« CERTAINS DÉPUTÉS ONT PEUR DU PEUPLE » : CE QUE RÉVÈLE LE REJET DE LA CENSURE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Jean-François Coulom, bonsoir. Merci d'être avec nous. Bonsoir.
Euh, vous sortez euh à peine de l'Assemblée nationale. Les motions de censure déposée par votre groupe La France insoumise et aussi par le Rassemblement national contre le Mercosour était en cours d'examen et on et elles ont été rejetées sans surprise. Est-ce que vous pouvez euh nous faire un compte-rendu rapide de l'audience et nous dire quand même est-ce que vous étiez déçu ou est-ce que vous vous attendiez à ce rejet ?
On pensait que la motion serait rejetée avec davantage de voix en faveur euh des du gouvernement et puis finalement on ne l'a perdu qu'à 32 voix. Donc c'est quand même plutôt de notre point de vue une victoire, même si bien évidemment on comprend que ce qu'elle met en lumière cette ce rejet de notre motion de censure, c'est le fait encore une fois que le Parti socialiste a dilé avec le gouvernement le cornu pour éviter son départ et ça c'est effectivement bien évidemment une grande déception mais les observateurs comprendront en fait qu'il y a une négociation pour des places pour se maintenir pour éviter cette menace qui a été brandie comme un chantage par Macron et le Cornu de dissoudre l'Assemblée s'il y avait une censure du gouvernement. On va parler de tout ça mais justement on va revenir sur la position du Parti socialiste.
Olivier Fort a dit sur le plateau de BFM il y a quelques jours qu'il n'existe pas un pacte de non censure entre le PS et le gouvernement. On l'écoute. Il y a une échelle pas de pacte.
Pourquoi il a pas de pact ? Non, il y a enfin quand il n'y a pas de majorité, le gouvernement a une obligation sur chaque texte trouver une majorité. Et bien ce que je dis ce soir c'est que il n'y aura pas un pacte définitif pour le gouvernement le cornu avec une forme de sol de tout compte et qui lui permettrait de faire ce qu'il veut jusqu'à la fin.
Non, sur chaque texte, il sera obligé de discuter, de négocier parce que il n'a pas de majorité et que nous n'en avons pas d'avantage. Mais à la fin, Olivier Fort, vous ferez quoi ? Les insoumis déposeront probablement une motion de censure.
Le RN probablement aussi. Est-ce que vous la voterez ou pas ? C'est ça la question.
Ah bah, tout dépendra de ce qui est posé par le gouvernement. Quelle que soit la voix qu'il utilisera, il sera à un moment contraint de mettre sur la table sa propre copie. Et à ce moment-là, nous jugerons sur la copie elle-même.
Qu'est-ce que vous lui répondez Jean-François Coulom ? Vous voyez votre titre en bandeau, c'est "Les députés ont-ils peur du peuple Et bien oui, nous avons là affaire à des députés d'un groupe qui ont peur du suffrage, qui ont peur du peuple, qui ont peur de revenir devant les électrices et les électeurs. Et c'est la raison pour laquelle ils sont tenus en quelque sorte par une sorte de laisse qui les rend incapable de pouvoir être dans le le le la mission et la représentation du peuple qui les a élus. parce que je rappelle encore une fois que ces députés Paris socialistes ont été élus sous l'étiquette NFP qui avait un programme de rupture et de gauche plutôt radical qu'ils ont des définitivement trahi en s'associant avec le gouvernement.
Prenons l'exemple de la ville dont je suis le député, Chambéry, pour laquelle il y a un enjeu très important pour les municipales. Et bien dans cette ville dont le maire sortant a appelé à voter Macron dès le premier tour de 2022 alors qu'il y avait, je vous le rappelle, un candidat une candidate Parti socialiste, et bien désormais ils font alliance ce maire là fait alliance avec le Parti socialiste pour les municipales. Donc vous voyez, il y a une sorte de convergence vers la droite affériste libérale qui est désespérante pour toutes celles et ceux qui pourtant les ont élus pour représenter une alternative à la Macronie.
