a une autre séquence, quelques heures plus tôt, en plein G7, Donald Trump arrive dans la pièce et il va rappeler avec humour peut-être une évidence, écoutez.
Je vous prends le jeûne. Cher Philippe, comment voyez-vous ce jour d'après et selon vous, qu'est-ce qui va changer dans les relations internationales ?
Bientôt, il ne pourra plus dire I am the boss. C'est ça qui va changer. Et taper sur l'épaule de l'anglais. Pourquoi ? Parce que le monde dans lequel nous entrons n'a plus rien à voir cette fois-ci avec l'après-mur de Berlin, Fukuyama, le grand historien, la paix par le doux commerce, multilatéralisme, plus de frontières, plus de douanes, etc. La situation, la société internationale sera bientôt méconnaissable pour les raisons suivantes que je voudrais énumérer avec vous. Premièrement, nous allons vivre le crépuscule de la République impériale, pour reprendre le terme de Raymond Aron, la République impériale, c'est-à-dire l'Amérique. Donc, récapitulons. Qu'est-ce qui vient de se passer ?
Depuis le 28 février, l'Amérique n'a atteint aucun de ses objectifs de guerre. Le régime change. Non, il n'y a pas eu de changement de régime. On est passé de l'islamo-militarisme au militao-islamisme, entre les paces d'Aran, les gardiens de la révolution et les mollards. On échange le même livre, c'est le Coran. Donc, la République islamique, elle est là, elle n'a pas bougé. Deuxième objectif, c'était les fameux 440 kilos. Bon, ils se promènent, on ne sait pas où, mais en tout cas, pour l'instant, ils sont intacts. Et le troisième objectif de guerre, c'était d'entendre le peuple iranien, provoquer la révolte du peuple iranien, comme au printemps dernier. Il ne s'est rien passé.
Ensuite, il y a un changement majeur pour les Américains, au Moyen-Orient. C'est qu'en fait, les pétro-monarchies, qui avaient fondé leur sécurité sur une sorte d'échange, pétrole contre sécurité, avec l'Amérique, sont maintenant traumatisés. Et vont chercher, dans les semaines, dans les mois qui viennent, une autre posture de sécurité pour se protéger. Troisièmement, le piège d'Hormuz s'est refermé. Et là, on le voit bien, alors qu'il est. Le piège d'Hormuz, en fait, qu'est-ce que ça veut dire, le piège d'Hormuz ? Ça veut dire que l'Iran, on croyait que l'Iran voulait une bombe atomique, en fait, ils en ont deux. Ils ont celle des 450 kg d'Iranium enrichi, et ils ont le détroit d'Hormuz.
La preuve, c'est que toute l'économie mondiale est à l'arrêt à cause du détroit d'Hormuz. Enfin et surtout, je dirais, il y a eu l'enlisement vietnamien, il y a l'ensablement iranien. C'est-à-dire qu'en fait, après l'Irak, après l'Afghanistan, c'est l'énième échec de l'Amérique. Donc en termes de prestige et d'image, l'Amérique est regardée, c'est encore tout neuf, mais on va s'en apercevoir dans les semaines qui viennent. Le deuxième point important, c'est le nouveau statut de l'Iran, qui devient une puissance régionale au Moyen-Orient, et peut-être même la première puissance régionale au Moyen-Orient. C'est hallucinant ce que je veux dire, mais c'est la réalité.
En effet, la République islamique d'Iran a vaincu la première puissance militaire du monde et son allié israélien. Quand, dans une guerre asymétrique, le présumé vainqueur ne réussit pas à vaincre, il a perdu. Et quand, dans une guerre asymétrique, le présumé vaincu ne perd pas, il a gagné. On est dans cette situation. Alors, récapitulons, la République islamique d'Iran, elle contrôle les eaux du Golfe, elle contrôle les voisins maintenant, qui vont se tourner vers elle, parce qu'il vaut mieux faire un contrat de sécurité avec l'Iran qu'avec Israël, lâché par les Américains, et enfin, elle contrôle les proxys.
Le Hamas, même s'il est très affaibli, le Hezbollah au Liban, on voit ce dont il s'agit en ce moment, et enfin, les Woutis, qui sont tranquilles. Troisième élément clé, troisième très saillant, inouï, qui vient de se passer là. C'est l'abandon d'Israël, l'isolement d'Israël, et l'erreur stratégique de Trump, qui veut donner le Liban à la Syrie. Je peux vous dire que, pour bien connaître le Liban et les Libanais, c'est la panique, parce que le Liban, moi j'ai connu ça à cette période, le Liban en Syrie, 30 ans. Donc c'est pire que tout. Et enfin et surtout, nous assistons au déplacement de la tectonique des plaques vers le sud global.
L'Iran fait partie du sud global, la Russie et la Chine font partie du sud global, etc. Déplacement vers l'Asie, vers la puissance montante. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire deux choses. Premièrement, pour reprendre une expression d'Hélène Carradine, ça m'avait beaucoup frappé cette expression. Elle me dit, j'ai peur que bientôt on dise que le moment de l'Occident est passé. C'est clair. Le décrochage de l'Europe, il est presque irréversible. Dans sa forme actuelle, l'Europe est une colonie américaine et une colonie chinoise. Bientôt on roulera en voiture électrique chinoise.
Et enfin, un dernier point qui est très important, que personne ne voit, c'est la dédolarisation du monde qui est devant nous. J'ajouterais, pour compléter le tableau, quelque chose que personne ne dit, moi que je sens, que je pressens. C'est que la victoire des Mollahs et des gardiens de la Révolution est cause d'allégresse dans la rue Arabe, en France, et la rue Saint-Guillaume. Là où se forgent les caractères des futurs gardiens de la Révolution est là où prospèrent les imaginaires des futurs Mollahs de la Nouvelle-France.
