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Interviewfranceinfo (sur YouTube)· 16 janvier 2017 5 minComplaisantPortrait personnelCulture, médias & sport

Aurélie Dupont : "La compagnie était en souffrance"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Dans quel état vous avez trouvé la compagnie en mars lorsque vous êtes revenu ici ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Une fois vous aviez décliné ou alors je suis mal informé, vous aviez décliné une fois le rôle de maître de balais ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Comment on fait pour vendre des billets ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Tous les matins, vous prenez le cours avec les autres danseurs à 9h30. Tous les matins, ça serait mentir.

  • 8:00OuverteRéponse directe

    En 2015, c'était vos adieux. Sauf que vous avez raconté avoir plein de projets. Vous arrêtez, vous arrêtez pas, vous faites quoi ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    44 ans, c'est très très jeune. Et en vous regardant, je me dis c'est impensable que cette fille ait déjà 34 ans de présence dans cet endroit. Quel effet ça fait ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Aurélie DupontFait
    « J'ai trouvé que la compagnie était en souffrance. »
  • 4:00Aurélie DupontFait
    « Être directrice de la danse, c'est très différent. Avoir de bonnes idées, c'est une chose, mais il faudra aussi vendre des tickets. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Aurélie Dupont, bonjour. Bonjour. Vous êtes danseuse, plus que ça, vous êtes danseuse étoile.

À l'Opéra de Paris, on peut pas faire plus prestigieux. On vous avait décrit parfois comme la plus actrice des danseuses étoiles. Vous avez fait vos adieux à la scène en tant que danseuse.

C'était en mai 2015 et le 4 février 2016, vous avez été nommé directrice du balai de l'Opéra de Paris après le départ surprise de Benjamin Milpied. Je précise qu'on entend une meuleuse parfois car nous sommes ici dans votre bureau sous les toits. Il y a pas de silence dans ce bureau.

Jamais. Ah bah tiens, on pouvait pas mieux tomber comme première question. Dans quel état vous avez trouvé la compagnie en mars lorsque vous êtes revenu ici ?

À l'époque, vous pouviez pas trop en parler mais maintenant ça va mieux. La parole est libre. Maintenant, je peux tout dire.

Ouais. J'ai trouvé que la compagnie était en souffrance. Ils étaient tous assez surpris de la du départ de Benjamin qui était pas du tout prévu ni annoncé.

Donc ça, ils étaient un petit peu étonnés, déçu. Je pense que toute la génération que Benjamin essayait de d'aider était tout d'un coup flippée de savoir qui allait prendre la suite. Voilà.

Donc je les ai trouvé un peu démotivés, tristes mais voilà. Et maintenant ? Maintenant ils sont hyper heureux, ils travaillent.

Non non, je trouve qu'il y a une il y a une bonne ambiance. Une fois vous aviez décliné ou alors je suis mal informé, vous aviez décliné une fois le rôle de maître de balais. C'est ça ?

Ouais. Et vous aviez dit "Être directrice de la danse, c'est très différent. Avoir de bonnes idées, c'est une chose, mais il faudra aussi vendre des tickets." Oui, c'est c'est ce qu'on m'a dit de faire.

Oui. Non, c'est vrai. Alors, oui, j'ai refusé un poste de maître de balai lorsque j'ai fait mes adieux.

Donc le 18 mai 2015, Benjamin Milpier m'avait proposé un poste de maître de balai. Donc qu'est-ce que c'est maître de balis ? C'est être répétiteur et gérer un un couple de solistes, c'est-à-dire leur apprendre la chorégraphie, les faire travailler, les amener jusqu'à la première et suivre leur spectacle.

Donc moi, j'avais proposé en effet de prendre ce poste là et de m'occuper de couple d'étoiles. Donc éventuellement de leur transmettre ce que j'avais appris. Et puis dans mon contrat, ce qu'ils m'ont proposé, c'était pas exactement la même chose.

Je leur ai dit que j'étais pas complètement satisfaite de la proposition et puis finalement, on s'est pas mis d'accord, donc j'ai refusé. Comment on fait pour vendre des billets ? On met des choses euh à la fois populaires que le public a envie de voir et on fait aussi des choix artistiques un peu plus contemporain pour que les danseurs puissent être nourris et apprendre des choses différentes et le public éduqué sur des nouveaux des nouvelles sortes de danse.

Alors, il y a un récit qui fait partie de votre légende Aurélie Dupont. Il paraît tous les matins. Vous prenez le cours avec les autres danseurs à 9h30.

Alors, le premier cours est à 10h. Tous les matins, ça serait mentir. Je prends les cours dès que je peux.

C'est-à-dire, on va dire, allez trois quatre fois par semaine. Oui, mais vous faites de la barre, les entrets, lesement fais tout. Je fais tout.

Alors, on pourrait penser "Oh là là, c'est la dirlo qui prend le cours à 10h, elle veut checker ses danseurs." C'est pas ça. Je prends les cours parce que je danse toujours, pas à l'opéra mais ailleurs.

Et puis pour moi, c'est un moment, j'allais dire de repos, c'est pas le bon mot. C'est un moment où je fais je fais un break où j'ai mon heure pour danser, profiter, écouter de la musique et en même temps passer du temps avec mes danseurs sans forcément les juger. Je les regarde comme je les regardais avant.

En 2015, c'était vos adieux. Sauf que vous avez raconté avoir plein de projets. Vous allez danser euh avec le Tokyo Ballette, vous allez partir euh en février au Japon euh plein de choses.

Vous arrêtez, vous arrêtez pas, vous faites quoi ? Bah c'est vrai que c'est surprenant parce que moi quand j'ai fait mes adieux à l'opéra, c'est mes adieux à l'opéra. J'avais pas décidé d'arrêter de danser, hein.

Ah bon ? Non. Ah ben les journalistes ont pas compris.

Ah peut-être. Bah comme ça ils vont comprendre grâce à vous. Non, j'avais je voulais continuer de danser et puis je trouve que depuis que je suis directrice, j'ai de plus en plus de demandes.

Alors je pense qu'ils veulent à la fois avoir la danseuse, à la fois avoir la directrice. Donc je continue, j'ai des projets un peu. Ces projets-là, ils me tiennent à cœur parce que euh parce que je continue donc de danser.

Je fais plus de balet classique. Les pointes, le tutu tout ça, je fais plus. Je fais plutôt de la danse contemporaine.

J'adore ça. Et puis comme ça, ça me permet à la fois partir danser et puis souvent je rencontre des chorégraphes sur place, des gens qui m'intéressent pour la compagnie. Donc voilà, je fais d'une pierre de coup. 44 ans, c'est très très jeune.

Et en vous regardant, je me dis c'est impensable que cette fille ait déjà 34 ans de présence dans cet endroit. J'ai commencé à 10 ans, c'est normal, on commence tout petit. Je sais mais quel effet ça fait ?

Ça fait l'effet de parfois je me sens super vieille et parfois je me sens encore quand même malgré tout et heureusement très très jeune. Donc c'est vrai que 34 ans, c'est énorme. Et est-ce que parfois vous vous sentez comme si vous aviez encore 10 ans quand je rentre à l'opéra ?

Oui, je suis je me suis je me je me lasse pas de la beauté de cet endroit. D'ailleurs, le bureau dans lequel on est, qui est mon nouveau bureau, je l'ai choisi parce qu'il y a cette fenêtre qui est sublime et voilà. Je me lasse pas du plafond de chagal, je me lasse pas de la salle, je me lasse pas de la beauté de l'endroit.

Aurélie Dupont avec nous sur France Info.