Les électeurs du RN doivent être respectés ! - Aleksandar Nikolic (LCI)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:04OuverteRéponse partielle
Réaction sur ce plateau, quand on voit qu'il y a visiblement une ouverture, la gauche veut gouverner. Il l'a dit plusieurs fois ?
- 0:43OuverteRéponse directe
Mais l'avenir, c'est bien de vouloir sortir de la crise.
- 1:18OuverteRéponse partielle
M. Nicolet, si on ne refait pas le passé, est-ce qu'Emmanuel Macron est quand même en passe de gagner Paris potentiellement ?
- 2:42OuverteRéponse partielle
Est-ce que je peux vous soumettre une hypothèse un peu cynique, mais le cynisme ne fait jamais de mal en politique, c'est au fond d'avoir un gouvernement assez à droite, y compris avec des gens comme M. Retailleau.
- 3:10FerméeÉludée
Qu'est-ce qu'on appelle le centre-gauche ?
- 4:13OuverteRéponse partielle
Si un Premier ministre socialiste, effectivement, continue et valide la politique de Bruno Retailleau, moi ça me va, avec une loi sur l'immigration en début d'année prochaine qui est le décalque de celle du Rassemblement National.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Invité politiqueFait
« J'ai rarement entendu en trois minutes autant de choses qui étaient fausses et autant de n'importe quoi, si je peux me permettre. »
- 0:19Invité politiqueChiffre
« Il a été ministre sous Hollande. La dette a augmenté de 10%. »
- 0:25Invité politiqueFait
« des créations de taxes de production qui font par exemple qu'on en est là aujourd'hui en partie. »
- 0:29Invité politiqueChiffre
« si on a aujourd'hui une industrie qui pèse à 9% dans le PIB, qu'on a un déficit commercial jamais vu depuis 1949 »
- 0:35Invité politiqueFait
« qui fait qu'on a, selon le haut commissariat au plan, une économie d'un pays en voie de développement »
- 0:55Invité politiqueChiffre
« le parti qui est arrivé en tête aux élections législatives, avec 11 millions d'électeurs »
- 1:01Invité politiqueFait
« qui est le premier groupe à l'Assemblée nationale et surtout qui a des idées majoritaires »
- 1:13Invité politiqueChiffre
« Il dit que M. Barnier a mené une politique de droite, 40 milliards d'euros, 40 milliards d'euros d'impôts supplémentaires. »
- 5:36Invité politiqueChiffre
« il y avait 42% de baisse sur la lutte contre l'immigration irrégulière. »
- 5:43Invité politiqueChiffre
« on avait même une augmentation de 9% sur l'accueil. »
- 5:51Invité politiqueChiffre
« il y avait un recul avec ce nouveau gouvernement à 2029 sur les constructions de places de prison, qui était une promesse de 2027. »
- 6:07Invité politiqueFait
« ils l'ont fait encore récemment sur les élections, mais là, ils discutaient avec qui ? Avec ELV, qui prône la désobéissance civile »
- 6:35Invité politiqueFait
« Avant 2022, il y avait deux blocs. Donc il y avait la gauche, la droite, il y avait un bloc dominant. »
- 6:44Invité politiquePromesse
« Mais non seulement il faut une dissolution, mais en passant un mode de scrutin à la proportionnelle »
- 9:29Invité politiqueFait
« en matière de laxisme judiciaire, en matière de baisse de la fiscalité. »
- 10:00Invité politiqueFait
« On avait demandé 10% de respect de ce qu'on peut préconiser par rapport à notre contre-médiaire »
Temps de parole
- Locuteur 421 %
- Aleksandar Nikolic18 %
- Locuteur 517 %
- Locuteur 216 %
- Locuteur 313 %
- Locuteur 89 %
- Locuteur 73 %
- Locuteur 92 %
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Réaction sur ce plateau, quand on voit qu'il y a visiblement une ouverture, la gauche veut gouverner. Il l'a dit plusieurs fois ?
Oui, il l'a dit plusieurs fois en disant qu'ils savent bien gérer. J'ai rarement entendu en trois minutes autant de choses qui étaient fausses et autant de n'importe quoi, si je peux me permettre. Parce qu'ils savent bien gérer. Il a été ministre sous Hollande. La dette a augmenté de 10%. Il y a eu une hausse de la fiscalité considérable, des créations de taxes de production qui font par exemple qu'on en est là aujourd'hui en partie.