On ferait bien de regarder la rue Arabe et la rue Saint-Guillaume, c'est-à-dire l'alliance de l'Islamistan et du Pakistan, pour comprendre ce qui risque d'arriver en France à la suite de ce très grave conflit.
Je vais vous proposer quelques images, Philippe de Villiers. On reste évidemment sur cette visite et cette cérémonie à Versailles, puisqu'on a pu apercevoir Donald Trump auprès d'Emmanuel Macron. Vous voyez la galerie des glaces, échanger, passer un moment heureux, apaisant peut-être avec également Brigitte Macron. Quelle réflexion vous inspire cette réception ? Vous qui avez d'ailleurs consacré un roman historique au Roi Soleil, Philippe de Villiers.
D'abord, je ne peux pas m'empêcher de penser à la cérémonie des Jeux Olympiques que nous avions commenté ici. Ce personnage, Macron et Brigitte Macron, si je les voyais, je leur dirais mais qu'est-ce qui vous arrive ? Là, il joue le Roi Soleil. Très bien. Il s'identifie au Roi Soleil. Il a raison. Le Roi Soleil, il sent la perruque et sans les talonnettes. Mais en revanche, il a applaudi. On le voyait applaudir et tweeter quand Marie-Antoinette était décapitée en pleine cérémonie des Jeux Olympiques. Et de la même manière, on le voit qu'il fait un serment dans Notre-Dame de Paris et quelques mois après, il va dans la Grande Loge de France 5 mai 2025 pour promettre l'euthanasie.
Donc en fait, cet homme n'a pas de colonne vertébrale. Maintenant, je vais lui faire un compliment. C'est bien d'être allé à Versailles, d'avoir emmené le boss à Versailles. On avait quand même l'impression que c'était Trump, Louis XIV. Mais c'est bien. Et en fait, ça m'a rappelé parce que vous dites que j'ai écrit un livre sur le Roi-Soleil. Effectivement, et dans ce livre, je raconte comment est né Versailles. Il faut que les Français sachent comment est né Versailles. Vous imaginez un petit garçon de 10 ans qui est allongé sur un affût de canon entre les mangeoires et les bottes de foin dans les écuries de Saint-Germain-en-Laye.
Et là, le pauvre gamin est perdu et il interroge sa maman, Anne d'Autriche, la reine-mère, et il lui dit qu'est-ce qu'on fait là ? Et elle lui dit Louis, si jamais un jour vous devenez Roi de France, ce qui est quand même compromis, il faudra que vous vous souveniez de ce moment que nous passons ensemble dans ces écuries. Il faudra que comme dit le cardinal Mazarin, que vous matiez les grands et que vous les mettiez plus bas que l'herbe, que vous matiez les grands, que vous matiez les juges, que vous matiez tous ceux qui sont les puissants et qui cherchent à avoir en nous non pas le premier des gentils hommes mais le premier des pauvres, le roi des pauvres.
et le petit roi lui dit mais comment faire pour mater les grands ? Et elle dit il faudra faire une demeure pour les attirer loin de Paris, pour les retenir, pour les tenir tranquilles et en même temps, Louis, pour éblouir le monde. Ainsi est sorti d'un relais de chasse construit par son père le château de Versailles. Et c'est bien que le président de la République utilise le château de Versailles. On le voit là dans la galerie des glaces. Évidemment, ça évoque pour moi des moments que j'ai cru vivent tellement je les ai vécues par l'écriture. Pourquoi la galerie des glaces ? C'est pour les visites de souveraineté. Il appelait ça comme ça Louis XIV.
Et il a reçu successivement le Doge de Gênes, l'ambassadeur du Siam, c'était pas rien, l'ambassadeur de Perse, l'ambassadeur de Chine, etc. Et c'est là aussi que le roi Louis XVI avec beaucoup d'intelligence et d'habileté, son ministre Vergenne ont décidé d'aider les insurgents. Le roi Louis XVI a reçu Franklin et il a décidé d'aider les insurgents pour se débarrasser de la tutelle de la perfide Albion. Et c'est quelque chose qui me touche personnellement puisque vous savez qu'il y a un siècle est née une association qui s'appelle les Fils de la Révolution Américaine. Cette association regroupe les descendants directs de ceux qui sont battus aux côtés des Américains contre les Anglais.
Moi, j'appartiens à une famille qui a dix siècles de lutte contre l'Angleterre depuis Hastings 1066. Donc, je ne suis pas dépaysé. Et en fait, dans cette association, il y a les descendants de Duchafaud, les descendants de la Maud Piquet, les descendants de l'amiral de Grasse, l'amiral d'Estaing, le Rochambeau, Charette, évidemment, l'amiral de Buhor qui a révolutionné toute la tactique avec Suffren, la tactique de la guerre en Haute-Mer. Et un jour, j'ai reçu une lettre qui m'a surpris. Il dit, vous êtes désormais membre des fils de la Révolution américaine à cause de votre ancêtre qui était secrétaire d'État à la guerre, le maréchal de Ségur.
Et figurez-vous qu'ils viennent au Puit du Fou samedi pour commémorer en présence beaucoup d'autorités françaises. Ils viennent pour commémorer le centième anniversaire de leur naissance. Et donc, vous voyez, souvent, on m'accuse d'être pro-russe. Ah ben là, peut-être que là, c'est... Et là, tout à coup, on m'a accusé avec ce que je viens de vous révéler. On est à deux doigts de l'ingérence. D'être pro-américain. Oui. Et voilà, et ben non, moi, je pense qu'il faut rassembler les deux. Il faut toutes les grandes puissances. Et peut-être qu'un jour, j'aurai une décoration chinoise. Et là, on dira, c'est un Chinois. Voilà. Bon, non.