Et là à défaut d'alternative, ils ont la le prolongement dans la souffrance de ce gouvernement qui est dans une forme de naufrage de très longue agonie qui est devenue très pénible et qui risque de durer jusqu'aux élections présidentielles de 2027. Donc nous nous sommes fidèles, la France insoumise et fidèle aux engagements pris devant les électrices et les électeurs et donc nous ne sommes pas d'accord du tout avec cette politique le cornu et nous le manifestons avec des motions de censure et les rejets de textes. Selon vous selon vous il fallait s'y attendre que le PS n'allait pas voter la censure.
Ah mais bien sûr euh à aucun moment ces gens-là n'ont utilisé la menace de la censure contre quoi ils ont aucun moyen de pression contre le corn. À partir du moment où vous avez euh trahi et que vous avez euh comment dire euh mis un pied en quelque sorte dans la compromission hein et le compromis et bien c'est très difficile de s'en extraire et c'est Olivier Fort dit qu'il n'y a pas de pacte de non censure. Oui.
Bah alors ils vont faire quoi ? Ils vont censurer au moment où finalement ils auront gagné suffisamment de temps et ils censureront 15 jours avant les présidentiels de 2027. Ça n'a pas de sens.
Les Françaises et les Français souffrent maintenant. Je prends les agricultrices et les agriculteurs qui manifestent aujourd'hui dans toute la France euh dont les représentants syndicaux sont appréhendés par la police lorsqu'ils ne sont pas battus par les forces de l'ordre. Et bien c'est maintenant qu'il faut réagir contre le Mercosur notamment puisque Oui, mais justement sur cette question du Mercosur, Emmanuel Macron, il a suivi l'isemblée.
Il n'a pas il n'a pas voté cet accord à l'Union européenne. Oui. Oui.
Je suis pas du tout d'accord avec vous parce qu'en réalité il a gagné du temps pour à la fin dire au dernier moment alors queon voit bien que Vanerlen et l'Union européenne s'apprête à faire passer de force y compris même peut-être sans le vote du Parlement européen, on voit bien que on a là affaire à des lobby extrêmement puissants, ceux du libre échange avec les États d'Amérique du Sud et que de toute façon quand bien même maintenant au dernier moment au crépuscule de toute cette séquence Macron devient en quelque sorte l'allié d'une forme d'agriculture respectueuse de l'environnement, de la dignité et du pouvoir de vivre décemment de son activité de toute la profession agricole. C'est trop tard. C'est trop tard.
Vous le censurez parce que il a trop tergiversé sur le mercosour infé. On savait depuis le début qu'il était pour cet accord de les Bechanges puisqu'il y a encore quelques semaines, il disait que c'était formidable pour le monde agricole. Donc il n'y a que mensonge et tromperie avec cette ce gouvernement et Emmanuel Macron.
Donc nous nous n'avons absolument aucune raison de faire confiance à à un président de cette nature et c'est la raison pour laquelle si vous voulez nous c'est la censure tout de suite. D'ailleurs, je tiens à rappeler que contrairement à ce qu'affirmé euh Sébastien Lecnu il y a encore euh quelques heures à peine dans l'hémicycle, euh il se prévaut en quelque sorte d'une forme de légitimité que nous le refusons, que nous le renons. il n'a pas de légitimité puisqueencore une fois il a été nommé alors premier ministre alors qu'encore une fois le bloc le plus représentatif d'une forme de majorité politique c'était celui du NFP donc on attend toujours le ou la premier ministre NFP il ne se produira jamais une nomination d'un premier ministre qui représente le groupe politique qui était à l'époque même si maintenant il a été un peu atomisé par le renement du Parti socialiste.
Mais enfin, vous voyez, il y a maintenant une convergence en quelque sorte vers la macronie de tout le bloc PS. Mais justement, si on parle de de Sébastien Lecornu, lui, il a agité le torchon de la dissolution vendredi euh pour mettre un petit coup de pression au aux députés et les dissuader de bloquer les débats sur le budget. Il a même parlé d'élection législatives en lieu et place des municipales, à savoir les 15 et 22 mars prochain.