Parce que si on a aujourd'hui une industrie qui pèse à 9% dans le PIB, qu'on a un déficit commercial jamais vu depuis 1949 qui fait qu'on a, selon le haut commissariat au plan, une économie d'un pays en voie de développement, ça a participé à ce déficit, à cette dette abyssale et à la situation économique du pays.
Mais l'avenir, c'est bien de vouloir sortir de la crise.
Oui, c'est sûr qu'il faut sortir de la crise. Mais en écartant, comme le fait le président, le parti qui est arrivé en tête aux élections législatives, avec 11 millions d'électeurs, qui est arrivé en tête aux élections européennes, qui est la plus grande délégation d'Europe au Parlement européen, le Rassemblement national, qui est le premier groupe à l'Assemblée nationale et surtout qui a des idées majoritaires, parce que c'est ça qui compte. On fait des politiques pour des idées, si je peux me permettre. Et sur la hausse des impôts, en fait, il devrait être content. Il dit que M. Barnier a mené une politique de droite, 40 milliards d'euros, 40 milliards d'euros d'impôts supplémentaires.
M. Nicolet, si on ne refait pas le passé, est-ce qu'Emmanuel Macron est quand même en passe de gagner Paris potentiellement ? C'est-à-dire que cette fameuse, cette fracturation de la gauche, une partie de la gauche qui accepterait d'entrer dans un gouvernement, ça se dessine. Ça semble quand même se dessiner.
Pardon, je vais casser un peu l'ambiance, mais je ne crois pas du tout. Vous avez utilisé, Darius, à l'instant, le terme d'ouverture. Je vais citer le personnage mythique incarné par Michel Blanc, Jean-Claude Duse. Le problème, ce n'est pas d'avoir une ouverture, c'est de conclure. Et là, on en est très loin. Incontestablement, pour la façade, il y a des bougées, qui ne concernent pas que la gauche, d'ailleurs. La gauche explique que s'il n'y a pas de 49.3, elle ne censurera pas, qu'elle peut envisager de rentrer...
Je dis même que ça pourrait ne pas être un Premier ministre de gauche.
Ça, c'est ce que ça veut dire. Ça veut dire que si on a un Premier ministre, je ne sais pas, centriste, qui se... Par exemple, François Bayrou, faisant de la politique fiction, qui s'engage à ne pas faire de 49.3, il n'y aura pas de motion de censure. De l'autre côté, ça a été assez peu souligné, mais Laurent Wauquiez, le patron du groupe LR, nous a aussi expliqué que s'il n'y a pas de Premier ministre LFI, il pourrait ne pas censurer. Sous-titre, s'il y a un Premier ministre PS, il pourrait ne pas censurer. Donc tout ça dessine, a priori, sur le papier, les contours d'une coalition.
Mais en réalité, et c'est là que je casse l'ambiance, en réalité, ces gens-là, ce ne sont d'accord absolument sur rien. Et là, je suis assez d'accord avec Guillaume Roquet. Quand vous esquissez l'hypothèse d'un programme de gouvernement avec 3, 5, 10 mesures, je ne vois pas sur quoi tous ces gens-là peuvent se mettre d'accord.
Est-ce que je peux vous soumettre une hypothèse un peu cynique, mais le cynisme ne fait jamais de mal en politique, c'est au fond d'avoir un gouvernement assez à droite, y compris avec des gens comme M. Retailleau. Tout le monde dit qu'il est un des mieux placés pour remplir les grandes estimes, etc. Et puis une sorte de paratonnerre de centre-gauche, un Premier ministre de centre-gauche qui va satisfaire tout le monde, et au fond qu'il sera une bonne caution pour que le socialiste y aille.
M. Retailleau lui-même a expliqué qu'il ne serait pas dans un gouvernement avec un Premier ministre de gauche.
Qu'est-ce qu'on appelle le centre-gauche ? Qu'est-ce qu'on appelle le centre-gauche, M. Cazeneuve ?
C'est ce que j'allais vous demander.