Mais ça fait plaisir de voir qu'il y a encore des gens en France qui se souviennent de ceux qui, aux côtés de Roi de France et de son ministre des Affaires étrangères, Vergène, qui était un génie, ont permis à l'Amérique de prendre son indépendance. Il ne faut pas oublier que le fameux traité de 1783 qui consacre l'indépendance de l'Amérique a été signé à Versailles. Nous étions une grande puissance et nous aspirons à le redevenir.
Philippe De Villiers, on va rester sur des commémorations puisqu'on va parler du 14 juillet. Et ce n'est pas un 14 juillet comme les autres. Ce sera le dernier 14 juillet sous la présidence de la République d'Emmanuel Macron. l'Elysée qui veut d'ailleurs en faire un moment historique un 14 juillet XXL. Mais pas que ça puisque le défilé militaire du 14 juillet mettra à l'honneur l'Ukraine sur le thème du réveil stratégique de l'Europe titre Le Monde. Le Figaro qui rappelle que 10 000 soldats le grain de mise à l'honneur et le Figaro dévoile en exclusivité le programme.
Pourquoi un mirage 2000 aux couleurs de l'Ukraine survolera Paris le 14 juillet prochain et l'armée française et ses alliés montrent les muscles pour le 14 juillet. Geoffroy Lejeune.
Alors il y a une forme de, on en a souvent parlé ici, d'exotisme un peu belliciste dans ces déclarations. Est-ce que ça vous semble bienvenu ou maladroit ?
C'est plus que maladroit, c'est une faute politique majeure. Et je vais vous expliquer pourquoi. Et je voudrais que les téléspectateurs et les auditeurs d'Europe 1 m'écoutent avec attention. Il y a la fête nationale le 14 juillet. C'est la fête de l'armée française. C'est le moment où ils défilent nos soldats. Et bien sûr nos pompiers, nos infirmières, etc. Les grandes écoles, les politiques techniques. Et là, on substitue à cette fête nationale une fête euro-ukrainienne en transformant les Champs-Elysées en champs de bataille allégorique et en faisant défiler je cite Van der Leyen écoutez-moi bien l'armée européenne ça y est on y est.
C'est-à-dire qu'en fait on dit à l'armée française vous restez dans vos bunkers on fait défiler l'armée européenne.
Donc il y aura les 37 pays de la coalition prêtes à aller en Ukraine il y aura le ciel ukrainien on vient de le dire il y aura des munitions sur les avions pour impressionner le public SIC et il y aura le patron des armées de l'OTAN donc c'est sous la présidence de l'OTAN on ne peut pas être plus soumis la France vous vous rendez compte où on en est à la fin de deux quinquennats de Macron donc c'est l'OTAN qui va commander et Van der Leyen l'inérable et à la fin il y aura l'hymne à la joie donc tout est dit voilà alors c'est malvenu en plus et je vais vous dire pourquoi c'est malvenu j'y ai fait allusion il y a huit jours personne n'en parle personne ne dit ce que je vais vous dire maintenant c'est malvenu parce qu'en fait l'Ukraine est en train de mal tourner non seulement il y a la corruption mais il y a quelque chose de beaucoup plus grave c'est que Zelensky de 27 mai dernier a participé à une cérémonie solennelle de la réénumation de Andrei Melnik qui est une figure nationaliste bien connue en Ukraine qui a collaboré avec les nazis qui sont les vantés et qui a participé à la Shoah c'est si vrai que vous pouvez aller sur internet vous verrez il y a un tweet de la Shoah un message de la Shoah un communiqué de la Shoah qui dénonce cette cette cérémonie mais ça va plus loin il a désigné du nom d'une ancienne organisation pro-nazi Zelensky une unité militaire prestigieuse de l'Ukraine et si vous allez à l'institut de la mémoire vivante de l'Ukraine aujourd'hui vous voyez des figures nationalistes qui ont collaboré avec les nazis donc cette petite touche nazie qui va arriver sur les Champs-Elysées ça ne me dit rien qui vaille parce que l'armée française c'est la résistance la résistance au nazisme si la France existe encore c'est qu'elle a résisté au nazisme donc tous ces collaborateurs du nazi et qui sont en plus des corrompus moi je ne veux pas les voir à Paris mais ça va plus loin c'est beaucoup plus grave que ça et là j'interpelle toute la classe politique parce que on nous annonce que ça y est l'Ukraine va rentrer dans l'Union Européenne or si l'Ukraine rentre dans l'Union Européenne je veux dire quelque chose qui n'a jamais été dit il va falloir appliquer l'article 42 paragraphe 7 du traité de Lisbonne qui c'est une sorte d'article 5 de l'OTAN appliqué à l'Europe c'est à dire qui oblige toutes les nations européennes à se mobiliser en cas de guerre quand un des membres de l'Union Européenne est en guerre donc ça veut dire que là on va passer à la belligérance dès que l'Union Européenne aura accueilli l'Ukraine à cause de cet article 42 7 on sera obligé d'aller faire la guerre en Ukraine et les Russes pourront nous considérer comme co-belligérants deuxièmement ce que vous savez pas vous savez pas l'argent qui est dépensé d'ailleurs personne nous dit il n'y a aucune question là-dessus on est à 17 milliards mais ça va continuer pendant que l'infirmière libérale ne peut pas remplir son réservoir d'essence pendant que nos paysans crèvent parce qu'ils ne peuvent pas alimenter leur tracteur ils ne peuvent pas utiliser leur tracteur etc tant de français qui se plaignent de la stagflation et d'être pris à la gorge à partir du 15 du mois pendant ce temps-là 17 milliards à l'Ukraine et ça continue il faudra un jour faire l'addition et enfin et surtout et je termine par là qu'est-ce que veut Van der Leyen elle veut en fait transférer la dernière compétence qu'elle n'a pas la compétence défense pour faire l'armée européenne et devenir un état parce que quand vous avez la