Est-ce que vous y croyez ? Alors moi j'y crois pas parce que ce serait tellement difficile à réorganiser toute cette séquence qui s'annonce avec là dans toutes les communes de France, les 36000 communes de France se préparent à organiser et et faire se dérouler les élections municipales. Ce n'est encore une fois qu'une basse manœuvre de chantage pour faire peur.
Et pour faire peur à qui ? Pour faire peur à ceux qui ont peur de retourner devant les électrices et les électeurs. Et qui sont-ils ?
Et bien, c'est essentiellement dans l'ensemble de l'arc de l'hémicycle. le Parti socialiste et les Républicains. Les deux ont à perdre en cas de d'élection. les uns parce qu'ils ont trahi, les autres parce qu'ils sont finalement insipides par rapport à un positionnement politique singulier entre le Rassemblement national que la plupart ont rallé d'ailleurs sur toutes les thèses racistes et néolibérales et puis la Macronie où finalement on considère que le bloc macroniste comporte les Républicains.
Donc ces deux composantes politiques de notre pays ne servent à rien en réalité si ce n'est à prolonger l'agonie de la Macronie. Mais vous, la France insoumise, vous avez aussi beaucoup à perdre si vous retournez devant les urnes parce qu'il n'aura plus l'alliance du Nouveau Front populaire qu'il a eu en 2024. Il aura plus l'alliance de la gauche.
En tout cas, pour l'instant, ça me semble mal barré. Vous aussi, vous avez à perdre. Bah, vous pouvez le concre de cette manière, mais en réalité nous ça ne nous fait pas peur de retourner devant le suffrage populaire euh parce que nous sommes droits dans nos botte.
Nous avons le sentiment d'avoir été loyaux et avoir représenté euh euh de façon plutôt efficace, hein, depuis les élections de 2024, on se bat pied à pied sur tous les sujets pour lesquels nous considérons qu'il faut nous opposer et nous sommes donc finalement les seuls véritables opposants à ce gouvernement. le cornu. J'aimerais revenir sur les propos d'Emmanuel Macron lors de ses vœux pour l'année 2025.
Le président a dit regretter la dissolution. On va l'écouter tout de suite. Je dois bien reconnaître ce soir que la dissolution a apporté pour le moment davantage de division à l'Assemblée que de solutions pour les Français.
Si j'ai décidé de dissoudre, c'était pour vous redonner la parole, pour retrouver de la clarté et éviter l'immobilisme qui menaçait. Mais la lucidité et l'humilité commande de reconnaître qu'à cette heure, cette décision a produit plus d'instabilité que de sérénité et j'en prends toute ma part. Pourquoi selon vous est-ce qu'il menace d'une dissolution alors même qu'il dit regretter celle de 2024 dans le même temps ?
C'est un peu flou parce que vous venez de le dire en même temps. C'est le en même temps macroniste où finalement il n'y a pas de boussole. en quelque sorte, il y a on passe du plus au moins de de euh dans la même journée ou pratiquement dans la même phrase parce que il dit regretter la dissolution.
En réalité, il regrette le résultat de la dissolution. il ne regrette pas la dissolution puisque on sait bien, on se souvient quand même que 27 institut de sondage sur 27 en 2024 lui garantissait que une dissolution apporterait à la France un gouvernement qui aurait eu une légitimité par sa majorité du Rassemblement national. Ça a été un échec total, on l'a bien vu et c'est ça qui a déçu parce que lui c'était son objectif, c'était son plan en quelque sorte, c'était de dire "Vous voyez, vous pouvez pas décemment continuer avec un gouvernement rassemblement national." Donc en 2027, en 2027 euh vous voyez, il faut absolument revenir à la raison et revenir à Macron quoi ou à ses euh euh ses homologues.
On va parler maintenant du budget et pour le faire passer, le PS encore lui souhaite utiliser le 493 alors que c'était une ligne rouge pour Sébastien Lecornu. On écoute François Hollande sur le plateau de France info dimanche. Quelle procédure ?
Donc j'y reviens. Est-ce que le budget peut être voté par une majorité ? Il y a pas de majorité.