M. Cazeneuve, par exemple. Cazeneuve ou François Bayrou, un centriste très rassurant pour tant que gens.
Je pense que François Bayrou, il a beaucoup d'hostilité. Il suscite beaucoup d'hostilité, François Bayrou. Ce n'est pas si évident. Cazeneuve, ce n'est pas si évident non plus que Bruno Retailleau souhaite bosser avec Cazeneuve et vice-versa. Donc je suis d'accord qu'en ce moment, quand on met à plat toutes les personnalités et toutes les lignes rouges, ce matin sur votre antenne, je voyais cet artiste extraordinaire qui expose au Grand Palais, je ne sais pas si vous avez vu ça, avec des bouts de laine rouge qui sont entremêlés, qui forment des espèces de toiles d'araignées.
Ça m'a fait penser exactement à toutes ces lignes rouges qui sont entremêlées en ce moment de tous ces partis qui sont totalement incompatibles les unes avec les autres. Et donc on ne voit pas bien comment le chef de l'État va se sortir de ce guépier-là.
Guillaume, si un Premier ministre socialiste, effectivement, continue et valide la politique de Bruno Retailleau, moi ça me va, avec une loi sur l'immigration en début de l'année prochaine qui est le décalque de celle du Rassemblement National.
Ça c'est impossible, c'est bien que c'est impossible.
Si on peut effectivement réduire drastiquement le panier de soins de l'aide médicale d'État pour les étrangers en situation irrégulière, si on peut continuer cette espèce de bras de fer avec le ministère de la Justice pour avoir une chaîne pénale plus efficace, là ça va très bien. Mais je ne vois pas vraiment quel est le Premier ministre socialiste qui pourrait faire ça. En fait, le fond de l'histoire, c'est qu'Emmanuel Macron nous refait le coup dur en même temps. C'est-à-dire qu'en fait, il a... Je ne sais plus qui disait, rien n'est plus dangereux qu'une idée quand on n'a qu'une idée. C'est peut-être Giraudoux, je ne sais plus.
Et donc Emmanuel Macron, en fait, il a toujours le même projet, c'est-à-dire qu'il faut dépasser l'opposition gauche-droite. Sauf qu'elle existe parce qu'elle est structurante, parce qu'elle est féconde en plus. Et donc il y a un moment où il faut choisir son camp, camarade.
Et elle s'est même renforcée, l'opposition gauche-droite.
Si je peux me permettre, M. Rotaillot, qui était ministre de l'Intérieur, il a validé le fait d'avoir de l'autre côté un ministre de la Justice, Didier Migaud, qui avait des déclarations hallucinantes, justement, en disant que...
Il n'a pas validé, il l'a supporté, disons.
En tout cas, il était d'accord pour entrer dans un gouvernement qui avait M. Migaud à la Justice. Mais moi, ce qui m'inquiétait plus, c'était le budget. Parce qu'il avait beau être ministre de l'Intérieur, quand on regardait le budget précis, autorisation d'engagement, par exemple, sur tout ce qui est lié à l'immigration, il y avait 42% de baisse sur la lutte contre l'immigration irrégulière. Et on ne touchait pas dans le même temps, on avait même une augmentation de 9% sur l'accueil. Donc ça ne correspond absolument pas à la vision, apparemment, de M. Rotaillot.
Sur la justice, sur les places de prison, il y avait un recul avec ce nouveau gouvernement à 2029 sur les constructions de places de prison, qui était une promesse de 2027. On peut parler dans le vent avec des éléments de langage, mais excusez-moi, c'est ça qui est concret. Et moi, quand je vois la droite, LR, qui est prête, justement, à discuter avec des gens qui sont logiquement aux antipodes d'orziers, mais on a l'habitude, il y a 5 ans de nuance de trahison en permanence, ils l'ont fait encore récemment sur les élections, mais là, ils discutaient avec qui ? Avec ELV, qui prône la désobéissance civile, qui est un programme qui tue notre agriculture et qui tue les entreprises.
– Mais M. Écoly, pardon, M. Écoly, il n'y a pas de majorité, il n'y a pas de majorité absolue au parlant, donc il faudra forcément... – Moi, je peux vous dire comment on peut sortir de ça. – Alors, attendez, c'est quoi votre secret ?