compétence défense vous êtes un état et qu'est-ce que veut Emmanuel Macron il veut d'abord faire oublier que la menace existentielle qui concerne la France c'est l'islamisme c'est l'islamisme militant c'est l'islamisme galopant on le voit tous les jours c'est pas la Russie et donc qu'est-ce qu'on va faire en Ukraine on ferait mieux d'utiliser nos forces de sécurité chez nous là par exemple on va déguster avec la fête de la musique etc et il y a une autre raison cachée que je n'ose pas vous dire mais à laquelle je pense et si vous insistez non j'insiste pas forcément alors puisque vous n'insistez pas je vais vous le dire c'est que il y a une chose qui me frappe beaucoup avec mon expérience pardonne-moi parce que je connais la vie publique depuis le temps pourquoi à l'élection présidentielle la date n'est pas fixée à ce jour la date n'est pas fixée c'est très étrange et par moments je me dis est-ce que Macron il n'est pas en train de jouer à la guerre pour pouvoir ils ont parlé de ça avec Zelensky toujours à Evian entre deux cures et il a dit à Zelensky comment tu as fait pour te prolonger il dit j'ai fait la guerre pas d'élection c'est du mauvais esprit vous avez bien fait de le rappeler je fais moi-même mon propre modérateur ça tombe bien
ça tombe bien ça tombe bien que vous parliez de l'ARCOM Philippe Devilliers parce que là je vais m'adresser à Philippe Devilliers le ministre secrétaire d'état qui a travaillé justement sur l'audiovisuel public sur la privatisation des chaînes sur l'ARCOM anciennement le régulateur l'ARCOM vient de franchir un seuil inédit dans la régulation des chaînes d'information par une décision du 12 juin dernier elle met en demeure ces news au motif que la chaîne ne respecterait pas l'exigence d'expression pluraliste des courants de pensée et d'opinion sur le plateau en prenant en compte un mois de mars 2025 si mes souvenirs sont bons l'ARCOM s'attaque désormais au traitement de l'actualité dans sa globalité au-delà de l'obligation d'équilibre des temps de parole ou d'une séquence controversée qui serait ensuite sanctionnée ou non par le gendarme de l'audiovisuel public Geoffroy Lejeune
Alors question très simple Philippe selon vous est-ce que c'est une mise en demeure ou est-ce que c'est une mise à mort programmée ?
C'est une mise à mort et je pèse mes mots et je vais vous expliquer pourquoi je pense que la liberté d'expression est en péril en France aujourd'hui la liberté éditoriale la liberté de penser la liberté de conscience et demain peut-être la liberté de se présenter aux élections vous avez vu comment le cornu explique les ingénérances étrangères etc vous avez vu comment le parlement européen a mis sous sanction Xenia Federova c'est-à-dire qu'on met sous sanction des gens qui déplaisent au pouvoir en place c'est le processus room on parle d'une annulation des élections plus tard pour l'Allemagne etc tout ça ne sent pas bon et je dis ce soir solennellement pour commencer ma réponse que les nouveaux héros de notre temps ne sont plus seulement ce que Peggy appelait les pères de famille si nécessaire mais aussi les gardiens des hauts lieux de la parole alternative et donc CNews est un joyau de la parole alternative de la parole libre alors vous avez fait allusion à mes fonctions de jeune secrétaire d'état il se trouve qu'avec Français au lotard Alain Madeleine Jacques Chirac à l'époque nous avons rédigé la fameuse loi du 30 septembre 1986 j'ai été co-rédacteur de cette loi et rédacteur de l'article 1 parce que ça ne me plaisait pas trop qu'on crée un organe de régulation qui s'appelait la CNCL et cet article 1 je le connais par coeur je vous le récite par coeur article 1 écoutez bien la portée symbolique de cet article la liberté de communication est sans limite sauf dans la mesure requise par les besoins de la défense nationale et il y avait à l'époque un double pluralisme il y avait un pluralisme interne au service public donc respect des équilibres service public normal et un pluralisme externe c'est à dire qu'en fait on laissait à chaque chaîne sa tonalité originale c'est là que tout commence l'évolution a été désastreuse cette CNCL devenue la haute autorité puis maintenant l'ARCOM a pris de plus en plus de pouvoir comme d'habitude les juges et les agences qui sont des démembrements de l'état qui se prennent pour l'état et ce à quoi nous assistons c'est en fait à un basculement orwellien vers le ministère de la vérité rien de moins l'ARCOM en fait elle suit le conseil d'état l'ARCOM elle était là pour réguler elle fait maintenant de la censure c'était un organe de régulation l'ARCOM est en train de devenir un organe de censure j'y viens dans un instant quant au conseil d'état le conseil d'état a été inventé pour veiller sur les excès de pouvoir empêcher les excès de pouvoir et pour veiller sur les atteintes à la liberté individuelle en fait le conseil d'état incarne le dialogue avec Créon et avec Antigone avec Créon la raison d'état Créon qui fait valoir la raison d'état et Antigone qui fait valoir le principe de la liberté d'entérer son frère donc les lois immémoriales c'était ça le conseil d'état aujourd'hui c'est plus ça du tout le conseil d'état c'est un organe de censure au nom d'une idéologie du progressisme diversitaire qui veut la fin des nations ensuite rentrons dans le fond du dossier et du sujet l'ARCOM jusqu'à présent et de manière abusive veillait à l'équilibre du temps de parole des personnalités politiques textuellement je le dis de manière abusive pourquoi parce que comment on qualifie en droit une personnalité politique elle a une double caractéristique alternative soit elle est membre d'un