Est-ce qu'il y a une opposition ou des oppositions qui peuvent se substituer au gouvernement actuel et et former un nouveau gouvernement ? Non. Donc à partir de là, il y a une procédure qui s'appelle le 493.
Je vais venir sur le 493 puisque comme président de la République je l'ai utilisé. Je sais que c'est pas une procédure qui est particulièrement enthousiasmante, mais il se trouve là dans la situation dans laquelle on est, quelle est la seule procédure qui permet démocratiquement de faire adopter adopter le budget ? Vous avez supplié, vous avez supplié le premier ministre de pas l'utiliser le 493.
Mais c'était nécessaire dans un premier temps et ça a permis au projet de loi de financement de la sécurité sociale d'être adopté et c'était nécessaire pour que il puisse y avoir autant qu'il était possible une discussion parlementaire ouverte. Elle l'a été, j'ai cité 2 mois et demi. Bon après on constate que il n'y a pas de possibilité de voter.
Les socialistes ne voteront pas le budget. Les écologistes veulent même pas s'abstenir sur le budget. Les communistes, pas d'avantage et les filles, le rassemblement national veulent voter contre pour là c'est le pack de non censure des des soci de non censure.
À partir de là c'est au gouvernement de s'engager. Alors il faut pas qu'il s'engage à la légère. S'il veut qu'il ne soit pas censuré et son but n'est pas d'être censuré bah il faut qu'il fasse un compromis avec les socialistes.
Jean-François Couom, qu'est-ce que vous pensez de cette solution de l'utilisation du 493 ? Moi ce que je vois dans les propos euh du président Hollande, c'est que ils viennent de traverser une longue et interminable séquence où ils n'ont fait que croquer euh la carotte que leur tendait le gouvernement. Et maintenant pour s'absoudre en quelque sorte de cette compromission, il demande à prendre quelques coups de bâton.
Le 493 pour nous, c'est en quelque sorte le bâton pour pouvoir expliquer, justifier, légitimer, on va dire, le fait qu'il puisse avoir quelque opposition que ce soit avec ce budget. Mais encore une fois, ce budget-là, il est le fruit, il est la résultante en quelque sorte de toutes les compromissions que n'ont cessé d'avoir euh le le les socialistes pendant tout l'examen, l'interminable examen de ce PLF et du PLFS également. et que ce soit le PLF et le PLFS, la réalité c'est que dès le début on a vu que les comptes n'y étaient pas parce que finalement le le renoncement du Parti socialiste puisqu'il a il a voté dans ce sens avec le gouvernement a prélevé suffisamment euh parmi celles et ceux qui peuvent contribuer à l'intérêt général.
Ce renoncement-là entraîne maintenant le fait qu'on on puisse justifier des économies qui vont porter sur les services publics, qui vont porter sur l'aide sociale, sur énormément de de de budget comme par exemple le sport, hein, puisque ces gens-là ont quand même voté pour le projet de loi JOP des Jeux Olympiques 2030, vous voyez, main dans la main avec le gouvernement. Alors que finalement ce ce projet de loi, lui, il retire 270 millions au programme, je prends que cet exemple, au programme euh sport, jeunesse et vie associative. Donc vous voyez, c'est ce n'est absolument pas cohérent et ils ne font que que chercher à faire durer en quelque sorte la séquence parce que ils ont peur effectivement de la menace qui est brandie d'une dissolution.
Mais on voit bien qu'on est dans une impasse là au niveau du vote du budget. Quelle est votre solution ? Ah bah nous de toute façon le 493 va être utilisé parce que alors que c'était la ligne rouge que brandissait le Parti socialiste hein le 49 le Cornu également.
Oui et ben ils le brandisse qu'il fasse un 493 et nous répondrons comme c'est euh dans la la la légitimité et le cas normal d'une opposition à ce gouvernement. Nous répondrons par une motion de censure et on verra bien à ce moment-là qui la votera ou ne la votera pas. Et bien on suivra cette actualité politique au médias.
Merci Jean-François Couom d'avoir été avec nous.
Emmanuel Macron