– Et franchement, il y a trois blocs. Avant 2022, il y avait deux blocs. Donc il y avait la gauche, la droite, il y avait un bloc dominant. Eh bien, il faut changer le mode de scrutin. – Oui, mais maintenant, jusqu'en juillet. – Alors, justement, parce que M. Macron a dit qu'il était contre la dissolution. Mais non seulement il faut une dissolution, mais en passant un mode de scrutin à la proportionnelle,
avec une prime majoritaire à 25% et jusqu'à là... – Pour l'instant, il faut un gouvernement, avant juillet, et pas attendre jusqu'en juillet pour avoir une dissolution, il faut bien...
– Oui, mais déjà, il faut peut-être qu'on a une vision pour sortir de la crise et qu'il y ait systématiquement une majorité claire qui se dégage, comme dans les communes, comme dans les régions. Et pour ça, il faut un scrutin à la proportionnelle avec prime majoritaire, qui fait que la liste qui arrive en tête ait une majorité et puisse appliquer ses idées. – Alors, on comprend que vous êtes contre les solutions.
Pour l'instant, est-ce qu'on peut contourner l'ORM ? – Oui, on voulait aussi savoir si ça vous avait vexé d'être écarté, notamment quand on entend les propos de Marine Tondelier, qui s'est exprimée en sortant de l'Elysée, la patronne des écologistes, et qui dit que le camp présidentiel, maintenant, a changé de méthode. Il ne veut plus s'appuyer sur le Rassemblement national pour gouverner.
– Le président de la République a insisté plusieurs fois sur le fait qu'ils s'engageaient tous, et plusieurs personnes de la majorité l'ont fait, ils s'engageaient tous à ne plus se mettre dans les mains du Rassemblement national, à ne plus s'appuyer sur le Rassemblement national pour gouverner. Sage nouvelles, sage décision, ils savent aussi où ça les a conduits. Mais ce qu'on leur a dit aussi, les écologistes, les socialistes et les communistes, c'est que si vraiment leur but était d'enrayer la montée du Rassemblement national, il fallait changer de politique. Et là, évidemment, on s'est mis à parler programme quand même un peu.
– Alexandra, c'est assez nouveau ça quand même, parce que pendant trois mois, le gouvernement n'a que cherché l'approbation aussi du Rassemblement national.
– C'est là où je pense que le RN fait une erreur absolument colossale, c'est que là, il avait un gouvernement qui était à sa main, qui avait les plus grandes prévenances avec lui. Et en fait, Marine Le Pen était quasiment la première ministre de fait. Et d'un coup, en quelques dizaines de minutes, Marine Le Pen qui, à mon avis, son procès, la travaille beaucoup, et d'un coup a décidé de censurer ce gouvernement. Et ce qui fait que maintenant, d'ailleurs, on voit bien, le RN demande à venir à l'Elysée, se plaint de ne pas être invité à l'Elysée à la table des discussions, pardon, ce n'est pas des négociations.
Non, là, je pense que le RN, en ce moment, est dans une mauvaise passe entre le procès, le verdict, la motion de censure,
et la chute de Bachar Al-Assad. Non, mais c'est peut-être un désir. Est-ce que vous en mordez les doigts ? Non, mais nous, ce qui nous intéresse, ce n'est pas juste de se dire, les gens nous parlent, en fait, et on a du respect par la parole. Ce qui compte, c'est qu'on respecte les Français qui, en majorité, soutiennent nos idées sur des axes très importants, en matière de laxisme judiciaire, en matière de baisse de la fiscalité. Oui, ça, vous l'avez déjà dit. Non, mais attendez, c'est ça qui compte. Quand on fait de la politique, les gens, ils veulent voir comment ça change leur vie. Et nous, on se plaint de ça.
On dit qu'on est écarté et qu'on ne peut pas, justement, défendre nos idées par rapport à ça. Mais M. Barnier, tout ce qu'il avait mis en place, et ce gouvernement, qu'on avait validé dans un premier temps, on n'était pas dans une posture irresponsable comme le NFP à dire « Quoi qu'il arrive, on s'oppose parce qu'ils ne vont pas appliquer 100% de nos idées ou parce qu'ils ne veulent pas de nous ». On s'est dit « Il peut y avoir des orientations qui peuvent être favorables ». On avait demandé 10% de respect de ce qu'on peut préconiser par rapport à notre contre-médiaire et qu'il n'y ait pas d'orientation qui aggrave la situation.