parti politique c'est facile à vérifier soit elle a une fonction d'élu est-ce que vous imaginez que moi après 6 mois de succès d'audience l'ARCOM a écrit à Gérald Brice Viré patron de Canal Plus pour lui dire et à Maxime Saada je ne sais pas qui a reçu la lettre en tout cas un des deux en disant non non c'est plus possible Philippe de Villiers personnalité politique elle dit mais non il n'est pas membre d'un parti depuis 15 ans il n'est plus élu depuis 15 ans ah mais quand même parce qu'il participe donc c'est la jurisprudence évidemment de l'impressionnisme juridique de l'ARCOM pendant ce temps là Cohn-Bendit il n'est pas personnalité politique Roselyne Bachelot elle n'est pas personnalité politique donc en fait c'est de la bidouille voilà mais allons au fond des choses vous l'avez dit dans votre question maintenant il ne s'agit plus de vérifier les équilibres et d'emmerder les chaînes enfin la chaîne parce que les autres ils sont tranquilles Transinter ils sont tranquilles BFM LCI ils sont tranquilles bon il n'y a pas de problème d'équilibre chez eux aucun problème bon donc c'est un scandale c'est une injustice mais caractérisée mais ça va plus loin c'est que maintenant ce qu'ils disent à l'ARCOM dans leur mise en demeure c'est vous parlez trop de l'islamisme de l'immigration de l'insécurité et d'une manière univoque vous parlez trop de la guerre en Ukraine vous parlez trop vous critiquez les magistrats et la cerise sur le gâteau vous critiquez de manière univoque la France insoumise et là je me suis dit qu'est-ce qu'ils veulent en fait je vais vous dire ce qu'ils veulent ils veulent qu'à la rentrée écoutez-moi bien on invite sur le plateau tous les vendredis s'il est disponible pour m'affronter pour qu'il y ait un équilibre sur le fond de la ligne éditoriale Bakayoko à ce moment-là s'il y a Bakayoko qui dira moi je veux plus de la Marseillaise ou il faut laisser siffler la Marseillaise et je dis ah quand même monsieur Bakayoko et là l'Arcom sera content bon parce qu'on aura disparu en fait pourquoi on aura disparu parce que quand un organe de presse perd sa ligne éditoriale pour faire plaisir aux agences comme l'Arcom qui sont des officines de la société de surveillance c'est fini et donc en fait il faut savoir pour tout comprendre qui a porté plainte qui a saisi l'Arcom ces reporters sans frontières hier soir je regardais France 2 Caroline Roux et après avoir interviewé dans un four extraordinaire dans tous les sens du terme ce qui faisait chaud Macron après sur le plateau il y avait qui pour commenter Pierre Haski ça ne vous dit rien Pierre Haski mais moi je connais bien Pierre Haski c'est un éditorialiste de France Inter et c'est le président de reporters sans frontières suivez-moi bon et reporters sans frontières ils sont payés par Soros ils sont 675 000 euros à les vérifier Soros qui veut le contrôle du web Soros c'est le mondialiste qui veut la fin des nations la fin de la famille la fin de tout ce qui fait la civilisation occidentale voilà et l'ARCOM c'est quoi je connais bien son patron je dirais simplement que c'est un militant allez voir son curriculum vitae il a été collaborateur de Fabius quand même une référence et il a été le directeur de cabinet d'Aurélie Philippetti qui était quand même un morceau bon et donc en fait il fait son boulot voilà il fait son boulot il est au service d'une officine au service du pouvoir j'imagine qu'il s'appelle avec Macron voilà et j'arrive à la question que veut le pouvoir et ma réponse est simple fermez ces news fermez ces news vous m'entendez vous les téléspectateurs vous les auditeurs d'Europe 1 moi je suis pas un rigolo de carmès quand je viens ici c'est pour dire des choses ils veulent fermer ces news alors debout dressez-vous levez-vous ils pourront pas fermer ces news sinon ça va aller très très mal parce que c'est toute la France qui va se lever au nom de la liberté d'expression toute la France qui se lèvera pour dire vous êtes en panique mesdames, messieurs de toutes les officines du pouvoir vous êtes en panique monsieur Macron avec vos amis de l'ARCOM vous êtes en panique pourquoi ?
parce que votre idéologie progressiste est en train de prendre l'eau c'est fini pour vous la bataille culturelle on est en train de la gagner
voilà pour votre regard Philippe de Villiers vous avez cité Balik Bagayoko moi je serais ravi de le recevoir je lui ai proposé des dizaines de fois même à l'antenne j'ai pas réussi à la voir si vous avez son numéro vous me dites
moi je l'ai vu sur une image qui a été passé hier avant-hier par Christine Kelly et commenté par Mathieu Bocoté et il danse avec Rima Hassan et il a une agilité une présence un charisme et en fait vous savez ce que je me disais ? mais en ce moment
méfie-toi trois personnalités que vous venez de citer qui refusent de répondre à nos sollicitations
oui mais je veux dire Mélenchon il sait pas mais Balik Bagayoko tel que je le vois tel que je le sens croyez-moi vous m'en reparlerez c'est le prochain
autre sujet autre sujet à présent je voudrais qu'on parle d'Eric Tegner il nous reste peu de temps Philippe de Villiers avant la surprise du début d'émission le fondateur et directeur du Média je vais vous lire c'est ce que je vais faire pour la première fois je vais pas écrire je vais vous lire une partie de la dépêche de l'AFP vous allez me dire si c'est médias de confiance le fondateur et directeur du Média Identitaire Frontière Eric Tegner a été jeudi condamné par le tribunal correctionnel de Bobigny à six mois de prison avec sursis pour avoir divulgué les données d'avocats spécialisés en droits migratoires deuxième paragraphe également condamné à 10 000 euros d'amende et d'eau à verser à titre de préjudice moral 2 000 euros à chacun des 10 avocats plaignants ainsi qu'un euro symbolique aux barreaux et aux organisations professionnelles d'avocats qui se sont constitués par six civils Eric Tegner a répondu à cette condamnation en première instance il a fait appel il est donc présumé innocent
on vient d'être condamné à six mois de prison avec sursis six mois de prison avec une sursis c'est une totale dinguerie donc en gros on est dans un pays où il y a des pédocriminels du périscolaire qui prennent moins d'un an de prison avec sursis mais dans lequel il y a des journalistes comme moi qui sont condamnés pour une enquête sur les fondements je vais vous raconter sur les fondements de la loi Samuel Paty c'est une énorme dinguerie à six mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende donc je vous explique on a fait une grande enquête vous savez Frontière il y a un an sur le business de l'immigration on a étudié plein de choses plein de choses on n'a pas été attaqué pour diffamation on n'a pas été condamné pour diffamation et notamment dans cette enquête et bien il y avait la question des avocats en droit des étrangers parce qu'à chaque fois que vous êtes en colère que vous ne comprenez pas pourquoi il y a un clandestin sous OQTF violeur multirécidiviste qui n'est pas expulsé dans son pays vous ne comprenez pas bien nous on a fait une enquête pour comprendre ce qui se passait et un des maillons de la chaîne un des maillons de la chaîne pas le principal pas l'unique et bien ce sont certains avocats en droit des étrangers mais ça visiblement il n'y a pas le droit d'en parler
pourquoi souhaitiez-vous parler de l'affaire donc d'Eric Tegner
c'est stupéfiant alors c'est je vais essayer de de dire les choses en termes simples ce que j'ai compris en fait Eric Tegner et son magazine Frontière que je recommande qui est remarquable toute l'équipe est allée explorer une situation qui est tout à fait extraordinaire c'est la situation des clandestins qui veulent se faire régulariser et qui font appel à des avocats dont c'est devenu la spécialité qui ne veulent pas être connus du grand public mais qui font leur beurre en tout cas il touche des sous pour défendre les clandestins pour les faire régulariser là qu'est-ce qui s'est passé donc Frontière raconte cette manière de faire de régulariser les clandestins grâce à une utilisation du droit habile mais redoutable et contraire à l'intérêt national contraire à l'intérêt national au lieu de renvoyer les clandestins chez eux l'état donne l'argent du contribuable parce que c'est l'argent du contribuable c'est l'aide juridictionnelle l'aide juridictionnelle c'est nous qui payons donc en fait nous payons des avocats pour qu'ils défendent des clandestins pour les régulariser et ensuite ils sont régularisés par les juges évidemment qui sont du côté des clandestins et là ce que je veux ajouter c'est que en regardant le jugement je suis tombé de ma chaise en voyant que Eric Tegner il n'est pas condamné pour diffamation il est condamné dans le cadre de la loi Samuel Paty c'est à dire qu'en fait ils ont le juge en question qui s'appelle Youssef Bader qui est très bien très connu puisque c'est quelqu'un qui est très élancé dans les questions qui touchent à l'immigration etc il a en fait utilisé une loi qui est la loi Samuel Paty qui est faite contre les terroristes et donc en fait on a appliqué à Eric Tegner qu'on vient d'entendre la loi qu'on utilise contre les terroristes c'est une honte c'est une honte pour la justice française c'est une honte pour les juges qui font n'importe quoi en revanche ce que je voudrais dire c'est que moi je suis fier d'être assez news avec des gens comme vous et avec des gens comme Eric Tegner frontière quelle belle émission Eric Tegner c'est un breton qui a la tête dure et qui représente ce que j'ai fait dire un jour à Jacques Mopilier le courage s'accomplit dans lui comme la marche ou la respiration c'est ce que je lui ai dit au téléphone en disant Eliott souhaite qu'on parle de ce sujet on en parlera et je te rendrai hommage parce que des gens comme Eric Tegner ce sont des français structurés mentalement intellectuellement qui aiment le pays plus que tout songez qu'il aime tellement sa Bretagne qu'il vient de créer une bière bretonne c'est comme si on créait un cidre alsacien après tout buvons allez je bois je trinque avec toi la bière bretonne d'Eric Tegner et en appel tu gagneras parce que quand même le bon sens est là
et salut Angotier Lebrez de 100% Frontières une émission qui est un carton absolu incroyable Philippe Devilliers chose promise chose due et j'ai commencé cette émission en disant souvent les téléspectateurs nous interpellent en disant si on aime cette émission si on est au rendez-vous tous les vendredis c'est qu'il y a une ambiance une ambiance familiale sur ce plateau et donc on est allé encore plus loin on a écouté le téléspectateur le français qui nous regarde ou qui nous écoute et on a décidé de vous faire une surprise puisque c'est Jacques Devilliers qui est avec nous Jacques Devilliers votre petit-fils cher Jacques bonjour merci d'être présent sur ce plateau ça va être un face-à-face inattendu inédit passionnant également un grand-père face à son petit-fils de 23 ans et les deux ont pris la plume d'ailleurs pour des événements différents Jacques par exemple c'est votre deuxième roman absolument incroyable qui s'appelle l'affaire Lombarde après le best-seller le bâtard du roussillon aux éditions Fayard mais Philippe Devilliers qu'est-ce que ça vous fait d'avoir votre petit-fils sur le plateau ?