Vous revenez au passé. Le passé est fait.
Parce que madame m'a parlé d'une grave erreur par rapport à M. Barnier. Vous répondez par rapport à ça.
Liquidons le passé, faisons table rase, comme disaient les amis communistes de Guillaume Roquet. Regardons vers l'avenir. Pour l'immense de boule. Regardons vers l'avenir. Quelle est la solution viable ? Le président de la République fait une forme de promesse. Il dit « Je ne dissoudrai pas l'Assemblée nationale dans les 30 mois ». Donc il montre qu'il y met aussi du sien. Quelle est la solution viable ? Si il y en a une.
Je précise que le président a sans doute glissé ça lors de cette réunion avec une quarantaine de responsables politiques. Mais tout de suite après, l'Élysée s'est sentie obligée de préciser la pensée du président ou de faire un peu l'exégèse. Je cite un conseiller du chef de l'État. La non-dissolution, il s'agit, je cite, d'une volonté et non d'un engagement.
Et quand on regarde un petit peu ce qui s'est passé dans les discours du président de la République ces derniers mois, il y a quand même eu un certain nombre d'engagements ou de suppositions ou de calculs qui se sont révélés faux de la dissolution des perspectives de victoire des uns et des autres, de la non-alliance des forces de gauche dans le NFP, du fait que M. Bardella allait sans doute être Premier ministre, du fait que la majorité sortante allait regagner. Et aujourd'hui, il y a une semaine, il a expliqué qu'il ne croyait pas à la censure du gouvernement Barnier. Donc ça fait quand même une série d'erreurs de calcul.
Pour en revenir au point, je pense qu'on est quand même en train de spéculer sur du vide. On le disait tout à l'heure, une alliance du LR au PS en partant par les macronistes, c'est compliqué. Ne serait-ce que parce que les macronistes eux-mêmes ont été les principaux empêcheurs de tourner en rond par rapport au gouvernement Barnier, puisqu'il ne souffrait pas qu'on touche à un poil du bilan économique d'Emmanuel Macron. C'était Jean-Luc Mélenchon qui avait dit, souvenez-vous, le programme, tout le programme, rien que le programme. En réalité, les macronistes, c'est le programme de Macron, tout le programme, rien que le programme. Que vont-ils faire sur les retraites ?
On est en train de spéculer sur une possible joint venture, comme on dit en économie, entre macronistes et socialistes. Que vont-ils faire sur les retraites ? Absolument rien. Ce n'est pas possible. Le président ne souhaite pas qu'on touche à un iota, à un poil. Mais vous l'avez dit.
Parfois, la réponse peut être rien. Je rappelle qu'il y a des gouvernements en Italie qui ont tenu souvent en faisant rien. C'est la raison pour l'appel.
Je finis sur ce point très rapidement. On n'est même plus à chercher une majorité. On en est à chercher un accord de non-censure. Vous vous rendez compte ? Un accord de non-censure. Ça veut dire qu'on va trouver un deal, comme sur la 4e République, pour expliquer que le gouvernement va durer 6 mois, ou 9 mois, ou 12 mois. Mais que va faire ce gouvernement ? L'objectif, c'est uniquement qu'il ne soit pas censuré. Ça veut dire que ce gouvernement est condamné à l'impuissance.
Est-ce que ça peut arranger un certain nombre d'hommes politiques et de femmes politiques ? Effectivement, même cet accord très minimal de non-censure.
Ça arrange ceux qui voudraient que la crise politique se transforme en crise de régime pour contraindre le président de la République à démissionner et avoir une élection présidentielle anticipée. Et là, pour le coup, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se retrouvent sur cette ligne-là pour des raisons différentes. Donc, oui, il y a des gens qui ont intérêt à la crise, on va dire pour des raisons d'équation personnelle.