en fait d'abord bonsoir Jacques
bonsoir je suis ému et je suis ému heureux et impressionné parce que il a commis un roman un deuxième roman qu'on a le même succès que le premier et j'avais au téléphone ce matin un historien et non des moindres qui m'a dit c'est admirable un historien de la Sorbonne alors en fait vous le savez tous les deux l'émission est très suivie par des jeunes français contrairement à ce qu'on croit beaucoup beaucoup de jeunes français nous suivent et j'ai reçu une lettre il n'y a pas longtemps d'un jeune français très bien écrit qui dit en fait merci de nous inciter à mettre un peu de temps long dans notre instant et je me suis dit mais pourquoi on n'ajouterait pas un peu de temps long et un peu de jeunesse et je cherchais je me suis dit bah quand même tout près de moi il y a un jeune français que je connais bien et qui porte en lui la charge morale d'un jeune français qui sent bien qu'il appartient à un peuple historique qui pourrait devenir minoritaire dans son propre pays et en même temps souvent quand on est ensemble on se répète une phrase depuis longtemps qui est de Bernanos et qu'on partage les créateurs sont des gens qui ne sont jamais vraiment sortis de l'enfance mais qui ne font que l'élargir aux dimensions de leur destin Jacques de Villiers
je pense qu'effectivement tout commence dans l'enfance et que moi j'ai la chance c'est vrai une chance inouïe aujourd'hui d'avoir dès l'enfance vécu entre les contes les légendes des anecdotes les grandeurs de l'histoire les joies les drames racontés savamment orchestrés mis en scène tant à travers l'écriture et donc la lecture auprès de mon grand-père qu'à travers le spectacle et qui se poursuit aujourd'hui encore au Puy du Fou aux côtés de Nicolas de Villiers auprès de qui je travaille et sous la houlette de qui j'apprends encore toujours plus l'amour de l'histoire de France et donc effectivement c'est tout naturellement qu'après avoir lu après avoir été émerveillé en tant qu'enfant avec ma génération mes frères mes cousins j'ai voulu prendre la plume m'y essayer aussi après avoir été lecteur et spectateur pourquoi pas entrer à mon tour dans l'histoire de France comme un petit personnage qui se faufile auprès des grands héros qui l'ont fait qui l'ont façonné et donc j'ai voulu commencer c'est vrai par une période qui nous parle je pense à tous les deux et qu'il m'a appris à aimer le beau 13ème siècle et c'est donc l'affaire Lombard
Philippe justement l'affaire Lombard moi j'ai dévoré ce roman historique et je vais te dire pourquoi je l'ai aimé passionnément parce qu'en fait j'ai retrouvé un jeu de correspondance peut-être involontaire un jeu de transparence avec notre époque c'est à dire qu'en fait on n'est pas du tout dépaysé alors qu'il y a huit siècles de différence mais moi j'ai retrouvé la fragilité de l'état la solitude du monarque l'appétit des grands la corruption les conseillers de l'ombre les visiteurs du soir l'impôt qui rentre mal et et l'accusation des ingérences étrangères c'est à tout donc voilà mais tu l'as fait exprès ou pas
je ne l'ai même pas fait exprès c'est à dire que ce qui est fascinant c'est qu'il n'y a rien de neuf sous le soleil et qu'en plongeant d'abord dans le bâtard du roussillon dans la grande histoire militaire de la France et maintenant dans l'affaire Lombard dans l'histoire politique de cette fin de 13ème siècle et bien je me suis aperçu qu'au fond il y a peut-être une forme parfois d'arrogance de l'homme du 21ème siècle qui parce que les progrès technologiques sont fulgurants pense qu'au fond tout passé est une forme de vieillerie et que du passé faisons table rase car il n'a pas vraiment grand chose à nous apprendre mais en réalité au 13ème siècle évidemment l'esthétique est différente mais les problèmes politiques auxquels est confronté le jeune Philippe Lebel sont sensiblement les mêmes que ceux auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui alors j'ai voulu dresser ce tableau mais pour autant il ne s'agissait pas pour moi de vouloir faire un constat déprimant terrible et triste morne qui peut parfois ressembler à la réalité dans laquelle nous vivons au contraire j'ai voulu montrer que ce jeune souverain de 20 ans d'à peine 20 ans il a déjà une vision profonde et une vision stratégique politique il va mettre en oeuvre pour sortir la France le royaume de France de l'époque du marasme et pourquoi il fait ça ?
parce qu'il est animé par un idéal un idéal car il est le lieutenant de Dieu sur terre et donc il veut mener ses sujets à la finalité qui est faire leur salut il travaille au bien commun il n'est pas dans un esprit carriériste c'est ce qui me fascine chez lui malgré sa jeunesse et donc cet idéal chevaleresque c'est au fond ce que j'ai voulu essayer de mettre en scène à la suite de mon grand-père évidemment qui a cet amour aussi du panache du chevalier chevillé au corps et c'est peut-être tout ce qu'il nous faut retrouver aujourd'hui
en t'écoutant je me dis il y a peut-être des gens qui décrochent qui disent pourquoi ils nous parlent d'histoire du 13ème siècle etc très important ce que tu as compris ce qu'il faut faire comprendre aux jeunes français c'est qu'en fait on a besoin du roman national on a besoin d'aller chercher dans sa propre histoire l'endroit d'où on vient sinon on devient fou désespéré si on ne sait pas qui on est et on a besoin de cette sédimentation de cette richesse qu'on appelait le roman national et qui a été dépeint comme un tissu de noirceur dont on a fait un roman noir on en a besoin parce qu'en fait c'est une mise en allégorie qu'on dépose dans le sillage des jeunes français en leur proposant nos tendresses enfouies et donc toi c'est le passage du roman historique au roman national ou plutôt c'est l'inverse du roman national au roman historique
c'est vrai et je pense qu'effectivement le roman historique parce qu'il se trame dans le roman national répond à finalement à deux poisons mortelles du temps d'abord l'individualisme la solitude l'homme nomade qui n'a plus de repères et qui bien se balade dans l'époque et souffre justement de toutes ces noirceurs il y répond le roman historique parce qu'il nous permet et bien d'avoir le roman national pardon d'avoir des héros de substitution une famille de substitution à laquelle on peut s'identifier d'où qu'on vienne quelle que soit notre place dans la société quelle que soit notre richesse notre puissance notre culture peu importe on peut s'identifier à Jeanne d'Arc on peut s'identifier à De Gaulle entrant en résistance vous en parliez tout à l'heure on peut s'identifier à tout un imaginaire qui au fond constitue une famille et puis le deuxième remède au deuxième poison et bien c'est que le vivre ensemble creux parfois aujourd'hui dont on meurt et qui meurt d'ailleurs tout seul et bien est résolu par ce roman national puisqu'il rassemble tous ses membres de cette famille adoptive qui vibre aux mêmes élancements glorieux dans les mêmes héros qui se lèvent dans les drames donc oui on s'extirpe des noirceurs d'une histoire scientifique légiste qui travaille sur des chairs mortes pour vibrer à la célébration et c'est tout ce que j'ai appris à aimer et c'est tout ce que j'essaye aujourd'hui de mettre en scène
Jacques Devilliers donc avec nous et je suis le premier téléspectateur de ce dialogue inédit c'est peut-être une première fois dans l'histoire de la télé qu'on voit le petit-fils première fois vous vous taisez ça m'arrive souvent dans cette émission quand même dans les autres un peu moins entre le petit-fils et le grand-père Jacques vous avez 23 ans et souvent notre fil rouge dans cette émission c'est d'adresser et c'est aussi la boussole de Philippe d'adresser un message à la jeunesse de France qui peut nous regarder si vous aviez un message à adresser à cette jeunesse il nous reste 5 minutes vous diriez quoi ?