Mais il y en a aussi, et je trouve que c'est assez estimable, qui considèrent que si on veut achever de dégoûter les Français de la politique, si on veut achever de les convaincre que tout ça, ce ne sont que des magouilles, et des arrangements, et des combinaisons, eh bien, on n'a qu'à accoucher d'une coalition, je ne sais pas quoi, cet arc républicain dont parle Emmanuel Macron.
– Guillaume, regardez, vous êtes presque mélenchoniste, il dit quelque chose à sa façon dans l'autre camp, je vous rassure, il n'est pas tout à fait Guillaume Roquettisé, il dit, il s'en prend aux socialistes de gouvernement, il s'en prend un peu à vous, M. Cannaire, c'est pour vous, là, ce qu'il dit. Il croit qu'il ruse, il se font balader par Macron, il ne se rend pas compte du caractère contre-performant de ce qu'ils font, c'est une erreur catastrophique. Est-ce qu'effectivement, les socialistes de gouvernement sont en train de se faire enrober par le miel, la milleté d'Emmanuel Macron ?
– Non, mais attendez, il y a une grande différence quand même, c'est que Jean-Luc Mélenchon a une obsession, une seule, c'est 2027, enfin 2027, ou avant, s'il y a une présidentielle anticipée pour une raison ou pour une autre. – Sur un malentendu. – Voilà, et donc il ne pense…
– Il y a vraiment un grand fan de Jean-Claude Duss en la personne de David, bravo David, chacun ses références, mais laissez répondre quand même Patrick Cannaire. – Il y en a d'autres, je vous rassure. – Oui, Patrick Cannaire, réponse quand même, quand on dit, il parle de vous en disant, il croit qu'il ruse, il se font balader par Emmanuel Macron.
– Et puis Jean-Luc Mélenchon a dit qu'il n'aurait aucun siège aux prochaines élections aussi, il les a menacées.
– Oui, la punition viendra, Patrick Cannaire.
– Je vais laisser un socialiste répondre quand les socialistes sont mis en cause, c'est beaucoup plus simple, et d'autant plus que sur votre plateau, je suis le seul à avoir assisté à la rencontre de 2h40 de tout à l'heure. Donc je suis prêt à partager mon sentiment et mes expériences et mes informations en la matière naturellement. vous savez, les menaces qui pèsent sur nous, y compris des partenaires du NFP, en particulier M. Mélenchon, on va dire, peu importe, ce n'est pas l'avenir de tel ou tel député socialiste qui est en cause, c'est l'avenir de notre pays qui subit une situation catastrophique.
Moi, je ne peux pas me satisfaire de voir qu'il y a aujourd'hui une augmentation des inégalités sociales dans le pays, qu'il y a 10 millions de pauvres. Je ne peux pas me satisfaire que des étudiants dans ma ville de Lille fassent la soupe populaire parce qu'ils n'ont plus rien à bouffer, excusez-moi, au 15 du mois. Donc ce que nous avons demandé avec Boris Ballot et Olivier Faure, c'est un changement de cap, parce qu'on pense que le cap actuel va dans le mur pour le pays. Et pour porter ce changement de cap, nous portons cette idée d'un Premier ministre de gauche. Après, le Premier ministre n'est pas nommé par le PS ou par qui que ce soit, c'est le président de la République qui le nomme.
Il ne nous a rien dit sur le sujet tout à l'heure, mais il n'a pas écarté non plus cette hypothèse que nous défendons, encore une fois, en tant que socialistes. Donc il a la main, il nommera, je pense, dans les 48 heures, parce qu'il y a des urgences, y compris sur le plan législatif, en particulier cette loi spéciale qui doit nous permettre de tenir le choc pendant quelques semaines, voire quelques mois, pour que le budget puisse être mis en œuvre d'une manière ou d'une autre. La France ne doit pas connaître de shutdown, c'est aussi ça notre responsabilité de parlementaire, tant à l'Assemblée nationale qu'au Sénat. Mais globalement, ce que nous disons, c'est ni soumission, ni compromission.
Ni soumission, ni compromission. La stabilité dans la continuité, c'est non. Nous voulons la stabilité dans la justice. Et c'est pour ça qu'il faut ce changement de cap.
– Vous devriez, si vous entrez dans un gouvernement, vous au sens large, vous parlez d'une gauche de gouvernement, gouverner avec les LR. Écoutez M. Wauquiez, Laurent Wauquiez, tout à l'heure, après la réunion où vous étiez vous-même, qui parle de ce qu'il est prêt exactement à faire ou non, puisque les LR, de toute façon, seront dans la marque.
– La ligne qui est la nôtre, elle est très simple. C'est au fond, en dehors d'une seule ligne rouge qui est compréhensible quand on défend les idées qui sont les nôtres, c'est-à-dire pas la France insoumise, pas le programme du nouveau Front populaire, qui est un programme de régularisation de l'immigration, qui est un programme d'augmentation des impôts, qui est un programme de laxisme sur les questions de sécurité. Donc ça, évidemment que pour nous, c'est une ligne rouge.
– Voilà, vraiment, les LR aussi bougent un peu. On peut répéter en boucle que rien ne bouge, que c'est la crise, que ça n'impasse. Mais enfin, il y a des mouvements, visiblement, Guillaume Roquet, de vous qui êtes un journal historique des Républicains. Il n'est pas limité à ça, je vous rassure. – Mais heureusement, pour une autre chose, vous êtes très méchant.
Les LR bougent quand même.
– Mais vous avez l'air déçu par les LR.
– Je ne suis pas déçu, je ne comprends pas très bien. Vous savez, c'est Jean-Marie Le Pen qui avait eu cette trouvaille, qui était assez parlante, en tout cas assez efficace électoralement. Il disait l'UMPS, c'est-à-dire une espèce de magma centriste, où les personnalités étaient un peu interchangeables, les programmes aussi. Donc, moi, j'aimerais bien qu'on m'explique ce que vont faire dans un même gouvernement, des socialistes et des LR. Si les LR vont soutenir un gouvernement socialiste, ça veut dire qu'il n'est plus socialiste à ce moment-là. Ou alors, ça veut dire qu'on n'a plus de convictions. – Mais moi, je…
– Guillaume, pardon. – En Allemagne, les CDU et la SPD gouvernent, ils sont dans le même accord de coalition. – Oui, mais comment est-ce qu'ils font ? – Ça va changer. – Vous avez très bien.
– Il y aura de nouveau un accord de coalition. – Et comment est-ce qu'ils font ? Ils passent des mois, parfois jusqu'à six mois, pour avoir un accord de coalition. Tout est écrit, ligne par ligne. Tous les projets de loi sont écrits. Le nom des ministres, l'équilibre entre les différents partis. Là où on sait où on va. Alors que, dans le cas qui nous intéresse, ça se passe autour d'une table à l'Elysée, Emmanuel Macron dit, bon, qui a envie d'y aller ? Ou en gros, qui a envie d'être ministre ? Mais on ne sait pas sur quoi on s'en mange.
– J'ai juste qu'il y a Canam qui a envie de répondre à Guillaume Roquette. On va juste le laisser lui répondre.
– Oui, un grand merci. Que les choses soient bien claires, si nous demandons un Premier ministre de gauche, ce n'est en aucun cas pour siéger dans un gouvernement qui serait piloté par un Premier ministre de droite ou de centre-droite. Enfin, je veux dire, je rassure tous nos téléspectateurs, les socialistes ne courent pas après la censure ou après une nouvelle dissolution. Nous prendrons nos responsabilités en fonction de ce que pourrait dire un Premier ministre qui ne serait pas issu de nos rangs. Et tout à l'heure, Emmanuel Macron était très clair. Il a lancé finalement, pendant ces deux heures et demie, deux heures quarante, une conférence de méthode.
Mais sur le fond, il a dit, mais c'est mon prochain Premier ministre, ou ma première, prochaine Premier ministre, qui portera les discussions de fond. Donc nous, nous serons attentifs. Si c'est l'un des nôtres, c'est tant mieux. Nous avons notre programme qui est prêt. Si ce n'est pas l'un des nôtres, nous regarderons sur pièce ce qui sera proposé. Ce que nous savons, c'est qu'encore une fois, le pays, les Français veulent de la stabilité. Et ils ne peuvent pas avoir cette stabilité en gardant le cap actuel qui est un cap d'inégalité.