avec sa sagesse mon grand-père il répondrait mieux que moi mais je pense que quand je parle à des jeunes de ma génération ce que je vois c'est qu'ils cherchent dans le divertissement par tous les moyens possibles des figures tutélaires auxquelles ils peuvent se raccrocher auxquelles on peut s'identifier et vers lesquelles on peut se projeter avec leur destin mais ces figures sont parfois désincarnées alors on pourrait se dire cette situation est irréversible l'histoire n'est plus enseignée n'est plus apprise car elle n'est plus aimée au fond tout est perdu et la chute la dérédiction sera sans appel je pense l'inverse parce qu'il y a un biais par lequel on peut revenir à cette histoire à cet amour à cette fierté et la jeunesse est la première à chercher ce biais c'est le biais du beau Dostoyevsky qui disait le beau sauvera le monde et si le beau sauve le monde alors en France nous sommes sauvés puisque le beau affleure à chaque coin de France derrière chaque colline sous chaque voûte romane de chaque petite chapelle donc je pense que je dirais à un jeune de ma génération ouvrons l'oeil ouvrons l'oeil parce que le beau est partout il nous est offert depuis les plus grands héros jusqu'aux plus grandes architectures depuis la plus petite chapelle jusqu'à la plus grande cathédrale il est visible partout et pour peu qu'on y prête attention et qu'on fasse le premier pas vers cette beauté et bien je pense qu'on peut remonter petit à petit jusqu'au coeur de notre vieux pays qui est peut-être essoufflé mais qui bat toujours et à ce moment là et bien notre génération pourra elle aussi être une génération de bâtisseurs de bâtisseurs des temps modernes mais ancrés profondément dans le passé non pas comme une vieillerie mais comme au contraire quelque chose qui vit en nous comme un feu un feu brûlant et vous Philippe de Villiers il nous reste deux minutes
le message que vous souhaiteriez adresser à la jeunesse de Jacques
à cette génération quand j'écoute Jacques en fait qu'est-ce qu'on ressent une espérance sans cesse et en fait c'est le filigrane de l'émission tu as très bien dit très bien dit ce que je pourrais dire simplement on peut passer à l'aspect pratique à partir de ce que tu as dit tu as parlé de la recherche des beautés françaises et en fait moi je dirais ceci à un jeune français je parle sous tout contrôle voyager profitez-en vous êtes jeune mais pas n'importe comment voyager d'abord au bout de la France pour aller chercher les raretés françaises le trésor inépuisable de cette tendresse sans fouille dont je parlais il y a un instant ensuite une fois que vous avez fini ce voyage au bout de la France allez au bout du monde parce que là-bas vous y comprendrez pourquoi on a dit qu'il y a un pacte multiséculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde ça c'est le premier voyage qui peut durer toute la vie parce que la France est une source d'étonnement ensuite il y a un deuxième voyage tout aussi important que toi tu as fait et qui t'avais permis d'écrire aller chercher le temps long et donc voyager dans le temps dans l'espace et dans le temps voyage horizontal voyage vertical dans le temps aller voyager dans le temps pour comprendre que les grandes choses se font dans la longue durée la sédimentation du temps long et pour comprendre aussi que nous ne sommes que les devanciers et les héritiers d'un monde où nous sommes de passage comme héritiers comme devanciers c'est un monde d'emprunts pour nous nous sommes des emprunteurs et des débiteurs et puis enfin il y a une citation que tu connais bien que j'ai souvent citée au plus du fou je dirais le troisième voyage c'est le voyage en soi au fond de soi dans le fort intime aller chercher vos souvenirs c'est la phrase de Rilke Rainer Maria Rilke pour faire le premier mot d'un verre il faut avoir des souvenirs mais il ne faut pas n'avoir que des souvenirs il faut savoir les oublier et attendre qu'ils reviennent alors il se peut qu'un soir de grâce en une heure très rare un soir se lève le premier mot d'un verre
et bien merci de nous avoir permis d'être les premiers spectateurs d'un échange et de ce dialogue entre Philippe de Villiers et Jacques de Villiers Jacques de Villiers l'affaire Lombarde après le best-seller le bâtard du souroussillon merci à tous les deux merci Geoffroy Lejeune on a mis en application la promesse de cette émission une émission qui était familiale c'est un beau moment qu'on vient de vivre
à tous les spectateurs qui ont apprécié le costume de John Connery
envoyer un message et vous savez qu'ils cherchent un nouveau James Bond donc là vous me faites une même passe décisive merci beaucoup Philippe allez dans un instant c'est l'heure des pro à tout de suite merci à tous
Philippe de Villiers