Monsieur le Président, merci beaucoup. Un mot encore sur le RN. Il est là. Vous rappeliez votre puissance de feu. Vous l'avez montré, il s'est fait tomber le gouvernement. Est-ce qu'on pourra indéfiniment contourner le RN ? On se rappelle qu'en 1981, François Mitterrand avait fait rentrer dans un gouvernement des ministres du Parti communiste français qui étaient soumis à Moscou, payés par Moscou, qui soutenaient le régime totalitaire. Mais malgré tout ça, on a considéré, au fond, que ça faisait partie du jeu républicain. Et puis la scène n'a pas arrêté de couler. Est-ce qu'un jour, on arrivera à ça ?
Ou est-ce que ça restera toujours un tabou qu'il y ait des ministres RN dans un gouvernement de droite ?
Ce qui est compliqué, c'est qu'en 1981, les socialistes avaient pris l'ascendant électoralement sur les communistes. Et donc, entre guillemets, ils en avaient la maîtrise. Aujourd'hui, la droite de gouvernement, elle ne pèse plus grand-chose par rapport au Rassemblement national. Donc moi, je trouve que pendant ces trois mois de gouvernement Barnier, il s'est passé quelque chose. Michel Barnier était à l'écoute du Rassemblement national. Il a même dit, voilà, Marine Le Pen a demandé ça, je lui ai donné ça. Et je crois qu'il y avait peut-être là une piste qui était à explorer. Pas un gouvernement commun, mais en tout cas, une forme de collaboration.
Tout ça, ça s'est arrêté net, par la volonté du Rassemblement national. Mais je pense que la situation politique et l'équilibre politique, il reste le même. Et si on élargit un peu la focale, partout en Europe, je ne parle même pas des États-Unis, on voit que la droite n'a jamais été aussi forte. Et nous, on voit des LR qui veulent gouverner avec les socialistes. Moi, je ne comprends pas.
La vraie question, pardon, c'est à long terme, à court terme, on peut se demander si le bénéfice politique pour le Rassemblement national est réel. On a vu qu'il y avait quand même eu des remontées du terrain, on a eu assez négatives. On a vu qu'il y avait des permanences de lieux de tous bords, mais en particulier des LURN qui avaient été attaqués par les agriculteurs, souvenez-vous, tout simplement parce que le budget a été bloqué et que les aides aux agriculteurs n'ont pas pu être débloquées. Mais à terme, vous citiez Guillaume Roquette, l'UMPS, Jean-Marie Le Pen parlait aussi de la bande des quatre, il parlait de l'établissement. Quel est le vrai bénéfice politique pour Marine Le Pen ?
Elle l'a dit aujourd'hui. Elle a dit, je ne peux, je crois qu'elle a glissé dans quelques confidences à des confrères, je suis ravi de ne pas avoir été invité à ces discussions à l'Élysée, je suis ravi de ne pas en faire partie. Ça veut bien dire qu'à terme, le spectacle que donnent les partis que nous évoquons de LR au PS en parlant par les macronistes vont sans doute s'embourber et donner à l'opinion le spectacle effectivement d'une tambouille politicienne de ce fameux régime des partis qui caractérisait la 4ème République. Et je ne suis pas certain que Mme Le Pen à terme pâtisse du fait de ne pas participer à ces discussions et qu'elle ne tire pas ces épingles du jeu.
Oui, certains électeurs vont sans doute lui reprocher d'avoir fait tomber le gouvernement, certains électeurs qu'elle ambitionnait de conquérir je pense notamment aux retraités peuvent être aussi qui aiment la stabilité qui n'aiment pas le désordre et le chaos.
Ils sont contents de voir leur retraite indexée sur un peu de 2,2% grâce à la motion de censure.
En tout cas, force est de constater qu'ils n'apprécient pas forcément l'opération motion de censure. Mais qu'est-ce qui vous fait dire ça ? Ils sont bien contents justement qu'on se bat du tout. Non, parce que les retraités aiment l'ordre, n'aiment pas le chaos. Mais le désordre aussi, Emmanuel Macron. Laissez-moi juste terminer. Je pense qu'à terme, ce n'est pas forcément un mauvais calcul pour Mme Le Pen et je pense qu'elle pourrait engranger les bénéfices politiques. Merci.
Aleksandar Nikolic